Chapitre 37
.
Je me présente dans la salle caverneuse, saluant tous les gens présents. Notre camp a énormément gonflé. Je vais rapidement à la table placée sur une estrade, à une extrémité de la salle, où les Mangemorts les plus proches sont assis près du Seigneur des Ténèbres. Je prends place debout derrière mon père, et fais un clin d'œil à Théo, Vince, et Greg, qui sont eux aussi placés derrière leurs pères.
Tante Bella se trouve à gauche de mon père, le premier siège à la droite de Voldemort est vide, une chaise à haut dossier. Je regarde autour les membres siégeant à la table. À la droite de mon père il y a Mulciber, Nott Sr., Avery, et Travers. Autour de la table, en partant de la gauche de Voldemort, il y a Macnair, Dolohov, Rowle, Crabbe Sr., Goyle Sr., et une chaise vide qui appartenait à Yaxley, lorsque je pense à son nom, je me souviens du moment où j'ai pris sa vie , dans la Forêt interdite.
La salle est calme, des grondements se font entendre un peu partout, les occupants conversent entre eux.
« Où étais-tu ? » exige de savoir Tante Bella, en tournant la tête pour me regarder. « Je me suis réveillée dans la cellule et j'ai vu que toi et la Sang-de-Bourbe aviez disparu. Et je n'arrivais à me souvenir de rien du tout. »
Je fronce les sourcils. « Je me suis réveillé il n'y a même pas une heure, moi non plus je ne me souviens de rien. »
Tante Bella a l'air inquiète, et je sais qu'elle me croit. On dirait que le charme d'oubliette a fonctionné à merveille.
« L'Ordre a dû venir à son secours » dit-elle.
« Honnêtement, je ne vois pas comment ils auraient pu te maîtriser toi et à la fois les sentinelles de l'extérieur. Vous êtes tous les deux de très bons duellistes, et il n'est pas facile de contourner les nombreux gardes sans être vu » dit mon père.
« Un charme puissant de confusion aurait pu faire l'affaire. Ainsi qu'un Charme de désillusion, bien sûr » Tante Bella théorise.
« Qu'est-ce que les sentinelles ont dit ? » je leur demande.
Elle secoue la tête. « Je ne leur ai pas encore parlé. »
« Je l'ai fait » dit mon père. « Leurs histoires sont incompréhensibles. Je... »
Sa voix s'estompa lorsqu'un nuage de fumée noire apparut derrière la chaise de Voldemort. La salle fut silencieuse rapidement lorsque le Seigneur des Ténèbres se matérialisa à partir des traînées sombres. Un impressionnant silence remplit la salle, comme si plus personne ne respirait.
Voldemort regarde autour de la table. « Cela fait un petit moment que je ne vous ai pas tous convoqués ici. Plus d'un an, en fait. Je vous vois encore, certains plus que d'autres, mais il est... agréable de vous avoir tous ici. Il y a quelques dispositions à prendre aujourd'hui, les choses que j'aurais dû aborder il y a quelque temps. Mais d'abord... »
Il s'arrête et se lève.
«... Je veux voir vos visages. »
Lorsqu'il termine, il agite sa main une fois devant la masse de Mangemorts debout au niveau du sol dans la salle bondée, et leurs masques flottent au loin de leurs visages. De nombreux Mangemorts le regardent effrayés.
Puis il glisse vers ses disciples.
« Dites donc, beaucoup de nouveaux visages. Autant de nouvelles recrues » il commente. « Je suis déçu que tant de gens, cependant, n'aient pas répondu à l'appel de la marque. Prenez note de qui parmi vous est manquant. Et que chaque absent soit exécuté. »
Il arpente de manière fluide la foule, en regardant leurs visages. Il s'arrête en face d'un homme.
« Pourquoi tu trembles ? » demande-t-il. Puisqu'il ne reçoit aucune réponse, il reprend, « Je t'ai posé une question. »
« Je-je-je suis inti-ti-timidé, mon Seigneur. »
« Le bégaiement, c'est lâche et imbécile » siffle Voldemort en ricanant.
Il prend le poignet de l'homme, relève sa manche, et appuie son pouce sur la marque. L'homme hoquette, terrifié. Puis la lumière se fane dans ses yeux, et il tombe au sol.
« Je n'ai plus aucune raison de le garder » dit Voldemort en continuant son rythme.
Je remarque deux hommes se déplacer à travers la foule, essayant de se rendre vers la sortie, ils doivent avoir réalisé maintenant qu'il n'y a aucun moyen de transplaner de cette pièce.
« Vous nous quittez si tôt, messieurs ? » le Seigneur des Ténèbres dit de sa voix basse qui résonne encore dans la salle.
Avant qu'il ait une réponse, un nuage de fumée noire enveloppe l'un des hommes, puis passe à l'autre. Ils tombent au sol, sans vie.
« C'est pour vous rappeler qui je suis » dit Voldemort, réapparaissant à la tête de la table.
Les têtes se retournent rapidement pour lui faire face lorsqu'ils retrouvent la source de sa voix.
Il poursuit : « Que ces trois décès restent dans votre mémoire pour vous rappeler que si vos marques peuvent ne pas vous obliger à venir ici par ma propre main, une fois marqué, vos vies m'appartiennent. »
La mer de Mangemorts tombe à ses genoux comme un seul homme.
« Oui, Mon Seigneur » gronde la foule.
Voldemort prend son siège et leur donne la permission de se tenir debout.
« Maintenant allons droit au but » dit-il. « J'ai entendu parler d'un événement malheureux qui s'est produit tôt ce matin, dans le camp de Dartmoor. »
Encore une fois, la tension dans la salle se fait sentir, et il semble que tout le monde ait entendu parler de l'évasion.
Il n'y a eu qu'une seule autre évasion réussie, aussi le résultat d'un travail créé de l'intérieur. Certains anciens élèves de Poudlard avaient été sortis en contrebande grâce à Oliver Dubois. J'avais été surpris et un peu douteux quand j'ai découvert que le Gryffondor était passé du côté obscur. Il s'est avéré que mes doutes n'étaient pas sans fondement.
Il y a environ un an et demi, seulement un mois après la première évasion, Mulciber a surpris Dubois en train de tenter de libérer un deuxième groupe de prisonniers. Il l'a dénoncé à Voldemort, dont la rage était incontrôlable. Le Seigneur des Ténèbres a convoqué une réunion, semblable à celle-ci, et l'a puni en face de tous ses disciples.
La punition a été sévère, presque légendaire, censée servir d'avertissement à tous ceux qui pourraient envisager la trahison. Dubois a été écorché vif, lentement et péniblement, maintenu en vie et conscient par quelque sortilège horrible que je ne savais même pas existant. Puis son corps a été déchiré, membre par membre. Enfin, Voldemort a permis à deux Acromantules d'entrer dans la salle pour se disputer les derniers morceaux du cadavre qui restaient.
Heureusement, j'avais été réquisitionné pour une quelconque attaque et j'avais été autorisé à manquer cette réunion. Tante Bella m'avait décrit tout l'épisode en détail, mais en entendre parler, c'est beaucoup mieux que d'avoir à regarder le démembrement en direct, j'en suis sûr.
Puis la voix de Voldemort me rappelle où je suis.
« Je ne supporte pas l'idée que nous ayons un autre traître parmi nous, mais il est difficile d'en venir à une autre conclusion, étant donné les circonstances » dit-il.
Il fait claquer ses doigts, et les huit gardes en service ce matin sortent de la foule et montent sur la plateforme, terrifiés par le fait que leurs corps se meuvent sans que leur esprit n'en soit conscient. Puis huit chaises apparaissent, et ils s'asseyent en face de la table, le dos tourné à la foule. Les chaînes s'étendent à l'arrière, les bras et les jambes liés sur leur chaise.
« Bellatrix, Drago, vous êtes les deux derniers à être entrés dans la cellule de la jeune fille, oui ? »
Sans aucune autre sollicitation de Voldemort, je m'éloigne de la table et me déplace pour me présenter devant les huit gardes. Tante Bella fait la même chose, debout à ma droite. Lorsque des chaînes nous ligotent comme les gardes derrière nous, Voldemort nous donne une expression douloureuse.
« Ça me fait mal de penser que l'un de vous deux pourrait éventuellement être impliqué dans l'évasion de la Sang-de-Bourbe. La disparition de Zabini est liée à la sienne, et comme il était ton meilleur ami, les circonstances ne sont pas en ta faveur, Drago. »
« J'en suis conscient, Mon Seigneur » dis-je.
Voldemort hoche la tête. « Explique-toi. »
Je prends une grande respiration pour calmer mes nerfs. J'ai dit à Granger que je serais de retour, donc je serai de retour.
« Tôt ce matin, ma tante et moi sommes allés torturer Hermione Granger. Quand nous sommes arrivés, rien ne semblait hors de l'ordinaire. J'ai seulement pu la torturer durant une minute, et c'est tout ce dont je me souviens » dis-je, mentant parfaitement.
Je garde un contact visuel avec Voldemort pendant que je parle, refusant de laisser mon regard vaciller. Son expression est froide, calculatrice.
« Bellatrix, te souviens-tu de quoi que ce soit contraire à cela ? » il demande.
« Non, mon Seigneur. »
Après une courte pause, il aborde le leader des sentinelles.
« Skellan, tu étais en charge de la surveillance hier. De quoi te souviens-tu ? »
« Je... Je me souviens seulement de m'être précipité vers le bas et de me battre. Il y en avait des dizaines... »
« Des dizaines ? » il répète doucement, une expression moqueuse traversant son visage. « Et comment, puis-je te demander, ses dizaines d'ennemis se sont glissés dans nos sous-sol ? »
« Je... Je ne sais pas, mon Seigneur. C'est tout ce dont je peux me rappeler » dit Skellan.
« De toute évidence, quelqu'un dans l'Ordre est très doué avec le sortilège d'Amnésie » médite Voldemort. « Bellatrix, lorsque tu t'es réveillée, qu'est-ce que tu as vu ? »
Tante Bella se racle la gorge avant de parler. « Il y avait du sang partout sur le terrain. Ma baguette été à mes pieds. J'étais seule dans la cellule, le Sang-de-Bourbe était déjà partie, de même que Drago. »
Des sifflements et des murmures se font entendre dans la foule, mais je peux distinguer un seul et unique mot.
Traître.
« Silence » siffle Voldemort, et la salle se calme docilement. « Et à l'extérieur ? »
« Tous les gardes étaient inconscients, et la porte de la cellule de Zabini était ouverte » rapporte Tante Bella. « Je n'ai rien vu d'autre. »
« Il semble que tous les soupçons se portent sur toi, Drago » dit Voldemort sévèrement. « Où es-tu allé ? »
« Je ne me suis pas réveillé dans la cellule, j'étais au milieu d'un champ. Je ne me souviens pas comment j'y suis arrivé » je lui mens. « Je suppose que je pourchassais un membre de l'Ordre et il a sans doute voulu s'échapper en transplanant. J'ai dû essayer de le retenir. »
Voldemort fronce les sourcils en me regardant, mais je ne faiblis pas. Ses yeux passent sur Tante Bella, et ils maintiennent un contact visuel pendant un long moment. Un lourd silence tombe sur la salle.
Enfin, les chaînes autour de Tante Bella se rétractent dans le fauteuil, et elle se remet sur pieds.
« Retourne à ton siège » ordonne Voldemort.
Elle le fait rapidement et silencieusement. Je lève les yeux pour rencontrer les yeux du Seigneur Noir.
« Toi et ton parrain n'êtes peut-être pas liés par le sang, mais vous possédez le même talent. Je ne peux pas te faire confiance pour ouvrir pleinement ton esprit » dit-il, en secouant la tête.
« Est-ce que c'est votre dernier jugement, alors ? » je lui demande.
Un autre long silence s'installe dans l'enceinte de la pièce. Je force toutes mes pensées douteuses à sortir de ma tête, en attendant que Voldemort entre dans mon esprit. Mais même si nous gardons un contact visuel, il reste en dehors. Je commence à croire qu'il attend de moi que j'admette tout simplement que je suis un traître. Eh bien merde, il n'obtiendra pas satisfaction de moi de cette manière.
Enfin, près de trois minutes complètes plus tard, il répond à ma question.
« Heureusement, non. »
Une vague de soulagement me transperce, mais je ne lui permets pas de le voir.
« J'ai une autre façon de tester ta fidélité » dit-il.
Il agite sa main une fois, et les chaînes se rétractent sur ma chaise. Je me lève, mais je reste à ma place en attendant de connaître le test qu'il m'a réservé.
Aucune crainte. Je ne dois pas avoir peur. La peur prouverait que j'ai quelque chose à cacher.
Voldemort hoche la tête pour Macnair, qui se lève et sort de la salle. Il ne revient pas plus d'une minute après avec une femme qu'il tire par le bras, un sac sur la tête.
La lueur d'une chaîne en or autour de son cou me saute aux yeux, un contraste frappant avec les haillons dont elle est revêtue. L'effroi remplit mon ventre, mais mon visage reste tel un masque, il aurait pu être de marbre.
Macnair lui impose de se mettre à genoux à quelques pas de moi et d'un coup sec il lui retire le sac de la tête.
Effectivement, Granger, ses grands yeux bruns plongent dans les miens avant de se tourner vers la salle, horrifiée par la masse de Mangemorts au-delà de la plate-forme.
Je génère un petit sourire narquois. « Vous l'avez de nouveau capturée très rapidement, mon Seigneur. »
Elle est toujours en train de regarder tout autour d'elle avec ses yeux sauvages remplis d'une peur très inhabituelle venant de la Granger que je connais. Il est clair qu'elle ne peut pas bouger de son propre gré.
« La meilleure façon de prouver que tu n'es pas celui qui l'a libérée est que tu la tues. Maintenant » dit Voldemort sèchement.
« Oui, Mon Seigneur. »
Deux simples pas me font m'approcher de sa personne, elle est face à moi, à portée de main. Elle tremble de peur, mais je maintiens mon extérieur impartial, ne permettant pas à ce regard effrayé sur son visage de me toucher.
Je me penche vers le bas et enlève de sous ses haillons le charme d'or que je lui ai offert.
Il est froid comme la glace.
Je grimace.
« À mon avis, si ton petit bijou ne peut pas te protéger du sort de torture, il ne fera pas beaucoup d'effet contre le sortilège de Mort. »
Je pointe ma baguette sur son front.
« Avada Kedavra ! »
...
Désolé j'ai pas le temps de répondre à vos messages, mais c'est promis je le ferai au prochain. Difficile de travailler aujourd'hui! J'espère quand même que le chapitre vous a plu! Le prochain avant la fin de semaine normalement!
Bizzzzz
Niv
