Petits veinards, voici le deuxième chapitres du jour...du soir. Un autre demain.

Discussion de Kate avec le psy et réaction violente de Rick!

Bonne lecture!


Chapitre 37 : Paranoïa

Il lui donne une boîte de mouchoirs et va s'installer dans son fauteuil attendant que la crise passe. Le vendredi Beckett l'avait appelé pour avoir un rendez-vous, il avait tout de suite senti que quelque chose de grave était arrivée et lui avait dit de venir immédiatement. Kate lui avait tout raconté, il lui avait dit qu'elle n'était pas responsable de ce qui était arrivé à Castle, mais son sentiment de culpabilité était trop fort. Cela allait être difficile de le lui faire admettre, le Dr Burke lui avait aussi conseillé de ne pas regarder les enregistrements. Mais vu son état actuel, inutile d'être psychiatre pour savoir qu'elle n'en avait rien fait.

La jeune femme s'est calmée mais reste prostrée, le regard dans le vague.

- Vous ne m'avez pas écouté, n'est-ce pas?

- Comment peut-on faire ça à un être humain? Demande-t-elle ignorant la question.

- Pourquoi certaines personnes en tuent d'autres? Pourquoi un homme bat sa femme? Des parents leurs enfants?… je ne sais pas Kate, j'aimerai avoir une réponse unique pour expliquer de tels actes mais malheureusement je n'en ai pas encore trouvée.

- Je l'ai vu se faire manipuler jour après jour par cette femme. Je l'ai vu changer imperceptiblement, il était vraiment heureux de voir Katiana, je crois qu'il commençait à l'aimer.

- Et ça vous a fait quoi ? Qu'avez-vous ressenti à ce moment-là?

- De la tristesse parce qu'elle jouait tellement bien son rôle dans cette personnalité que Rick mettait tout son espoir de fuite dans cette relation. Mais déjà à ce moment-là il était perdu, c'était exactement ce que la personnalité de Kendra souhaitait.

- Cette femme savait parfaitement ce qu'elle faisait.

- Oui, mais le plus effrayant est de penser qu'elle a mis une bonne année pour tout mettre en place. Vous savez qu'elle a continué à tout filmer même après l'avoir totalement conditionné.

- Ça ne me surprend pas, elle voulait admirer son œuvre, profiter de son trophée comme un chasseur qui fait empailler la tête de l'animal qu'il a tué pour pouvoir l'exposer. Mais ce n'est pas ce qui vous a mis dans un tel état, lire son journal, visionner ces enregistrements a été pénible je n'en doute pas, mais je vous connais suffisamment pour dire que vous êtes assez forte pour l'encaisser. Alors qu'est-ce qui vous perturbe Kate?

- J'ai peur…

- De le perdre alors que vous aviez enfin accepté vos sentiments?

- Pour l'instant je l'ai déjà perdu, ce n'est pas ce qui m'effraye le plus. Et je sais que bientôt la tristesse et la peine prendront vite le pas sur tout autre sentiment. C'est pour Castle que j'ai peur dans l'immédiat. Va-t-il finir par se rappeler qui il est vraiment? Qu'elle est sa véritable vie? Le Richard Castle qu'elle a façonné ne ressemble en rien à celui que j'ai appris à connaître. Je l'ai vu faire l'amour à cette femme, c'était brutal, dépourvu de tendresse. Je…

- Continuez Kate, je sais que c'est difficile et qu'il est normal de lui en vouloir malgré les circonstances…

- Mais je ne lui en veux pas ! Pas du tout ! Oui, je suis en colère mais absolument pas contre lui, contre elle! Elle l'a même transformé physiquement avec ces cheveux courts et cette barbe. Et son regard s'est assombri aussi. J'ai peur que la thérapie du Dr Kapoor ne marche pas, j'ai peur que Rick ne retrouve jamais ses souvenirs, j'ai peur de sa réaction si au contraire il se rappelle. Comment va-t-il réagir? Va-t-il l'accepter ou tout rejeter en bloc? Va-t-il en perdre la raison?

- Castle est entre de bonnes mains avec le Dr Kapor, elle fait partie des meilleurs. Cependant beaucoup de variables dépendent entièrement de lui.

- Je sais et cela est l'une des choses qui m'effraye le plus. Va-t-il avoir la force de se battre? Et surtout l'envie?

Vendredi 22 juin, hôpital Bellevue, 9h46.

Rick arrache la page du bloc, la froisse et la balance à l'autre bout de la pièce. La boule de papier va en rejoindre une dizaine. Il fourrage rageusement dans ses cheveux avant de taper violemment du poing sur la table. Castle se lève si vite que la chaise bascule, sans s'en préoccuper il commence à faire des va-et-vient dans la chambre, marmonnant des paroles que lui seul peut entendre.

« C'est pas normal…. J'y arrive pas…. Tout est flou…. Pourquoi.»

Il stoppe devant la table, relève la chaise et s'assoie, il souffle d'énervement et reprend le bloc et un des crayons. Depuis lundi, il a noirci des pages et des pages et maintenant il bloque, un an passé auprès de sa femme et voilà qu'il n'arrive plus à se souvenir de certains détails. Ça a commencé hier soir avec le récit de leur lune de miel, il se souvient par exemple de sortir de l'aéroport à Honolulu, mais ni du vol ni de l'embarquement. Plus il cherche dans sa mémoire et plus ses souvenirs s'embrouillent. Il sent la colère l'envahir, il sait que ceci n'est pas logique et surtout pas normal. Il se relève et reprend son manège.

« Je ne peux pas l'oublier…. Impossible…. Comment oublier de tels souvenirs…. C'est elle, ça vient d'elle, elle doit me droguer pour que j'oublie…. Oui c'est forcément ça…. Mais je ne prends aucun médicament alors com…. Bon sang, dans ma nourriture, c'est comme ça qu'elle me drogue.»

Castle se laisse tomber lourdement sur le lit, assommé par cette évidence. Non seulement tout le monde lui ment parce qu'ils se laissent manipuler par ce Logan, ou tout simplement parce qu'il les a achetés, après tout qui refuserait de voir son compte en banque gonfler de façon significative. Il doit trouver un moyen de partir d'ici à tout prix et, en premier lieu arrêter de prendre ce que cette psy lui donne en douce. Cela va poser un problème, il ne peut pas ne pas manger, ils l'attacheraient et le mettraient sous perfusion, il faut employer une autre méthode. Il regarde vers la porte et ses yeux dévient vers la droite, il sourit, il vient de trouver la solution. Derrière le petit muret de briques se trouve la cuvette en acier des toilettes, il y jettera ses repas. Tout du moins le plat principal, il ne pense pas prendre de risque en mangeant le pain et le dessert.

Maintenant que le problème de la drogue est réglé, il lui faut imaginer un plan d'évasion, dans cette partie du service psychiatrique il ne peut rien faire, tout est verrouillé. Sa seule chance c'est quand il l'amène à l'étage, dans cette pièce qui ressemble à une salle d'interrogatoire, et où il discute régulièrement avec le Dr Kapoor. Et comme il se montre docile, ils ne prennent pas la peine de lui entraver les mains, ce qui est un avantage. L'idée est de se servir du médecin comme otage, la contraindre à le faire sortir de l'hôpital, une fois dehors, il pourra demander de l'aide à certaines de ses connaissances. Ensuite il se chargera de Logan, il fera éclater la vérité et des têtes tomberont. Cependant pour mettre son plan à exécution, il lui faut une arme ce qui risque poser un problème. Il est sorti de ses pensées par l'arrivée d'un des infirmiers, Harry.

- Bonjour Richard.

- Bonjour.

- Venez c'est l'heure de la douche.

Castle se lève et le suit, en longeant le couloir, ils passent devant une salle de soin et l'écrivain sait exactement comment s'y prendre pour avoir son arme et il a un imperceptible sourire.

Lundi 25 juin, 14h30.

Castle est prêt et plus déterminé que jamais, il vérifie que le scalpel qu'il a réussi à subtiliser dans la salle de soin est bien en place, calé dans son dos et bien maintenu par l'élastique de son pantalon. Ça a vraiment été un jeu d'enfant de le récupérer, en revenant de la douche le vendredi il a simulé un malaise au retour, juste devant la salle. Les infirmiers l'y ont tout de suite amené, ils ont dû le laisser à peine une minute, mais cela a été suffisant pour qu'il fouille dans les tiroirs et trouve son arme. Il attend qu'on l'amène auprès du médecin, lorsque l'on vient le chercher, il fait comme d'habitude en se montrant coopératif.

On le fait entrer dans la pièce en lui disant que le Dr Kapoor va arriver ce qu'elle fait cinq minutes plus tard.

- Bonjour Richard.

- Bonjour Surya.

- Comment allez-vous aujourd'hui?

- A votre avis? Réplique-t-il avec humeur.

- J'ai constaté que vous n'aviez rien écrit depuis vendredi, pourquoi?

- Ça semble évident, non?

- Pour vous peut-être pas pour moi.

- Vous ne me croyez pas et vous ne me croirez jamais, alors pourquoi vous raconter ma vie? A quoi cela sert-il? Vous ne pourrez pas me garder ici indéfiniment, tout ce que j'ai à faire c'est d'être patient.

- Je vois, dans ce cas je pense qu'il est inutile que nous continuions.

Le Dr Kapoor sait très bien que ce qu'il lui a raconté est faux, s'il n'arrive plus à écrire c'est tout simplement parce qu'il n'a plus de souvenirs, ce qui veut aussi dire qu'il va entrer dans une phase entre abattement et colère ce qui va aussi déclencher des troubles du sommeil. Il va donc être nécessaire de la surveiller de près. Elle se lève et se dirige vers la porte mais elle n'a pas le temps de l'atteindre qu'elle sent un bras l'enserrer et la pointe d'un objet appuyer sur sa carotide. Dans le même temps deux infirmiers entre dans la pièce pour intervenir.

- Restez où vous êtes ! Crie Castle.

- Faites ce qu'il dit, ça va aller. Reculez, ordonne Kapoor.

- Eh bien vous voyez Surya, nous avons fini par être d'accord sur un point finalement.

- Que croyez-vous faire Richard?

- Me tirer d'ici et vous allez m'aider. Faites ce que je vous dis et tout se passera bien d'accord, dit-il en accentuant un peu la pression sur son cou.

- D'accord.

- Vous avez une voiture?

- Oui.

- Parfait, nous allons allez chercher vos clefs et nous allons calmement descendre jusqu'au parking. Je ne veux pas vous faire de mal Surya, je ne suis pas un assassin alors veillez à ce que le personnel de cette hôpital se tienne tranquille.

- Je vous en prie Richard, arrêtez ça tant que c'est encore possible.

- Fermez-là et avancez! J'en ai marre d'écouter vos conneries.

Le Dr Kapoor obtempère, ils se dirigent vers son bureau Castle se tenant dos au mur pour éviter toute attaque, mais le personnel reste en retrait obéissant aux demandes du médecin. Arrivé devant la salle d'attente Surya s'adresse à sa secrétaire.

- Mélanie, allez chercher les clefs de ma voiture s'il vous plaît.

- Bi…bien docteur.

Effrayée elle se précipite dans le bureau et en ressort très vite avec la clé électronique qu'elle donne au médecin en tremblant.

- Parfait, allons-y Surya, tout ça sera bientôt terminé. Assure-t-il en l'incitant à reprendre sa marche.

Il n'a pas fait un pas qu'il se fige en voyant les deux femmes qui sortent à leur tour de la pièce.

- Richard!

- Papa!

- Mère…. Alexis?

Il ne s'entendait vraiment pas à ça et il est complètement déstabilisé par leur présence. Il lui faut quelques secondes pour se reprendre et subitement tout devient clair. Il appuie un peu plus la pointe du scalpel sur la carotide, un léger filet de sans s'écoule.

- Que leur avez-vous dit? Pourquoi ne pas m'avoir dit qu'elles étaient là!

- Vous savez que vous n'avez pas encore droit aux visites de vos proches Richard. Mais je les tiens informées de l'évolution de votre état de santé et…

- Ben voyons! Vous leur avez dit que vous me droguez pour que je perde tous mes souvenirs? J'ai compris votre manège, c'est pourquoi je ne mange plus depuis vendredi!

- Vous avez tort, je ne vous donne rien…

- La ferme! Allez, bougez-vous!

- Richard, mon chéri je t'en prie ne fait pas ça, supplie Martha en larmes. Tu as besoin d'aide et le Dr Kapoor est là pour toi.

- Mère, pas toi? Tu préfères les croire plutôt que ton fils?

Castle est sous le choc, il n'aurait jamais pensé que sa propre mère puisse se retourner contre lui, cependant il ne peut lui en vouloir. Curieusement il se sent comme pris en faute et détourne son regard. Ils auront une explication, mais plus tard, pour l'instant il faut qu'il quitte cet hôpital au plus vite.

- Allez Surya on y va.

- Papa arrête! Regarde ce que tu fais, ce n'est pas toi! Depuis quand tu utilises la violence pour résoudre tes problèmes? S'écrie Alexis dans l'espoir de le faire réagir.

Chose inattendue cela fait son effet sur Castle, il relâche imperceptiblement la pression du scalpel lorsqu'il croise le regard de sa fille. Ce qu'il y lit le trouble profondément, il y a de la tristesse mais aussi de la colère. Sans que personne ne s'y attende, il arrache la clé des mains du docteur et la pousse violemment en avant contre deux infirmiers et un homme de la sécurité avant de partir en courant, bousculant au passage toute personne qui tente de le retenir malgré le scalpel qu'il tient toujours à la main. Il s'engouffre dans la cage d'escaliers qu'il dévale le plus rapidement possible, bientôt plusieurs agents de sécurité de l'hôpital sont sur ses talons. Il hésite à sortir à un étage et c'est ce qui le perd, en voulant continuer il se retrouve face à deux hommes qui montent vers lui.

Castle s'immobilise, à bout de souffle, il essaie de réfléchir à ce qu'il va pouvoir faire lorsque l'un d'un qui pointe un taser vers lui, lui ordonne de lâcher son scalpel. Au lieu d'obéir il se précipite sur lui et s'effondre presque aussitôt secoué par les décharges électriques. Curieusement celles-ci ne l'assomment pas et ils ne sont pas trop de trois pour réussir à le maîtriser. Il est aussitôt ramené dans sa chambre et attaché sur son lit, ils ajoutent même une sangle au niveau du torse par sécurité. Le Dr Kapoor ordonne de l'endormir, pour l'instant c'est la seule solution. Puis elle rejoint les deux femmes totalement abattues qui l'attendent dans son bureau.

- Comment va mon père, est-ce qu'il est blessé?

- Non, il n'est pas blessé rassurez-vous.

- Que lui avez-vous fait?

- Nous lui avons administré un sédatif, il dort à présent.

- Que s'est-il passé docteur, je connais mon fils, il n'en viendrait jamais à ce genre d'extrémité sans une très bonne raison. Je peux comprendre et admettre qu'il s'en soit pris au lieutenant Beckett lors de sa libération, mais là je ne comprends pas.

- Je dois avouer que je ne m'attendais pas du tout à une réaction si violente, même si cette phase de paranoïa était prévisible.

- Vous saviez et vous n'avez rien fait pour l'empêcher! S'écrie Alexis.

- Rien ne laisser à penser qu'il agirait ainsi, il était calme. Lundi je lui ai demandé de m'écrire tous les souvenirs qu'il avait avec celle qu'il considère comme sa femme, hors depuis vendredi, il n'y arrive plus. Ce qui est normal puisque nous savons qu'il n'a que les souvenirs implantés. Or, il a cru que c'était à cause de drogue que je lui donnais à son insu ça, ajouté au fait qu'il est interné contre son gré, qu'il est persuadé que nous faisons partie d'une machination pour le faire taire, son esprit a donc trouvé la seule solution logique : s'enfuir.

- Et maintenant, vous n'allez pas le garder endormi indéfiniment, n'est-ce pas?

- Non, je vais attendre qu'il se réveille et j'essaierai de parler avec lui, mais cela risque d'être un dialogue de sourds. Bien que ce ne soit pas ce que j'envisageais il va peut-être falloir que je lui donne un traitement plus tôt que prévu.

- A-t-il une chance de retrouver sa mémoire?

- J'en suis persuadée, j'aimerai néanmoins qu'il le fasse naturellement, il sera certes perturbé mais cela j'arriverai à le gérer. Sinon je serais dans l'obligation de lui montrer les enregistrements de sa captivité or dans son état d'esprit actuel c'est quasiment impensable.

- Que faut-il faire dans ce cas?

- Attendre.