Amélia s'attendait à ce que la salle explose. Pourtant, cela ne se produisit pas. Personne ne semblait y croire. Mais Potter faisait preuve d'un tel aplomb que même elle se prenait à douter…
-Monsieur Potter accepterait-il d'être placé sous sortilège de Vérité ? S'éleva la voix de Lucius Malefoy.
-A-t-il des preuves de ce qu'il avance ? Demanda une voix forte, et Harry s'aperçut qu'elle venait de la matriarche Longdubat.
-Mais bien naturellement, Lady Longdubat. Savez-vous quel animal Godric Gryffondor avait pour familier ?
-On lui attribue un Lion, selon la coutume.
-Connaissez-vous d'autres sorciers ayant lié leur Magie à cet animal ?
-Non. Il faut disposer d'une grande puissance pour se lier à un animal de cette taille ! Ce qui ne signifie pas que les autres Fondateurs étaient moins puissants que lui, mais simplement qu'ils étaient moins prétentieux ! Ajouta-t-elle d'un air malicieux. On dit également que les familiers des Fondateurs portaient au front une gemme ensorcelée leur permettant de prendre forme humaine…
Harry sourit.
-Léo ? Appela-t-il.
Aussitôt, le petit chat sur son épaule bondit au milieu de la salle d'audience et atterrit, lion gigantesque, au pieds de Dumbledore, qui poussa un hurlement de terreur en remontant ses jambes sur son siège. Léo le toisa et poussa un rugissement puissant qui se répercuta sur les murs de la salle.
Malgré lui, Harry ricana.
-Vous avez bien raison d'avoir peur, Dumbledore, car soyez assuré qu'il ne vous apprécie guère…
De fait, Léo grondait, menaçant…
-Léo, mon ami… L'interpella Harry.
Le Lion se retourna vers lui. Puis, le rubis sur son front clignota brièvement, et à la place du félin apparut un jeune homme splendide, aux cheveux couleur de savane en bataille et qui lui tombaient jusqu'aux fesses, nu comme un ver… Il s'habilla vivement de ses cheveux et s'inclina respectueusement devant la Présidente, puis devant l'assemblée.
-Je suis effectivement Léo, familier de Lord Gryffondor depuis maintenant près d'un millénaire… J'ai passé les derniers siècles endormi dans son coffre à Gringotts, incapable de suivre mon Maître dans la Mort comme cela est censé être l'usage, car seule son enveloppe charnelle avait disparu… Son âme et sa Magie, elles, demeuraient, et je les ai attendus…
Il s'inclina de nouveau devant l'assemblée, silencieuse comme la classe de Binns, mais beaucoup, beaucoup plus alerte, et se retourna vers son Maître, reprit son apparence de petit chat et grimpa sur son épaule.
-Lord Gryffondor… S'inclina respectueusement Amélia du haut de son pupitre.
Harry l'arrêta d'un geste de la main, alors que l'ensemble du Magenmagot s'apprêtait à l'imiter.
-Si vous le voulez bien, je préfère Harry Potter, et je vous rappelle qu'au seul titre de Potter, je ne deviendrai Lord qu'à ma majorité… J'accepte la demande de Lord Malefoy d'être soumis au Serment de Vérité, et je vous mets d'avance en garde pour la suite, car pour vous tous qui avez souffert de la guerre, elle ne sera pas facile à entendre…
-Cela ne sera finalement pas nécessaire… Indiqua l'homme blond.
-En fait, j'insiste, précisa Harry. Je vous rappelle d'ailleurs que les effets d'un tel serment s'étendent également aux souvenirs...
-Si vous insistez… Huissier ! Veuillez soumettre Monsieur Potter au Serment de Vérité… Ordonna Amélia.
Un huissier blond et au visage couvert de taches de rousseur s'approcha de Harry, tremblotant, les yeux baissés. Harry sourit en prêtant serment. Le pauvre garçon avait fait preuve de beaucoup plus d'aplomb en contrôlant sa baguette, tout à l'heure…
-Vous avez donc l'explication de l'une des traces magiques détectées tout à l'heure, précisa Harry d'une voix forte.
-D'où vient la deuxième ? L'interrogea Amélia.
-Pour celle-ci, c'est encore un peu plus compliqué. Les effets du Serment de Vérité pouvant être contournés par quelqu'un de suffisamment puissant, je suis également disposé à faire un Serment Inviolable envers l'ensemble de cette Cour, si cela peut vous rassurer. Je vous rappelle par ailleurs que des souvenirs peuvent être modifiés, mais non créés. Dumbledore est coupable, mais il l'est déjà tellement que je n'ai guère d'intérêt à mentir, car il sera condamné de toute façon. L'ampleur de ses crimes doit simplement servir à déterminer à quel point…
De fait, Dumbledore semblait maintenant accablé. Il ne comprenait pas ce que Harry lui reprochait, mais que pouvait-il faire contre un Fondateur ? Il comprenait maintenant pourquoi le château lui avait joué tant de tours ces derniers jours…
-La Cour demande-t-elle l'utilisation d'un Serment Inviolable ? Interrogea Amélia.
Personne ne pipa mot. Personne n'osait. Et puis quelqu'un se leva.
-Oui, moi… Demanda l'homme roux que Harry avait aperçu.
-Lord Weasley, n'est ce pas ? Demanda Harry.
L'homme leva brièvement le regard vers lui, et puis le re-baissa aussitôt.
-En effet… Vous avez sans doute rencontré plusieurs de mes fils à Poudlard…
-C'est exact, et d'ailleurs, votre cadet et moi ne nous apprécions guère… Bien que je n'ai rien contre vos autres fils ! D'ailleurs, j'aime beaucoup Fred et Georges, et bien que je ne converse guère avec Percy, il me semble être un garçon équilibré et plein d'ambition ! Mais en Vérité, peu de Gryffondor aiment me voir fréquenter autant de Serpentard… Que diraient-ils si ils savaient que mon meilleur ami, Draco Malefoy, m'avait même invité chez lui pour Noël.. ? Répondit Harry en souriant, amusé.
Un murmure surpris parcouru la salle. Gryffondor ? Peu aimé de ses camarades et ami avec un Malefoy ? D'ailleurs, le Lord Malefoy se leva…
-Nous espérons vous voir accepter la prochaine fois, osa demander Lucius.
Le Lord s'entendit parler avec surprise. Merlin, lui-même ne pensait pas avoir assez de couilles pour faire ça… Il était vraiment trop orgueilleux parfois !
-Ce serait avec plaisir, Lord Malefoy. Veuillez m'excuser de n'avoir, à cette époque, pas souhaité m'immiscer au sein de votre famille… N'en ayant jamais eu qui soit digne de ce nom, et étant à ce moment encore ignorant de ma Vérité, je n'était pas assez sur de moi pour oser une réponse positive…
-Vous êtes d'ores et déjà pardonné pour cette faiblesse, Monsieur Potter… Puis-je cependant demander au Lord Weasley ce qui justifie selon lui de vous placer sous Serment Inviolable, vous qui passez pour l'un des Fondateurs de la Magie Moderne ?
Arthur Weasley rougit et baissa la tête.
-Pardonnez-moi, Lord… Monsieur Potter… Je… Désire simplement que soit faite sur cette affaire la Vérité pleine et entière…
-Et je ne vous en veux pas. Vous avez accordé énormément de confiance au professeur Dumbledore, n'est-ce pas ? Il est tout à votre honneur de souhaiter à ce point l'émergence de la Vérité. Je crains cependant qu'elle ne vous soit douloureuse… De toute façon, par souci d'équité, il est injuste que l'accusateur puisse se passer de ce Serment…
Il sortit sa baguette et la brandit.
-Moi, Harry James Potter, fils de James et Lily Potter, Née Evans, Héritier et Réincarnation de Lord Godric Garian Rorsach Gryffondor, jure sur ma Vie et ma Magie que tout ce que j'ai jamais prononcé et tout ce que je prononcerai dans cette salle n'aura jamais été et ne sera jamais autre chose que la plus pure Vérité. Je jure également de ne pas chercher à contrer les effets du Serment de Vérité, et de ne modifier aucunement mes souvenirs…
Les liens magiques entourèrent Harry et disparurent dans son corps, liant sa Magie comme la Wicca avait lié celle de chaque personne présente ici.
-Voilà un serment plus que suffisant, Monsieur Potter. La Cour vous en remercie, annonça Amélia. Bien. Maintenant que le procès peut reprendre, Monsieur Potter, vous accusez donc le Lord Dumbledore ici présent des faits précédemment énoncés, est-ce exact ? Demanda Amélia, tendue.
-Ça l'est, répondit Harry.
Un silence plana sur la salle. Les différents Serment faisaient que la Cour n'avait d'autre choix que de croire les accusations proférée par Harry. Dumbledore était déjà mort…
-Faits qui, d'ores et déjà confirmés par les serments, constituent des crimes d'une ampleur sans précédent ! Énonça Amélia d'une voix blanche. Lords et Ladies, je vous avoue sans honte me trouver dans un état de terreur jamais éprouvé, même au plus fort de la guerre, car il se pourrait bien que le véritable Mage Noir n'ait pas été celui que nous croyons ! A quel genre de Monstre avons-nous confié nos enfants ? Mais la Vérité, si horrible et effrayante soit-elle, vaut toujours mieux que le Mensonge ! C'est pourquoi, bien que l'issue de ce procès ne fasse aucun doute, je suis sure que comme moi, vous souhaitez qu'il continue jusqu'à ce que soit faite la Vérité pleine et entière !
Un murmure d'approbation circula dans la salle. Dumbledore semblait atterré. Il reconnaissait qu'il avait volé Harry et n'aurait pas du le confier aux Dursley, mais il l'avait fait pour le plus grand bien ! Il avait aussi sa part de responsabilité dans le cas Voldemort, c'était une évidence, mais c'était bien pour ça qu'il cherchait aujourd'hui à racheter ses erreurs… Pour le reste, qu'avait-il bien pu faire pour que les choses deviennent si terribles ?
-Commençons, si vous le voulez bien, par les accusations les moins graves…
