Mon ordinateur étant à l'hopital, et moi meme en maladie, je n'ai accès à internet que depuis le cyber café du coin de la rue. Alors certes il est pas cher mais bon... donc je m'excuse par avance de ne pas répondre aux review et commentaires...
Bonne lecture et à dans 15 jours!
- Pas bouger !
- Gah !
- J'ai dit pas bouger affreux jojo !
- Gue gah !
- Ah ! Maîtresse ! Maîtresse !
- R.J ! Vilain ! Lâche l'oreille d'Alima ! gronda Dementia en retirant l'oreille meurtrie de sa petite servante de la main potelée de son fils.
L'enfant couina et tenta de nouveau de rouler sur lui-même avant de vider joyeusement sa vessie sur la couche que sa mère n'avait pas encore réussi à attacher. La jeune femme ne dut son salut qu'à ses réflexes qui lui firent rabattre le carré de tissu avant que le jet malodorant ne l'atteigne.
Elle eut un soupir et fit signe à Alima de lui tendre une nouvelle couche. La petite elfe s'exécuta tout en restant prudemment hors de portée des petits poings qui s'agitaient dans tous les sens.
Dementia recommença la toilette de son fils pour la troisième fois. Elle glissa l'étoffe sous l'enfant en regrettant les pampers moldus qu'elle se promettait d'acheter sitôt sortie de ce cauchemar.
Elle replia vivement la couche et réussit à attacher l'épingle à nourrice avant que son monstre de fils ne gigote assez pour faire échouer l'opération.
- Ah Ah ! s'exclama-t-elle, victorieuse, soulevant l'enfant pour le caler contre sa poitrine. Maman -1 , R.J –0. Tu es bien le fils de ton père, petit démon !
Elle déposa l'enfant dans le fauteuil qu'elle avait métamorphosé en landau et le recouvrit d'une petite couverture que lui avait donnée Narcissa et qui avait appartenu à Draco.
- Tu sais quoi, dit-elle à son fils en prenant un châle pour elle-même, c'est un jour très important aujourd'hui ! Oui ! Tu as deux mois ! Et tu es assez fort pour qu'on sorte se promener un peu.
La jeune femme avait vécu ces deux mois dans une angoisse sourde, supportant mal l'inactivité.
Bien que Narcissa lui ait promis que son père avait bien reçu sa lettre, elle s'inquiétait. Son père croyait-il qu'elle l'avait trahi ? Avait-il seulement lu la missive ?
Sa seconde inquiétude concernait son fils. Elle ne voulait pas que Severus apprenne l'existence de son petit-fils par une lettre impersonnelle ou pire par un tiers. Narcissa l'avait rassurée. Le maître avait interdit à quiconque de parler de la grossesse de la jeune femme, peu désireux de se heurter une fois de plus à Dumbledore qui aurait sans doute voulu sauver cet enfant innocent. Elle-même ne l'avait pas mentionnée à son fils. Personne ne serait donc à même de révéler quoi que ce soit à Severus, excepté Dementia elle-même.
Quelques jours plus tôt, le médicomage avait rendu visite à la jeune femme et lui avait enfin donné l'autorisation de sortir se promener. Elle allait donc enfin pouvoir s'éloigner des quartiers des invités, et tenter de repérer un moyen de sortir du manoir.
Elle sortit dans le couloir et quelques instants plus tard, elle se figea en haut des escaliers.
Ah. Elle n'avait pas pensé à cela. Comment était-elle censée…
- Laissez-moi vous aider Miss Rogue
Avant qu'elle n'ait pu faire le moindre geste, l'homme souleva le landau et le porta sans difficulté jusqu'au rez-de-chaussée, passant sans un regard devant l'étage des loups-garous. Elle fronça le nez de désappointement, autant pour la discrétion, et lui emboîta le pas.
- Merci monsieur Greyback, se força-t-elle à sourire.
- Vous allez vous promener ?
- C'est un bien grand mot, mais oui, je vais aller me dégourdir un peu les jambes à présent que mon fils est assez grand pour être sorti de ma chambre.
- J'adore les enfants, répondit l'homme d'un air gourmand en regardant le bambin.
Dementia se contenta de lui jeter un regard absolument noir et Fenrir eut un sourire amusé.
- Ne vous méprenez pas. Je fais la distinction entre nos enfants et ceux des moldus et des traîtres-à-leur-sang.
- Je l'espère bien, siffla-t-elle, donnant à sa voix les même inflexions que celle de sa mère.
Fenrir éclata de rire et, après l'avoir saluée d'un signe de tête, remonta à son étage. Dementia secoua la tête d'un air dégoûté et reprit sa promenade. Elle s'aventura pratiquement partout, de la véranda au jardin d'hiver en passant par le corridor qui donnait sur les serres et elle dut bien se rendre à l'évidence, la seule et unique entrée était la porte principale.
- Et pourquoi pas… se dit-elle.
Après tout, le lord, sa mère, son oncle, et tous les mangemorts plus ou moins importants étaient en réunion. Greyback venait de retourner à ses quartiers, quartiers dont les autres loups-garous n'avaient pas le droit de s'éloigner.
- Alima ! murmura-t-elle
L'elfe apparut aussitôt.
- Ecoute c'est très important. Va dans ma chambre. Prends le coffret de Sirius et reviens ici. Vite !
Alima obéit instantanément. Suivant l'exemple du père de son fils, Dementia avait pris l'habitude de ranger dans le coffret, avec les affaires de Sirius, tout ce qu'elle considérait comme important : l'acte de naissance magique de RJ, les quelques photos qu'elle avait prises de lui, dont une dans les bras de Bellatrix. Quelles que soient les horreurs que pouvait commettre la mangemort, Dementia était heureuse d'avoir une photo de sa mère et de son fils ensemble. Elle avait également quelques photos d'elles deux que Rodolphus avait prises.
Il fallut peu de temps à la petite créature pour revenir et Demi lui ordonna de rester avec eux.
Elle se dirigea vers la porte d'entrée, et, après avoir nerveusement vérifié qu'elle était seule, tendit la main vers la poignée.
- Ne touche pas à ça, siffla une voix aiguë derrière elle, manquant de lui faire frôler l'attaque cardiaque.
- Tante Cissy ?
- Es-tu folle ?
- Quoi ? De quoi parles-tu ?
- Dementia, soupira Narcissa, si les choses étaient aussi simples, ne crois-tu pas que je t'aurais déjà fait sortir d'ici ? Seuls ceux qui portent la marque peuvent actionner cette poignée sans provoquer instantanément le déclenchement d'une alarme assourdissante.
Dementia pâlit et recula précipitamment, mettant une distance raisonnable entre elle et la porte enchantée.
- Tu sortiras d'ici ma chérie. Mais ne te précipite pas. C'est le meilleur moyen de faire des erreurs. Tu n'auras qu'une seule chance. Si j'entrevois une solution, je viendrais te voir.
Demi hocha nerveusement la tête, pâle et nerveuse. Elle prit son fils dans ses bras et demanda à Alima de ramener le landau dans sa chambre et de l'y attendre. Après avoir remercié sa tante dans un murmure, elle partit d'un pas rapide, son enfant serré contre son cœur.
Jamais elle n'avait parcouru aussi vite le chemin la séparant de ses quartiers. Et même lorsque la porte se referma sur elle, elle n'aurait pu affirmer sans mentir qu'elle se sentait en sécurité.
OoO
Albus Dumbledore était pensif. Les mains croisées derrière le dos, il contemplait le parc de Poudlard depuis la fenêtre de son bureau. Derrière lui, Fumseck dodelinait doucement de la tête dans le plus parfait silence. Les tableaux des anciens directeurs s'étaient tus les uns après les autres, leurs occupants répugnants à troubler les réflexions de l'actuel dirigeant de Poudlard.
Apres une demi-heure de contemplation, un sourire vint étirer les lèvres de Dumbledore et, quelques secondes plus tard, des coups résonnèrent à la porte.
- Entre, Harry, lança le vieil homme en retournant s'asseoir.
L'adolescent se glissa dans le bureau, un air perplexe sur le visage.
- Comment saviez-vous que c'était moi ? demanda-t-il
- Oh, je sais beaucoup de choses, s'amusa le directeur en lui désignant un siège. Un bonbon au citron ?
- Euh, non merci, je viens de diner.
Le silence retomba tandis que le jeune garçon cherchait, de toute évidence, comment aborder le sujet qui le préoccupait.
- Tu voulais me voir pour parler de quelque chose dont tu t'es rappelé, n'est-ce pas Harry, dit soudain le directeur après avoir observé son vis-à-vis quelques instants…
- Euh oui, répondit Harry, hésitant, je me suis posé pas mal de question sur ces trucs là… les hormachins…
- Les horcruxes, corrigea patiemment le directeur
- Voilà. Je me suis dit, s'il en a fait trois, est-ce qu'il aurait pu en faire plus ?
Dumbledore eut un petit soupir et se renfonça dans son siège en croisant les mains sur son bureau.
- J'y ai également pensé. Je me suis penché sur la question. J'ai relu des dizaines de pages de notes de Gellert Grindelwald.
- Vous y avez accès ? demanda Harry surpris
- Vois-tu, avant qu'il ne choisisse le chemin sombre de la magie noire, Gellert fut un condisciple de Poudlard et même un ami. J'ai mis très longtemps à réaliser que la petite guerre amicale que nous nous livrions pour la première place de la promotion avait pris des proportions inquiétantes. Vois-tu Gellert avait fait des recherches sur les horcruxes, avant de renoncer à y avoir recours, jugeant la chose trop noire… même pour lui.
- Oh… Et vous avez découvert quelque chose qui peut nous aider ?
- Eh bien au terme de ses recherches, Gellert était catégorique : le corps humain ne pourrait survivre à la formation d'un cinquième horcruxe et mourir lors de cette création détruirait tous les horcruxes déjà existants. Tom étant toujours de ce monde, j'en déduis soit qu'il en est venu aux même conclusions, soit qu'il n'a pas tenté, pour une raison ou une autre de faire plus d'horcruxes.
- Donc il peut bien y en avoir 4, souffla Harry
- En effet. Et si je ne m'abuse, ce que je viens de t'expliquer te confirme quelque chose que tu soupçonnais…
- Le journal, murmura l'adolescent. Il était presque vivant. Il a failli tuer Ginny.
- Ce que n'est pas censé faire un horcruxe, le coupa Dumbledore. Et c'est pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt.
- Pourquoi ce journal était si dangereux alors ?
- Tout simplement parce que Tom est dangereux. Je n'y ai pas pensé, car je voyais les horcruxes comme une telle abomination que je ne pouvais concevoir qu'il existe pire. Mais je pensais en tant qu'Albus Dumbledore ayant lu les notes de Gellert Grindelwald. Il m'a fallu du temps pour me résoudre à penser comme Tom. Et j'ai réalisé qu'il avait pu tout à fait ensorceler un de ses horcruxes pour lui donner d'autres capacités. Ce qu'il a fait avec le journal.
- Donc j'ai bien tué un horcruxe ? soupira Harry, mal à l'aise
- Non, tu en as détruit un, précisa Albus. Les horcruxes sont les réceptacles de morceaux d'âme, néanmoins ils demeurent des objets. Mais en effet, tu en as bien détruit un. Dès que nous aurons trouvé ce médaillon, et que nous aurons tué la pauvre bête qu'il a attachée à lui, Tom sera vulnérable. Le reste se règlera sur le champ de bataille.
- Tout ça, ça va pas améliorer mes rapports avec ce bon vieux Tom, essaya de plaisanter Harry
Albus eut un petit rire et, saisissant la grosse boîte ronde sur son bureau, il se pencha vers Harry.
- Tu es sûr que tu ne veux pas de bonbon ?
Harry soupira, sans pouvoir retenir un petit sourire et se décida à piocher dans la boîte.
- Merci, professeur.
- Le couvre-feu ne va pas tarder à sonner, aussi permets-moi de te raccompagner à ton dortoir. Je serais désolé que tu ais des ennuis.
L'adolescent hocha la tête. Oui il n'avait pas besoin de s'attirer plus d'ennuis qu'il n'en avait déjà quotidiennement.
Le directeur l'invita d'un geste à le précéder dans l'escalier et ils prirent silencieusement le chemin de la tour de gryffondor. Au bout de quelques minutes, Albus se décida à prendre la parole.
- Est-ce que tout va bien, Harry ?
- Oui monsieur, répondit laconiquement l'adolescent.
- Severus te mène-t-il toujours la vie dure ?
Le garçon ne répondit pas mais Albus le vit nettement se raidir. Il retint un soupir.
- Je suis profondément désolé mon garçon. J'ai pensé à ta sécurité et il était évident pour moi que la sincère affection qui liait ta mère au professeur Rogue suffirait pour que les choses aillent bien entre vous.
- Ce n'est pas votre faute, murmura Harry, les choses commençaient à aller de mieux en mieux. Je veux dire, il est vraiment sévère et il laisse rien passer…mais Demi était là et elle le calmait… la plupart du temps. Mais depuis qu'elle est partie…c'est… difficile.
- Veux-tu que je tente encore de parler à Severus ? Je ne veux pas trop le harceler, il serait bien capable de te retirer de Poudlard juste pour me faire bisquer.
Harry ne put s'empêcher de rire devant le commentaire et Albus fut satisfait d'avoir réussi à dérider le jeune homme. Ils continuèrent à deviser de choses et d'autres, jusqu'à arriver devant le tableau de la Grosse Dame qui arrangea d'un geste preste sa coiffure, en voyant approcher Dumbledore.
- Oh bonjour monsieur le directeur, roucoula-t-elle, une bien belle nuit n'est-ce pas ?
- Bien belle, bien belle Athénaïs. Auriez-vous l'obligeance d'ouvrir le passage pour le jeune Monsieur Potter.
- Oh mais bien sûr monsieur le directeur.
Le portrait s'ouvrit immédiatement sans réclamer le mot de passe. Harry jeta un regard intrigué à Albus qui sourit.
- Apanage du directeur de Poudlard. Passe une bonne nuit. Tes amis t'attendent, me semble-t-il, tu peux bien évidemment leur rapporter notre discussion, mais je te prierai d'être vigilant et de ne partager ces informations qu'avec tes deux amis et avec Melle Weasley si vraiment tu y tiens.
- Ron, Hermione et Ginny, personne d'autre, promit Harry
- Et concernant Severus, ne t'inquiète donc pas. Il va finir par réaliser l'injustice dont il fait preuve et tout ira beaucoup mieux. Et Dementia ne restera pas absente bien longtemps. Des qu'elle reviendra, elle remettra bon ordre à tout ceci.
- Ca fait déjà presque un an… soupira Harry
- Chaque chose arrive en son heure, Harry. Va maintenant, tu es attendu.
Harry hocha la tête et souhaita bonne nuit au directeur avant d'entrer dans la salle commune. Comme ce dernier l'avait supposé, Ron, Hermione et Ginny étaient réunis devant le feu et, dès qu'ils l'aperçurent, le mitraillèrent de questions.
Harry soupira imperceptiblement et s'assit parmi eux, attirant Ginny dans ses bras. Puis il prit une grande inspiration et leur dit tout ce qu'il savait.
OoO
R.J. fronça le nez, regarda sa mère d'un air furieux, prit une grande inspiration et hurla. Dementia gémit et le serra contre elle pour le bercer.
- Je sais mon bébé, je sais…
On frappa à la porte et elle la déverrouilla d'un coup de baguette sans quitter son fauteuil. Bellatrix entra dans la chambre, les sourcils froncés.
- Tu le tortures ? On l'entend hurler dans tout le manoir !
- Je sais, merci. C'est l'heure de la tétée, c'est pour ça qu'il hurle.
- Et tu comptes le nourrir ? Ou le laisser d'abord rendre sourd la moitié des personnes présentes ?
Dementia soupira avant d'embrasser le front de l'enfant.
- C'est bien ça le problème, maman. Je crois que je n'ai plus de lait.
Bellatrix retint de justesse un sourire triomphant. Elle se força au contraire à prendre une mine soucieuse.
- Tu es sûre ? Tu es encore jeune pour souffrir d'un manque de lait…
- Dis ça à R.J, siffla la jeune femme en lui décochant un regard noir.
- Ne t'énerve pas. Ce sont des choses qui arrivent et ce n'est vraiment pas grave. Tu as deux solutions : soit tu décides de le nourrir au biberon, soit tu préfères prendre une potion qui forcera la montée de lait et te permettra de continuer à le nourrir au sein. C'est comme tu veux.
- Je… Je ne sais pas … Je vais y réfléchir, mais est-ce que tu pourrais aller chercher le médicomage ? Je voudrais quand même qu'il m'examine. Juste pour m'assurer que le manque de lait ne cache pas quelque chose de plus grave.
- Bien sûr. Je vais lui dire d'apporter une fiole de potion régénératrice de lait et je vais aller aussi chercher un biberon aux cuisines. Tu pourras le nourrir dès que tu auras fait ton choix, ce genre de potions agit en 12 minutes.
- D'accord.
Dès que Bellatrix fut sortie, Dementia, livide, verrouilla à nouveau la porte. Qu'allait-elle faire ? Que devait-elle faire ?
Nourrir R.J. au biberon ? Oui mais cette méthode ne lui permettait pas de garder un œil sur ce que son fils ingurgiterait. Si Bellatrix avait été capable de la droguer, elle, sa propre fille, Merlin seul savait ce qu'elle était capable de faire au fils de Sirius. C'était dangereux. Bien trop dangereux. Son instinct de mère lui hurlait de refuser cette solution.
Mais prendre une potion elle-même n'était pas moins risqué. Elle faisait semblant de prendre sa tisane tous les soirs mais elle n'était pas à l'abri qu'ils décident de mélanger la potion de confusion à celle régénératrice de lait. Elle retomberait donc dans sa léthargie et serait incapable de partir de cet enfer.
Dementia posa R.J dans son berceau et plaça un sort de silence sur la zone réservée à son fils qui continuait à s'époumoner.
- Désolée mon bébé, mais il faut que je réfléchisse.
Elle savait qu'elle n'avait pas beaucoup de temps. Très vite, Bellatrix allait revenir et refuser de prendre la potion ou de donner le biberon la rendrait immédiatement suspecte. Il fallait à tout prix qu'elle trouve une solution, n'importe laquelle, pour être capable de garder ses esprits, malgré une éventuelle potion de confusion.
Gardant un œil sur son fils, elle regarda autour d'elle, hésitante. Elle songea un instant à demander à Alima de lui révéler la vérité si jamais elle retombait sous la coupe de sa mère mais elle écarta cette pensée. Elle préférait ne compter que sur elle-même. Si sa mère soupçonnait la petite elfe de tenter de la sortir de la torpeur dans laquelle la plongeait la drogue, elle n'hésiterait probablement pas à la faire disparaître.
Non… il lui fallait une solution qui n'implique aucun intermédiaire.
Ses yeux tombèrent sur le coffret de Sirius, sur sa coiffeuse, et une idée germa dans son esprit. Le journal de Sirius ! Elle le lisait tous les jours, et ce, même lorsqu'elle était droguée.
Précipitamment, consciente que sa mère n'allait pas tarder à revenir en compagnie du médicomage, elle sortit le journal du coffret et l'ouvrit à la première page. Là, juste sous la dédicace de James, elle inscrivit d'une main tremblante : « Ils te mentent, ils te droguent. Tu prends une potion de confusion pour t'empêcher de te poser les bonnes questions. Tu dois trouver une solution pour partir. Ils veulent tuer papa et Harry. Tu ne peux le dire à personne, Ni à maman, ni à oncle Lucius. Ta seule alliée ici est tante Cissy mais elle ne peut rien pour toi. Et surtout, quoi qu'il arrive, ne fais pas confiance à Rabastan »
Elle replaça le journal dans sa boîte et courut vers son fils qui avait cessé de hurler et hoquetait au fond de son berceau. Elle le prit dans ses bras, déverrouilla la porte et s'installa dans son fauteuil, quelques secondes avant que sa mère ne pénètre dans la chambre, suivie du médicomage.
- Alors, demanda ce dernier, votre mère m'a dit que vous n'aviez plus de lait ? Nous allons voir ça.
Masquant sa répugnance, Demi tendit son fils à Bellatrix et alla s'allonger sur son lit. Le médicomage lança plusieurs charmes de diagnostic sur elle avant de se frotter le menton.
- Vous me semblez en parfaite santé. Peut être un peu fatiguée mais c'est tout à fait naturel avec un nourrisson qui ne doit pas encore faire ses nuits. Je pense que votre manque de lait n'est dû qu'au petit appétit de R.J. Ne stimulant pas assez les glandes de lactation, celles-ci cessent de produire. Désirez-vous continuer l'allaitement ou préférez-vous passer au biberon ?
- Et bien, commença prudemment la jeune femme, je pense que je préfère continuer à nourrir mon bébé. Je n'aime pas vraiment les biberons, c'est tellement impersonnel… Quelle mère digne de ce nom choisirait cette solution ? ajouta-t-elle d'un air innocent, se rappelant que son père lui avait dit que Bellatrix avait toujours refusé de lui donner le sein.
Elle vit sa mère se raidir et sut que le coup avait porté. Elle se tourna vers la mangemort et lui sourit avant de demander d'un ton candide.
- Tu en penses quoi maman ?
- Tu…tu as raison, répondit avec difficulté Bellatrix en reprenant contenance. Il vaut toujours mieux allaiter le plus longtemps possible. C'est mieux pour l'enfant.
- Alors c'est décidé, s'écria Demi d'un ton qu'elle s'efforça de rendre enjoué, moins sûre de sa décision qu'elle ne le laissait paraître.
Le médicomage lui sourit d'un air paternel avant de sortir une fiole de sa robe. Demi adressa une prière muette à Merlin avant d'avaler son contenu.
- Tu vas voir, sourit Bellatrix, tout va s'arranger maintenant…
OoO
- Tu ne sors plus de ta chambre, protesta Rabastan en s'appuyant contre le chambranle de la porte.
- Ce manoir est rempli de courant d'air, mentit Dementia d'un ton plus sec qu'elle ne l'aurait voulu.
Il ne s'agissait pas de rendre le mangemort soupçonneux se dit-elle en se forçant à sourire. Rabastan haussa les épaules et elle put constater que ses paroles mordantes n'éveillaient aucune suspicion chez l'homme qui lui faisait face.
- Tu ne peux pas passer ta vie enfermée, bougonna-t-il
- Non, soupira-t-elle en le poussant vers la porte. Je te jure que dès que R.J sera un peu plus grand, et surtout quand il fera ses nuits et que je serais moins fatiguée, je sortirai. Maintenant file, si tu es en retard pour la mission, oncle Lucius va te trucider.
- Très bien, soupira le mangemort. Mais tu me jures que très bientôt tu sortiras d'ici ?
- Promis !
L'homme hocha la tête et prit congé. La jeune femme referma soigneusement la porte et poussa le verrou avant d'aller se poster devant la fenêtre.
- Oui promis, répéta-t-elle dans un murmure pour elle-même, je sortirai d'ici. J'y travaille.
