Auteur : Dozen and One Stars

Traductrice : Hermi-kô


Chapitre 37 : Le meilleur ami de l'Homme (OS)


Cerbérus était un chien.

Cerbérus était, selon la majorité du Japon, la créature des enfers à trois têtes réincarnée dans la vicieuse poubelle à pattes qu'il était.

Cerbérus était, malgré les morsures, les aboiements et les frayeurs, un bon chien. Il gardait les voleurs au loin. Il était une excellent motivation. Il s'assurait que la nourriture dans le frigo n'arrivait jamais à sa date d'expiration. Et bien que la nourriture ait été sa raison principale pour rester aux côtés d'Hiruma, et par extension de Mamori, cette dernière aimait penser qu'il l'avait aimé.

Elle oui en tout cas.

Il y avait une compréhension entre eux qui amenait Cerbérus à être propre et à la raccompagner jusqu'à sa porte le soir après les entraînements. Et de son côté à elle, à s'assurer qu'il était nourri régulièrement et avait une place au chaud quand il neigeait.

C'était étrange de penser que plus jamais elle n'entendrait le claquement de ses mâchoires. Il n'y aurait plus de morsures ou de griffures à soigner. Il y aurait finalement des restes dans le frigo.

C'était une pensée très déprimante.

Bien que ça n'aurait pas dû être tant un choc que ça. Après tout, Cerbérus était déjà une machine à manger en pleine croissance quand il devient de manière officieuse la mascotte secondaire des Devil Bats. Et puis il vécut la vie aventureuse d'un membre de l'équipe de football suivi par les années à l'université et les derniers mois dans le nouvel appartement partagés par l'ancien capitaine et par la manager. Avec tout ça pris en compte et traduits en années de chien, il n'y avait qu'un contrat avec le Diable qui pouvait expliquer comment il avait fait pour vivre aussi longtemps.

Mais il avait semblé en si grande forme quand ils étaient partis !

Avec l'été arrivant à son terme, ils devaient se préparer pour une nouvelle saison de foot au Lycée Deimon. Depuis leur remise des diplômes le programme de foot était plus ou moins tombé en morceaux. Laissant Hiruma, qui refusait de voir ce qui avait été sa première entreprise s'écrouler de la sorte, à débarquer pour tout arranger. Avec personne d'autre ne pouvait (ou ne voulant) travailler avec lui, la tâche était immédiatement retombée sur la fidèle Mamori. Ainsi avaient-ils démarrés les préparatifs pour ramener l'équipe de foot lycéen aux standards d'Hiruma.

Ses standards impliquaient d'exiler le personnel précédent, de rénover de pied en cap la salle du club et de produire un nouveau cheptel de joueurs qui n'étaient même pas encore au courant qu'ils étaient dans l'équipe.

C'était comme s'ils avaient dix-sept ans à nouveau.

Pour résumer ils avaient passés la matinée à visiter diverses autres écoles pour voir à quoi ressembler la compétition quand le téléphone avait sonné. Musashi était arrivé à l'appartement pour emprunter des cassettes de la saison dernière quand il avait fait la macabre découverte.

Maintenant ils étaient assis en silence dans le train qui les ramenaient à la maison.

Hiruma souffla sa bulle de chewing-gum et Mamori leva les yeux de sa position assise pour le trouver la regardant. Avec une main dans la poche et l'autre se tenant à la barre, il dit d'un ton non affecté : "Je disais juste qu'il avait fichu la trouille aux foutues andouilles quand ils avaient rejoints l'équipe pour la première fois. Je vois pas pourquoi il ne pourrait pas continuer à motiver les nouvelles recrues de la sorte."

Mamori lui jeta un regard noir et souffla entre ses dents : "Pour la dernière fois, on ne va pas le faire empailler pour le planter devant la salle du club !"