Vacance entre quatrième et cinquième année

- Il me fait de la peine, murmura Victoire.

- A moi aussi, répondit Dominique.

- Tu crois que ça fait combien de temps qu'il est là ?

- Je ne sais pas.

- Faudrait peut-être vérifier qu'il respire encore ? proposa Victoire.

- Je vous entends ! grogna la voix de Louis, avachi dans le canapé.

- C'est bon il est vivant.

Ses deux sœurs le rejoignirent, et s'assirent à ses côtés :

- Nous n'avons pas pu nous empêcher de remarquer que depuis le début de l'été, tu étais…

- Une larve ! termina Dominique à la place de sa sœur aînée.

- Non. Que tu étais un peu triste, rectifia Victoire.

- Et seul, ajouta Dominique. Tu ne veux pas aller voir tes amis ? Ou James ? Ou Fred ? Ou Rose et Albus ?

- Non.

Louis n'avait pas envie de voir du monde. Il voulait être seul.

- D'accord, donne-nous son nom et avec Victoire on part lui casser la figure ! déclara Dominique en se levant.

- Je suis pour la non-violence !

- Tu lui balanceras de la peinture !

Victoire se retourna vers ses tubes de peintures qu'elle avait rapporté de Paris.

- La peinture jaune est toxique en grande quantité… Ça me va ! accepta Victoire en tapant dans la main de sa cadette.

Louis aurait ri en temps normal. Mais il pensait trop à Janet, à Tommy…Et surtout, à Mina.

- Janet m'ignore, Tommy ne me parle plus, la fille qui me plaisait sort avec lui et David boude tout le monde parce qu'il refuse de choisir.

Louis déballa son sac et se confia à ses sœurs en serrant contre lui un coussin. Elles l'écoutèrent, en tentant de le consoler, sans grand succès. Le lendemain elles forcèrent Louis à se rendre au Terrier, ou se retrouvaient tous leurs cousins, pour camper. L'air renfrogné, il s'y rendit sans grand conviction. Molly l'attendait : tous les ans, ils partageaient la même tente.

- Je l'ai déjà installé ! lui apprit la rousse.

- Merci…

- Tu vas arrêter de me faire la tête et de me repousser ? Ou je dois prévenir Lucy et Roxanne que je squatterai leur tente ce soir ? l'avertit-elle.

- Je ne te repousse pas.

Molly, qui avait jusqu'ici les poings sur les hanches colla sa main devant le visage de Louis et commença à compter sur ses doigts :

- Tout d'abord tu ignores mes lettres, ensuite tu me dis que je ferais mieux de passer du temps avec Janet plutôt qu'avec toi, après tu…

- C'est bon j'ai compris ! l'interrompit Louis.

- Tu sais, cette situation me peine autant que toi… Et je trouve que Mina n'a pas été correcte.

- Mina ? C'est Tommy qui s'est bien moqué de moi !

Molly soupira, refusant de prendre parti entre son cousin et son ami. Les deux avaient leurs torts et avaient fait preuve à un moment ou un autre, d'une indélicatesse digne d'un éléphant dans une magasin de porcelaine. Quant à Janet… Janet se remettait doucement d'avoir été repoussé. Elle avait adulé Louis depuis leur première année ! Elle se rendait maintenant compte qu'elle n'avait jamais été réellement amoureuse, et elle avait même confié à Molly qu'il lui manquait…

- Donc tu me souris ? Tu poses tes affaires dans notre magnifique palace ?

Louis s'exécuta, heureux d'être avec sa cousine finalement. Ça lui changeait les idées, et c'était toujours mieux que de rester sur le canapé à ne rien faire. Il s'amusa plus qu'il ne l'aurait pensé, encore plus quand Fred et James se ramènent dans leur tente, fiers d'eux, alors que tout le monde était en train de dormir :

- On a trouvé ça dans les réserves de grand-père ! firent-ils, en levant deux bouteilles de whisky-pur-feu.

- Chouette ! les félicita Molly, impatiente.

Ils l'ouvrirent et en burent chacun une gorgée avant de tousser.

- C'est fort ! commenta Fred la voix un peu enraillée.

Ils tendirent la bouteille à Molly, qui avala plusieurs gorgée avant de s'essuyer la bouche, devant leurs yeux admiratifs :

- Cela a bon goût !

Louis s'empara de la bouteille, hésitant un instant. Quand il était en France, il avait l'habitude de tremper ses lèvres dans du vin pour le goûter. Mais il n'en avait jamais avalé. Il n'avait jamais bu d'alcool… Il respira au niveau du goulot et l'odeur de l'alcool s'insinua dans ses narines :

- Ça sent fort.

Il porta la bouteille à sa gorge, et avala une, deux gorgées. Le whiskey-pur-feu descendit le long de son œsophage et lui brula le palais. Il avait la sensation que son être tout entier venait d'être désinfecté, et il grimaça pour faire passer le goût avant d'en boire encore un peu. Finalement, ce n'était pas si mauvais… James prit la bouteille pour la reboucher. James et Fred savaient s'arrêter quand il le fallait parfois ! Mais ces quelques gorgées avaient suffi à rendre les quatre cousins totalement hilares et remplis d'allégresse. Ils gloussèrent toute la nuit et Louis, grâce à l'alcool, se sentit léger, oubliant le poids de sa culpabilité qui pesait sur ses épaules, mais aussi le poids du silence de ses amis…


Réponses aux reviews anonymes :

Nina : Merci pour ton retour ! Ehehehe oui, petit Louis fait fondre les cœurs !

Melodidumalheur : Aaaaah enfin une fan de mon petit Louis ! Je suis contente que ces petits OS te plaisent, et j'espère qu'ils feront honneur à ce personnage que tu sembles apprécier ! J'espère que la suite te plaira tout autant, et je te remercie pour ton retour !

Inconnue : Woah, que de compliments, merci beaucoup ! Ca me touche ! Ca fait du bien à mon égo tout ça !