Chapitre 38 : L'élu
Après avoir finalement réussi à s'endormir, Aurore se réveilla au terme de longues heures de sommeil. De sa chambre elle entendait l'animation dans la salle. Les Trois Balais étaient toujours fermés. Abelforth devait se débrouiller seul. Il avait ordonné à la jeune fille de se reposer. Mais c'était la dernière chose dont elle avait envie maintenant. Aurore savait qu'elle devait faire quelque chose. Agir. Pour réparer. "Mais quoi ? Je n'en ai pas la moindre idée..." pensa-t-elle désespérément. "Mais je dois bouger. Je ne peux pas rester enfermée ici". Se levant de son lit, Aurore fit sa toilette avant de plonger la main dans sa bourse pour en sortir des vêtements propres. Mais elle suspendit son geste en apercevant la robe bleue posée sur la chaise du bureau.
Dans la salle, Abelforth faisait de son mieux pour s'en sortir. N'hésitant pas à rabrouer les clients trop empressés.
- J'ai pas quatre bras ! Cria-t-il furieusement aux clients de la table du fond qui ne cessaient de lui faire signe.
- Vous devriez éviter de parler comme ça, entendit-il derrière lui. Surtout à vos clients.
Se retournant, l'aubergiste trouva Aurore près de lui, vêtue de la robe bleue. Il fut fier de lui en voyant qu'elle lui allait comme un gant. Mais il grogna tout de même :
- Je t'avais dit de rester dans ta chambre.
- Je ne veux pas rester enfermée.
- Va te reposer !
- Non.
Abelforth soupira avant de dire :
- Tu manques vraiment pas de graine toi.
- Vous non plus.
- Hum, dit-il l'ébauche d'un sourire au coin des lèvres. Prends ton petit déjeuner. Puis va servir la table du fond.
- D'accord.
Aurore aida Abelforth tout le reste de la journée. Efficace, malgré son air fatigué et déprimé. Mais elle essayait de faire bonne figure devant les clients qui ne pouvaient s'empêcher de la dévisager à cause du bleu qu'elle arborait sur la joue.
Le soir, lorsqu'il n'y eut plus personne dans la salle, Abelforth dit en finissant sa vaisselle :
- Passe dans la pièce du fond. C'est l'heure de manger.
Légèrement surprise qu'il l'invite à manger avec lui, Aurore avait pris le chemin de la salle à manger quand la porte du pub s'ouvrit et que quelqu'un cria :
- Abelforth !
Aurore écarquilla les yeux en apercevant Alastor Maugrey. Lui on ne pouvait pas le confondre avec quelqu'un d'autre.
- Baisse d'un ton Fol'Oeil, lui répondit l'aubergiste.
- Nous sommes désolés Abelforth, dit Emmeline en entrant avec Elphias. J'ai essayé de le retenir toute la journée mais...
- Mais j'ai à te parler Abelforth, la coupa Alastor. À toi et à cette jeune fille.
- Parle si tu veux. Nous on va manger, dit-il en posant son torchon sur le bar.
- C'est sérieux ! Qui a écouté la discussion d'Albus avec cette folle de Trelawney ?
Abelforth fronça les sourcils. Et il vit Emmeline et Elphias lui faire signe de se taire.
- J'en sais rien. Je ne l'ai pas vu, répondit-il.
- Et elle ? Demanda l'Auror en désignant la serveuse.
- Elle, tu vas lui foutre la paix.
- Je suis sûr qu'elle est au courant de quelque chose. Parlez jeune fille.
- Je n'ai rien à vous dire.
- Alors qui vous a fait ce bleu ? Votre patron peut-être ?
- Non ! Dit-elle avec indignation.
- Il s'agit donc de l'homme que je cherche. Dites-moi son nom. À quoi ressemblait-il ?
- Vicky, va m'attendre derrière, lui demanda Abelforth.
Aurore acquiesça avant de disparaître dans la pièce du fond et Alastor s'exclama :
- Je veux des réponses !
- Albus n'a pas voulu te les donner ? Supposa Abelforth. Ne compte pas sur moi pour le faire.
- Abelforth, si on arrête pas ce mangemort...
- Je ne sais pas ce qu'il a entendu de si important. Mais il a sûrement déjà tout raconté à son maître alors ne vient pas me faire chier. Pour la énième fois, je ne me considère pas comme un membre de l'Ordre. Ni toi ni Albus ne pouvez me dire ce que je dois faire.
- Mais ta serveuse...
- Ma serveuse s'est fait agresser hier soir. Laisse-la tranquille.
- Elle a peut-être aussi entendu quelque chose. Sur nous. Et sur la... conversation de Dumbledore.
- Les conversations de mon idiot de frère ne m'intéressent pas. Surtout celles avec une diseuse de bonne aventure.
- Tu aurais dû venir à la réunion ce matin. Si tu savais ce que...
- J'étais occupé ce matin. Et pour la dernière fois : je ne suis pas un membre de votre Ordre ! Alors sors d'ici !
- Pas tant que... commença Maugrey en s'avançant vers l'escalier.
- Trelawney est partie tôt ce matin, l'arrêta Ab. Elle est à Poudlard, auprès de votre cher Albus. Alors pour la dernière fois... sors d'ici.
De rage, Alastor donna un coup de pied dans l'une des chaises avant de sortir en bousculant les deux autres membres de l'Ordre. Ceux-ci offrirent un regard désolé à Abelforth.
- Posez une seule question à Vicky et...
- Albus nous a ordonné de la laisser tranquille, le rassura Emmeline. Mais nous avons besoin de nos chambres...
L'aubergiste leur fit signe qu'ils pouvaient monter à l'étage reprendre leur chambre, et lorsqu'ils eurent disparu, Abelforth rejoint Aurore dans la salle à manger. Elle était assise à table, pensive.
- Je ne veux pas qu'on me pose d'autres questions sur ce qu'il s'est passé hier, dit-elle finalement.
- J'ai posé une question ? Grommela-t-il.
- Non, sourit-elle. Merci.
- Tiens, dit-il en lui apportant un plateau repas qu'il avait préparé plus tôt. Mange. Et oublie Alastor. C'est qu'un vieux râleur.
-...
- Attention à toi jeune fille.
- J'ai rien dit, se défendit-elle amusée.
- Il a vu tellement de mauvaises choses dans sa vie qu'il en devient parano et insupportable.
- ... Et vous ? Demanda-t-elle lentement.
- Quoi moi ?
- Vous avez aussi vu... de mauvaises choses ?
Abelforth la fixa quelques secondes en silence. Il ne semblait pas apprécier sa question.
- Avale ton repas, dit-il en se levant.
- Je suis désolée, dit-elle aussitôt. C'est juste que... je vous suis reconnaissante de m'aider. Et aussi pour la robe. Mais je n'arrête pas d'y penser...
-...
- J'ai trouvé la boite à musique, avoua-t-elle.
Albelforth se retourna immédiatement vers elle, ouvrant la bouche. Mais il la referma rapidement avant de se passer une main las sur le visage.
- J'avais faillit l'oublier... dit-il d'un ton coupable.
- Je peux vous la rendre.
- Non, dit-il en secouant la tête. Laisse-la où elle est. C'est sa place.
- Est-ce que... dit-elle prudemment. La chambre que vous m'avez donné. C'était celle de... votre fille ?
-... Anna, murmura-t-il en s'agrippant au montant de la cheminée.
- Que lui est-il arrivé ?
-...
- Pardonnez-moi, dit-elle en voyant son air triste. Je vous demande de ne pas me poser de questions et moi je...
- Elle est morte, l'interrompit-il le regard dans le vague. Elle et ma femme. Il y a très longtemps. Oui... très longtemps.
Aurore retint son souffle. Il avait donc perdu sa famille. "Moi j'ai abandonné la mienne".
- C'était à l'époque de Grindelwald, continua Abelforth en se rasseyant.
- Vous n'êtes pas obligé de me raconter...
Aurore croisa le regard du vieil homme et elle sourit en disant :
- Mais je veux bien vous écouter.
- Je le connaissais bien ce salaud. Il trainait tout le temps avec mon frère quand ils étaient jeunes. Jusqu'à ce que...
Abelforth glissa un regard vers le portrait de sa soeur. Ariana les regardait en silence.
- Jusqu'à ce que l'irréparable soit commis, finit-il en reportant son attention sur Aurore. Ma jeune soeur, Ariana, a été tuée. Tuée par... ha. Si seulement je le savais. Peut-être est-ce moi qui...
- Je suis sûre que vous n'êtes pas responsable de la mort de votre soeur.
- Je n'en serais jamais certain pour ma part. Toujours est-il que Grindelwald a disparu après ça. Pour revenir des années plus tard. Plus fort. Et plus terrible. Il était largement à la hauteur de Voldemort.
Abelforth remarqua que la jeune fille n'avait pas cilié à l'entente de ce nom. Et il sourit légèrement avant de reprendre :
- Je me suis proposé pour le combattre. Ariana ne serait pas morte de cette manière s'il n'était pas entré dans nos vies. Je voulais lui faire payer. Et pour ça j'étais prêt à m'associer à mon idiot de frère. Albus Dumbledore.
- Je sais qui c'est, dit-elle amusée.
- Ouais... le grand sorcier, marmonna-t-il. Si fort, si sage. Tout le monde lui faisait confiance et tout le monde pensait qu'il pourrait vaincre Grindelwald sans problèmes. Mais moi je voulais aussi participer. Je voulais me venger. Je n'avais que ça à l'esprit. Alors que j'aurais dû... j'aurais dû m'occuper de ma famille.
-...
- Ma femme, Lycoris. Et notre fille, Anna. J'aurais dû m'estimer chanceux de les avoir. J'aurais dû prendre soin d'elles. Mais... mais je n'étais pas là quand... Pré-au-lard a été attaqué.
Aurore retint son souffle.
- J'étais parti sur une piste, à la recherche de Grindelwald. J'avais entendu une conversation dans la salle. Apparemment il se cachait dans les environs avec ses partisants. Oui... dans les environs. Et ils sont sortis de leur trou ce soir là ! Pour attaquer le village. Ils ont quasiment détruit mon pub ! Et ma famille... je les ai retrouvées sous les décombres de la salle. Elles avaient essayé de se cacher derrière le bar. En vain. Je n'étais pas là. J'aurais dû être là. Près d'elles... Le pire c'est que je ne sais toujours pas ce qu'il s'est passé exactement.
Une larme coula sur le bout du nez d'Abelforth avant de s'écraser sur la table. Mais il se reprit et dit :
- Depuis je n'ai jamais quitté ce pub. Je ne suis plus jamais sorti du village. Il y aura toujours Abelforth et la Tête de Sanglier. Rien d'autre. Je ne m'investirai plus dans aucun combat. C'est fini.
"Vous le faites à votre manière" pensa Aurore en lui accordant un regard admiratif. "Vous refusez d'être associé à l'Ordre. Mais ça ne vous empêche pas de les aider. Et en faisant cela, vous le combattez. Vous n'avez pas abandonné Abelforth... je le sais".
- Bien sûr je t'interdis de parler de tout ça. Et surtout aux visiteurs des chambres 1 et 2.
- Je vous le promet, sourit-elle.
- Hum... marmonna-t-il. Tu lui ressembles.
- Pardon ?
- Anna. Elle m'écoutait jamais, mais quand il le fallait, elle savait obéir.
Aurore éclata de rire.
- Oui, ça me ressemble un peu.
- Et elle aussi, elle était rousse. Même si...
Aurore le vit l'observer en silence et elle demanda :
- Même si quoi ?
-... rien. Moi aussi j'étais roux quand j'étais jeune.
- ça ne se voit plus du tout, rit-elle.
- Hé ! Dit-il l'air faussement vexé. Fais gaffe à ce que tu dis. Fini ton repas et remonte te coucher. Demain, debout à la première heure.
- Oui patron, sourit-elle.
Malgré toute son appréhension, une chose était certaine pour Aurore. Elle ne regrettait pas d'être venue trouver refuge à la Tête de Sanglier.
oOo
Albus venait d'arriver devant l'appartement des Pettigrow. Il frappa d'abord doucement à la porte. Mais aucune réponse ne vint et il frappa plus fortement, appelant :
- Mr Pettigrow ? Peter ! Mrs Pettigrow ?
Aucun bruit. Et Dumbledore fut obligé de forcer la serrure. Tout était calme à l'intérieur. Et sombre. Les volets étaient fermés bien que le soleil brillait encore dans le ciel.
- Peter ? Mrs Pettigrow ?
Dumbledore fouilla chaque pièce de l'appartement. Sans trouver âme qui vive. C'était très étrange. Rien ne pouvait laisser penser à une attaque. Cependant il remarqua que les armoires étaient presque entièrement vides. Les Pettigrow étaient-ils partis ?
- Pourquoi Peter se serait-il enfuit avec sa mère sans prévenir ? Murmura Albus en cherchant une explication. À moins que... aurais-je vu juste ?
oOo
- Je ne comprends pas pourquoi Peter est parti, dit James en faisant les cent pas dans son salon. Disparu, comme ça, avec sa mère. Dumbledore ne t'a rien dit de plus ?
- Non, répondit Remus assis sur le canapé. D'ailleurs il a attendu que je pose la question pour en parler. On ne s'est inquiétés que maintenant parce que Peter n'a pas pris son quart avec Benjy à Pré-au-lard. Pourtant ça fait déjà 3 semaines que Dumbledore sait que Peter a disparu.
- Pourquoi il n'a rien dit ? Demanda Lily assise à côté de Remus.
- La question serait plutôt : pourquoi on ne s'en est pas rendu compte avant ? Rectifia Remus.
- On avait pas mal de choses à penser, dit James sans s'arrêter de s'agiter et jetant sans arrêt des regards au calendrier accroché au mur d'en face.
Le 31 juillet 1980.
- ça n'excuse rien, lui fit remarquer Lily. Peter est votre ami.
- On l'a un peu laissé à l'écart dernièrement, approuva Remus.
- Il s'est mis lui-même à l'écart, soupira James. Depuis un bon moment d'ailleurs. J'ai jamais compris pourquoi.
- Toujours est-il qu'il a disparu sans raison.
- C'est déjà la 3e personne qu'on perd de vue, dit Lily. Avec Marlene et Véga...
- On le reverra bien un jour, dit James. Comme les autres. On peut pas perdre définitivement nos proches un par un ! C'est complètement dingue...
- Oh mon Dieu ! S'exclama soudainement Lily.
- Quoi ? Demanda son mari. Tu as une idée ?
Lily leva un regard apeuré vers lui. Puis lorsqu'elle posa la main sur son ventre, James comprit. Et il remarqua le liquide transparent glissant sur les jambes de sa femme.
oOo
Aurore tournait elle aussi en rond dans sa chambre. Toute la journée elle n'avait pensé qu'à une seule chose : Harry doit naître aujourd'hui. "Dès demain je suis sûre qu'un membre de l'Ordre va se ruer ici pour annoncer la nouvelle à Edgar et Benjy. Sans oublier la naissance de Neville. Ils vont tous penser se retrouver avec deux élus potentiels. Mais moi je sais qui est l'élu. Celui que Voldemort choisira. Ça ne peut être qu'Harry..."
- Est-il déjà né ? Murmura-t-elle d'un ton anxieux. Dès que Voldemort l'apprendra il voudra le tuer. Est-ce que je dois faire quelque chose ? Harry sera sans protection... qu'est-ce que je dois faire ?!
Elle donna un coup de pied dans la commode et la boite à musique tomba au sol en s'ouvrant. Le papillon bleu voleta à ses pieds alors que la mélodie résonnait dans la pièce.
- Anna... souffla-t-elle.
La fille d'Abelforth était morte parce que son père, celui qui était censé la protéger, n'était pas resté près d'elle. "Moi je suis censée protéger Harry... veiller sur lui".
- Je dois y aller, décida-t-elle en transplanant à la seconde même.
Elle réapparut devant le jardin des Potter. Et sans même réfléchir, elle se rua vers la porte d'entrée avant de tambouriner contre le battant. Elle voulait tellement voir Harry qu'Aurore ne se rendit compte qu'elle avait gardé sa véritable apparence seulement lorsque des pas se rapprochèrent derrière la porte. Elle n'eut que deux secondes pour se décider. Et elle se traiterait éternellement d'idiote pour son choix.
oOo
- ça va aller Lily, dit James en aidant sa femme à se lever. Je t'emmène à Ste Mangouste.
- Non, refusa-t-elle en essayant de le repousser. Je ne veux pas. Notre bébé ne peut pas naître aujourd'hui. Il ne doit pas naître aujourd'hui...
- Lily, tu as perdu les eaux, lui fit-il remarquer inquiet pour elle. Ça va bientôt être le moment.
- Je n'ai pas encore de contractions, dit-elle obstinément. Je peux attendre quelques heures. Le temps de passer minuit...
- C'est dans 4 heures ! Tu dois aller à l'hôpital.
- James je ne veux pas, dit-elle en secouant la tête.
- Lily, écoute James, lui conseilla Remus.
- Non ! S'obstina-t-elle alors que son mari essayait de la forcer à avancer dans l'entrée.
Soudain, on frappa de lourds coups à la porte. Et ils retinrent tous instinctivement leur souffle, ne pouvant s'empêcher d'imaginer Voldemort juste derrière le battant.
- C'est lui... souffla Lily morte de peur en s'agrippant au bras de James.
- Voyons, il ne se donnerait pas la peine de frapper, dit Remus. Restez là, je vais voir.
Après avoir tous sortit leur baguette pour plus de précaution, Remus s'avança lentement jusqu'à la porte. Et sur un signe de tête de James, il l'ouvrit d'un geste vif. Ce n'était pas Voldemort qui se tenait sur le perron. Mais ils écarquillèrent tout de même les yeux.
- Marlene, murmura faiblement Lily sans en croire ses yeux.
Lorsqu'Aurore vit la surprise dans leurs regards, elle se retint de se cogner la tête contre le montant de la porte. Pourquoi choisir Marlene ?! Elle était censée avoir disparu depuis des mois sans laisser de nouvelles ! Mais Aurore n'avait eu que très peu de temps pour se décider. Et la seule apparence appartenant à un membre de l'Ordre qu'elle connaissait parfaitement était celle de Marlene. Aurore avait passé tellement de temps avec elle. "Et puis au moins je ne risque pas de la voir débarquer si elle est partie depuis des mois. Ça devrait aller..." tenta de se rassurer Aurore. Mais l'angoisse l'envahit de nouveau quand Remus lui demanda :
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Le ton de Remus laissait entendre que non seulement ils étaient surpris de voir Marlene, mais aussi qu'elle n'aurait jamais dû se trouver là. Qu'elle n'était pas censée réapparaître. Pourquoi ?
- Marlene, répéta Lily en souriant.
La rousse était visiblement la seule dont la joie surpassait la perplexité. James et Remus arboraient des airs graves. Et Aurore crut sentir son coeur défaillir quand James lui demanda :
- Où est Regulus ?
Cette simple question lui porta un coup. Pourquoi lui demandait-il ça ? "Où est Regulus ?" pensa-t-elle. "Il dit ça comme si..." Aurore écarquilla les yeux. "C'est impossible... Marlene serait partie avec Regulus ? Reg est en vie ?!"
- Marlene, rassure-nous, dit Remus. Il est toujours chez toi ?
- Heu... dit-elle sidérée. Oui.
Ils soupirèrent de soulagement.
- Mais alors pourquoi tu es revenue ? Demanda James. Tu avais juré de rester toujours avec lui pour le protéger de Voldemort et ses mangemorts. On avait décidé qu'il devait disparaitre pour éviter qu'il se fasse tuer. Pourquoi tu l'as laissé seul ?
- Je... dit Aurore en essayant de comprendre ce qu'il disait. Je voulais...
- Vous avez eu un problème ? Demanda Remus.
- Heu...
- Bon ! Intervint James. On parlera de ça plus tard. Lily vient de perdre les eaux.
- Elle n'a pas encore accouché, dit Aurore en soupirant de soulagement.
- Tu étais au courant ? S'étonna Remus. Et pour la prophétie ?
- Eh bien...
- Poussez-vous, je l'emmène à l'hôpital ! S'exclama James.
- Non !
- Non !
Ils se figèrent tous en s'apercevant qu'Aurore avait crié en même temps que Lily.
- Marlene ? Dit James en levant les sourcils.
- Elle ne doit pas accoucher à l'hôpital, s'expliqua-t-elle. Voldemort le saurait immédiatement.
- Oui, mais elle a besoin d'un médicomage.
- Votre enfant est bien parti pour être l'élu. Vous devez le protéger dès maintenant.
- Elle ne peut pas accoucher ici ! S'indigna-t-il.
- C'est la seule solution ! Répliqua-t-elle.
- Argh ! Gémit soudainement Lily en se courbant.
- Lily ! S'exclama James en l'attrapant par la taille.
- Les... les contractions... dit-elle faiblement.
- On doit y aller maintenant ! Dit-il en la prenant dans ses bras.
- Non James, dit Aurore en lui bloquant le passage. Lily doit accoucher loin des regards extérieurs. Personne ne doit savoir que votre enfant va naître ce soir. C'est pour le protéger.
- Mais comment tu veux la faire accoucher ?! S'énerva-t-il. Ne me dis pas que tu l'as déjà fait !
- Non... mais j'ai déjà assisté à un accouchement.
- Tu penses pouvoir aider Lily ? Demanda Remus.
- Je ferai tout pour y arriver. James... tu dois me faire confiance.
-...
- Vous savez déjà quel sera le destin de cet enfant. Tu sais qu'il s'agit de l'élu.
- Peut-être bien mais...
- Laisse-moi m'occuper de Lily. S'il te plaît.
James fixa pendant de longues secondes celle qu'il croyait être Marlene. La meilleure amie de Lily. Il savait qu'elle avait raison et qu'elle ferait tout pour aider sa femme. Mais priver Lily de médicomages dans un tel moment... Durant toute la grossesse, il s'était préparé à cet instant. En tant que père il devait prendre soin de sa femme et leur enfant en les conduisant directement à l'hôpital. Mais dans leur cas... alors qu'il était presque certain que leur enfant serait l'élu devant vaincre Voldemort... prendre soin de sa famille c'était aussi accepter les conseils de Marlene. Il devait garder Lily et le bébé loin des yeux de Voldemort.
- D'accord, dit-il finalement en fixant toujours Aurore.
Celle-ci faisait de son mieux pour lui montrer un visage confiant. Et ses actes devraient être précis.
- Il faut l'allonger, dit-elle en réfléchissant rapidement.
- À l'étage, dit James en faisant volte face avant de grimper l'escalier.
- Remus, dit Aurore en suivant James. J'ai besoin d'eau chaude, de linges propres et...
Elle vérifia que James avait disparu à l'étage avant d'ajouter :
- Insonorise toute la maison.
Remus pâlit et elle le rassura :
- ça va aller. Mais on ne doit pas alerter les voisins.
- Ok, acquiesça-t-il en partant faire ce qu'elle avait demandé alors qu'Aurore rejoignait les Potter à l'étage.
Allongée dans leur lit, Lily prenait de grandes inspirations pour échapper à la douleur des contractions.
- Alors ? Demanda James inquiet. Comment ça va se passer ?
- Laisse-moi regarder.
Aurore souleva délicatement la robe de Lily pour l'examiner. On ne voyait encore rien mais c'était pour très bientôt.
- Les contractions vont bientôt se rapprocher, annonça-t-elle. Heu... tant que tu feras ce que je dis Lily, tout devrait bien se passer.
- Devrait ?! S'exclama James.
- Tout se passera bien. Maintenant calme-toi si tu veux rester près d'elle.
James se prit la tête dans les mains avant de tourner à nouveau en rond. Finalement il poussa un soupir et dit :
- J'ai besoin de Sirius. Je reviens chérie.
Il sortit de la pièce et Lily sourit à Aurore.
- Il est nerveux.
- Il va devenir père, acquiesça Aurore.
-... je suis contente de te revoir Marlene.
Aurore fixa Lily en silence. Elle trompait encore ses amis. Et surtout Lily. Mais impossible de reculer maintenant.
- Moi aussi, dit-elle en souriant à la rousse.
Lily grimaça sous le coup d'une nouvelle contraction et Aurore lui prit la main.
- Tu as vraiment assisté à un accouchement ? Demanda Lily en devenant inquiète.
- Celui d'une de mes cousines, oui. C'est ma grand-mère qui l'a aidée. Je n'ai fait que lui tenir la main.
- Je... je te fais confiance Marlene.
Aurore acquiesça et serra un peu plus la main de Lily dans la sienne. Puis Remus entra avec tout ce qu'elle lui avait demandé. Mais Aurore écarquilla les yeux lorsqu'elle vit entrer derrière lui... Sirius. En un mois, c'était la première fois qu'elle se retrouvait directement face à lui. La première fois qu'elle croisait son regard, depuis qu'elle l'avait quitté dans le bureau de Dumbledore. Mais si elle le voyait... si son coeur battait plus fort... Lui ne la voyait pas. Il ne réalisait pas. Et la surprise qu'il arborait était seulement la même que pour les autres. Il pensait que Marlene était revenue. Le léger sourire qui étira ses lèvres était pour cette amie réapparue. "Pas pour moi" pensa-t-elle désespérément.
- Je savais que tu finirais par ne pas réussir à le supporter, plaisanta Sirius. Je t'avais prévenue.
Aurore supposa qu'il devait parler de Regulus. Mais elle n'eut pas le temps de répondre. Quelqu'un d'autre lui posa une question étrange :
- Vous êtes vraiment Marlene McKinnon ?
Aurore pencha légèrement la tête et elle aperçut juste derrière Sirius une inconnue qui s'était glissée parmi eux. Enfin... son visage lui disait quelque chose. Elle avait de longs cheveux blonds et des yeux bleus. Et elle sourit en s'avançant vers Aurore pour lui serrer vivement la main.
- Je suis très heureuse de vous rencontrer, dit-elle émue. On m'a beaucoup parlé de vous.
- Heu...
- Je suis Dorcas Meadowes, se présenta la jeune femme. Je fais aussi partie de l'Ordre.
Dorcas Meadowes. "Oui... je me souviens parfaitement de sa place sur la photo. Je me suis souvent amusée à m'identifier à elle, comme si c'était moi qui était sur la photo. Elle me ressemble un peu..."
- Enchantée, répondit-elle.
- T'en as mis du temps pour arriver, marmonna James à l'intention de Sirius.
- J'ai transplané dès que j'ai pu. Dorcas faisait la cuisine, on a dû prendre le temps de tout éteindre pour ne pas mettre le feu à ma maison.
- Mais ma femme accouche ! Dit James en lui frappant le torse avec un objet qu'il tenait dans sa main droite.
Aurore remarqua qu'il s'agissait d'un miroir. James avait dû appeler Sirius grâce à cela. "Mais... Sirius dînait avec Dorcas ?" ne put-elle s'empêcher de se demander.
- Je suis là alors calme toi, répliqua Sirius.
- Dites, intervint Remus. Vous pourriez faire moins de bruit ? Ça indispose Lily.
La jeune femme gémit de nouveau et Aurore prit les choses en main :
- Bon maintenant ça suffit ! Sortez tous. Déjà que ça ne sera pas simple... je dois me concentrer.
- Mais... commença James.
- ça va aller chéri, le rassura sa femme. Marlene s'occupe de moi.
- Allez, dit Remus en entrainant Sirius et James à l'extérieur.
- Je peux faire quelque chose pour vous aider ? Demanda Dorcas à Aurore.
La jeune femme hésita avant de répondre. Depuis quelques instants Aurore se demandait ce qu'il pouvait y avoir entre Sirius et Dorcas. Elle les imaginait à table en train de rire. Ou Dorcas dans une cuisine, préparant de bons petits plats pour Sirius. Mais elle fit de son mieux pour se reprendre. Lily devait avoir toute son attention.
- Trempe les linges dans l'eau s'il te plait, demanda-t-elle à Dorcas.
- Oui, sourit la blonde en s'exécutant immédiatement.
Les hommes étaient descendus au rez-de-chaussée. Les plaintes de Lily s'étaient rapprochées. James se sentait comme un lion en cage.
- Est-ce qu'elle va y arriver ? Marmonna-t-il. Marlene n'a jamais fait ça !
- Elle a dit qu'elle savait comment faire, dit Remus pour le calmer. Fais lui confiance. Et Dorcas l'aidera.
- Est-ce que Marlene vous a dit pourquoi elle était revenue ? Demanda Sirius.
- Non, répondit Remus. Mais elle a dit que Regulus était toujours chez elle.
- Alors elle arrivait vraiment plus à le supporter, dit-il avec un petit pouffement.
- Elle est venue à cause de la prophétie, rectifia Remus. Pour faire accoucher Lily loin des regards.
- Comment elle a su ? S'étonna-t-il. On avait dit "aucun contact".
- On ne sait pas. Je me demande aussi comment elle a deviné que Lily accoucherait ce soir.
- Vous allez la fermer ? S'énerva James. On s'en fout de tout ça pour l'instant !
Ses deux amis n'osèrent rien répliquer. L'angoisse et l'anxiété de James étaient plus que compréhensibles. Et ils attendirent avec lui la délivrance de Lily.
Cela prit une bonne heure. James usa le parquet à force d'aller et venir. Mais il se figea lorsque les cris d'un bébé retentirent dans la maison. Et échangeant un regard avec ses amis, il se rua à l'étage avant d'entrer en trombe dans la chambre. Le visage en sueur, Lily respirait lentement, les yeux fixé sur le petit être que Dorcas était en train d'envelopper dans un lange. Elle lui remit l'enfant et Lily sourit tout en le serrant contre elle. Puis elle leva les yeux vers son mari.
- James... souffla-t-elle.
Lentement, il s'avança jusqu'au lit. Et il se laissa tomber à genoux près de sa famille. Puis James tendit une main tremblante vers le bébé, et il lui caressa doucement le front.
- ça y est... je suis papa ? Demanda-t-il sans arriver à le réaliser.
- Bien sûr, sourit Lily. Le papa d'un beau petit garçon.
- Un garçon ? Dit-il fou de joie.
- Oui, acquiesça-t-elle.
James embrassa tendrement sa femme. À la fois heureux et reconnaissant. Lily lui offrait le plus beau jour de sa vie. Et le plus beau des cadeaux. Un fils.
Remus et Dorcas sourirent en félicitant les parents. Quant à Sirius, il s'approcha doucement de la sage-femme d'un soir. Aurore était assise au bout du lit, essuyant ses mains tâchées de sang avec une serviette. Elle semblait perdue dans ses pensées. Comme déconnectée de la réalité.
- ça va ? Lui demanda-t-il en posant une main sur son épaule.
Elle sursauta avant de lever les yeux vers lui. Aurore avait du mal à croire qu'elle venait d'aider Lily à donner naissance. Qu'elle y était parvenue sans problèmes. Elle avait tenu entre ses mains la vie de Lily et Harry. "J'ai aidé Harry à naître..."
- J'y suis arrivé, murmura-t-elle en fixant Sirius comme si elle lui demandait une confirmation.
- Oui, sourit-il. Bien joué Marlene.
Aurore ignora la pointe au coeur qu'il avait provoqué chez elle en s'adressant à elle par ce nom. Encore une fois, il lui rappelait qu'il ne la reconnaissait pas. Et elle était plus que consciente de la main de Sirius posée sur son épaule. Lorsqu'il la retira, une chaleur persista. Mais Aurore fit de son mieux pour faire abstraction de tout cela, et elle tourna la tête vers les Potter. Le bébé était sage dans les bras de ses parents.
"Bonne chance Harry" pensa-t-elle. "Je t'offre l'anonymat pour un temps".
- Comment allez-vous l'appeler ? Demanda Dorcas enthousiaste.
- Je ne sais pas, répondit Lily en levant les yeux vers James. Pourquoi pas le nom de ton père ? En souvenir de tes parents. Je leur dois beaucoup.
- Charlus ? Dit James en levant les sourcils. Non ! C'est trop démodé. Donnons-lui plutôt le nom de ton père. Harry. Harry Potter. Ça sonne bien non ?
- Tu trouves ? Rit-elle. Très bien, ça fera plaisir à mon père.
- Les amis, dit James. Je vous présente mon fils. Harry Potter !
- Enchanté, plaisanta Remus.
- Je suis papa, soupira James tout heureux.
- Je suis parrain, ajouta Sirius.
- C'est vrai ! Tu devras aussi prendre soin de lui.
- Tout le monde devra prendre soin de lui... murmura Aurore.
Le silence s'installa. Une autre de leur préoccupation venait de ressurgir.
- C'est l'élu, dit Dorcas en plaquant ses mains sur sa bouche l'air atterrée. C'est Harry qui doit vaincre...
Soudain la porte de la chambre s'ouvrit avec fracas et ils poussèrent des exclamations de surprise. Mais ils se détendirent en reconnaissant Dumbledore. Baguette levée, il soupira en les apercevant. La première chose qu'il avait remarqué, c'était le bébé que Lily tenait dans ses bras.
- Voilà un problème de taille, dit-il en baissant sa baguette.
- Que nous vaut cette entrée fracassante ? Demanda Sirius.
- J'ai frappé plusieurs fois à l'entrée, personne ne m'a répondu. J'ai eu peur que...
Il soupira à nouveau de soulagement et ajouta :
- Mais vous semblez tous allez bien. Et l'enfant aussi.
- Vous êtes venu parce que vous saviez que j'allais... commença Lily.
- Pas du tout. En vérité je pensais vous trouver toujours enceinte Lily. J'étais venu vous annoncer une nouvelle importante. Alice a donné naissance à un petit garçon il y a de ça quelques heures.
- Quoi ?! S'exclama James. Mais... alors... qu'est-ce que ça veut dire ? Qui est l'élu ?
- Il y a quelques minutes, j'étais persuadé qu'il s'agissait du jeune Neville Londubat. Maintenant...
- ça peut tout aussi bien être Harry, termina Lily pour lui.
- Harry ?
Elle acquiesça et Dumbledore sourit. Mais il reprit un air sérieux lorsque ses yeux se posèrent sur Aurore. Celle-ci pinca les lèvres. "Je le sens mal..."
- Marlene ? Vous ne devriez pas être là...
- Je suis désolée.
- Est-il arrivé quelque chose à Regulus ?
- Non. Il va bien. Je suis venue... pour Lily.
- Au fait, on aimerait savoir comment tu as su pour la prophétie, dit Sirius. Qui t'en a parlé ?
- Heu...
- Aucun membre de l'Ordre n'a pu te prévenir, dit Remus. Personne ne sait où tu habites.
- J'en ai entendu parler... pas loin de chez moi, dit-elle en réfléchissant rapidement. Des mangemorts aux trousses de Regulus.
- Ils vous ont trouvés ?! S'exclama Sirius.
- Non. Ils cherchaient, c'est tout. Mais je les ai entendu parler d'une prophétie. Seulement des bribes. Notamment que l'élu devait naître fin juillet. Et comme je savais que Lily était censée accoucher à cette période... j'étais inquiète. Vous comprenez.
- Oui... dit lentement Dumbledore en fronçant tout de même les sourcils. C'est compréhensible. Même si vous m'aviez juré de rester cachés.
- Je suis désolée, s'excusa-t-elle de nouveau.
- Je crois deviner que vous avez aidé Lily à mettre au monde cet enfant. Était-ce votre idée de la faire accoucher ici ?
- Oui.
- Excellente initiative. Cela va faciliter les choses. Enfin... tout est relatif.
- Que voulez-vous dire ? Demanda James.
- Personne ne doit savoir que cet enfant est né ce soir. J'ai déjà donné des instructions à Alice. Elle aussi a accouché à domicile sous mes conseils. Et elle ne devra pas quitter sa maison pendant au moins deux semaines. Nous ferons croire que l'enfant est né à la mi-août, comme c'était prévu.
- Et pour nous ? Demanda Lily inquiète.
- Nous pourrions utiliser le même stratagème. Mais je crois qu'il serait préférable... de déclarer votre enfant mort-né.
- Pardon ? Dit James abasourdi.
- Essayez de comprendre. Beaucoup de monde savait que Lily devait accoucher fin juillet. Voldemort aussi en a sûrement eu vent. Depuis que vous l'avez défié il s'intéresse particulièrement à votre cas. Et je ne serais pas étonné si l'idée que votre enfant puisse être l'élu ait germé dans son esprit à l'instant même où il a entendu la prophétie. Heureusement, il ne sait pas où vous résidez. Sinon il aurait été là ce soir, avant même de savoir si vous aviez accouché. J'en suis persuadé.
- Alice et Frank l'ont défié autant que nous, dit Lily. Notre fils n'est peut-être pas l'élu.
- Peut-être. En effet. Mais vous devriez écouter mon conseil. Pour plus de sécurité.
- Mais... mes parents. Je ne peux donc pas leur annoncer que...
- Je suis désolé. Même eux doivent rester dans l'ignorance. D'ailleurs aucun de vous ne devra en souffler un mot. Harry Potter n'a jamais vécu.
Lily serra son fils plus fort dans ses bras. Renier l'existence de son fils ? Ne pas pouvoir dire aux Evans qu'ils étaient à nouveau grand-parents ? Mais plutôt leur annoncer que... son enfant était mort ?
- C'est trop cruel, murmura-t-elle les larmes aux yeux. Mes parents seront dévastés.
- Pour le bien de votre fils... il nous faut mentir au monde. Y compris vos parents. Vous qui teniez tant à empêcher votre enfant de devenir l'élu... il faut en passer par là.
Lily serra les dents et James passa un bras rassurant autour de ses épaules.
- ça va aller Lily. Ce ne sera que temporaire.
- Mais ça peut durer des mois comme des années... Harry devra rester enfermé ici, dit-elle tristement.
- Avec nous et un parrain comme Sirius... il n'aura pas le temps de s'ennuyer, dit-il pour essayer de lui faire regagner le sourire.
Cela fonctionna légèrement et elle vit Sirius acquiescer :
- Ce petit sera loin d'être seul. Parole de Maraudeur.
- Les Maraudeurs... une belle bande d'idiots, sourit-elle.
James l'embrassa sur le front et Lily tourna subitement les yeux vers Aurore.
- Marlene... tu reviendras toi aussi. Pas vrai ?
Aurore ouvrit la bouche sans savoir quoi répondre.
- Tu ne peux pas disparaître de nouveau, dit Lily le regard suppliant. J'ai besoin de toi.
- Je...
- Marlene pourra revenir, intervint Dumbledore. Du moment que Regulus reste en sécurité.
- Vraiment ? Dit Lily folle de joie. Merci... merci Albus.
Peut-être Dumbledore avait-il sentit que Lily avait besoin de soutient. De celui de sa meilleure amie dans cette lourde épreuve qu'elle devait affronter. La possibilité d'être la mère... de l'élu devant vaincre Voldemort. Ce tout petit être qu'elle tenait contre son coeur. Et qu'ils devaient tous cacher aux yeux du monde.
Aurore se sentait à la fois joyeuse de pouvoir entrer concrètement dans l'Ordre. Mais aussi anxieuse en sachant qu'elle le ferait sous les traits de Marlene. Si la véritable McKinnon refaisait son apparition...
"Non... Si Marlene a juré de couper le contact, elle ne reviendra pas. Elle va rester avec Regulus. Mais c'est quand même incroyable ! J'ai réussi à sauver Regulus en le prévenant. Et du même coup... je sauve Marlene" pensa-t-elle folle de joie. "Si elle reste avec lui à l'écart elle ne subira pas l'attaque en même temps que sa famille. Mais je n'oublie pas les McKinnon. En compensation pour emprunter ton identité... j'aiderai tes parents Marlene. C'est promis".
Ils laissèrent les Potter savourer la joie d'être parents et redescendirent au rez-de-chaussée.
- Vous l'avez compris, vous êtes tous sous le secret, dit Dumbledore. Interdiction de parler d'Harry même aux autres membres de l'Ordre.
- Pas même Minerva ou... tenta Dorcas.
- Personne. J'ai toute confiance en mon adjointe, mais moins de monde le saura, mieux ce sera. Je mettrai tout de même Frank et Alice dans la confidence. Ils sont encore persuadés que leur fils est l'élu. Mais rien n'est certain désormais.
Ils acquiescèrent et Sirius dit à Dorcas :
- Rentrons, laissons-les tranquilles pour ce soir.
- Oui, répondit-elle.
Ils sortirent pour transplaner ensemble sous les yeux d'Aurore. Celle-ci ne savait vraiment pas quoi en penser. Sirius et Dorcas entretenaient-ils une relation ? "Je sais que je n'ai plus aucun droit sur Sirius mais..." pensa-t-elle le coeur déchiré.
- Marlene.
Elle sursauta légèrement avant de tourner la tête vers Dumbledore.
- Oui ?
- Rentrez chez vous. Mais j'aimerais vous voir au QG de l'Ordre demain soir.
- Le... QG... dit-elle incertaine. "Je ne sais pas du tout où il se trouve !"
Heureusement, Remus lui offrit une aide inespérée :
- Nous ne nous réunissons plus à la Tête de Sanglier. C'est la maison de Sirius qui est devenue notre quartier général.
- La maison de son oncle Alphard ?
- En effet, répondit Dumbledore en souriant. Je crois que vous ne vous y êtes jamais rendue.
- C'est vrai, dit-elle en remerciant mentalement Marlene de n'avoir jamais mis les pieds là-bas même si ça lui semblait étrange.
- La maison se trouve à Brighton. 21 Queen's Road.
- Merci.
- J'y serai moi aussi, dit Remus en sortant avec Dumbledore. À demain.
Lorsqu'ils eurent transplané, Aurore poussa un long soupir. "Alors comme ça, Marlene ne s'est jamais rendue chez Sirius ? Peut-être qu'elle espérait que ça l'aiderait à l'oublier... même partie, je la faisais encore souffrir".
Aurore rentra à la Tête de Sanglier et se débarrassa des dernières traces de sang qui lui tâchaient les mains. "Je ne réalise toujours pas que j'ai aidé Harry à venir au monde... Je l'ai tenu dans mes mains. Juste le temps de le passer à Dorcas. Je tenais mon parrain... dans mes mains. C'est complètement fou !" Mais repenser à Dorcas fit baisser le moral d'Aurore. Que faisait-elle en ce moment avec Sirius ? Avaient-ils reprit leur dîner ? Ou... "Il est presque 22h. Un couple normal serait déjà..." Aurore se mordit les lèvres à cette idée. Imaginer Sirius et Dorcas dans le même lit... accomplissant ce qu'elle n'avait jamais pu faire avec Sirius... "J'aimerais tellement en avoir le coeur net. Savoir si Sirius... m'a oubliée. Mais je n'ai aucun moyen de..." Aurore releva brusquement la tête.
- Le miroir...
C'était la solution. Sirius devait toujours le garder près de lui si James avait pu facilement le contacter tout à l'heure. Mais c'était prendre un gros risque. Si jamais Sirius l'apercevait... Peu de personnes devaient posséder de tels miroirs. Et il pourrait deviner qu'elle était l'utilisatrice. Il se poserait alors des questions. Mais la tentation était trop grande. Aurore voulait être fixée sur ce qui se passait entre lui et Dorcas. Si jamais ils étaient vraiment ensemble... "Ce sera à moi de passer à autre chose. Moi qui avais le fol espoir de pouvoir un jour réapparaître face à lui. De lui avouer toute la vérité. De rester à ses côtés une fois Voldemort vaincu... Je dois savoir". Et donc, Aurore fouilla dans sa bourse magique pour en sortir le petit miroir que Sirius lui avait offert pour son anniversaire.
- Je suis complètement folle, murmura-t-elle en serrant l'objet entre ses doigts. Sirius Black !
Son propre reflet se troubla. Et une image complètement différente apparut à la place. Celle d'un salon. Le miroir de Sirius devait être posé sur un buffet. Aurore pouvait voir une grande table en chêne sur laquelle étaient encore posés assiettes et couverts. Soudain, Aurore sursauta en voyant Sirius apparaître.
- Bien sûr qu'il s'appelle Harry Sirius Potter, riait-il tout en débarrassant la table. James me l'a promis.
- D'être son parrain, oui. Mais je n'ai jamais rien entendu au sujet du deuxième prénom, dit Dorcas en apparaissant à son tour pour l'aider.
- Qu'est-ce que tu en sais ? Tu viens à peine d'entrer dans l'Ordre.
- ça fait déjà 7 mois, dit-elle faussement indignée.
- Est-ce que pour autant ça veut dire que tu sais tout sur nous ?
- Sur tout le monde, peut-être pas. Mais... j'en sais beaucoup sur toi.
Aurore vit Dorcas rougir alors qu'elle levait un regard timide vers Sirius. Celui-ci la fixait en silence. Jusqu'à ce qu'il pousse un léger soupir tout en souriant.
- Monte te coucher, lui dit-il en venant prendre l'assiette qu'elle tenait dans ses mains. Je vais finir de débarrasser.
- D'accord, sourit-elle.
Dorcas embrassa Sirius sur la joue et Aurore sentit son coeur saigner alors qu'il la regardait monter l'escalier. Tout dans l'attitude de Dorcas montrait qu'elle était amoureuse de lui. Et Sirius...
L'image du jeune homme sur le miroir fut troublée par une goutte d'eau tombée des yeux d'Aurore. Et elle murmura d'une voix étranglée :
- Terminé.
Le reflet de Sirius disparut et Aurore retourna le miroir avant d'éclater en sanglots, enfonçant son visage dans son coussin pour masquer ses pleurs. Il aurait mieux valut pour elle qu'elle n'utilise jamais ce miroir. Mais au moins elle était fixée. Dorcas et Sirius vivaient ensemble. "À mon tour de faire une croix sur lui..."
Dans son salon, Sirius s'apprêtait à rejoindre sa cuisine. Mais il s'arrêta en percevant un très léger son derrière lui. Comme un murmure. Se retournant, ses yeux se posèrent immédiatement sur son miroir à double sens. Et lorsqu'il crut voir un léger mouvement sur la glace... Sirius lâcha tout ce qu'il tenait dans ses mains pour se précipiter vers le buffet. Mais il ne vit que son propre reflet dans le miroir. Cependant il ne put s'empêcher de s'exclamer :
- Aurore !
Mais comme à chaque fois qu'il avait tenté de faire cela, son propre reflet se troubla pour laisser place à une image complètement noire. Rien. Le néant. Et il soupira de déception en baissant la tête.
- Encore mon imagination hein ? souffla-t-il en allant ramasser les assiettes cassées.
Il est né le divin enfant... mdr. Harry fait son entrée dans la fic ;) et oui, lui aussi a sa place !
Si vous voulez savoir qui est la cousine dont Aurore a assisté à l'accouchement, il s'agit de Rose, la fille d'Hermione et Ron ;) Je décrirai peut-être ça un jour ^^
Réponses aux reviews :
Nayla-HP : non j'ai pas fini lol. bien sûr vous aviez tous deviné avec Marlene était partie ^^ mais ça n'a rien d'une fugue d'amoureux (je veux dire qu'ils ne sont pas partis ensemble parce qu'ils étaient amoureux l'un de l'autre). Partis pour le "boulot" lol. Mais bon... tout est possible entre deux personnes seules dans un appartement ;) merci, biz
Takinza : Le choix de prendre l'apparence de Marlene était en fait judicieux lol. ça va lui faciliter les choses pour approcher l'Ordre et en savoir plus sur ce qui s'est passé pendant ces 3 dernières années. Aurore aurait souffert avec n'importe quelle autre apparence. le problème est toujours le même, Sirius ne sait pas que c'est elle. Alors d'après vous qui sera l'élu au final ? Harry ou Neville. la question serait plutôt : jusqu'où vais-je aller dans cette fic ? xD pleins de bisous !
Guest : Dorcas Meadowes est membre de l'Ordre, je ne l'ai pas inventée ^^ tu verras bien ce qu'elle fait chez Sirius. biz
Yaga-Poplar : et oui elle est avec Reg ^^ chanboulement ? Attends de voir la suite lol. biz
Edwina Malefoy : elle aura la lettre oui ;) Dorcas c'est elle même ? que veux-tu dire ?
Manon : ils ont tellement confiance en Marlene. et une ennemie ne leur aurait pas donné d'aussi bons conseils ^^ elle protège déjà Harry. mais c'est vrai qu'elle avait l'air bizarre du fait qu'Aurore ne connaissait pas tous les faits. merci à toi ! biz ;)
Gab92 : j'ai peur de vous faire attendre encore un peu... désolée. et j'espère ne pas trop vous décevoir sur la fin de la fic. Mais savez que c'est un "Drame" alors, ne vous attendez pas à un complet Happy end. merci, biz
Klo : merci beaucoup ! gros bisous ;)
a-little-piece-of-sky : vous en savez plus sur Ab, Sirius fait son vrai come back et Harry est enfin né, ça ne te suffit pas ? lol. mais oui ils sont faits pour être ensemble. Attends encore un peu s'il ta plait :$ merci de lire aussi Noblesse oblige ! bisous
Git : c'est très risqué de prendre l'apparence de Marlene mais c'est en même temps la meilleure solution. Aurore est complètement anéantie... pour elle, Dorcas l'a remplacée auprès de Sirius. heureusement que vous aimez les mystères sinon je vous aurais tous perdus depuis longtemps lol. Biz !
maoren : ils sauront qu'elle est là un jour ^^ alors patience ! merci beaucoup, à bientôt
brilou : les cachotteries, c'est la grande passion d'Aurore lol. En même temps elle n'a pas trop le choix. Je ne cesse jamais de les torturer... c'est malheureux xD. à plus !
mon-n-key : il n'y a pas de vie sans souffrance. Aurore a choisi de revenir, et elle devra apprendre à assumer. Elle a pu sauver Reg grâce à sa mise en garde, c'est génial hein ? ^^ si tu vas lire la suite maintenant, j'attends ton prochain commentaire avec impatience ;) biz
