Bonjour !

Voici un autre POV grand frère riche en action !

Je ne ralentis pas le rythme, et je commence dès maintenant l'écriture du prochain chapitre !

Bonne lecture, bon réveillon, et à l'année prochaine ! :)


Sous-chapitre 19 : Emergency (Duncan)

Alors que j'attendais l'appel de Maria pour aller rendre visite au Patron, qui selon ma partenaire avait récupéré mes sœurs et mon petit frère, j'eus une vague d'éternuements frénétiques. Comme un perso de manga qui sent qu'on parle de lui. Je n'y croyais pas une seule seconde, et mon téléphone sonna en fin d'après-midi.

-Ouais ? dis-je sans regarder qui c'était

-Salut Duncan, dit-elle d'un ton que je ne compris pas. Tu es sûr que tu es prêt à voir le Patron ?

-Il a les deux tiers de ma famille dans un cachot, Maria, dis-je en fronçant les yeux. Ça, et les autres comptes que j'ai à régler avec lui. Accessoirement.

-Accessoirement, hein ?

-Je ne m'en prendrai à lui que s'il me cherche. Je vais surtout récupérer ma famille.

-D'accord. Je t'envoie l'adresse par message. Et il se pourrait qu'on ne se revoie plus.

Je levai un sourcil, même si elle était incapable de le voir. Son ton avait encore changé, elle était un peu plus triste, cette fois.

-Pourquoi ? demandai-je

-Ma mère a appris que je t'aidais, autant dire que je suis faite. Adieu.

Elle raccrocha avant même que je me puisse en ajouter une, et je reçus mon message comme prévu. L'adresse ne me disait rien, mais ce n'était pas loin de mon ancienne maison. Une petite demi-heure de train et un quart d'heure de bus et je fus arrivé. Bien entendu, je ne relevai pas les regards des gens qui se demandaient sans doute pourquoi j'étais sapé comme un voleur, un braqueur de banques ou un acteur aléatoire dans Matrix.

C'était une petite maison, qui rappelait un peu le QG de Tricell, dont je n'avais qu'un vague souvenir. En fait, c'était même encore plus petit, mais je devinai rapidement que le Patron devait encore avoir aménagé les sous-sols. C'est un animal souterrain, ce mec. Ça, ou c'est un vampire, au choix. Je poussai la porte d'entrée, et je fus surpris de trouver un comptoir, un accueil, et un type, qui devait faire office de secrétaire, avec des cheveux noir d'encre coiffés en pics dans tous les sens et des yeux sombres, qui me regarda arriver avec un sourire professionnel.

-Bonjour, me dit-il d'un ton courtois. Vous devez être monsieur Duncan Nivans. Suivez-moi, le Patron vous attend.

-Qui vous dit que c'est moi ? demandai-je, curieux

-Nous avons votre signalement, sans oublier le lien particulier que vous avez avec notre employeur. Il savait que viendriez. Suivez-moi, je vous prie. Si vous avez des questions n'hésitez pas à les poser, mais je ne suis pas autorisé à répondre à certaines d'entre elles.

-Ouais, ok.

L'employé de bureau ouvrit une petite porte dans le comptoir, et fit volte-face pour pousser le mur du fond d'une main, qui s'ouvrit. Il me fit de nouveau signe de le suivre, et je fis donc, toujours un peu sceptique. Et comme je l'avais prévu, nous étions en train de descendre.

-Vous avez souvent des visites ? ne pus-je m'empêcher de demander

-Eh bien non, dit l'autre d'un ton toujours aussi pro. Habituellement non. Cependant, vous êtes le deuxième invité, aujourd'hui, et votre frère, Piers Nivans, sera invité dans une autre installation dans une semaine. Cela fait plus d'invités en une semaine que depuis que je travaille ici, depuis deux ans.

-Qui est l'autre invité ?

-Je ne suis pas autorisé à vous le dire, mais vous la verrez bien assez tôt.

-Avez-vous déjà vu le Patron ?

-Oui, une fois. Pendant mon entretien d'embauche. Mais il était encore plus dissimulé que vous, alors je ne sais pas à quoi il ressemble.

-Que faites-vous à part l'accueil, ici ?

-Rien. C'est un peu ennuyeux, mais je suis bien payé. Je ne trempe dans aucune de ses affaires tordues, si c'est ça que vous vous demandez.

-Vous continuez de travailler pour lui alors que vous savez ce qu'il est ?

-Oui. Ma merde financière est trop faramineuse pour que je m'arrête à ce genre de détails. Nous sommes arrivés, dit-il en s'arrêtant devant une porte. Avez-vous d'autres questions ?

-Non, dis-je après une courte réflexion

-Alors allez-y. bonne chance.

Le type m'ouvrit la porte, et je le vis remonter, alors que la porte se refermait comme par magie derrière moi. Je pris une inspiration, et je me lançai dans les couloirs sombres. Pas de lumière, heureusement que je me suis vite habitué au noir. Du coup, je penchai de plus en plus pour l'hypothèse du vampire pour ce connard de Patron.

Au bout d'un moment, je fus amené à ouvrir une autre porte, et j'arrivai dans une pièce déjà bien plus éclairée. Ah, mes yeux. S'il ne voulait pas me rendre aveugle avant que je ne le voie, c'était rudement bien imité. Une fois remis du choc de ma première arrivée dans la lumière, j'eus le droit à une autre image. Il y avait un cadavre, dans la pièce. Une fois que je fus plus près, ma mémoire fragmentaire le reconnut. C'était un des frères Denzel, mais j'étais incapable de dire lequel sans voir ses yeux. Et je n'avais franchement pas envie de les lui ouvrir pour le voir. Ces deux-là étaient des ordures, de toutes façons, mais je me demandais comment c'était arrivé. Il y avait eu lutte, en tous cas, car il avait son magnum dans la main. Il avait la gorge tranchée, et d'autres traces de lacération un peu partout sur le torse. Qui que soit la personne qui ait tué ce mec, apparemment elle lui en voulait.

-Bonjour Duncan, dit une voix dans les haut parleurs, que je n'eus aucun mal à reconnaître

-Sortez de votre cachette, boss, dis-je en regardant bêtement autour de moi

-Je suis désolé, mais je ne peux pas. Vois-tu, je suis quelqu'un de très occupé. Surtout en ce moment. Ecoute-moi, je te prie.

Je ne dis rien, en croisant nerveusement les bras sur mon torse, attendant la suite.

-Quelqu'un d'autre est arrivé avant toi, reprit le Patron. Elle est aussi avide de réponses que toi, et je lui ai déjà envoyé un message, à elle aussi. Retrouve-moi dans mon bureau, et je vous dirai ce que vous voulez savoir. S'il ne vous arrive rien avant, bien sûr.

-Que voulez-vous dire ?

Mais je n'eus pas de réponse, évidemment. Je commençai à avoir mon idée sur l'identité de la deuxième invitée, et ça ne me plaisait pas du tout, voyant ce qu'elle avait fait au Denzel. Je me remis donc en route, en espérant arriver avant elle. Honnêtement, je n'avais aucune envie de la croiser, et je me demandais si c'était ça que le boss voulait dire. Peut-être espérait-il qu'on se voie avant, et qu'on s'entretue, qui sait ? En tous cas, je n'avais aucune envie que cette gamine m'empêche de sauver ma famille.

Après un autre couloir sombre, j'arrivai dans une autre pièce éclairée. Putain, mes yeux. Celle-ci était plus petite, et plus décorée. Je compris au tableau sur le mur que c'était la salle de réunion d'Eve et ses filles, il y avait un tableau les représentant toutes les huit sur le mur du fond. Et là, de l'autre côté de la table, il y avait un autre type par terre. Le deuxième frère Denzel, dans un moins mauvais état que son frère. Lui n'avais que deux énormes trous de sabre dans le bide. Bien décidé à avoir mes réponses j'allais le voir. Je m'accroupis près de lui, et il me regarda d'un air étonné, qui ne dura pas cependant.

-Oui, j'aurais dû m'en douter, me dit-il dans un soupir de souffrance

-Quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ici ?

-Alice… Elle ne doit pas voir le Patron. Il va la tuer.

-Qu'est-ce que tu veux que ça me foute ? admis-je

Le type fit une grimace, et fronça méchamment les sourcils - je devinai donc que c'était Malik, qui était amoureux d'Alice - avant de tendre le bras vers moi pour m'attraper par le col.

-Ce n'est pas pour elle que je le fais, essaya-t-il de se justifier. Si le Patron tue Alice, il pourra récupérer les informations qu'elle possède sur la création du virus Uroboros.

-Et ?

-Il va utiliser Uroboros, pour le combiner avec le virus C et le virus K pour créer de nouvelles armes biologiques. Ça ne doit pas arriver.

-Rappelle-moi lequel de nous deux est chez Neo-Umbrella ? dis-je, un peu ironique

-J'y suis entré pour empêcher le Patron et Eve de mettre leur plan au point. Je n'avais pas prévu que Karim serait là aussi. J'ai participé à ce jeu de miroir pour me crédibiliser aux yeux de mon frère et du Patron, et Alice a très mal pris mon double jeu, comme tu peux le constater.

-Tu sais que ton frère est mort ? dis-je, un peu ému en fin de compte

-Oui, je m'en suis douté quand Alice est entrée ici. Vite, rattrape-la !

Il me repoussa presque violemment, avec la force d'un type en train de crever, et je me relevai pour aller dans la pièce suivante, où j'espérais retrouver cette petite conne. Mais évidemment, elle n'y était pas. Je ne ralentis donc pas avant de continuer ma route, et la dernière porte était fermée. Comme par hasard. Je me mis donc à frapper comme un malade, et, contrairement à ce à quoi je m'étais attendu, la porte s'ouvrit. Et devinez qui m'a ouvert ?

-Vous êtes le type de l'asile, dit-elle après une courte réflexion. Vous êtes le grand frère de Piers ?

-Ouais, dis-je. Je peux entrer ?

-Oui. Je suppose que oui.

-Vous n'étiez pas rousse quand on s'est vus ? ne pus-je m'empêcher de demander

-C'est un peu compliqué, dit Alice avec un rire nerveux

Nous nous retrouvâmes finalement dans la dernière salle, la salle du trône. Étrangement, je me souvenais de celle-ci. Sans doute parce que, comme l'avait sous-entendu l'employé d'accueil alors que je n'avais fait que le supposer, j'avais encore un minuscule lien mental avec le Patron. Celui-ci nous regardait de haut, sur son trône surélevé, et comme je m'y attendais, il ne bougea pas.

-Comme je suis content de te revoir, Duncan, dit-il d'une voix qui m'était un peu trop familière. Et mademoiselle Wesley, ravi de vous rencontrer enfin. On a tellement de choses à se dire.

-Non, monsieur, dit l'ancienne rouquine d'un ton véhément en posant une mais sur un de ses sabres. C'est vous qui allez me dire ce que je veux savoir, et personne d'autre ne sera blessé.

-Mais vous n'êtes pas en position de me menacer, Alice, dit le Patron d'un ton bien plus sombre

Cette dernière ignora cet avertissement éloquent, et fonça pour attaquer. Je tentai de la retenir, mais elle m'ignora. Elle prit son élan pour fendre le crâne du Patron, mais celui-ci glissa dans son fauteuil, faisant que le sabre d'Alice arriva dans le dossier du trône. Il poussa Alice d'un seul pied, mais elle fit quand même un petit vol plané avant de dévaler l'escalier contre son gré. En bas, je l'attrapai par réflexe, elle était assommée. Je la posai délicatement par terre, et je me reconcentrai sur le boss, qui se rasseyait correctement dans son siège.

-Les jeunes de nos jours, lâcha-t-il d'un ton presque amusé. Bref, que veux-tu, Duncan ?

-Vous savez très bien ce que je veux, dis-je un peu énervé. Rendez-moi mes frères et sœurs.

-Pour l'instant, je ne le peux pas, je le crains. Crois bien que j'adorerais te faire ce plaisir, mais c'est impossible.

-Et pourquoi, si je puis me permettre ?

-Parce qu'ils ne sont pas là. Ils ont déjà été déménagés pour la suite de mon plan. Je te les rendrai quand j'aurai fini, promis. Même si je ne te garantis pas leur bon.

-Espèce de…

Aucun juron assez fort pour exprimer ce que je ressentais ne sortit de ma bouche, et cela sembla amuser mon opposant. Car, malgré le lien que nous gardions, il était évident que cet homme était mon ennemi. Comme tous ceux qui s'en prennent à ma famille.

-Si tu n'as pas d'autre requête, je vais disposer de notre jeune amie, dit-il en se levant

Je ne compris pas tout de suite de qui il parlait, et j'eus la révélation en voyant Alice, en train de comater tranquillement au pied de l'escalier. Je me rappelai des suppliques de Malik Denzel, et en fin de compte, je décidai de les croire. Il avait l'air trop sérieux pour que ce soit des conneries, et ce serait bien le genre du boss de faire une vacherie de ce genre.

-Je ne peux pas vous laisser faire ça, dis-je en me mettant entre lui et Alice

-Pourquoi pas ? dit-il, apparemment étonné, en levant un sourcil

-Un mourant m'a demandé de la protéger.

C'était minable comme excuse, je sais, mais c'est tout ce qui m'est venu.

-Comme c'est noble de ta part. Cependant, tu te trompes d'adversaire, Duncan. Écarte-toi.

Pour une raison que je ne m'expliquais pas, je me suis mis à trembler comme une lopette. A vrai dire, je crois bien que je n'avais jamais eu aussi peur de ma vie. Je comprenais dans les paroles du Patron que si je ne m'écartais pas, ça finirait mal, peu importe à quel point il m'a passé de la pommade depuis notre première rencontre. Je ne savais pas pourquoi il m'inspirait une telle terreur, mais je décidai de passer outre, et je ne bougeai pas.

-Non, dis-je, en accord avec mes pensées. Je réalise enfin, au contraire, que vous êtes celui qu'il faut stopper. Je ne bougerai pas.

-Si, tu bougeras.

Le boss tenta de me coller un pain dans la figure, mais je le bloquai. Il réessaya plusieurs, à chaque fois en changeant de main, mais je réussis à chaque fois à voir d'où viendrait son attaque. Je dois dire que l'expression surprise qu'il m'a offerte était assez mémorable.

-Je connais vos tactiques, boss, dis-je malgré moi. Ce combat est destiné à se prolonger.

-Il semblerait, dit le Patron d'un ton sceptique. Dans ce cas, je te laisse partir avec mademoiselle Wesley.

-Vraiment ? dis-je d'un ton incrédule, en plissant les yeux

-Vraiment. J'ai déjà tes frères et sœurs, et je finis toujours par avoir ce que je veux, de toute façon. Va-t-en avant que je ne change d'avis.

Le Patron fit demi-tour et alla se rasseoir sur son trône. J'attendis qu'il soit assis pour ramasser Alice, qui se réveilla à ce moment-là.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? me demanda-t-elle

-Vous étiez dans les pommes. Venez, on s'en va.

-Mais je n'ai pas eu mes réponses ! protesta-t-elle

-Mais le Patron nous laisse partir, vos réponses peuvent attendre. Vous pouvez marcher ?

-Oui, dit Alice après avoir regardé le boss à son tour. Oui, ça ira.

Je l'aidai quand même à se relever, sans quitter le boss des yeux. Il avait les yeux rivés sur sa tablette tactile, il semblait jouer à un jeu quelconque. Je me dirigeai vers l'entrée de la salle avec Alice, toujours en regardant notre hôte, qui faisait des expressions partagées quant à ce qui se passait sur son écran. Nous fûmes finalement sortis, et je poussai un bon gros soupir, encore.

-Et vous ? Pourquoi vous étiez venu ? me demanda Alice

Je réfléchis deux secondes. Je ne faisais absolument pas confiance à cette fille, mais bon, je n'étais plus à ça près. J'étais à peu près persuadé qu'elle ne bossait pas pour le boss, vu l'ardeur avec laquelle il voulait s'en débarrasser.

-Pour récupérer mes frères et sœurs.

-Il est arrivé quelque chose à Piers ?

-Non, il va bien. Je parlais de mes autres frères et sœurs. Ils s'en sont sortis, en fait. Et Piers est au courant aussi, ajoutai-je en supposant que c'était ce qu'elle allait me demander

-Je vois. Allons-nous-en, alors.

J'acquiesçai en passant devant, et Alice me suivit. Mais juste avant qu'on entre dans la salle dans laquelle était le supposé cadavre de Malik Denzel, j'entendis qu'Alice ne me suivait plus. Je supposai qu'elle allait éprouver de l'appréhension quant à fait de revoir son ex-petit-ami qu'elle a poignardé, mais ce n'était pas ça. Quand je me suis retourné, elle avait les yeux grands ouverts, une expression figée sur le visage. Je m'approchai d'elle, et elle cracha une gerbe de sang sur mes épaules avant de me tomber dessus. Elle s'était pris une balle dans le dos, et je devinai assez vite d'où elle venait.

-Dommage, j'ai changé d'avis, dit la voix du Patron dans le haut parleur

Une deuxième balle érafla ma joue, et la troisième arriva dans mes côtes. J'essayai de rester alerte, et je tentai de ramasser pour continuer à marcher vers la sortie. Mais une quatrième balle traversa mon genou, et tombai comme une grosse merde sur la deuxième porte, qui s'ouvrit sous mon poids et celui d'Alice. Je réussis à me remettre à genoux, et une cinquième balle traversa ma poitrine. Avant de perdre connaissance, alors que ma vue se troublait, je crus remarquer que le corps de Malik n'était plus là. Merde…