Bonne lecture à tous !

DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à J. R. R. Tolkien, sauf Ellora, Hélène et cie.


Chapitre 38 :

Union et séparation

Reconstruire la Comté fut une tâche des plus ardues. Ellora tenait à rester pour aider aux réparations, mais Nendir voulait se dépêcher d'atteindre les Havres Gris afin que la jeune fille puisse s'y rétablir.

Ellora avait protesté, disant qu'elle n'était pas blessée. Mais elle avait compris de quoi parlait Nendir quand elle se souvint de la nuit où elle avait dormi dans une des chambres de l'auberge du Dragon Vert. Elle avait fait des cauchemars horribles toute la nuit, où elle se revoyait blesser la pauvre femme Hobbit, attaquer ses amis et tabasser son fiancé.

Le lendemain matin, la seule chose qui lui remonta le moral avant de partir fut lorsque la vieille femme vint la voir. Elle avait bandé son bras blessé, mais une fois qu'Ellora eut utilisé sa magie pour la soigner puis présenté ses excuses, elle lui offrit un sourire réconfortant et lui souhaita de rentrer chez elle saine et sauve.

Chez elle… Ellora regarda Nendir déjà à cheval et sentit l'espoir et l'amour revenir en elle. Oui, elle avait un chez-elle maintenant. Avec Nendir. Pour le moment, elle était encore sous le choc. Mais elle avait déjà traversé beaucoup d'épreuves, et elle n'avait pas l'intention de laisser le souvenir de son frère anéantir tout ce pour quoi elle s'était battue !

La chevauchée ne dura qu'une journée, le cheval de Nendir et la jument magique d'Ellora galopèrent jusqu'à arriver aux Havres Gris. Lorsqu'elle aperçut la cité, la jeune fille fut émerveillée. Comme Fondcombe et la Lothlorien, les Havres Gris étaient bâtis dans une architecture elfique érigée en pleine nature, mais sans envahir cette dernière.

L'air sentait bon l'océan, les algues. On entendait le chant des mouettes et le bruissement des vagues, mais ce n'était pas assourdissant.

Lorsqu'ils arrivèrent aux portes, deux gardes saluèrent le prince et s'occupèrent de mener leurs chevaux aux écuries.

Nendir sortit Ellora de sa rêverie admirative et la guida jusqu'à la demeure royale de la cité. Mais même traverser les couloirs aux murs somptueusement décorés était une pure merveille. Ellora s'aperçut que depuis qu'ils étaient arrivés, Nendir avait changé. Il semblait maintenant parfaitement détendu et heureux, il regardait tout avec un mélange de joie et d'impatience. Et pour cause, il était chez lui, enfin !

Ils arrivèrent bientôt dans un grand bureau. Nendir ne prit même pas la peine de frapper, il entra sans hésiter. Ellora le suivit juste derrière et sourit en voyant le prince elfe se diriger vers un elfe qui se tenait debout près du bureau. Père et fils s'étreignirent. Ellora hésita, à la fois heureuse pour Nendir et gênée d'assister à ses retrouvailles somme toute fort intimes.

Le prince finit pourtant par s'écarter et échangea quelques paroles avec son père, avant de finalement se tourner vers Ellora. Cette dernière put alors détailler plus facilement Cirdan.

Blond comme Nendir, il avait un visage affichant la trentaine comme Elrond et Celeborn, mais ses yeux… Ils brillaient comme ceux de Gandalf ! C'était le regard d'une personne clairvoyante, qui pouvait voir au-delà de l'apparence.

« Enfin je vous rencontre, Ellora Jones ! Oui, je sais tout de vous. Je suppose que mon fils vous a dit comment cela est possible. »

Oui, elle s'en souvenait maintenant. Cirdan avait été le premier à porter Narya, l'anneau de feu. Et il avait un don de clairvoyance extrêmement puissant.

La jeune fille s'inclina profondément devant le roi des Havres Gris.

« En effet, il m'a beaucoup parlé de vous, monseigneur », dit la jeune fille.

« Ah ? En bien, j'espère ? » dit Cirdan sur un ton pince-sans-rire.

« Ada ! » protesta Nendir.

Ellora releva la tête et ne put réprimer un léger éclat de rire, que Cirdan reprit avec elle. Et lorsqu'il prit ses mains dans les siennes en guise de salut, la jeune fille se sentit alors parfaitement bien, heureuse et en sécurité avec un ami. Elle aimait déjà cet elfe qui serait un jour son futur beau-père.

« Je sais tout ce que vous avez vécu, je l'ai vu, aussi ne vous embarrasserai-je pas en me demandant de tout me raconter. Mais j'espère néanmoins que nous pourrons parler plus tard, tous les deux. En attendant, j'ai donné des instructions pour que l'on vous apprête une chambre. Allez vous rafraîchir, nous nous verrons plus tard », dit le roi.

Ellora suivit un elfe hors de la pièce, laissant Nendir avec son père.

Une fois seule dans sa chambre, la jeune fille se laissa tomber sur son lit et inspira profondément. Elle réalisa alors que le plafond était peint en bleu, comme les murs d'ailleurs. Les peintures faites dessus représentaient la mer, des bateaux elfiques voguant au gré des vagues, avec à leur bord des elfes qui avaient des mouettes à leur bras. Elle reconnut même le navire d'Eärendil sur l'un d'eux, avec son épouse changée en mouette qui volait dans le ciel en tenant l'un des Silmarils, les diamants magiques, dans ses pattes.

La jeune fille resta encore un moment à regarder sa chambre, avant de se lever pour se diriger vers la salle de bains et se laver.

Une fois propre, elle enfila une des robes déjà préparées pour elle dans son armoire. C'était une belle robe bleu clair comme l'eau de source et fermée par une ceinture blanc ivoire. Elle laissa ses cheveux détachés. Elle avait le sentiment qu'ici, elle pouvait prendre cette liberté. Une sensation de liberté, de rêverie et d'abandon régnait dans cette cité, à l'image de l'océan.

Ellora se rassit sur son lit et réfléchit. Elle ne parvenait pas à réaliser que c'était fini. Plus de voyage, plus de mission pour sauver le monde. Elle était arrivée là où était désormais sa place. Pendant tout le voyage depuis Minas Tirith, cela lui avait fait peur. Elle avait craint de ne pas supporter ça, de découvrir que ce n'était pas de cette vie-là qu'elle voulait. Et maintenant… maintenant, elle ne voulait qu'une chose : se laisser tomber, s'abandonner à un long sommeil sans histoire ni cauchemars !

Ce qu'elle fit sans hésiter : elle se laissa tomber sur le lit et s'endormit.

Lorsqu'Ellora s'éveilla, elle s'aperçut qu'il faisait nuit dehors. Elle avait dû s'endormir. Et elle avait raté le dîner ! Mon Dieu, qu'en penseraient Nendir et Cirdan ?

Elle vit qu'un plateau de nourriture avait été posé sur la table de sa chambre. Encore ensommeillée, elle se leva et s'approcha pour prendre la pomme posée dessus. Elle n'avait pas vraiment faim. En fait, elle avait de la peine à l'admettre, mais elle se sentait toujours marquée par ce que Cal lui avait fait. Elle avait passé un long moment à se laver dans la salle de bains, avec la sensation d'être plus sale que d'habitude. Même là, pendant son sommeil, elle avait refait d'horribles cauchemars. Elle ne s'était pas réveillée en criant comme à Hobbitebourg, mais le fait était là : il lui faudrait du temps pour s'en remettre. Et elle s'en voulait. Elle s'en voulait d'arriver ici en étant si faible et sombre. Que devait penser Cirdan d'elle ?

Perdue dans ses mornes pensées, elle n'entendit pas frapper à la porte, ni une personne entrer en silence dans la chambre. Lorsqu'elle reconnut Cirdan, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Elle lâcha sa pomme et se leva en manquant renverser sa chaise.

« Oh, je… Pardon ! Je ne vous avais pas entendu ! » dit la jeune fille d'une voix tremblante.

« Je sais, ne vous inquiétez pas. Je voulais juste m'assurer que vous alliez bien. »

« Oui, ça va. Cette cité est magnifique. Je croyais avoir tout vu après avoir visité Fondcombe et la Lothlorien, mais je me suis trompée. »

« Je ne parlais pas de ça », dit Cirdan.

Ellora se raidit.

« Je sais ce qui s'est passé avec votre frère. Et je sais aussi que vous en voulez à Gandalf parce qu'il n'était pas là, une fois de plus. Je ne suis pas un Istari comme lui, mais j'aimerais vraiment vous aider, Ellora », dit le roi en prenant un fauteuil pour s'asseoir devant elle.

Ellora le regarda en ressentant un profond trouble. La seule personne qui lui avait jamais parlé ainsi, avec une voix si douce et réconfortante, était son père. Mais elle avait vécu presque toute sa vie avec une mère qui l'avait évitée, aussi avait-elle appris à se débrouiller seule, à gérer ses sentiments sans rien attendre de qui que ce soit dans son entourage.

Mais Cirdan était comme Gandalf, il pouvait lire dans les yeux de la jeune fille et il savait qu'elle n'allait pas bien.

« Je ne veux pas que vous vous sentiez seule ici, Ellora. Un jour, mon fils sera votre époux. Et je serai votre beau-père. J'aimerais commencer à agir en tant que tel. »

Ces derniers mots suffirent à briser la carapace d'Ellora. Alors, elle lui raconta tout. Ses sentiments vis-à-vis de Cal, son face-à-face avec lui pendant la bataille du Gouffre de Helm, puis celui avec Saroumane en Isengard, les cauchemars magiques à Edoras puis ce qui s'était passé à Hobbitebourg. Lorsqu'elle aborda le passage où elle avait tué Saroumane, elle craqua définitivement et fondit en larmes. Cirdan ne l'interrompit pas une seule fois, son visage afficha tout du long l'expression d'une personne attentive.

Pourtant, lorsqu'elle fondit en larmes, il se leva de son siège et la prit dans ses bras, la laissant pleurer tout son saoul contre lui. Ellora s'abandonna à cette étreinte. Comme Nendir, le roi avait un parfum qui lui rappelait l'océan. Lorsque les sanglots de la jeune fille se furent arrêtés, le roi attendit encore un peu avant de prendre la parole.

« Ce n'était pas de votre faute, Ellora. Vous ne l'avez pas tué. Cal seul a ordonné à votre corps d'accomplir ce geste. »

« Mais c'est moi qui n'ai pas réussi à l'empêcher ! Je n'ai peut-être pas vraiment tué Saroumane, mais j'ai tué Cal en le gardant enfermé dans ma tête. Son corps est mort, et il est devenu un fantôme enfermé dans ma tête pendant des mois ! Je… C'est vrai, je haïssais Saroumane, et je lui en veux toujours pour tout le mal qu'il a fait à ma famille ! Mais je ne voulais pas… je ne voulais tuer personne ! Je voulais juste revenir. Je ne voulais pas oublier tous ceux que j'aimais ! »

« Et c'est là votre plus grande force. La preuve que vous n'êtes pas comme Cal. Vous êtes revenue pour tous ceux que vous aimez », dit Cirdan.

Il prit doucement la tête de la jeune fille dans ses mains et cala son front contre le sien.

« Alors, ne partez pas à nouveau », dit-il dans un souffle.

Ellora ferma les yeux, sentant la paix revenir doucement en elle.

Six mois plus tard…

« Arrête de bouger, ou je n'y arriverai pas ! » dit Rana.

« Je ne bouge pas, comment veux-tu que je bouge ? » répliqua Ellora.

Et pour cause, elle était paralysée par l'émotion ! C'était aujourd'hui le grand jour. Enfermée dans sa chambre avec Rana, Arwen et Eowyn, toutes trois s'affairaient pour qu'Ellora soit prête. Car c'était aujourd'hui qu'avait lieu le mariage.

Après cinq mois passés aux Havres Gris, à visiter la cité, discuter avec Cirdan et faire la connaissance d'autres elfes, échanger des nouvelles avec ses amis de la Communauté, et surtout continuer de vivre aux côtés de Nendir, Ellora avait fini par complètement récupérer. Gandalf était venu aussi, quand il avait appris ce qui était arrivé à la jeune fille à Hobbitebourg. Il était resté un mois avec elle, ce qu'Ellora avait trouvé très surprenant. Ne devait-il pas aider Aragorn et les autres à nettoyer la Terre du Milieu des derniers Orques survivants ? Le magicien avait haussé des épaules, disant qu'avec ou sans lui, le nettoyage de la Terre du Milieu ne se ferait pas en un mois. Ellora avait surtout compris que l'incident avec Cal l'avait fait culpabiliser. Néanmoins, ce mois passé avec lui à discuter, continuer d'apprendre la magie et visiter ensemble les Havres Gris l'avait beaucoup aidée. Désormais, elle ne faisait plus aucun cauchemar et elle était heureuse, elle ne pensait plus qu'au bel avenir dont elle avait toujours rêvé.

Cela faisait un mois maintenant qu'elle n'avait pas vu son fiancé. La tradition exigeait que les deux futurs mariés ne se voient pas pendant un mois, afin de mûrement réfléchir à leur union et quant au fait d'annuler la cérémonie, si jamais l'un d'eux finissait par changer d'avis. Cela n'eut jamais lieu, heureusement. En plus, comme les deux élus étaient tenus à l'écart, ils n'avaient pas à s'occuper des soucis matériels de la cérémonie.

Mais aujourd'hui, on était venu tôt pour réveiller Ellora. La jeune fille était heureuse qu'Arwen se soit déplacée depuis Minas Tirith pour tenir le rôle de demoiselle d'honneur, tout comme Eowyn.

La porte s'ouvrit. Galadriel entra, avec dans les bras un paquet enveloppé dans du velours bleu nuit.

« Ah, grand-mère ! Est-elle enfin prête ? » demanda Arwen.

« Oui, je l'ai avec moi », dit la reine de la Lothlorien.

« Quoi ? Qu'est-ce qui est prêt ? » demanda Ellora en se retournant brusquement.

Ce geste fit perdre prise à Rana, les cheveux d'Ellora qu'elle s'appliquait à tresser avec un fil de mithril lui échappèrent.

« Arrête de gigoter ! » dit la semi-elfe, souriante malgré tout.

Eowyn, Arwen et Galadriel éclatèrent de rire. Pauvre Ellora, elle était toute fébrile depuis ce matin. Les trois femmes ne la comprenaient que trop bien. Arwen et Galadriel s'étaient senties dans le même état le jour de leurs mariages respectifs.

Au lieu de répondre, Galadriel lui montra : elle ouvrit l'étoffe et en sortit une robe. En la voyant, Ellora en eut le souffle coupé.

Elle était blanche, avec de longues manches évasées au tissu semi-transparent, recouvert de fils dorés représentant des motifs de fleurs. Le col était rond et brodé de fines perles. Une belle ceinture d'or ornée de petites pierres précieuses bleues accompagnait le tout. Ellora fut ravie de constater qu'il y avait aussi un voile. Il n'était pas trop long, il s'arrêtait aux genoux de la jeune fille et cela lui suffisait. De jolies ballerines blanches brodées de fil d'or elles aussi accompagnaient la robe.

« Galadriel, c'est… magnifique », dit la jeune fille dans un souffle.

« Considérez ceci comme mon cadeau de mariage », dit la reine de la Lothlorien.

Bien sûr, Ellora portait toujours le médaillon que Nendir lui avait offert. En se regardant dans le miroir, elle se sourit à elle-même, émue. Pour la première fois, elle se reconnaissait. C'était bien elle, cette jeune fille en tenue de mariée. Ce jour dont elle rêvait depuis longtemps arrivait enfin. Son seul regret était que ses parents n'assistent pas à son mariage. Mais elle était sûre que tout irait bien pour eux, dans son monde. Elle en avait le pressentiment.

« C'est l'heure, Ellora », dit Eowyn.

Ellora prit une profonde inspiration, puis saisit le bouquet d'anémones blanches que lui tendit Rana et se tourna vers la porte de la chambre. Oui, c'était l'heure.

XxXxXxXxXxXxXxX

Debout près de l'autel, Nendir s'efforçait de garder une attitude impassible. Heureusement, le mariage avait lieu près de l'océan, dans les grands jardins donnant sur la plage. Ce spectacle l'avait toujours apaisé, tout comme le chant des vagues.

Il balaya l'assemblée du regard. Gandalf se tenait près de lui, souriant et paisible. Cirdan était là aussi, souriant et fier. Tous les membres de la Communauté de l'Anneau s'étaient déplacés pour l'évènement, sans oublier Eomer et sa sœur avec une petite délégation de Rohirrims, ainsi qu'Aragorn, sa reine et quelques hommes du Gondor. Elrond et les Hobbits étaient également là, chacun ayant amené quelques habitants de sa contrée. Pippin avait du mal à tenir en place, il jetait parfois des coups d'œil vers le buffet dans un coin de la cour. Heureusement que les trois autres étaient là pour le maintenir en place ! Il espérait qu'il n'y aurait pas d'incident. Ellora lui avait raconté comment Pippin et Merry avaient chapardé une fusée d'artifice à Gandalf lors de l'artifice de Bilbon et failli provoquer une panique qui aurait pu gâcher toute sa fête d'anniversaire !

Il fut brusquement tiré de sa rêverie par l'arrivée d'Eowyn, Galadriel, Arwen et Rana. Toutes les quatre se dépêchèrent de rejoindre la foule rangée des deux côtés du chemin conduisant à l'autel, au côté de leur mari ou compagnon. Puis tous attendirent.

Enfin, la mariée arriva au bras d'Aragorn. Ellora avait tenu à ce que ce soit lui qui la conduise à l'autel. Il avait été l'un des premiers à la soutenir et à la guider dans ce monde, après tout. En la voyant, resplendissante dans sa robe, Nendir en eut le souffle coupé. Elle semblait rayonner comme une véritable étoile ! Elle brillait encore plus que le jour où il l'avait vue à la fête précédant le départ de la Communauté de l'Anneau de Fondcombe, elle rayonnait plus que la nuit où ils avaient fait le serment de vivre le reste de leur vie ensemble sur le bateau pirate conduit par les fantômes de Dimholt.

De son côté, Ellora aussi était ébahie par la vue de son fiancé. Il portait une tunique de cérémonie blanche royale, mais des reflets bleus et gris évoquant l'océan au lever du soleil dansaient sur le tissu. Il brillait lui aussi, comme un soleil. Il semblait plus beau que jamais. En le voyant, elle sentit à nouveau son cœur se gonfler d'amour et d'admiration. Elle remercia mentalement Aragorn d'être là pour la guider vers l'autel, sinon elle serait restée figée sur place un bon moment sans oser s'approcher.

Une fois Ellora parvenue près de Nendir, Aragorn s'écarta pour reprendre place dans la foule au côté d'Arwen.

Gandalf prit la parole :

« Nous sommes réunis aujourd'hui afin de célébrer l'union de cette descendante des Valars et de ce noble prince elfe. Nul ici n'aurait jamais cru cela possible un jour. Une telle union n'avait pas eu lieu depuis celle de Thingol et Melian, pourtant cela est bien réel. Pour ma part, c'est un grand honneur que de présider la cérémonie. »

Tandis que le magicien commençait à énoncer les conditions qu'entraînerait ce mariage dans leur vie, Ellora et Nendir se regardèrent, hypnotisés chacun par le regard de l'autre. Ils furent tirés de leur songe par la voix du magicien qui s'adressait maintenant à eux.

« Nendir, prince des Havres Gris, fils de Cirdan, acceptez-vous de lier votre sort à cette femme, de l'aimer et de la protéger éternellement ? »

« Oui », répondit Nendir en regardant Ellora dans les yeux.

La jeune fille serra plus fort son bouquet dans ses mains pour se retenir de sauter au cou de l'elfe et de l'embrasser.

« Ellora, fille d'Hélène Jones, descendante de Varda et d'Ilmarë, acceptez-vous de lier votre sort à cet elfe, de l'aimer et de toujours être à ses côtés chaque jour de votre existence ? »

« Oui », répondit Ellora en souriant avec amour à Nendir.

Gandalf hocha doucement la tête, les yeux brillants d'émotion. Il leur demanda alors de se tenir la main droite. Ellora et Nendir s'exécutèrent, chacun serrant doucement le poignet de l'autre entre ses doigts. Le magicien tendit alors son bâton vers leurs mains unies et récita une formule. De fins rayons de lumière blanche et argentée sortirent du cristal et vinrent enlacer leur main et leur poignet.

« Par ce lien, je vous unis corps et âme. Que nulle magie ni force dans l'univers n'ose se dresser contre vous, car vous êtes à présent unis pour l'éternité. »

Lorsque la lumière eut disparu, Gandalf dit :

« A Bereth thar Ennui Aeair !
Calad Ammen i reniar
Mi'aladhremmin ennorath.
A Elbereth Gilthoniel
I chin a thûl lín míriel.
»

Ellora comprit tout de suite le sens de ces mots :

« Ô Reine par-delà les mers de l'ouest !
Ô lumière qui se promène parmi nous
À travers les terres boisées de la Terre du Milieu,
Ô Elbereth l'Éclaireuse d'Étoiles,
Tes yeux et ton souffle sont comme des diamants éclatants.
»

Une fois ces paroles prononcées, Ellora regarda Gandalf en lui souriant avec gratitude. Le magicien lui répondit par un sourire plein d'affection et de fierté, celui qu'un grand-père adressait à sa petite-fille. Puis il recula, laissant Cirdan s'approcher d'eux.

« Cette union est un événement important pour chacun de nous, mais il l'est tout particulièrement pour moi et mon peuple, car aujourd'hui, mon fils n'est plus prince, mais roi. »

Cirdan ôta alors le diadème royal qui ornait son front. Nendir s'agenouilla devant lui et laissa son père déposer la couronne sur son front. Son fils lui sourit. Cirdan lui répondit par le même sourire, même si une infime tristesse était visible dans ses yeux. Celle d'un roi qui abandonnait son trône après tant de siècles.

Cirdan se tourna alors vers Gimli, qui s'approchait en portant un coussin dans les mains. Quelque chose était posé dessus, quelque chose d'étincelant.

« Tu es roi maintenant, mon fils. C'est à toi que revient le choix de couronner celle qui sera ta reine. »

Acquiesçant, Nendir se redressa et s'approcha de Gimli, prenant la source de lumière posée sur le coussin. Ellora vit bientôt ce dont il s'agissait et en eut le souffle encore plus coupé que lorsque Galadriel lui avait montré sa robe. C'était une couronne elfique en mithril, aux courbes gracieuses qui évoquaient les vagues de la mer, et ornée de fleurs d'anémone, les fleurs de l'océan. Une petite pierre précieuse était sertie en son centre, représentant une étoile.

Surmontant sa surprise et son émotion, la jeune fille s'agenouilla. Avec une infime délicatesse, Nendir déposa la couronne sur la chevelure de son épouse.

« Relevez-vous, Ellora Aearelen. Vous êtes désormais l'égale du roi des Havres Gris », dit Gandalf.

Aearelen… Étoile de la mer, traduisit Ellora.

Une fois debout, la nouvelle reine et son roi se tournèrent vers la foule. Un tonnerre d'applaudissements et d'acclamations retentit. Ellora sourit, émue jusqu'aux larmes.

Elle était encore plus heureuse que le jour où elle s'était réconciliée avec Gandalf à Edoras, plus heureuse que le jour où le bien avait remporté la bataille du Gouffre de Helm, plus heureuse que le jour du couronnement d'Aragorn.

Le reste de la fête se passa comme dans un rêve. Une fois que les amis et les membres de la famille eurent présenté leurs vœux de bonheur aux jeunes mariés, la fête commença. On se mit à danser, chanter, manger, boire et rire !

Au début, il y eut une musique douce et sublime jouée par les elfes. Puis des Hobbits de la Comté venus également pour assister au mariage jouèrent leur propre musique, plus joyeuse et endiablée. Merry et Pippin dansèrent comme des fous en chantant, une chope à la main chacun. Ellora fut heureuse de voir que Frodon était heureux et riait de bon cœur, comme les autres.

Le soir, la fête continuait. Gandalf put révéler la surprise qu'il avait réservée pour le mariage : ses feux d'artifice magiques ! Ellora était heureuse de pouvoir enfin contempler l'œuvre du magicien. Frodon lui en avait déjà parlé, mais elle ne les avait jamais vus de ses propres yeux.

Elle aperçut soudain quelqu'un qui se tenait sur le balcon de la cour, face à l'océan. Elle reconnut Ilmarë. La Maia se tenait là et la regardait en souriant, l'air rayonnante.

Ellora s'approcha d'elle.

« Vous êtes venue », dit Ellora.

« Comment aurais-je pu manquer le mariage de ma descendante ? » dit Ilmarë.

Émue, Ellora lui répondit par un sourire.

« Je suis venue également te dire que l'âme de ton frère est en paix dans les cavernes de Mandos. Tu n'as plus de raison de laisser les ombres du passé obscurcir ton bonheur », dit la Maia.

« Et Saroumane ? » demanda Ellora.

Ilmarë baissa les yeux. Ellora n'eut pas besoin d'en savoir davantage. Au moins, Cal reposait en paix.

« Je te souhaite beaucoup de bonheur, Ellora. Un jour, nous nous reverrons », dit la Maia.

Elle se pencha alors pour embrasser la jeune fille sur le front. Lorsqu'Ellora releva la tête, elle vit que son ancêtre avait disparu. La jeune fille regarda la lune dans le ciel et sourit, d'un sourire heureux et paisible.

XxXxXxXxXxXxX

Quatre ans plus tard, Frodon, Bilbon, Gandalf, Elrond, Galadriel et Cirdan partirent pour les Havres Gris à bord d'un bateau.

Nendir et Ellora restèrent pour diriger les Havres Gris et le départ des derniers Elfes pour Valinor. Des années plus tard, lorsqu'Aragorn mourut et que son fils Eldarion lui succéda, Legolas et Gimli prirent le dernier bateau. Ellora et Nendir se joignirent à eux.

Lorsqu'ils furent en mer, Ellora sentit une étrange tristesse l'envahir. Le chagrin de la mort d'Aragorn était toujours là, mais elle avait vécu longtemps en Terre du Milieu, plus de cinquante ans, et ce monde était devenu comme une seconde maison pour elle. Cela lui faisait une double perte. Mais leur arrivée à Valinor dissipa bien vite son chagrin.

Cette terre protégée des Valars était plus belle que tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Tout n'y était que source d'émerveillement : les champs verdoyants, les forêts, les montagnes…

Un an après son arrivée, Ellora tomba enceinte. Malgré la joie de Nendir et de tout son entourage, Ellora eut peur. Et si jamais elle ne faisait pas une bonne mère ? Après tout, la sienne n'avait pas été une mère exemplaire avec elle. Mais Gandalf parvint à la rassurer. Parce qu'elle avait connu le manque d'amour, elle savait ce dont un enfant avait besoin, elle ferait donc une très bonne mère. Elle ne ferait pas les mêmes erreurs. Et puis, que pouvait-il arriver à la jeune fille ici, sur les terres des Valars, ses ancêtres?

XxXxXxXxXxXxXxX

Neuf mois plus tard, dans l'une des maisons de Valinor…

Allongée sur le lit, Ellora poussa un cri de douleur. Rana lui tenait la main et s'efforçait de sourire malgré la poigne de son amie qui lui broyait les os sans aucune pitié.

Elle sentit quelqu'un poser un linge humide sur son front et remercia Galadriel du regard.

« Ellora, calmez-vous et respirez, tout va bien se passer », dit la reine elfe.

La jeune fille voulut répondre, mais une nouvelle contraction lui arracha un cri de douleur. Elle regretta que Nendir soit dehors, à attendre la fin de l'accouchement.

« Oooooh, pourquoi j'ai pas droit à une anesthésie, comme à l'hôpital ? » gémit la malheureuse.

« C'est le moment, poussez ! » dit alors la sage-femme elfe venue pour l'aider.

Après plusieurs heures épuisantes passées à hurler et déchaîner sa colère sur la sage-femme qui l'encourageait à pousser, Ellora sentit la douleur s'arrêter. Elle ferma les yeux et reprit son souffle, épuisée. Des vagissements retentirent. Ellora fit un effort pour se redresser et ouvrir les yeux.

« Alors… est-ce que… est-ce qu'il va bien ? »

« Oui… Vos enfants vont bien, et ils sont magnifiques ! » dit la sage-femme, le visage rayonnant.

« Mes… ? Quoi, plusieurs… ? »

« Une fille et un garçon », dit Galadriel en lui tendant un paquet de tissu, la sage-femme lui tendant l'autre.

Ébahie, Ellora prit dans chaque bras l'un des deux bébés. Des jumeaux ! Jamais elle n'aurait pu imaginer cela !

Quand Nendir entra et les vit, il fut aussi ému et stupéfait qu'elle. Ellora regarda ses enfants et sut, en cet instant, ce que sa mère avait dû éprouver à sa naissance. Un amour immense que nulle magie ne pouvait effacer. Elle ferait une excellente mère, elle le savait. Rien ne l'en empêcherait. Elle avait tout ce qu'il lui fallait. Un mari, des amis, deux enfants qu'elle trouvait déjà merveilleux et elle vivait dans le plus beau des mondes.

XxXxXxXxXxXxX

Cinq ans plus tard…

Assis sur l'une des dunes de la plage, un petit garçon aux cheveux bruns s'appliquait à dessiner des symboles elfiques. Le vent secouait ses cheveux, laissant voir l'extrémité de ses oreilles pointues.

Il finit par lever la tête et sourit en voyant sa sœur cadette pousser un petit cri lorsque les vagues frappèrent ses petits mollets. Elle avait relevé la jupe de sa robe et essayait de sauter avant que les vagues l'atteignent, mais ce n'était pas toujours facile.

« Aearion ! Ethiriel ! »

Le garçon Aearion, dont le nom signifiait fils de la mer, se tourna vers la source de cette voix et sourit à nouveau en apercevant sa mère Ellora qui arrivait, suivie de son père Nendir.

« On est là, maman ! » cria Ethiriel, dont le nom signifiait rivière.

Les deux enfants coururent jusqu'à leurs parents. Chacun en souleva un dans ses bras.

« Vous êtes prêts ? On va bientôt dîner », dit Nendir.

« Oui, papa ! » répondirent les jumeaux en chœur.

Arrivés devant la maison, les enfants virent avec joie que Gandalf les attendait.

« Chic ! Grand-tonton Gandalf est là ! » dit Ethiriel en sautant des bras de Nendir pour rejoindre ceux du magicien, qui l'étreignit avec un grand sourire.

« Et nous ? Vous nous oubliez ? » grommela Gimli, sortant par la porte, accompagné de Legolas et sa femme Rana.

« Oh, pardon, tonton Gimli ! Bonjour, Legolas et Rana ! » dirent les jumeaux en un parfait accord.

Plus tard le soir, après le dîner, les enfants furent montés dans leur chambre pour dormir. Les adultes se réunirent en bas et discutèrent ensemble du bon vieux temps, de leurs aventures passées et du bonheur qu'ils partageaient tous aujourd'hui.

Les jumeaux finirent par sauter de leur lit et ouvrirent silencieusement la fenêtre pour sortir la tête dehors et écouter.

Gandalf avait allumé sa pipe et fumait, tout comme Gimli. Mais contrairement au nain, la fumée du magicien prenait des formes diverses et colorées, que ce soit des oiseaux, des chevaux, un bateau-cygne, un dragon… Lorsque Gimli fit un parfait anneau qui s'éleva vers le ciel, les jumeaux échangèrent un sourire complice, puis Aearion fit un geste du doigt vers le rond. Il prit alors la forme de jolies écritures elfiques. Il les avait vues dans le livre de sa mère, le grimoire de Valinor. Les symboles d'un anneau magique, l'Anneau Unique. Son père lui racontait l'histoire avec sa mère depuis hier. Ils ne connaissaient pas encore la fin, ils ne la sauraient que demain, leur mère le leur avait promis. Puis Ethiriel tendit la main vers le joli bateau de fumée de Gandalf et le fit traverser le cercle. Tous deux disparurent en même temps.

FIN


Et voilà ! Fin !

Eh oui, c'est bien la fin. Je ne voyais pas d'autre moyen de terminer l'histoire ainsi. Un petit clin d'œil au moment où Gandalf et Bilbon fument la pipe ensemble avant le cent onzième anniversaire de notre cher Hobbit. J'espère que cela vous a plu.

J'avoue que ça fait toujours bizarre, quand on termine une fic. Ça fait une petite perte.

Je tiens à remercier tous ceux qui ont suivi cette histoire, que ce soit en écrivant des reviews ou en la mettant en Alert et Favoris : Cally-sama, Volazurys, Sissi72-me, Coton, Lyllooh, Aeriell, Memelyne, Mimi70, Aya72, Ysa666, Darkbutterbiscuit, Emichlo, Guest, Annadriya, Maman Bouba, NaruGD, Lereniel, Alecto McPhee dit l'Implacable, Amy95200, Dante35, Dogywoman, Karmillia, Lenaa-chan, Plew A.E, SweetMaya, Liberty-wild, Memo Bonafide, Momo0302, Nicoco49, Saya330, Selena Jani Lilianne, Yellou, Alice M Lee, CamilleR, Chocolataulaitcaramelise, Algore-i, El0diii3, Jessijed, Marion1988, Melina91, o0Valkyrie of Chaos0o et Zhenli. Et merci à tous ceux qui ont suivi cette histoire sans review non plus. Merci à tous ! Ná Elbereth veria le, ná elenath dín síla erin rád o chuil lín : Puisse Elbereth vous protéger, que les étoiles brillent sur le chemin de votre vie.

J'espère vous retrouver dans d'autres de mes histoires. Je sais que certains d'entre vous me suivent sur ma fic de Bilbon, « La lignée maudite ». Je continue toutefois dans la section du Seigneur des Anneaux en traduisant une fic de Faerlas, qui s'intitule « L'oubliée ».

Encore une fois, merci à tous.

Namarië.

Melior