Auteure : Tch0upi.
Titre : Under My Skin
Disclamer : Tous les petits personnages présents dans cette fanfiction appartiennent à Masashi Kishimoto.
Rating : T (Pour les possibles futurs lemons)
Couples : Naru/Sasu.
Under My Skin ~ Chapitre 38
Il n'eut à peine le temps de réaliser son erreur, que deux mains légèrement tremblantes attrapèrent les siennes. La sensation des hanches maigres du jeune homme sous ses paumes disparurent alors qu'il retirait aussitôt ses mains.
Sa respiration était entrecoupée. Sasuke gardait la tête baissée, les yeux fermés, comme s'il tentait de ne pas laisser un quelconque monstre s'évader de son intérieur. Naruto sentit toute la force de ses souvenirs, à quel point ils devaient bouillir sur un feu pas encore tout à fait éteint, et qu'il venait de pratiquement faire exploser avec son toucher…
- Désolé… souffla Sasuke, si bas que Naruto crut l'avoir imaginé.
- Non.
Sasuke releva lentement les yeux vers le blond, un peu honteux de sa réaction soudaine et incontrôlée. Il n'aurait pas cru que le passé surgirait et l'envelopperait avec ces chaînes dorées, aussitôt, sans crier gare. Être avec Naruto, depuis son réveil de l'accouchement, avait semblé si agréable… Il avait bêtement cru que c'était terminé. Que le cauchemar avait succombé, finalement. Mais il fallait croire que non.
- Ne t'excuse pas, voyons, dit Naruto tendrement, esquissant l'ébauche d'un sourire. C'est moi qui devrais garder mes mains pour moi. Je ne sais pas à quoi j'ai pensé, pardonne-moi.
- Je-Je… croyais q-que je…
- Ça va, l'interrompit Naruto d'un murmure, posant ensuite son front sur le sien. Tu ne dois pas faire ça.
Ils se tinrent ainsi longuement dans le silence. Naruto fixait les yeux obstinément baissés de Sasuke, ses paupières, seule chose qu'il pouvait véritablement voir. Sasuke, de son côté, revivait intérieurement le même combat depuis tous ces mois. Avec la venue de Yasuko, cela voulait dire que neuf mois entiers s'étaient écoulés depuis… que Naruto lui avait fait ça. Et bien sûr, sa petite bouille innocente et l'amour incommensurable qu'elle avait emmené avec elle, l'apaisement si pur tel un sort magique qu'elle avait jeté sur lui, sur son cœur et sur son âme, il semblait que ses souvenirs se voulaient plus fermes et plus durs à faire tomber, tel un haut mur de glace.
Il fermait les yeux et pouvait revoir, tout d'un coup, la douleur lancinante qui avait possédé chaque membre de son corps le lendemain matin. Il se souvenait n'avoir pas dormi du tout. Il avait eu trop mal pour trouver le repos. Il revoyait ses jambes couvertes de sang. Ses sourcils se froncèrent brusquement alors qu'il lui semblait ressentir la souffrance vive de sa cheville qui avait été broyée par la main brutale de Naruto. Cette même main qui avait tenu en place cette même jambe lorsqu'il s'était… violemment… inséré en lui.
Il secoua la tête et recula d'un pas malgré lui. Naruto, inquiet, voulut lever une main pour l'atteindre mais, à mi-chemin dans les airs, la rabaissa aussitôt.
Non. Il ne devait pas le toucher, se rappela-t-il avec une pointe de culpabilité.
- Sasuke. Je suis sobre maintenant. Tu sais… Tu n'as… qu'à dire non. Et je vais m'en aller. S'il te plaît, n'aies pas… peur de moi.
- …
- Tu veux que je m'en aille ?
Sasuke ne releva pas les yeux tout de suite. Il s'appuya contre le mur et fronça les sourcils. Naruto, le voyant si troublé, ne résista pas. Il s'approcha, lentement, et glissa ses bras autour de lui pour ensuite le serrer doucement dans ses bras. L'étreinte, si morte et molle, lui brisa le cœur. Mais après un bref instant, Sasuke posa son visage au creux de son épaule et se rapprocha, mais que très peu.
Et les mots qu'il entendit lui serra davantage le cœur…
- Oui… Je pense que tu devrais partir…
Naruto acquiesça, luttant contre les larmes. Dans sa tête, revenait la même incantation… Sans cesse…
Je l'ai violé. Je l'ai brisé. Je l'ai fait souffrir.
Et rien ne pouvait changer cela. Rien ne pourrait jamais changer cela.
Quand Naruto s'écarta et se détourna, Sasuke se sentit plus que jamais brisé. Il le regarda marcher vers la sortie et entendit la porte. Il avait en effet eu besoin de lui dire de partir. Les étaux se refermaient lentement sur lui. Il avait été naïf de croire que c'était terminé, que cette nuit là n'existait plus pour lui. Peu importe s'il essayait de toutes ses forces de s'en convaincre. Son corps le lui rappelait aussitôt que Naruto était trop près. Il voulait pourtant se coller à lui, mais sentir ses mains sur lui, c'était se sentir emprisonné. Et il ne respirait plus. Même s'il désirait ressentir l'amour. Il ne ressentait que l'horreur.
Yasuko ne dormait pas. Elle était couchée sur le dos et gigotait sur place, ses petites jambes donnant des petits coups faibles dans le vide. Les rideaux de sa fenêtre étaient légèrement ouverts et laissaient passer la clarté mourante du jour.
Soudainement, la porte s'ouvrit. Sasuke la referma derrière lui. La bambin, à travers les barreaux de son berceau, posa ses yeux sur la silhouette qui, lentement, se laissa glisser par terre. Sasuke porta un bras autour de son ventre, alors que son visage se déformait pour laisser à la souffrance toute la place nécessaire de s'installer. Il s'échoua au sol et ramena ses jambes contre son torse. Le regard fixé sur sa fille, il grimaça et lâcha un bruyant sanglot, qui fut le premier d'une longue série tandis qu'il se mettait à pleurer.
Et il pleura ainsi, seul, dans la chambre de sa fille. Seul face à sa souffrance, seul avec la seule étoile de sa vie. C'était une grosse boule dans sa gorge, dans sa poitrine. C'était partout sur son corps, cette sensation, cette nuit-là, elle était partout sur lui. Autour de lui, sous sa peau, c'était un venin qui lui mordait les muscles et qui s'acheminait vers son cœur. Les larmes étaient grosses et roulaient sur ses joues, il ne pouvait pas s'arrêter. Yasuko le fixait, ses yeux si ronds au milieu de sa petite figure, l'innocence même.
Et malgré ça, il était corps et âme entier la proie de sa réalité.
Il avait été violé.
Naruto plongea son visage dans ses mains. Assis sur le toit de la maisonnée, juste au-dessus de la fenêtre de la chambre dans laquelle Sasuke se trouvait, il se faisait violence pour ne pas se faire mal. La douleur physique pourrait apaiser celle qu'il ressentait à l'intérieur, celle qu'il avait infligée à Sasuke à tout jamais. Ses yeux baignaient dans des larmes qui ne coulaient pas. Il était comme une coquille froide, figée, incapable de réaliser ce qu'il entendait.
Sasuke pleurait si fort à l'intérieur…
- Donnez un petit répit au garçon, pour l'amour de Dieu ! cria Tsunade en cognant sur son bureau.
Kakashi demeurait de marbre, même si ce n'était pas l'envie qui manquait de remettre à leur place ces deux vieillards trop séniles pour diriger. Tsunade perdait peu à peu patience et se mettait à bouillir de rage, il se devait de garder son calme pour eux tous.
- Pardonnez-nous de nous poser des questions, Tsunade, commença Koharu. Mais depuis des mois vous gardez le jeune Uchiha sous surveillance prononcée. Sans oublier que vous l'avez emmené à l'étranger. Votre comportement à tous a été très suspect. Et vous nous avez caché tout ce temps l'existence de cet enfant !
- Vous n'aviez pas besoin de savoir jusqu'à aujourd'hui. Ma requête, que je vais répéter maintenant pour la millième fois, c'est que vous laissiez Sasuke en paix. Techniquement, il a rempli sa responsabilité en tant que ninja du village. Il a conçu une héritière. Ça ne vous va pas ? Que voulez-vous de plus ? Le petit a faillit mourir pour la mettre au monde !
- Le fait est que cet enfant est dangereux, poursuivit Homura. Vous nous avez dit que tout ceci était le résultat d'une expérience d'Orochimaru ! Il a été engrossé par ce vile ninja et vous croyez sincèrement que nous allons laisser cette créature en liberté, qui plus est entre les mains de Sasuke Uchiha, ex-déserteur et ex-disciple de ce même Orochimaru ? Qui nous dit que cette histoire n'a pas été préméditée par Sasuke lui-même, qu'il n'a pas simplement rempli une mission donnée par son maître avant que celui-ci ne se fasse tuer ?
Tsunade se leva lentement de son siège, le regard assassin et la patience à fleur de peau. Kakashi pouvait pratiquement voir la fumer s'échapper de ses orifices nasales.
- Dois-je vous rappeler qu'Orochimaru a été assassiné par nulle autre que Sasuke lui-même ? Et vous pensez qu'il aurait obéit à une mission qui l'aurait emmené au chevet de la mort ? Quelle idée stupide est-ce que celle-ci ? Je vous le répète, Sasuke a été la victime là-dedans. Les choses sont arrivées ainsi. Aujourd'hui, il a une gamine sous le bras. Et je peux vous assurer que l'enfant est normale, aussi humaine que n'importe quelle autre. Ce n'est pas un monstre engendré par Orochimaru. L'enfant ne possède en elle aucune trace des pantins dotés de la marque maudite créés par Orochimaru.
- À qui appartenait le sperme, dans ce cas ? demanda Koharu.
Tsunade hésita longuement, les yeux fixés sur la vieille femme qu'elle avait du mal à placer comme sa supérieure. Elle fit dériver son regard sur Kakashi et revint sur le couple de vieillards.
- Nous n'avons pas pu l'identifier. Il appartenait sûrement à un prisonnier quelconque d'Orochimaru, un homme banal et sans importance, un cobaye si vous préférez.
Koharu et Homura se regardèrent. Ils ne semblèrent pas très convaincus, et Tsunade pria pour qu'ils ne réclament pas un test de paternité. Yasuko était l'union de la puissance des Uchiha et des Uzumaki, sans oublier qu'elle était la petite fille du Quatrième hokage et fille du réceptacle de Kyubi, et que l'essence du démon renard à neuf queues était encore liée à elle. Ses origines étaient à n'en pas douter d'une puissance phénoménale et légendaire. Mais le simple fait qu'elle était la nouvelle héritière du clan Uchiha était suffisamment dangereux pour elle, inutile d'admettre aux vieux du Conseil qu'elle était en plus la fille de Naruto. Ils voudraient à coup sûr s'emparer d'elle et s'assurer qu'elle devienne leur pantin personnel.
- Nous voulons la voir, déclara finalement Koharu. Nous assurer en personne qu'il s'agit d'un bébé ordinaire, comme vous le dites si bien.
Tsunade ferma les yeux et jura silencieusement. Voilà exactement ce qu'elle avait tenté d'éviter…
Sasuke tiqua, agacé, tandis que Sakura étalait sur la table de sa cuisine tout un amalgame de biberons et de contenants de lait préparé. Elle souriait tout en triant le tout, et lui leva la tête vers ses parents qui enlevaient leur veste à l'entrée. Sa mère avait un sourire identique à celui de Sakura sur le visage, mais son père avait une moue forcée, ce n'était donc clairement pas son idée à lui de venir ici.
Le jeune homme se pencha vers sa coéquipière qui vidait un contenant dans un biberon.
- Pourquoi as-tu emmené tes parents ?
- La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre, Sasuke-kun, répliqua-t-elle en redressant la tête. Ma mère était curieuse de savoir si c'était vrai. Et puis elle adore les nourrissons. C'est une mère, et elle pourrait peut-être te donner des petits conseils.
- Je n'ai besoin de personne pour savoir comment m'occuper de ma fille, merci beaucoup.
Sakura fronça les sourcils alors que Sasuke se détournait, s'appuyant boudeur sur le comptoir devant le lavabo. Elle souriait doucement en le voyant faire la tête, mais bientôt, elle remarqua ses yeux légèrement enflés, quelque peu rougis, et ses cernes immenses. Sa mine fatiguée ne mentait pas. Elle comprit que quelque chose n'allait pas.
- Est-ce que ça va ? demanda-t-elle doucement en s'approchant. Qu'est-ce qu'il y a ?
Sasuke croisa les bras sur sa poitrine et secoua la tête.
- Rien. Ça va.
- Alors ? Où est-elle ? lança la voix de la mère de Sakura, en entrant dans la cuisine.
Son père la suivit et Sasuke leva le menton pour les regarder. Il avait un bref souvenir d'eux. Une réunion avec le Conseil dans le salon de son précédent domicile. Ils avaient décidé, ce jour-là, que Sakura et lui auraient cinq ans pour apprendre à vivre ensemble en tant que fiancés et qu'ensuite ils auraient la responsabilité de procréer. Il se souvenait de la colère du père de Sakura. De celle de Naruto.
Ce jour-là, il ne savait pas qu'il portait Yasuko. Il ne savait pas qu'il allait en effet procréer. Cependant les choses s'étaient passés d'une manière insolite et inattendue. Sakura n'avait pas été celle à mettre au monde son héritier ou héritière.
Il décroisa les bras et inspira profondément.
- Nous avons dîné avec la famille Inuzuka, hier soir, et leur garçon n'a pas arrêté de déblatérer à son sujet. Alors, j'ai eu envie de venir la voir par moi-même.
Malgré la surprise d'apprendre que Kiba Inuzuka n'avait cessé de parler de sa fille, et le plaisir que c'était de l'entendre, il ne put s'empêcher ces paroles désobligeantes qui lui échappèrent...
- Vous ne pensez pas que c'est un monstre ? Parce que... je suis un homme.
La mère de la jeune kunoichi parut étonnée de la question, et mal à l'aise, reprit aussitôt, lançant un regard à son époux qui ne disait pas un mot.
- Eh bien, c'est une histoire tout à fait remarquable, mais... Non. Je ne le crois pas. Sakura l'a vue, et elle m'en a parlée. À entendre les gens, c'est un adorable petit poupon.
Sasuke croisa le regard de l'homme qui passait un bras autour de sa femme. La colère n'était plus. Il avait simplement l'air désolé, comme s'il compatissait avec lui. Mais de quoi ? Une idée soudaine jaillit alors dans l'esprit du jeune Uchiha qui regarda vivement Sakura: avait-elle raconté toute l'histoire à ses parents, dans les moindres détails ? Elle aurait tout de même pas osé leur dire qu'il avait été violé ! Il espérait que la jeune femme n'ait pas eu autant de front que dans la réalité.
- Peut-on la voir, alors ? s'enquit le père de Sakura. La nouvelle héritière du grand clan Uchiha ! Ce serait un honneur.
Sakura sourit tendrement de sa place et Sasuke finit par soupirer, même s'il avait cru entendre un sarcasme dans la voix du père. Il se décolla du comptoir et prit le chemin de l'escalier. À mi-chemin, il se rendit compte que Sakura le suivait. S'arrêtant au milieu du couloir menant à la chambre de Yasuko, Sasuke se retourna. La kunoichi stoppa également et Sasuke nota l'étincelle d'inquiétude sur son visage.
- Je ne crois pas me perdre dans ma propre maison, tu sais...
- Sasuke-kun, lâcha-t-elle. Sérieusement... Qu'est-ce qui ne va pas ? J'ai bien remarqué ton regard. Et puis... on dirait que tu as pleuré.
- Laisse-moi, souffla-t-il en se tournant pour ouvrir la porte.
Il pénétra dans la chambre où il se rendit compte que Yasuko était en train de contempler le plafond avec une fascination jamais aussi prononcée, comme si elle savait y voir le ciel à travers ainsi que les beautés du monde. Sasuke sourit en la surplombant, croisant ses grands yeux de plus en plus foncés. Elle le regarda à son tour et lui sourit en retour, réchauffant le coeur de son jeune père. Glissant ses mains sous son petit corps, Sasuke la souleva contre son cou et posa sa main, si grande sur son petit crâne.
- Toi au moins tu ne m'embêtes pas. Et en plus tu me réconfortes... murmura-t-il. Qu'est-ce que je ferais sans toi… hein ?
Elle émit un petit couinement adorable qui le fit rire.
- Aller... fit-il en l'écartant pour lui lancer un coup d'œil. Apparemment, y a des gens qui veulent te rencontrer.
Il sortit ensuite et retrouva Sakura dans le couloir qui l'attendait. Elle sourit au bambin et Sasuke lui céda le passage. Elle ouvrit donc la marche et ils descendirent à la cuisine, où les parents de la jeune kunoichi attendaient toujours.
En voyant le garçon arriver, portant un petit paquet rose, la mère de Sakura sourit aussitôt, s'avançant. Sasuke écarta légèrement sa fille de son torse pour qu'elle puisse admirer son trésor, tout en la gardant très près. Il vit le père s'avancer à son tour, curieux d'apercevoir l'héritière du clan Uchiha.
- Je peux ? réclama alors la femme.
Sasuke se tendit au maximum, levant des yeux inquiets vers la mère de sa coéquipière. Une quasi étrangère. La peur l'étreignit l'espace d'un instant mais il se dit rapidement qu'il fallait bien qu'il contrôle son instinct surprotecteur, sinon elle ne ferait que grandir et s'intensifier... Il n'osait imaginer le jour où Yasuko serait assez grande pour marcher en dehors de cette maison toute seule... Il secoua la tête et, à contre coeur, accepta de déposer sa fille dans les bras de la mère de Sakura. Après tout, c'était ridicule. Et cette dernière le lui avait bien dit. Sa mère était une mère. Elle avait déjà tenu dans ses bras une si petite chose. Elle savait bien comment faire.
La mère de Sakura prit contre elle la petite Yasuko qui émit une longue plainte de joie si aiguë qu'elle fit rire tout le monde présent.
- Ooooh, ce qu'elle est adorable !
Sasuke sourit légèrement, timidement, se sentant choyé du compliment. La femme berça tendrement Yasuko, qui ferma ses paupières, comme si elle allait retomber dans un sommeil plus tôt rompu. Sakura ricana :
- Eh bien, maman, tu n'as pas perdu tes vieux trucs de maman !
- Parce que je suis encore une maman, chérie, répondit la concernée.
- Certain qu'il n'y a pas une fille derrière tout ça ? lâcha alors l'homme, avec une ironie qui fit perdre les sourires.
Sasuke le regarda, méfiant, fronçant les sourcils.
- C'est moi qui l'ai portée et mise au monde... peu importe à quel point cela vous semble impossible.
- C'est biologiquement improbable, mon garçon. Ne pense pas pouvoir me berner comme le Conseil nous a tous bernés. D'accord, je suis content qu'ils aient laissé ma fille tranquille. Mais ils ont sans doute dû trouvé une autre jeune fille pour arriver à leurs fins.
- Papa ! s'exclama Sakura, choquée. Je t'assure que c'est vraiment Sasuke qui a…
- Sakura, je te sais assez intelligente pour savoir qu'un homme ne peut pas tomber enceinte. Vous vous entendez au moins ? Allez, Sakura, arrête de le protéger. Dis la vérité. Qui est la mère ? Est-ce une fille du village ?
- Je ne le protège pas !
- Je ne peux pas me résoudre à croire à ceci.
- Qui croyez-vous être pour me dire que c'est impossible ? s'énerva Sasuke. J'ai passé les neufs derniers mois à me demander comment diable cela a pu arriver, continua-t-il en fusillant l'homme des yeux. Vous ne m'appreniez rien en me disant que c'est naturellement improbable. Évidemment que je le sais. Et pourtant elle est là, sous nos yeux. Je n'ai pas eu à m'accoupler avec une fille quelconque. J'ai même refusé de le faire parce que je ne suis pas un petit chien docile très obéissant.
- Dans ce cas, jeune homme, d'où cette petite est-elle apparue ?
- Sasuke-kun, montre à mes parents ta cicatrice, grogna Sakura, qui tremblait sur place de colère. Ils vont te croire !
- C'est inutile, je n'ai de compte à rendre à personne, répliqua le jeune homme.
- Et d'où est venue cette enfant alors ? Réponds-moi donc. Du Saint Esprit ? Ou bien tu t'es fait engrosser ?
L'homme lâcha un rire sarcastique.
- Un homme, voyons ! Ça n'arrive pas, ce genre de chose. Et par qui, hein ? Le blond qui est dans votre équipe ?
Sasuke se raidit comme une barre de glace - au même moment, Yasuko émit une plainte, un petit cri qui se transforma bientôt en sanglot. Sakura, horrifiée, fixa son père comme si elle ne le reconnaissait plus.
- PAPA !
Le jeune homme, pâle comme la mort à cause des derniers mots, reprit sa fille des bras de la mère de Sakura, et la colla contre lui.
- La petite visite est terminée. Au revoir ! s'écria-t-il.
Puis il tourna les talons et s'enfuit à l'étage en un clignement d'œil.
- Sasuke-kun ! cria Sakura.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que c'était que ça ? voulut savoir sa mère, qui avait bien vu le changement dans les yeux de l'adolescent.
Mais Sakura, furieuse, ne répondit pas à sa mère. Au lieu de cela, elle se tourna vers son père, furibonde, et, les larmes aux yeux, cracha la vérité :
- Pourquoi détestes-tu autant Sasuke ? Il n'est pas mauvais ! D'accord, il a trahi Konoha, mais il est revenu parmi nous ! Et si tu veux savoir la vérité, eh bien, il a été violé ! C'est comme ça que ça s'est passé ! Il a souffert le martyr en donnant naissance à cette petite fille. Il a faillit mourir d'ailleurs, tout au long de cette grossesse, à cause de l'incompatibilité de son corps. C'est le résultat d'une expérience interdite faite sur lui qui a fait en sorte que ça se produise, tu peux comprendre ? Sasuke mérite tout le crédit du monde pour avoir survécu à une chose qui aurait dû le tuer ! Surtout après avoir vécu ce qu'il a vécu. Il a été très fort !
- Je n'en doute pas, Sakura, chérie, chuchota sa mère, fortement ébranlée par l'annonce de la vérité.
Son père continuait de garder une moue obstinée. Il n'avait pas digéré le mal que le garçon avait fait à sa fille, des années auparavant. Mais Sakura espérait que son père puisse voir au-delà de ça. Sasuke avait blesser ses coéquipiers mais il en avait largement payé le prix, désormais, non ? Et il n'avait certainement pas mérité d'être violé ! Et d'être encore traité comme une vermine par les villageois, son père pour commencer. Elle voulait tant que sa famille voit le jeune Uchiha comme elle le voyait…
- Vous devriez y aller, finit-elle par dire, se frottant le front d'une main lasse. Je vais m'occuper de ranger tout ça et… voir si Sasuke va mieux…
Sa mère acquiesça et encouragea son mari à la suivre. Secouant la tête, dépassé par la vérité également, son père se détourna et quitta bien vite.
La jeune femme eut besoin de quelques moments pour reprendre ses esprits et respirer normalement. Elle était furieuse. De quel droit son père faisait tomber de telles accusations ? Sasuke n'avait rien fait de mal. Merde alors, il avait subi un viol ! La pire des choses qu'un humain peut vivre. Ensuite, il avait dû faire face à une grossesse alors que son corps n'avait jamais été préparé à ça, n'était pas conçu pour ça. Et il était là, fier, et fort, et debout malgré toutes les douleurs et difficultés qu'il avait dû endurer. Elle détestait ceux qui continuaient à l'accuser de ci et de ça. Même Kiba Inuzuka semblait mieux l'accepter désormais !
Elle sourit tristement lorsqu'en posant son regard sur les biberons et les boîtes de lait préparé qu'elle avait emmené, elle repensa à Sasuke qui avait paru si blessé par les paroles de son père. Elle qui avait tout préparé en imaginant que Sasuke serait content de son geste. Il devait sûrement être à l'étage, en ce moment, mal dans sa peau, parce que c'était vrai, en quelque sorte… Il n'avait pas juste donné la vie. Cette petite, autant pouvait-il l'aimer, avait été conçue dans l'horreur. Il avait été grossièrement mis enceinte par son coéquipier et ami.
Sakura fronça les sourcils en se perdant de plus en plus dans ses pensées. Qu'était Naruto pour Sasuke maintenant ? Elle se souvenait les avoir vus assez près, dernièrement. Il était certainement son ami, encore, d'une certaine façon, pour que Sasuke l'accepte encore dans sa vie malgré ce qu'il lui avait fait. Mais quelle était exactement leur relation ? Sakura ne savait pas ce que ça faisait que d'être violé, mais elle savait une chose, c'était que si un homme lui faisait cette chose abominable, elle n'aurait aucune envie de lui faire confiance ou de le côtoyer jour après jour. Et c'était ce qui faisait réfléchir Sakura autant, sur le fait que Naruto et Sasuke avaient un lien absolument incroyable…
La jeune fille soupira en jetant un coup d'œil au couloir qui menait à l'escalier. Son père avait été vraiment sans pitié avec Sasuke. Dire une chose pareille… Il ne savait pas pour son viol, mais quand même. La vérité faisait sûrement très mal. La manière dont Sasuke avait pris sa fille et avait craché à leur figure que la petite visite était terminée… Il avait eu l'air réellement blessé. Devrait-elle monter voir si tout allait bien ? La petite pleurait quand il était monté, peut-être était-il en train de tenter de l'endormir…
Sakura poussa un nouveau soupir en se laissant choir sur une chaise de la cuisine. Comme elle souhaitait que tout le mal disparaisse du cœur de Sasuke…
Naruto observait la maison au loin, assis sur une branche d'arbre. Il retrouvait son perchoir au moins une fois par jour depuis quelques jours. Il ne niait pas que ça lui avait brisé le cœur. Sasuke qui lui disait de partir, de le laisser. Il avait beau dire qu'il allait bien, qu'il n'était plus la victime brisée… et même s'il avait raison, qu'il ne l'était plus, il avait quand même… il était toujours aussi traumatisé. Cette peur d'être touché ne partirait jamais. Et ça ne faisait qu'approfondir cette haine que Naruto avait envers lui-même, cette culpabilité, déjà profonde.
Alors il était là, et le veillait de loin. Sasuke ne quittait pas son nouveau cocon. Il le voyait de temps en temps sortir sur le perron pour prendre une petite marche sur le terrain. Surtout le matin, quand l'air était frais et le soleil pas encore tout à fait levé. Un autre jour, Naruto l'avait vu devant la fenêtre, planté là de longs moments à regarder dehors avant de disparaître. Aujourd'hui, Sakura était venue lui rendre visite avec ses parents. Il ne savait exactement pourquoi mais… si les parents de la jeune fille, qu'il se souvenait avoir été très en colère (surtout le père), à cause de la sentence que le Conseil avait imposé à leur fille, pouvaient voir que désormais leur fille n'était plus obligée à rien, ils pourraient peut-être cesser d'en vouloir autant à Sasuke. Sasuke n'avait rien fait, et méritait de vivre tranquillement et sans problèmes. Après tout ce qu'il avait subi… Il le méritait grandement.
Quelques minutes auparavant, il avait vu les parents de Sakura quitter la maison. La mère semblait fâchée contre son mari qui s'en allait d'un pas furieux, ce qui fit froncer les sourcils au jeune blond… Que s'était-il passé là-dedans ? Sakura était sûrement encore à l'intérieur, mais… Naruto se posait tout de même des tonnes de questions.
- Je crois que tu aurais au moins pu t'excuser auprès de ta fille ! s'exclama la mère de Sakura.
- Je déteste l'emprise que ce garçon de malheur a sur elle ! Elle le protège, tu ne le vois pas ? Alors qu'il y a une fille, une innocente jeune femme derrière tout ça, que le Conseil a fait disparaître on ne sait où !
Naruto eut un mouvement de recul, là haut sur sa branche. Quoi ? C'était ce que le père de son amie allait imaginer ? Après tout, c'était difficile de croire que Sasuke, un homme, avait réellement donner la vie par lui-même, mais c'était tordu…
Il se redressa et tenta d'écouter la suite.
- Le pauvre garçon a semble-t-il vécu de difficiles épreuves, et il n'avait pas l'air en pleine forme. Et as-tu vu sa façon de tenir sa petite fille ? Je suis une femme, une femme qui a connu la grossesse et la maternité. Chéri, je reconnais cette espèce de… de lien unique et charnel que seule une mère peut avoir avec un enfant. C'est puissant et ça se ressent. Et Sasuke semblait vraiment avoir cet attachement avec sa fille. Un attachement qu'un père ne peut pas avoir. C'est un truc de mère, de celle qui a enfanté. Enfin… C'est vrai que ça paraît fou… Mais n'oublie pas que le jeune homme a été disciple d'un ninja connu pour ses expériences interdites sur les corps humains…
L'homme s'arrêta en chemin et se retourna, lançant à sa femme un regard que Naruto ne put voir. Mais il avait l'air plus calme. Le blond, quant à lui, était resté sur les paroles de la mère de son amie… Cet "attachement" que Sasuke avait avec sa fille… Elle avait bien raison. Sasuke avait un lien unique et sans frontière avec Yasuko. C'était un lien que lui ne pourrait jamais avoir avec elle, même s'il était son père. Et la raison en était très simple: Sasuke l'avait portée en lui, dans son corps, lui avait prêté sa chaleur, avait partagé avec elle son souffle, ses battements de cœur, sa vie. C'était un lien qu'il ne pourrait avoir avec personne.
- Et puis, chéri, continua alors la mère de Sakura. Notre fille n'a jamais cessé de croire en ce garçon. Malgré ses fautes. Peut-être que c'est vraiment une bonne personne. Pourquoi ne pas essayer de le connaître ? Faisons confiance à Sakura. Et puis, il me fait de la peine. Il est si seul.
- Ne commence pas avec ça. Non, ne me fais pas ces yeux là ! grommela l'homme, qui s'était considérablement adouci.
Naruto eut un sourire pâle en les regardant se rapprocher et se serrer dans les bras l'un de l'autre. Il détourna la tête et songea que Sakura avait de la chance d'avoir encore ses parents, deux gens aimants et amoureux, pour la soutenir et l'encourager dans ce dont elle croyait… Et soudainement, ses pensées l'emmenèrent vers Yasuko. Sa fille. Sa petite fille à lui. Il avait pensé souvent que c'était fou et vraiment insensé, mais elle était bien là. Elle existait et elle allait grandir. Devenir une belle jeune femme comme Sakura et lui, où serait-il ? Est-ce qu'il serait là sur sa branche d'arbre à observer en hauteur et à distance les deux personnes qu'il aimait plus que tout au monde ? Aurait-il le cœur à vivre éloigné de Sasuke et de Yasuko ? Il avait déjà la poitrine serrée et le souffle qui semblait lui manquer à l'imaginer… Imaginer sa vie sans ces deux personnes si précieuses…
Déprimé, il sauta de son perchoir et atterrit au sol. Prêt à rentrer chez lui, il fit quelques pas pour se diriger vers le sentier menant vers son quartier. Cependant, au même moment, les parents de Sakura s'écartaient brusquement, tandis que quatre ninjas apparaissaient autour d'eux. Naruto observa le spectacle en s'arrêtant sur place. Les quatre ninjas étaient des membres de l'ANBU. Arrivèrent après eux deux autres shinobis qu'il reconnut aussitôt, et dont la vue lui glaça le sang.
Il s'agissait de Koharu et Homura. Les deux membres principaux du Conseil du village.
Sasuke s'était calmé. La colère avait agi en lui comme un poison froid et mortel. Il ne savait pas ce qui l'avait retenu de sauter au cou de cet homme qui riait bêtement de ce qui avait pu lui arriver. Quelle idée stupide ! Bien sûr, il y avait une fille derrière ça. Et elle avait subitement disparu une semaine après la naissance. Mais où était-il allé chercher ça ? D'accord, ce n'était pas courant, les hommes qui enfantaient, mais il était la preuve vivante que d'une certaine manière, c'était possible, non ?
Il était debout au fond de la chambre de Yasuko, berçant la petite dans ses bras. Elle avait pleuré et crié dix longues minutes, et enfin elle s'était endormie contre son torse.
Sasuke s'approcha lentement du berceau et, déposant un baiser sur le front pâle, se pencha pour la déposer dans ses couvertures douillettes. Il la contempla longuement avant de souffler un « Je t'aime ». Il se redressa ensuite et s'apprêta à se retourner pour retourner à la cuisine, afin de voir si Sakura était toujours là, mais dans son mouvement, il perçut comme une onde familière, un chakra, l'espace de quelques secondes. Son intuition était moins bonne qu'auparavant, puisqu'il avait considérablement été affaibli depuis son accouchement et ses réflexes de ninja en avait été affectés… Mais un mauvais pressentiment l'envahit soudainement.
Inquiet, il jeta un rapide coup d'œil à Yasuko qui dormait paisiblement. Puis son regard se dirigea vers la fenêtre. Lentement, gardant son calme, il marcha jusque là et regarda dehors. La vue de la chambre de Yasuko donnait sur la cours extérieur. Il voyait quelques maisons derrière la sienne, et un paysage au loin qui n'indiquait rien d'anormal ou de louche. Fronçant les sourcils, il se perdit dans ses pensées, croyant devenir fou.
Ce n'est que quelques minutes plus tard, qu'il figea en entendant la voix de Sakura. Légèrement paniquée, énervée et agacée aussi, elle retentit de l'étage d'en-dessous.
- Sasuke !
Naruto comprit à retardement ce qu'il se passait. Lorsque les deux vieillards du Conseil entrèrent dans la maison de Sasuke, il se précipita et courut vers l'emplacement des parents de Sakura, toujours là au milieu des ninjas de l'élite, venus pour protéger les arrières de leurs supérieurs.
- Naruto ? lança la mère de Sakura, l'ayant reconnu.
Le jeune homme, les traits sévères, continua son chemin, bien décidé à aller retrouver les deux séniles qui en avaient après Sasuke - il pourrait le parier à très haut prix - mais deux ANBUS lui bloquèrent le chemin.
- Désolé, gamin. Les règles sont les règles. Pas le droit d'entrer là.
Naruto se débattit contre l'emprise du ninja très robuste.
- Comme si j'allais vous laisser vous approcher de lui ! Laissez-moi !
- Hey ! Qu'est-ce qui se passe ici ? s'écria le père de Sakura.
Naruto, déjà énervé, repoussa le ninja d'une soudaine force phénoménale. Une étincelle de chakra orange scintilla dans les airs en tourbillonnant, tandis que Naruto observait le shinobi retomber brusquement à quelques mètres plus loin.
- Merci Kyubi, souffla-t-il, étonné de sa propre force.
Lançant un regard aux ninjas alentour, il partit comme une fusée, ne laissant à aucun d'eux le temps de l'intercepter.
Il déboula dans le hall d'entrée et continua son chemin, toujours aussi précipité, vers la cuisine où Sakura semblait momentanément désorientée des deux visiteurs inattendus. Naruto fronça les sourcils et gronda intérieurement : pourquoi étaient-ils là ?
- Eh bien, finalement nous pouvons nous rencontrer, déclara Koharu en s'approchant de la table.
Elle jeta un regard indifférent aux biberons étalés et aux contenants de lait. Sakura, aux côtés de Naruto, releva sur elle deux yeux remplis de colère. Le blond près d'elle était tout aussi tremblant de rage, essayant de garder son calme alors que les quatre ninjas de l'élite avaient réussis à les immobiliser. Deux d'entre eux retenaient Sakura et Naruto par derrière tandis que les deux autres s'occupaient des parents de la rose.
Sasuke, quant à lui, était au milieu de la cuisine, entre Koharu et Homura. Ses yeux jetaient des éclairs, mais il ne faisait rien. De un, s'il leur sautait à la gorge, il mettait en péril la vie de sa fille, et de deux ; son état physique l'empêchait de bondir dans une bagarre - il n'avait aucune chance. D'ailleurs, il avait très mal à sa cicatrice… Elle élançait douloureusement depuis quelques minutes et c'était insupportable, même s'il demeurait immobile, il le faisait avec toute la retenue et l'endurance dont il pouvait faire preuve…
- OK, qu'est-ce que vous voulez à Sasuke, bon sang ? grogna Naruto en voulant se défaire de l'emprise du ninja derrière lui, qui le ramena à l'ordre d'un coup précis. Je ne vous comprends pas ! Vous vouliez qu'il fasse un héritier ! Et maintenant c'est fait. Que voulez-vous de plus ? Laissez-le tranquille, nom de Dieu !
- Naruto, la ferme, souffla Sakura. N'aggrave pas les choses…
- Cette enfant est un mystère, une chose inconnue, un danger, expliqua Koharu. Il nous faudra s'assurer qu'elle n'est pas une menace. Ensuite, nous déciderons de ce que nous ferons d'elle.
- Non, vous ne ferez rien de ça !
Ces mots, qui claquèrent contre le silence telle un écho retentissant, c'était Sasuke qui les avait criés. Il avait échoué à garder son calme, à ne pas jeter de l'huile sur le feu, mais ce venin était sorti par lui-même de sa bouche. Comment ces vieux osaient-ils dire une chose pareille ? Décider de ce qu'ils feraient d'elle ? Non mais où se trouvait-il ? Dans l'une des réunions que le Conseil établissaient lorsqu'ils devaient se charger d'un cas criminel ? Était-ce ainsi qu'ils avaient décidé d'assassiner sa famille au grand complet ? Non, il ne les laisserait pas faire. Ces deux personnes avaient ruiné, détruit sa vie. C'étaient eux les véritables assassins. Sasuke ne pouvait comprendre comment ils pouvaient encore être à la tête du village. Ces deux vieillards balayaient les gens du village en les tuant sous prétexte qu'ils menaceraient le système. Les Uchiha avaient été une menace à leurs yeux, alors aujourd'hui ils pourrissaient dans la poussière - et ce jusqu'au dernier si Itachi avait été l'espion docile et obéissant qu'ils avaient cru.
Non. Sa fille n'avait rien de menaçant, de dangereux. La rage qui l'envahit fut si intolérable que Sasuke ne put penser clairement et lucidement. Il n'avait aucune chance, et pourtant, il serra les poings et, lorsque le vieux Homura dit « Où est-elle, à l'étage ? » tout en se retournant comme pour se diriger vers l'escalier, il bondit comme une bête féroce, griffes et crocs sortis.
Mais les gardes que les vieux avaient emmenés avec eux ne restèrent pas de marbre. Celui qui tenait la mère de Sakura, le plus proche, sauta à son tour et bloqua le jeune Uchiha qui visait Homura et Koharu. Le membre de l'ANBU, au moins trois têtes plus haut que Sasuke et plus large, lui empêcha le passage. Sasuke, qui n'avait pas dit son dernier mot, fixant avec horreur les silhouettes se diriger vers l'escalier et s'en approcher dangereusement, tenta de le pousser, tout en voulant se défaire de son emprise. Il n'était pas de taille, et sa cicatrice le faisait trop souffrir…
- Sas'ke ! s'écria Naruto.
- Non ! s'époumona Sasuke, paniqué. Vous n'avez pas le droit ! Non !
Tous réagirent assez vite. Naruto donna un rapide coup de talon sur le pied du ninja derrière lui, suivi d'un coup de coude dans le ventre ce qui le fit reculer suffisamment longtemps pour qu'il se retourne et puisse le tabasser. Le ninja qui, pour sa part, retenait Sakura, la lâcha pour venir en aide à son coéquipier. Sakura, rapide comme l'éclair, rejoignit sa mère qui, libérée, avait pris l'initiative de courir derrière les deux membres du Conseil.
Mais le shinobi qui avait bloqué le chemin à Sasuke ne les laissa pas filer. Se débarrassant de l'Uchiha en le poussant brutalement sur le mur, il se retourna et partit à la suite des deux kunoichi.
Le père de Sakura ne resta pas immobile bien longtemps. Usant de ses techniques bien à lui, il sut se défaire de son opposant. Il sortit ses poings et une véritable bagarre se déclencha dans la cuisine. Mais bien vite la fin se défila: ils étaient trop nombreux. Naruto voulut venir en aide à Sasuke qui venait de gémir fortement de douleur, titubant sur ses pieds après ce choc brutal, se fit intercepter par les deux ninjas de l'ANBU. Tandis que le père de leur coéquipière continuait de résister, Sasuke trouva l'ouverture idéale et partit à toute vitesse vers l'escalier, qu'il monta comme un désespéré.
Le membre de l'élite avait déjà immobilisé Sakura et sa mère, en en ayant assommée une: l'autre se débattant dans sa poigne, mais le ninja, bâti comme un dinosaure, était trop fort pour qu'elle ne puisse s'en défaire. Sasuke regarda son amie étalée au sol, fendue au front. Elle se redressa lentement, mais elle était durement sonnée.
- Sasuke… murmura-t-elle.
Le jeune homme releva les yeux, aveuglé par tout ce qui pouvait se passé autour de lui. Tout ce qui l'importait, c'était les pleurs aigus et perçants de Yasuko, brusquement réveillée par tout ce tapage. Elle criait de toute la force de ses petits poumons tandis que Koharu se penchait sur son berceau, au-dessus d'elle.
- Un conseil, tu devrais cesser de t'agiter, gamin, lança le ninja.
Sasuke, inconsciemment, baissa la tête. Son t-shirt était tâché de sang. Il y posa la main et comprit que c'était sa cicatrice, qui s'était sûrement rouverte. En effet, c'était une mauvaise idée qu'il s'agite autant… Mais toute pensée cohérente fut éclipsée alors que Homura glissait ses mains vers sa fille… sa fille qui pleurait et criait, innocente et sans défenses. Qu'allaient-ils lui faire ? Qu'est-ce qui les convaincrait qu'elle n'était pas un danger ? Et qu'est-ce qui ferait en sorte qu'ils les laissent tranquille, lui et sa fille ? Jamais. Jamais rien ne leur ferait plaisir. Pour eux, il aurait dû mourir avec son clan cette nuit-là. Il n'était à leur yeux qu'un représentant d'une malédiction qu'ils avaient échoué à décimer totalement.
La colère, la haine, la rage consumaient ses yeux à l'instant même où on entendit ce qui ressemblaient à mille oiseaux qui criaient en même temps. Sakura, au sol, regarda la foudre bleutée émaner soudainement de la paume de son ami.
Ce qui se passa ensuite lui apparut comme dans une vision floue. Dans la lumière, Sasuke crut revoir le visage de sa mère. Son sourire alors qu'elle s'occupait de lui avec tout l'amour qu'elle possédait. Dans un flash aussi rapide que l'éclair qui brûlait sa paume à l'instant, il vit son père, entendit ses paroles pleines de fierté. « Je suis fier de toi mon fils ». Et quand il brandit sa main et son épée électrisante, il sentit la douleur foudroyante qu'il avait ressentie à la mort d'Itachi, quand il avait réalisé que tout ceci n'était que mensonges, que son frère avait été manipulé, forcé à faire ce qu'il avait fait, et qu'il était mort en criminel alors qu'il avait pourtant été un héros. Il poussa un cri de rage en portant son attaque au vieil homme qui se penchait sur la chose la plus précieuse qui lui restait dans sa vie et que, cette fois, il jurait de protéger.
Homura n'eut pas le temps de toucher Yasuko. L'attaque lui transperça l'épaule et il gémit en s'écroulant sur ses genoux. Apparurent, au moment où Sasuke s'apprêtait à attaquer les autres, tout le monde qui oserait lever un doigt sur sa fille, Tsunade qui écarta Koharu, Gai et Kurenaï qui vinrent en aide à la mère de Sakura et à Sakura que la kunoichi releva contre elle, et finalement Kakashi. Par derrière, le ninja copieur attrapa Sasuke par les bras et les abaissa, dirigeant son chidori au sol.
- Arrête, Sasuke, l'entendit-il dire à son oreille. Ne fais pas ça. Tu n'es pas un assassin. Stop. Elle est en sécurité, maintenant, c'est fini.
Mais Yasuko pleurait toujours. Peut-être le bruit du chidori l'avait-elle effrayée ? Sasuke laissa la foudre mourir lentement dans ses paumes, et un coup d'œil sur ses mains lui apprit que son chakra devait encore faire des siennes: elles étaient à nouveau brûlées au deuxième degré. La douleur lui sembla inexistante, alors qu'il nageait en pleine adrénaline. Et sa cicatrice… Il sentit le sang couler, chaud sur sa peau, sous son vêtement. Il se calma peu à peu, rassuré de voir Tsunade bloquer le chemin vers Yasuko à la vieille Koharu. Homura, de l'autre côté, gémissait de douleur à l'attaque qu'il avait reçue à l'épaule.
Doucement, Sasuke se détendit dans les bras de Kakashi qui le soutint. Il ferma les yeux et laissa la rage redescendre lentement.
- Oh merde, lâcha Kakashi en ayant aperçu le sang qui avait souillé le t-shirt de son jeune protégé. Tsunade, il y a une petite urgence ici.
Sans s'en rendre compte, il commençait à perdre beaucoup de sang. Mais un sourire dément pris place sur son visage. Pas un assassin. Non, lui n'en était pas un. Mais regarder le vieillard souffrir au sol était franchement satisfaisant. Un petit rire lui échappa, alors qu'il perdait de plus en plus équilibre - et heureusement que Kakashi était là.
- Vous ne la toucherez pas. Personne, marmonna-t-il.
- Il y aura de graves répercussions, Tsunade ! s'écria alors Koharu.
- Je ne pense pas, non, rétorqua la cinquième.
Naruto arrivait à l'instant, au cadre de la porte, mort d'inquiétude au sujet de Sasuke et de Yasuko. Tout comme Sakura, appuyée sur Kurenaï, ainsi que sa mère aux côtés de Gai, et Kakashi, qui avait passé un des bras de Sasuke autour de son cou pour faciliter le soutien, Naruto vit et entendit la déclaration de Tsunade, qui, triomphante, leur apprit avec un grand sourire :
- Vous êtes tous deux en état d'arrestation. Nous avons ce qu'il faut pour vous déclarer coupable du génocide d'une famille tout entière. Vous serez donc déshérités de vos fonctions et je nommerai d'ici peu de temps de nouveaux conseillers.
- Vous ne pouvez pas le prouver. Toutes archives ont été détruites.
- Nous n'aurons qu'à vous accuser de tentative de meurtre sur cette pauvre enfant. Beaucoup de gens ici présents sauront témoigner contre vous. Peu importe les raisons, vous êtes coupables. Vous êtes le diable en personne, vous ne pouvez pas continuer comme ça. La famille Uchiha a été assassinée entièrement. Vous avez condamné un jeune homme à une vie errante de criminelle alors que son seul rêve était de voir ce monde en paix. Vous menacez son jeune frère et vous attentez à la vie d'un bébé âgée de sept jours. C'est terminé, Koharu. Vous deux n'aurez plus aucune occasion de menacer qui que ce soit.
Naruto jeta un coup d'œil à Sasuke. Le jeune homme semblait épuisé, lessivé, mais il avait un petit sourire en coin, sur son visage affaibli et blanc. Ce petit rictus signifiait beaucoup de choses, et Naruto le réalisa. Soulagement. Justice. Des années et des années de haine et de quête de vengeance… Rien ne pourrait plus satisfaire Sasuke que de savoir que les responsables allaient finalement payer leurs crimes. Et Naruto souffla, en lâchant un petit rire :
- Il était plus que temps !
Sasuke serra les dents alors que Tsunade recousait sa plaie. Allongé sur le canapé, il rejeta la tête vers l'arrière, sur quelques coussins moelleux et retint un gémissement de douleur. La vieille femme, d'un air désolé, posa ses yeux sur lui et s'excusa du regard.
- Tu n'aurais pas dû t'agiter ainsi, je t'avais prévenu que ta cicatrice était fraîche et risquait de se remettre à saigner. Si nous n'étions pas arrivés, tu aurais peut-être pu perdre beaucoup trop de sang.
Sasuke posa une main sur son front et se redressa légèrement, se sentant un peu étourdi.
- Ils ont menacé de… commença-t-il d'une voix tremblante.
- Je sais, dit gentiment la « grand-mère » de Yasuko. Et tu as bien fait de bondir pour la protéger. Je suis d'ailleurs désolée pour ce qui s'est passé.
Sasuke ne dit rien. Pour être franc, il n'arrivait pas encore à réaliser que les meurtriers d'Itachi et de sa famille allaient enfin payer pour leurs crimes. Il se sentait bien, comme vidé d'un fardeau immense qui lui broyait les poumons depuis des années. Il avait l'impression de pouvoir respirer à nouveau.
La cinquième finit de recoudre le garçon. Elle s'était d'abord occupée de ses paumes encore une fois brûlées. Elle avait doucement répandu un doux baume sur la peau meurtrie avant de les envelopper dans des pansements, puis elle avait nettoyé et désinfecté la plaie sur le bas de son ventre. Après l'avoir rattaché avec des points de suture, elle nettoya le sang autour et enveloppa l'abdomen du jeune homme avec un pansement épais.
- Pas de bagarre jusqu'à ce que cette blessure soit guérie et refermée complètement, compris ? dit-elle sur un ton léger et blagueur, mais tout de même sérieux, en se relevant.
Sasuke acquiesça silencieusement. Tsunade prit ses choses et se retourna.
- Je vais aller voir Sakura, je crois qu'elle a besoin de quelques antidouleurs pour sa tête.
Sasuke la regarda se diriger vers la cuisine où il l'entendit demander à Sakura si elle allait mieux. Il y avait environ deux heures que les renforts de Tsunade et Kakashi avaient emporté avec eux les shinobis de l'ANBU et les deux conseillers. Gai était resté et s'était proposé pour aider à remettre de l'ordre, notamment dans la cuisine, où quelques chaises avaient été renversées dans la bataille. Naruto avait donné un coup de pouce ainsi que les parents de Sakura. Cette dernière, quant à elle, avait préféré rester assise, quelques étourdissements allant et venant, répercussions du coup qu'elle avait reçue.
Sasuke les écouta discuter de loin, se concentrant sur sa cicatrice qui élançait encore quelque peu. Puis, un bruit de pas se fit entendre, le faisant relever la tête vers le hall. À l'entrée du salon, s'approchait lentement Kakashi, portant Yasuko dans ses bras. Sasuke se redressa vivement, grimaçant sous la manœuvre, la douleur soudaine lui faisant réaliser qu'il ne fallait pas qu'il s'agite. Il s'assit avec difficulté contre l'un des coussins.
- Elle dort enfin ?
- Oui, affirma Kakashi en s'approchant. Je crois qu'elle aime bien son grand-papa.
Sasuke se sentit tout chose, réalisant la fierté dans la voix de Kakashi. Il l'observa s'assoir à ses côtés et trouva Yasuko encore plus petite contre le torse large de l'homme. Il leva la tête vers son visage masqué et bafouilla :
- Tu as… l'air de bien savoir t'y prendre…
Il vit Kakashi sourire sous son masque.
- Je n'ai pas tenu un bébé dans mes bras depuis des années.
Il marqua une légère pause, souriant tendrement en regardant Sasuke fixer sa fille comme s'il n'y avait qu'elle dans la pièce.
- Tu sais, Sasuke, c'est drôle que tu m'aies demandé d'être son grand-père. Je la regarde et je me souviens du jour où c'était toi.
Sasuke fronça les sourcils et releva la tête. Ses yeux noirs étaient emplis de curiosité et Kakashi tendit une main avec laquelle il vint ébouriffer les mèches de la même couleur.
- Tu m'as déjà… vu quand j'étais… bébé ?
- Tu étais peut-être un peu plus vieux. Un an, environ. J'étais dans l'ANBU et lors d'une cérémonie en l'honneur du Chef de la Police à laquelle nous assistions, j'ai pu le rencontrer - ton père. Et tu étais là.
- Wooaaa…
- Honnêtement, tu avais la même tête qu'elle. À part qu'elle est blonde.
Sasuke esquissa un faible sourire, au moment où Yasuko se mettait à gigoter doucement.
- Oh non, s'il te plaît, ne te réveilles pas ! J'ai mis une éternité à t'endormir, petite ! Tiens, je crois que c'est dans tes bras qu'elle préfère dormir.
Le sourire de Sasuke s'agrandit lorsque Kakashi déposa sa petite fille dans ses bras. Il la prit contre lui et aussitôt, alors que Sasuke grimaçait légèrement à la douleur de ses paumes, elle cessa de bouger et sembla retomber dans son sommeil profond.
- Bah, c'est ce que je disais, répliqua le ninja copieur.
Sasuke poussa un petit rire. Kakashi mit une main sur l'épaule du jeune homme tout en se levant.
- Je vais te laisser avec elle. Essaie de te reposer aussi, Sasuke, d'accord ?
Il acquiesça sans même avoir réellement pris conscience de la demande de son senseï. Comme toujours, depuis une semaine maintenant, il n'avait d'yeux que pour ce petit être dans ses bras. Son trésor, son cœur sorti de sa poitrine, qui vivait désormais à l'extérieur de son corps. Qu'est-ce que les vieux séniles du Conseil lui auraient fait, hein ? Il ne pouvait pas imaginer sa vie sans elle maintenant. Elle représentait absolument tout.
- Je ne laisserai jamais personne te faire du mal, chuchota-t-il en embrassant le front blanc. Promis. Je te protégerai toujours. À n'importe quel prix. Maintenant et à tout jamais…
À tout jamais…
Ce fut trois semaines plus tard. Une journée ensoleillée, un ciel bleu au-dessus du village et Sasuke déboula hors de son lit avec toute la précaution du monde, afin de ne pas rouvrir sa plaie, lorsque le bruit de jointures frappant contre la porte d'entrée vint à lui. Il se rendit au rez-de-chaussée avec une espèce d'énergie précipitée, traversant sa maison sans même savoir pourquoi il avait ce pressentiment. C'est en plongeant dans les yeux bleus comme deux profonds océans qu'il réalisa que son cœur battait la chamade, que ses jambes étaient molles et qu'il se mordillait la lèvre de nervosité. Et il tremblait un tout petit peu. Il avait l'air misérable, vraiment, sortant du lit ainsi. Les cheveux débraillés, encore ensommeillé et pourtant il avait su, d'une quelconque façon, que c'était lui qui se trouverait derrière cette porte…
Naruto avait une expression sur le visage qui le fit fondre, qui lui fit un drôle d'effet, qui lui serra la poitrine. Le blond avait l'air triste, désespéré, il avait l'air perdu et sur le point de pleurer. Sasuke resta là, ne sachant quoi dire ou quoi faire. Il resta là et contempla le blond qui ne lui avait jamais semblé aussi beau. Et l'image s'imprima dans sa tête… Sa silhouette, ses cheveux blonds, ses traits, son apparence si illuminée… si différente et complètement à l'opposé de celle de cette nuit-là. Les ténèbres s'étaient définitivement effacées dans le regard de Naruto. C'était assez insensé de dire ceci mais aujourd'hui il avait l'air d'une victime aussi, essayant définitivement et sans succès de s'extirper des griffes d'un monstre terrible qui s'était emparé de son corps et de son âme - et non, ce n'était pas Kyubi.
C'était une partie de lui-même, qui menaçait de faire disparaître l'autre. Et Sasuke se souvint d'une chose que Naruto lui avait dite un jour sous la pluie, au beau milieu de la nature.
« Le visage de Sasuke était ruisselant d'eau, tout comme celui de Naruto. Sous sa capuche, les cheveux noirs étaient à l'abri, mais quelques mèches n'échappaient pas au torrent. Sasuke frissonnait, autant à cause de sa cape noire qui se collait à sa peau avec l'eau qu'à cause des yeux bleus, si bleus et si... si semblables à ceux du Naruto d'autrefois.
Naruto, également tendu de tout son corps par le froid, les poings et la mâchoire serrés, répondit après une minute de réflexion. Bercé de tristesse, de culpabilité il tremblait, pour sa part, de terreur à l'idée de se retrouver seul dans cette forêt. »
« Si tu pars, je ne retrouverai plus jamais l'autre part de moi... »
- J'arrive plus à me faire d'illusions. J'en ai assez de me faire de faux semblants, de croire à ce qui n'est pas vrai. Il fallait que je te le dise, Sasuke…
Et comme ça, juste comme ça, en ce beau matin clair et rayonnant, tirant Sasuke de ses rêveries, Naruto lui dit ces mots. Ces trois mots tout simples qui lui brûlaient le cœur et qui avaient le pouvoir de tout changer :
- Je t'aime.
Mais à quel point pouvaient-ils réellement changer les choses ?
À SUIVRE...
Note: À moins que mon imagination n'explose et me sorte tout un tas de péripéties supplémentaires, il reste un chapitre à cette fiction. :)
