Précédemment:

"D'accord, d'accord. "C'était -" Harry s'interrompit, plaquant une main sur son front. Son visage se crispa de douleur.

"Harry?" Severus s'avança, attrapant son bras. "Qu'est-ce qu'il y a? Ta cicatrice?"

"Forêt," souffla-t-il. "Sang... Il... il a soif." lorsque Harry retira sa main de son front, elle était poisseuse de sang. Puis ses yeux roulèrent dans leurs orbites, et Severus eut à peine le temps de l'attraper avant qu'il ne tombe sur le sol.

Harry se réveilla dans l'infirmerie. Il sut où il était avant même d'ouvrir les yeux, grâce aux odeurs et au toucher des draps de l'infirmerie. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il les referma très vite. La lumière dans la pièce se rua dans sa tête comme une épine dans son cerveau, même si c'était le milieu de la nuit, selon la seconde où il avait eu les yeux ouverts.

Seigneur, sa tête.

"Harry," dit une voix grave qu'il reconnut de suite. Snape. Bon sang, est-ce que ça pouvait être pire que ça? "Je sais que tu es réveillé."

Il hocha un tout petit peu la tête, mais ça lui fit mal quand même, et il pressa ses mains contre ses tempes pour empêcher sa tête de bouger.

Le professeur murmura doucement quelque chose et Harry put entendre le bruit de quelque chose flottant dans les airs, puis il entendit qu'on l'attrapait. Une seconde plus tard, il entendu un bouchon sauter, puis, utilisant toujours une voix calme, Snape dit, "J'ai une potion pour la douleur. Laisse-moi t'aider à t'asseoir."

"D'acc." Harry essaya de ne pas se dérober lorsque Snape glissa un bras sous ses épaules pour le redresser, mais c'était beaucoup trop difficile. Il avait déjà mal, et il avait toujours plus de mal à cacher ses sentiments lorsqu'il ressentait de la douleur. Mais Snape ne dit rien de méchant, et lorsque Harry fut suffisamment assis, il tint une bouteille de verre contre ses lèvres.

"Bois," dit-il, et Harry put presque entendre le sourire qui accompagnèrent ses mots suivants, "et essaye de ne pas te plaindre du goût."

"Merci," dit ironiquement Harry, et il fut surprise d'à quel point sa voix lui semblait rauque. Mais il avala la potion aussi vite qu'il le put, essayant de l'empêcher de toucher sa langue. Berk. Il devait y avoit un moyen de donner meilleur goût aux potions. Quelques secondes plus tard, cependant, il oublia le goût de la potion lorsque la douleur dans sa tête reflua. Il soupira de soulagement alors que Snape le remettait sur ses oreillers.

"Mieux?"

Harry ouvrit légèrement les yeux, pour vérifier, et fut heureux de voir qu'il pouvait voir sans agoniser. "Ouais. Euh... oui. Merci, monsieur."

"Je suis ravi de voir que tes manières sont tout aussi rudes qu'avant."

Harry fronça le nez, incertain de la moquerie dans sa voix, mais il était trop fatigué pour s'en soucier.

"Il faut que tu me parles de ta vision, Harry."

Jetant un oeil au professseur, Harry frotta ses mains contre son visage. "Vous ne pouvez pas..." Il toussa pour s'éclaircir la gorge, qui était sèche, comme s'il avait crié. Il ne se souvenait pas d'avoir crié. Il ne se souvenait pas de grand chose à propos de son corps, lorsqu'il était dans le bureau de Snape, après que la douleur ait commencé. "Vous n'auriez pas pu aller voir quand j'étais inconscient?"

"J'aurais pu, si j'avais voulu que tu ne te réveilles jamais." Harry était bouche-bée. Le professeur lui offrit un léger sourire. "La Légilimencie est un art précis, Mr. Potter, et la façon dont vous étiez décousu et confus, si une autre personne était entrée dans votre esprit, moi en l'occurence... Disons simplement que les résultats auraient pu être catastrophiques."

"Oh."

"En effet." Le Professeur se renfonça un peu dans son siège. "Dis moi ce que tu as vu."

Harry hocha la tête, et ferma les yeux pour mieux se remémorer la scène. "Il y avait une créature, je ne sais pas vraiment comment elle était, parce que c'était comme si je voyais avec ses yeux ou quelque chose comme ça. Mais je crois que nous étions, euh, que c'était dans la Forêt, ici." Il ouvrit les yeux et regarda par la fenêtre. "A Poudlard, je veux dire. Il courait à travers les arbres, et je pouvais sentir à quel point il avait faim... " Il déglutit. "Il avait soif. Il avait désespérément besoin de sang." Il leva les yeux vers Snape. "Est-ce que vous pensez que c'était un vampire?"

Les yeux de Snape s'étrécirent, mais il secoua la tête. "J'en doute fortement. Continue. Qu'est-ce que tu as vu d'autre?"

Je chassais, je veux dire, il chassait quelque chose, et je ne savais pas quoi au début, et nous... il bougeait tellement vite, et puis j'ai vu ce qu'on, ce qu'il chassait, et ça sentait tellement bon. C'était une licorne," murmura-t-il, les émotions de la vision le rendant nauséeux. Il ne pouvait pas croire qu'il avait... Non! Que cette créature avait tué une licorne. "Il a attaqué la licorne, et ils se sont battus, puis il y a eu une explosion de magie, une lumière verte, je crois, et quelques secondes plus tard la créature a planté ses dents et... elle a bu." Il se lécha inconsciemment les lèvres.

"La créature a bu le sang de licorne?"

Fixant ses mains sur ses genoux, Harry hocha la tête, se sentant mal. "C'était argenté et... " Il arrêta de parler avant d'exprimer à quel point c'était bon. Si pur et délicieux et... Mon Dieu, comment pouvait-on être aussi sale?

"Qu'est-ce que vous en pensez, Albus?" demanda Snape, un peu plus fort que lorsqu'il parlait à Harry.

Alors que Harry levait la tête, surpris, le Directeur s'écarta des ombres de la pièce et avança dans le clair de lune au dessus du lit de Harry. Oh, non. Est-ce qu'il avait tout entendu? Il semblait bien que oui. "On dirait que le rapport que Hagrid a reçu des Centaures est exact."

"Combien?"

"Firenze lui a dit qu'ils avaient déjà trouvé quatre cadavres."

"Quelqu'un est en train de tuer toutes les licornes?" demanda Harry, honteux de voir que sa voix était montée d'un octave. La magnificence de l'animal lorsqu'il galopait à travers la forêt, sa force et son pouvoir, sa beauté éthérée, avait profondément marqué Harry. Cette personne - cette créature qu'il avait vu - qui tuait des animaux aussi merveilleux était horrible.

"J'en ai bien peur, Mr. Potter," dit le Directeur. Il leva les mains jusqu'à sa poitrine, juste au dessus du bout de sa longue barbe blanche, et Harry pouvait voir à quel point elles étaient serrées.

"Mais pourquoi?"

"Ne comprends-tu pas la raison?" demanda Snape. "Après ce que tu as vu?"

Harry secoua la tête, puis dit, "Vous avez dit que ce n'était pas un vampire.

"Non."

"Mais ça a besoin de sang pour vivre."

"Qu'est-ce qui vous fait dire ça?" demanda le Directeur à Harry.

"Je... Je ne sais pas. Mais c'est le sentiment que j'ai." Son coeur avait battu plus fort, plus vite, après qu'il ait bu le sang de licorne. Il ne s'était jamais senti aussi vivant... Harry ferma les yeux. Non! Ce n'était pas lui.

Il y eut quelques instants de silence avant que le Directeur dise, "Je crois que vous avez raison.

"C'est Vol... Je veux dire, c'est Vous-Savez-Qui, pas vrai? Qui est en train de les tuer." Harry déglutit et leva les yeux vers Snape. Le regard du professeur soutint le sien, lui prêtant la force dont il avait tant besoin. Il fit un geste en direction de sa cicatrice. "Parce que sinon, je ne l'aurais pas vu. Pas vrai?"

"Oui." Snape eut un mouvement bizarre de la main, comme s'il allait la poser sur la main de Harry, comme s'il allait le réconforter. Mais il reposa sa main rapidement, avec un regard vers le Directeur. "J'ai bien peur, Harry, nous avons bien peur, que tu aies une connexion involontaire avec le Seigneur des Ténèbres, et ça pourrait se reproduire."

Harry hocha la tête, jouant avec le coin de la couverture qui couvrait ses jambes et souhaitant être normal, juste pour une fois. "Ouais, je m'en suis douté."

"Il y a des moyens pour contrer ce genre d'intrusion dans votre esprit, Mr. Potter," dit le Directeur. "Pour arrêter l'intrusion lorsqu'elle commence, ou empêcher les visions d'entrer, dans un permier temps."

"Vraiment?" Harry sentit une pointe d'espoir dans son coeur. "Comment?"

Au lieu de répondre, le Directeur se tourna vers Snape et lui jeta un long regard.

Snape sentit le poids du regard du vieil homme, mais ne plia pas. Il le regarda en retour. "Absolument pas. Il est trop jeune. Son esprit n'est pas prêt pour ça."

Le Directeur sourit. Même dans la pénombre de l'Infirmerie, Harry aurait pu jurer avoir vu une étincelle dans les yeux du vieux Sorcier. "Ne m'avez-vous pas dit auparavant que vous pensez qu'il est un Occlumens naturel? Si oui, je pense qu'il a juste besoin de concentration et d'entraînement."

Le regard de Snape se durcit et devint encore plus terrifiant, et Harry était très heureux qu'il ne soit pas dirigé vers lui. "Être capable de m'empêcher d'entrer dans son esprit est une chose. Mais empêcher le Seigneur des Ténèbres? C'est trop. Je ne sacrifierai pas la santé mentale de Harry de cette façon."

"C'est Harry maintenant, pas vrai?" demanda le Directeur, souriant largement à Snape. Il agita l'une de ses mains d'un air négligent. "Il devra bien savoir le faire à un moment ou à un autre. Dans le cas contraire, il passera beaucoup de temps dans le domaine de Poppy. Et même si je sais que le garçon apprécie son hospitalité... "

Snape posa son visage entre ses mains et garda le silence pendant un long moment. Harry détestait qu'on parle de lui comme s'il n'était pas dans la pièce, mais sa tante et son oncle le faisaient tout le temps. Il était habitué, et ne les interrompit pas.

"Soyez maudit, Albus,' murmura Snape si doucement que Harry était sûr qu'il ne pensait pas être entendu. Puis sa tête se redressa et il lança à Harry un regard scrutateur. Harry fronça les sourcils, confus, et incertain de ce que cherchait Snape. Il espérait que, quoi que ce soit, il rencontrant ses attentes. Puis, à la grande surprise de Harry, Snape articula les mots, "Je suis désolé," avant de se retourner vers le Directeur. Snape s'était excusé? Envers lui? La dernière fois, il avait compris pourquoi, au moins. Cette fois... Le froncement de sourcils de Harry s'accentua alors qu'il tournait son attention vers le Professeur Dumbledore.

"Très bien, Monsieur le Directeur," dit Snape, d'un ton plus formel qu'auparavant. Son expression était redevenue le masque neutre que Harry ne connaissait que trop bien, et pour une raison étrange, ça suffisait à faire se dresser les cheveux sur la nuque de Harry. "Je lui apprendrai. Mais je veux une concession de votre part."

Le sourire du Directeur était radieux. "Je vais voir ce que je peux faire, Severus. Qu'est-ce que vous voulez?"

"Si je dois apprendre l'Occlumencie au garçon, à son âge, alors j'aurai besoin de rester près de lui. Cet Art est trop délicat pour accepter un autre emploi du temps. Cela veut dire que nous travaillerons également pendant les vacances, en hiver et en été, et je refuse qu'il retourne dans ce nid à Moldus. C'est un mauvais environnement d'apprentissage."

Harry retint son souffle. Ne pas aller chez les Dursley pendant l'été? Est-ce qu'il avait tant de chance que ça?

Le Directeur hochait la tête avant même que Snape eut terminé de parler. "Bien sûr, vous pouvez travailler ensemble pendant les vacances d'hiver. J'imagine que Harry ici présent," et Harry sursauta, surpris d'entendre son prénom dans la bouche du Directeur, "restera à Poudlard."

"Naturellement," dit Snape, en grondant presque. Harry se demanda pourquoi. Snape savait, du moins en quelque sorte, pourquoi Harry ne voulait pas aller chez les Dursley. Est-ce que le Directeur le savait aussi?

"Mais les vacances d'été... J'ai bien peur que ce soit hors de question."

"Inacceptable."

Severus, vous savez que le Conseil d'Administration n'autorise aucun étudiant à rester à Poudlard pendant les vacances d'été."

Snape se retourna sur sa chaise et empala le Directeur avec le Regard qui faisait trembler ses étudiants. Le Directeur ne sembla pas affecté. "Pas même Harry Potter? Pas même si vous informez le Conseil que sa vie sera en danger s'il retourne dans sa famille aimante?" La bouche de Snape débordait tant de sarcasme que c'en était impressionnant.

Harry regarda les deux adultes se battre pour lui pendant quelques minutes, entendant différentes choses comme "barrières magiques" et "statuts" et "continuité de l'instruction" avant que le Directeur n'interrompe sèchement Snape au milieu de sa phrase, disant, "Nous discuterons de ça une autre fois, Severus. Je pense que Mr. Potter a plus besoin de dormir que d'entendre nos désaccords."

Snape se leva, apparemment pas habitué à voir des gens l'interrompres - le souvenir de sa propre expérience emplit Harry de saine terreur - et hocha la tête. "Comme vous dites, monsieur." Il se tourna vers Harry. "Mes excuses, Mr. Potter, pour vous avoir empêché de dormir. Bonne nuit."

Il se retourna en un tourbillon de robes et quitta l'Infirmerie à grandes ejambées. La porte se ferma derrière lui avec un bruit doux, plongeant la pièce dans le silence. Harry regarda l'endroit qu'il venait de quitter, se demandant s'il venait juste d'être abandonné aux loups métaphoriques. Non. Snape ne lui ferait pas ça. Probablement pas.

Le Directeur suivit son regard et sourit d'un air aimable. "Je suis sûr que nous trouverons une solution, Monsieur Potter," dit-il, non sans gentillesse. "Le Professeur Snape reviendra. Nous ne voulons pas que vous ayez une vision pendant que vous êtes sur votre balai, par exemple, pas vrai?"

Harry se retint de rouler des yeux. Il n'était pas un bébé, pour l'amour du ciel. "Non, monsieur. Bien sûr que non."

"Non, bien sûr que non," répéta Dumbledore, et il hocha la tête, probablement à lui-même. "Je vais vous laisser vous reposer à présent, Mr. Potter. Dormez bien."

Avant que le Directeur puisse atteindre les portes, cependant, Harry l'interpella, "Et les licornes, monsieur?"

Dumbledore pencha un peu sa tête sur le côté alors qu'il se tournait vers Harry. "Quoi donc, mon garçon?"

"Qui est-ce qui va les protéger, vous savez, de Vous-Savez-Qui? Si jamais il essaye d'en tuer une autre?"

"Ne vous inquiétez pas de ça," dit le Directeur, souriant gentiment. "Reposez-vous. Tout ira bien demain matin." Sur ces derniers mots, il partit, et Harry était complètement hors de lui devant sa condescendance. Encore.


Le jour suivant, après qu'il soit relâché de l'Infirmerie, il chercha Millie et Teddy aussi vite que possible. Il leur parla de la vision étrange qu'il avait eue, et des licornes tuées dans la forêt, ce qui avait été confirmé par Hagrid. Et il leur dit qu'il était presque sûr que la créature qui tuait des licornes allait essayer de voler ce que le cerbère gardait. Pas tout de suite, mais bientôt. Bien qu'il ne l'ait pas dit à ses amis, il avait réussi à cerner correctment le plan de la créature, pendant qu'il regardait à travers ses yeux.

"Donc... " Teddy le regarda à travers ses paupières étrécies. "Qu'est-ce que tu veux faire?"

"Je pense que nous devons trouver ce qu'il garde et découvrir pourquoi Tu Sais Qui le veut. Je parie que ça a quelque chose à voir avec le fait de le garder en vie.

"Je ne sais pas, Harry," dit Millie. "Je n'aime pas vraiment les chiens."

Harry sourit sombrement. "Avec un peu de chance on aura pas à revenir dans cette pièce. Mais je pense que si nous pouvons trouver ce qu'il veut en faire..."

"Harry," l'interrompit Harry. "Pourquoi tu ne parles pas de tout ça au Professeur Snape?"

Harry le regarda fixement. "Le dire au professeur?" demanda-t-il après un moment.

"Ouais. Je veux dire, s'il aide à garder ce truc, il voudrait savoir que cette créature va essayer de le voler, non ?"

"Je... " Harry fronça les sourcils. Le dire à un enseignant? Le dire à Snape? "Je sais pas, Teddy." Et s'il lui disait et que Snape s'en fichait? Et s'il riait devant les peurs de Harry, ou n'écoutait pas, ou, encore pire, écartait ses inquiétudes comme si elles étaient juste là pour attirer l'attention? Et s'il ignorait Harry, comme quasiment tous les autres adultes qu'il avait rencontré dans sa vie? Il pourrait même donner à Harry une retenue parce qu'il savait à propos du Cerbère, puisque le couloir du troisième étage était censé être interdit.

"Qu'est-ce que tu ne sais pas, Harry?" demanda doucement Teddy. "Je veux dire, c'est le genre de trucs que nous devons lui dire. Après tout, on ne peut pas attendre de nous d'y faire quoi que ce soit ; on est juste en première année." Il marqua une pause, puis, "De quoi tu as peur?"

"Je n'ai pas peur!" dit Harry. "Je n'ai pas peur. Mais... eh bien, on ne peut pas leur faire confiance."

"A qui?"

"Tu sais, aux enseignants. Professeurs. Figures d'autorité." Harry secoua la tête. "A personne."

Teddy soutint son regard pendant un long moment, puis dit, "Est-ce que c'est une coutume Moldue?"

Harry fronça les sourcils sans comprendre, et Millie, qui avait suivi l'échange entre les deux garçons comme un match de tennis, se mit à parler. "Ce n'est pas ça, pas vrai, Harry? Pas juste les Moldus. Tu ne fais confiance à personne."

Il haussa les épaules, toujours un peu confus. "Je vous fais confiance à vous. Et à Hermione."

Millie lui lança un regard malicieux. "C'est parce qu'on est naturellement dignes de confiance. Peut-être pas cette Gryffondor, parce qu'elle a ensorcelé tes Chocogrenouilles..."

"Elle ne les a pas ensorcelés!"

Millie eut un petit rire. "Je plaisante, Harry. Mais sérieusement, je ne dis pas que nous devons aller voir n'importe quel professeur, pas comme McGonagall ou le Directeur, évidemment, mais nous pouvons faire confiance à notre Directeur de Maison... Je veux dire, une fois qu'il a commencé à te traiter correctement, il est devenu bien mieux." Puis soudainement, elle fronça les sourcils. "Mais qu'est-ce que tu veux dire par "figure d'autorité"? Est-ce que ce ver de Gaius t'a encore cherché des noises?"

Harry grimaça. Il avait voulu leur dire plus tôt, mais l'occasion ne s'était pas présentée... Non, s'il était honnête avec lui-même, il devait admettre qu'il ne voulait pas leur en parler ; il avait été embarrassé par le fait d'être coincé aussi facilement par ce crétin.

"Il l'a fait!" s'exclama Millie. "Bordel, Harry, pourquoi tu n'as rien dit?"

Harry haussa les épaules et regarda ailleurs, mais lorsque Teddy dit, "Allez, tu peux nous le dire," il admit, "Parce que je sus stupide. Et je ne voulais pas que vous le sachiez."

"Eh bien, ça, c'est stupide," lui dit Millie. "Qu'est-ce qu'il t'a dit?"

"Rien."

"Conneries."

"Millicent!"

"Oh, la ferme, Nott. Tu sais que c'est des conneries, toi aussi."

Teddy roula des yeux. "Bien sûr que ça l'est, mais ta vulgarité n'est pas nécessaire."

"Espèce de prude," marmonna Millie. "Alors, crache le morceau, Harry. Qu'est-ce qu'il a fait? Il t'a fait du mal?"

Harry renifla. "C'est ce que Snape a demandé."

"Tu l'as dit à Snape!? Comment -"

Teddy interrompit Millie au milieu de sa phrase. "C'est bien, Harry. Ca a dû être dur."

Harry haussa une épaule. "Ouais, mais j'étais obligé. On a passé un accord."

"Quel genre d'accord?" demanda Millie, mais Teddy lui jeta un regard perçant.

"On déborde un peu du sujet, Bullstrode."

"Oh, ouais. C'est vrai. Donc, c'était quand, avec Gaius?"

"Samedi soir." Harry baissa les yeux vers ses mains, incapable de gérer l'expression de ses amis. Il savait qu'il avait été un idiot pour s'être laissé piéger seul. "Il m'a suivi dans les toilettes."

"Est-ce qu'il y avait quelqu'un d'autre?" demanda Millie.

Harry secoua la tête. "Non... il m'a juste suivi à l'intérieur, et alors que je me lavais les mains, il est venu derrière moi près des lavabos." Il déglutit, sentant ses mains trembler et son visage rougir. Stupide, il avait été tellement stupide.

"Qu'est-ce qu'il a fait?" demanda Teddy, très doucement, comme s'il pensait que Harry allait pleurer ou quelque chose comme ça. Mais il n'allait pas pleurer. Il n'avait pas pleuré depuis des années.

"Il m'a juste attrapé," dit-il, très rapidement, pour en finir. "Mes bras. Et puis il s'est collé contre moi. J'aurais dû le dégager ou quelque chose comme ça, ou lui dire de me laisser tranquille. Mais il a juste dit quelques trucs et m'a laissé partir." Il haussa à nouveau les épaules. "Donc ce n'était pas grand chose."

Millie et Teddy échangèrent un regard. Harry pouvait les voir du coin de l'oeil. "Ecoutez, les amis, il n'a rien fait. Ce n'est pas si grave."

"D'accord, Harry," dit Teddy, trop vite pour que Harry ne sache pas qu'il disait ça juste pour le rassurer. "Mais tu en as parlé au professeur?"

"Ouais. En grande partie." En quelque sorte. Sauf qu'il n'avait pas pu dire qui c'était avant que la vision l'assomme. Stupides visions.

"D'accord, c'est bien." Teddy jeta à nouveau un regard vers Millicent. "Donc, tu vas dire au Professeur Snape que la chose dans le château risque d'être volée, ou est-ce que tu veux que je le fasse?"

Harry fixa son ami. Teddy semblait tout à fait sérieux. Mais si quelqu'un devait prendre la responsabilité de cette histoire devant le professeur, Harry ne laisserait pas l'un de ses amis endosser ce rôle. Il soupira. "Je vais lui dire."

Teddy sourit. "Excellent. Bon, on a encore une heure avant le déjeuner. Je pense qu'on devrait commencer notre devoir de Métamorphose avant que ça devienne trop bruyant."

C'est ce qu'ils firent, et Harry essaya de chasser les inquiétudes de sa tête. Il n'avait pas parlé de ses amis de l'entraînement qu'il allait peut-être subir avec Snape, ou de cette histoire de vacances d'été, puisque rien n'était sûr. Mais il était content de leur avoir parlé de Gaius. C'était un secret de moins qu'il devait garder.

A suivre...


Et voilà! Je trouvais injuste l'idée de commencer une nouvelle fiction sans vous donner un nouveau chapitre de celle-ci à vous mettre sous la dent. Pour ceux qui sont intéressés, c'est dans mon profil, et il y a Severus dedans aussi ! J'espère en tous cas que ce chapitre vous a plu. Harry commence à comprendre les plans de Voldemort... Intéressant pour la suite, pas vrai? Comme toujours, merci à ceux qui prennent le temps de laisser une review, vous êtes vraiment super motivants et je vous aime très fort.