Chapitre 37 : Dans une guerre, il faut toujours frapper là ou ça fait mal.

C'est après avoir répondu, en voyant l'air empli de haine qui avait pris possession du visage de son frère, que Sirius réalisa. Il était, une fois de plus, allé trop loin. Alors, il prit son sourire le plus charmeur, fît une courbette en direction de ses amis avant... de détaler en courant hors de la grande salle. La scène qui se déroula ensuite en étonna plus d'un. Et elle surpris vraiment James et Fabian qui se regardèrent d'un air choqué. Marcus n'avait pas bougé d'un pouce. Mais lorsqu'il claqua des doigts, Lucius, Cygnus et Alan se postèrent à ses côtés.

- Ramenez le moi. De suite.

Les trois hommes s'éloignèrent aussitôt dans les couloirs à la recherche de son frère. Lucius était haineux, il s'était essuyé le visage et espérait bien être celui qui l'attraperait. Sirius, lui, faisait à nouveau un petit jogging, pas plus effrayé que ça. C'était une question d'habitude en fait. Ce qui lui faisait le plus peur, c'était qu'il s'en prenne aux siens. Uniquement. Il courrait encore et encore mais finit cependant pas s'arrêter pour réfléchir. Il avait trop mal à sa blessure causée par le crochet. Il enleva son tee-shirt avec peine et regarda le profond trou creusé dans sa chair. Il grimaça. Il perdait beaucoup de sang et ce dernier s'était écoulé tout le long de son bras. Il jeta un œil aux alentours et réfléchissait à toute allure à un endroit de cachette, grimaçant sous la douleur. Comment allait-il survivre une deuxième fois en l'ayant près de lui chaque jour hein ? Comment ? A ce moment là, il vît son oncle apparaître à l'autre bout du couloir. Il grimaça et par réflexe, il lui jeta un sortilège qui l'envoya valser contre le mur. Il eut un moment d'arrêt en réalisant son geste mais ne prit pas le temps de se sentir coupable. Il l'immobilisa et continua sa route.

[…]

Dans la grande salle, Marcus tournait en rond, soupirant.

- Ils en mettent du temps...

- T'as qu'à aller courir avec eux, ça ne te fera pas de mal... Répliqua James.

Il y eut quelques éclats de rire dans la grande salle jusqu'à ce que Marcus apparaisse juste derrière lui et approche sa bouche de son oreille.

- Tu disais ?

- Rien.

Seulement, Black attrapa James par les cheveux et lui cogna brutalement le visage contre la table, brisant net son nez.

- Ne me mens pas. Se contenta de dire Marcus.

Le jeune Potter gémit de douleur, grimaçant, tenant son nez entre ses deux mains, tentant de calmer la douleur et l'écoulement du sang. Lily se blottit contre lui, caressant son dos, les larmes aux yeux. Samantha, elle, fusilla Marcus du regard, haineuse. Ce dernier haussa un sourcil.

- Il y a un souci ?

- Bien sur que oui. Mais tu le sais déjà. Il a les cheveux noirs, les yeux aciers et il vient tout juste de faire du mal aux personnes que j'aime le plus au monde. J'ai qu'une envie depuis un an, c'est de le crever. Mais je suis malheureusement forcée d'attendre patiemment et de faire la queue derrière la longue liste de personnes qui ont le même objectif que moi...

Elle ne le quittait pas du regard, impassible, aucune once de peur n'était visible en elle. Tout simplement parce qu'elle n'en éprouvait pas. Elle n'avait jamais été effrayée par lui. Parce que la haine surpassait tout ça. Black leva les yeux au ciel.

- Personne ne peut me tuer, Sam. Navré de te décevoir...

- Si. Une personne le peut. Ce garçon que tu hais tant et qui vient juste de sortir de cette salle. Et crois moi, le jour ou il sera assez fort pour le faire, il n'hésitera pas une seule seconde. Je pense même qu'il s'amusera bien...

Contrairement aux attentes, Marcus éclata d'un rire à faire froid dans le dos. Il ne la quittait pas des yeux et se pencha vers elle, leurs visages n'étant plus séparés que par quelques millimètres. Et tout à coup, Fabian tomba du banc sur lequel il était assis, hurlant et se tortillant dans tous les sens, il se recroquevilla au sol, se protégeant le visage avec ses bras, tentant de cacher ses larmes par la même occasion. Il avait l'impression d'être brûlé vif, il sentait comme une flamme grandir en lui, allant d'un endroit à l'autre, ne laissant aucun organe intact. Il hurlait à la mort, incapable de se calmer et de se retenir, c'était bien trop douloureux.

- Crois-tu vraiment que cette puissance nous tombe dessus d'un coup ? Non. Depuis que j'ai dix sept ans elle grandit chaque jour... Et voilà aujourd'hui de quoi je suis capable. Sirius a le temps avant de me rattraper. Crois moi.

Les amis de Fabian le regardaient pleurer au sol avec peine. Jusqu'à ce que Peter se lève , haineux, sous les yeux médusés et étonnés de l'ensemble de ses camarades.

- Bon, il ne t'as rien fait. Arrête toi maintenant, on a compris.

Le jeune Pettigrow tomba alors à son tour, Marcus n'avait pourtant pas bougé, il n'avait pas daigné tourner ses yeux vers lui, il se contentait de fixer Sam. Remus s'éclaircit la gorge. Black soupira et plongea son regard dans celui doré du jeune Lupin.

- Je crois que tes toutous se sont perdus en cours de route... A moins qu'entre temps la puissance de Sirius ait fait effet et que tu retrouve ton cher petit blondinet dans une boîte d'allumettes...

[…]

Entre temps, Sirius s'était bel et bien retrouvé en face du « Blondinet ». Il grogna de mécontentement. Tandis que Lucius souriait d'un air mauvais.

- Je t'ai déjà dis de pas sourire, Blondasse, t'es encore plus moche.

Haineux, son cousin l'attrapa à la gorge et le plaqua contre le mur, le fusillant du regard.

- Tu m'as fais courir, Sirius...

- Ooooooh, tu t'es donné cette peine pour moi ? Il ne fallait pas voyons... Pourquoi tu n'es pas mort d'une crise cardiaque au passage ? Ça aurait été encore plus bon...

Lucius arma son poing, mais alors qu'il s'apprêtait à le frapper, Sirius lui donna un puissant coup de genou dans ses parties intimes. Malefoy se plia en deux et le lâcha, grognant de douleur. Sirius le regarda d'un faux air compatissant avant de mimer le signe de la victoire.

- J'espère qu'il a été assez fort pour que tu ne puisses pas te reproduire... Un mini Lucius serait une tragédie. Pauvre gosse.

- Espèce de sale traître je vais t'arracher les yeux !

- Mais vas y je t'en prie, ça m'évitera de faire des cauchemars en voyant ta sale face de con.

Lucius se jeta alors sur son petit cousin. Cependant, ce dernier n'avait plus du tout l'intention de se laisser faire. Alors que le jeune Malefoy s'était assis à califourchon sur lui et commençait à le frapper, Sirius lui donna un violent coup de poing dans la carotide, lui bloquant la respiration. Ce dernier se mit à tousser avec force. Alors, le jeune Black lui donna un second coup de poing dans le ventre, il inversa les positions et se mit à le frapper au visage sans s'arrêter une seule seconde. Lucius finit par le saisir brutalement par la gorge, serrant quasiment au maximum, ne lui laissant qu'un infime passage d'air. Il le releva de force et l'entraîna vers la grande salle. Sirius essayait tant bien que mal de se débattre mais il avait des difficultés pour respirer. Lorsqu'il revint, le visage de Marcus s'emplit de haine.

- C'est lui qui t'as fais ça ?

Fabian, lui, éclata carrément de rire. Sam plaqua rapidement une main sur sa bouche afin de le faire taire. Lucius acquiesça. Il balança le jeune Black contre le sol et essuya le sang qui dégoulinait de son propre nez. Son arcade et sa lèvre aussi saignaient. Sirius n'y était pas allé doucement. Pourquoi donc ce serait-il donné cette peine ? Il se leva et faillit sourire, avant de croiser le regard empli de haine de son grand frère. Ce dernier s'approcha doucement. Il avait une démarche lente mais menaçante. Mais ce n'était rien comparé à la façade calme qu'il affichait alors que ses yeux brillait d'une lueur noire. Cette lueur que Sirius connaissait par cœur et qu'il détestait. Ses yeux s'illuminaient de régal. Comme à chaque fois avant qu'il ne frappe fort. Très fort... Cependant, son petit frère ne recula pas. Pourquoi donc aurait-il reculé hein ? Bien sur que non. Tout serait bien trop simple sinon. S'il était faible, Marcus ne serait pas aussi haineux. S'il avait montré un jour un quelconque signe d'abandon, il n'y aurait pas de deuxième épisode, l'histoire serait déjà terminée. Mais c'était loin d'être le cas. Black attrapa son frère violemment à la gorge et le plaqua tout aussi brutalement contre le mur. Sirius grimaça mais ne broncha pas. Son grand frère s'amusa à planter ses doigts et ses ongles dans la plaie provoquée par son crochet. Le jeune Black ne put alors s'empêcher d'hurler de douleur. Et plus le temps passait plus son frère enfonçait profondément. Il tenta de se débattre en vain, il ravala ses larmes. Ce fut pire lorsque Marcus fît apparaître un couteau. Il rangea sa baguette avec un sourire et, sans lâcher son petit frère des yeux lui entailla d'un coups sec profondément le ventre. Le cri de Sirius resta bloqué dans sa gorge tellement il souffrait.

Lorsqu'il fût évanoui, Marcus ordonna à tout le monde de quitter la grande salle. Personne n'eut droit au repas du soir. La seule présence rassurante était Madame Pomfresh, l'infirmière. Elle prit grand soin de Sirius et de Fabian. Une fois que le premier fut réveillé et se sentit mieux, tous montèrent à leur salle commune. Sirius s'était allongé sur le canapé, la tête posée sur les cuisses de Sam, les jambes sur James et Lily. Un jeune élève s'approcha de Fabian et lui tendit quelque chose avant de s'éclipser. Aussitôt, ce dernier observa la photo qu'il avait sous les yeux. Ni une ni deux, il s'empressa d'aller chercher son hibou et rédigea un petit mot. Il envoya directement le contenu à son grand frère.

Les professeurs, eux, avaient été emmenés aux cachots. Tous, sauf un...

[…]

- Mais que s'est-il passé bon sang ? S'exclamait Alphard, énervé.

- Fais doucement... Répondit Yan dont une partie du visage était couverte de sang.

- Yan ! Alphard !

Eléa courut et se jeta contre eux, inquiète. Elle se détacha, en larmes et les fixa intensément.

- Que s'est-il passé ?

- Le ministère est sous le contrôle de Voldemort.

- Non... Gémit la jeune femme, en larmes.

- Il m'a attaqué personnellement Eléa alors ne viens pas me dire le contr... Commença Yan.

Une édition spéciale du journal « la gazette déchaînée » venait d'arriver. En réalité, il n'avait qu'une seule page. Une grande image, prenant quasiment toute la place figurait. On y voyait Lord Voldemort être terrassé par Marcus Black. En titre était écrit « On l'a tous dans le cus ! » Alphard plaqua une main sur sa bouche. Il reconnaissait le décor. Cette photo avait été prise à Poudlard. L'école qui contenait un millier de gosses. Parmi lesquels Sirius était compté. Atterré, il se laissa tomber dans le canapé. Yan ouvrit la bouche avant de la refermer instantanément. Mais contrairement à son collègue, il ne se laissa pas démonter, il sortit dans le jardin et jeta un nombre incalculable de sortilège de protection autour de la maison. Il fallait absolument que dans ce désastre quelques bonnes âmes survivent.

[…]

Albus Dumbledore, lui, avait tout juste eu le temps de transplaner dans son manoir avant de sombrer dans l'inconscience. Il avait le corps meurtrit, comme brisé et le pire, c'était ce poison qui semblait s'écouler dans ses veines, cette potion que son ennemi de toujours, Tom Jedusor, lui avait fait boire de force. Un élixir qui, tôt ou tard, finirait par avoir raison de lui. Le plus grand sorcier du monde était couché sur le carrelage froid de son salon, du sang s'échappait de son corps, la faiblesse semblait avoir pris possession de lui et, dans ses veines, le poison noir qui défilait semblait l'avoir tué à l'avance. A cet instant, un jeune homme atterrit à quelques mètres du corps. Il crachait du sang, son torse était profondément entaillé voire... mordu. Brendan Gleeson, jeune auror se précipita cependant vers Albus. Il posa une main sur son cœur et constata avec horreur qu'il ralentissait rapidement. Non. Ils ne pouvaient pas le perdre lui. Si la communauté des sorciers perdait Albus Dumbledore, elle perdait tout.

- Allez monsieur, je ne vous laisserais pas abandonner... Impossible. Faut pas se ramollir comme ça, on va se battre. Coûte que coûte.

Il réfléchissait à toute allure. Jamais il ne pourrait se rendre à Ste Mangouste. Ce qui lui fallait, c'était un médicomage de confiance et d'expérience. Un ami. Et pour ça, il devait demander à Mary. Il transplana aussitôt chez lui.

- Chérie ?

- Brendan ! S'exclama une voix.

La jeune femme s'était jetée à con sou, elle pleurait.

- J'ai eu si peur, je...

Elle aperçut ses blessures et parut horrifiée. Étant apprentie médicomage, elle avait l'habitude de voir des horreurs. Mais pas sur son fiancé... Alors qu'elle voulait le soigner, il l'arrêta aussitôt, la regardant droit dans les yeux.

- Y a plus urgent. On va chez Chase. Sinon il y aura un mort. Un mort qu'on ne peut pas tolérer...

A l'aide de sa fiancé, il rassembla une petite troupe au sein même du manoir de Dumbledore. Nul endroit n'était mieux protégé. Puis, de fil en aiguille, Alphard, Yan, Eléa, Matthew, Evanna, Naomi, Liam, Lauren, Soan, Liyah, Lilianne Potter et Louisia Lupin furent rapidement réunis dans cet endroit sécurisé. Les quelques aurors encore vivants étaient aussi présents avec leurs familles. En groupe, il se sentait mieux. Ils étaient plus forts. Tous sursautèrent lorsque des flammes jaillirent dans la cheminée. Beaucoup sortirent leurs baguettes, effrayés. Et alors parmi le feu vert, un homme apparut, ou du moins, ce qu'il en restait.

- Oncle Jared ? S'exclama Matthew. Je... j'ai cru... il t'avait pourtant mis le feu... Marcus...

Ce dernier toussa violemment, sa toux était rauque, horrible. Son visage était noirci, ainsi que ses habits. Il tremblait avec force. Sa peau était clairement brûlée à deux nombreux endroits, le tissu ayant cédé sous le feu. Jared le regarda intensément.

- Il faut plus qu'un gamin dans son genre pour me tuer. Lorsqu'on fout le feu à quelqu'un, on oublie pas de s'attaquer à plus faible que soit. Non mais ou a t-il appris à se battre hein ?

Matthew, qui l'avait cru mort, se jeta à son cou, le faisant aussitôt grimacer. Il se détacha précipitamment.

- Désolé...

- Ça fait rien. Je vais bien. Ce qui m'emmerde c'est de savoir Fabian et Sirius entre leurs mains. Et tous les autres...

- Ne m'en parle pas. Soupira Matthew.

- C'est lui qui t'as envoyé la photo ?

- Oui...

Jared regardait son neveu droit dans les yeux.

- Et ?

Ce dernier lui fît passer le mot de son petit frère qu'il avait gardé à l'intérieur de sa poche.

« Matt', on est encerclé de connards ! Ils ont le pouvoir à l'école ! Mais surtout ne t'inquiètes pas hein ! Ils nous on trouvé le meilleur des divertissements sans le savoir...

Surtout Jaja, Evanna, Naomi et toi, prenez soin de vous ! Je vous aime. »

[…]

- Comment on fait maintenant hein ?

Peter faisait les cent pas dans la salle commune, en panique. Ses amis le fixaient, l'air désespéré. Remus, lui, caressait doucement son menton, l'air songeur, le regard perdu dans le vide. Sirius était toujours allongé sur le canapé, la tête sur les cuisses de Sam. Cette dernière caressait doucement ses cheveux.

- Comment on fait quoi ? Répondit Fabian.

- Au bout de deux jours vous serez morts tous les deux si ça continue !

- Pet' a raison. Approuva Remus.

- Et vous voulez qu'on fasse quoi ? C'est pas de notre faute si on a des cons dans la famille.

Le jeune Black ne disait pas un mot. Il avait les yeux fermés et se contentait de les écouter débattre sur leur sort futur. Il était tout aussi incertain qu'eux après avoir fait face à la haine de son frère qui n'avait pas diminué d'un poil. Il s'était acharné pour rien. Comme toujours. Qu'allaient-ils donc devenir ? Il finit par s'endormir. Et, sans forcer le moins du monde, il s'incrusta discrètement dans l'esprit de son frère. Il voyait à travers ses yeux. Lucius se mordait la lèvre, affrontant son regard avec peine.

- Que comptes-tu faire ? Tu as bien vu qu'il n'avait pas changé.

Marcus restait silencieux, se contentant de faire les cent pas dans le bureau de Dumbledore. Le jeune Malefoy ne le lâchait pas des yeux.

- Ses amis le suivent. Et tôt ou tard, ça sera l'ensemble des élèves... Il faut agir avant qu'il ne soit trop tard.

Black donna un violent coup de poing sur le bureau en bois. Lucius sursauta violemment. Il baissa les yeux lorsqu'il vit le regard assassin de Marcus.

- Laisse moi réfléchir. Siffla t-il.

Il déambula encore durant un long moment avant de s'arrêter soudainement avec un sourire mauvais.

- Il va falloir que je joue avec ses craintes... Avec ses amis.

- Il va péter un plomb.

- C'est le but. Et je vais lui apprendre et l'obliger à garder son sang froid.

- Comment ? Demanda Lucius, avide de savoir.

Marcus posa ses yeux glacial sur lui, il n'avait pas perdu son sourire.

- En les tuant s'il le faut. Un par un. Bien sur, je commencerais par James.

Lucius sourit de plus belle. Potter en première ligne. C'était un plan magnifique...

[…]

- Sirius ! Sirius ! Appelait Sam avec douceur.

Ce dernier tremblait avec force, il était brûlant de fièvre. Sa chérie avait posé une main délicate sur son front, le caressant doucement.

- Mon cœur...

- Mmh... Il...

- Réveille toi. Ouvre les yeux, ce n'était qu'un cauchemar.

Le jeune Black ouvrit doucement les paupières, croisant le regard inquiet de l'ensemble de ses amis, ils s'étaient tous rapprochés, l'encerclant. Il se redressa en position assise, s'adossant au dossier du canapé. Il soupira et essuya la sueur de son front, il avait une respiration rapide mais le pire c'était cette atroce migraine qui le tenaillait. Comme à chaque fois lorsqu'il s'infiltrait en Marcus ou inversement.

- Ne vous inquiétez pas, ça va...

- Sur ? Demanda James, inquiet.

Sirius accrocha son regard au sien. Il empêcha les larmes de lui monter aux yeux. Il s'accrocha à son cou et le serra contre lui avec force.

- Oui. J'ai juste peur de vous perdre.

- Aucune raison ! S'exclama le jeune Prewett, tout sourire.

Il était penché sur une feuille et semblait en pleine préparation d'un plan foireux. James le réprimanda d'un regard, caressant la tête de son meilleur ami.

- On s'est dit, Rus', pendant que tu dormais, qu'il serait bien qu'on fasse nous aussi la guerre.

- Ce n'est pas déjà ce qu'on fait? Demanda Sirius.

- Ce n'est pas suffisant pour Fabian voyons... Sourit Remus.

- Non mais c'est vrai ! Sérieusement ! Pourquoi eux devraient-ils contrôler notre vie, nous faire du mal, et nous non ? Pourquoi devrait-on les laisser prendre le contrôle du monde ?

- Peut-être parce qu'ils sont dangereux ? Rétorqua Peter.

- Ou pour éviter de souffrir tous les jours ? Ajouta Lily.

- Ou encore pour ne pas avoir à affronter leurs regards menaçants ? Proposa Maya.

- Vous êtes des mauviettes. Répliqua Fabian, désespéré. Il suffirait de monter une organisation de rebelles, secrète, on agirait dans l'ombre, provoquant de gros dégâts, saccageant leurs appartements, l'école, laissant des messages sur les murs... Vous voyez le genre ? Juste histoire de leur montrer qu'ils ne sont pas intouchables... Qu'il n'est pas intouchable.

Sirius semblait réfléchir et, alors qu'il ouvrait la bouche, James prononça exactement les mots qu'il avait en tête.

- « Organisation secrète » ? Et à ton avis qui va t-il accuser en premier ?

Le jeune Black fixait son meilleur ami avec émerveillement. James le regarda attentivement.

- J'ai dis quelque chose qu'il fallait pas ?

- Non, au contraire. Tu lis dans mes pensées.

- James a raison. Approuva Sam. Inévitablement ça retombera sur nous.

- Mais vous ne pensez pas à tout. Contra Fabian qui semblait plus déterminé que jamais. Imaginez que, dans cette école, il y ait deux nous...

Kim et Sacha échangèrent un regard éloquent.

- T'as fumé quoi Fabi ?

- « Deux nous » ? Interrogea Peter, incompréhensif.

- Des copies ? S'exclama James, épaté.

Fabian sourit. Il allait enfin parvenir à les convaincre.

- Exactement. Une copie en cours avec eux, bête et disciplinée, ou presque. Et nous, dans les couloirs ou on ne sait ou, en train de dépenser utilement notre temps.

Ses amis restèrent perplexes. Ils étaient admiratifs, épatés, étonnés. Et d'un autre côté, c'était très dangereux. Ils prenaient le risque d'être découverts. Cependant, personne ne sembla tenir compte de cette option tant l'idée était géniale. Sirius avait un sourire aux lèvres, fixant le jeune Prewett.

- Fabi, tu es un génie.

- Je sais, c'est pour ça que ça rime, ce mot a été crée pour moi !

Ils échangèrent tous un regard avant d'éclater de rire, hilares. Fabian se renfrogna.

- Roh ça va hein !

[…]

Le lendemain matin, lorsqu'Orion vint ouvrir aux Gryffondors, il ne réalisa pas qu'il embarquait les vraies personnes pour la première et la dernière fois. Il les entraîna vers la grande salle. Fabian, James et Sirius étaient en tête de file. Lorsqu'ils entrèrent, Sirius se retrouva face à son grand frère, ce dernier le regarda droit dans les yeux, avec intensité. Il posa ses deux mains sur ses épaules sans le quitter du regard.

- Réfléchis bien avant de faire tes choix, Sirius. Tu as les clés entre les mains.

- C'est sur. Mais dis moi... Je fais comment si je ne trouve pas la porte?

Fabian pouffa de rire, incapable de se contenir. Marcus gifla violemment son petit frère, le regard empli de haine. Seulement, James s'effondra à genoux contre le sol, hurlant de douleur et se tortillant, une intense douleur le consumait, ce fut pire encore lorsque des poignards vinrent se planter dans son corps. Sirius regarda son frère, paniqué et haineux. Il n'avait même pas sortit sa baguette. Il lui suffisait de penser à la douleur qu'il voulait infliger. C'était impressionnant. Autant qu'agaçant.

- Arrête ça de suite. Siffla t-il en s'approchant à deux millimètres de son grand frère.

Ce dernier l'attrapa à la gorge sans le lâcher du regard.

- Sinon quoi?

- Je te ferais cramer pendant ton sommeil sale con. Cracha Sirius.

- Ca fait bien longtemps que tu le dis... Sourit Marcus.

- Tout comme toi tu dis depuis un an que tu vas réussir à me changer...

Hargneux, Orion l'attrapa au cou et le plaqua violemment contre le mur, fixant son fils droit dans les yeux, prêt à lui faire subir mille tortures.

- Cesseras-tu un jour de nous provoquer?

- C'est à moi de régler ça. Siffla Marcus.

- Il est mon fils. Cracha Orion sans lâcher Sirius des yeux.

- Ne vous battez pas pour moi voyons...

Après avoir prononcé ces mots, il vit avec étonnement son père tomber à genoux. Le silence total se fit dans la grande salle. Tous les élèves et les serviteurs de Marcus s'étaient tournés vers eux, regardant la scène avec étonnement et crainte. Sirius, lui, se contenta de se masser le cou. Orion se tenait le ventre, gémissant de douleur. Cependant, il se releva, s'approcha et gifla violemment Marcus.

- Moi j'aurais pas fait comme ça...

- Ta gueule Sirius. Siffla son grand frère.

Ce dernier leva les mains en signe de paix, il retourna auprès de ses amis et leur désigna la table de Gryffondor, il savait, en connaissance de cause, qu'il valait mieux être loin lorsque son père et son frère réglaient leurs comptes. Ils allèrent s'asseoir sans un mot. Walburga regardait la scène avec inquiétude. Regulus, lui, échangea un regard avec son frère depuis la table des Serpentards, pas rassuré. Orion attrapa son fils aîné à la gorge. Ce dernier se dégagea violemment, le fusillant du regard.

- Tu devrais faire attention à ce que tu fais.

- Je suis ton père, Marcus! De quel droit tu me touches?

- Tu es mon géniteur, celui que j'ai envie de voir crever depuis ma plus tendre jeunesse. Donc je te le répète : Fais très attention à ce que tu fais.

- De me voir crever? Vraiment? Ricana Orion. Mais ne te gêne pas, Marcus, vas y...

- Fais gaffe, tu risques de ne pas avoir à me le répéter trop longtemps.

Orion Black éclata carrément de rire, hilare, mauvais. La plus grosse erreur qu'il avait commise dans sa vie était de croire qu'il avait un total contrôle sur ses fils. Ce qui était totalement faux. Marcus sourit. En apparence, il semblait calme et pourtant, il était haineux en voyant son père douter de lui encore une fois. Il avait pourri sa jeunesse, son enfance à cause de ses doutes incessants. Aujourd'hui, c'était la fois de trop. Alors, il sortit son couteau et le planta droit dans le ventre de son géniteur. Ce dernier eut un moment d'arrête, ses yeux se révulsèrent sous la douleur. Mais son aîné n'en avait pas terminé, ce n'était que le début. Il s'amusa à faire tourner la lame dans sa chair, lentement, tout en l'enfonçant davantage encore. Orion le repoussa brutalement. Il retira le couteau et s'apprêta à le planter dans le corps de son fils mais ce dernier, à l'aide de sa baguette l'envoya valser violemment contre le mur. Il s'approcha doucement, faisant craquer sa nuque.

- Tu n'as pas compris qui j'étais. Tu as sans cesse douté de moi alors que je te surpasse et de loin...

Sirius les regardait., alternativement. Il ne ressentait rien malgré le fait que les membres de sa famille se déchiraient entre eux. Ca avait toujours été ainsi, chez eux, les hommes étaient incapables d'aimer. Il ne s'agissait que de fierté et de respect. Il vit son père se relever et regarder Marcus avec haine.

- Je n'ai cessé de te pousser pour que tu arrives jusqu'ici. Tu me dois beaucoup.

- Je ne te dois RIEN. Toute cette puissance, tout ça, c'est en moi! Depuis toujours, tu n'as cessé de me rabaisser... Et on ne me rabaisse pas. C'est terminé. Cracha Marcus.

Fabian regarda ses amis avec un sourire.

- Allez viens c'est bientôt la fin...

- TA GUEULE FABIAN!

Le jeune Prewett se mordit la lèvre pour s'empêcher de sourire. Ses amis le regardèrent d'un air désespéré. Jamais il ne se taisait ni se laissait véritablement impressionner. Sirius, lui, avait les yeux fixés sur les deux hommes qu'il haïssait par dessus tout. Son père s'était relevé, ils s'approchèrent l'un de l'autre, le regard haineux, leurs corps se touchant. C'était plus que de la haine dans les yeux de Marcus, c'était plus fort que ça. Et son petit frère le sentait, comme si elle était sienne. Ce qui, d'ailleurs, était aussi le cas. Ils éprouvaient tous deux cette même rage envers leur géniteur. Elle était bien trop puissante.

- Qu'est ce que tu as Marc' hein ? Un élan de rébellion qui revient ? Sourit Orion.

- Non, pas du tout, je n'ai jamais cessé d'être contre toi. T'es juste trop con pour t'en apercevoir.

Sirius ne put s'empêcher de sourire. Pour la première fois de sa vie, il était en accord avec son grand frère. Cependant, son père devint soudain violent. Il attrapa l'aîné à la gorge, commença à l'étrangler avant de le rouer de coups plus brutaux les uns que les autres.

- Ne me parle pas sur ce ton, je suis ton père.

- T'es rien qu'une grosse merde ! Cracha Marcus en le repoussant avec hargne.

Alors que son père allait lui donner un nouveau coup, il lui saisit le poignet au vol sans le lâcher des yeux. Il le serra avec violence et le lui tordit jusqu'à ce qu'il se brise, s'ensuivit une duel acharné ou chacun tentait de faire le plus de mal possible à l'autre. C'était brutal, les sortilèges filaient à une vitesse effrayante, ils se tuaient à petit feu en se blessant grièvement. A coups de doloris, de feu et de profondes entailles. Marcus ne lâchait pas son père des yeux, il était concentré, il était vif et fort. Il finit par désarmer son propre père. Ce dernier le fixait, glacial.

- Tu t'opposes à moi ? Tu oses t'opposer à mon autorité ?

Il avançait lentement vers lui. Marcus ricana.

- Parce que tu en as déjà eu ?

A cet instant, Sirius ne put s'empêcher d'éclater de rire. Son père le regarda avec haine. Tandis que son frère souriait en coin. Regulus, lui, avait malgré lui esquissé un sourire. L'aîné éclata alors de rire.

- Le pire, c'est que pour une fois, on semble tous les trois d'accord... Étrange.

- D'accord avec quoi ? Le fait que je n'ai soit disant pas d'autorité ? Mais vous avez tous les trois rampé comme des chiens sous mes coups et mes cris de rage...

- Ah... J'ai du louper ça... Tiens donc, mais ou étais-je ? Répliqua Sirius, incapable de se contenir.

- Ils sont juste très nombreux dans sa tête et il s'invente une vie meilleure... Sourit Marcus.

- Sirius on ne t'as pas sonné. Cracha son père, le fusillant du regard.

- Ne cherche pas d'excuses parce que t'as plus d'arguments vieux Triton, renouvelle toi !

Orion, hargneux, amorça un pas pour venir vers lui, seulement Marcus pointa sa baguette sous son menton, l'enfonçant dans sa gorge.

- Arrête de me faire perdre du temps. Soupira Marcus.

- Du temps pour quoi ?

- Pour que JE sois le chef de la famille Black.

Sirius échangea un regard avec James, grimaçant. Ce ne serait pas forcément meilleur pour lui. Le père Black sourit.

- Oh, tu vas donc tuer ton propre père ?

- Pourquoi es-tu si débile ? Tu n'as donc pas compris que j'attends ça depuis ce qui semble être des siècles ?

- Alors fais le.

Marcus enfonça un peu plus son arme, le fusillant du regard.

- Ne me donne pas d'ordres. C'est à moi de les donner désormais. Mets toi à genoux.

Son père le regarda avec haine.

- De quel droit tu me...

L'aîné poussa un long soupir tandis que son père s'effondrait à genoux en hurlant de douleur sous la puissance de son doloris. Walburga était retenue par Lucius. Il savait parfaitement que Marcus n'hésiterait pas à l'éliminer elle aussi. Il éprouvait une telle haine envers ses parents que rien n'aurait pu l'arrêter. Sirius se contentait de regarder son grand frère à l'action. Il croisa les yeux de son père et sourit, du style « ça fait quoi de ramper ? » Haineux, ce dernier se releva mais c'était sans compter sur la ténacité de son fils aîné. Il le regarda droit dans les yeux. Sirius sentit qu'il essayait de prendre le contrôle sur le cerveau de leur géniteur. Aussitôt, ce dernier s'agenouilla une nouvelle fois. Marcus eut un sourire.

- Tu vois, la vérité c'est que j'ai jamais pu te blairer...

- Marcus ! Appela sa mère. Arrête!

Black serra de plus belle sa baguette dans sa main, ses jointures devenant blanches. Sirius le fixait, il voyait désormais à quel point son frère ne supportait pas d'avoir quelqu'un au dessus, peu importe de qui il s'agissait. Il le vit jouer à torturer son père durant un très long moment. Après quoi, il se tourna vers lui, le regardant droit dans les yeux.

- Tu as un dernier mot d'adieu à lui dire, Sirius ?

Ce dernier était totalement impassible. C'était fou de constater à quel point, lorsqu'une personne s'était acharnée à nous pourrir la vie, on ne ressentait plus rien à son égard. On pouvait la voir mourir sans que cela ne nous choque. On pouvait même souhaiter sa mort. Sirius posa ses yeux sur son frère puis son père.

- Je te souhaite un très désagréable voyage en enfer vieux con. Crame bien surtout, qu'il ne reste pas un millimètres du poison que tu es.

Marcus sourit avant de se tourner vers Regulus.

- Moi je parle pas aux grosses merdes.

Il y eut un long moment de silence étonné avant que beaucoup de rires ne retentissent, notamment à la table des Gryffondors. L'aîné sourit de plus belle avant de se tourner vers son père.

- Quelle autorité... Impressionnant !

A cet instant, fatigué de le voir encore vivant, il le foudroya d'un simple sortilège. Il le regarda s'effondrer, fit craquer sa nuque avant de se tourner vers les siens avec un large sourire.

- Ah... ça fait du bien. J'ai décontaminé le monde d'un abruti.

Sirius murmura à l'oreille de Sam « Retiens bien cette phrase... il faudra que je lui dise pareil le jour ou il crèvera ». Sa chérie lui sourit.

- Tu peux compter sur moi.

- Comme toujours. Sourit-il.

Walburga regardait le corps de son mari, comme vidée. Elle posa ensuite ses yeux sur son fils aîné. Il s'avança jusqu'à ce qu'ils ne soient plus séparés que par quelques millimètres.

- Tu as quelque chose à dire ?

- Il était ton père Marcus...

- Tout comme toi tu es censée être ma mère. Cracha t-il. As-tu joué ce rôle une fois dans ta vie ? Tu n'as jamais rien fait lorsqu'il s'énervait inutilement. Tu n'es qu'une lâche incapable de bouger le petit doigt.

- Je suis une femme Marc', je n'avais rien le droit de dire face à ton père, tout comme je ne peux clamer le fond de mes pensées devant toi...

- Bah pourquoi tu parles alors? Sourit Sirius.

Il y eut un moment de silence durant lequel l'envie de rire des élèves était à son summum. Sa mère le fusilla du regard et ne prit même pas la peine de répondre, ne lui accordant aucune importance.

- J'aurais voulu te protéger Marc', mais je ne pouvais rien dire. Tu es le plus parfait et je suis fière de toi.

- Oui c'est le plus parfait sûrement parce que t'es aveugle et que tu m'as pas vu...

Marcus, qui avait totalement perdu sa patience et son calme, transplana juste derrière son petit frère, entourant son cou avec son bras. Il approcha sa bouche de son oreille.

- Pourrais-tu, une fois dans ta vie, fermer ta grande gueule ?

- Ce serait trop beau ! En tout cas...

Sirius se tourna de façon à pouvoir le regarder.

- Merci d'avoir enlevé au moins un con dans ma vie...

- Je l'ai fais uniquement pour mon atmosphère. Répondit Marcus.

- Je le sais mais merci de m'avoir évité de gaspiller mon temps pour le faire moi même. Au fait, juste pour ton information, première fois et dernière fois que je suis poli avec toi.

Son grand frère resserra un peu plus sa prise, seulement il souriait. Il colla carrément sa bouche à son oreille.

- On verra ça frangin...

Sirius l'observa ensuite s'expliquer avec leur mère et il fut déçu de voir qu'il lui laissait la vie sauve. Vraiment déçu. Il souffla et croisa le regard de Regulus qui leva les yeux au ciel en observant sa réaction. Marcus prit ensuite place sur le fauteuil de Dumbledore, ce qui entraîna de nombreux grognements de la part de Sirius. Il n'avait rien à faire ici, il n'y avait pas sa place. Il leur expliqua alors que les cours auraient lieu. Mais pas des cours inintéressants auxquels ils avaient l'habitude d'assister, des heures ou ils apprendraient à être « dignes » de lui, de le servir.

[…]

- Non mais est ce que sérieusement vous l'avez entendu parler ? Cracha Fabian.

- Pour une fois ferme là et laisse moi te soigner, tu veux ? Râla James.

Sirius observait attentivement ses deux amis. Le jeune Prewett regarda James avec colère.

- T'étais obligé de chercher encore la merde hein ? Tu ne peux pas t'en empêcher ? Il t'avait fait quoi Singus ? Tu m'expliques ?

- Rien. Mais c'était un besoin de lui préciser que je trouvais dommage qu'il vive toujours.

Peter éclata de rire malgré lui, cependant, lorsque le jeune Potter le regarda d'un air sévère, il toussota et se terra dans le silence, levant les yeux au ciel en même temps que Sirius.

- Je marche pas avec toi, tes plans seront foireux te connaissant.

James termina de le soigner, les planta là et se rendit dans son dortoir. Fabian était resté figé, la bouche ouverte, pas du tout préparé à ce genre de réaction. Le jeune Black soupira. Sam le serra contre elle et déposa ses lèvres sur les siennes, plongeant son regard dans le sien.

- Va le voir...

Sirius se leva, il monta les marches et se dirigea vers son dortoir. Lorsqu'il entra, il n'y avait pas de lumière. Tout était éteint.

- Jamesie ?

- Je suis fatigué.

- Pourquoi essayes-tu de me mentir ? Je te connais trop pour que ça marche.

Il entendit alors un bruit de sanglot étouffé. Son cœur se serra, semblant tomber dans sa poitrine. Il avait rarement vu son meilleur ami triste. Et il ne supportait vraiment pas ça. Le voir pleurer, malheureux, c'était une des pires choses à laquelle il pouvait faire face. Sirius se rapprocha doucement, essayant de trouver le lit de James en cherchant à tâtons. Il s'assied doucement sur le matelas avant de s'allonger à ses côtés. Il souleva la couette et s'y cacha dessous avec lui. Le jeune Black chercha la joue de son meilleur ami et, lorsqu'il la trouva, la caressa doucement, essuyant ses larmes. James se blottit alors contre son torse, le serrant fort.

- Qu'est ce qui se passe, James ?

- J'ai peur pour vous... Pour ma famille...

- Et tu crois que nous on a pas peur pour toi ?

- Peut-être. Je ne sais pas. J'y pense pas vraiment.

- Jamesie... Souffla Sirius. On a tous peur les uns pour les autres. C'est tout à fait normal.

- Je ne veux pas que mon père finisse à Azkaban...

- Il n'y finira pas. Assura Sirius. Parce qu'il y aura toujours des gens comme Fabian pour ouvrir leurs gueules, protester, se battre... Si j'ai bien compris une chose avec lui, c'est que quoiqu'on puisse dire, il restera droit et juste. Même s'il doit souffrir.

- Il y a être droit et chercher les embrouilles.

- Dans le cas ou nous sommes, James, il n'y a qu'un pas qui sépare les deux. Ils dominent la situation tu comprends ? Donc à part les provoquer et leur montrer qu'à nos yeux ils ne sont rien, on ne peut pas faire grand chose. C'est ce que Fabian fait. C'est ce que je fais et c'est ce qu'on fait tous malgré nous. Parce qu'on ne veut pas abandonner. Et c'est normal, on tient à avoir une vie heureuse.

- Et tu crois qu'on finira comment à force d'agir comme ça ? Murmura James.

- Je l'ignore... La pire des conséquences pour moi, c'est le jour ou j'ai terminé dans le coma. Mais franchement là, ben une fois que tu y es, t'as plus mal...

- Je n'ai pas envie qu'on perde la vie par leur faute, de leurs mains...

- On ne la perdra pas. Aucun d'entre nous. Je ne les laisserais jamais faire.

- Il faut que tu te mettes dans la tête, Rus', que tu ne contrôle pas tout, loin de là.

Sirius soupira. Il ne trouva rien à redire. Il savait qu'un jour, malgré tous ses efforts, il ne trouverait plus le moyen de lutter contre son grand frère. C'est pour cette raison qu'il lui faudrait le doubler avant, faire en sorte qu'il ne soit plus à sa merci, qu'il puisse s'éloigner de lui et ses menaces. Il prit une main de James et la serra, se collant un peu plus contre lui. Pour rien au monde, il ne voulait qu'il lui enlève ceux qu'il aimait un par un. Pour rien au monde. Alors, il allait vaincre. C'était la seule solution. Il sourit en entendant la porte s'ouvrir doucement. Des pas de loups avancèrent doucement vers eux. Après quoi, un poids léger s'appuya sur eux. Un sourire se dessina sur les lèvres de James, une deuxième main, plus petite et fine que celle de son meilleur ami se mit à caresser doucement sa joue.

- Je vous aime. Murmura la voix de Sam, tout prêt de leurs visages.

Ils sourirent tous les deux, se serrant un peu plus les uns contre les autres. Ce soir là, ils décidèrent qu'ils allaient se battre pour de bon. Le lendemain, des copies d'eux iraient en cours. Tandis qu'ils tenteraient de monter des plans de rébellion. Les Maraudeurs et Fabian étaient partis de ce principe : Ça devait chaque jour être plus grand, plus recherché. Ça devrait faire de plus en plus mal, frapper de plus en plus fort. Comme eux, ils allaient montrer qu'ils étaient parfaitement capable d'être cons.