Musique du chapitre (identifiant de vidéo Youtube) : Les rois de la Suède - Parniak le cougar nESnwwUbs_M
Chapitre 37
Am Stram Gram
10 juillet
" Regardez-les comme ils sont mignons tous les deux. "
Une voix me tire de mon sommeil. Je grommelle et resserre mes bras contre moi. J'entends grogner. Tiens ? J'm'étais pas endormie seule ? On me serre alors au niveau de la taille. J'entends des petits rires qui se veulent discret. J'ouvre un œil. Tiens, un torse. Je lève la tête. Ah. Bilbo. Je suis dans ses bras et je lui enserre la taille. C'est chaud. Et confortable. J'enfonce ma tête contre son torse. J'suis bien. J'vais rester là un peu plus.
" Qu'est-ce que vous regardez avec tant d'intérêt ? " demande une voix. Gandalf, ça ressemble. " Oooh. Je vois. " et je l'entends rire avec les nains.
" Shuuuu. " je grogne. Bilbo sursaute alors. " Charlotte ? " je l'entends murmurer embrumé.
" Ils sont méchants.
- Qui ?
- Les gens qui m'empêchent de dormir. "
En vrai, on a une voix horrible de gens qui sortent du sommeil et prennent trop de temps à prononcer les voyelles. J'entends des rires. Et Bilbo se redresse brusquement. Han. J'suis plus dans ses bras.
" Pat pat. " je grogne pour signifier que je veux qu'il revienne et j'ouvre les bras vers la direction où je pense qu'il est, aillant encore les yeux fermés.
" Jeannot Lapin redevient gras et appétissant, à force de pain et de miel ! " et j'entends le gloussement de Beorn et un pouiquement de Bilbo. Je me redresse, encore enroulé dans la couette.
" Qui qui veut manger Bilbo ?! " je m'inquiète. Mais devant moi, il y a l'intégralité des nains, Gandalf au milieu et accroupis à côté de Bilbo un doigt dans son ventre, Beorn.
Ma réaction déclenche des rires. Je grommelle des trucs dans ma couette pendant que Bilbo s'étire. J'me sens encore envie de dormir. Beorn se redresse.
" Allons déjeuner. " il a l'air tout joyeux Papa Ours.
Je baille lourdement, Bilbo est en train de suivre les nains vers la salle à manger. Je vais me recoucher je crois. Je pense que j'ai bu trop d'hydromel.
" Même toi petit lapin. " j'entends Beorn déclarer avant de me faire soulever avec ma couette.
" Hein ? " je couine avant de me retrouver sur une chaise trop large pour moi, encore dans ma couette et avec un bol de lait … au miel devant moi.
" Mes amies les souris m'ont dit que tu avais mal dormi. " me sourit doucement en me regardant avec intérêt.
Moi ? Mal dormit ? Non, j'étais bien contre Bilbo je décide en prenant le bol dans les mains. Chauuud. Ça fait du bien. Je souffle de contentement. Enfin, c'est plus un saladier qu'un bol pour moi. Disons que c'est un bol taille Beorn. Autour de moi j'entends des bruits de mastication. J'aimerais que l'instant dure toujours. Pourquoi ? J'étais pas mieux dans la comté ? À cause des chevaux trop intelligents de Beorn ?
" Ah. " je viens de me rendre compte de ce que veut dire les souris du changeforme.
" Non, juste je sais que notre aventure est pas terminée. Ça me rassure pas. " j'explique en regardant mon bol et en buvant quelques gorgées. Le lait chaud coule dans ma gorge jusque dans mon estomac. Ça fait un bien fou. Beorn se contente de grogner.
" Tu peux rester ici si tu veux. " me murmure-t-il. Je sens son souffle sur mes cheveux, pendant qu'il enlève du bout des doigts des morceaux de pailles de mes cheveux.
" C'est gentil comme tout. Mais j'irais jusqu'à Érebor.
- Tu es sûre ? Tu serais bien ici.
- J'en doute pas. Mais j'ai ma famille à aider. "
Tous les bruits de mastication autour de nous s'arrêtent. Beorn m'embrouille les cheveux en rigolant doucement. Les nains me fixent. J'ai dit une bêtise ?
" Je vois pourquoi les nains t'aiment tant. " grogne doucement l'homme ours.
Parlant d'Érebor. Je m'étire et m'extirpe de la couette qui me tenait prisonnière pendant toute la durée du déjeuner. Demain on repart, mais j'ai encore des trucs à faire et les nains ont pas encore l'air prêt à partir.
Beorn et Gandalf sont partis je sais pas où (je sais même pas quand Gandalf est revenu, ni ce qu'il a fait). Je me laisse tomber de la chaise assez lourdement (elle est haute) et m'avance vers Dwalïn qui arrêtent de discuter avec son frère quand il me voit arriver.
" Est-ce que je peux te demander de m'entraîner ? " je lui demande. Après tout, j'ai pas eut d'entraînement depuis Fondcombe, j'ai pas envie de finir rouiller.
Il me détaille de haut en bas quelques instants, coule un regard vers Bilbo qui secoue négativement la tête, n'ayant visiblement pas envie de s'entraîner également.
" Ori ! Kíli ! Fíli ! " hurle Dwalïn avant de prendre la porte. Je le suis, rapidement suivit par les jeunes nains.
Bien vite, Dwalïn est en train de nous aboyer des ordres. Je suis contre Kíli. Visiblement, j'ai le niveau. Enfin. Il doit le croire. J'ai déjà vu Kíli s'entraîner avec son frère, j'en suis pas convaincue.
J'ai dans ma main un bout de bois qui fera office de couteau.
À côté de nous, Ori et Fíli se battent à main nue sous le regard de Balïn. J'pensais pas le doux petit agneau de Ori aussi farouche. Il fait presque peur.
" Prête ? " me demande Kíli en faisant tournoyer son bout de bois faisant office d'épée dans sa main. Il se la joue cool et sûr de lui. Je resserre mon bâton. Autant je faisais confiance à Dwalïn de jamais me toucher, autant là je suis pas convaincue que Kíli saura s'arrêter. Mais il faut que je lui fasse confiance, j'ai pas tellement le choix.
Il est déjà en position, grand sourire aux lèvres et il sautille presque sur place. Dire que j'me foutais de la tronche des personnages de Street Fighter … Il est beaucoup plus remuant que Dwalïn qui est toujours impassible en comparaison.
Je saute d'un bond vers le jeune nain en tenant à deux mains mon morceau de vous. Il sursaute, mais avant de réagir, il a déjà son arme contre la mienne au-dessus de nos têtes. Il est désormais très concentré sur mes mouvements, mais je suis quand même contente de l'avoir surpris. Un jeu de jambes, je tournicote sur moi et je retrouve sur son flanc. Il fait un pas de côté et il se retrouve de nouveau en face de moi. Il abat son bâton juste là où j'étais quelques secondes avant si j'avais pas sauté sur le côté. Je profite qu'il ait son arme basse pour bondir en avant une nouvelle fois. Son bout de bois arrête mon mouvement et sans que j'ai pu réagir, glisse le long de ma branche et le bout de son arme me touche le torse. Je sursaute en arrière, mais c'est trop tard.
" Je suis touché ! "
Et Kíli me sourit intensément. Très content de son coup.
" On recommence. Charlotte ne reste pas immobile ! Sers-toi de tes jambes. " lance Dwalïn.
Dwalïn nous regarde danser depuis de longues minutes. Aucun de nous ne se touche. On se met en garde, on tente des choses, mais rien ne passe. J'ai moins d'allonges que Kíli, donc moins d'effet de surprise, mais là où lui me bloque, moi je fais des pirouettes et lui échappe plus facilement. De toute façon, je pense que si j'essayais de le bloquer j'finirais juste par terre : il est beaucoup plus fort que moi en force brute. Je commence à plus savoir quoi tenter. Ceci dit, je suis contente d'arriver à peu près à tenir tête à Kíli, même si je sais qu'il y va tout doux avec moi.
J'ai soudainement une épiphanie : je suis plus petite que lui ! Et plus souple comme me le répète souvent Dwalïn !
Je saute en avant, directement vers Kíli. Il s'attendait à une attaque frontale et il se place pour parer avec son arme. Je glisse sous ses jambes (merci la petite taille des hobbits femelles), me retourne et d'un coup de jambe, le met à terre. Il tombe la tête la première et se rattrape de justesse par le coude pour ne pas se prendre le bout de son bâton dans le ventre. Merci les réflexes de Kíli et la robustesse des nains. Je pose la pointe de mon bâton sur sa cuisse, contre son manteau.
" Touché ! C'est toi le chat ! " je piaille en me relevant, toute contente de l'avoir ENFIN touché. Il se relève, laissant sa branche au sol et me regarde avec un grand sourire que je n'aime pas. Oh. Ça pue. Je lâche mon couteau et hurle " Noooon ! " de manière dramatique en courant, les mains en avant. J'ai le temps de faire quatre pas que je sens des mains autour de ma taille et m'écroule lourdement au sol, Kíli sur mon dos.
" Tu disais ? " annonce-t-il tout fièrement. J'ai la joue contre l'herbe et le sol. Soudain, j'ai plus rien sur moi. " Charlotte ! À l'aide ! " visiblement, Ori a volé à mon secours et a fait rouler Kíli plus loin, ce dernier étant déjà en train de prendre l'avantage. À quatre pattes je saute sur les deux, Fíli nous rejoint en quelques foulées et avant que je comprenne on se retrouve à se battre à quatre telles des chatons. On se bouscule, on rit à pleins poumons, je sais même pas s'il y a des équipes vu qu'un coup Ori m'aide, un coup il me plaque au sol.
Soudainement, j'entends Bofur s'exclamer " Oh mon dieu, ils ont tué Kíli ! " et en effet, Fíli est magistralement debout sur Kíli, un pied sur le torse de son frère. Kíli est en train d'en faire une caisse en râle et geste dramatique.
" Espèce d'enfoiré ! " je lance avant de sauter sur Fíli qui me récupère comme si je pesais rien et je finis dans ses bras, pendant qu'il tourne et que je me débats comme je peux telle une sardine dans un filet. J'entends Kíli râler et Ori hurler de rire. Fíli de son côté m'a littéralement mise sous son bras et rit à pleins poumons en regardant le brun et Ori se battre sur les genoux. Ils se tiennent l'un l'autre par les coudes et tente de se faire tomber.
" Allez, on arrête le massacre. " finis par couper Dwalïn en claquant des mains. Je l'avais oublié tient. Il se tient droit comme un i, les bras croisés, un sourire aux lèvres, au côté de l'intégralité de la compagnie et de Bilbo.
" Oups ? " je propose, soudainement rougissante. Fíli me repose au sol et je me redresse. Dire que c'est moi qui aie proposé qu'on s'entraîne tous. Ori est en train d'aider Kíli à se redresser. On est tous hyper crade à s'être roulé dans l'herbe.
" On retourne à l'entraînement. Hop. " il tape dans ses mains de nouveau.
" Ça fait du bien de voir nos jeunes si heureux de vivre. " j'entends un nain déclarer pendant que je pare un coup de Kíli. Je crois que c'est Dori.
En fin de mâtiné, mon ventre fait un bruit de grizzlis à réveiller les morts. Kíli bloque alors le coup qu'il s'apprêter à m'infliger et se met à rire.
" Je crois que Charlotte a faim ! " lance-t-il à Dwalïn qui sourit dans sa barbe.
" Allez, fin de l'entraînement pour tout le monde. " déclare-t-il.
On s'est quasiment pas arrêté de la mâtinée. En me battant avec Kíli j'ai compris pourquoi les nains font autant de pirouettes quand ils se battent : ça déstabilise l'ennemi et permet d'éviter pas mal de coup. Dwalïn a passé son temps à rectifier mes pas et à apprendre de nouvelle façon de parer à Kíli.
Ori se jette devant moi " Tu te bats bien ! J'aurais jamais pensé voir un hobbit se battre ! " rigole-t-il.
" J'aurais jamais pensé avoir besoin de savoir me battre. " je rigole également en jetant plus loin mon bâton maintenant très amoché " et toi ! T'es farouche au combat ! " je lui lance. Il rougit et souris comme si je venais de lui dire le plus beau compliment.
Quand on arrive dans la cuisine, Beorn et ses animaux nous ont déjà préparé un grand repas.
" Chouette ! " je m'exclame à haute-voix, faisant rire Beorn.
Le repas n'a pas été aussi joyeux, cependant, Beorn et Gandalf nous répétant des conseil pour survivre dans la forêt.
Gandalf a on ne sait quoi à faire et ne prévoit pas de nous accompagner. Même mes yeux implorants ne l'ont pas fait changer d'idée. Pourtant je suis convaincue qu'on aura besoin de lui quand on sera sous les barreaux. Mais rien ne le fait changer d'avis. On le reverra un jour, peut-être. De mémoire, quelques part juste avant la guerre de cinq armées.
Visiblement, les orcs se tiennent plus ou moins sages aux frontières de Beorn.
" Je propose que vous partiez dès vos affaires prêtes. " annonce Beorn. C'est plus un ordre qu'un conseil, on le sent, donc tout le monde acquiesce.
L'après-midi est un fouillis de préparatifs. Ça grouille de partout entre Gandalf qui donne des conseils, Beorn qui assistent les nains, les animaux de Beorn qui tentent d'aider aux mieux tout le monde et les nains qui s'occupent de remettre en état leurs armes, leurs vêtements, en coudre de nouveau, charger des sacs, cuisiner dans le four en pierre du jardin et que sais-je encore. Même Bilbo est utile puisqu'il est occupé à coudre avec Dori. Et moi ?
J'ai proposé mon aide à un peu tout le monde, mais personne n'a besoin de moi. Je me sens proprement inutile. Même Bilbo m'a refusé d'aider : " tu es très gentille, mais je sais comment tes points tiennent. "
Je me retrouve donc à bouder dans un coin, sur une chaise avec un rat. Je l'ai nommé Pucchito. Il adore jouer avec moi, ça m'occupe en observant tout le monde. Le rat lui est occupé à jouer avec mes doigts. Je le chatouille soudainement, ce qui lui vaux des p'tits cris à la limite de l'ultrason qu'il faut traduire par des rires de rats. Je regarde par la fenêtre : la nuit tombe, les derniers rayons du soleil enveloppe le ciel et font apparaître les premières étoiles.
" Eh, Papa-Ours a l'air occupé, ça te dirais qu'on aille voir pour faire à manger ? "
Le rat s'immobilise sur mes genoux et penche la tête pour me scanner.
" J'te nomme mon goûteur officiel ! " cela semble lui plaire puisqu'il saute immédiatement sur mon épaule.
" En avant Léodagan ! " je lance alors en sautant presque sur mes pieds. Je navigue à travers la mer de nains, personne ne faisait trop attention à moi. Finalement, je finis par arriver à la cuisine. Bon, c'est bien, mais je fais quoi ? Je me penche pour laisser sauter Pucchito sur la table.
" Risotto ? " je propose au rat. Après tout, c'est un des rares plats qui est quasi-inratable, même avec mes talents. Je suis le rat courir le long de la table, grimper dans un des sacs en jutes au sol et sautiller sur place.
" C'est du riz ça ? " je demande en l'ouvrant, faisant attention à mon ami à poil. En effet, dedans je trouve du riz brun. " Et il n'y a plus la peau du riz, chouette pour moi. " je commente. Si je fais à manger pour … treize nains, un changeur de forme, deux hobbits et un magicien, ça fait … je compte sur mes doigts dix-sept. Sachant que tout le monde a bon appétit …
" J'en fais pour vingt … ? " le rat hoche la tête, moyennement convaincu. " Bof, il y a d'autres trucs à manger avec, ça ira. " je finis par conclure et cherche dans les placards une marmite et un verre. Je trouve finalement la marmite et une tasse, ça fera l'affaire, vu que c'est juste un doseur. Je pose la marmite à l'emplacement du feu et garde le doseur près de moi.
" Il me faudrait des oignons maintenant. Tu sais où il y en a ? " je demande à mon commis de cuisine qui va courir en sautillant vers la porte où en effet est suspendu des oignons. " Parfait ! Merci ! " et je prends dix oignons que je dispose sur la table. Un mouton est arrivé dans la cuisine et me tend délicatement un couteau d'office. " Oh, un deuxième commis ? Merci beaucoup. " et il me bêle délicatement dessus. Je coupe grossièrement les oignons en pleurant à chaudes larmes. Le mouton me regarde faire. Petit rat lui de son côté m'aide en poussant plus loin au fur et à mesure les morceaux que je coupe. Il a pas l'air dérangé par les mécanismes de défenses du légume. Moi je pleure à chaude-larme et suit à moitié aveugle. Ce qui me rappelle soudainement une chanson " Mais Parniak, mais tu pleures … ? " je demande à haute-voix à un rat qui ne comprend pas, pendant que je commence à chanter en finissant mes oignons.
" Parniak l'intrépide cougar qui flotte sur notre étendard. Le symbole de notre nation, la suède seule face à l'oppression. " Le rat se secoue en rythme, ravi de me voir sautiller sur place (en faisant attention à mes doigts). Je mets une larme de beurre au fonds de la marmite et me coupe dans ma chanson pour demander " Est-ce que tu veux bien allumer le feu s'il te plaît ? " au mouton qui le fait de bon cœur. Étrangement, je suis toujours aussi incapable d'allumer un feu sans allume-gaz. Heureusement que les animaux de Beorn sont plus capables que moi. Bien vite, les oignons sont caramélisés et je dose cinq verres de riz que je glisse dedans. Armé de ma louche et sous la surveillance de Pucchito sur mon épaule, je fais caraméliser le riz en chantant.
Peu après avec le mouton, on recouvre le tout d'eau, puis d'un couvercle.
" On forme une chouette équipe ! Le repas sera près d'ici peu. " je préviens. Le mouton hoche la tête et sort en trottinant de la cuisine.
" Bon, le temps que ça cuise, un p'tit snack ça te dis ? " je propose à mon commis à longue queue. Il ne semble pas comprendre, mais il sautille presque sur mon épaule quand je lui propose une lichette de miel. Tiens, risotto au miel et oignon vert ? Ça peut le faire. " Tu sais quoi ? On va mettre du miel dans le riz ! " je propose. Le rat est encore en train de se lécher à fond les lèvres, sa petite langue rose sortant de sa bouche. Je lui repropose du miel en lui en mettant sur la patte. Il se jette pratiquement sur sa patte, ravit de sa confiserie pendant que je rajoute une dizaine de cuillères de miel dans notre repas. Pendant que mon copain se nettoie à fond la patte avec sa langue, je chante et cherche du regard des herbes à rajouter.
" Suède sort tes griffes et attaque au visage, Parniak le shérif il défend tes rivages.
- C'est l'hymne de ton pays ? " demande soudain une voix et je me retourne tout sourire vers Bilbo.
" Naaaah, du tout ! Mais c'est entraînant, non ? " Bilbo rigole et regarde ce que je fais dans la marmite.
" Du riz ?
- Risotto !
- C'est … du riz.
- Naah, pas que, c'est du riz revenu dans des oignons et après on rajoute des trucs dedans. Je cherche des trucs à mettre dedans, justement.
- Je peux t'aider ? Et si on faisait des légumes sautés avec ?
- Avec plaisir ! "
Au final, je me suis retrouvée à cuisiner avec Bilbo, surveiller mon riz (après y avoir ajouté des pousses d'oignons vert et quelques épices), filer de temps à autre des trucs à manger à Pucchito et apprendre les paroles de Parniak à Bilbo qui trouve l'air à son goût également. Le mouton est revenu de temps à autre nous surveiller et nous aider.
" J'ai jamais croisé d'animaux aussi intelligent … Certains comprenaient quelques mots, mais jamais je n'en ai vu d'aussi …
- Humain ? " propose Bilbo en remuant ses légumes, pendant que je rêvasse sur mon tabouret, attendant que l'eau de mon riz soit absorbés.
" Ça doit être à force de parler avec un homme-ours. Ici les humains sont plus animales et les animaux plus humains. " relativise le hobbit.
" Je suis surprise.
- Pourquoi ?
- Aucun nain n'est venu nous déranger. Pas même Bombur.
- Ah, oui. C'est normal.
- Ah bon ?
- Oui, Pucchito a dit que tu étais sous ses ordres et que vous prépariez un festin. "
Je regarde le rat sur mes épaules qui cligne des yeux devant moi, la figure même de l'innocence.
" Je suis sous tes ordres comme ça ? " je lui demande en fourrant mon nez dans ses poils derrière ses oreilles. Le rat creucreutte doucement, sa façon à lui de me dire qu'il m'aime. Je lui souffle de l'air chaud dans les poils, profitant quelques instants de trop de sa douceur.
" Et donc, pourquoi tu es venu ?
Je me rappelle des premiers repas qu'on a fait ensemble, j'ai demandé à t'aider. " et il part presque en éclat de rire, si je fais semblant quelques secondes d'être offusqué, main sur le cœur, je rigole bien vite avec lui.
Eh, j'ai jamais été vraiment doué.
" Le rizotto, c'est inratable !
- Que tu dis ! "
Quand on sort de la cuisine, une marmite énorme chacun dans les mains, on est accueilli en héros dans une salle à manger déjà pleine de nains, magiciens et change-forme.
" Alors, vous nous avez fait quoi ? " demande tout curieux Bombur quand on pose nos marmites sur la table.
" J'ai juste fait des légumes pour aller avec ce qu'a fait Charlotte. " explique Bilbo en commençant à remplir une assiette et me l'a tendant. " Tu appelles ça comment ton riz déjà ?
- Du rissotto. " tous me regardent étrangement pendant que je mets du riz dans l'assiette que je tends au nain à ma gauche : Ori.
" Du riz … ssoto ? " demande peu convaincu Bombur.
" Oui-oui. " et sur ça, Pucchito toujours sur mon épaule couine, avant de filer sur la table vers Beorn. " On fait revenir des oignons, on rajoute le riz, on fait caraméliser avec du miel, on rajoute l'eau puis les épices et autres. C'est un des rares trucs que je sais cuisiner et vous verrez, c'est bon ! J'y ai mis du miel !
- Du miel ?! Dans du riz ? " s'étonne Bombur qui là regarde son assiette d'un drôle d'air.
" Goutte. " je le force en finissant de servir les nains et observant Bombur. En fait, tout le monde (à part Beorn qui ne nous attend pas pour goûter) observe le cuisinier. Il renifle l'assiette et me regarde étrangement. Je sens ma gorge se serrer. Finalement, il prend un peu de riz dans sa fourchette et de goûter. Il ferme les yeux et j'arrive pas à lire son expression.
" C'est … étrange, mais très bon ! " et il lève son assiette en ma direction.
" Je te l'avais dit ! " et je m'assois, super heureuse dans une chaise pour manger avec l'impression d'avoir accompli une grande chose. " Je vous ferais dire que le soir où vous avez débarqué chez Bilbo, c'est moi qui avais cuisiné. " je lance, fière de moi. Non, mais, la confiance règne. " Et je vous ai pas empoisonné alors que je connaissais pas la moitié des plats que je faisais. " je continue. Ça fait rire tout le monde et Bilbo lance la discussion en racontant mes essais de cuisines chez lui, dont pas mal était relativement désastreux, mais ça fait rire tout le monde, dont moi, une fois la honte assumée.
