Titre : Le sang des innocents
Auteur : Tabourette
Beta : ClaP74
Rating : MA
Note 1: cette histoire contient des relations homosexuelles donc toutes les personnes que cela rebute, passez votre chemin
Note 2 : Merci beaucoup à ClaP74 pour avoir corrigé ce chapitre encore une fois ! Sans elle vous n'auriez pas un texte aussi agréable à lire.
Diclaimer : les lieux et personnage de l'univers d'Harry Potter ne sont toujours pas ma propriété mais celle de leur auteur J.K Rowling. Le reste, c'est tout à moi !
Petit mot de ClaP74 : OH MY GOSH … Le chapitre DES révélations, non mais quel bordel ça nous fait tout ça. Je n'ai pas encore eu le prochain chapitre, mais je pressens que ça va mal se finir cette histoire ! Quel suspens, Anna, tu as plutôt intérêt à m'envoyer la suite rapidement, parce que je pense que je ne serais pas la seule à devenir folle après cette fin aussi heuu problématique ? Nan ça va pas, plutôt quelque chose comme « arf trop de suspens, trop d'attente, mais comment ils vont faiiiiiiiiiiire ?! » Oui oui tout ça, et petits lecteurs, vous allez vraiment adorer, comme à chaque fois !
Voici la suite de la rencontre de tous nos personnages ! On continue avec les découvertes et d'autres petites choses aussi qui apparemment ont laissé ClaP74 sur sa faim ^^, mais je ne vous en dis pas plus, je vous laisse le découvrir par vous-même :D
Comme vous avez pu le voir avec le dernier chapitre, beaucoup d'entre vous étaient partis sur les bonnes suppositions (d'après ce que vous avez partagé dans vos reviews) ! Il reste encore quelques problèmes non élucidés mais ça va venir petit à petit dans les prochains chapitres.
J'espère que cette suite va autant vous plaire que le précédent chapitre. Et je vous remercie sincèrement pour vos reviews enthousiastes ! Vous êtes juste géniaux.
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Draco se renfrogna devant la réponse énigmatique du professeur Granwich. Déjà que toute cette histoire était tordue, il n'avait pas en plus besoin d'une réponse mystérieuse.
-Franchement, si tout ça ne sert à rien, je trouve que c'est une bien belle perte de temps.
Le vieil homme lui adressa un sourire presque attendri.
-Vous partez bien défaitiste jeune homme. Pourquoi vous attarder sur les possibilités qui n'existent pas plutôt que de vous concentrer sur celles qui sont envisageables ?
Draco lança un regard perdu au professeur. La vieillesse ne lui réussissait visiblement pas.
-Il est vrai que toute cette magie ancienne dans laquelle vous flottez ne sera jamais aussi puissante qu'à Poudlard. Votre signature magique est celle du centre tellurique sur lequel nous nous trouvons en ce moment et c'est ce qui vous confère tant de possibilités. Mais je pense que ces possibilités se trouveront fortement restreintes hors de Poudlard. Peut être que dans les environs proches, vous pourrez encore en ressentir les échos, mais plus loin, je ne saurais vous dire. Peut-être que si vous restez tous les huit ensembles, de belles possibilités vous seront encore accessibles loin de ce croisement tellurique, mais pour le savoir, il faudrait le tester.
-Mais en quoi se trouver à Poudlard nous donne une force particulière ? Demanda Harry.
-Comme je vous l'ai dis, votre signature magique est identique à celle de ce croisement tellurique. La magie ancienne qui règne dans ce château et celle qui vous entoure de par vos conditions de créatures anciennes ou de la magie du sang et des sacrifices utilisés pour vous lier sont en communication. Elles se reconnaissent et se partagent. Vous êtes reliés à elle comme aucun autre sorcier ne peut l'être. Vous pouvez donc facilement en tirer sa force pour augmenter la vôtre. Bien sûr, comme l'a dit monsieur Daoïne, on n'a rien sans rien. De l'énergie à l'état brut et de la magie circulent sous nos pieds. Prenez l'un et vous devez donner de l'autre. En tout cas, c'est la théorie. Mais je suppose que le procédé reste semblable à celui des Sidhe. Il faut donner pour recevoir. Depuis que vous êtes revenu à Poudlard après que vous vous soyez liés, n'avez-vous remarqué aucun accroissement de votre puissance magique ? Vous avez inconsciemment dû puiser dans les ressources sous vos pieds maintenant que vous y êtes lié et que cette magie vous est accessible, non ?
Seules des réponses négatives lui revinrent.
-Hum, étrange, murmura la professeur Granwich.
Avec ferveur, il relut les notes qui traversaient en tout sens le parchemin en face de lui.
-Pourtant, je suis persuadé que tout ceci est lié, marmonna-t-il pour lui-même alors que les personnes autour de lui n'osaient piper mots, de peur de le déranger dans ses réflexions. Magie du sacrifice…hum… et là….non…hum, les rêves, oui, et… Mais bien sûr ! S'exclama le vieil homme. Suis-je bête, les rêves !
Le professeur regarda ses interlocuteurs avec un grand sourire, mais personne ne lui répondit.
-Les rêves que vous avez faits, voyons ! La magie de l'illusion. Vous n'avez été capable que de faire appel à la magie de l'illusion, et ainsi faire des rêves pour vous retrouver, seulement lorsque vous dormiez ensemble, couple par couple, c'est bien cela ?
-Oui, approuva Severus.
-Je pense alors que vos capacités magiques, l'utilisation inconsciente de la magie ancienne ne se fait que lorsque vous êtes réunis physiquement. Lorsque vous dormez, votre esprit s'abandonne et laisse la porte ouverte à beaucoup de choses, notamment à la magie ancienne. Lorsque ces jeunes gens ici présents s'endorment, je pense que le lien entre eux et leur créature magique s'ouvre plus facilement et facilite l'utilisation de la magie ancienne, mais aussi sa transmission d'une personne à l'autre. Je sais que ces concepts doivent vous paraitres très abstraits. Moi-même j'ai mis plusieurs années pour bien appréhender la manière dont fonctionne cette ancienne magie. Je pense donc que les liens entre les jeunes personnes et les créatures magiques doivent être ouverts pour que la communication entre la magie du croisement tellurique et votre magie respective soit optimale. Après tout, vous n'êtes plus des personnes individuelles, mais vous formez un tout avec votre autre moitié. La magie du sacrifice et du sang sont basées là-dessus. Coupez ce lien et vous affaiblissez la magie ancienne dans laquelle vous flottez. Mes connaissances sur les liens magiques entre les personnes sont assez restreintes donc tout ceci reste théorique, mais peut être que vos liens respectifs ne sont pas suffisamment ouverts pour que vous réussissiez à communiquer suffisamment avec la magie ancienne qui vous entoure. Ouvrez ces liens et vous serez capable d'avoir accès à la magie du croisement tellurique sous Poudlard.
Harry commençait vraiment à être perdu, entre leur magie ancienne qu'ils avaient utilisée pour se lier et la magie ancienne de Poudlard, sans compter celle du croisement tellurique. Trop de nouveaux concepts à assimiler d'un seul coup. Mais il n'osa pourtant pas redemander une explication, de peur de passer pour l'idiot de la troupe. Il espérait vraiment que Severus avait tout compris et qu'il pourrait lui en refaire un exposé un peu plus tard. D'après son air à la fois étonné et fasciné, qu'il ne cachait pas vraiment contrairement à ses habitudes, Harry en déduit qu'il devait au moins avoir saisit l'essentiel.
-Mais encore une fois, reprit Draco, obstiné, même si on part de l'hypothèse qu'on peut se servir de la magie de ce croisement tellurique dont vous parlez, si on ne peut pas se servir de cette force ailleurs que sur ce croisement, en quoi est-ce intéressant ?
Le professeur Granwich n'eut pas le temps de répondre qu'un toc-toc se fit entendre sur la porte de la salle. Tout le monde figea. Personne d'autre n'était attendu à cette petite réunion.
Severus regarda les gens autour de lui et se décida à se lever pour aller ouvrir.
Son expression se fit encore plus fermée lorsque l'ouverture de la porte révéla le professeur Dumbledore arborant une mine loin d'être amicale.
-Severus, pouvez-vous m'expliquer pourquoi je viens d'apprendre que le professeur Granwich, qui m'a quitté depuis plus d'une heure, n'est toujours pas sorti du château et pourquoi je le retrouve ici avec vous. Dumbledore inspecta l'intérieur de la pièce. Ainsi qu'avec des personnes étrangères à l'école et qui n'ont fait aucunes demandes pour y entrer.
Le ton froid du directeur ne laissait aucun doute sur ce qu'il pensait de cette situation qu'on lui cachait. Severus pâlit légèrement et s'écarta rapidement lorsque Dumbledore força le passage pour entrer dans la pièce.
-Albus, mon ami, s'exclama le professeur Granwich, ne vous énervez donc pas, nous ne faisions que discuter.
-Harold, je ne souhaite pas vous froisser, mais il est de mon devoir de directeur de savoir à tout instant qui se promène dans l'enceinte du château. La sécurité de ses occupants est de ma responsabilité.
Le professeur Granwich, qui venait de se lever à l'entrée de son ami, ne paraissait pas devant la haute stature d'Albus Dumbledore, mais la puissance qui émanait d'un si petit corps n'avait pas à pâlir face à celle du directeur.
-Monsieur Snape m'a simplement demandé un entretien pour une affaire personnelle. Plutôt que de devoir déplacer tout ce petit monde hors de Poudlard, nous avons préféré nous retrouver ici.
Situé entre les deux hommes, Severus sentait l'inconfort qui l'envahissait. Rien de ce qu'ils ne pourraient dire ne pouvait changer le fait qu'il avait organisé une réunion dans le château avec des personnes extérieures sans en informer le directeur.
Derrière les deux hommes, personne ne soufflait mot. Tous sentaient la tension qui régnait dans la pièce.
-Severus, interpela de nouveau le directeur, pouvez-vous m'expliquer tout ceci ?
-C'est… personnel, comme vous l'a dit le professeur Granwich, répondit pourtant avec aplomb Severus.
-Lorsque vous faites venir des personnes étrangères dans l'enceinte du château, cela me regarde aussi.
-Professeur, s'exclama Harry qui venait de se lever. Nous ne pouvons rien vous dire. Le jeune homme brandit un morceau de parchemin. Nous en avons fait le serment.
Le regard de Dumbledore passa du morceau de papier, à Harry, avant de parcourir le visage de chaque personne présente dans la pièce.
-Un parchemin de restriction ? Je vois. Dans ce cas, je vous invite à tous donner votre consentement pour que l'histoire qui vous occupe ici me soit révélée.
Il était clair pour tout le monde que l'invitation n'était rien d'autre qu'une obligation déguisée.
Le courage qui avait animé Harry pour venir au secours de Severus venait soudainement de le déserter. Il avait cru un instant que l'excuse du parchemin serait suffisante pour dissuader le directeur de pousser plus loin son interrogatoire, mais il avait juste oublié que la révélation était malgré tout possible avec l'accord des signataires.
-Je ne laisserai personne sortir de cette pièce avant que toute la lumière soit faite sur cette affaire, s'exclama le directeur.
Harry avait rarement vu Dumbledore aussi autoritaire et froid, mais étrangement, la première image qui vint au Survivant fut celle d'un enfant capricieux et en colère de ne pas avoir ce qu'il demandait. Il garda pourtant cette impression pour lui. Son regard croisa alors celui de Severus qui lui adressa un petit signe de tête discret qu'Harry interpréta comme un remerciement pour l'effort, même si celui-ci avait été vain.
Voyant que personne ne réagissait, la patience de Dumbledore commença à s'effriter un peu plus.
-Mademoiselle Pengraff, Totley et messieurs Potter et Malfoy, commença le directeur on montrant bien que l'identité de tout le monde ici présent lui était connue, je vous rappelle que vous êtes élèves dans cet établissement. Et vous venez d'enfreindre une des closes du règlement qui interdit l'intrusion de personnes étrangères au château sans en demander au préalable la permission. Ce fait est passible de renvoi temporaire.
La menace clairement énoncée fut reçue violemment par les quatre élèves. Laelis regarda avec angoisse Daoïne et Kateline, Morgan.
Severus fonça les sourcils et posa son regard sur Harry.
-Je donne mon accord pour révéler au directeur de l'école ce qui a été dit dans cette pièce, annonça d'une voie forte et claire Daoïne en se levant.
-Moi aussi, je donne mon accord, annonça à son tour Laelis à peine une seconde plus tard.
-Moi aussi, dit Morgan en se levant.
-Morgan, marmonna Kateline sous le ton de la menace.
-Quoi ? Je n'ai pas envie que tu sois renvoyée pour cette histoire. Il n'y a pas de raison de garder tout ça secret. Après tout, continua Morgan un peu plus fort à l'attention de tout le monde, je suis sûr que nous pouvons faire confiance au professeur Dumbledore pour ne rien révéler de ce que nous allons lui raconter. N'est-ce pas professeur ? La confiance est une valeur qui se respecte, c'est vous-même qui me l'avez dit il y a quelques années.
Le sourire que le directeur adressa au jeune homme était un peu crispé, mais il essaya d'être sincère.
-Évidement, Monsieur Hawley, vous pouvez me faire confiance.
-Ok, soupira discrètement Kateline en se levant, je donne mon accord aussi.
-Moi aussi, annonça Draco en se levant après avoir reçu l'approbation de Remus.
Remus et le professeur Granwich ne tardèrent pas à voter pour aussi.
Harry regarda avec insistance Severus, qui ne semblait toujours pas enclin à dire quoi que ce soit. Et Harry pouvait comprendre pourquoi. Il avait beaucoup plus de choses compromettantes à révéler que les autres. Il était une créature magique non déclarée au sein d'une école remplie de jeunes sorciers mineurs. Harry ne connaissait pas avec exactitude les lois, mais si ses souvenirs de cours étaient justes, ce n'était pas très bon pour lui.
-Je suis d'accord aussi, finit par lâcher Harry qui vit Severus plisser les yeux. Je propose que ce soit le professeur Snape qui vous raconte tout ceci, professeur Dumbledore, continua le jeune homme. Je suis sûr qu'il… trouvera les mots pour vous relater du mieux possible toute l'histoire.
La petite hésitation du Gryffondor ne passa pas inaperçue pour le vampire. Alors que l'esprit de Severus tournait à plein régime pour trouver une solution à cette situation inextricable, il se rendit compte qu'Harry venait de lui en donner une toute simple.
Après tout, il n'était pas obligé de tout raconter. Dumbledore ne saurait jamais ce qui serait passé sous silence.
Voyant que personne ne protestait contre la proposition du Survivant, le professeur de potion donna lui aussi son accord.
Dumbledore apposa alors la marque de son sang en bas du parchemin de restriction et chaque participant de la pièce fit de même de nouveau, en superposition de celle du directeur.
-Bien, maintenant que vous êtes libre de me raconter toute cette histoire qui vous occupe, je vous écoute. Severus ?
Le professeur de potion mit quelques minutes à trouver les bons mots pour commencer son récit, mais il prit finalement la parole.
Lorsqu'il oublia, par inadvertance bien sûr, de mentionner les conditions de créatures magiques des quatre personnes les plus âgées de l'histoire et leur lien avec les plus jeunes de la pièce, personne ne le reprit.
Il lui fut pourtant impossible de passer sous silence le contexte des rêves et à quel moment ils se produisaient. Dumbledore apprit alors, avec une expression froide, que deux de ses professeurs entretenaient une relation avec des élèves de Poudlard.
Le regard de désapprobation que le directeur adressa à Harry ne lui fit pourtant pas aussi mal qu'il le pensait. Il se rendit alors compte que sa relation avec Severus importait beaucoup plus que d'avoir l'approbation de Dumbledore, pour qui il avait pourtant beaucoup d'estime et dont l'opinion sur lui importait beaucoup.
-J'ai donc demandé au professeur Granwich, que j'ai pu rencontrer lors du rendez-vous que vous aviez fixé, Albus, de venir s'entretenir avec nous tous afin de nous aider à trouver une explication à toute cette histoire de rêve. Je soupçonnais la magie ancienne d'avoir son implication et celui-ci était le plus à même de nous aider.
-Je vois, énonça Dumbledore. Et avez-vous trouvé une explication ?
-Pas encore professeur, répondit Severus sans une once d'hésitation malgré le mensonge.
-Je leur disais justement que j'allais réfléchir à tout cela au calme, avant que vous n'arriviez Albus, ajouta le professeur Granwich.
Il soutint avec ferveur le regard que posa sur lui le directeur de Poudlard. Harold avait toujours tenu à suivre une ligne de conduite droite et honnête tout au long de sa vie, mais pour autant, il ne rechignait pas enjoliver parfois la réalité s'il le jugeait nécessaire. D'autant plus si la personne en face de lui venait fourrer son nez dans une affaire qui ne le concernait pas.
Harold avait beaucoup de respect pour Albus. C'était un grand homme qui avait beaucoup fait pour la communauté sorcière au fil des années. Mais personne n'était exempt de défauts et il trouvait l'empressement d'Albus à connaitre une vérité qui ne le regardait pas, un peu trop poussée.
Ce fut Dumbledore qui détourna le premier les yeux pour venir poser son regard sur les autres occupants de la pièce. Personne ne broncha, mais le malaise général était palpable.
-Bien, je vous remercie de m'avoir fait part de tout ceci, déclara finalement Dumbledore. Je comprends les inquiétudes que vous pouvez avoir par rapport à ceci, mais je suis obligé de vous demander de ne plus réorganiser ce genre de réunion. Pas sans m'en informer au préalable tout du moins.
Quelques hochements de tête lui répondirent.
-Si vous trouvez une réponse à ce problème, Harold, je vous invite à me la faire parvenir également. Peut-être pourrais-je vous être utile, termina Dumbledore dans un sourire amical.
-Je ferais mon possible Albus, approuva évasivement le professeur Granwich.
-Bien. Je dois à présent demander à ceux qui ne logent pas dans ce château de quitter les lieux.
Et Dumbledore ne bougea pas de sa position tant que Morgan, Daoïne et le professeur Granwich ne quittèrent pas la pièce.
Seuls restèrent dans la salle les quatre élèves et leurs deux professeurs. Dumbledore les jaugea un à un du regard.
-Le dîner va bientôt être servi, je vous invite donc à tous rejoindre vos quartiers respectifs pour vous préparer.
L'ordre sous-jacent n'échappa à personne. Une fois tout le monde sorti, Dumbledore referma la porte de la salle de classe dans un claquement sec.
Soulagés d'échapper à cette atmosphère pesante, Kateline et Laelis ne s'attardèrent pas dans le couloir.
Albus reporta son attention sur les quatre hommes en face de lui.
-Severus, Remus, Harry et Draco, vous êtes convoqués dans mon bureau demain soir à 18h. Déclara le directeur d'un ton sec avant de s'éloigner.
Severus se pinça l'arête du nez dans un soupir. Les ennuis n'étaient pas terminés.
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Harry faisait les cent pas dans le salon de Severus alors que son professeur était assis sur le canapé. Il le regardait depuis plusieurs minutes passer et repasser devant lui d'un pas nerveux.
- Calme-toi Harry.
-Mais arrête de me dire de me calmer, s'emporta le jeune homme d'un ton plus agressif qu'il ne l'avait voulu. J'ai l'impression que tu t'en fous de ce qu'il va se passer. Dumbledore a tout découvert pour nous deux et je ne crois pas qu'il va nous laisser nous en sortir comme ça.
Nerveusement, Harry commença à se ronger l'ongle de l'index.
-Je vais me faire exclure. Il s'arrêta et fit face à Severus toujours assis. Tu vas te faire virer ! On est tellement dans la merde.
Malgré son calme apparent, le professeur de potions ne put qu'approuver le jeune homme sur ce dernier point. L'espoir était vraiment mince qu'Albus laisse tout ça impunis. Mais il avait déjà envisagé cette possibilité depuis le tout début et sa décision était prise. Si le seul moyen d'éviter tout problème à Harry était sa démission, il la donnerait. Si le jeune homme se faisait virer maintenant de l'école, il lui serait impossible de trouver une formation. Même le Survivant ne pouvait échapper aux règles. Sans un diplôme d'une école magique, il ne pourrait pas poursuivre ses études.
Harry lui avait de nouveau parlé de son envie de devenir médicomage. Cela semblait lui tenir vraiment à cœur et être une décision murement réfléchie. Severus ne voulait pas qu'il abandonne cette idée, son avenir à cause de lui.
Il avait même déjà commencé à aider Harry dans les potions en dehors des cours. Ils avaient repris les bases de la discipline et refait ensemble les potions sur lesquelles le jeune homme avait le plus de mal. Severus était forcé d'admettre qu'il ne se débrouillait pas trop mal. Ses lacunes étaient le fruit d'un manque de révision et d'assiduité plutôt que d'une profonde incompétence dans la matière.
Et depuis qu'ils travaillaient tous les deux ensemble le soir, les capacités d'Harry pendant les cours s'étaient améliorées.
Harry ne pouvait pas abandonner maintenant. Alors Severus ferait tout pour l'aider à continuer sur la voie qu'il avait choisi.
Mais même si sa décision était prise, cela n'empêchait pas le vampire de redouter l'entretien qui allait avoir lieu demain soir avec le directeur. Est-ce que sa démission serait suffisante pour inciter le directeur à épargner Harry ? Rien n'était moins sûr. La profonde désapprobation du sorcier lorsqu'il avait appris pour Harry et lui et pour Lupin et Draco avait été clairement visible. Severus pouvait le comprendre, mais malheureusement pour Dumbledore, il n'abandonnerait pas Harry. Leur relation lui importait beaucoup plus que son emploi de professeur.
S'il démissionnait, Dumbledore n'aurait plus aucune raison d'interdire leur relation. Retrouver Harry serait beaucoup plus difficile, mais ce n'était pas quelques restrictions qui allaient l'arrêter. Ils trouveraient un moyen de se voir.
-Arrête de te ronger les ongles Harry. Marmonna Severus.
-Et toi arrête d'être aussi calme ! S'emporta le jeune homme. On dirait que tu n'en as rien à faire !
Sentant l'énervement monter en lui à son tour, le professeur de potions se leva brusquement et fit face au jeune homme.
-Qu'est-ce que tu veux que je te dise Harry ?! Non je n'en ai pas rien à faire ! Moi aussi je redoute ce qu'il va se passer, mais qu'est-ce que ça va t'apporter de le savoir ? Rien !
-Si ça m'apporte quelque chose ! Au moins je n'ai pas l'impression que tu n'en as rien à foutre de nous deux. Parce que des fois, je me demande si tout ça t'importe vraiment !
Et aussi brusquement qu'elle était arrivée, la colère reflua en Severus. Il se pencha vers Harry et saisit son visage entre ses mains.
-Je n'ai pas envie de te perdre Harry. Ne pense surtout pas que je prends à la légère ce qu'il se passe. Je tiens à toi. Plus que je n'aurais cru ça possible. Tu me fais faire des choses, dire des choses que je n'avais jamais eu à faire ou dire avant. Tu changes ma vision de la vie. Tu me rends faible. Mais pour rien au monde je n'échangerai ça. N'ai jamais aucun doute là-dessus.
Harry se calma à son tour en entendant ces paroles qui le percutèrent en plein cœur et posa ses mains sur celle de Severus.
-Mais parfois, tu es tellement fermé. C'est difficile de savoir ce que tu penses, ce que tu ressens. Je me sens perdu. Je sais où j'en suis, moi, je sais que je t'aime. Mais toi. Je ne sais rien du tout.
Le cœur de Severus rata un battement en entendant les dernières paroles. Même si au fond de lui, il avait senti que les sentiments du jeune homme avaient évolué dans ce sens, l'entendre de vive voix l'ébranla plus qu'il ne l'avait imaginé. Peut-être parce que son pessimisme maladif le faisait douter de son instinct malgré ses certitudes.
Devant le silence de Severus, Harry lâcha un petit ricanement.
-Étonnant, hein ? Mais oui, je t'aime.
Le jeune homme haussa les épaules, comme si cela n'avait aucune importance, mais Severus savait bien combien cela importait à Harry.
-Je sais.
-Quoi ?
-Je savais que tu m'aimais.
-Mais bien sûr, ricana nerveusement le jeune homme, monsieur je suis hermétique à tout sentiments humains.
Severus haussa un sourcil, mais garda son sérieux.
-Je ne suis pas hermétique à tes sentiments.
Harry poussa un profond soupir.
-Je suis vraiment sérieux Severus, je t'aime.
-Je sais.
-Mais je ressens aussi un profond énervement en ce moment devant ton attitude de 'je sais tout'.
-Je sais ça aussi, répliqua Severus avec un petit sourire
-Arrête, ricana Harry.
Le silence s'installa entre les deux hommes alors qu'ils se regardaient, les yeux dans les yeux.
-Est-ce que tu m'aimes aussi ? demanda avec hésitation Harry.
Severus garda le silence et il se sentit soudainement stupide d'avoir posé cette question. Il chercha à se dérober à l'emprise autour de sa tête, mais son professeur le maintint entre ses mains.
-Je ne sais pas Harry. Je ne veux pas te mentir. Je ne sais pas. C'est nouveau pour moi, tout… Tout ce que je ressens quand je suis avec toi. Je tiens à toi. Je sais que ce n'est pas ce que tu demandes, mais…
-C'est suffisant pour le moment Severus.
Harry réduisit alors la distance entre leurs visages et posa avec douceur ses lèvres sur celles de son professeur.
-Ça me va.
Les mains de Severus encadraient toujours le visage du jeune homme alors que sa langue pénétrait avec douceur entre les lèvres contre les siennes. Harry rapprocha son corps de celui du vampire. Le baiser se rompit au bout de quelques minutes et ce dernier vint blottir son visage contre le torse de son professeur en passant ses bras autour de sa taille.
-J'ai peur Severus.
-Je sais.
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C'est à reculons que Severus, Harry, Remus et Draco pénétrèrent dans le bureau du directeur. Dumbledore était assis derrière le lourd meuble en bois qui trônait au centre de la pièce, un air fermé et peu avenant plaqué sur le visage.
-Asseyez-vous.
Son ton s'avéra être encore moins engageant que son air.
Les quatre hommes s'exécutèrent en silence.
-Je ne vais pas y aller par quatre chemins, continua le directeur. Vous savez parfaitement pourquoi je vous ai convoqués. Les relations entre un professeur et un élève sont strictement interdites dans l'enceinte de cette école. Je suis profondément déçu par votre comportement à tous les quatre, surtout venant de vous Severus et Remus. Jamais je n'ai eu à faire face à un tel comportement de la part de mes enseignants.
Le regard de Dumbledore navigua entre les quatre visages fermés et repentants qui lui faisaient face.
-Vous pouvez vous estimer heureux que Draco et Harry soient majeurs, sinon j'aurais été dans l'obligation d'en référer au ministère de protection des jeunes sorciers. Je ne sais pas depuis combien de temps cela dure entre vous, mais j'espère vivement que tout a commencé après leur majorité.
Aucune réponse ne lui parvint, mais il n'en attendait pas.
-Je suis vraiment déçu par votre comportement, se répéta le directeur.
La tête baissée, Harry n'osait pas regarder l'homme en face de lui. Le regard de désapprobation qu'avait posé sur lui le directeur alors qu'il s'asseyait lui faisait mal, mais il comprenait sa déception. Pourtant, si les choses avaient été à refaire, Harry n'aurait rien changé. Malgré la menace qui planait sur lui et Severus, il n'avait pas envie de changer ce qu'il se passait entre eux. Même si tout n'avait pas été rose entre eux deux, c'étaient ces événements pénibles par lesquels ils étaient passés qui les avaient emmenés où ils étaient aujourd'hui.
Pas dans le bureau du directeur, ça il s'en serait bien passé, mais dans les bras l'un de l'autre, à Harry qui déclarait son amour pour Severus, à son professeur qui l'embrassait, à ses bras autour de lui, sa chaleur qui l'enveloppait, sa présence qui le rassurait et lui donnait l'impression de pouvoir traverser toutes les épreuves qui se présentaient et se présenteraient devant eux.
Severus ne lui avait pas dit qu'il l'aimait. Mais étrangement, il n'en ressentait aucune tristesse ni incertitude. Malgré la réserve de son professeur, Harry commençait à comprendre comment il fonctionnait, comment il pensait. Il le croyait sans réserve lorsqu'il lui disait qu'il tenait à lui.
Harry se rendait compte combien Severus avait changé. Pas seulement entre l'année dernière et cette année, mais aussi entre le moment où ils avaient commencé ensemble et maintenant.
Il s'ouvrait plus à lui, partageait plus. Se livrait plus. Et c'est cette confiance que lui accordait cet homme réservé qui le laissait penser qu'il était beaucoup plus pour Severus que seulement sa Source.
Et il savait aussi que le vampire était un handicapé des sentiments. Il lui laisserait donc le temps de lui dire son amour. Peut-être que cela ne viendrait jamais. Peut être que Severus ne l'aimerait jamais, mais Harry avait envie de croire que ce sentiment était déjà présent, mais que son professeur avait juste besoin de démêler tout ce qu'il ressentait. Alors il serait patient et attendrait que Severus se décide.
C'est tout cela, tout ce qu'il se passait, tout ce qui était dit et ce qui restait sous silence qui donnaient envie à Harry de se battre pour ce qu'il vivait avec Severus.
Il avait peur. Peur de ce qui allait leur arriver, peur de se faire virer de l'école, peur de perdre son professeur, mais il se battrait contre ça. Il n'abandonnera pas facilement malgré ce qu'exigera Dumbledore de leur part.
-Vous vous doutez bien que je ne peux pas laisser votre comportement impuni, continua le directeur. Heureusement pour vous, Severus et Remus, je ne peux pas me permettre de perdre deux de mes professeurs. Nous sommes en plein milieu de l'année et les cours ont besoin de continuer. Cela prendrait trop longtemps pour vous trouver des remplaçants et serait préjudiciable pour les élèves. Vous continuerez donc à enseigner jusqu'à la fin de l'année. Mais ne vous croyez pas sortis d'affaire ! Enchaîna Dumbledore avec force. Votre avenir dans cette école sera étudié de nouveau à la fin de l'année.
Severus sentit une partie de la tension qui l'habitait le quitter. Dumbledore avait besoin de lui. Si le sort d'Harry se révélait moins enviable que le sien, la menace de sa démission pourrait jouer une part importante dans la négociation.
-Harry, Draco.
Les deux jeunes relevèrent la tête avec angoisse.
-Je ne vous ferais pas l'affront de vous croire suffisamment idiot pour ne pas avoir su qu'entretenir une relation avec un professeur était strictement interdit dans l'enceinte de cette école. Je ne sais pas ce qui vous a poussé à vous comporter de la sorte, le regard que lança Dumbledore à ses deux professeurs traduisait sans ambigüité qui il tenait pour responsable de ces relations interdites, mais vous renvoyer de cette école serait désastreux pour votre avenir.
Harry poussa un léger soupir de soulagement.
-Il ne vous reste plus que cinq mois à faire à Poudlard. Je vous autorise donc à rester ici.
Les quatre visages visiblement soulagés qui lui firent face ne renforcèrent la colère de Dumbledore.
-Mais ! Vous vous doutez bien que je ne peux pas laisser tout ça impuni. Je vous interdis donc, vous m'entendez bien, je vous interdis de poursuivre d'une quelconque manière que ce soit ce qu'il se passe entre vous ! Tout se termine maintenant ! Vous n'êtes autorisé à vous trouver dans la même pièce que lors des cours officiellement programmés par l'école ou lors des repas dans la grande salle. Une quelconque entorse à cela et je serais dans l'obligation de revoir ma décision de vous laisser poursuivre vos études et votre travail dans cette école. Me suis-je bien fait comprendre ?
Les quatre hommes en face de lui acceptèrent sans discuter.
Severus était déjà en train de réfléchir aux différentes possibilités de retrouver Harry sans que Dumbledore en ait conscience lorsque la phrase suivante le fit tout abandonner.
-Pour m'assurer de votre collaboration, je suis dans l'obligation de vous imposer un sortilège de trace.
Harry regarda avec incertitude Severus. Il ne savait pas ce que faisait ce sortilège, mais vu la tête que faisait son professeur, cela n'augurait rien de bon.
-Ne faites pas cette tête Severus, continua le directeur, je ne vais pas suivre le moindre de vos faits et gestes. Le sortilège m'avertira seulement lorsque Harry et vous serez trop proches l'un de l'autre sans que cela n'ait au préalable été approuvé. De même pour vous Remus et Draco. Dès que vous vous trouverez dans la même pièce dans l'enceinte de Poudlard, à un autre moment que pendant les cours, j'en serais immédiatement averti. Maintenant, tendez-moi vos poignets.
Severus et Harry se regardèrent, mais n'eurent d'autre choix que de s'exécuter alors que Remus et Draco en faisaient de même de leur côté.
Sans cérémonie, Dumbledore approcha sa baguette. D'un mouvement vif, il l'agita sans qu'aucun mot ne soit prononcé, un mince filet rouge sortit du bout de la baguette et vint s'enrouler autour du poignet de Severus et Harry. Le fil se cassa au bout de quelques secondes et forma autour de leur bras un fin bracelet qui finit par s'estomper pour totalement disparaitre.
Le même processus se répéta sur le loup-garou et le Serpentard alors qu'Harry se frottait la peau où la marque rouge avait disparu. Cela ne faisait pas mal, mais une chaleur se faisait toujours sentir.
Dumbledore regarda d'un air solennel les quatre hommes en face de lui.
-Je peux vous confirmer que le sortilège fonctionne très bien. J'entends déjà le signal sonore m'indiquant que vous êtes trop proches les uns des autres.
Severus remarqua le petit air satisfait qu'essayait de cacher le directeur et cela ne fit que renforcer son ressenti envers l'homme en face de lui.
Il comprenait que Dumbledore devait appliquer une sanction, mais il ne l'acceptait pas pour autant. Pendant un instant, il avait espéré que sa condition de vampire aurait un impact sur le sortilège. Après tout, certains sorts ne fonctionnaient plus sur lui depuis qu'il avait été transformé. Mais manifestement, le sortilège de trace n'en faisait pas partie.
Il fallait qu'il réfléchisse à un moyen de contourner le sortilège. Mais pour le moment, la seule pensée qui occupait son esprit était qu'il n'allait plus pouvoir tenir Harry dans ses bras.
A suivre
