37eme partie, par Annie Brighton
Albert, fidèle à sa promesse à Patricia , avait appelé un très célèbre détective privé de Chicago, en lui demandant de trouver la famille de Patricia aussi rapidement que possible. La famille de Patricia…Il pensa à Candy tout d'un coup. Bien sûr il était son père adoptif et elle était sa fille adoptive…Elle était Candice Neige André et il en serait ainsi pour toujours, grâce à dieu…Néanmoins il savait que Candy s'était toujours demandé longtemps qui étaient sa mère et son père biologique. Bien sûr il était presque impossible de trouver les parents d'une orpheline. Il pensa que puisqu'il allait poursuivre l'affaire de Patricia, il pourrait aussi bien voir s'il pouvait trouver quoi que ce fût sur les origines de Candy. S'il n'y avait aucun résultat, simplement il ne lui dirait rien. Et si quelque chose était découvert, Candy continuerait à être sa fille adoptive de toute façon. Parce que c'était légal bien sûr : elle avait été abandonnée en face de l'orphelinat la Maison de Pony. Mais ce n'était pas la véritable raison de son adoption, bien sûr, la véritable raison c'était parce qu'il l'aimait autant qu'elle l'aimait et qu'elle lui rappelait toujours sa chère Rosemary…Quoi que l'on pût découvrir, Candy était autant sa vraie famille qu'il était la sienne.
Albert appela un autre détective privé dont la réputation était excellente et qui était connu pour être très discret et très efficace. Il ne voulait pas confier les deux affaires au même détective. Les deux cas étaient différents. De plus la probabilité était que les parents de Candy ne seraient probablement jamais retrouvés. Mais il était heureux d'avoir eu cette idée et il pensait la poursuivre. On ne sait jamais…Candy serait heureuse de les connaître si on les retrouvait…Cela pourrait devenir une agréable surprise pour elle. Oui, pourquoi pas ? Il se demanda pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt. En fait le portrait que Patricia leur avait montré avait tout déclenché.
Quelques jours après avoir lancé les deux recherches, son téléphone personnel sonna dans son bureau à la résidence. Il décrocha le récepteur. C'était le détective qui s'occupait de l'affaire de Candy.
« Mr André ? C'est Sherlock Watson. J'ai d'importantes nouvelles sur les origines de Melle André. Mais je crois que quelques vérifications supplémentaires pourraient être nécessaires afin de confirmer mes conclusions. .. ».
« Avez-vous vraiment appris quelque chose ? » demanda Albert, surpris, puisque c'était la dernière chose qu'il s'était attendu à entendre. « Qu'avez-vous découvert ? »
« J'ai fait des investigations partout, et en particulier dans les hôpitaux, les cliniques et ainsi de suite… »
« Et ? »
« Il semble que votre sœur et son mari aient eu un bébé alors que votre neveu Anthony était très jeune, était lui même un bébé…On leur avait dit que ce nouveau bébé n'avait pas survécu à l'accouchement et qu'il était mort. Ils l'avaient cru bien sûr et ils avaient caché ce secret à la famille… »
« Quoi ? » C'est à peine si Albert pouvait donner suite à ce tournant dans l'histoire prématurée de sa sœur. « Mais pourquoi ? Et comment sont-ils parvenus à cacher la grossesse de Rosemary ? »
« Votre sœur était si triste de cette terrible perte ,elle et son mari ont décidé de ne le dire à personne. Il voulait l'aider à oublier ce chapitre douloureux de leur vie, en faisant cela. A l'époque où ce nouveau bébé fut conçu, Rosemary vivait seule à la résidence de Lakewood. Il y avait vos neveux bien sûr, mais ils étaient trop jeunes que ce soit pour se rendre compte de ce qui se passait ou pour s'en souvenir. Vous étiez avec Mme Elroy en écosse à l'époque, elle vous avait emmené visiter la demeure ancestrale. Les Cornwells étaient à l'étranger. Rosemary élevait leurs jeunes fils avec Anthony. Quant aux Legrands, ils étaient en seconde longue lune de miel avec leurs enfants, un caprice de votre sœur Sarah. Votre beau -frère était ici pour quelques semaines pendant une permission de la compagnie de navigation...Le bébé fut conçu alors…Hélas ,il ne put pas obtenir une autre permission à temps pour l'arrivée du bébé. Il arriva après que la tragédie se soit produite et la seule chose qu'il put faire fut de consoler Rosemary… ».
Albert était stupéfait…Le tableau chronologique était effroyablement parfait et il réalisait maintenant comment ceci avait pu se passer, sans que personne d'autre dans la famille ne sache ce qui s'était passé.
Sherlock Watson continua son rapport. « Mais bien sûr je ne me suis pas arrêté là. Les faits étaient trop importants et comme vous le savez je fais toujours mon travail d'investigation à fond… »
« Bien sûr… »Parvint à répondre Albert. « Et ? »
La suite est horrible, Mr André. J'ai poursuivi l'enquête et j'ai appris de façon certaine que le bébé n'était pas mort né en fait, il était né vivant… »
Le silence d'Albert était palpable.
« La sage femme était une femme qui avait été amoureuse de votre beau-frère avant son mariage avec votre sœur… Ils avaient fait partie du même cercle social et elle nourrissait toujours un béguin non partagé pour lui…Quand elle eut le courage de le lui avouer, il l'avait rejeté à l'époque, parce qu'il ne l'aimait pas. Il lui dit qu'il aimait votre sœur dont il venait juste de demander la main…Apparemment Rosemary ne sut jamais rien de tout ceci. Cette femme alors a décidé de se consacrer à la profession de sage femme, parce que pour elle il n'y avait aucun autre homme qu'elle voulut, autre que Mr Brown…Avec le temps, elle finit par être une sage femme réputée qui était très demandée et était dans un hôpital très bien respecté car non seulement elle était douée dans ce qu'elle faisait, mais c'était aussi parce que sa famille était très riche.
Quand elle fut appelée pour aider Rosemary à accoucher à Lakewood, elle fut stupéfaite de réaliser qui était la femme qui donnait naissance…Et ceci lui fut confirmé quand elle vit les photos de Mr Brown à côté du lit de Rosemary .Alors elle se chargea de l'accouchement et utilisa de l'éther pour mettre votre sœur sous sédation , ce qui comme vous le savez est une pratique courante…Quand votre sœur s'éveilla elle lui dit que le bébé, une petite fille, était mort- née. Heureusement j'ai pu localiser une femme qui avait été une amie et collègue de cette sage femme .Apparemment quand elle mourut, angoissée par la culpabilité et le jugement de Dieu imminent, auquel elle savait qu'elle ferait face , elle mit par écrit son rôle dans cette histoire. Ses instructions à cette personne était de brûler ce récit sordide, mais heureusement cette femme garda la note, après toutes ces années. Quand j'ai rencontré cette femme et vis que je cherchais des indices, elle produisit la confession. Dans celle-ci, la sage femme disait qu'elle avait agi sous l'influence de la jalousie. Et ensuite quand elle s'était rendue compte de ce qu'elle avait fait elle avait eu peur des conséquences pour elle. Mais c'était trop tard… ».
Albert était fou de colère et de rage ; Mais ne pouvait pas arriver à parler.
« Elle emporta le bébé dans l'obscurité, pendant que votre sœur pleurait seule dans la maison de Lakewood. C'était en hiver, la nuit. Il faisait froid et la neige tombait. Malgré sa détermination maléfique, elle ne put pas se résoudre à faire du mal physiquement à l'enfant… ».
Albert était si horrifié qu'il ne pouvait toujours pas prononcer un mot. Il écoutait, sa main serrant le récepteur.
« Alors elle abandonna le bébé dans la neige et l'obscurité dans la forêt à proximité…Elle était sûre que le bébé mourait bientôt…Elle partit satisfaite ; elle avait sa revanche sur l'homme qui l'avait piquée au vif… »
« j 'ai continué d'enquêter : le bébé aurait pu être sauvé après tout…dans ma ligne de travail tout est possible ? »
« Et ? »
« Un miracle a eu lieu, Mr André. Après des investigations approfondies j'ai découvert qu'une pauvre femme passa par là cette nuit là. Elle vit le bébé et l'emmena à l'orphelinat le plus proche. Elle ne pouvait pas garder ce bébé parce qu'elle n'avait rien à offrir, elle était si pauvre qu'elle avait déjà été obligée de laisser son propre bébé devant cet orphelinat, appelé la maison de Pony, dans le passé. Cependant, elle avait honte de faire cela. Par conséquent elle le laissa simplement devant la porte. Elle remarqua qu'un autre bébé avait déjà été laissé là et qu'un très jeune enfant les avait entendu pleurer. Aussi elle fut rassurée pour les bébés et elle partit en courant avant d'être vue par qui que ce soit… ».
Albert remercia Sherlock Watson pour ses découvertes et lui demanda ,s'il trouvait quoi que ce soit d'autre, de le lui faire savoir. Il ne savait pas comment il avait été finalement capable de réagir. Et maintenant il ne cessait d'entendre sa dernière assertion résonner dans sa tête :
L'orphelinat était la Maison de Pony.
Alors…Etait-ce possible ?
Il monta au premier et ouvrit une porte qu'il n'avait pas ouverte depuis des années et des années, peut-être même plus.
La chambre n'avait pas changé du tout .Quand Rosemary s'était éteinte, il avait ordonné que tout restât comme elle l'avait laissé. Il se vit enfant, si jeune, avec elle. Il n'oublierait jamais sa chère sœur. La chambre de Rosemary était exactement la même que dans son souvenir. Claire et blanche, douce et pure, et si réconfortante. Cela lui brisait le coeur d'être là, mais c'était nécessaire.
« Aide moi, Rosemary » dit-il, l'implorant comme si elle était là. « Aide moi à être sûr… et aide la… » ses pensées s'envolèrent un bref instant vers New York.
Puis il ouvrit le tiroir de la coiffeuse. Oui, le journal était là. Il ne l'avait jamais lu…C'était le sien, et même dans la mort, il respectait son intimité.
« Pardonne moi, Rosemary… » dit-il. « Tu sais que je dois le faire. Tu sais que je dois être sûr. Pour toi et pour Candy. Je sais que tu serais d'accord… ».
Il ouvrit le journal avec la clé. Elle la laissait toujours dans son médaillon, qui était dans son coffret à bijoux, comme il l'était par le passé. Il se sentit submergé de chagrin et de douleur. Elle était morte si jeune ! Comme il voudrait qu'elle pût être là ! Elle lui sourirait gentiment ; si seulement elle était simplement vivante et présente…
Il ne voulait pas lire plus que nécessaire ; il feuilleta juste le journal, cherchant la date que Sherlock Watson avait mentionnée, comme la date possible de la « perte ».
On m'a dit que notre pauvre petit bébé était mort-née…Je n'ai même pas pu voir son petit corps pour au moins l'embrasser pour lui dire adieu…Pour des raisons sanitaires, on m'a dit…
Albert ressentit la douleur de Rosemary dans ces simples mots qu'elle avait écrits, désespérée.
Même avant que le bébé ne soit né, je savais que ce serait une fille…J'avais fait un rêve où je me voyais tenant un brin d' ange, à la peau si blanche, comme si j'avais capturé un éclat de lumière céleste et l'ai fait chair… Aussi je savais que je l'appellerai Candice, ce qui signifie « lumière »…Candy…Je savais que je l'appellerai comme ça…Elle serait la lumière de nos vies…
J'avais cousu une poupée à la main pour la petite Candice. J'avais écrit son nom sur la poupée : Candy. Ma petite Candy dort pour toujours…J'ai demandé à la sage femme de mettre mon bébé chéri dans le moïse que j'avais préparé pour elle ; de déposer la poupée dedans afin qu' elle soit toujours avec elle. Sa chère poupée ne la quitterait jamais.
Il regarda les photos que Rosemary avait prises de ces choses adorables qu'elle avait préparées pour son bébé, et son regard se riva sur l'image de la poupée…de la poupée que Melle Pony et sœur Maria avaient trouvée ce jour-là dans la neige avec elle…et que Candy emportait encore avec elle aujourd'hui…Oui, c'était exactement la même ! Cette poupée cousue à la main, avec tant d'amour et d'affection, était unique. Aussi unique que l'était leur chère Candy.
Albert pleurait silencieusement, de douleur bien sûr pour sa chère sœur, mais en même temps de joie, Candy n'était pas seulement sa fille adoptive ; elle était la fille de Rosemary et de son mari et la sœur d'Anthony…Candy était sa nièce par le sang.
Albert referma finalement le journal et le reposa dans la coiffeuse. Il replaça soigneusement la clé dans le médaillon de Rosemary.
Puis il descendit, entra dans son bureau et ferma la porte à clé, juste au cas où. C'était dommage que le capitaine Brown se fût éteint deux ans auparavant, il aurait été enchanté de savoir que Candy était sa fille. Maintenant, Candy devait le savoir en premier, pensa t-il. Alors seulement il le dirait aux autres.
Il décrocha le récepteur et composa le numéro de l'appartement du Dakota. Il espérait qu'elle serait rentrée de l'hôpital. Il entendit le téléphone décroché de l'autre côté.
« Bonjour, Candy ? » dit Albert.
« Bonjour Albert ! Comment vont les choses à la résidence avec Alistair ? Et comment va Flanny ? » l'accueillit gaiement Candy. Elle était heureuse de l'appel, puisqu'elle n'allait pas voir Terry ce soir là suite aux événements de ce jour là.
« Alistair va bien…Mais écoute, Candy , j'ai quelque chose à te dire. C'est très important et tu dois le savoir en premier ».
« Qu'est-ce qu'il y a Albert… Quelque chose ne va pas ? » Elle se demandait s' il se passait quelque chose avec Flanny…Peut-être allaient-ils remettre à plus tard le mariage ?
Albert ressentit son anxiété. « Non il n'y a rien…Ne t'en fais pas Candy, c'est une grande nouvelle pour nous tous . Tu es… »
Candy ressentit une intense émotion dans sa voix, et sans avoir pourquoi elle sut que cela n'avait rien à voir avec le mariage imminent. Elle attendit un instant.
Il parvint finalement à finir. « …Tu es ma nièce Candy ; tu es la fille bien aimée de ma très chère sœur et de son mari ,feu le capitaine Brown… ».
Candy pleurait silencieusement au téléphone, pleurant de joie et aussi de douleur. Elle avait une famille et son cher Albert était son vrai oncle, il l'était réellement. Mais elle pensa à Anthony…D'une certaine façon elle connaissait Rosemary, sa mère, grâce à lui. Rosemary, sa mère. Et elle était parvenue à rencontrer brièvement son père, quand ils avaient pensé qu'Alistair était mort. Anthony…Son frère…Anthony qu'elle avait aimé jusqu'à ce que la mort les sépare, Anthony et le tendre amour qu'elle n'oublierait jamais .Anthony était son frère ; il tiendrait toujours une place si chère dans son cœur.
« Candy ? » Albert était anxieux. Il l'entendait pleurer et il ressentait ses émotions à travers le récepteur.
« Albert…Je suis si heureuse, tu sais, vraiment heureuse…Mais… »
« Mais tu pensais à Anthony ? »
« Je voudrais qu'il puisse être là Albert…Tu sais je… ». Sa voix se brisa, accablée par le souvenir du garçon qui était maintenant son frère par le sang.
« Je sais Candy… » Il aurait voulu être avec elle à ce moment capital de leur vie à tous deux…Mais l'état d'Alistair et son mariage maintenant imminent rendait sa présence à Chicago nécessaire.
« Je suis ici Candy , pleure autant que tu pourras… » consola t-il, sachant que c'était là des larmes de bonheur.
« Merci Albert…Tu sais » ajouta t-elle sincèrement, « je suis vraiment heureuse d'être vraiment un membre de votre famille…Bien sûr vous êtes ma famille depuis des années, ma vraie famille…Mais maintenant…Maintenant je sais que c'est pour de vrai…oui, Albert, tu as raison…C'est une grande nouvelle et je… » Elle ne pouvait plus parler suite aux émotions qui la submergeaient.
« Oui… » répondit Albert, ressentant les choses tout comme elle.
Il lui expliqua alors tout, l'enquête, le journal de sa sœur, tout. Il lui dit finalement qu'il allait annoncer la nouvelle au reste de la famille ce soir, en même temps il allait annoncer le mariage avec Flanny. Il avait déjà chargé Georges de demander à toute la famille d'être présente, sans leur faire connaître les raisons de cette réunion officielle.
« Tout le monde sera très surpris… » sourit-elle, des larmes de bonheur ruisselant encore sur son visage. Elle voulait lui dire ce qui se passait à New York, mais elle décida d'attendre…Cet appel était déjà trop chargé sur le plan émotionnel.
« Et comment…Je te raconterai comment ça s'est passé… ».
« oui s'il te plaît…Et Albert…Je serai là pour le mariage… » annonça t-elle.
Il sourit, anticipant le moment où il pourrait l'étreindre. « Au revoir, Candy. A bientôt…Et fais bien attention à toi… ».
« Au revoir, Albert. Toi aussi. »
Note :Je voudrais remercier Sophie parce que sans quelque chose qu'elle a écrit je n'aurais jamais eu l'idée d'inventer un scénario dans lequel Candy et Anthony seraient frère et sœur. Et, bien sûr, si je n'avais pas eu cette idée je n'aurais pas pu participer même si j'aurais aimé pouvoir le faire. Alors que, grâce à cette idée, je peux participer et je suis heureuse d' écrire quelque chose dans cette histoire
