Disclaimer : I acknowledge that I don't own Bleach. I love having fun with its characters but that's all. Bleach ne m'appartient pas.
Merci Pyjacks, BeN, Melty-chan 93, et Idiote pour avoir laissé un mot! Vous êtes juste géniaux ! Je désespère pas pour les autres ! Il y en aura bien un, parmi les lecteurs "silencieux" qui osera pousser ce fichu bouton "review" aujourd'hui !
En plus, vous l'avez tous compris, le dernier chapitre était assez important. J'ai toujours trouvé dommage que la relation entre Gin et Toshiro ne soit pas plus approfondie que ça. Ils ont beaucoup en commun et encore plus de différences. Après avoir comparé leur deux parcours de prodige, après les avoir opposé dans un premier duel, après avoir obligé Rangiku à se mettre entre les deux... Je trouvais dommage que cela n'aille pas plus loin que l'histoire du complot avec Aizen. Je voulais donc que ces deux-là aient l'occasion de régler leurs comptes au final mais comble du paradoxe, qu'il se battent pour Rangiku chacun à leur manière... Il n'y a que les moyens et les valeurs qui changent. Mais chacun a l'impression de faire ce qu'il y a de bon pour Rangiku. Je trouvais ça très intéressant ! J'ai l'impression de continuer dans la lignée du manga avec ces deux -là.
-35-
Fighting Spirit
Renji Abarai
Capitaine de la neuvième division
Ami de Kuchiki Rukia
Plus que son corps, son âme avait été écrasée sous les assauts d'un Béhémoth.
Les rayons de soleil réchauffaient sa peau asséché et étiré à l'extrême. Avec sa barbe de trois jours, son visage paraissait avoir pris dix ans en une nuit. Renji revint à lui plutôt brutalement. Il tâta tout de suite ses joues. Sa peau avait retrouvé un peu de son élasticité. Mais sa nuque était toujours comprimée sous les bandages. Une perfusion dans son bras gauche était reliée en permanence à une machine qui avait la forme d'une bouteille à oxygène. La caricature « chibi » de Kisuke Urahara servait de logo sur la poignée de la bouteille. Renji tâta son bras mollement, encore groggy.
Affalé sur une chaise au fond de la pièce, Shuhei se réveilla à son tour.
- Taicho ?
Hisagi se frotta le visage. Il était débarrassé lui du bandage qui avait couvert sa blessure sur le front. Mais son torse était toujours entouré de bandelettes blanches. Il se pencha au chevet de son capitaine.
- Taicho ? Est-ce que ça va ?
Renji l'observa d'abord en fronçant les sourcils, l'air hagard. A qui s'adressait Shuhei ? Il chercha dans la pièce. En apercevant son haori accroché à un paravent, il se rappela qu'en fait il était bien le capitaine en question...
- J'ai été endormie combien de temps ?
Shuhei jeta un coup d'œil à l'horloge sur le mur.
- Un peu moins de 24 heures. Il a fallu que le capitaine Unohana revienne. Elle a dû user de son bankai pour te stabiliser et in extremis Urahara est arrivé avec sa dernière invention.
Shuhei désigna la bonbonne métallique.
- C'est une sorte d'accélérateur de particules reishi portable. C'est ce qui vous a sauvé la vie.
Renji se redressa avec une grimace et tenta de se défaire de la perfusion. Il déglutit avec peine, se sentant pris de nausée. Pendant une minute entière, il fut incapable d'ouvrir la bouche et de prononcer le moindre mot.
- Urahara a aussi dit que nausées et vomissements peuvent être des effets secondaires de l'utilisation du Spirit A/C Compressor. Le mieux est de rester allonger.
Le repoussant d'une main ferme sous les couvertures, Shuhei obligea Renji à se rallonger. Renji, encore très faible, n'eut d'autre choix que de se laisser faire par son lieutenant.
- Où sommes-nous ?
- Nous sommes à Karakura dans le nouveau QG où le Sotaicho a donné l'ordre de déploiement. La quatrième division partage les baraquements de la treizième pour l'instant au Seireitei. Mais Unohana étant déployé ici en prévision de la bataille prochaine. Yamamoto-Sotaicho a aussi ordonné le transfert de tous les malades prioritaires.
Renji serra la mâchoire. Son égo était plus endommagé que son corps et pour ses blessures là le bankai d'Unohana et la machine d'Urahara n'avait rien pu faire.
- Rukia... Je peux la sentir... Elle...
- Elle a été placée sous sédatif compte tenu de l'état de ces blessures.
C'était quoi ce cauchemar ? Renji inspira profondément. Les évènements commençaient tout juste à prendre un sens. Il commençait à se souvenir. Avec une grimace, Renji replia le coude pour masquer son visage.
- Ils étaient plusieurs ses enfoirés. Cet enfoiré de troisième siège, j'allais l'avoir. Mais il y avait ce truc. Il a simplement soufflé sur mon visage et...J'ai perdu le contrôle de mon bankai...
Renji écarquilla les yeux en se remémorant la scène. Hisagi tâta les bandages sur son propre torse.
- Rigor Mortis... Un rapport circule.
- J'ai merdé Hisagi. Je me suis laissé avoir comme un débutant. Je le savais que je n'y arriverais pas.
- Taicho ?
Renji déglutit avec peine.
- J'ai besoin d'être seul un moment.
Renji serra les poings pour mesurer sa force. Ses doigts tremblaient encore de ce simple effort.
- Moi non plus, je n'ai rien pu faire.
- Ce n'est pas la même chose. Tu aurais pu te faire tuer ! Ses primeros sont très fort.
- Nous aurions pu tous nous faire tuer. Capitaine est trop dur avec lui-même.
Hisagi baissa la tête. Renji secoua la tête penché en avant. Il avait envie d'hurler sa frustration.
La porte shoji coulissa doucement. Hisagi tourna la tête vers l'entrée et fut surpris d'y trouver le capitaine de la sixième division, Kuchiki Byakuya. À ses côtés, se tenait son lieutenant, Shane Terashima. Après avoir ouvert la porte à son capitaine, Shane recula à nouveau, non sans toiser avec un certain mépris les deux membres de la neuvième division. Derrière eux, il y avait un va et vient constant de soldats, un chaos organisé. Hisagi fronça les sourcils. Les vêtements du capitaine Kuchiki dissimulaient mal tous ses bandages. Il avait lui aussi l'air mal en point. Cependant, Kuchiki-Taicho restant Kuchiki-Taicho, Hisagi se garda de commenter l'arrivée abrupte du capitaine de la sixième division.
Byakuya resta silencieux tandis qu'il s'approchait du lit de Renji. Renji observa son ancien capitaine partagé entre l'ahurissement et la méfiance. Il avait appris que Byakuya ne se déplaçait pas sans avoir une bonne raison. C'était un économiste. Il n'effectuait jamais de geste superflu. Renji n'était donc pas assez naïf pour penser que Byakuya était venu lui passer une main dans le dos et le réconforter. Byakuya balaya la pièce avec une once d'indifférence. Quand il l'eût décidé, il prit la parole pour dire les vérités déplaisantes que lui seul pouvait délivrer.
- Tu n'étais pas prêt. Je te l'avais dit, Renji. Il était trop tôt pour que tu utilises ton bankai au combat.
Shuhei resta interdit. Shane esquissa l'ombre d'un sourire avant de refermer la porte Shoji. Renji pâlit de plus belle. Oui, il savait. Il avait toujours su qu'il n'était pas à la hauteur. Il avait toujours su qu'il n'arrivait pas à la hauteur de Kuchiki Byakuya... que tous les rêves qu'ils avaient nourris depuis qu'il était sorti de l'académie n'étaient que ça... des rêves.
- Kuchiki-Taicho... Abarai-Taicho a été un leader exemplaire et... il a seulement voulu... Intervint Shuhei.
Renji ne fut pas surpris de voir les protestations de Shuhei tomber dans l'oreille d'un sourd. Certes, il n'était pas resté longtemps sous ses ordres. Mais il connaissait l'homme...
- Tu ne pouvais qu'échouer.
Renji baissa la tête honteusement car encore une fois, Byakuya Kuchiki venait de délivrer une douloureuse mais flagrante vérité. Il n'y avait ni haine, ni affection... Son message était dépassionné. Il n'y avait rien dans les traits de son visage même pas de la colère. C'était juste les mots de celui qui ne s'était de toute manière pas attendu à mieux. C'était le message de celui qui n'était même pas déçu. Le pouvoir tranchant de ces mots ne venait que de là, l'absence réelle de dépit.
Byakuya Kuchiki
Chef du clan Kuchiki
Capitaine de la sixième division
Frère de Kuchiki Rukia.
Il connaissait mieux que quiconque les dommages d'un ego blessé.
- Tu n'étais pas prêt. Il est trop tôt pour que tu utilises ton bankai au combat.
Shuhei resta interdit.
- Kuchiki-Taicho... Abarai-Taicho a été un leader exemplaire et... il a seulement voulu...
- Tu ne pouvais qu'échouer, Renji.
Renji baissa la tête. Byakuya était déçu. À défaut d'être un piètre combattant, il s'était au moins attendu à un peu plus d'opposition verbale. Tant pis, cela voulait peut-être dire qu'il était prêt à entendre. Il ne suffisait pas d'écouter. Il fallait entendre et saisir le message.
- Je te le redis. Il ne suffit pas de posséder Bankai pour être capitaine.
Combien de fois devait-il répéter cette évidence à ces jeunes sots ? Ichigo ? Renji ? Le même combat vers la médiocrité... Le bankai ne faisait pas un capitaine. C'était pourtant simple.
- Je sais bien que je ne mérite pas de porter cette haori ! Vous croyez que je ne le sais pas ! Rétorqua Renji. Je n'ai pas besoin qu'on vienne me le dire ! Plus que quiconque, je connais mes limites ! Alors vous pouvez repartir !
Hisagi pâlit considérablement. Il observa la réaction de Kuchiki Byakuya. Une chose était sûre ! Personne ne parlait à Byakuya Kuchiki de cette manière ! Sans montrer la moindre émotion, Byakuya se tourna vers le lieutenant et lui lança sur un ton solennel.
- Hisagi Shuhei, je dois m'entretenir avec le capitaine Abarai seul à seul.
Cela sonnait comme le début d'un duel. D'homme à homme... Seul à seul... Hisagi hésita. Renji haussa les épaules mollement. Il avait simplement noté que pour la première fois son ancien capitaine l'avait appelé avec son titre honorifique.
- Je ne crois pas que le capitaine soit près... Il vient tout juste de se réveiller.
Une onde de reiatsu fugace chatouilla le bout du nez de Shuhei.
- Très bien. Je ne suis pas loin, Capitaine. Vous n'avez qu'à m'appeler si vous avez besoin de quoi que ce soit.
Hisagi s'inclina rapidement et ferma la porte derrière lui en sortant. Byakuya baissa la tête vers le sol pendant quelques secondes. Il réprima un sourire. Il avait vu la menace à peine voilé que lui avait lancée le vice-capitaine. Intéressant !
- Je crois que vous avez dit ce que vous avez à dire, Taicho... J'ai déconné. J'ai failli à protéger mes hommes et j'ai...
Byakuya ignora Renji et reprit la parole tout naturellement quand il l'avait décidé trois minutes plus tard.
- Que tu mérites ou pas cette haori, Renji Abarai, n'a absolument aucun rapport. Tu as été désigné pour le porter. Si tu ne peux comprendre ce simple fait, tu devrais démissionner de ta fonction au plus tôt.
- Kuchiki-taicho...
Byakuya jeta un œil par la fenêtre.
- Vous venez de dire...
- J'ai dit qu'il était trop tôt pour toi. Mais ce que je pense n'a aucune importance et surtout aucun impact sur la réalité. Chaque division fonctionnant indépendamment l'une de l'autre, un avis externe a peu de poids sur la réalité. Renji, tu es capitaine. C'est une vérité maintenant indiscutable. Même moi Byakuya Kuchiki je ne peux aujourd'hui la remettre en question.
Renji resta interdit.
- Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Mon erreur a presque couté la vie à mon second. Comment pourriez-vous comprendre, vous qui ne faites jamais d'erreurs ?
Quelle naïveté ? Byakuya réprima un sourire. N'Était-ce pas le même Renji qui avait tenté de l'affronter il n'y avait pas longtemps au nom de Rukia ?
- Nous faisons tous des erreurs. Je ne suis nullement une exception, Renji.
- Mais vous n'auriez jamais...
- L'année de mon accession au grade de capitaine, j'ai fait une erreur de jugement qui a coûté la vie à mon sixième siège. À l'époque, j'étais un jeune maître idiot... Un de ceux qui pense que se battre se résume à faire une démonstration de la force de leur bankai. J'étais tellement occupé à me débarrasser d'une armée de Gillian et d'adjuchas que je n'ai pas fait attention quand le sixième siège a été emporté dans le Hueco Mundo par une tornade de pressions spirituelles. J'aurais pu la sauver. C'était mon devoir. Ce sixième siège s'appelait Seira Terashima. C'était la sœur jumelle de mon vice-capitaine Shane Terashima.
- La sœur de Terashima ?
Byakuya ne le quitta pas du regard et surtout ne changea pas d'expression.
- Être capitaine, ce n'est pas dénombrer le nombre d'erreurs commises. C'est dénombrer les solutions qu'on y a apporté.
Renji hocha la tête et agrippa sa couverture fermement.
- Je vois.
Il semblait qu'il avait enfin réussi à mettre un peu de plomb dans la cervelle de Renji. La plupart du temps, il n'aimait pas s'ouvrir ou partager son expérience. Mais parfois, ces démarches étaient nécessaires pour éviter que les erreurs passées soient réitérés par les générations futures. Quand il avait désigné Renji au poste de vice-capitaine, il ne s'était pas douté une seconde que Renji prendrait du gallon si vite. Il avait décelé chez lui un certain talent. Seulement, il s'était imaginé qu'il faudrait des années, voire plusieurs décennies, avant que ce talent puisse éclore. L'exécution de Rukia avait précipité les choses et Renji s'était émancipé bien plus vite que prévu. Il ne l'admettrait jamais. Mais Renji avait réussi l'impossible. Renji avait réussi là où son prédécesseur avait échoué. Il était véritablement devenu en quelques temps un shinigami d'exception.
Cependant, il était trop tôt pour qu'il se repose sur ses lauriers, son pouvoir était encore fragile, brut et indompté. Protéger des millions plutôt qu'un seul, c'était encore nouveau pour lui. Mais Renji avait tenté de sauver Rukia et Byakuya lui en était redevable.
- Capitaine Kuchiki, pourquoi... pourquoi...
Ne se retournant qu'à moitié, le noble le dévisagea avec le même regard sans concession.
- Non... Rien... Merci. Je... Merci, Capitaine Kuchiki.
Aussi stoïque était-il deux minutes plus tôt, Byakuya perdit presque l'équilibre quand la petite femme-démon apparut derrière la porte shoji. Après avoir chassé Shane, elle poussa la porte du coude.
- Oups ! Je suis désolé de vous interrompre Messieurs.
Suki Ichinose tenait un plateau repas à bout de bras.
- Hisagi m'a dit que vous étiez réveillé, Abarai-taicho. Vous avez meilleur mine. Je vous ai apporté une bonne soupe pour que vous puissiez reprendre des forces. C'est une recette de mon père. Honnêtement, je ne la réussis pas aussi bien que lui. Mais elle est sensé accélérer la régénération des cellules. J'en ai parlé à Unohana-san, elle approuve le traitement.
Byakuya serra le poing. Suki le contourna pour poser le plateau devant Renji. Suki Ichinose avait-elle décidé de l'ignorer... À nouveau ? Ils en étaient à nouveau là.
- Ah oui, Hisagi m'a aussi expressément demandé de vous secourir des griffes de Kuchiki-sama.
Elle esquissa un simple sourire dans sa direction.
- N'écoutez pas un mot de ce que Kuchiki-sama a pu vous dire, Abarai-Taicho, vous avez très bien combattu. Les primeros sont d'horribles créatures maléfiques. Regardez mon cou ! De vrais barbares ! Même Kuchiki-sama... Il ne dit rien mais je sens d'ici les plaies se rouvrir sous ses bandages. Ces créatures sont mauvaises et sans pitié... et...
Byakuya se racla la gorge. Malheureusement, cela n'arrêta pas le bavardage de la jeune femme qui s'installa sur la chaise abandonnée par Hisagi juste à côté du lit. Quant à Renji, il interpréta mal le geste de son ancien taicho.
- Vous voulez un peu de soupe, Taicho ?
Plongeant une cuillère dans le bol, Suki la dirigea ensuite vers Renji. Avec hésitation, Renji ouvrit la bouche et sans un mot, elle commença à lui donner la becquée.
- Kuchiki-sama... Non, il ne mange pas. Jamais. Il ne boit que de l'eau. Je croyais qu'il serait forcé à un moment donné de manger ma cuisine. Mais non... Il fait partie de ces gens qui ne mangent jamais. C'est super triste. Je ne sais pas comment il fait... Toute cette pression spirituelle... Ne jamais manger... Je veux dire en général, je ne pourrais pas sauter un repas. Enfin si je pourrais... Même si cela ne me semble pas naturel. Ne pas manger n'est pas naturel. Toutes les créatures de toutes les dimensions se nourrissent. J'en discutais avec Momo-chan. Elle est d'avis que c'est une question de libre arbitre. Vous voyez Momo ne se nourrirait que de pastèque si on lui laissait le choix. Alors je lui ai dit : « Momo, ta poitrine ne se développera jamais avec un tel régime. » En tant que capitaine et amie, je ne lui laisse donc pas le choix. Pour une femme, c'est très important. Aussi important que de se faire des muscles... Je faisais des paris avec mes sœurs ou avec Yoruichi-chama... Je crois que Momo devrait vraiment... faire quelques choses pour sa poitrine.
Renji rougit sous ses bandages. Cela s'appelait passer du coq à l'âne! Passer de la conversation grave et solennel de Kuchiki Taicho au babillage superficiel d'Ichinose -Taicho demandait une certaine élasticité intellectuelle. Byakuya leva les yeux aux ciels, tourna les talons et quitta la pièce en claquant la porte. Byakuya ne put se résoudre à retrouver sa chambre néanmoins. Il resta non loin, appuyé légèrement contre le mur. Suki sursauta, jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.
- Kuchiki-sama s'en est allé ?
- Vous vous êtes montré un peu dur avec le capitaine Kuchiki.
- C'est vrai ? Qu'est-ce que j'ai dit ? Je ne m'en suis pas rendu compte.
- Suki-do... Suki-chan, ne pleurez pas.
- Il n'aime pas ma cuisine. Il n'aime pas ma façon de m'habiller. Il n'aime rien de ce que je fais. Je suis désolé... Je ne veux pas pleurer. Mais parfois, les larmes viennent toute seule. Il dit me tolérer à peine. Et je ne sais pas... Je ne sais pas pourquoi cela me fait tant de peine... C'est peut-être parce que j'essaye vraiment... Je ne suis tellement pas à ma place ici. C'est même à cause de moi que Kuchiki-Sama a été blessé.
Renji haussa les sourcils. Cela en faisait beaucoup d'information à enregistrer au réveil.
- Suki-chan...
- J'aurais dû réagir plus tôt. J'aurais dû être un bon soldat. Mais mon bankai... Je le maîtrise à peine. J'ai vraiment essayé. Je voulais simplement me faire un ami mais je crois que je me suis trompé. J'ai tout raté. Je m'y suis mal pris. Et je n'aurais pas dû... lui dire que je l'aimais bien. Je crois qu'il me prend pour une sorte de cruche sans cervelle. Normal, je dis toujours les choses qui ne faut pas avec lui. Il doit me détester. Je devrais le détester. Il n'aime pas ma cuisine ! Il n'est même pas fin gourmet. Je vais le détester à l'avenir ! C'est ça je ne lui lancerais que du mépris... Mais il est parfois si drôle et gentil... Seulement la minute d'après, il est bourru et caustique...
- Kuchiki-Sama, drôle ? Ichinose-san...
- Oui ? Oh, je parle trop, c'est ça ?
- Non... non... Je comprends. C'est difficile à dire avec Kuchiki-sama ! Le capitaine Kuchiki peut paraitre assez bourru au premier abord. Il... Vous auriez dû me voir quand j'ai commencé à son service. Il ne m'a pas adressé la parole jusqu'à notre première mission dans le monde des vivants pour retrouver sa sœur. Suki-sama est quelqu'un de bien. Je me porte volontaire pour être son ami sans aucun problème si elle veut bien sécher ses larmes.
Byakuya fixa le sol distraitement. Il l'entendit renifler. Dans la chambre, Suki essuyait ses larmes. Renji lui venait sans doute en aide à grand renfort de mouchoirs pris sur la table de chevet. Il pouvait les imaginer entre créatures simples commisérer sur leurs malheurs respectifs. Il serra le poing.
- Merci Abarai-Taicho. Pardon. Je me suis un peu laissé emporter. Mais cet homme me mets positivement hors de moi. De quel droit refuse-t-il mon amitié avec autant d'entêtement ? Enfin... Oui... Pardon Abarai-Taicho.
- Arf, c'est rien. Vous pouvez m'appelez Renji ? Alors racontez, qu'est-ce que vous avez fait de fun dans le monde des vivants depuis votre arrivée?
- Oh ! Si seulement vous aviez été désigné pour nous accompagner ! Je suis sûre qu'on se serait bien amusé. On a rien eu le temps de faire ! J'ai été au lycée. C'était un peu amusant de donner des cours. Et il y avait ce café génial. Mais quand j'ai proposé d'y aller.
- Laissez-moi deviner, Kuchiki-sama vous a jeté hors de la voiture en marche ?
Byakuya serra la mâchoire. Ce n'était pas un de ses meilleurs moments, c'est vrai. Mais vraiment, elle, non plus, ne savait pas choisir ses moments. Pour sa défense, il avait demandé à Shane de ralentir avant de la pousser.
- C'était horrible. J'ai marché.
- Vous n'avez pas fait de mauvaises rencontres au moins ? Parce qu'il y a des drôles de zozos dans cette ville.
- Non ! Mais j'ai dit la même chose à Kuchiki-sama ! Une ville inconnue est toujours un endroit très dangereux pour une femme.
Suki Ichinose était un esprit, un capitaine... Elle avait achevé Bankai. Quel humain chétif pourrait présenter une menace pour cette femme-démon. Bon dieu de bon sang de... Cette idiote ! Elle ne risquait rien. Et Abarai qui l'encourageait dans sa bêtise ! Les critères d'accession à la capitainerie avaient baissé depuis l'arrivée de ces deux-là.
- Je vous crois. Il y a un type par exemple qui prétend être un shinigami. Kurumadame Amamiya...Ou Kurudani...Bref...Il porte un afro. Il faut un peu se méfier de lui. Il n'est pas très net. Demandez à Rukia.
Il l'entendit acquiescer, en secouant les breloques en or dans ses cheveux.
- Vous avez essayé de regarder la télé ?
Suki secoua la tête, les yeux ronds. Encore une fois, la mélodie de ses broches en or donna à Byakuya une idée de sa réponse.
- Parce qu'il y a des chaines réservé aux cuisiniers.
- Des chaines... Dans la boite carrée... Avec ces gens rigolos à l'intérieur comme les transmissions du SeishinKeikoroku.
- Oui, ils passent des émissions toute la journée juste sur la nourriture.
- C'est vrai ? Je... Je ne savais pas. Sur la cuisine ?
- Oui... Ils y vouent un culte à la nourriture parce que les humains c'est bien connu adorent manger ! Ils distribuent même la nourriture dans des boites géantes.
- Oh ! Oh ! J'en ai vu au lycée. Mais il n'y a pas de mode d'emploi. J'ai demandé à Kuchiki-sama mais...
- C'est parce qu'il ne sait pas...
Comme s'il ne savait pas se servir d'un distributeur de"choses"... de "confiseries" ! Qu'est-ce que Renji en savait ? Il avait peut-être une très longue expérience lui aussi avec ces boîtes... machines ! Il n'avait peut-être pas envie de partager son savoir avec la petite femme-démon.
- En toute honnêteté, si vous cherchez un expert, sans me vanter, vous l'avez devant vous.
Abarai, un expert ? Il valait mieux en rire ! Il avait passé "deux semaines" dans le monde des vivants et il s'autoproclamait déjà expert pour pavoiser devant les petites écervelés à moitié blonde et à moitié brune. Au royaume des imbéciles, le sot était roi. Comme si lui, Kuchiki Byakuya avait eu le temps pour de telles gamineries ? Ils étaient venus en mission. Ces deux-là avaient-ils oublié ? Ou faire du tourisme était-il plus important ? Et puis Abarai, il aurait dû le laisser se morfondre un peu plus longtemps! Dans sa grande bonté, il avait voulu remonter le moral de son ancien subordonné et voilà la récompense pour ses efforts. Ils se méritaient bien l'un l'autre.
- Vous me montrerez comment m'en servir ?
- Bien sûr. Quand toute cette histoire sera terminée, on ira faire un tour. Et Suki-sama verra tout ce que le monde moderne offre de mieux. Il faut bien s'amuser !
Byakuya avait assez entendu de ses niaiseries et il retourna dans sa chambre.
Chapitre suivant = La Guerre de Cent ans
Je ne suis pas très satisfaite de ce chapitre. Il y a juste un truc qui me titille ! Je ne saurais dire quoi! Peut-être des fautes d'orthographe? Des erreurs de synthaxe?
Hé, grâce au petit mot de BeN, j'ai envie de faire un geste de plus en ce dimanche. J'ai envie de faire cadeau du prochain chapitre ce soir-même mais c'est un deal, on review chaque chapitre séparément hein? Histoire que j'ai votre point de vue sur les deux chapitres...
