Miss Petrovska : Tu n'as jamais vu le film de Disney Merlin l'Enchanteur ? A la base Archimède est un philosophe et mathématicien grec. Mais dans le dessin-animé, c'est surtout le hibou de compagnie de Merlin. Il râle tout le temps, il se dispute souvent avec le sorcier et il apprend à lire et à écrire à Moustique (Arthur X)).

Je tiens à précisez que les cadeaux faits à la sage-femme ne sont pas une réalité historique. Du moins pas que je sache X). Mais je voulais faire un truc qui face un peut cérémonial et traditionnel.

Pour ce qui est de mes sources pour reprendre la légende, j'ai un peu honte de le dire, mais elles viennent souvent de Wikipédia. Bon après, j'ai étudié Yvain le chevalier au Lion de Chrétien de Troye au collège (comme d'autres j'imagine) et Tristan et Iseult au lycée. Après je pense que j'ai beaucoup été influencée par le film Merlin, avec Sam Neill dans le rôle principale, et par la série Kaamelott. J'ai aussi mon précieux Découverte Gallimard : Arthur et la Table ronde. La force d'une légende. D'Anne Berthelot, qui est un résumé des origines et des principaux thèmes abordés dans la légende. Si tu as envie d'en savoir plus, mais que lire les textes originaux te barbe (ce que je comprend très bien ;)), je peux aussi te conseiller la série de BD Arthur, une épopée celtique (9 tomes) de Chauvel, Lereculey et Simon, qui reprend à la version la plus ancienne (galloise) du mythe. Elle commence avec la naissance de Merlin (Myrddin) et se termine avec la trahison de Mordred (Medrawt).

Alissa21 : Je savais que j'allais décevoir beaucoup de lecteurs en tuant Morgane. Mais pour moi, c'était un mal nécessaire. Pour souligner le danger que représente Mordred, permettre à Mélusine de gagner son indépendence. Parce qu'à l'instar de son père, elle va devoir grandir très vite. Et tant qu'elle restait dans le giron de Morgane, elle ne pouvait pas vraiment évoluer.

Cokorico : C'est toujours agréable, un commentaire. Mais je te jette pas la pierre. Même je ne suis pas très régulière dans mes reviews. =^^= Pour autant que je sache, Merlin et Morgane n'ont pas d'enfant commun. Du moins pas d'après les textes officiels ^^. Peut-être dans des versions plus contemporaines, mais j'ai pas enquêté.

Julie Winchester : faut bien changer de référence de temps à autres, sinon c'est ennuyeux xD. Et pour Arthur et Mélusine, il va falloir attendre encore. Ceci dit, je viens de terminer un chapitre qui risque de refroidir ton impatience. *rire sadique*

Violette : j'essaie autant que possible d'être régulière dans mes publications, mais ce n'est pas toujours évident. Je te remercie pour ta review.

Roussette : si là tu trouves qu'elle souffre, attend un peu de voir ce qu'elle va prendre dans... deux chapitres. *nouveau rire sadique*

Sabrinabella : bah, tiens puisque t'en parle... lis ce chapitre. :D


L'Appel de la Forêt

La première Table Ronde des Seigneurs d'Albion fut ouverte au printemps. Des quatre coins du Royaume, accoururent les vassaux d'Arthur : Calogrennant, le fier guerrier picte, Léodagan, le farouche seigneur de Carmélide, Bedivère, son ami, voisin et beau-fils, accompagné de la douce Dame Mary, Erec, roi de Mercy, et son épouse Enid, Mithiane et Bohort, souverains de Nemeth, et la princesse Elaina, toujours célibataire mais dirigeant ses terres avec autorité et clairvoyance. Les plus vieux guerriers qui avaient eu l'occasion de l'approcher affirmaient qu'elle leur évoquait le souvenir de la reine Annis.

Pour accueillir dignement ses hôtes, Camelot s'était parée de bannières multicolores aux armes des souverains d'Albion, un tapis de fleurs jonchaient le chemin, de la porte de la ville à la cour d'honneur du château, et des trompettes annonçant leur entrée dans la cité. Guenièvre n'avait pas ménagé sa peine pour organiser la réception de ces invités de marques, supervisant jusqu'au moindre détail pour que les cuisines soient pleines, que les chambres soient aménagées selon les goûts et les besoins de chacun – elle avait pris soin de retenir, par exemple, que la reine Enid aimait les fleurs mais que les roses la faisaient éternuer – et veillé à ce que des divertissements soient prévus tous les soirs. Oui, vraiment, l'épouse d'Arthur s'était donnée beaucoup de mal pour que ce premier rassemblement se passe au mieux. Etant désormais la souveraine suprême d'Albion, elle se devait d'être une hôtesse irréprochable.

Hélas, la chance n'était pas de son côté. Au matin de l'arrivée du cortège d'Elaina, elle se réveilla en se sentant barbouillée. Gwyneth, qui n'avait jamais totalement abandonné sa charge auprès de sa Reine, lui fit préparer une potion apaisant. Ensuite, elle fut prise de maux de ventre lors du premier banquet réunissant tous les invités. Chacun mit ces désagréments sur le compte de l'anxiété : après s'être donné tant de mal pour que tout soit parfait, la pauvre Guenièvre était tout simplement à bout de nerf.

Arthur, qui culpabilisa quelque peu d'avoir laissé son épouse se démener seule avec les préparatifs de réception – d'abord parce que ce genre de chose l'ennuyait, et ensuite parce que cela focalisait l'esprit de Guenièvre sur autre chose que la conception d'un héritier – la poussa à prendre du repos. Surtout après qu'elle se soit endormie trois fois au cours des réunions de la Table Ronde.


Une chasse fut organisée le sixième jour, pour leur permettre à tous de se défouler. Arthur insista auprès de Gwen pour qu'elle garde le lit, afin qu'elle reprenne des forces et chargea Gwyneth de veiller personnellement à ce qu'elle ne manque de rien. Ajoutant que si les malaises de son épouse devaient persister, il faudrait la faire examiner par le médecin royal. Guenièvre, passablement irritée depuis l'aube, se plia de mauvaise grâce aux exigences de son époux et, contrariée, elle se vengea sur le copieux petit-déjeuner qu'une servante lui apporta au lit.

En dehors de la Reine, de Dame Gwyneth et de Dame Mary, pratiquement tous les hauts dignitaires présents à la Cour participaient à la chasse. Y compris Dame Margareth, toute émoustillée par la perspective de pouvoir galoper au grand air. Sir Léodagan, son père, parut lui-même s'égayer. Depuis la mort de son épouse, le vieux guerrier ne quittait plus cet air maussade qui durcissait les traits de son visage. Les seuls moments où il s'était quelque peu déridé, furent lorsque Maggie et Gauvain lui présentèrent son petit-fils. Arthur avait même exigé que Merlin soit présent. L'Enchanteur se serait pourtant bien passé de cette corvée et aurait préféré tenir compagnie à Gwen. Mais pour une raison inconnue, le Haut Roi n'avait jamais intégré que son ami n'avait, et n'aurait jamais, aucun goût pour la chasse. Et pour une raison encore plus mystérieuse, Arthur estimait que, comme Guenièvre ne pouvait pas être à ses côtés, c'était à Merlin de la remplacer.

Étonnamment, ce furent les femmes qui s'illustrèrent le mieux au cours de la battue. Margareth, excitée comme une jeune fille à son premier bal, entraina ses compagnes dans son enthousiasme. Ces dernières n'eurent guère besoin de beaucoup d'encouragements : Elaina était une cavalière incroyable, Mithian, une chasseresse redoutable(1) et la reine Enid ne s'en laissait pas compter non plus. Très vite, lancées sur la piste d'un cerf, elles parvinrent à distancer leurs compagnons, qui durent galoper à brides abattues pour les rattraper. Merlin laissa tout le cortège prendre de l'avance, bien décidé à les laisser s'essouffler dans la course, tandis qu'il profitait de l'accalmie de la forêt.

C'était une magnifique journée ensoleillée. Le ciel était d'un bleu azur, les oiseaux chantaient, et l'air embaumait d'un parfum de fleurs et d'humus. Pour un peu, le Magicien aurait cru retrouver le charme enchanteur de Brocéliande. Pourtant, la forêt n'avait pas changé depuis son retour, mais c'était comme s'il la découvrait différemment. Il pouvait percevoir la respiration des arbres, les bruissements sous la terre qui trahissaient l'emplacement des terriers. Même le chant des oiseaux lui parut différant, ce n'était plus seulement une mélodie familière, mais un véritable discours, tout en nuances et langage codé.

Emrys… Emrys…

C'était comme si la forêt toute entière s'était mise à murmurer son nom, à l'appeler. Merlin se sentait imprégné de sa force et de sa vitalité, mais aussi de son âme. Son cœur s'était mis à pulser au même rythme que celui de la brise printanière qui s'engouffrait dans les branchages.

Emrys… Emrys…

Sans qu'il ne s'en rende compte, au fur et à mesure qu'il marchait au sein de la forêt, les animaux quittèrent les terriers et les cachettes, dans lesquels ils s'étaient refugiés pour échapper au flair des chiens de chasse. Petit à petit, ils vinrent s'agglutiner sur le chemin de Merlin, semblant le considérer avec curiosité et fascination.

Emrys… Emrys…

Au loin, l'Enchanteur aperçut dans le contre-jour les contours d'une silhouette familière. Calmement, il mit son cheval à l'arrêt, quitta sa selle et attacha la bride de sa monture à la branche d'un arbre. Toujours suivi par les lapins, les écureuils et quelques oiseaux, il s'immobilisa sous le grand chêne où l'attendait Mekare.

– Bonjour à toi, Merlin, le salua la prêtresse de Dana.

– Bonjour Mekare, lui répondit l'Enchanteur.

– Surpris de me voir ?

– Un peu, avoua-t-il. Je ne m'attendais pas à ta visite.

– Je voulais prendre de tes nouvelles et voir comment se passait ton… rétablissement.

Merlin fronça les sourcils. Depuis, qu'il avait fait la connaissance de la magicienne, il avait appris qu'il y avait toujours un double sens derrière chacune de ses paroles.

– Vous êtes au courant… souffla-t-il.

– Au courant de quoi ?

– De ce qui m'arrive, depuis que j'ai quitté Brocéliande. Je perçois tout différemment. J'arrive maintenant à savoir quand la pluie va tomber, avant même que la première goutte n'ait quitté les nuages. Les chiens et les chevaux de Camelot se plient à ma volonté sans même que j'ai besoin de faire le moindre geste. Et même dans la forêt…

Il jeta un regard aux petites bêtes agglutinées derrière lui.

– J'arrive à les apprivoiser. Je perçois même leurs émotions : ce qui les effraie, ce qui les rassure…

– La Magie est source de toute vie, déclara Mekare. En tant que ses serviteurs, nous avons une conscience aigue de ses mouvements et des forces de la Nature. Mais dans ton cas, tu n'es pas un serviteur, tu es l'Enfant chéri de la Magie. Par conséquent, tu as le pouvoir d'en charmer tous les sujets et de les faire plier à ta volonté.

– Mais c'est la première fois que je me découvre un tel don !

– Tu l'as toujours eu. Simplement, le fait de vivre dans le secret de ta propre nature, t'avait poussé à refouler ce don. Mais les différents deuils qui t'ont frappé ces derniers temps, ainsi que ton séjour à Brocéliande, ont réveillé cette capacité en toi. Elle est à présent de nouveau active et plus forte que jamais.

Merlin fixa intensément son interlocutrice.

– Vous en savez plus que vous ne l'avez laissé entendre sur Brocéliande, n'est-ce pas ?

– Je n'ai jamais quitté la terre d'Albion, si c'est là ta question. Mais j'ai connu jadis un homme qui avait eu l'insigne honneur de visiter la Forêt Merveilleuse. Il m'en a fait le récit détaillé, lorsque lui et ses hommes sont venus explorer l'île, du temps où les Cinq Royaumes commençaient à se former.

– Qui était-il ?

– Un fier guerrier, l'un de ces hommes qui ont traversé la Mer pour venir coloniser Albion. Il disait être le fils d'un sénateur romain, au service d'un Haut Roi, que les siens appelaient « Imperator ». Lui-même s'est présenté sous le nom d'Ambrosius Aurelianus.

Et lorsque Mekare évoqua le souvenir de cet homme, des étoiles se mirent à briller au fond de ses yeux. La magicienne dut deviner les pensées de Merlin, car elle ajouta avec un sourire coquin :

– Je n'ai pas toujours été une vielle femme, à la peau grêlée et au corps bouffi. Il fut un temps où mes cheveux étaient aussi rouges que les feuilles des arbres en plein automne, et un homme aurait pu faire le tour de ma taille en joignant ses deux mains.

– Vous avez été amants.

– Ambrosius appartenait à une race différente de celle des hommes d'Albion. Avant l'arrivée des hommes de la Mer, il n'y avait pas un seul individu aux cheveux noirs. C'était la première fois qu'on voyait des guerriers recouverts de plaques de métal. Contrairement à nos braves, ils ne se lançaient pas à corps perdu dans la bataille, mais calculaient minutieusement leurs plans d'attaque. C'est ainsi qu'ils ont conquis Albion.

– Ambrosius… souffla Merlin. C'est ainsi que s'est présenté l'homme qui m'a mené à Brocéliande.

Mekare sourit davantage.

– Il a toujours été unique. Même au sein de ses compagnons d'arme, il était exceptionnel. Il était à la fois un homme du sud et un enfant de la Magie. Les romains appelaient cela « le don d'Apollon » : ses dieux lui avaient accordé le pouvoir de lire l'avenir.

– Je croyais que la Magie était née à Albion.

– D'après Ambrosius, Elle est née à peu près partout. Chaque terre à sa propre source. Et chaque peuple, ses sorciers et ses devins. Dis-moi Merlin, à moi qui n'ai jamais quitté cette île, Brocéliande est-elle aussi belle qu'il me l'a racontée ?

Ses yeux brillaient, à la fois tristes et nostalgiques.

– Elle est même plus encore…

Il lui conta en détail les merveilles qu'il avait pu découvrir au sein de ce lieu magique. Et à chaque nouvelle parole, Mekare paraissait plus émerveillée encore.

– Mon seul regret, soupira-t-elle après qu'il eut achevé son récit, est de n'avoir pas trouvé en moi le courage nécessaire pour quitter Albion du temps de ma jeunesse et voir par moi-même quelles merveilles se cachaient au-delà de ses frontières. Aujourd'hui, je suis trop vieille, et mon temps s'achève…

– Que voulez-vous dire ?

Merlin fut soudain inquiété par ses paroles.

– Je te l'ai dit jadis, répliqua doucement Mekare, rien ne dure en ce monde. Seule la mort est définitive. J'ai eu plus que ma part, des changements et des bouleversements qui ont formé et transformé cette terre. A l'instar de Dana, je dois céder la place à la génération suivante. Au nouveau gardien d'Albion.

Et ce disant, elle fixa intensément Merlin.

– Je suis venue te faire mes adieux, Enchanteur de Camelot, et t'offrir mes dernières recommandations.

– Savez-vous où se trouve Mordred ?

La question avait franchi ses lèvres, avant même que son esprit ne l'ait clairement formulée. Peut-être la perspective de perdre une de ses plus puissantes alliées le poussait-il à en tirer le maximum sur ce qui le préoccupait.

– Tu as raison de redouter le Druide Noir, lui répondit Mekare. Il est le contrepoids de ta puissance. Et celle-ci n'a d'égal que la haine qu'il éprouve envers toi.

– Il a déjà tué Morgane, soupira Merlin, et Alator, parce qu'ils se sont mis sur son chemin, pour l'empêcher de s'emparer de Mélusine.

– Il n'a plus donné signe de vie depuis. Il semble s'être évanoui dans la nature.

– Cela n'augure rien de bon.

– En effet… Soit sur tes gardes Merlin : les ténèbres rôdent. Désormais, c'est à toi et Arthur de veiller sur Albion.

Le cœur du Magicien battait fort dans sa poitrine. Il savait qu'il parlait à Mekare pour la dernière fois. Et une voix retentissait dans sa tête : « Désormais, c'est toi le protecteur d'Albion. »

– Une dernière recommandation ? demanda-t-il.

– N'oublie jamais pourquoi tu te bats.

Et sur ces derniers mots, la prêtresse tourna les talons et disparut en un battement de cils.


Au château, Gwyneth avait trouvé le moyen de distraire Guenièvre en faisant venir les petits Yvain et Galaad dans la chambre royale. Le petit groupe s'était installé dans le grand lit à baldaquin, où les deux bambins s'amusaient à sautiller sur le matelas de plumes, tandis que les deux jeunes femmes riaient de leurs facéties et les encourageaient par des jeux et des chatouilles. Gwen riait aux éclats, les yeux pétillants, au point d'en avoir le souffle coupé. L'espace d'un moment, elle était redevenue une jeune femme fraiche et gaie, comblé par les plaisirs les plus simples.

C'est alors qu'au milieu de ces gamineries, elle fut à nouveau prise de crampes et de nausées. Paniquée, Gwyneth sauta du lit et alla chercher le médecin. Ce dernier, un honorable praticien âgé d'une quarantaine d'années, accourut aussitôt dans les appartements de la Reine. Ils trouvèrent celle-ci, calmement étendue sur le lit, légèrement étourdie, serrant contre elle les deux garçonnets.

A peine entré, Siméon de Caerdydd – c'était son nom – réclama le plus grand calme et demanda à rester seul avec sa patiente. Docilement, Gwyneth entraina les deux enfants à l'extérieur, tandis que le médecin royal examinait attentivement sa patiente.

– Depuis combien de temps souffrez-vous de vertige, Majesté ? demanda-t-il calmement.

– Trois semaines environ, répondit Gwen, légèrement barbouillée.

– Et vous n'êtes pas venue me voir plus tôt !

– J'ai mis cela sur le compte de l'anxiété, s'excusa la Reine. Je voulais tellement que tout soit parfait, que je ne me suis pas ménagée. Je pensais que cela passerait tout seul. Mais depuis quelques jours ça a empiré.

– Hum, hum… Avez-vous eu ces derniers temps une sensibilité au nouveau de la poitrine ?

Gwen fronça les sourcils, pas certaine de comprendre où Siméon voulait en venir. Certes, elle avait récemment reproché à Arthur qu'il lui empoignait les seins un peu trop fort au cours de leurs ébats.

– Peut-être un peu… dit-elle.

– Je vois… Des fringales ou des envies particulières ?

– Avec tous les efforts que j'ai dû faire, j'ai l'impression d'avoir eu faim tout le temps. Mais une fois sur deux, je n'arrivais pas à garder la nourriture. Oh ! Et c'est pire quand je sens l'odeur de la lavande ! J'ai été obligé de faire jeter tous les bouquets, parce que le simple fait d'en sentir le parfum me provoquait des vomissements.

Le médecin hocha la tête, gravement, sans laisser transparaitre la moindre émotion.

– Oh, je vous en supplie ! soupira Guenièvre. Si c'est vraiment grave dites-le-moi !

– Hé bien… Tout dépend de ce que vous entendez par grave.

– Est-ce soignable au moins ?!

– Pour les vomissements, je peux vous prescrire quelque potion qui devrait y mettre un terme. En revanche, pour ce qui est du souci principal, j'ai peur qu'il ne faille vous armer de patience. Ce genre de mal met plusieurs mois à guérir.

– Des mois !

– Neuf en général…

Un sourire discret étira peu à peu les lèvres du médecin. Il coula à la Reine un regard malicieux. Cette dernière le regardait, interdite, les yeux écarquillés, osant à peine croire en ce que son cœur et son esprit lui criait.

– Est-ce… pouvez-vous m'en dire la cause ?

– Oh, je soupçonne le Roi Arthur d'en être le principal responsable, répondit Siméon, avec un sourire franchement coquin. Ou du moins j'ose l'espérer…

C'est en fin d'après-midi que tous les membres de la noble compagnie regagnèrent le château, ramenant avec eux quantité de gibier. Arthur alla directement dans ses appartements pour y retrouver Guenièvre et s'enquérir de son état de santé. A son grand étonnement, et soulagement, c'est une épouse radieuse et euphorique, qui vint se jeter dans ses bras, à peine eut-il mis un pied dans la chambre.

– Ton mal est finalement passé ? s'enquit-il plein d'espoir.

– Oh, non ! sourit Gwen, folle de joie. Le médecin a même dit qu'il faudra probablement plusieurs mois avant que tout redevienne normal.

Arthur était partagé, ne comprenant pas le lien entre cette nouvelle, plutôt alarmante, et l'état euphorique de son épouse. Gwen lui prit alors la main et la posa sur son ventre. Elle souriait toujours gaiement, avec des larmes de joie au coin des yeux. Et plus Arthur tentait d'analyser son comportement, plus son cœur se mettait à battre la chamade. Il ne sut quoi dire. Partagé entre le bonheur de voir son tendre amour enfin apaisée et la panique à l'idée de ce qui était en train de grandir en elle. Finalement, pour toute réponse, il ne put que la prendre dans ses bras et la serrer de toutes ses forces.

L'annonce de la naissance prochaine de l'héritier clôtura joyeusement les sept jours de réception à Camelot. Tous les invités et les membres de la Cour félicitèrent chaleureusement le couple royal. Même Léodagan quitta son air renfrogné pour leur témoigner sa sympathie. Chacun repartit chez soi, enchanté par ce séjour et renouvelant ses vœux de loyauté et d'amitié.


1 Gwen peut en témoigner ! ;)

Oui, c'est officiel ! Notre grande Souveraine a un polichinelle dans le tiroir ! \o/

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