Oooh, une fic' oubliée ! Vite, réparons cette erreur ... voici un nouveau chapitre. Biz à toutes !

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37 – John regardait la pluie tomber sur le pare-brise du Jumper. L'eau formait de longues rigoles, laissant des traces derrière elle. De la poussière s'était accumulée sur le petit vaisseau Atlante. Il faudrait qu'il en parle à Radek, Jumper One avait besoin d'un petit passage au karsher, mais en attendant …

Octavis se trouvait toujours avec lui. Le jeune homme était silencieux ne sachant pas très bien sur quel pied danser avec le terrien. John ricana. Il fallait dire que lui aussi ne savait pas très bien sur quel pied danser avec lui-même.

Il savait juste qu'il ne pouvait pas laisser Rodney seul ici.

« Je dois trouver un moyen d'entrer dans le château et d'y rester … » John se tourna vers Octavis. « Et vous allez m'y aider. »

Octavis ouvrit la bouche puis la referma et se concentra lui aussi sur le pare-brise.

Pendant un long moment, le seul bruit pouvant être entendu dans le Jumper fut celui de l'eau de pluie, battant sur la carlingue.

oOo

Rodney ouvrit la porte. Son cœur battait la chamade mais il entra quand même, il savait qu'il devait le faire.

La pièce était baignée par la lumière du soleil. Sur le mur faisant face à la porte, il y avait une immense fenêtre. Elle était ouverte et le vent faisait voler des rideaux blancs, presque vaporeux. C'était tout, il n'y avait aucun meuble, juste la fenêtre et les rideaux. Rodney avança dans la pièce. C'était curieux parce que malgré le vent qui soufflait et entrait dans la pièce, il n'y avait aucun bruit. Il continua d'avancer, et c'est alors qu'il la remarqua.

Une silhouette.

Rodney aurait voulu parler, demander qui était là, ce qu'il ou elle faisait ici, pourquoi il ou elle l'avait appelé mais il resta là, incapable de parler, incapable de bouger.

La silhouette semblait si sombre sur le fond blanc que formaient les rideaux, qu'elle en était presque inquiétante. Elle avança vers lui, lentement. Le contre-jour empêchait Rodney de voir de qui il s'agissait mais cela n'avait pas une grande importance.

Il savait qu'elle ne lui voulait pas de mal.

La silhouette lui tendit la main, Rodney n'hésita pas un seul instant et la pris dans la sienne.

La sensation était incroyable, à la fois étrangère et familière. Il avait l'impression que cette main était une simple extension de lui-même, qu'il connaissait son propriétaire depuis toujours bien qu'il ignorât de qui il s'agissait. Il serra la main, elle était si douce, si chaude, vibrante de vie.

Il n'y avait toujours aucun bruit dans la pièce, juste le flap-flap silencieux des rideaux, le blanc de la lumière, le noir de la silhouette, et cette main dans la sienne. Rodney sourit. Il se sentait bien, mieux qu'il n'avait été depuis, depuis … en fait, il n'aurait pas su le dire, peut-être depuis toujours.

Il était heureux. Non, c'était plus que cela il se sentait entier, comme s'il lui avait toujours manqué quelque chose, quelque chose pour lui permettre d'être lui, d'être un homme fini.

Rodney s'approcha de la silhouette et l'enlaça. Il était si bien, si bien …

Il ferma les yeux et tout s'effaça devant lui, lumière, ombre, ne laissant que le souvenir de cette sensation de bien être.

Trois jours plus tard ...

La voix, fluette, presque féminine, était insistante, très insistante.

« Rodney ? Rodney ? »

Huuuurgh. Yep, Rodney c'était lui, grand gourou des E2PZ, maître es Chaise Ancienne. Le dit Rodney avait une furieuse envie de proclamer « qui me parle ? » un peu comme dans cette stupide publicité française, et …

« Humpf, laissez le donc, il finira bien par se réveiller tout seul. »

Ouuuuuuuuh, seconde voix, complètement et indubitablement masculine cette fois. Carrément moins insistante et moqueuse. Pas sympa la voix, pas sympa du tout, du tout, du tout.

« Non, non, non, il faut qu'il se réveille, qu'il boive et mange un peu, et puis je dois le préparer pour … »

Un rire éclata près de sa joue droite. Pas tendre le rire.

« Bien entendu ! J'aurais du me douter que vous ne faisiez cela que pour avoir le plaisir de jouer à la poupée. »

Dédaigneuse et arrogante, voire franchement dégoûtée la voix, Rodney ne l'aimait pas.

« Rodney ? »

Huuuuuu, oui, il était toujours là, enfin, sans doute, sinon il ne pourrait pas entendre des voix non ? CQFD. Yep, il était un génie, il l'avait déjà dit, non ? Ou peut-être pas …

« Rodney, il faut vous réveiller, nous n'avons pas beaucoup de temps. »

Le temps ? Ou le chaos ? Il était un astrophysicien que diable … oui, c'était ça, le temps est une conséquence implicite du chaos (26), oui, oui, oui, il baignait dans un vaste, vaste, vaste Big Bang.

« Rodney … » Un soupir suivi ce dernier appel et puis soudain Rodney eut froid, l'air s'engouffrait partout, sur ses bras, ses jambes, il se glissait sous sa tunique et lui glaçait le torse. Nonnonnonnonon … Rodney détestait le froid, il aimait la chaleur, les couvertures moelleuse, il aimait dormir, il voulait dormir. Il donna un coup à la main qui … La main ?

Rodney ouvrit les yeux et poussa un cri.

« Oh, bonjour Rodney, vite, levez vous, nous avons beaucoup à faire, et si peu de temps, si peu de temps … »

Rodney tenait les couvertures à deux mains, ses yeux rivés sur Lyokomis. Lyokomis dans l'infirmerie ? Impos-… minute, où étaient les lits, les tabourets, les moniteurs ? Il n'était pas dans l'infirmerie. Il lui fallu un moment, comme s'il sortait d'un rêve, pour reconnaître les lourdes draperies, les meubles de bois noir. Il était sur Myrtria.

Lyokomis parlait, du moins, Rodney entendait sa voix, mais il était incapable de comprendre ce qu'il disait, son cerveau ayant un peu de mal à réaliser où il était.

Myrtria. Il était sur Myrtria ? Comment était-il arrivé ici ? Elisabeth l'avait … non, ce n'était pas possible, Elisabeth n'aurait jamais accepté ça, accepté de le livrer à …

La porte de la chambre s'ouvrit brutalement et Lyokomis et Rodney tournèrent la tête à l'unisson vers la personne qui venait d'entrer.

« Servilniya … »

Rodney avait murmuré le nom tant redouté.

« Dehors. »

Lyokomis lâcha tous ce qu'il tenait dans les mains, lança un petit sourire contrit à Rodney et sortit, le laissant seul avec Servilnya. Rodney ne quittait pas la jeune femme des yeux.

Impossibleimpossibleimpossible … son esprit ne parvenait tout simplement pas à réconcilier ce qu'il avait vécu ces dernières semaines avec ce qui se passait maintenant. Il se rappelait avoir été agonisant à l'infirmerie, il se rappelait les larmes de Carson, le sourire désolé d'Elisabeth et la voix de … Non, ça, ce n'était pas possible, il n'avait pas pu s'agir de la voix de John pour la bonne raison que les paroles qu'elle lui avait murmuré avaient été des paroles d'amour et que John ne l'aimait pas, il avait été on ne peut plus clair sur ce qu'il pensait de Rodney : une pauvre pute juste bonne à écarter les jambes … oh oui, il se rappelait de ça, un peu trop bien en fait. Il ignorait qui avait prononcé ces paroles mais elles l'avaient rassuré.

« Tenez, mettez ça. »

Une des robes d'apparat que Lyokomis avait sortie de l'armoire atterrit en plein visage de Rodney. Ouch. Les perles brodées du vêtement lui avaient cinglé la joue.

Servilniya le fixait silencieusement et Rodney commença à trouver son regard froid agaçant. Il se rappelait très bien de ce qu'elle lui avait fait lorsqu'elle l'avait surpris en train de s'échapper, mais là, maintenant, la situation était tellement étrange presque surréaliste qu'il se fichait complètement de ce qu'elle pourrait bien lui faire s'il lui désobéissait, et il avait une envie folle de désobéir.

« Non. »

Voilà, c'était fait et franchement, ça faisait un bien fou, il y avait une éternité qu'il n'avait pas pu jouer, et bien, à lui-même, Docteur Rodney Mckay, arrogant et désagréable, à votre service. A l'infirmerie, il avait été trop faible et puis tout le monde avait été trop aux petits soins avec lui pour qu'il ait le courage de partir en laissant derrière lui une image, disons, un peu trop négative. Etrange qu'il se soit soucié de cela d'ailleurs, cela ne lui ressemblait guère, il fallait croire qu'il avait vraiment changé, que ses deux années sur Atlantis l'avait changé, quoiqu'il en soit, résister à cette folle psychopathe était un vrai plaisir, surtout qu'il était sûr qu'elle ne ferait rien contre lui … encore qu'il ne sache pas très bien d'où lui venait cette certitude.

Il était tellement plongé dans ses réflexions qu'il ne remarqua pas que Servilniya avait bougé, il sursauta lorsqu'il sentit des cheveux frôlé sa joue. Servilniya était presque allongé sur lui, ses bras de chaque côté de lui, elle lui souriait. Vision terrifiante, entre Prédator et Alien.

« Si vous ne vous changez pas, je fais fouetter tous les hommes du château … quel que soit leur âge … »

Son sourire était toujours là, figé en une grimace que Rodney aurait aimé effacé de manière définitive. Il frissonna et serra la robe contre lui.

« Alors ? Dois je donner l'ordre ? »

Rodney secoua la tête. Inutile de s'acharner, l'enjeu n'en valait pas la peine.

Servilniya se leva et se posa devant la porte, croisant les bras sur sa poitrine.

Rodney soupira et se leva à son tour. Il connaissait Servilniya, elle allait rester là, me regarder se déshabiller et revêtir cette affreuse robe, tout ça pour le plaisir de l'humilier. Il ressortait une bonne chose de tout cela : il avait eu la confirmation que Servilniya ne le toucherait pas, du moins physiquement.

Bien, il avait perdu une petite bataille de volonté mais pas la guerre.

TBC (je dirais à vue de nez encore trois à quatre chapitres … Ca devient bon !)