Amélia venait d'apparaître de la cheminée sous le regard stupéfait des trois enfants, ils ne s'attendaient pas à voir quelqu'un arriver par cette cheminée et encore moins leur mère.

− Mère, lancèrent les trois enfants en se précipitant sur elle!

− Mes anges, comment allez-vous, dit-elle en embrassant amoureusement ses chérubins?

− Mlle Océanne et Potter, fit Rogue sur un ton qui imposait une obéissance totale, vous n'avez pas finit votre heure de travail, alors poursuivez!

Les deux jeunes, pris en faute retournèrent s'installer, lorsque Amélia reprit la parole.

− Severus, disons leur la vérité, ensuite ils travailleront et j'irai t'attendre dans tes appartements!

− Bien, les enfants, votre mère demeurera au château pour les prochains mois, car elle attend un bébé.

− Pour vrai, fit Océanne?

− Trop cool, lança Antoine!

Le seul qui ne dit rien fut Harry, Amélia le remarqua et alla le rejoindre.

− Qu'y a-t-il, mon enfant, s'enquit la mère sans considérer les regards sombres de son mari.

Elle savait depuis longtemps qu'il ne s'attendait pas à ce qu'elle l'affectionne, mais elle avait décidé de le traiter comme un de ses enfants et rien ne lui ferait changer d'avis.

− Oh, il n'y a rien, mère, la rassura l'enfant, je suis très heureux pour vous, c'est un bel évènement.

− Mais pourquoi ne réagissez vous pas, Harry?

− Ce n'est pas vraiment de mes affaires, mère, je veux dire, je n'ai rien à voir là-dedans.

À ce moment, la mère comprit, ce qu'elle pouvait se trouver bête en de telle occasion. Bien sûr qu'il ne disait rien, il ne voyait pas pourquoi il avait son mot à dire, car théoriquement il n'appartenait pas vraiment à cette famille, il était à part, bien que légalement ils soient ses parents, il était le seul à ne pas faire physiquement partie de la famille, génétiquement parlant. Il se sentait exclus, comme toujours, comme il l'avait toujours été depuis le jour de la mort de ses parents. Elle frotta le dos de l'enfant, lui donna un baiser sur le front et lui dit doucement, pour que lui seul comprenne, que dans son cœur il était son fils et qu'elle l'aimait autant que ses propres enfants. À ces mots, Harry leva les yeux, ces derniers étaient parsemés de brouillard et lui murmura un faible, mais honnête merci. Elle laissa l'enfant et retourna près de Rogue.

− Bon, Amélia, tu peux aller dans mes appartements pour t'installer, j'en ai pas pour longtemps, M. Antoine vous pouvez vous retirez et retourner dans votre salle commune, quant à vous deux, fit Rogue en regardant Océanne et Harry, finissez-moi votre temps d'étude en silence, sans langage secret, ni code, ni message caché. Compris?

− Oui, père, firent les deux enfants fautifs.

Le temps d'étude se termina rapidement et lorsque la fin sonna, Rogue avertit les deux enfants.

− Je veux vous voir demain soir à 16 heures pour votre retenue et si vous avez compté aussi bien que moi, alors vous aurez compris que vous en avez pour deux semaines.

− Père, se risqua Océanne, est-ce que nous sommes punis durant les fins de semaine aussi?

− …Rogue n'y avait pas pensé, puis il leur dit. En effet, jeunes gens vous serez puni les fins de semaines aussi, à la même heure.

− Père, fit encore Océanne, est-ce que je pourrais aller voir mère un instant?

− Oui, je ne vois pas ce qui vous en empêche, Mlle, mais n'osez pas vous plaindre à elle, parce qu'elle est ici, d'ailleurs elle ne peut rien contre l'autorité de votre professeur, est-ce clair?

− Oui, père, je ne voulais pas la voir pour cela, de toute manière.

− Jeune fille, fit Rogue un peu agacé, tentez de ne pas toujours répliquer à ce que l'on vous dit. Je ne vous le dirai pas deux fois.

Sur ce, Océanne se retira, tête baissé et se dirigea vers les appartements où se trouvaient sa mère. Il ne restait que Harry et Rogue dans la pièce. Harry serrait ses choses dans son sac et s'apprêtait à partir.

− Potter, fit Rogue?

− Oui, père?

− Bien que vous tentez de dissimuler vos sentiments, je vois bien que quelque chose vous perturbe, voulez-vous en parler?

− Je vais bien, père, je suis seulement fatigué, j'ai un entraînement et après je vais aller me coucher. Merci tout de même.

− Vous ne voulez pas aller voir Amélia, je crois qu'elle aimerait vous voir avec les deux autres, elle aime bien que « ses » trois enfants soient là, en même temps.

− Oh, mais elle aura ses trois enfants en même temps ce soir, père, si vous comptez le bébé, Océanne et Antoine. Je vais aller m'entraîner avec l'équipe de Quidditch pour une heure environ et ensuite j'irai me coucher.

− Bien Potter, alors à demain.

− Ouais, bonne nuit, père.

Et il quitta la pièce, sans regarder derrière lui. Il se rendit pour la pratique et ce soir-là il donna tout ce qu'il avait à donner, se vida complètement, s'épuisa à la tâche. Hermione qui avait assisté à l'entraînement s'inquiétait pour son ami, alors que ce matin il semblait heureux et amusé, elle le voyait triste et renfermé. Mais que c'était-il donc passé durant son temps de travail? Elle savait qu'elle n'obtiendrait pas de réponse ce soir, probablement pas le lendemain non plus, Harry ne devait pas être brusqué, car il se fâcherait et refuserait de parler. Harry devait être prit avec des pincettes lorsqu'il était contrarié, il n'aimait pas sentir que les gens, même si c'était ses meilleurs amis, s'immiscent dans sa vie. Alors qu'il s'apprêtait à retourner dans son dortoir, Rogue discutait, seul à seul avec Amélia.

− Es-tu au courant de ce qu'il se passe avec Harry, demanda-t-elle?

− Non, qu'a-t-il fait encore?

− Arrête de toujours l'accuser, voyons, il n'a rien fait! N'as-tu pas remarqué sa réaction lorsque nous avons parlé du bébé? Il n'a pas parlé, il n'a pas réagit justement, et c'est cela qui m'inquiète. Il est triste cet enfant, inquiet et ne sent pas qu'il a une place dans cette famille. Il se sent toujours de trop et ce sentiment il le vit depuis le jour où ses parents sont morts, je crois qu'il est blasé, il faudrait que tu ailles y parler.

− Mais pourquoi moi, je vais demander à sa directrice de maison, c'est à elle de discuter avec les Gryffondor!

− Je ne te parle pas de Gryffondor ou de Serpentard, mais de l'enfant que tu as adopté, ton fils.

− Bien je vais le faire, mais avant laisse moi m'occuper un peu de toi, lui dit-il en lui massant doucement le dos.

Pendant ce temps, Harry avait changé d'idée, il n'avait plus envie de retourner dans son dortoir, ni dans sa salle commune d'ailleurs, il avait seulement envie d'être seul, chose qui se produisait que très rarement lorsqu'il était dans le château. Il alla prendre sa cape d'invisibilité discrètement dans son dortoir et sortit du château en douceur. Il alla près du lac et s'y assit, bien décidé à contempler ce spectacle merveilleux et ce silence magique qui s'offrait enfin à lui. Il pensait tranquillement à sa vie, s'embrouillant dans ses idées, dans ses souvenirs.

Rogue lâcha le dos de sa femme, celle-ci s'étant endormie et se dirigea à l'extérieur de ses appartement pour retrouver la tour de Gryffondor, rendu sur place, il entra dans la tour et chercha Harry dans la sale commune, seule Hermione y travaillait encore, elle n'avait même pas levé le nez de ses livres en l'entendant arriver.

− Granger, fit Rogue subitement, savez-vous où se trouve votre petit copain Potter?

− Je l'ignore, professeur Rogue, avoua cette dernière, bien surprise que Rogue ait dit que Harry était son petit copain. Avez-vous regardé dans sa chambre? Regardez aussi si la cape d'invisibilité y est, cela vous donnera un indice d'où il pourrait être.

− Savez-vous où il range cette cape?

− En effet, je vais vous montrer professeur, à moins que vous m'enleviez 40 points parce que j'aurais entré dans le dortoir des garçons.

− Ne soyez pas idiote, Granger et montrez-moi!

Hermione le mena jusqu'au lit de Harry et regarda pour trouver la cape, elle n'y était pas, bien évidemment, elle vit qu'un garçon était dans son lit, elle se demandait où étaient les autres.

− Neville, fit Hermione, aurais-tu vu Harry?

− Oui il est venu après l'entraînement de Quidditch, il a prit quelque chose et est repartit sans rien dire, avait avoué le jeune homme terrifié par la présence de Rogue dans son dortoir.

− Et bien professeur Rogue vous avez votre réponse, Harry est partit avec sa cape, mais j'ignore où il est!

Trop enragé après Harry, Rogue ne pensa même pas à enlever des points à Gryffondor pour l'insolence de Hermione. Il interrogea quelques étudiants, mais personne n'avait vu Harry. Après avoir visité les endroits où Harry se rendait le plus souvent, Rogue décida d'aller à l'extérieur, pour y jeter un coup d'œil, souhaitant pour l'enfant, qu'il ne s'y trouvait pas