Chapitre 37 : La chevauchée du loup

J'étais toujours à la fois estomaquée et fascinée quand Jacob s'approcha de moi. Par réflex, comme si j'avais fait ce geste des centaines de fois, je passais ma main dans le pelage à la base de son cou. Je souriais distraitement en observant mes doigts passer sans entraves à travers sa douce fourrure. Je joignis ma seconde main à l'œuvre alors que Jacob se baissait pour me donner accès à sa tête, bien trop haute quand il est droit sur ses quatre pattes.

Je lui grattais l'oreille droite comme je l'aurais fait avec un animal de compagnie. Aussitôt Jacob secoua la tête énergiquement. Je ris et m'écartais en un bon quand je sentis quelque chose de rugueux et humide sur ma joue.

-Tu viens de me lécher la joue. Hallucinais-je. -Jacob laissa pendre malicieusement sa langue sur le coté de sa gueule. -Mais...mais tu n'es pas un chien ! -Je frottais énergiquement ma joue avec ma manche.- Je ne peux m'empêcher de t'imaginer me faire ça sous ta vrai forme. ET n'y pense même pas. Ris-je. -Une sorte de hululement sortie de sa gorge.- Ouais et tu vas me dire que sous ta forme lupine ton instinct animal te dicte et donne un tout autre sens à tes actions. Mimais-je en agitant les mains.- Le loup brun/roux secoua négativement la tête.- Han ! Bêta. Tu ne te chercherais même pas d'excuses. Souris-je en le poussant, essayant, de la main.

Je fronçais les sourcils et y ajoutais ma deuxième main, poussais, puis l'épaule, poussais. J'appuyer de tout mon poids contre lui, poussais, pour ne serais-ce que le faire frémir. Je sentis le corps du loup vibrer contre moi et je réalisais qu'il, à sa façon, se moquer prodigieusement de moi.

-C'est ça ris, mais j'aurais essayé ! Bon ce n'est pas que je n'aime pas jouer à décrypter tes pensées mais j'aimerais pouvoir discuter normalement tu vois...C'était une superbe surprise, franchement, mer..

Le loup secoua de gauche à droite la tête.

-Quoi ?

Jacob agita la tête vers la droite, puis vers le bas et enfin de droite à gauche.

-Jake franchement, tu crois que j'ai compris quelque chose ?

De nouveau le loup s'étira le cou vers sa droite. Je haussais les épaules, paumes vers le ciel. Jacob me tourna alors le dos, me fouettant par inadvertance de sa queue avant de s'asseoir et de fléchir les pattes avant.

-Tu veux que je monte sur ton dos ? Tu sais on aurait tout aussi bien pu faire une balade à cheval...

Jacob tourna la tête dans ma direction et leva ses yeux marrons aux ciel.

-La chevauchée du loup...ça sonne bien comme nom pour une surprise non ? Ouais ouais je sais, tu ne peux pas répondre...Après tout je l'ai déjà fait avec Edward, j'avais adoré...avec le temps. Ce doit être la même chose...Me dis-je. -Jacob laissa échapper une sorte de... gloussement ?- J'arrive pas à croire que j'accepte aussi facilement...Tu ne me prépares pas de mauvais coup hein ? Parce que je te fais confiance. Dis-je en passant une jambe de chaque coté de son dos.

J'agrippais une grosse poignée de poils dans chacun de mes poings et serrais de toutes mes forces. Mes jambes formèrent un étau autour de la cage thoracique du loup quand il se releva. Je glissais légèrement vers le bas. Je me remontais et essayais de me positionner confortablement en évitant le plus possible sa colonne vertébrale qui faisait une assise fort désagréable.

Tout mes muscles se contractèrent involontairement alors qu'il se mettait en mouvement et baissait la tête pour ramasser son bermuda échoué au sol. Le jean entre les dents il se tendit sur ses pattes arrières et gratta trois fois de la patte sur le sol.

-Arrête ton ciné...WAHOU ! Hurlais-je alors qu'il s'était élancé en me prenant par surprise, mon corps projeté vers l'arrière.

Je luttais pour rester accrochée et me penchais en avant. La poitrine contre le dos incroyablement chaud du loup, le menton dans sa fourrure. J'observais, surveillais, sa trajectoire entre ses deux oreilles.

Il était si grand et large...Le comparer à Edward avait été une ridicule erreur. Ce n'était en rien identique. Même la vitesse vertigineuse semblait...différente. Le tressautement du corps de Jacob à chaque fois que ses pattes battaient le sol faisait, bien qu'il court avec souplesse, que tout mon corps bougé au rythme du sien. Je sentais la course dans chaque fibre de mon être. Ses muscles se contractaient entre mes cuisses et sa chair se mouvait sous moi.

Alors qu'avec Edward je semblais voler, glisser même tant ses déplacements se faisaient avec légèreté et douceur. Là je percevais une puissance animale diriger chaque mouvements, chaque impulsions. Je vibrais littéralement de la tête aux pieds alors qu'il franchissait d'un bond un immense tronc couché au sol et que la fraction de seconde où nous quittâmes le sol, je levais les bras au ciel en poussant un cri qui me semble t-il se répercuta dans la forêt...