Enfin, pour une fois, juste à l'heure.
Ceci dit, j'ai un petit message à faire passer concernant la publication : ainsi que je l'ai toujours dit, j'ai une vie privée avant tout. Donc j'écris au rythme de l'inspiration et surtout du temps que j'ai. Il est donc inutile de me demander la suite plus vite, je fais de mon mieux !
Et heureusement pour moi, ce petit rappel ne concerne que peu de reviewers.
Bêta : Chibigoku2002
Chapitre 38: Les prémices
- De nous battre ici ? Si professeur. Cet après-midi, ce soir ou cette nuit, ce sera lui ou moi.
Un grand silence suivit sa déclaration.
Il ne fut rompu que par la voix rauque de Severus :
- Tout d'abord, nous nous occupons de toi, Harry. Ensuite du dernier que vient de trouver Hermione.
Harry vit les yeux de cette dernière s'écarquiller brutalement lorsqu'elle entendit la phrase de Severus. Il lui jeta un petit sourire triste avant de retourner son regard vers Lucius. Les mâchoires serrées de ce dernier lui donnèrent le renseignement qui lui manquait : Lucius savait également.
Il finit par dire à la cantonade :
- Ceux qui le veulent peuvent commencer les préparatifs pour défendre le château. Ron, je te laisse prévenir tes parents ? Hermione, où doit-on te rejoindre quand on en aura terminé ?
- La … la salle sur demande, dit Hermione d'une voix étranglée.
Elle avait les larmes aux yeux, et les autres la regardaient sans comprendre.
Tandis qu'il s'éloignait encadré par Lucius et Severus, il entendit le tumulte des questions qui faisait irruption dans son dos, mais son cerveau refusa de faire le tri entre les voix pour que les sons deviennent des phrases compréhensibles.
Jamais il ne s'était senti aussi serein et aussi terrifié à la fois.
Les quelques heures à venir allaient être cruciales.
Comment Severus voulait-il s'y prendre pour tuer le morceau d'âme qui était en lui ?
Comment allait-il pouvoir tenir tête à Voldemort ? Ils avaient bien travaillé en duel, mais ils n'avaient que deux mois d'entraînement derrière eux !
Il voulait survivre.
Il le reconnaissait, ces dernières semaines auprès de Lucius et de Severus le soir lui avaient donné un avant-goût de ce que pourrait être leur vie à tous les trois, et il avait adoré cela, La façon dont les deux hommes le laissaient à la fois plein de liberté et dont ils veillaient sur lui, Il avait découvert que Severus pouvait parler de bien d'autres choses que de potions, et qu'il était toujours prêt à lui expliquer n'importe quoi sur n'importe quel sujet, Il avait également pu parler Quidditch avec eux bien que le premier match de la saison de Poudlard n'était prévu que la semaine suivante.
Alors qu'ils parcouraient les couloirs pour se rendre à leur appartement, que leurs deux épaules frôlaient pratiquement les siennes, il sut que seul un zest de pudeur les retenait tous les deux de le prendre par la main. Cette intuition lui fut confirmée dès que la porte se referma sur eux : il se retrouva dans l'étau de quatre bras.
- Es-tu sûr qu'il faut engager le combat ce soir, Harry ? Lui souffla Lucius dans le creux de l'oreille.
- Ca ne sert à rien d'attendre, murmura-t-il en retour. Carrow et Ombrage doivent être là pour moi. Je ne me laisserai pas mener au Ministère dans les mains de Voldemort, je vais l'obliger à venir ici.
Lucius regarda Severus par-dessus l'épaule d'Harry. Sa vision ne lui avait pas donné d'indice sur la saison du déroulement de la bataille, mais effectivement le cadre en était Poudlard, Jusqu'à présent, Harry avait eu de bonnes intuitions concernant Voldemort, il n'y avait pas de raison que cela change maintenant. Alors qu'ils se regardaient d'un air résigné, Harry reprit la parole d'une voix étranglée :
- Il faut qu'on s'occupe de ma connexion avec ...
Il ne parvint pas à terminer sa phrase et il fut aussitôt un peu plus serré entre les deux hommes de sa vie.
- Allons sur notre lit pour plus de confort, souffla Severus.
- Tu sais comment nous allons procéder ? Demanda Lucius d'une voix plus dure qu'il n'aurait voulu.
- Tu es la flèche et moi le bouclier, rétorqua sèchement Severus. Je vais protéger Harry tandis que tu vas obliger cette fichue saloperie à sortir de là !
Harry frissonna violemment à cet énoncé. Le fait que les mots soient prononcés par Severus rendait la réalité encore plus atroce. Jusque là, il pouvait toujours avoir le très infime espoir qu'il se soit trompé, mais le fait que Severus l'admette tout haut anéantissait tout. Il était le septième horcruxe.
Severus le fit s'adosser à la tête du lit et ils s'assirent tous les deux en face de lui, chacun lui prenant une main dans les siennes. Enfin, après quelques secondes de silence pesant, Severus prit la parole d'une voix rauque :
- Je vais entrer le premier, Harry. Tu vas te relaxer autant que possible, et ne pas combattre mon intrusion pour une fois. Au contraire, s'il se passe quoi que ce soit, tu chercheras ma présence en toi pour te rapprocher et venir t'abriter. Et surtout, surtout, tu ne me quitteras pas des yeux.
Harry avait déjà la bouche légèrement ouverte, il pressentait que l'effort allait être difficile à produire. Comment s'empêcher de protéger ses souvenirs les plus chers face à l'intrusion, même de son propre compagnon ? Comme s'il avait compris ce que cela lui coûtait, Lucius ajouta aussitôt :
- Severus ne va pas chercher les souvenirs, Harry, il va tout faire pour les protéger, au contraire.
Après un bref hochement de tête de la part d'Harry, Severus ajouta encore :
- Lucius, dès que je te fais signe, ce sera à toi de jouer.
Et il ne laissa pas l'angoisse s'installer plus, il prononça doucement :
- Legillimens !
Harry s'efforça de se relaxer, de laisser Severus passer simplement ses barrières mentales assez neuves. Les souvenirs passaient devant ses yeux, et il s'efforçait de les laisser couler. Il grimaça bien intérieurement lorsqu'il entrevit la salle commune des serpentards qu'il avait exploré en deuxième année avec Ron, ou encore l'humiliante sortie avec Cho Chang à Pré-Au-Lard, mais il s'obligea à se concentrer sur une seule chose : laisser un libre accès à Severus, que ce dernier puisse tout rassembler pour le protéger. Il n'avait aucune idée de la façon dont il allait procéder, mais il lui faisait confiance.
Cette valse dura un temps indéterminé, puis il sentit une deuxième présence en lui : Lucius venait de faire irruption dans son esprit. Il appréhenda aussitôt toute la différence entre les deux : là où Severus avait été léger, doux, Lucius était nettement plus dur. Sans chercher aucunement les souvenirs, il sentait sa présence dans sa tête comme un prédateur qui cherche sa proie. Et il sut qu'il avait trouvé quand il lui sembla que son cerveau venait d'exploser en deux.
Sans qu'Harry ne s'en rende compte, Severus avait placé sa main sous son menton pour l'obliger à garder le contact visuel au cas où. Et il fut ravi de l'avoir fait lorsque Lucius sembla trouver le morceau d'âme car la douleur avait brutalement fait irruption chez le plus jeune. Il fut obligé de maintenir le contact visuel de force, et il sentait le combat qui faisait rage dans l'esprit d'Harry entre la magie de Lucius et le morceau d'âme de Voldemort. Ce dernier venait heurter les protections qu'il avait mises sur tous les souvenirs d'Harry avec une violence incroyable. Il sentit rapidement la douleur pulser également dans son cerveau.
Lucius avait trouvé ce qu'il cherchait : l'image de Voldemort tel qu'il était lors du 31 Octobre 1981. Ce morceau d'âme, bien vivant, avait fait son nid dans un coin reculé de l'esprit d'Harry. Dès qu'il se sentit découvert, Voldemort tenta de s'extirper de son cocon, mais les protections de Severus d'un côté, et son intrusion à lui, Lucius, lui barrait toute retraite. Il n'avait plus en théorie qu'une seule issue : celle par laquelle il était entrée. Ce morceau d'âme ne possédait pas suffisamment de magie pour s'opposer à Lucius. Mais il en avait suffisamment pour ne pas s'en aller sans combattre, et les sortes de flèches de magie qu'il lançait sur les boucliers de Severus faisaient frémir Lucius à chaque fois. Il accentua du coup ses propres attaques : c'était difficile à décrire. Il ne lançait pas de sort, mais de par sa volonté, sa magie allait combattre la magie adverse, tandis qu'il voyait celle de Severus se dédier uniquement à la stricte protection d'Harry.
Lucius avait conscience à l'extérieur des hurlements d'Harry qui trahissaient sa souffrance, mais il ne pouvait rien y faire, ou plutôt, ils renforcèrent encore sa détermination à en terminer au plus vite. Après un temps interminable à ses yeux, enfin le morceau d'âme sembla filer à travers la cicatrice d'Harry et Lucius sortit immédiatement de son esprit. Il leva sa baguette sur le filament noir qui flottait au niveau du front d'Harry, et prononça farouchement :
- Incarcerem buxa !
Aussitôt une boite se matérialisa autour du filament : Lucius eut peur pendant un court instant que la boite ne parvienne pas à se refermer. Le long cri plaintif qui en sortit lorsque la boite fut enfin fermée lui glaça le sang. Il entoura ensuite vivement la boite du premier tissu qui lui tomba sous la main (il devait jurer quelques jours plus tard car il avait sacrifié l'une de ses plus belles chemises de soie …), et ferma hermétiquement le tout à l'aide de plusieurs Incarcerem.
Severus, lui, maintenait envers et contre tout l'ensemble de sa protection autour d'Harry. Il sentait bien que ce dernier avait cessé de souffrir, mais il ne s'arrêterait que lorsque Lucius lui indiquerait qu'il en avait terminé. Sa tête menaçait d'exploser, mais il n'en avait cure : le plus important était de protéger Harry de tout ce qu'il pouvait.
Enfin, il sentit la main de Lucius se poser sur son bras, et il balbutia :
- Je peux vraiment le lâcher ?
- Oui, souffla Lucius en retour.
Lorsqu'il sortit de l'esprit d'Harry, Severus se prit aussitôt la tête entre les mains en gémissant. Merlin qu'il avait mal ! Il entendit également Harry gémir de douleur, et heureusement il sentit Lucius quitter leur côté. Quelques secondes plus tard, une fiole se pressait à ses lèvres et il en but le contenu sans même vérifier de quoi il s'agissait. De toute façon, il avait trop mal, rien ne pourrait aggraver sa douleur.
Lentement, celle-ci reflua et il put enfin ouvrir les yeux. Aussitôt, il tourna son regard vers Harry : ce dernier avait toujours la bouche entrouverte et sa respiration était légèrement saccadée. Il croisa le regard inquiet de Lucius et trouva la force de demander :
- Où est-il ?
- Enfermé dans une boite, avec plusieurs liens par dessus. J'attends d'abord de voir comment Harry et toi allez.
- Cette saleté a lutté pour tenter d'envahir Harry à nouveau, soupira Severus. J'ai vraiment cru que mes boucliers ne suffiraient pas !
- Moi aussi, rétorqua Lucius. C'était son seul moyen de défense face à moi.
Enfin, ils entendirent Harry grommeler :
- Vous ne pourriez pas arrêter de jouer les commères là ? J'ai mal à la tête moi !
Harry avait l'impression que le moindre battement de son coeur prenait naissance dans son cerveau, les battements réguliers lui martelaient les tempes. Mais lorsqu'il put enfin ouvrir un oeil, il vit un tout petit sourire triomphant sur le visage de Lucius, il sut que son veela l'avait débarrassé d'une présence encombrante en lui. Pour être franc, il ne se sentait absolument pas différent, mais finalement, quoi de plus normal ? Il n'avait jamais su, jusqu'à la veille, il abritait un hôte totalement indésirable !
Dans la Grande Salle, un silence pesant avait suivi le départ des trois hommes. Hermione se pinçait les lèvres, au comble de l'inquiétude.
Comment Lucius et Severus allaient-ils pouvoir débarrasser Harry du morceau d'âme qu'il hébergeait sans blesser son ami ?
Comment Drago allait-il pouvoir se sortir du pétrin dans lequel Severus lui-même l'avait mis ? Car oui, elle commençait à l'apprécier depuis qu'il jouait les Jack Donson : beaucoup plus aimable, serviable, il était loin du Malefoy arrogant et particulièrement casse-pieds !
Comment Harry comptait-il ensuite trouver le dernier horcruxe dans la Salle du Demande ? Car elles avaient pu parler, Luna et elle, à la Dame Grise, qui n'était autre que la propre fille de Rowena Serdaigle. Elle avait volé le diadème de sa mère lorsqu'elle était une toute jeune fille, l'avait emporté en Albanie, avant d'être tuée par le Baron Sanglant qui avait été lancé à sa poursuite. Et le fantôme avait avoué avoir déjà parlé de cette histoire et du diadème à un ancien élève de Poudlard : Tom Jedusor. Hermione avait fini par comprendre comment Voldemort raisonnait, elle était donc certaine que ce diadème était le dernier horcruxe. Et comment savait-elle qu'il était à Poudlard ? Mais parce que les fantômes parlent entre eux ! Et que Mimie Geignarde elle-même avait vu Tom Jedusor entrer dans la Salle sur Demande avec un air de triomphe sur le visage : le jour même où il s'était vu refuser le poste de professeur de défense contre les forces du mal par le professeur Dumbledore !
Elle en était là de ses réflexions lorsque la voix railleuse de Seamus se fit entendre :
- Alors Jack, tu as une petite explication sur tes simagrées pendant toutes ses semaines ? Tu es fier de nous avoir roulé dans la farine ?
- Contrairement à ce que tu pourrais penser, Seamus, je n'ai fait que protéger Harry, contra sèchement Drago. Il était absolument vital que Voldemort ne puisse pas imaginer un seul instant qu'il était lié à mon père, sinon, cela fait plusieurs semaines que Poudlard serait envahi, crois-moi !
- Nous n'allons pas débattre là-dessus, intervint Remus d'une voix ferme. Le secret devait être gardé, il l'a été et il l'aurait été encore si certains ne s'étaient pas légèrement laissés déborder par leurs émotions !
Les autres élèves de gryffondors furent surpris d'entendre Ron exploser de rire :
- J'adore positivement votre façon de formuler les choses, professeur Lupin, lança-t-il. Et dire que c'est lui entre tous qui a fait ça !
Cette formulation lui attira un oeil noir de la part de Remus, Hermione, ainsi que le professeur McGonagall. Il parut un instant interloqué, puis finit par protester :
- Quoi ! Je n'ai rien dit enfin !
- Ron ! Admonesta Hermione. Tais-toi, cela vaudra mieux !
- Et bien moi, je serai ravi d'entendre ce que Ron ne doit absolument pas nous dire, protesta encore Seamus. Qu'est-ce que vous nous cachez encore ? On a tout de même le droit de savoir pourquoi on va se battre, non ?
- Si vous souhaitez vous battre, M. Finnigan, dit tranquillement Remus, ce sera pour aider Harry à délivrer le monde sorcier de Vous-Savez-Qui.
- Pourquoi c'est lui qui doit le faire ? Pourquoi est-il toujours mêlé à ça ? Demanda la voix timide de Neville.
- Il a malheureusement une prophétie qui le désigne, rétorqua sombrement Remus. Cela ne me plaît pas, mais alors pas du tout, mais hélas, je n'ai pas plus le choix que lui … Sans compter que je ne pense pas être le plus embêté par ça !
Tout en parlant, il avait regardé Drago et celui-ci avait légèrement grimacé. Le professeur McGonagall finit par prendre la parole :
- Je dois aller m'occuper d'Ombrage et de Carrox. Fillius, vous venez avec moi ? Car je ne pense pas que la présence de Remus soit indiquée ...
- Bien sûr, Minerva, je vous suis ...
Remus les regarda partir et souffla un coup quand tous les yeux se braquèrent à nouveau vers lui. Il finit par prendre la parole sèchement :
- Restez ici, et préparez-vous à tout, et éventuellement au combat. J'espère pouvoir convaincre ou faire convaincre Harry du contraire, mais sinon, l'affrontement aura lieu ce soir … Mlle Granger, M. Donson, venez avec moi, nous allons tenter de savoir où ils en sont. M. Weasley, prévenez votre famille à l'infirmerie.
Et il quitta rapidement la Grande Salle, Drago, Hermione et Ron sur ses talons, pour couper court aux questions. Heureusement, les élèves furent efficacement retenus par le professeur Chourave, qui se mit aussitôt à discuter avec eux des défenses supplémentaires dont Poudlard pourrait bénéficier grâce aux plantes contenues dans ses serres.
Ron les quitta rapidement, et Remus marmonna entre ses dents alors qu'ils couraient presque dans les couloirs qui menaient au septième étage :
- Alors là, je ne m'attendais pas à ce que ce soit Severus qui vende la mèche, et de cette façon en plus ! Et toi, Hermione, peux-tu me dire exactement ce qu'ils sont partis faire ? Pourquoi est-ce que Severus a perdu la tête comme ça ?
- Vous … vous n'avez pas compris ? S'étrangla Hermione.
- J'ai parfaitement compris que le prochain horcruxe doit être dans la Salle sur Demande, mais non, je n'ai pas compris pourquoi ils étaient tous les trois partis, Lucius et Severus encadrant Harry comme s'ils avaient peur qu'il ne leur échappe !
Hermione s'arrêta brutalement dans le couloir les larmes aux yeux et jeta, en criant presque :
- Harry est le dernier ! Cela leur donne quelques motifs pour s'inquiéter, non ?
Remus s'arrêta brutalement pour la dévisager d'un air horrifié. Il avait considérablement pâli et Drago avait légèrement écarquillé les yeux.
- Tu veux dire que ... enfin … qu'Harry est ...
- Il n'y a que ça comme explication pour que son esprit continue à être relié de la sorte à celui de Voldemort ! Sa cicatrice, c'était ça ! C'est pour ça qu'il a toujours eu mal lorsqu'il était près de Voldemort !
- Et actuellement, reprit lentement Remus d'une voix étranglée, ils sont ...
- Certainement en train de tenter de l'en débarrasser, acheva Hermione en s'étranglant sur les derniers mots.
Drago ne prit pas le temps de réfléchir, il se précipita vers l'appartement de son père, sans remarquer Remus et Hermione sur ses talons.
Lorsqu'il ouvrit la porte à toute volée, il fut soulagé de n'entendre aucun bruit, mais cela ne l'empêcha pas de marcher à grandes enjambées vers la chambre de son père. Évidemment, il frappa, bonne éducation oblige, et ferma un instant les yeux lorsqu'il entendit la voix rauque de son père lui indiquer qu'il pouvait entrer.
Il avait fallu une bonne heure à Harry pour se remettre de la destruction de l'horcruxe. Il n'avait pas vraiment fait attention à quoi que ce soit d'autre que les élancements dans sa tête qui n'avaient fini par se calmer qu'après qu'il eut passé un long temps dans les ailes de Lucius. Néanmoins, il avait été soulagé de savoir que Remus s'était chargé avec brio de la destruction de l'horcruxe extrait de sa tête : c'était encore un morceau de moins ! Ron les avait également rejoint, les assurant que ses parents et Fred se préparaient pour le combat, non sans avoir appelé Bill et Charlie.
Lorsqu'il eut avalé les potions jugées indispensables par Severus pour être en forme, ils se dirigèrent tous les sept vers la Salle sur Demande. Lucius observa avec fascination la concentration d'Harry au moment de faire apparaître la porte. Il vit son air déterminé lorsqu'elle apparut, et sut clairement que la volonté d'Harry serait l'une des clefs du combat de la nuit. Voldemort voulait tuer Harry, mais le voudrait-il autant qu'Harry voulait l'anéantir pour de bon ? Car il pressentait que son compagnon serait parfaitement capable de se sacrifier si besoin était pour sa cause, mais est-ce que Voldemort serait capable d'en faire autant ?
Harry entra d'un pas déterminé dans la salle : dès qu'il la vit, il eut un léger sourire de triomphe. C'était exactement dans cet apparent capharnaüm qu'il avait caché le livre de Severus lorsqu'il avait lancé le Sectumsempra. Il s'avança sans hésiter dans la salle. Quelques pas en avant, la vision d'un troll énorme empaillé à sa droite, il tourna. Quelques pas encore, l'armoire à disparaître cassée, il tourna à gauche. Quelques pas de plus et il le vit, le placard couvert de cloques. A l'intérieur se trouvait le livre de Severus, qu'il s'empressa de rendre à son propriétaire avec un air goguenard sous le regard exaspéré des autres.
- Harry, grommela Lucius, tu penses vraiment que c'est le moment ?
Harry eut un léger sourire et il répondit :
- Tu sais ce qu'il y a de formidable avec les coïncidences ? Tu vois ce vieux buste de sorcier affublé d'une perruque et d'un diadème tout moche là-haut ? Je l'avais mis là et affublé de la sorte pour reconnaître le placard et être certain de pouvoir remettre la main sur le livre de Severus.
Hermione eut un hoquet lorsqu'elle fixa le diadème que montrait Harry.
- Eh oui, Hermione, c'est bien lui ! C'est lui le diadème de Rowena Serdaigle. Terni par le temps poussiéreux et …. juste à la portée de ma main l'année dernière … Je l'ai même manipulé sans m'en rendre compte … Alors que je savais déjà toutes ces choses sur les horcruxes !
- Tu l'as pris en main ? Demanda Lucius d'une voix blanche. Et tu n'as rien eu ?
- Va savoir ce qu'il a comme protection celui-là ! Après tout ton fichu journal était bien pareil la dernière fois ! Inoffensif au toucher ! Grogna Severus.
A ces mots, Harry écarquilla les yeux. Mais oui, il savait comment détruire ce diadème sans y laisser sa peau.
Il l'empoigna brutalement et se dirigeait vers la sortie lorsqu'il sentit la main de Severus se refermer sans ménagement sur son poignet.
- Je peux savoir où tu vas comme ça ?
- Dans la chambre des Secrets, répondit légèrement Harry. Après tout, le basilic est toujours là, son venin va anéantir encore un autre horcruxe ...
Ils restèrent stupéfaits et silencieux jusqu'à ce que Ron geigne tout haut :
- Ah non, on ne va pas recommencer cette descente infernale !
- Expliquez-nous ça, Ron, demanda Remus doucement.
Harry ne dit rien, mais reprit sa progression vers les toilettes De Mimi Geignarde. Il laissa à Ron le soin de leur compter leur descente dans le toboggan, ainsi que l'effondrement d'une partie du mur à cause du sort de Lockart et de sa baguette défectueuse. Après tout, les autres verraient bien le moment venu … Et puis, Ron n'avait pas tout vu, il était bon qu'il laisse à son ami un peu de cette soi-disant gloire ...
Ils croisèrent le professeur McGonagall au détour d'un couloir. Cette dernière arborait une mine sinistre, mais satisfaite.
- M. Potter. Je ne savais pas que vous aviez le don d'ubiquité ...
Alors qu'ils la regardaient tous, incrédules, elle poursuivit avec un sourire qui grandissait :
- Mme Ombrage étant absolument persuadée du pire vous concernant, j'ai jugé bon de la prévenir que nous pensions que vous vous étiez réfugiés dans les anciens appartements de Severus Rogue. Appartements que nous avons été bien en peine d'ouvrir jusque là … Mais quelques paroles bien placées l'ont aussitôt persuadée que vous étiez de mèche avec celui qu'elle nomme le traitre et l'assassin … Donc, elle est entrain de s'acharner sur l'entrée de ces appartements avec Carrow.
Severus haussa un sourcil après avoir laissé filtrer son plaisir sur son visage.
- Et elle … peut ressortir du couloir une fois qu'elle sera découragée, si tant est qu'elle soit encore en vie ...
- Ah ça … Maintenant que vous m'en parlez, il me semble bien que Pomona a placé dans cet endroit, potentiellement dangereux, quelques-uns de ses filets du diable et autres plantes de son cru ...
Mis à part Severus, tous restèrent bouche bée, surtout en contemplant l'air de ne pas y toucher de la directrice.
- Minerva, finit par dire Severus avec un léger sourire, je constate que vous n'avez rien perdu de votre roublardise ...
- Mon cher Severus, Ombrage a été une plaie vivante dans ce château durant une année entière, elle ne va certainement pas recommencer. Maintenant, où en êtes-vous ?
- Nous allons détruire encore un objet, dit lentement Harry, pas encore remis de son choc. Dans la Chambre des Secrets.
Le professeur McGonagall laissa la surprise envahir son visage, puis elle reprit sur un ton chagriné :
- Et bien je crains que cette aventure ne me passe encore sous le nez ! Ne tardez pas, je pense que nous aurons très bientôt des nouvelles de Voldemort. Kinglsey et les autres viennent d'arriver, ils nous ont dit que Voldemort était sur leurs talons ...
Les adultes étaient abasourdis en contemplant la dépouille intacte du basilic qui gisait à leurs pieds. Et dire qu'Harry avait affronté cette bête alors qu'il n'avait pas encore treize ans ! Severus ne s'attarda cependant pas, il sortit sa baguette dès qu'il vit Harry s'approcher du croc du basilic qui était à terre.
Harry tenait le diadème de la main gauche, le croc de la main droite.
Avec le journal, l'idée avait été simple : transpercer le journal avec le croc était une évidence pour le détruire. Mais le diadème ? Où percer l'enchevêtrement du bijou ? Alors qu'il l'examinait attentivement, il remarqua enfin la pierre centrale du diadème : foncée, à la limite du noir mat. Il eut un léger rictus : quoi qu'il fasse, l'âme de Voldemort était toujours noire.
Il devait se dépêcher, mais il n'était pas aussi pressé que la dernière fois avec le journal.
Il prit le temps de caler le bijou avec plusieurs pierres, de telle sorte que la pierre du diadème soit horizontale.
Les autres le regardaient en retenant leur souffle, à l'exception de Lucius et Severus qui renforçaient les pierres et leur prise sur le bijou par des sorts de leur cru.
Remus avait fait reculer Ron, Hermione et Drago pour assurer un périmètre de sécurité. Il avait ensuite érigé une première barrière de protection.
Lorsque Lucius et Severus furent certains que le diadème ne bougerait plus, ils se reculèrent eux aussi, sans un mot, derrière cette barrière. Ils laissaient Harry seul, mais ils n'avaient pas le choix. Severus renforça également le bouclier de Remus.
Lucius vit que Drago était déjà quasiment en transe, les yeux rivés sur Harry, la baguette semi-levée. La protection de Remus ne serait pas un obstacle, elle était prévue pour empêcher les sorts de passer vers eux, mais pour laisser filer ceux qu'ils lançaient.
Harry sentit son cœur s'accélérer : qu'allait-il se passer cette fois lorsqu'il allait percer le coeur avec le croc du basilic ?
Il déglutit difficilement, serra fortement le croc de ses deux mains.
Il le leva haut au-dessus de sa tête, comptant bien mettre tout son poids pour percer la pierre précieuse.
Et il l'abattit. De toutes ses forces.
