Chapitre 38
Le Poudlard Express les ramenait vers Londres.
Catherine, Marvin, Cyrielle et Iris partageaient le même compartiment et avaient passé presque tout le trajet à parler de tous les moments qu'ils avaient vécus dans le fabuleux château millénaire dont ils se souviendraient toute leur vie et du magnifique bal de fin d'année qui s'était déroulé la veille.
Cyrielle n'avait pas fait la moindre allusion à ce qu'elle avait vu la nuit dernière dans le parc de Poudlard, lorsqu'elle était partie à la recherche de son amie, mais lui lançait de temps à autre des regards pour voir si elle allait se décider à annoncer la nouvelle à Catherine ou si elle préférait garder le silence. En tout cas, ce n'était pas à elle de révéler cette information si personnelle et elle ne dirait rien si la Gryffondor choisissait de garder cela secret.
Iris avait senti à plusieurs reprises le regard de la Serdaigle posé sur elle et elle avait bien la ferme intention de tout dire à son amie rouge et or mais elle voulait attendre le bon moment. Néanmoins, à force de patienter en vue de l'instant idéal, ils se rapprochaient férocement de leur destination ; en se basant sur le paysage qu'elle voyait défiler devant ses yeux, Iris estima qu'ils arriveraient à Londres dans moins d'une heure…
Alors, la jeune fille prit son courage à deux mains et profita du silence qui s'était installé pour révéler à Catherine qu'elle était en couple avec le maître des cachots.
« Cath, il faut que je te dise quelque chose », déclara-t-elle, subitement.
La Gryffondor braqua aussitôt ses yeux sur son amie et demanda, avide de savoir :
« Quoi ? Qu'est-ce que tu veux me dire ? »
Iris s'empourpra légèrement, Cyrielle, qui s'était avachie sur la banquette à côté d'Iris, se redressa soudain et Cath l'interrogea de nouveau, avec beaucoup plus d'enthousiasme :
« Oh ! C'est au sujet d'un garçon ! C'est ça ? Tu sors avec quelqu'un ? »
Cycy rigola et Marvin proposa gentiment :
« Vous voulez que je vous laisse entre filles, Iris ?
- Non, ça va, Marvin, c'est gentil mais tu peux rester. Je suis sûre que Cath aura du mal à garder ça pour elle toute seule de toute façon… répondit Iris, en attisant encore plus la curiosité de son amie.
- J'ai bien réussi, moi… rétorqua Cyrielle, mystérieuse.
- Quoi ? Cycy est au courant et pas moi ! Comment ça se fait ? » demanda Cath, prête à exploser sous la tension grandissante.
Marvin, lui, suivait leurs échanges avec attention, amusé de voir sa petite-amie si impatiente, l'embarras d'Iris et la mine satisfaite de Cycy.
Iris lui répondit :
« C'était un accident… Cycy ne l'a découvert qu'hier… »
Cath se leva de son siège pour s'approcher d'Iris et Cyrielle, qui étaient assises en face d'elle et Marvin, et l'interrogea, fébrile :
« Iris ! Tu sors avec Robert ! C'est ça ? »
Iris leva les yeux au ciel et soupira bruyamment tandis que Cycy éclatait de rire et tapait des mains.
« Non, je ne sors pas avec Robert, pour la centième fois, Catherine ! répliqua Iris, exaspérée d'entendre cette maudite question une fois de plus.
- Et pourquoi elle se bidonne comme ça, celle-là ? questionna Cath en pointant Cyrielle du doigt.
- Sûrement parce que tu n'as toujours pas lâché l'affaire en ce qui concerne Robert et moi ! répondit Iris, amusée malgré tout.
- Franchement, Cath, si je peux te donner un conseil, tu ferais bien de te rasseoir avant qu'Iris ne te révèle le nom de son copain, la prévint Cycy.
- Vous commencez sérieusement à m'énerver, toutes les deux ! Est-ce que vous allez enfin me dire qui c'est ? » s'écria Cath, exaspérée.
Marvin, qui n'avait pas pu s'empêcher de rire face à ce spectacle si distrayant, tira un peu sur le t-shirt de Catherine pour la faire se rasseoir à côté de lui.
« Voilà ! Je suis assise ! Contentes ? Crachez le morceau maintenant ! »
Iris fixa son amie droit dans les yeux et décida de jouer encore un peu avec ses nerfs.
« Le garçon avec qui je sors est… un Serpentard… déclara-t-elle, sur le ton d'une devinette.
- Un Serpentard ! s'écria Cath, surprise.
- Oui… Il a la peau très blanche, les cheveux noirs, les yeux noirs, …
- Oh non ! Iris, ne me dit pas que c'est… s'exclama Marvin, qui semblait avoir deviné et faisait des yeux ronds, stupéfait.
« Quoi ?! Tu as trouvé ?! C'est qui ? Dis-moi son prénom ! » implora Cath, en sautillant sur place.
Marvin ne répondit pas mais Iris lâcha enfin :
« Severus.
- Severus ? » répéta Cath, en réfléchissant.
Puis soudain la pièce tomba :
« Severus ? Severus Rogue ?! Notre professeur de potions ?! Le directeur des Serpentard ?! La terreur des cachots ?! » cria-t-elle avec une voix suraiguë en manquant de s'étrangler.
Iris et Cyrielle se mirent à rire toutes les deux puis Cycy dit à Cath :
« Tu vois ? Je t'avais bien dit qu'il valait mieux que tu sois assise ! »
Catherine, qui pensait qu'Iris et Cyrielle la faisaient encore marcher, s'exclama :
« Non mais sérieusement… Iris, arrête de te payer ma tête et dis-moi qui c'est !
- Je ne rigole pas du tout, Catherine, je suis très sérieuse. Je sors avec Severus Rogue, notre ancien professeur de potions », répondit Iris, qui avait cessé de rire.
Cath l'observa, la bouche grande ouverte, mais pas encore totalement convaincue… Elle reporta son attention sur la Serdaigle et l'interrogea :
« Cycy, c'est vrai ce qu'elle raconte ? »
La bleu et bronze lança un regard à Iris afin d'obtenir son autorisation pour divulguer ce qu'elle avait vu la nuit précédente et elle raconta, quand elle eut son accord :
« Oui, c'est vrai, Cath. Hier soir, je suis sortie dans le parc pour voir si Iris allait bien et je l'ai trouvée près du Lac Noir en train d'embrasser le professeur Rogue. Elle a vraiment eu peur quand elle m'a vue, elle attendait ma réaction avec anxiété, puis quand je lui ai dit que tout allait bien et qu'ils formaient un beau couple, elle a éclaté de rire comme une demi-dingue… »
Elle s'interrompit et s'exclama :
« Aïe, Iris ! »
Parce que la Gryffondor venait de lui donner un coup sur l'épaule après son insulte, puis poursuivit :
« … Et elle s'est jetée dans mes bras en disant merci… Je ne vois toujours pas pourquoi d'ailleurs…
- Parce que j'avais peur de ce que tu allais dire et que tu ne sois en colère que je t'aie caché ça ! Voilà pourquoi je t'ai dit merci, répliqua Iris.
- Ha ! C'est pour ça… Il n'y avait vraiment pas de quoi avoir peur de ça. Je me doute bien qu'il ne valait mieux pas le crier sur tous les toits. Et puis, en plus, je trouve que le professeur Rogue est quelqu'un de très bien et de très intelligent et puis il est gentil avec toi alors… »
Catherine, qui n'avait toujours pas prononcé le moindre mot, s'exclama :
« Et ben ça ! Je n'en reviens pas ! J'avais déjà du mal à vous imaginer amis, alors maintenant…
- Dumbledore nous avait interdit de le dire à quiconque… Tu n'es pas fâchée ? voulut se défendre Iris.
- Non ! Bien sûr que non, je ne suis pas fâchée ! Mais… Quoi ?! Dumbledore était au courant ?! Alors, là, ma vieille, il va falloir que tu nous expliques et que tu nous racontes tout depuis le début ! déclara fermement Catherine.
- Ouais ! Excellente idée, Cath ! Parce que j'aimerais bien savoir, moi aussi ! Je les ai juste vus s'embrasser, je ne connais pas les détails… approuva Cyrielle, intéressée.
- Bon ! Moi, par contre, les filles, j'en ai assez entendu ! Je vais aller voir après Andrew, Bill et Mickaël… déclara Marvin en se levant de son siège. Non mais quel dragueur, ce Rogue ! J'en reviens pas… No stress ! Je ne dirai rien, je suis une vraie tombe », ajouta-t-il en faisant un clin d'œil à Iris, avant de quitter le compartiment.
Les trois filles rirent à la remarque de Marvin puis Iris profita du temps qui leur restait avant d'arriver à Londres pour raconter toute son histoire à ses deux meilleures amies, qui n'avaient jamais été aussi attentives de toute leur vie.
Enfin, lorsque la locomotive rouge s'immobilisa en gare de King's Cross, Cyrielle et Catherine étaient au courant de tout ce qui s'était passé entre Rogue et Iris depuis ce fameux 14 février jusqu'à aujourd'hui.
Iris, le cœur léger après s'être enfin confiée à ses amies, fit ses adieux à ses camarades de Gryffondor, à Robert Carlisle, à Marvin, à Cath et à Cycy sur le quai de la voie 9 ¾ et les trois amies se promirent de rester en contact les unes avec les autres ainsi qu'avec Joanna.
Elles prévirent déjà de se réunir toutes les quatre un jour pendant l'été quand elles auraient reçu leurs résultats des ASPICs et elles s'embrassèrent une dernière fois avant de se quitter.
Iris transplana avec toutes ses affaires et sa chouette, comme l'année précédente, et arriva directement au beau milieu du salon de Severus.
Elle n'eut même pas le temps d'esquisser le moindre mouvement pour le chercher que deux bras vigoureux encerclèrent sa taille et qu'un menton se posa dans le creux de son cou. Elle sourit et posa une main sur les bras de l'homme qui se tenait derrière elle et l'autre sur sa joue.
« Tu m'as tellement manqué… lui souffla-t-il à l'oreille. Et maintenant tu es toute à moi… »
La jeune fille se tourna vers lui, disposa ses bras autour de son cou et répondit avant de l'embrasser :
« Oui, je suis toute à toi et personne ne peut plus rien nous reprocher ! On peut faire tout ce qu'on veut désormais… »
Considérant cela comme une invitation à laisser libre cours à ses désirs, Rogue embrassa Iris avec toute la fougue, la passion et l'ardeur qu'il avait dû réprimer ces quinze derniers jours. En même temps qu'il l'embrassait, il l'étreignait et caressait son visage, ses cheveux, son cou, ses épaules, son dos et ses flancs comme s'il possédait six mains au lieu de deux.
La Gryffondor, habituée à la parfaite maîtrise des émotions du maître des cachots, fut quelque peu surprise par son soudain empressement et par son avidité à se repaître d'elle au moyen de ses baisers et de ses caresses mais elle ne s'y opposa pas pour autant. Une exquise sensation de chaleur se répandait en elle depuis son ventre jusque dans les moindres parties de son corps et, à chaque contact des mains de Severus sur sa peau, la parcelle de chair effleurée était comme électrisée.
Rogue, emporté par son élan et sa flamme attisée par la vue des lèvres d'Iris gonflées et rougies par ses baisers, entendant sa respiration rapide et voyant ses beaux yeux turquoise étincelants posés sur lui, prit la jeune fille dans ses bras et l'emporta dans sa chambre.
Arrivé là-haut, il la déposa délicatement sur son lit et s'allongea près d'elle en continuant de l'embrasser et de lui prodiguer des caresses sur son corps à travers ses vêtements. Puis, s'enhardissant de la réceptivité de la Gryffondor, il osa, chose qu'il n'avait encore jamais faite, s'aventurer sous sa jupe et sous son t-shirt pour caresser ses cuisses, ses fesses et son ventre.
Iris ne savait plus trop où elle en était, grisée par toutes ces marques de tendresse, son cœur battant à un rythme effréné et une intense chaleur s'étant emparée de tous les membres de son corps. Ses sens étaient comme engourdis, il lui semblait que ses muscles s'étaient transformés en coton et qu'elle n'était plus qu'une petite poupée de chiffon entre les bras puissants de Severus Rogue.
Mais, soudain, elle sortit brusquement de sa torpeur quand elle se rendit compte que l'homme se tenait à présent au-dessus d'elle, embrassant sa nuque, emprisonnant ses bras au-dessus de sa tête et l'empêchant d'amorcer le moindre mouvement pour se dégager, son corps fin mais musclé entravant son frêle corps de jeune femme.
« Severus, non… Arrête, s'il te plaît… » implora-t-elle, d'une voix tremblante.
Rogue, déconcerté par le ton suppliant de sa voix, releva la tête pour l'observer et remarqua que des larmes perlaient au bord de ses paupières. Constatant sa détresse, il la relâcha aussitôt et se releva directement pour la libérer de son emprise.
Debout devant elle, il la vit se redresser et reprendre son souffle pour essayer de se calmer.
« Je… Je suis désolée, Severus, je… s'excusa-t-elle.
- Non, Iris, c'est moi qui suis désolé… Je ne voulais pas t'effrayer… Excuse-moi, s'il te plaît… l'interrompit-il, ébranlé de l'avoir mise dans cet état de panique.
- C'est parce que je… je ne pouvais plus bouger… et tu… tu me tenais les bras… » essaya-t-elle de lui expliquer.
À cet instant, Rogue comprit ce qui s'était passé dans la tête de la jeune fille et se rendit compte de l'erreur qu'il venait de commettre : elle s'était sentie prise au piège, sans la moindre possibilité de se dégager, comme la fois où cet horrible Moldu avait tenté d'abuser d'elle…
« Espèce d'idiot ! pensa-t-il. Tu vois dans quel état elle est à cause de toi ? Qu'est-ce qui t'a pris de te laisser emporter comme ça, bon sang ! Toi qui t'enorgueillis toujours de ton légendaire self-control… Tu as fait exactement ce que ce sale Moldu lui a fait ! Tu ne vaux pas mieux que lui finalement ! Elle ne voudra plus que tu t'approches d'elle maintenant et je ne peux pas lui en vouloir, je la comprends parfaitement… »
Alors que l'homme restait figé devant elle, hébété, ne sachant pas s'il devait tenter de la consoler ou si elle préférait qu'il la laisse tranquille et qu'il ne la touche surtout pas, Iris leva ses yeux brillants vers lui et elle lui demanda, penaude :
« Tu… Tu es en colère contre moi ? »
Entendant la tristesse dans sa voix et la lisant dans ses yeux verts, il s'empressa de répondre en faisant un pas vers elle :
« Quoi ?! Mais non ! Non, je ne suis pas en colère contre toi, Iris. Comment pourrais-je l'être ?
- Parce que je… je t'ai demandé d'arrêter… dit-elle en rougissant.
- Tu avais tout à fait le droit de me le demander, Iris. D'ailleurs, je t'ai immédiatement obéi. Jamais je ne te contraindrai à faire quoique ce soit, je te l'ai dit… Je… Je me suis rendu compte de mon erreur, j'ai compris pourquoi tu as eu peur et j'en suis désolé… Je ne voulais pas ça… Ce n'était pas du tout mon intention… » lui confia-t-il.
La jeune fille sourit et demanda timidement :
« Tu… Tu veux bien me prendre dans tes bras alors ?
- Bien sûr ! » répondit-il, soulagé qu'elle veuille encore de lui après ce qui venait de se passer.
Severus s'assit à ses côtés et la serra dans ses bras, en caressant ses longs cheveux châtains aux reflets roux.
« Je t'aime, tu sais, déclara-t-elle, dans l'idée de se faire pardonner comme elle le pouvait.
- Oui, je le sais… Et moi aussi, je t'aime, Iris, et je t'aimerai toujours, tu peux en être certaine. Ne t'en fais pas pour ça… »
Après plusieurs minutes passées ainsi, lorsqu'il l'eut totalement rassurée, Severus descendit dans le salon avec elle pour prendre sa valise et sa chouette et il remonta pour l'aider à ranger ses affaires.
Il ouvrit la fenêtre de sa chambre pour permettre à Freyja d'aller se dégourdir les ailes et entreprit de disposer ses livres sur les étagères pendant qu'elle rangeait ses vêtements dans la commode et la penderie.
Le soir, quand ils montèrent se coucher, Iris demanda, hésitante :
« Severus, est-ce que… je peux quand même dormir avec toi ? Mais juste dormir… »
Rogue l'observa, attendri et amusé par la formulation de sa question, et répondit :
« Bien sûr que tu peux quand même "juste" dormir avec moi. Quelle question !
- C'est parce que, après ce qui s'est passé tout à l'heure, je pensais que tu ne voudrais peut-être pas… Et puis, tu as préparé l'autre chambre pour moi, alors, je ne savais pas si je pouvais quand même…
- Iris, je t'ai dit que ce n'était rien… C'est moi qui me suis mal comporté tout à l'heure, pas toi. Et je t'ai préparé l'autre chambre pour te laisser le choix, c'est tout. Mais ça ne veut pas dire que tu ne peux pas venir dans la mienne. Je pensais que tu n'aurais sûrement pas envie de rester près de moi…
- D'accord, je dors avec toi alors parce que je veux quand même être avec toi… dit-elle en souriant.
- Très bien. Quant à moi, je te fais la promesse que je ne te sauterai pas dessus pendant la nuit, tu as ma parole », répondit-il, en plaisantant, après l'avoir embrassée sur le front.
Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu!
Qu'en avez-vous pensé de ce chapitre? (Je sais, je suis un peu méchante...^^)
A la prochaine!
