Vive les oursins – 20 Décembre 20XX
_ Qu'est-ce que tu fous là, Tate ?
Jackson soupira longuement en voyant la coyote débarquer avec son petit air coincé.
Déjà, Lydia était en retard et ne répondait pas au téléphone, de plus, s'il devait se coltiner la fille de Peter Hale sur le dos pour une raison ou une autre, il allait exploser son thermomètre de mauvaise humeur. Bon, il n'y avait pas que ça qui le gonflait. Non, il y avait son poussin. Enfin poussin…, oui son poussin. Stiles Stilinski. Stiles qui venait de le remettre à sa place parce qu'il avait voulu officialiser leur couple alors que Stiles préférait mettre d'abord leurs parents au courant avant leurs amis.
Stiles avait toujours eu peur de la réaction de son père sur tout et n'importe quoi, alors imaginez sa tête quand il apprendrait que son enfant chéri sort avec le mec qui a failli l'envoyer en prison pour l'avoir enfermé dans un fourgon blindé. Mais le pire était pour Jackson. Il se fichait -enfin pas vraiment mais ça irait- de l'avis de ses amis. Ce qui le dérangeait le plus était la réaction de son propre père. Sûrement pire que celle du shérif.
Allez expliquer à Mr Porter Whittemore, l'avocat le plus froid de tout Beacon Hills, que son fils sort avec le fils du shérif qui l'avait enfermé dans un fourgon blindé à moitié nu en pleine nuit. Sa mère était au courant et l'avait étrangement bien pris. Elle les avait surpris en train de s'embrasser à perdre haleine sous le perron alors que les jeunes les pensaient partit pour un repas. Après une fuite aussi rapide que Flash dans les rues de la zone résidentielle de la ville, Jackson dû s'expliquer auprès de sa mère, certes d'adoption, mais sa mère quand même.
La suite, il l'avait vécue comme un rêve. Porter avait dû annuler leur dîner à la dernière minute alors Catherine Whittemore avait passé une partie de la nuit à discuter avec lui. Ils n'avaient jamais passés autant de temps ensemble, ni même partagés autant de souvenirs et d'anecdotes. Jackson en avait appris plus sur son père et avait découvert une autre facette de lui. Mais lui dire qu'il sortait et aimait un garçon, surtout quand il s'agissait de Stiles Stilinski, était compliqué, il ne savait pas comment réagirait Porter Whittemore. Catherine l'avait pourtant rassuré, mais il était réticent malgré tout.
Donc pour en revenir au principal, Jackson et Stiles s'étaient disputé le matin même. Jackson voulait attendre avant de le dire aux parents, préférant justement commencer par leur amis mais Stiles était resté campé sur ses positions en déclarant que les parents étaient la première étape.
Alors Jackson était au beau milieu du centre commercial pour faire ses achats de noël, attendant Lydia Martin mais se retrouvant avec Malia Tate à ses côtés.
_ Je vais avoir une réponse ou tes huit ans passés en coyote dans le monde sauvage des animaux t'ont rendu sourde ? Un grognement lui répondit.
Il haussa les épaules se fichant que la jeune femme se fasse griller auprès des humaines du centre commerciale, mais se souvint qu'il était en sa compagnie et qu'on pourrait donc l'associer à elle. Il n'était pas question qu'il finisse en animaux de Zoo pour des manants et des prolétaires en manque d'exotisme dans leur vie minable de pauvres sans le sous.
_ Baisse d'un ton la …
_ Je suis là à cause de Lydia alors me prends pas la tête Whittemore, je sais pas ce que Stiles te trouve, vraiment. Je suis mieux que toi et je suis une fille. On pourrait construire une famille…
_ Tu cherches les ennuis ? Grogna Jackson de plus en plus furieux.
_ Non, je suis venu t'aider parce que Lydia ne peut pas se lever de son lit depuis deux jours ! Lâcha Malia dont le visage n'exprimait aucune émotion particulière.
_ Quoi ? Elle est malade, elle…
_ T'inquiète pas « ce sont les coït à répétition qui m'empêche d'aller aider Jackson à chercher le cadeau de Stiles, alors si tu pouvais le rejoindre et l'aider je t'en serais redevable » !
Jackson était vraiment stupéfait. Malia venait de sortir son portable et lisait à voix haute le message que Lydia lui avait envoyé.
Cette morue s'était tellement envoyée en l'air avec Aiden qu'elle ne pouvait pas l'aider à choisir un cadeau. Il était nul à ça, c'était pourquoi il lui avait demandé de l'aider. Il avait beau sortir avec Stiles, il n'arrivait jamais à trouver le bon cadeau. Il avait continuellement l'impression sournoise et tordue que le cadeau qu'il faisait ne plaisait pas à Stiles.
La montre Cartier qu'il lui avait offerte pour son anniversaire, il n'avait jamais mise. Le foulard Hermès qu'il lui avait offert à l'occasion de leur six mois ensemble -obligation de Lydia- Il ne l'avait jamais porté. Ni même le parfum qu'il lui avait offert pour le plaisir de lui faire un cadeau, comme ça sur un coup de tête, il ne l'avait jamais senti sur lui. Rien ne semblait donc lui convenir, il avait cette moue gênée qu'il portait quand quelque chose ne lui plaisait pas et qu'il voulait éviter de blesser la personne.
Comme la fois où Scott portait ce pull immonde qu'Alison lui avait offert et qu'il lui avait posé la question de savoir si ça lui allait. Mon dieu il voyait encore sa tête avec ce sourire forcé et contrit quand il avait répondu : à merveille ».
_ Comme j'ai pas le choix, je suis venue ! Déclara Malia en haussant les épaules, indifférente.
_ Comme si toi tu pouvais m'aider à choisir un cadeau pour Stiles ! Souffla Jackson de plus en plus énervé mais aussi stressé, ça partait en live cette histoire.
_ Pas ma faute si mes cadeaux plaisent plus à Stiles que les tiens ! Jackson se tourna soudainement vers la coyote, la jeune femme le regardait, blasée, mais avec une honnêteté flagrante.
_ Tes cadeaux ?
_ Oui mes cadeaux ! Le sac à dos des Mets qu'il prend en ce moment pour les cours, la coque de son portable à l'effigie de Deadpool et les comics Batman qu'il lit en ce moment au loft !
_ Attend il aime tes cadeaux et pas les miens ? Jackson se sentait de plus en plus mal, comment Stiles pouvait aimer les cadeaux de l'animal sauvage et pas les siens.
Y avait-il anguille sous roche sans qu'il ne s'en aperçoive ? Non, il n'était pas revenu d'Angleterre pour lui pour se retrouver sur le carreau à cause d'une coyote sauvage ?
_ Je peux être mis au courant de cette histoire ?
Jackson sursauta violemment et se retourna nerveux et mal à l'aise. De tous les centres commerciaux de la ville. De tous les étages. De tous les coins. Il avait fallu que ses parents se trouvent là aujourd'hui, principalement son père et qu'il entende la discussion. Le visage furieux de Porter Whittemore et l'odeur âcre de déception qu'il dégageait allait contraindre Jackson à une discussion parentale et à fournir des explications. Il n'était pas prêt pour ça, il ne voulait pas décevoir cet homme qui l'avait hébergé, nourrit, blanchit pendant toutes ses années.
_ C'est pas ce que tu crois…
_ Mon garçon, vaudrait mieux pour toi que tu t'arrêtes immédiatement de parler ! Coupa Porter qui le fusilla du regard. Bonjour Mademoiselle Tate ! Salua l'avocat à la jeune femme.
_ Bonjour ! Répondit-elle devant Jackson qui savait qu'elle ne savait pas quoi faire ou dire, légèrement gênée de se retrouver dans ce genre de problème.
_ Bonjour Malia ! Sourit Catherine en s'avançant vers elle pour la saluer chaleureusement. Comment va ton père ?
_ Bien madame, il vous remercie pour l'aide que vous lui avez apporter la semaine dernière !
_ Bien, j'en suis heureuse, tu lui diras que s'il a besoin de quelque chose, qu'il me le fasse savoir !
_ Oui je lui dirai ! La coyote les salua avant de s'éclipser rapidement en lançant un regard moqueur à Jackson qui voyait rouge tout en sentant la fin.
Son père allait le renvoyer en Angleterre manu militari sans moyen de revenir. Il était foutu, il devait trouver un moyen de s'enfuir et de voir Stiles. Il sentait son self contrôle partir à volo et son ancre n'était pas présente. Penser à lui était souvent suffisant mais sa présence était mieux.
Jackson Gordon Miller Whittemore, je pense qu'il est temps de mettre les choses au clair ! Porter soupira et indiqua à Jackson un endroit plus discret pour parler.
Parler, ou l'assassiner plutôt. Honte sur les Whittemore même si Catherine lui avait révélé quelques petits secrets, cela ne l'aiderait sûrement pas à plaider sa cause en sa faveur auprès de Maître Whittemore. Pourtant le visage de Catherine n'exprimait aucune inquiétude. Avait-il une chance ? Lui avait-elle tout raconté ?
_ Sache mon garçon que je n'aime pas découvrir des choses sur le tas et notamment que mon fils sort avec celui du shérif !
Et voilà, il était foutu, Jackson baissa la tête et attendait la sentence de l'homme de droit.
_ Figure-toi que la semaine dernière, j'étais en déjeuner d'affaires avec un client et que j'ai eu la surprise de voir mon fils embrasser à pleine bouche celui du shérif de la ville sur le trottoir d'en face et qu'en rentrant chez moi, j'en ai touché deux mots à ma femme qui m'a confirmé que mon fils était amoureux de Stiles Stilinski !
Merde ! Merde ! Et merde ! Ils s'étaient fait griller comme des débutants. Mais la faute à qui ? Stiles bien sûr ! Il avait eu le délicieuse idée de porter un boxer transparent et lui avait promis un show personnel après le dîner et ce salopiot l'avait chauffé sur la route en se dandinait devant lui avec ce pantalon étroit plus qu'indécent pour un adolescent plein d'hormones qu'il était. Et paf ! Il l'avait attrapé par le col de sa chemise et lui avait roulé une pelle d'enfer en plein milieu de la rue. Heureusement pour eux, la rue en fin de soirée était déserte. Malheureusement, les restaurants n'étaient pas déserts et Porter était juste dans celui d'en face.
_ Mais tu as rien dis...
_ Jackson, ce n'est pas à moi de dire quoi que ce soit, j'estime que si mon fils doit venir me voir et m'annoncer qu'il est bi ou gay, qu'il sort avec un garçon ou une fille ou même qu'il est amoureux du fils Stilinski, c'est à lui de le faire et pas à moi de l'y obliger !
Jackson releva la tête et s'aperçut que son père avait l'air contrarié mais n'était pas en colère.
_ Maintenant je vais te dire une petite chose, ou plusieurs, je connais John Stilinski depuis le lycée, j'ai connu Claudia Stilinski bien avant et nous avons été amis, alors je peux t'assurer que tes cadeaux sont un peu trop pour ton petit ami.
Jackson savait que le shérif, sa femme et ses parents avaient été amis à l'époque du lycée mais il ne comprenait pas ce que voulait lui dire son père sur ses cadeaux. Rien n'était de trop pour son poussin.
_ Stiles n'a pas été habitué à tout ce luxe et je sais que Claudia lui a toujours appris les bases sur le comportement avec l'argent !
Jackson sentit le regard soutenu et plein de sous-entendu de son père alors que Catherine se retenait de rire.
_ Je t'ai habitué à tout obtenir que ce soit par la force, par l'argent mais aussi par la fourberie. Je suis avocat, on fonctionne pratiquement tous comme ça, mais Stiles est diffèrent !
L'attention de Jackson fut soudainement attirée. Déjà comment son père pouvait savoir le fonctionnement de Stiles et son rapport avec l'argent ? Il ne pouvait pas le voir ni le supporter. Il espérait secrètement que sa carte bleue ne lui soit pas retirer. Mais choisir entre Stiles et sa carte bancaire serait aussi facile que… Non il ne trouva rien en comparaison mais c'est Stiles qu'il choisirait.
_ Si Stiles apprécie les cadeaux de Mlle Tate, c'est parce qu'ils sont choisis en fonction de lui et pas d'elle ! Expliqua Catherine.
Là, Jackson était largué. Qu'est-ce que cela voulait dire ? En fonction de lui et pas d'elle. Il savait ce qui faisait plaisir ou pas ! surtout à son poussin.
_ Je vois que tu ne comprends pas ! Soupira son père.
_ Malia a acheté ses cadeaux en fonction des goûts et du budget de vie de Stiles et non pas parce qu'ils étaient beaux, chers ou de marque ! Tenta Catherine qui regardait Jackson réfléchir comme cela ne lui était jamais arrivé.
_ Donc, Stiles n'aime pas mes cadeaux parce que je les ai choisis en fonction de ce qui me ferait plaisir et non en fonction de lui ? Demanda Jackson qui comprenait enfin le visage gêné de Stiles à chaque fois qu'il recevait le cadeau en question.
Il aurait dû le savoir, Stiles était plus un garçon aimant les attentions simples qu'un garçon vénal qui aimait le luxe et les objets chers. Il était tombé sur la perle rare et il le savait. Comment ne pas s'en rendre compte. Stiles aimait partager la note d'un repas même si le restaurant était au-dessus de ses moyens. Il pestait à chaque fois que Jackson payait en secret la note du bar où ils allaient boire un verre à deux. Il râlait quand Jackson réglait les divers achats quand ils partaient faire un musée ou un parc d'attraction. Et s'était aussi l'une des raisons de la bouderie actuelle de Stiles.
_ Tu comprends ? Demanda Porter qui posa la main sur son épaule.
_ Oui mais ce que je comprends pas, c'est pourquoi tu ne sembles pas contre le fait que je sois avec lui, alors que tu ne l'aimes pas particulièrement, ni le shérif !
_ Tu sais, ça mon grand, ça vient de ton sourire ! Déclara Porter.
Jackson n'en sut pas plus car ses parents s'éloignaient déjà vers la boutique de bijoux de luxe. Jackson était sur le cul mais ne savait toujours pas quoi acheter à Stiles pour Noel. Un déclic se fit et le loup garou su exactement quoi faire pour le Noël de Stiles. Il se trouvait fabuleux et extraordinaire. Qui de mieux que lui, pouvait combler son poussin. Pas une maudite coyote sauvage, c'est sûr. Enfin, il l'espérait. Il se dirigea vers la sortie, cette année il aurait des oursins dans les poches.
