Bonsoir à tous.
Voici la suite pour vous. Je vous remercie vraiment de vos reviews, ça me motive et me soutient dans l'écriture de cette fiction. J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
Je tiens à vous avertir que ce chapitre contient des scènes gênantes, avec de la brutalité psychologique et de l'humiliation. Si vous êtes sensibles, passez votre chemin.
Disclaimer : Harry Potter appartient à J.K. Rowling
Chapitre 38 : Dieu est mort
Le Détraqueur se tenait devant eux, immobile, aspirant l'air avec un râle mortifère. Ils avaient l'impression d'être dans un enfer, ou tout espoir les abandonnait pour que leurs pires souvenirs les amènent à se détruire.
La créature disparut du compartiment, chassé par un éclat de lumière. La lueur argentée disparut rapidement, tandis que les lumières revenaient. Cependant, même si la sensation de terreur qui les avait terrassés se dissipait lentement, les élèves avaient toujours atrocement froid, comme si leurs entrailles étaient placées dans se la glace.
Alors qu'ils étaient toujours collés les uns aux autres, encore sous le choc des souvenirs qui remontaient, quelqu'un fit son apparition à la porte. Un homme d'une trentaine d'années les regardait, mais son visage fatigué et prématurément vieilli semblait indiquer qu'il avait vécu beaucoup d'épreuves. Ses cernes multiples sous ses yeux noirs, son air las et ses cheveux grisonnants donnaient une impression de faiblesse, pourtant démentie par la prise qu'il avait sur sa baguette.
- Prenez ceci, dit-il en sortant une tablette de chocolat de sa robe miteuse. C'est du chocolat, cela vous réchauffera.
- Qui êtes vous ? demanda la brune avec suspicion, n'ouvrant toujours pas le paquet qu'elle venait de prendre.
- Je suis le professeur Lupin, dit-il sous le regard hautain de Drago. J'enseigne ...
- La Défense contre les forces du mal, dirent-ils en chœur à moitié blasés de ce renouvellement annuel du personnel.
Lupin sembla surpris, mais il leur adressa un petit sourire.
- Bien deviné. Maintenant, mangez. Je dois dire quelques mots au conducteur.
L'enseignant s'éloigna, tandis que Harmonie ouvrait la tablette et coupait un morceau.
- Ginny, dit-elle en lui tendant un carré, goûtes.
Après un faible "Oui Madame", la rousse croqua le morceau sous l'œil inquisiteur de sa supérieure. Non pas que la brune s'attendait à être empoisonnée, mais sa paranoïa n'avait pas décru depuis l'été dernier. Elle avait même augmenté.
Après quelques minutes, la paranoïaque accepta de croquer un morceau et son visage s'illumina. La sensation glaciale laissée par le Détraqueur était totalement partie et la chaleur semblait couler de nouveau dans ses veines. Enfin, si elle faisait exception de son membre artificiel.
Quelques minutes plus tard, la brune emmitouflée dans sa cape soupira lorsqu'elle descendit sur le quai. Rapidement, la pluie glaciale fit disparaître l'effet du chocolat, trempant tout le monde jusqu'aux os.
Ce n'est que lorsqu'ils montèrent dans les diligences tirées par les Sombrals, que Drago fixa la brune, incrédule, la bouche ouverte.
- Quoi ? demanda t-elle avant de suivre son doigt. Ca ?
Elle le regarda avec un air hautain, comme si elle s'adressait à un enfant de trois ans.
- On appelle ça un parapluie, fit-elle avec sarcasme. C'est très pratique pour s'abriter de la pluie.
- Tu l'as utilisé depuis la descente du train ? demanda Hermione en gardant son calme, tandis que ses cheveux trempés lui collaient au visage et à sa robe.
- Oui, dit-elle avec un ton moralisateur. Comme on marchait tous en file indienne, tout en suivant le chemin et que vous aviez tous la tête baissée pour ne pas avoir le visage trempé, vous n'avez pas porté attention à votre environnement.
Certains se sentirent idiots, tandis que d'autres supportaient mal de voir leur aveuglement aussi publiquement étalé.
- T'aurais pu partager, répliqua froidement Hermione en montrant la totalité du groupe mouillé.
- Je suis choquée, répliqua la brune. Tu n'as pas eu le bon sens d'être prévoyante, ou d'utiliser l'Impervius.
La née-moldue rougit, marmonnant une excuse, tandis que la brune repliait son parapluie en l'égouttant, avant de le réduire dans sa poche. Drago se passa un coup de baguette dans ses cheveux blonds pour les sécher, mais aussi pour remettre suffisamment de gel afin de reprendre une apparence décente.
Leur véhicule avançait lentement, mais malgré l'odeur de renfermé, ils étaient mieux lotis que les première années qui prenaient les barques. Harmonie tenta d'apercevoir quelque chose par les petites fenêtres, mais les Détraqueurs postés aux limites de l'école la dissuadèrent d'être trop curieuse. Elle ne tenait pas à revoir ces créatures.
Calme, elle afficha une impassibilité glaçante, dissimulant son dégoût et sa crainte. Ces choses ignobles la révulsaient, alors qu'elle ne voulait pas entendre de nouveau Voldemort ruiner sa vie.
Comme chaque année, les élèves descendirent près de la grande porte, se ruant à l'intérieur pour se mettre au chaud et au sec. Durant la courte marche qui les séparait de la Grande Salle, peu de personnes parlaient. L'influence des Détraqueurs était encore très présente et personne ne voulait parler de ce qu'il avait entendu. Même Hermione, dont la vie avait été bien plus douce que celle de Neville, de Blaise ou de Drago, tremblait encore imperceptiblement, alors qu'elle voulait refouler certains éléments. Pour sa part, Harmonie ne révèlerait rien. Elle ne voulait pas de leur pitié.
Elle avait parfaitement compris quelle était cette scène qui se jouait sans cesse dans son esprit. Ces créatures des ténèbres pénétraient jusque dans les tréfonds de son esprit, s'infiltrant impitoyablement à travers ses barrières mentales, jusqu'à faire émerger une scène presque effacée de sa mémoire, l'une des plus anciennes. Ils remontaient tellement loin qu'ils atteignaient des scènes datant d'une époque ou sa mémoire n'était pas encore totalement formée.
Pourquoi fallait-il que cette scène soit celle ou Voldemort tuait sa mère ?
Lentement, elle s'installa à la longue table surplombée par l'étendard vert et argent, orné d'un serpent à la langue fourchue. Elle se positionna à la place qu'elle occupait généralement, attendant la Répartition avec un certain intérêt.
Au milieu de ses proches alliés, Harmonie déchanta très vite. Pour être sincère, elle se fit tout bonnement suer à regarder le tri des nouveaux élèves complètement trempés. Elle avait fait son marché et il n'y avait rien de potable dedans. Quelle déception, songea t-elle en attendant de pouvoir remplir son estomac.
Pourtant, un nom la fit revenir sur son avis déjà tranché.
Lorsque McGonagall appela Astoria Greengrass, Harmonie écarquilla les yeux durant un instant, le temps qu'un sourire ne fende son visage et qu'elle ne se lèche les lèvres, avide.
- Serpentard, cria le choixpeau, pour la plus grande fierté de son aînée et le divertissement de la brune.
Lorsque Astoria s'assit à la grande table des vert et argent, elle sentit quelque chose frôler sa jambe.
Surprise et choquée, elle regarda sous la table, mais ne vit rien. La queue d'Apos s'était déjà dissimulée sous la longue cape noire de la brune.
La jeune blonde frissonna, certaine de ne pas avoir rêvé, avant de se retourner vers sa sœur.
Harmonie détourna le regard. Elle avait choisi.
- Potable, murmura t-elle pour ses seules oreilles.
Une fois tous installés, Dumbledore les prévint de la nomination des nouveaux enseignants. Rubeus Hagrid aux Soins aux créatures magiques et Remus Lupin à la Défense Contre les Forces du Mal. Ce dernier semblait éviter le regard haineux de Rogue, qui le fusillait avec dégoût.
Dumbledore les informa de la sinistre présence des Détraqueurs, imposée par le Ministère. Encore une décision stupide, songea t-elle, mieux valait un type obnubilé par sa vengeance, que deux cents aspirateurs à bonheur attirés par les élèves, ne se souciant pas de leur innocence ou de leur culpabilité. Ces créatures ne faisaient pas preuve d'indulgence, prévint-il en regardant dans la direction des jumeaux Weasley, et ils ne se laissaient pas non plus abuser par les capes d'invisibilité.
Cette fois-ci, c'était vers elle qu'il regardait. Elle se renfrogna sur sa chaise en grimaçant. Elle n'était pas idiote. Elle n'irait pas s'approcher de ces créatures qui lui feraient revivre ses pires souvenirs.
Le repas était toujours aussi convivial et les rires refirent très rapidement leur apparition. Les échanges et les blagues circulèrent tout aussi rapidement que d'habitude, alors que la pluie semblait n'être qu'un mauvais souvenir. Les milliers de chandelles flottantes réchauffaient la salle, qui avait retrouvé son ambiance festive, malgré la fin des vacances. Durant le repas, la brune se gava, laissant la sauce grasse couler dans sa bouche, accompagnant le blanc de poulet. Elle avait profité de plats de luxe durant son séjour au Majestic Magia, mais ces plats plus simples étaient parfaits pour effacer le souvenir de deux mois de nourriture industrielle sans grande saveur.
Le soir même, après un bon repas, tous les Serpentard suivirent leur nouveau préfet, Charlus Eadles. La salle commune était située dans les cachots, après un dédale de couloirs de pierre brute et exposés aux vents. Heureusement, les élèves encore mouillés avaient eu le temps de sécher et de se réchauffer durant le repas.
Une fois dans la salle commune, avec son magnifique plafond panoramique qui donnait sur le fond du lac, les nouveaux élèves furent tenus en respect par la vision qui s'offrait à eux. La présence du calamar géant les dominait, alors que l'animal passait paisiblement à quelques mètres de leur position, ses longs tentacules étant les seules parties visibles dans l'eau noire des profondeurs.
Le préfet leur fit son speech, les informant des règles, avant que Rogue ne se présente. Comme d'habitude, il répéta presque les même mots de l'an passé, ajoutant une nouvelle mise en garde à l'égard des Détraqueurs.
Bien évidemment, l'une des plus anciennes traditions n'avait pas changé. Il allait encore falloir se battre pour sa place.
Comme toujours, la brune exigea immédiatement la petite chambre qu'elle occupait habituellement. Bien évidemment, la petite garce de Greengrass se manifesta pour l'irriter. Mais cette fois-ci, la blondee avait prévu le coup, elle ne se ferait pas prendre par surprise comme l'an dernier. Elle avait déjà dégainé sa baguette.
Harmonie soupira. Comme toujours, Daphné n'avait pas encore compris la leçon.
- Ecoutes, appela calmement Harmonie. Si tu abandonnes ta revendication, je t'offre quelque chose en échange.
- Quoi donc ? demanda l'arrogante blonde, suscitant l'intérêt des autres qui observaient la négociation.
Le sourire sur le visage d'Harmonie se fit plus large, alors qu'elle sortit une fiole emplie d'un liquide mauve.
- Qu'est-ce que c'est ? redemanda Greengrass en la regardant de très haut, la bouche à moitié ouverte en une expression d'ennui.
- L'antidote, répliqua calmement Harmonie.
Il y eut soudain un silence assourdissant. L'ensemble de la salle se tendit, fixant la scène avec grand intérêt.
- Tu bluffes, fit Greengrass, ayant juste laissé l'un de ses yeux se troubler brièvement.
- Vraiment ? sourit Harmonie avec un regard fou. Lorsque tu as tendu la sauce à Burlstrode, tu as quitté ton assiette des yeux et la personne en face de toi, Goyle, s'empiffrait voracement. Personne n'a vu ce que j'ai versé dans ton assiette pleine de sauce dorée.
La blonde déchanta immédiatement. Elle perdit son arrogant sourire, laissant voir la peur qui s'insinuait lentement en elle, tout comme le poison qui était probablement en train de circuler dans ses veines. La brune resta fixe, agitant la fiole sous le regard angoissé de Daphné.
- D'accord, accepta t-elle. Je te laisse ta chambre. Maintenant, donnes-moi la fiole. S'il te plait, ajouta t-elle avec une humilité qu'elle exécrait.
Harmonie lui passa la petite fiole, que la blonde engloutit aussitôt, satisfaite.
La brune ne fit plus face à la moindre contestation de sa demande. Elle resta à regarder les autres s'entre déchirer, observant les partenariats temporaires et les rivalités naissantes.
Daphné réunit sa cour, exigeant la même chambre que l'an dernier, lorsqu'elle se tut. Elle trembla violemment et se cramponna le ventre, un rictus de douleur sur son visage. Son visage rouge et couvert d'un rideau de sueur glacée se tourna vers Harmonie, qui sourit.
- L'antidote à un effet secondaire malencontreux, sourit-elle.
Daphné Greengrass tomba à genoux, grimaçante et se retenant de hurler, lorsqu'un nouveau gargouillement dans son ventre se fit entendre.
L'instant d'après, la potion se révéla être en réalité un laxatif super-concentré. Le bluff d'Harmonie avait fait son effet, de même que la potion violette. Daphné gémit, tentant de se relever ais ses crampes la paralysèrent au point qu'elle ne put plus tenir. La blonde à terre, mortifiée, se déféqua dessus au beau milieu de la salle commune.
Un son de dégoût généralisé fut poussé par l'ensemble des élèves et tous se réfugièrent au plus vite dans leurs dortoirs, pour échapper à l'odeur.
La cour de Greengrass refusa même qu'elle entre dans sa pièce habituelle. La princesse de glace venait d'être détrônée par une jeune première année et Daphné n'aurait pas d'autre solution que d'occuper une petite pièce, tellement semblable au réduit sous l'escalier que la brune avait occupé durant plus de six années sinistres.
- Viens Ginny, ordonna Harmonie en traînant la rousse dans sa chambre habituelle. Ca pue ici.
La rousse la suivit et se rendit compte qu'elle était une privilégiée. Elle était invitée dans l'antre de la brune, alors que presque personne n'avait pu y obtenir l'accès. Ginny savait qu'elle s'y était infiltrée l'an passé pour récupérer le journal de Jedusor, mais elle n'avait pas beaucoup prêté attention au reste de la pièce. Elle était trop focalisée par la malle pour obtenir le journal intime. La vue des décorations surchargées de feuilles d'or aux entrelacs d'argent, ainsi que du sol en marbre vert et luxeux la renseigna, si besoin était, sur les goûts de la brune.
- Bien, déclara Harmonie. Voici quelques règles essentielles. Tu ne touches pas à mes affaires, ni même à tout ce qui est dans ces deux placards. L'autre, dit-elle en désignant le plus petit, tu fais ce que tu veux avec. C'est clair ?
La rousse opina de la tête, avant d'écouter les autres consignes. Elle avait préparé un planning complexe, fixant des horaires précis pour l'accès à la salle de bain, car la brune n'aimait pas être dérangée dans ses ablutions. Le fait que Ginny soit en retard parce qu'elle avait oublié de se réveiller n'importait nullement à la brune.
D'ailleurs, étant donné qu'il n'y avait qu'un seul lit de disponible, Ginny dormirait dans un grand lit de camp moelleux, placé sur le tapis situé à la droite du beau lit à baldaquin.
Harmonie laissa la rousse organiser ses affaires, tandis qu'elle occupait la salle de bain contiguë à ses quartiers. Lorsque Harmonie eut fini, Ginny se hâta de tout laisser en plan et de faire sa toilette. Hors de question que l'eau ne coule lorsque Harmonie déciderait de dormir.
La brune vêtue d'une simple chemise de nuit noire finit par ranger tranquillement ses affaires, ordonnant rigoureusement ses livres et ses possessions, cachant ses précieux souvenirs et sa boite à trophée dont le contenu s'était garni d'un croc de grande taille.
Quelques minutes plus tard, Ginny ressortit de la salle de bain, portant un pyjama rose délavé.
- Il faudra me changer cette horreur, siffla la brune. Maintenant, il est temps de nous reposer. Mais avant de dormir, tu vas devoir t'excuser. Quels péchés as-tu à me confesser ?
La rousse baissa les yeux, avant de se mettre à genoux.
- J'ai oublié de vous appeler Madame cinq fois. J'ai contesté l'un de vos ordres et je ne vous ai pas remercié pour le chocolat si noblement offert.
Le sourire cruel de la brune dominante s'élargit. Son nouveau jouet apprenait vite.
- Bien, siffla la brune. Comme punition, dit-elle en montrant le sol, tu vas les embrasser dix fois et implorer mon pardon.
Ginny regarda devant elle et ne vit qu'une chose, les pieds de la brune. Même si Harmonie sortait de la douche, l'éducation de la rousse fit qu'elle se rappela de certaines notions d'hygiène. Avec une grimace de dégoût, elle embrassa le dessus du pied droit de la brune.
Ginny ne le vit pas, mais le regard vert, condescendant et dominateur se transforma, alors que l'irritation de la brune pointait même dans sa voix.
- Je te dégoûtes ? cracha la brune qui avait verrouillé sa porte insonorisée, avant de gifler la rousse d'un coup du pied gauche. Tu oses dénigrer le corps de ta maîtresse ?
- Non Madame, gémit la rousse terrifiée. Pardonnez-moi ! supplia t-elle en embrassant les orteils de sa maîtresse, recommençant dix fois ce rituel.
Au bout de la dernière fois, elle se recula et continua de rester inclinée. Harmonie était satisfaite, les consignes qu'elle avait donné dans le Poudlard Express avaient été bien assimilées.
- Tu es pardonnée, ma jolie, déclara Harmonie. Maintenant, nous allons dormir.
- Bonne nuit, Madame, salua poliment la rousse avant de s'enrouler dans son sac de couchage.
Harmonie sembla irritée, alors qu'elle n'avait pas éteint la lumière. Elle fixa la rousse avec colère.
- Tu as oublié ta prière, coupa la brune. Je veux t'entendre et je te voir.
Ginny vira à l'écarlate, songeant un instant à refuser, alors que son statut lui revenait en mémoire. Fataliste, Ginny sortit de son sac de couchage, sous le regard inquisiteur de la brune.
Glissant sa main sous son pyjama, elle commença à rougir. Lentement, elle fit de léger va-et-vient avec son doigt glissé entre ses lèvres, commençant à haleter.
- Maîtresse Harmonie, gémit-elle, magnifique et merveilleuse, je vous offre mon corps et mon âme. Que le don de la magie soit avec vous à jamais, que votre nom soit adoré et honoré. Que mon corps vous honore, même si votre superbe grâce éclipse la mienne tel un soleil illuminant mes journées. Que mon âme soit votre, à vous ma noble Maîtresse, sage et brillante. Je suis votre, je m'en remets à vous. Faites de moi ce que vous désirez, mirifique et majestueuse Maîtresse.
Ginny poussa un gémissement, avant de s'arrêter, le corps excité et encore au bord de l'extase. Frustrée, elle se coucha les larmes aux yeux, incapable de se calmer rapidement et d'évacuer la sensation d'insatisfaction en elle.
Cela faisait plus de deux mois que sa maîtresse lui avait imposé ce rituel, avec cette prière pompeuse tout en sa masturbant avec interdiction formelle d'arriver à l'orgasme. Non seulement elle devait jouer avec son corps pré pubère, pour le seul compte de sa maîtresse perverse, mais en plus elle n'avait pas le droit de décider du moment ou elle l'utiliserait. Elle avait été irritée pendant toutes les vacances, forcée d'obéir à ces ordres qui la dégradaient et qui la soumettaient physiquement et mentalement à la brune. Pire encore, elle mettait un temps fou à se calmer et elle dormait assez mal à cause de ça.
Lentement, Ginny Weasley avait fini par comprendre le sens profond de cet ordre. Son corps ne lui appartenait même plus, son âme était prisonnière d'une des possessions d'Harmonie.
Elle même finirait par céder et lorsqu'elle se briserait, elle deviendrait pleinement l'esclave du monstre aux yeux verts.
Lorsque Ginny ferma les yeux, implorant tous les sorciers et les dieux qu'elle connaissait de la sauver de ce sort funeste, Harmonie sourit.
- C'est moi, ton seul Dieu, chuchota t-elle, n'ayant pas la moindre illusion sur les pensées que la rousse pouvait avoir.
Ginny serra les poings, terrifiée d'être si transparente. Lorsqu'elle chasse les frissons de terreur qui courraient sur son corps, sa propriétaire dormait déjà, un grand sourire aux lèvres.
" Nous honorons Harmonie Potter, nous honorons notre sauveuse. Elle nous a été apportée par un être suprême, sauveuse et guide pour notre peuple, lumière dans les ténèbres qui nous asservissaient. Nous devons à notre guide l'amour, le respect, l'obéissance et la fidélité. Nous lui devons des prières ferventes pour son salut et la prospérité éternelle. Elle est celle qui nous protège, elle est celle qui a ramène l'ordre et l'espoir, héritière sacrée de nos puissants ancêtres fondateurs. Ses ennemis sont nos ennemis et méritent une éternelle damnation. Nous lui jurons fidélité, à elle et à ses descendants, à perpétuité."
Ce catéchisme enseigné à tous les enfants et adultes des territoires sous l'autorité d'Harmonie Potter, est resté en vigueur jusqu'à sa mort. On voit bien la haute estime qu'elle avait d'elle même, forçant le peuple à adhérer à cette mascarade lors de cérémonies publiques. Le vernis qu'elle a créé, afin de s'implanter comme une sauveuse face à ses adversaires ne faisait que dissimuler une réalité dictatoriale : celle d'un ordre criminel qui ne valait pas mieux que les autres régimes qu'elle combattait.
Tiberius Lovegood, Harmonie Potter : entre légende dorée et légende noire, éditions Loufoca, 2079.
