Bonsoir tout le monde !

Voici le nouveau chapitre, j'espère que je ne vous ai pas trop fait patienter ! (Vous me direz, ça ne peut pas être pire que la dernière fois...)

En tout cas, je tiens à vous remercier infiniment, ça me fait plaisir de voir que vous êtes encore nombreuses à ne pas perdre espoir et à attendre que je publie la suite de la traduction. Je tiens à la répéter, même si je prends parfois beaucoup de temps (indépendamment de ma volonté), je ne laisserai pas tomber cette traduction, ni mes autres fictions. J'irai au bout, même si ça doit me prendre encore 1 an. (Mais je vais faire le nécessaire pour que ça ne prenne pas autant de temps !;))

Avant de vous laisser à la lecture, je veux juste revenir sur un petit point pour remettre certaines choses au clair et répondre à certaines reviews par la même occasion :

1. Je n'utilise pas de traducteur automatique.

2. Mes chapitres ne sont actuellement pas relus car j'ai déjà eu 2 bêta pour cette histoire qui ont souhaité arrêter et comme j'ai déjà très peu de temps pour traduire l'histoire, je préfère publier le chapitre dès qu'il est prêt pour ne plus faire attendre les lectrices, au lieu de chercher encore quelqu'un de disponible pour me relire. Je prends tout de même le temps de relire le chapitre du mieux possible mais je me doute bien que certaines choses m'échappent.

Cette traduction me demande du temps et des efforts, j'essaye de faire de mon mieux, je sais que ma méthode ne semble pas plaire à certaines personnes mais je n'y peux rien. Tout ce que je peux vous dire, c'est bonne lecture. Et pour les personnes qui jugent cette histoire mal traduite et bourrée de fautes, ce site grouille d'autres histoires et vous y trouverez sûrement votre bonheur.

Ps : je m'excuse pour toutes les personnes qui ne sont pas concernées par ce message mais j'avais juste besoin de faire cette mise au point. Et si quelqu'un est disponible pour me relire, je suis ouverte à toute proposition (il faut juste savoir que les chapitres sont souvent assez long et que je ne sais jamais à l'avance quand ils seront prêts).

Bonne lecture et à très vite !


Bella POV

Edward marcha le long du chemin avec moi, gardant sa main sur le bas de mon dos. Je savais qu'il avait besoin du réconfort qu'il ressentait à chaque fois qu'il me touchait, surtout après ma crise. Il pensait sûrement qu'il m'apportait du soutien en faisant ça en réalité, j'avais juste envie d'être seule. Il y avait certaines choses que j'avais besoin de dire – des choses que je ne voulais pas qu'il entende. Même si, j'imagine, ça ne pouvait pas vraiment être pire que ce que je lui avais dit à la maison.

J'étais toujours sous le choc, Edward ne m'avait pas frappée et il avait même juré qu'il ne me frapperait plus jamais. C'était un grand pas en avant. Jusqu'ici, la meilleure promesse que j'avais eu de sa part, c'était qu'il ne perdrait plus le contrôle en me frappant, qu'il ne ne frapperait plus en étant en colère. Il avait tenu cette promesse, même si je savais bien qu'à certains moments, je n'avais rendu les choses faciles pour lui. Peut-être qu'il tiendra aussi cette promesse. La seule raison pour laquelle je voulais lui laisser une chance, c'était parce qu'il avait juré qu'il ne me frapperait plus et promis qu'il changerait. Sans ça, je savais que je ne pourrais jamais l'aimer. L'amour était la seule chose dans ma vie sur laquelle j'avais encore du contrôle. C'était à moi que revenait le choix de donner ou non mon amour c'était la seule chose qu'il ne pouvait pas m'obliger à lui donner.

Je savais bien qu'il ne valait mieux pas que je lui demande de me laisser partir. C'était ce que je voulais, par dessus tout. Redevenir normale, rentrer chez moi et vivre avec mon oncle JJ et ma tante Teri, aller à l'université A&M...mais j'avais fini par accepter que c'était ça ma vie à présent. Et même si Edward voulait me laisser partir, je savais que Carlisle ne l'accepterait pas. Il y avait cette lueur possessive dans ses yeux à chaque fois que je le surprenais à me regarder, une lueur que je n'arrivais pas à saisir. On me surveillait de tellement près que je ne pouvais pas m'enfuir et pourtant, j'avais essayé.

Au début, j'essayais de m'enfuir de toutes les façons possibles auxquelles j'avais pu penser. Un jour, Esmé avait fini par me montrer à quel point cela ne servait à rien. Je pensais qu'elle connaissait le code du portail, étant donné qu'elle allait faire les courses toute seule. J'avais tort. Je n'avais jamais remarqué la caméra de sécurité qu'il y avait à l'intérieur du portail. Je savais qu'il y en avait une à l'extérieur, pour les gens qui sonnaient – c'était comme ça que les paysagistes avaient pu entrer. C'était grâce à la caméra de l'intérieur qu'on pouvait sortir. Pour qu'Esmé, Rosalie ou Alice puissent sortir, il fallait que Carlisle, Emmett ou Jasper ait d'abord averti la sécurité. Sinon, ils n'ouvraient pas les portes si ce n'était pas mentionné dans leur emploi du temps, tant qu'on ne leur avait pas confirmé que tout était bon. Puisqu'Edward refusait de me laisser sortir, je ne pouvais pas sortir même si Esmé était là. La sécurité était venue jusqu'au portail pour me faire sortir de la voiture d'Esmé et m'avait escortée jusqu'à la maison, avant de laisser Esmé sortir.

Je n'avais pas totalement abandonné l'espoir de m'enfuir, jusqu'au jour où j'ai essayé de m'enfuir de l'école. C'était mon deuxième jour de cours et tout le monde se rendait à une réunion dans le gymnase, j'avais donc facilement pu m'échapper sans se faire remarquer. Je m'étais faite attrapée par un des vigiles de Carlisle juste au moment où je tournais pour aller sur le trottoir. Je ne savais même pas qu'on me surveillait. Il m'avait fichu une sacré trouille lorsqu'il m'avait attrapée dans la rue, couvrant ma bouche pour que je ne puisse pas crier, et qu'il m'avait traînée vers une voiture sans un mot. J'avais cru qu'on allait me violer et me tuer. Je n'avais jamais vu cet homme auparavant je ne savais pas qui il était. Au lieu de ça, il me conduisait à la maison pendant qu'il appelait Edward et Carlisle pour leur dire que j'avais essayé de m'enfuir.

« Oui monsieur, elle est avec moi en ce moment. Edward m'a demandé de la ramener à la maison et de l'enfermer dans leur chambre jusqu'à ce qu'il rentre, » dit l'homme. « Il doit être juste un peu plus loin derrière moi. »

Il y eu une pause pendant laquelle il écoutait ce que Carlisle lui disait de l'autre côté de la ligne.

« Je suis désolé, monsieur. J'ai appelé Edward en premier parce qu'elle lui appartient. Je comprends, monsieur. Oui monsieur, je jure que si ça se reproduit, je n'appellerai que vous. Encore une fois, je m'excuse, monsieur. » Il raccrocha et me lança un regard noir tandis qu'il conduisait. Je voyais bien qu'il était furieux.

« Il a fallu que tu essayes de t'enfuir, hein, salope ? Tu ne pouvais pas rester à ta place. Maintenant, je vais devoir m'occuper de Sam. Bordel, comment j'aurais pu savoir que je devais uniquement contacter Carlisle si tu faisais un putain de coup de ce genre ? Personne ne me l'a dit, bordel. Merde ! Fais chier ! Putain de salope stupide ! » Il tapa du poing sur son volant à plusieurs reprises et prit un virage trop rapidement, m'envoyant valser contre la portière. « Je vais sûrement finir dans un trou perdu en Alaska après ça. Mon dieu, Marcus vit dans un putain de trou perdu. Il faut compter deux heures rien que pour se rendre en ville, » grogna-t-il. Il me lança de nouveau un regard furieux. « Deux putain d'heures ! J'espère seulement que ce que Carlisle et Edward te réservent va te laisser une putain de marque. »

« Je suis désolée, » commençai-je à m'excuser, pensant que ça le calmerait. Je ne savais pas de quoi cet homme était capable. Je ne savais pas s'il allait s'arrêter et me faire du mal lui aussi.

« La ferme, » gronda-t-il. « Ferme-là et garde tes excuses pour eux. Putain, je déteste l'Alaska ! »

J'étais morte de peur, ne sachant pas ce qui m'attendait. Je savais ce que pensait Carlisle et la raison pour laquelle il voulait être le seul à être contacté. Si je me retrouvais seule à la maison avec lui, il aurait le temps de me violer sans qu'Edward le sache. C'était une motivation suffisante pour me dissuader de tenter à nouveau de m'enfuir de l'école. Je prenais finalement conscience qu'il n'y avait aucun autre échappatoire à cette vie en dehors de la mort. J'étais vraiment piégée.

Nous nous garâmes devant la maison et il me traîna dans les escaliers, me faisant plusieurs fois trébucher. Esmé, Rosalie et Alice faisaient du shopping aujourd'hui, il n'y avait donc personne à la maison. Il me poussa dans la pièce, me faisant tomber à quatre pattes. Je portais des putains de talons et une jupe.

« Edward devrait arriver dans une dizaine de minutes pour s'occuper de toi, salope. Tu ferais mieux de faire tes prières, » se moqua-t-il en me regardant à terre. « Tu vas avoir besoin de toute l'aide que tu peux avoir. » Sur ce, il claqua la porte et j'entendis la serrure cliqueter.

Je me relevai et me débarrassai de mes chaussures avant de me pelotonner sur la canapé en attendant de voir ce qu'Edward allait me faire. Je ne savais pas à quoi m'attendre, ça ne faisait pas longtemps que j'étais ici. La seule expérience que j'avais eu avec les punitions d'Edward, c'était le soir de mon arrivée. Depuis, il avait été patient avec moi mais je savais que là, ça allait mal se passer.

J'enroulai mes bras autour de mes genoux et posai mon menton dessus, alors que je fixai la porte en attendant. Je sentis des larmes me monter aux yeux et couler le long de mon visage. Après quelques minutes, j'entendis le bruit étouffé d'une porte qui claqua dans la maison, puis des bruits de pas se précipitant dans les escaliers. Je suppose que mon heure avait sonné. Je continuai à fixer la poignée de la porte, attendant qu'on appuie dessus. J'entendis ses pas dans le couloir et s'arrêter devant notre porte. Je retins ma respiration et attendis. Après ce qui me sembla une éternité, on déverrouilla la porte. Il finit par ouvrir la porte à la volée, la faisant bruyamment claquer contre le mur et me faisant sursauter, avant que la porte ne revienne vers lui. Il tendit sa main pour empêcher la porte de le toucher et entra dans la chambre avant de la claquer et de la verrouiller de l'intérieur cette fois.

Il était tellement en colère que je pouvais sentir le feu de ses yeux dans le regard furieux qu'il me lançait. Il se dirigea à grand pas vers moi et me tira du canapé par le coude, me faisant avancer jusqu'à notre chambre.

« Ed- » commençai-je.

« Tais-toi, Isabella, » dit-il sèchement. Il me poussa vers le lit et je me tournai pour m'appuyer dessus. Je fixai Edward prudemment. Il se pinçait l'arrête du nez et je pouvais voir une veine ressortir sur le côté de son front.

« Edward ? » réessayai-je doucement. J'étais déjà en train de pleurer, tellement j'étais effrayée.

Il baissa sa main et me lança de nouveau un regard furieux. « Je t'ai dit de te taire. Ça veut dire garde ta bouche fermée. Est-ce que tu comprends ? »

J'acquiesçai silencieusement et tentai d'essuyer les larmes de mon visage. Mais c'était peine perdue car d'autres larmes continuaient à couler. Il tendit soudainement la main vers moi et je tressaillis inconsciemment. Ce mouvement attira son attention. Il tendit à nouveau la main, plus lentement cette fois, et me fit lever pour que je me tienne face à lui. Il agrippa le haut de mes bras et me fixa un instant. J'observai le tic nerveux de sa mâchoire avant de finalement le regarder dans les yeux.

« Je suis vraiment- » commençai-je avant de me taire lorsqu'il haussa un sourcil.

« Isabella, je peux savoir ce que tu pensais faire aujourd'hui ?» demanda-t-il.

Je continuai à le fixer, apeurée. Maintenant qu'il voulait que je parle, je n'y arrivais pas.

Il me secoua par le bras, faisant basculer ma tête en arrière. « Réponds-moi! » cria-t-il.

Je déglutis avant de bégayer. « Je-j'ess-ayais de m'en-m'enfuir, » avouai-je.

« Où diable pensais-tu aller comme ça ? Tu n'as pas d'argent et tu ne connais personne ici. »

« J'espérais trouver un téléphone et appeler mon oncle pour qu'il m'aide à m'enfuir. »

Il émit un grognement grave, le rendant encore plus effrayant. Il me secoua de nouveau, les yeux emplis de rage. « Tu ne me quitteras pas, Isabella ! Je jure devantDieu que je te traquerai si tu réessayes un jour de partir. Tu es à moi ! » cria-t-il. Il me poussa loin de lui. « Déshabille-toi ! »

« S'il te plait, » pleurai-je. « Tu m'avais promis. » Je commençai à pleurer davantage. Je savais qu'il allait me faire du mal.

Il me fixa d'un regard furieux pendant un moment avant de me tourner le dos.Je pouvais l'entendre respirer bruyamment. Il sortit comme une furie de la chambre, retournant dans le salon. Je ne le voyais pas mais je pouvais l'entendre faire les cent pas. Les bruits de pas finirent par cesser et un instant plus tard, j'entendis un hurlement et un fracas, suivi par le bruit de mobilier cassé. Je sursautai, surprise, et me dirigeai avec prudence vers l'embrasure de la porte pour voir ce qu'il s'était passé.

Edward me tournait le dos et s'appuyait lourdement contre le manteau de la cheminée, la tête baissée. Je balayai des yeux la pièce qui, il y a cinq minutes encore, était immaculée. Il avait balancétout ce qu'il y avait sur son bureau par terre, cassant la lampe, l'horloge et les cadres photos qui étaient dessus. Son siège de bureau cassé gisait au milieu des débris de ce qui avait jadis été la table basse.

Je déglutis et attendis, il n'était pas dans mon intérêt de lui rappeler que j'étais dans la pièce à cet instant.

Il finit par se redresser et se tourna pour me regarder. Il était toujours en colère contre moi mais une partie du feu qui emplissait ses yeux s'était éteint. Il se dirigea vers moi, enjambant le désordre qui jonchait le sol. Sans le vouloir, je fis un pas en arrière alors qu'il s'approchait.

« Isabella, » m'avertit-il calmement. Je ne ferais qu'empirer les choses en résistant.

Je savais qu'il faisait un effort pour garder un ton neutre. Je m'arrêtai, ne voulant pas le provoquer davantage.

Il saisit mon menton et leva mon visage vers lui. Il soupira. « Tu as raison. J'avais promis jamais de punition quand je suis en colère et hors de moi. Cependant, il faut tout de même que je te punisses, mais je ne perdrai pas le contrôle à présent. Déshabille-toi, Isabella. Une fois que j'en aurai fini, tu rangeras ce désordre pendant que j'irai parler à Carlisle. Il m'attend en bas. »

J'acquiesçai, sentant les larmes recommencer à couler. Il relâcha ma mâchoire et recula pour que je puisse m'exécuter. Il avait tenu sa promesse, mais c'était encore plus humiliant qu'il me punisse à main nue.

Je soupirai lourdement alors que nous quittions le chemin pour terminer notre promenade sur le gazon jusqu'à ma destination. Je sentais les yeux d'Edward sur moi.

« Bella, tu vas bien ? » demanda-t-il.

« Oui. J'étais juste en train de réfléchir, c'est tout, » répondis-je. « Je n'ai eu l'occasion de venir ici que deux fois avant de devoir partir, mais je suis pratiquement sûre que c'est près de ce banc là-bas. » Je montrai du doigt un banc en pierre qui se trouvait juste devant nous.

Alors que nous nous rapprochions, je commençai à discerner le nom. Je déglutis, un nœud bloqua soudainement mes voies respiratoires.

« C'est ici, » dis-je doucement. Je m'arrêtai et fis doucement glisser ma main sur la pierre lisse en granite. « Salut Maman. Salut Phil. »

Je m'agenouillai en face de leur pierre tombale et glissai mon doigt sur le médaillon qui contenait leur visage. Cette photo datait de leur dernier anniversaire de mariage. Leur amour l'un pour l'autre était tellement évident pour tout ceux qui nous entouraient. Je me penchai et déposai un baiser sur le médaillon, souhaitant pour la millionième fois qu'ils soient encore là pour me protéger...Même si ce n'était que pour passer qu'un jour de plus avec eux, les serrer une fois de plus dans mes bras, partager une blague de plus avec eux. Rien que leur dire un 'Je vous aime' de plus suffirait.

Je levai les yeux vers Edward qui était debout près de moi, m'observant. Je lui adressai un petit sourire en tendant la main pour prendre le bouquet de marguerites qu'il tenait. C'était les fleurs préférées de maman. Elle disaient toujours que ces fleurs semblaient joyeuses. Je souris en pensant à toutes les marguerites qui parsemaient le jardin d'Esmé. Je n'avais jamais fait le lien jusqu'à aujourd'hui. Il y avait au moins un massif de marguerites planté dans chaque partie de son jardin, elles étaient parsemées tout autour des fleurs sauvages. Elles étaient toutes pour maman. Peu importait la partie de son jardin sur laquelle elle travaillait, Esmé pouvait voir et se rappeler son unique amie. Je ne m'étais jamais rendue compte à quelle point elle avait dû se sentir seule avant que Rosalie, Alice et moi n'entrions dans sa vie. Après que maman et moi soyons parties et avant que Rosalie, Alice et moi arrivions, elle n'avait personne – sauf ses fleurs.

Je posai les marguerites au centre, entre maman et Phil. Je regardai de nouveau Edward et pris un inspiration. « Edward, ça te dérangerait de me laisser un instant seule ? J'aimerai juste leur parler un petit moment. »

Il s'accroupit à mon niveau et caressa ma joue avec son pouce. « Ne t'inquiète pas, Bella. Prends ton temps. Je vais t'attendre sur le banc si tu as besoin de moi ou quand tu seras prête à partir. » Il m'embrassa tendrement sur le front et je le remerciai par un sourire tandis qu'il se levait et s'éloignait. Je me retournai et fixai de nouveau le médaillon.

« Maman, Phil, vous me manquez tellement. Je vis à Forks maintenant, avec Carlisle et Esmé Cullen ils m'ont adoptée. » Je souris et passai ma main sur le nom de maman. « Maman, j'ai appris à connaître ton amie Esmé. Tu lui manques beaucoup. Tu adorerais toutes les marguerites qu'elle a planté dans son jardin. Je n'ai pas été très gentille avec elle au début, mais maintenant...je l'aime presque autant que toi. »

Je repensais, honteuse, à la façon dont je m'étais comportée au début.

Ça ne faisait que quelques jours que j'étais avec Edward, les hématomes causés par Edward, James et Paul, et par tout ce qu'ils m'avaient fait subir, étaient encore sensibles. Je suppliais Esmé tous les jours, dès que Carlisle et Edward partaient, de me laisser m'en aller. J'avais juste besoin de suffisamment d'argent pour utiliser une cabine téléphonique et appeler Oncle JJ.

« Esmé, je ne veux que pas que tu aies des ennuis pour m'avoir aidé, emmène-moi juste avec toi quand tu iras faire les courses aujourd'hui et laisse-moi soit sauter de la voiture, soit quitter le magasin. S'il te plaît ? Je veux juste rentrer à la maison, » la suppliai-je.

« Bella, je ne peux pas faire ça. Edward ne t'a pas encore donné l'autorisation de sortir de la maison. Alice va arriver dans quelques minutes. Elle va rester te tenir compagnie pendant la matinée. Je sais que ce n'est pas facile, maisrappelle-toi que nous sommes là pour toi Rosalie, Alice et moi. Nous voulons t'aider, il faut juste que tu nous parles, » me dit Esmé. « Je sais que tu as vécu des choses atroces. Laisse-nous t'aider nous sommes une famille et c'est ce que les familles font. »

« Vous n'êtes pas ma famille ! Je vous connais à peine, » l'accusai-je. « Vous voulez m'aider ? Alors laissez-moi partir. Vous ne vous souciez pas de moi. Si tu étais vraiment l'amie de ma mère comme tu le prétends, alors tu m'aiderais, mais non ! Tu ne veux même pas lever le petit doigt pour m'aider tu es aussi diabolique qu'eux. Tu aides Edward à me garder prisonnière. »

Juste avant qu'elle ne me tourne le dos, je pus voir que mes accusations la blessaient. Rosalie la prit dans ses bras et me lança un regard furieux par-dessus l'épaule d'Esmé.

« Comment peux-tu lui dire une chose pareille ? » me reprocha Rosalie. « Tu n'as aucune idée de tout ce qu'elle a fait pour nous protéger toutes ces années, même pour toi. »

Esmé se redressa et secoua la tête à l'intention de Rosalie. Je la vis s'essuyer les yeux avant de se retourner. Elle posa sa main sur l'épaule de Rosalie. « Rose, ne commence pas avec ça. Ça n'a aucune importante. »

« Esmé, » protesta Rosalie, « elle doit savoir. Elle ne devrait pas te parler de cette façon. »

« Rose, c'est mon choix. Je ne veux pas qu'on en parle. Elle n'a pas besoin de savoir. Ça ne lui fera rien d'autre que du mal. »

« Qu'est-ce que je n'ai pas besoin de savoir ? Qu'est-ce que vous me cachez ? » Mon regard, furieux, se baladait entre Esmé et Rosalie.

« On essaye de t'aider et tout ce que tu trouves à faire, c'est nous piquer une crise comme une enfant gâtée, » m'accusa Rosalie. « Alice et moi sommes passé par la même chose que toi au début. Nous avons vécu un enfer à cause de ton père et ton frère. C'était encore pire pour Alice avec ce que ces monstres lui ont fait. Esmé a toujours été gentille et d'un grand soutien pour nous. Comment oses-tu la mettre dans la même catégorie que ces monstres ! Tu ne sais pas de quoi tu parles. »

J'eus au moins le bon sens de me sentir un peu coupable, mais j'étais effrayée, blessée et en colère. Je voulais juste rentrer à la maison. Je recommençai à pleurer, virant à l'hystérie.

« Laissez-moi partir ! » criai-je en empoignant et tirant sur mes cheveux. « Je veux partir d'ici ! »

Je glissai contre le mur jusqu'au sol et commençai à crier et à cogner l'arrière de ma tête contre le mur. « Laissez-moi partir ! Je veux rentrer à la maison ! Je veux ma maman ! »

Alors que je criai et pleurai toujours, je sentis des bras m'attirer dans une étreinte réconfortante. Quelqu'un me berçait doucement contre sa poitrine. Je m'accrochai au sentiment de sécurité que cette personne m'apportait et sanglotai à cause de tout ce qui n'allait pas dans ma vie. Je sentis cette personne me caresser la tête et fredonner la berceuse que ma mère avait l'habitude de me chanter lorsque je faisais des cauchemars. Je me rendis compte que c'était Esmé qui me réconfortait dans ses bras.

« S'il te plaît, laisse-moi partir, » gémis-je. « Pourquoi ne veux-tu pas m'aider ? »

« Bella, je suis désolée mais tu ne pourras jamais t'en aller. Tu ne sais pas jusqu'où Carlisle est prêt à aller pour nous garder ici. Je sais que ce n'est ni juste, ni correct, mais tu dois d'abord gagner la confiance d'Edward pour qu'il te laisse aller en ville avec nous. S'il y avait un moyen de s'échapper, tu ne crois pas que j'aurais aidé Rosalie et Alice à partir dès le début ? Personne ne devrait endurer cette vie. »

Je levai les yeux vers elle, en restant blottie dans ses bras. Mes sanglots s'étaient calmés et transformés en hoquet. « As-tu déjà essayé de t'enfuir ? On dirait que tu es heureuse de vivre ici. Comment est-ce possible ? »

Esmé soupira et m'offrit un sourire triste. « Oh Bella, si tu savais combien de fois j'ai essayé. C'est pourquoi je sais avec certitude qu'il n'y a aucun moyen. J'ai tout essayé. »

Alice passa la porte de la cuisine et aperçut Rosalie. Elle n'avait pas encore remarqué qu'Esmé et moi étions par terre. « Salut Rose, tu voudras bien me prendre le nouveau magazine Vogue quand tu seras- » Elle s'arrêta lorsqu'elle finit par regarder dans notre direction. Esmé me tenait toujours dans ses bras. Alice nous regarda toutes les deux, perdue. « Que se passe-t-il ? »

Rosalie me lança un regard, me faisant comprendre qu'elle était toujours en colère contre moi mais qu'elle avait en même temps de la peine pour moi. « Bella a encore décidé de nous piquer une crise ce matin. Elle a dit des choses vraiment odieuses à Esmé. »

« Rose, ça suffit, » l'avertit sévèrement Esmé. « Les crises de colère que tu nous faisais au début dépassaient de loin celles de Bella. Sois un peu compatissante. Non seulement elle a souffert de la même façon que toi, mais elle a également perdu sa mère pour couronner le tout. » La voix d'Esmé s'adoucit, « Rose, mets ta colère de côté, elle ne sert à rien d'autre qu'à nous mettre en désaccord les unes avec les autres. C'est à cause de la peur et la colère que Bella s'emporte. Tu sais ce que c'est, n'est-ce pas ? »

Rosalie semblait avoir honte. « Je suis désolée, Esmé. Je devrais être plus compréhensive c'est juste que je n'ai pas aimé l'entendre te dire ces choses. Tu ne mérites pas ça. » Rosalie me regarda ensuite. « Bella, je comprends ce que tu ressens. Nous comprenons toutes. Tu dois nous laisser une chance de te prouver que nous sommes là pour te soutenir, si tu en as envie. »

Alice et Rosalie s'approchèrent et s'assirent par terre en face de moi, chacune d'elle posant une main sur mes genoux. Esmé joignit la sienne à leur autre main.

« Nous sommes ta famille, » dit Alice avec un sourire espiègle, « si tu en veux une. »

Je les regardai et ne vis que de l'amour dans leur regard. De l'amour les unes pour les autres et l'amour qu'elle m'offrait, si je souhaitais l'accepter. Je tendis timidement ma main et la joignis à leurs mains liées.

Je soupirai contre Esmé. « Je suis désolée de t'avoir dit ces choses-là. C'est juste que je n'arrive pas à comprendre ce qui va m'arriver. »

Nous restâmes toutes assises par terre et je finis par m'ouvrir à elles. Elles m'aidèrent à faire le deuil de Phil et de ma mère. Elles m'écoutèrent et rirent aux histoires que je racontais sur ma vie à Phœnix. Je commençai à sentir un sentiment de paix s'installer autour de moi et je pus me confier à elles au sujet de mon agression. Je fus surprise du réconfort que m'apportait le fait d'avoir quelqu'un à qui parler, à qui me confier.

Je séchai mes larmes. « Les choses n'ont pas été faciles depuis que tu es partie. Tu ne me reconnais probablement même plus. Je sais que tu dois être déçue de moi. Je ne suis plus la fille que tu as élevée. Lui là-bas, c'est Edward Cullen. Le fils cadet de Carlisle et Esmé. Je vais l'épouser dans le courant de l'année. Je ne vais pas à l'université cet automne comme je l'avais prévu. »

Je déglutis pour dénouer de nouveau ma gorge et jetai un coup d'oeil vers Edward. Il parlait à quelqu'un au téléphone. Il me sourit lorsqu'il me vit. Je lui adressai un petit sourire en retour et continuai à regarder autour de moi. J'observai toutes les pierres tombales et les fleurs, des vraies et des fausses, qui parsemaient le paysage. Il y avait quelques autres personnes dans le cimetière, rendant visite à des êtres qui leur étaient chers. Je reportai me regard vers maman et Phil. Je savais qu'il n'y avait aucune réponse à ma question, mais j'y pensais constamment et j'allais devenir folle si je ne la posais pas à haute voix, ne serait-ce qu'une fois.

« Maman, je t'aime tellement. Mais il y a une chose que je ne comprends pas pourquoi as-tu voulu que je retourne chez pa- » Non, je refusais de l'appeler papa, il n'était plus en vie pour m'y obliger. « Charlie ? Tu savais très bien comment il était. Qu'est-ce que j'ai fais de mal ? Pourquoi je n'ai pas pu rester avec Oncle JJ et Tante Teri ? Tu m'avais toujours dit que je devrais rester avec eux s'il t'arrivait quoi que ce soit. Tu n'avais jamais parlé de Charlie ou de James. Pourquoi m'as-tu envoyée là-bas ? »

Je commençai à sangloter, sentant l'hystérie refaire surface. Je m'étendis sur leurs tombes, me plaçant face au médaillon que je caressai de mes doigts. « Je sais que je n'étais pas parfaite, mais je ne pensais pas être si terrible. Tu n'as jamais rien dit qui pouvait laisser croire que je t'avais déçue. Qu'ai-je fait de si mal qui aurait pu te faire penser que je méritais ça ? Je ne comprends pas. Je t'en prie, dis-moi. Pourquoi m'encourager à être indépendante et à aller à l'université si c'était pour le laisser m'emmener. Il m'a vendue à Carlisle comme on vendrait un article en magasin. Et toutes ces choses qu'il m'a fait subir. James m'a violée ! »

Je pleurais tellement que je n'avais même pas remarqué qu'Edward était venu me porter. Il s'assit sur le banc et se contenta de me tenir tranquillement dans ses bras tandis que je pleurais. Mais il ne dit rien cette fois, il me laissa juste me défouler.

Je levai mon regard brouillé par les larmes vers lui. « Pourquoi m'ont-ils fait ça ? Je suis terrible que ça ? » lui demandai-je.

Il repoussa mes cheveux de mon visage et essuya mes larmes avec son pouce. Il secoua la tête. « Non, Bella, tu n'es pas terrible. Je ne sais pas pourquoi ils ont voulu que tu vives avec Charlie. Il n'y aucun moyen de le savoir. Je suis désolé que tu souffres autant. Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider ? S'il te plaît, bébé, parle-moi. »

Je secouai la tête contre son épaule. Il n'y avait rien qu'il puisse faire pour arranger les choses, il ne faisait pas partie du problème. Il n'avait pas plus de réponses que moi. Et même s'il ne le disait pas, je savais qu'il était content que je sois là. J'étais son jouet après tout.

'Non,' je secouai mentalement la tête, 'il faut que j'arrête de penser de cette façon.'

J'avais dit que je lui laisserai une nouvelle chance, il fallait dont que je change ma façon de penser. Il était Edward et j'étais Bella. C'est tout. Pas de propriétaire, pas de jouet, pas d'esclave – juste nous. Et même si nos débuts ont été difficiles, aujourd'hui était un nouveau jour, je devais donc agir en conséquence. La fin restera la même, mais au moins on pouvait changer le chemin qui nous y mènerait.