Comme promis, hier, voilà la suite ! C'est la fin ... Snif, snouf :p L'épilogue pour Lundi ;))
Me fusillez pas tout de suite quand vous serez arrivées à la fin de l'histoire, la fin alternative est d'une autre couleur ... Alors, soyez zentilles ! :)
Je vous souhaite une bonne lecture ! A demain ;)
°°o°° Chapitre XXXVI °°o°°
Terre, Caen.
Finalement, pas si pourrie cette vie.
Julie, arme au poing aperçu la bombe artisanale de Kolya. Bien formée par le SG-C puis Atlantis, elle reconnaitrait un générateur à Naquada entre mille … La connaissance de ce genre d'engin faisait en quelque sorte partie de la culture générale de l'employé model du programme Stargate.
Coureau pouffa bêtement avant de scanner la petite salle. Déserte. Un unique plan de travail sur lequel reposait la bombe et une autre porte à l'arrière. Elle entendait le vacarme étouffé des coups de feu à l'extérieur du laboratoire et jeta un œil par-dessus son épaule, elle ne voyait plus Alexander. Ils s'étaient séparés pour procéder aux recherches plus rapidement.
Julie avait perdu beaucoup de temps à expliquer au jeune homme ce qu'il devait repérer, à grand renfort de gestes. Elle s'approcha de la table de travail et garda quelques pas de distance, méfiante. Sur ce, elle se retourna vers la porte qu'elle venait de passer.
« Alex ! J'ai trouvé ! » Appela-t-elle, oubliant brièvement qu'il ne comprendrait un mot. « Alex ! Kommst ! »
Avant d'hausser un sourcil, se rendant compte qu'elle s'était trompée dans la conjugaison.
« Non, chier … hu … Komm ! (1) Alex ! »
« Vous avez besoin d'aide, Capitaine ? »
Ça, c'est pas Gärtner. De l'anglais, une voix plus grave et surtout une voix qui provient de son dos … Julie ferma les yeux et jura intérieurement avant de se retourner.
La jeune métisse devint livide.
« Oh … Hey. » Lança-t-elle stupidement et se haït en entendant sa voix trembler. « Commandant. »
Julie leva les mains devant l'arme à trois canons typiquement genii et déposa son Beretta sur le sol. Kolya lui envoya un grand sourire à la fois ironique et quelque chose de victorieux. Coureau se retrouvait -une fois de plus- seule face au célèbre psychopathe Pégasien. La Française rit nerveusement.
« Écoutez … On peut négocier. On discute, peut-être ? » Haussement de sourcil de l'homme. « Enfin, je dis ça, c'est … pour vous … » Haussant les épaules, elle se maudit une fois plus de laisser paraître sa terreur aussi facilement.
« Croyez-vous sincèrement que c'est le moment propice pour une conversation mondaine, Capitaine ? »
« Mais carrément. » Émit la jeune métisse d'une petite voix.
Pathétique.
Elle vit le terroriste Pégasien éclater de rire … Un rire froid qui lui transperça la colonne vertébrale. Julie eut un nouveau rire nerveux, terrorisée. Elle détestait le sentiment de faiblesse que cet homme réussissait à susciter chez elle. Elle était un soldat, non de dieu !
Toute cette foutue mission me coupe les guiboles, de toute façon !
« Si je vous disais que vous m'avez manqué depuis notre dernière rencontre, Capitaine Coureau, me croiriez-vous ? » Le sarcasme ne fit pas sourire la jeune femme qui grimaça avec le souvenir. « Plus précisément, je me disait que vous pourriez peut-être assister au petit spectacle que j'ai préparé pour votre planète … A mes côtés, cela va sans dire. Qu'en pensez-vous ? »
Toujours ce sale petit sourire ironique et cette voix froide en dépit de l'humour tranchant du -visiblement kamikaze- Genii.
« Ça a l'air sympa. » Fit platement la jeune métisse.
Elle déglutit bruyamment. Elle devait gagner du temps, Kolya était beaucoup trop proche de la bombe, pratiquement penché dessus pour tout dire. Il pouvait l'armer à tout moment et Julie n'aurait plus rien d'autre à faire que d'attendre la mort.
Alex et John ne devraient plus être très loin, maintenant. Les coups de feu s'étaient sensiblement atténués –elle espérait seulement que le gagnant du combat était l'Américain- et le jeune Gärtner était toujours dans le laboratoire.
Avec ses maigres certitudes, Julie s'arma de courage en voyant Kolya tendre dangereusement son bras libre vers le générateur.
« Hey … Ecoutez, je suis sûre que vous n'avez pas vraiment envie de faire ça. » Froncement de sourcils de son interlocuteur et Julie commença à babiller nerveusement. « Je suis pas psy mais hu … Je peux peut-être vous aider. Qui sait ? Je suis sûre que vous avez pas un mauvais fond enfin de compte … Vous avez peut-être vécu des trucs pas cool. Je sais pas, moi, dans votre enfance et peut-être avec vos parent aussi et … hu … bah … On pète tous les plombs un jour. Ça arrive, c'est hu … Ouaah ! »
Le tir finit sa course dans le mur derrière la jeune femme à quelques centimètres de sa tête.
« Hum … Ouais. Comme je disais, je suis pas psy. » Conclut-elle en grimaçant devant les yeux meurtriers de son vis-à-vis.
« Autre chose ? » Demanda-t-il durement, l'arme pointée fermement vers le front de l'Atlante.
« Hu … » Elle tenta de sourire. « Non. Je … C'est, hu … tout. » Conclut-elle lamentablement.
Impressionnante, la Capitaine médaillée de l'Armée Française … Ridicule, ma pauv' fille.
Un furtif mouvement capta son attention dans le dos du Genii et elle écarquilla bêtement les yeux en voyant Alexander s'avancer vers le Commandant, un 9mm américain pointé sur l'arrière du crâne de l'ennemi.
Malheureusement, la grande discrétion de Coureau prévint Kolya de la présence de l'Allemand et le Pégasien se retourna pour parer l'attaque du jeune homme qui n'eut d'autre choix que de lui foncer dessus, le plaquant contre la table.
Sur la bombe.
Julie blêmit de nouveau.
« Merde ! Alex, halte ! »
Elle récupéra son Beretta et tenta d'atteindre le Genii mais ne put obtenir de visée, l'Allemand lui barrant le passage. Elle ne pouvait pas tirer dans le tas sans risquer de blesser ou tuer Alexander.
Une lutte à main nue se déroula tout près de la bombe et le cœur de Julie ratait un battement à chaque approche des deux hommes. La jeune femme sursauta en entendant des bruits de pas derrière elle mais ne s'en préoccupa pas, scotchée sur les deux combattants, son Beretta tendu en vain devant elle. Elle ne savait plus quoi faire et elle paniquait comme une bleue.
Alors qu'elle réfléchissait à vive allure, Gärtner avait obtenu un certain avantage et avait pu plaquer le Genii à plat ventre sur …
La bombe !
Alexander immobilisait le Genii par un bras mais ce dernier libéra le deuxième pour tripoter le générateur et Julie crut qu'elle allait s'évanouir sur le champ.
L'arme était activée. Tout –sur des milliers de kilomètres- allait disparaître dans très peu de temps.
« Kapitän ! » (2)
L'appel hurlé avec urgence sortit Julie de sa torpeur. Elle secoua la tête et fixa son regard à celui du jeune soldat.
Elle détesta ce qu'elle y vit. D'autant plus quand elle vit le jeune regard bleu descendre sur sa main détenant la balise de Johann. Elle secoua vivement la tête, pétrifiée. Non, non, non, non !
« Bitte ! » Implora Alexander qui avait de plus en plus de mal à maîtriser le solide et très expérimenté Genii.
Le cocktail mortel de Kolya et Michaël allait bientôt faire son effet. Elle sentit une présence dans son dos et aperçut le Colonel Sheppard en jetant un regard très bref par-dessus son épaule. L'Américain avait déjà porté la main à son oreillette.
La suite des évènements se déroula comme si Julie n'était qu'une spectatrice. Elle n'était plus maîtresse de son corps.
La jeune femme, dans un état second et de manière automatique, lança la puce électronique dans la direction des deux hommes et elle atterrit sur la table. Elle vit Alexander agripper la balise et appuyer tout le poids de son corps sur Kolya qui hurlait de rage.
/ Allez-y ! / Entendit-elle derrière elle.
John avait déjà lancé ses ordres au Dédale.
« Alexander ! » Cria inutilement Julie.
Elle ne se rendit compte qu'elle s'avançait vers lui que lorsqu'elle sentit deux bras l'entourer à la taille. Son supérieur, la maintenant fermement, l'entrainait hors de portée de la balise.
Coureau gesticulait de manière insensée et criait en direction de son tout récent équipier.
« Fais pas ça ! Merde ! Arrête ! Alex, déconne pas, lâche-le ! »
La dernière chose qu'elle vit avant la lumière typique de la téléportation fut un sourire confiant et deux yeux tristes. L'Allemand songeait qu'il payait une dette. Exorbitante.
Rédemption.
« Non ! » Hurla une dernière fois la Française.
John n'eut d'autre choix que de la plaquer au sol tandis qu'Alexander emportait Kolya et son arme de destruction massive à bord du vaisseau Ruche de Michaël.
Injustice.
Les deux Atlantes ne purent pas assister à l'explosion.
O
« Ils sont où ? »
« Je sais pas, merde ! »
Johann et Andrea parcouraient les couloirs à vive allure, tentant de rejoindre leurs équipiers. Thomas courait à plusieurs mètres devant eux lorsqu'il s'arrêta.
« Ich sehe sie ! » (3)
Johann commença à paniquer en voyant les yeux inquiets de son ainé. Ils pénétrèrent tous trois dans les laboratoires et avisèrent Julie et John, au sol. L'Américain était pratiquement couché sur la Française et haletait après un visible effort. Il releva la tête à l'approche de ses hommes et libéra Julie qui semblait s'être soudainement paralysée.
« Mon Colonel ? » Demanda Johann en dardant un regard inquiet sur sa meilleure amie.
Andrea fit le tour des lieux et furent la première à poser la bonne question.
« C'est finit ? »
John ne put qu'hocher la tête.
Ses trois équipiers poussèrent des soupirs profonds de soulagement et de libération. Sanchez se couvrit le visage avant de se frotter les yeux, tremblante, se permettant de laisser l'adrénaline redescendre.
Thomas s'accroupit près des deux Atlantes toujours au sol.
« Julie ? » Appela-t-il doucement en posant une main sur son épaule.
La jeune femme leva des yeux hagards sur lui. Il se racla la gorge, une soudaine appréhension à l'esprit. Puissante appréhension. Très mauvaise.
« Alexander ? »
Il vit sa Française secouer lentement la tête. Il ferma les yeux et un silence lourd et inconfortable s'abattit sur le groupe. John se releva et fut le premier à reprendre ses esprits.
« Ce bunker n'est peut-être pas complètement nettoyé. Il faut qu'on sorte d'ici. »
Andrea et Johann hochèrent lentement la tête, obéissants mais toujours sous le choc. Le Commandant reçut un regard indéchiffrable de Julie et attira l'attention de Steinbeck avant de s'entretenir rapidement avec lui.
« Mon colonel ? » Appela Johann. « Heinrich dit qu'il veut rester quelques minutes avec Julie et qu'on peut partir devant … Il vous demande la permission de rester derrière. »
« Pour quoi faire ? »
« J'ai pas demandé, m'sieur. »
Sheppard observa Julie qui s'était assise en tailleur pour fixer un point invisible sur le sol et il réfléchit rapidement. Pesant sa décision en détaillant l'état émotionnelle de la Française. Andrea caressait le dos de sa supérieure en signe de réconfort.
« Qu'ils fassent vite, on peut pas trainer ici, Lieutenant. »
« Oui, mon Colonel. »
L'Américain entraina l'Espagnole avec lui, près à parer une nouvelle attaque, et le Lipsien les suivit après avoir prévenu son compatriote.
Thomas observa ses nouveaux alliés disparaitre dans le couloir et se retourna pour découvrir que Julie s'était relevée pour le fixer intensément.
« Comment te sens-tu ? » S'enquit-il doucement en français.
« Viens avec moi. » Lâcha abruptement la jeune femme.
Il sursauta.
« Qu … Quoi ? »
« Viens avec moi … Atlantis. 2012. »
« Julie, je … »
« Thomas. »
Les yeux de chien de chien battu de la jeune métisse étaient une véritable torture. Il était tout près de craquer, de tout laisser tomber, d'abandonner ceux pour qui ils se battaient et de suivre la Française dans une autre galaxie … Mais il ne pouvait pas.
Ces gens avaient réussi, ils avaient terminé leur mission avec succès mais lui n'en avait pas encore finit. Ils en avaient déjà discuté.
Il déglutit en voyant le Capitaine s'approcher de lui, hésitante, comme si elle craignait qu'il ne disparaisse … lui aussi, pensa-t-il soudainement.
« Julie, ça va aller. » Tenta-t-il dans un vain effort de la rassurer. « Je … Je suis désolé. » Je ne peux pas. Il ne formula pas cette pensée, Coureau n'en avait pas besoin.
La Française baissa les yeux … Le lourd silence et le malaise sembla s'étirer sur une éternité avant que Thomas ne voit la jeune femme plonger sa main la poche de sa veste. Elle releva des yeux embués sur lui en lui tendant une carte.
Une pièce d'identité. Falsifiée, observa-t-il en baissant le regard sur leurs mains jointes.
« Tu fais attention à toi. » Lui dit-elle d'une petite voix, résignée, fatiguée.
Il ne put résister plus longtemps et l'entoura de ses bras, la serrant fortement sans se soucier qu'il puisse l'étouffer ou non. En sentant son corps trembler légèrement, il craignit qu'elle n'éclate en sanglot mais l'Atlante sembla se reprendre. Il l'entendit renifler avant qu'elle ne s'écarte pour accrocher son regard. Il eut une idée.
Julie sentit un objet métallique se déposer dans sa main et baissa les yeux pour découvrir une croix de fer. Elle eut envie de rire devant l'ironie de la situation. Elle n'avait aucune idée de quel motif avait valu à Thomas de recevoir cette décoration mais elle s'en fichait.
Elle referma sa main sur l'item et serra le poing jusqu'à sentir les pointes s'enfoncer dans sa paume, elle allait se mettre à pleurer comme une madeleine si elle ne se décidait pas à bouger.
« On va se revoir. » Lâcha-t-elle durement, déterminée. « Je te retrouverai. »
Étrangement, il n'en eut aucun doute.
Elle se jeta sur ses lèvres sans qu'il n'ait le temps de réagir. Julie l'enlaça presque douloureusement et ne chercha pas à cacher la trainée de larme sur sa joue lorsqu'elle se détacha.
Aussi rapidement, elle le libéra et se dirigea vers la porte de sortie sans se retourner, presque en courant, éloignant l'Allemand des ondes de sa balise. Thomas se douta que si elle regardait derrière elle, elle serait incapable de respecter son choix.
Il porta la carte d'identité à ses yeux et un sourire fleurit sur ses lèvres. Ils se reverraient, un jour où l'autre.
Thomas Heinrich était un homme patient.
O
Orbite de la Terre.
Dédale.
« Ça suffit, on a suffisamment attendu ! » Pesta John en se tournant vers Rodney. « Rapatriez-les ! »
Avec une remarque inutile comme quoi Sheppard n'avait pas à s'adresser à lui comme à n'importe lequel de ses stupides marines, McKay obtempéra et détecta Coureau avant que la jeune femme apparaisse au milieu de la salle de contrôle. Assise sur le sol du vaisseau, l'air misérable.
Toute seule.
Johann se précipita sur sa meilleure amie, suivit par John.
« Julie ! » Une main sur l'épaule de la jeune femme, il attira son attention et reçu un regard ni plus vif ni plus heureux que la dernière fois qu'ils se sont vus. « Heinrich ? »
« Coureau, où est passé le Commandant ? » Interrogea le Colonel, franchement interloqué et encore bien énervé.
Les deux hommes durent se pencher sur elle et tendre l'oreille pour entendre ses chuchotements.
« On a été attaqués … en sortant du labo … »
Steinbeck fronça les sourcils, une étrange sensation au creux de l'estomac, mais ne fit aucune réflexion. Encore une fois, un silence malaisé s'installa dans la salle. John passa une main dans ses cheveux, l'air navré, et Johann accueillit sa chef d'équipe dans ses bras.
Il se souvenait de la conversation qu'il avait eu avec sa meilleure amie avant de quitter le Dédale. Le Lieutenant n'était pas dupe et il était persuadé que s'il réclamait à Julie ses faux papiers, elle serait incapable de les lui rendre. Il savait quel usage elle en avait fait.
Il resserra son étreinte pour accueillir les tremblements du Capitaine, lui transmettant tout son soutient. Il savait que la jeune femme n'avait pas à forcer ses pleurs pour cette fausse mort.
Peu importe comment elle survient, une perte reste une perte.
OoO
(1) « Viens ! »
(2) Y a vraiment besoin ?
(3) « Je les vois ! »
J'ai voulu essayer le drame ... J'ai rigolé en écrivant ça. Je suis horrible, non ? Ou monstrueuse, peut-être. lol Bon, okay, je rappelle mon psy Oô
A Lundi pour l'épilogue et une petite question pour vous. J'vais avoir besoin de votre avis ;)
