Je tiens encore une fois à vous faire mes excuses pour tarder autant à publier un nouveau chapitre. Je vous confirme que je n'ai pas abandonné cette histoire. Après bien de vicissitudes, voici donc la suite.

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Il se trouve simplement que divers soucis ont retardé l'écriture de cette fic. J'espère que ce dernier trimestre ne sera pas aussi difficile que le reste de l'année. Il reste juste quelques chapitres en cours d'écriture pour voir la fin de cette histoire. Si d'aventure, je ne parviens pas à mettre en forme toutes les idées que j'ai, j'envisagerai sans doute d'écrire une suite.

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Pour l'instant, je vous laisse lire et me dire ce que vous pensez. Bonne lecture

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Chapitre 36 : Action

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Tony passa le week-end entre dépression et excitation. Il attendait avec anxiété la réaction du SecNav au rapport qu'il avait envoyé ainsi qu'aux documents joints à son envoi. Il savait qu'il aurait un contact dans les heures à venir de la part du Général si le SecNav avait réussi à le joindre pour vérifier les dires de l'ancien agent fédéral. Il savait que sa parole seule ne suffirait pas même si les preuves accumulées étaient explicites à souhait.

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Le risque de voir mettre en doute ce qu'il avait fait parvenir était minime car il n'était pas le seul témoin visuel et c'était un avantage non négligeable dans la lutte contre deux femmes abusives de leurs pouvoirs. Ziva David menaçait tant et plus de torturer les malheureux qui avaient l'heur de lui déplaire et passait parfois à l'action sans se soucier des conséquences. Shepard utilisait une tactique sensiblement identique mais préférait le chantage à la menace physique.

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Toutes deux avaient employé ces deux méthodes lors de missions en Europe centrale quelques années auparavant. Jamais sans doute n'auraient-elles imaginé que leurs actions reviendraient les hanter et même mettre en péril leurs positions respectives au sein de l'agence fédérale. Chacune avait un objectif en tête en arrivant à l'agence et avait à cœur de mener à bien sa mission.

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Ziva David avait un but bien précis en entrant au NCIS : l'espionnage pour le compte du Mossad. En interceptant des informations ultra confidentielles, elle permettait que les officiers du Mossad soient parfois les premiers sur une intervention damant le pion au NCIS. Ces victoires arrachées par des méthodes sournoises étaient une des manières qu'avait l'agence israélienne de faire du chantage aux Etats-Unis lors de négociations sur les fonds alloués à l'état israélien ou la fourniture d'armes et de technologie de pointe que tout pays allié pouvait prétendre demander en gage de bonne foi.

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Shepard tentait par tous les moyens de démontrer que la trahison reprochée à son père, le Général Shepard, était en fait un coup monté. Elle n'avait jamais accepté l'explication donnée pour justifier le suicide de son père. Pour elle, il était impossible que le Général se soit rendu coupable de haute trahison et qu'il ait préféré mettre fin à ses jours que d'affronter stoïquement la justice de son pays. Elle était déterminée à employer tous les moyens possibles et imaginables pour prouver son innocence.

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Chacune d'elles avait besoin de l'autre pour diverses raisons, elles connaissaient également certains secrets prétendument bien enfouis l'une sur l'autre et de fait, se devaient de s'entraider lorsque le besoin s'en faisait sentir. Elles s'épaulaient si nécessaire mais tentaient malgré tout de parvenir à leurs fins individuellement. Si l'une tombait, l'autre suivrait parce qu'aucune n'envisageait d'être mise à terre seule. Leur force était aussi leur faiblesse et elles le savaient bien.

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Trop confiantes, elles avaient parfois baissé leur garde se croyant seules au bureau et Tony avait été, bien malgré lui, le témoin de certains propos à plusieurs reprises. Les deux conspiratrices le prenaient pour quantité négligeable et facilement influençable si besoin par le chantage. Aucune n'aurait songé qu'il aurait pris la précaution d'enregistrer leurs paroles lors de leurs conversations. Il ne comprenait pas lui-même comment elles avaient pu être aussi imprudentes pour discuter ouvertement de leurs missions sans s'assurer d'être réellement sans témoin.

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Mais pour l'heure, le destin de ces deux traitresses importait peu à Tony. Il avait un autre point noir à régler : la rupture initiée par Gibbs. Plus il réfléchissait et plus il était persuadé que quelque chose avait déclenché sa réaction. Il avait tenté de joindre Ducky mais n'avait reçu aucune réponse à son appel. Sans doute Mme Maillard avait-elle accaparé son fils une fois de plus. Il patienterait et au besoin se tournerait vers Abby. En aucun cas, il ne demanderait à McGee.

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Puis, soudain, il songea qu'il y avait un autre membre d'équipe qu'il pouvait interroger, l'agent Jameson. Peut-être pourrait-il le sonder avant qu'il ne réalise qu'il était habilement interrogé. Oui, il y avait des chances pour que cette stratégie fonctionne. Il attendrait donc de pouvoir le joindre mais si l'équipe était au repos forcé, il y avait peu d'espoir de le trouver là-bas. Donc, il allait devoir jouer serrer et utiliser les compétences qu'il possédait.

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Il gagna rapidement son bureau et se connecta via Internet au site du NCIS. Allez savoir comment et pourquoi mais ses codes étaient encore actifs, du moins pas ceux de l'ex agent DiNozzo mais ceux qui lui avaient été attribués lors de son intégration dans l'équipe du Général. Chaque membre du groupe avait reçu des codes d'accès aux bases de données d'une agence fédérale et par le plus grand des hasards, Tony avait obtenu ceux du NCIS.

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Contrairement à ce que McGee pouvait penser, l'italien n'était pas nul en informatique et en quelques minutes, il se retrouva connecter au NCIS. Il consulta le registre des employés et nota le numéro de portable de Jameson. Avant de le joindre, sur une intuition soudaine, Tony accéda à l'ordinateur du jeune agent et parcourut les dossiers et trouva bientôt celui qui pouvait l'intéresser. Il parcourut le journal des derniers dossiers traités et bingo, il tomba sur celui qu'il voulait et en conséquence, plus besoin d'appeler le bleu.

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Il ouvrit le dossier et lut attentivement le compte rendu de la dernière enquête de l'équipe. Certes, Jameson n'était pas le plus méticuleux en ce qui concernait la rédaction mais c'était suffisant pour que Tony comprenne la raison qui avait poussé Gibbs à vouloir rompre leur relation. Comment cet idiot pouvait s'imaginer qu'une hypothétique menace de cet ordre ferait fuir l'italien ? Avait-il oublié que leur métier les avait exposés à des dangers de toutes sortes sans qu'il ne tourne les talons ?

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Bien, maintenant qu'il savait, il allait pourvoir agir en conséquence et raisonner son imbécile de… de quoi au juste. Il ne se voyait pas qualifier l'ancien marine de 'petit ami'. Partenaire sonnait bien de même que fiancé mais mari était encore mieux mais devrait attendre qu'il soit parvenu à ramener un peu de bon sens dans le crâne de son homme. Il savait que Gibbs ne serait pas à Washington et il se creusa la tête pour deviner l'endroit où il serait susceptible de trouver son vagabond de partenaire.

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Il profita de sa connexion pour consulter le dossier personnel de l'ancien marine. Il trouva une information qui lui permit de connaitre la destination de son prochain voyage, une information que l'ancien marine lui avait indiqué en passant mais qu'il avait oubliée. A coup sûr, il parierait que Gibbs se serait réfugié dans un endroit qu'il connaissait bien et quoi de plus logique que de retourner dans sa ville natale. Contrairement à Tony, même si Gibbs avait des souvenirs pénibles associés à Stillwater, il y avait toujours un membre de sa famille qui y vivait.

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Il se déconnecta de la base de données fédérale, prit quelques minutes pour réfléchir et planifier sa prochaine action : reconquérir Gibbs. Le voyage ne poserait sans doute aucun problème, l'avion pouvait le déposer près de sa destination et il terminerait le reste du voyage en voiture de location. Il fit une recherche sur Internet et trouva que l'aéroport régional de Williamsport se situait à 40 miles de Stillwater. Parfait, il demanderait à son pilote de prévoir son plan de vol et d'avertir l'aéroport de son escale.

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Il lui faudrait sans doute un emplacement pour garer l'avion ou emmener son pilote qui le ramènerait au ranch dans la mesure où la durée de son séjour en Pennsylvanie était indéterminée à l'heure actuelle. Il nota le numéro de téléphone de l'aéroport et passa un appel pour mettre ces détails au point. Il raccrocha après une discussion fructueuse, satisfait que le directeur l'autorise à laisser son appareil sur place le temps de son séjour et que la location d'un emplacement était raisonnable. Un souci de moins pour l'italien.

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Ensuite, il consulta l'annuaire et chercha l'adresse de Gibbs père. Il découvrit que le père de l'ancien marine était le propriétaire du magasin général de la ville et qu'il possédait une maison à quelques pâtés de là. Il nota précieusement les deux informations et les plaça dans son portefeuille. Ensuite, il monta dans sa chambre, prépara une valise avec des vêtements confortables et un seul costume. Il la déposa à côté de la porte.

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Un appel à l'aérodrome à son pilote pour lui conseiller de préparer l'avion pour un décollage matinal le lendemain. Ensuite, il joignit Cole et lui donna ses instructions pour la prochaine semaine et lui recommanda de faire travailler un peu les chevaux sous sa supervision. Il descendit ensuite à la cuisine et se confectionna un repas copieux, il avait sauté le déjeuner et commençait à sentir la faim le tenailler. Il porta son plateau dans le salon, le posa sur la petite table devant le canapé, s'installa et alluma la télévision.

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Il zappa un moment avant de tomber sur un film qui l'accrocha même si ce n'était pas sa tasse de thé, Top Gun. Il avait envie d'un autre genre que ses habituels classiques, quelque chose de léger et qui se regardait sans mal et c'était ce qu'il y avait de plus simple. Il entama son repas tout en suivant l'histoire de ce jeune fou d'avion, il s'aperçut au bout de quelques minutes qu'il se laissait prendre par la naïveté du sujet mais il n'en avait cure.

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Il termina son assiette, se cala dans le canapé, sa bière à la main et se concentra sur la fin du film. Une fois terminé, il zappa à nouveau, il n'avait aucune envie de se coucher aussi tôt, il tomba alors sur Matrix, pas vraiment son genre non plus mais bon, il allait lui laisser sa chance. Il regarda finalement tout en laissant vagabonder ses pensées de temps en temps lorsqu'une page publicitaire coupait la diffusion.

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Ce fut vers minuit qu'il décida de monter se reposer quelques heures avant de se rendre à l'aérodrome et d'entamer son voyage. Il espérait simplement que ses espoirs ne seraient pas encore déçus et que ses chances de raisonner Gibbs soient plus nombreuses que celles d'échouer dans sa tentative. Il allait falloir convaincre l'ancien marine qu'il valait mieux prendre quelques risques et vivre leur amour que se voiler la face et regretter d'avoir laissé une crainte irraisonnée ruiner la possibilité d'être heureux durant les vingt à trente prochaines années qu'il espérait passer avec l'autre homme.

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Ce fut sur cette pensée qu'il plongea dans le sommeil.

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Six heures sonnaient lorsque Tony commença à émerger de son sommeil sans cauchemars. Il avait pris une résolution et son esprit avait donc été au repos, ce qui avait facilité sa nuit. Tranquillement, il s'étira avant de se résigner à sortir du lit douillet et chaud, il sourit en pensant à sa journée et il sauta finalement hors des couvertures, passa dans la salle de bains pour enfiler un short et un tee-shirt et s'empressa de quitter la maison pour son jogging matinal.

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Il devait dépenser dès maintenant l'énergie qu'il sentait bouillir en lui, il serait confiné dans un espace restreint durant près de trois heures, le temps du vol pour effectuer les 2100 kms qui reliait Fort Worth à Benton, l'aérodrome le plus proche de Stillwater pour ensuite prendre une voiture et faire le très court trajet jusqu'à la ville natale de Gibbs, une course de dix minutes environ si la circulation était fluide. Son impatiente l'agiterait suffisamment assez, il ne fallait pas rajouter autre chose sinon il serait un paquet de nerfs en arrivant.

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Durant une demi-heure, il s'employa donc à brûler cet excès d'énergie en faisant des pointes de vitesse toutes les cinq minutes. Il croisa Cole et son compagnon qu'il salua d'un geste de la main sans s'arrêter, il lui donnerait ses instructions plus tard. Il poursuivit sa course durant une autre demi-heure et estimant avoir évacué son trop plein d'énergie, il décida de rentrer prendre une douche et un petit-déjeuner préparé amoureusement par Maria.

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Lorsqu'il parvint à la maison, il fit ce qu'il avait projeté et moins d'une heure plus tard, il était installé dans son bureau. Il s'empressa de préparer un e-mail pour Cole avec ses directives complémentaires à suivre durant son absence, il précisa qu'il ignorait combien de temps il serait parti et qu'il le tiendrait au courant. Ensuite, il appela son pilote pour lui indiquer son heure d'arrivée et monta préparer ses bagages.

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Un dilemme se posa alors à lui : quel type de vêtements emportés et pour combien de temps ? Ne sachant pas ce qui l'attendait, il choisit de prendre à la fois des tenues habillées et plus simples tels que des jeans et de tee-shirts. Il sélectionna également les chaussures en conséquence avant de boucler ses valises qu'il alla déposer dans l'entrée avant de partir à la recherche de Maria.

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« Maria, je pars pour quelques jours mais je n'ai pas encore de date précise pour mon retour » annonça-t-il à la gouvernante. « Vous faites comme d'habitude et je vous appellerais lorsque je saurais quand je rentre. »

« Bien, Monsieur » approuva la vieille dame. « Vous partez voir M. Jethro ? » demanda-t-elle. « Une visite ? »

« On peut dire ça comme ça » indiqua le jeune homme d'une voix hésitante.

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Maria comprit instantanément que la réponse était prudente et incertaine et n'insista pas. Tony sourit, l'italienne savait quand il convenait de poursuivre et quand il était préférable de se taire et c'était une qualité qu'il admirait en elle. Il l'étreignit avant de déposer un baiser sur la joue ridée de la vieille dame avant de la libérer.

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« Bon voyage, Monsieur » lui souhaita-t-elle. « Et bonne chance » ajouta-t-elle à la surprise de Tony. « J'espère que M. Jethro sera avec vous à votre retour. »

« Vous savez, Maria, je me demande parfois si vous n'êtes pas un peu sorcière » plaisanta Tony, l'affection évidente dans sa voix. « Vous avez des intuitions un peu trop précises à mon goût quelquefois. »

« Juste quelques souhaits, Monsieur et quelques rêves qui devraient se réaliser » précisa-t-elle en riant. « Profitez de ces quelques jours et raisonnez-le, il n'appartient qu'à vous de lui rappeler qu'il est ici le bienvenu et que nous espérons le revoir bientôt. »

« Je lui fais passer le message en espérant qu'il le suivra » dit Tony en prenant le chemin de la sortie.

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Il prit ses bagages, ouvrit la porte et sortit. Il déposa ses valises dans la voiture qu'un de ses employés avait amenée devant la maison puis prit place sur le siège passager. D'un geste, il indiqua qu'ils pouvaient se mettre en route. Le trajet jusqu'à l'aérodrome prit peu de temps et bientôt, Tony se retrouva assis dans le cockpit tandis que son pilote terminait le check-up de l'appareil. Satisfait de constater que tout était en ordre, il fit son rapport à son employeur avant de se lever pour lui céder les commandes.

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« Je vous laisse le manche, Monsieur » lui souhaita-t-il. « Si vous avez besoin de mes services… »

« Je vous appellerai, Doug » promit Tony en lui serrant la main.

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Le pilote sortit du poste de pilotage et alla s'installer sur un des sièges confortables de l'appareil. Il allait prendre patience et attendre l'appel de son employeur même s'il savait qu'il était capable de se débrouiller aussi bien que lui. M. Paddington avait passé son brevet depuis des années et était également, selon les dires, un excellent pilote. Il n'avait pas à s'inquiéter mais des circonstances pouvaient toujours modifier la donne.

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Il était heureux que le jeune homme soit suffisamment intelligent pour ne pas se déplacer seul et qu'il se soit assuré qu'il pouvait l'accompagner. Doug détestait lorsque certains de ses collègues lui racontaient les aventures désastreuses de leurs propres employeurs qui croyaient tellement en leurs capacités qu'ils s'envolaient seuls et sans co-pilote. Une panne ou une météo défavorable pouvait vous obliger à atterrir en catastrophe ou abattre un appareil.

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M. Paddington était aussi très prudent, il avait souhaité qu'un kit de survie très complet soit toujours embarqué, de même qu'une radio soigneusement emballée pour éviter tout choc lors d'un atterrissage en catastrophe. Doug soupçonnait que son ancien métier de flic puis d'agent fédéral l'avait préparé à affronter des situations dangereuses et que d'être prévoyant était plus prudent.

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« Mieux vaut disposer de cet équipement et ne pas en avoir besoin que d'en avoir besoin et de ne pas en disposer, Doug » lui avait déclaré son employeur en insistant pour équiper l'appareil de ce surplus.

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Doug savait n'avoir pas à s'inquiéter, le vol serait sans souci, la météo était clémente et son patron était excellent pilote. Il ouvrit son sac et en sortit le livre qu'il lisait depuis quelques jours. Il se carra le plus confortablement possible dans son siège et entreprit de se plonger dans sa lecture. Une heure plus tard, il s'empara du thermos de café, entreprit d'en verser dans une tasse qu'il alla porter à l'italien qui le remercia chaleureusement.

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Il reprit le chemin de la cabine, se versa à son tour un café et se réinstalla pour profiter du reste du voyage. Il somnola également, preuve qu'il faisait totalement confiance aux compétences de pilote de son patron pour oser réussir à dormir en plein vol. Il consulta sa montre et comprit que l'atterrissage était proche. Il se leva et rejoignit le cockpit où il prit place dans le second siège sous le regard amusé de son employeur.

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« Doug ! » dit-il, la voix chargée d'un léger reproche. « Je suis capable de poser cet engin, vous savez. Je ne vais pas le casser. »

« Je sais, Monsieur » le rassura Doug. « C'est juste que d'être seul à l'arrière n'est pas dans mes habitudes » s'excusa-t-il.

« Oui, pas de jolie hôtesse pour vous distraire, n'est-ce pas ? » plaisanta Tony.

« En effet » avoua le pilote en soupirant.

« Faudrait sans doute que je fasse l'acquisition d'un plus gros avion pour avoir besoin de plus de personnel » nota l'italien. « Mais je n'aurai que faire d'un tel appareil. Faudra donc vous contenter de vous passer de présence féminine, mon vieux. »

« Bien dommage, Monsieur » répliqua Doug d'un ton sérieux tout en sachant que son employeur plaisantait.

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Il en eut la confirmation lorsque le rire de l'italien résonna soudain. Doug aimait bien le jeune homme, malgré sa fortune, il était simple, abordable et proche de son personnel, celui de l'hôtel comme celui du ranch.

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La voix de son patron qui demandait l'autorisation d'atterrir à la tour de contrôle de l'aéroport de Williamsport le sortit de ses pensées. Ayant reçu l'aval du contrôleur aérien, son patron mit l'appareil en position et amorça la descente vers la piste et effectua un atterrissage impeccable. Il manœuvra ensuite l'avion pour le garer dans l'emplacement que lui indiquait un employé de l'aéroport.

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L'italien éteignit le moteur, vérifia que les commandes étaient au point mort et se leva. Les deux hommes se saisirent de leurs bagages et descendirent tranquillement. Doug salua ensuite son patron et s'éloigna, il allait faire un peu de tourisme jusqu'au moment où son employeur déciderait de reprendre le chemin du retour. Il jeta un dernier regard derrière lui et constata que l'italien était déjà installé dans la voiture de location qu'il avait réservée et s'éloignait.

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Tony alluma la radio et trouva une station qui lui convenait, il boucla sa ceinture et mit le moteur en marche. Il programma le GPS et bientôt, il prit le chemin de Stillwater. Dans quelques minutes, il serait rendu à sa destination et il retrouverait celui qui avait changé sa vie quelques semaines plus tôt et qui avait décidé que leurs destinées seraient étroitement mêlées avant de changer d'avis.

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Il avait bien l'intention de mettre un peu de plomb dans la tête de son borné de marine et de lui faire comprendre que la vie était jalonnée d'incertitudes et que la vision étroite de certaines personnes ne l'arrêterait pas de vouloir passer le reste de son existence avec lui. Il savait qu'il se heurterait à forte résistance mais il avait des arguments qui joueraient en sa faveur.

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Il fit le trajet à allure réduite, histoire de jouir un peu du panorama. Tony avait grandi dans la plus peuplée des villes du pays, New York et était un pur citadin. La résidence des Hamptons que possédait sa famille était leur résidence d'été et était situé à Southampton, près de Mecox Bay où Tony allait se baigner lorsqu'il était enfant. Il n'avait presque jamais vu autre chose avant d'être envoyé en pension ou à RIMA.

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Depuis, il avait élargi son horizon et sans être fan de la campagne, il avait appris grâce à ses fréquentes visites au ranch à apprécier le changement d'univers. De citadin pur et dur, il était devenu un rancher averti et il aimait la vie au grand air. La pollution était moins présente, la violence était également moins importante, le taux de criminalité était raisonnable considérant que Dallas était proche de Forth Worth.

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La vie dingue qu'il avait connu durant ses années dans les forces de police ne lui manquait pas. Les saisons rythmaient sa nouvelle façon de vivre et son métier d'entraineur lui convenait. Jamais il n'aurait pensé que de travailler avec des chevaux serait pour lui un baume au cœur lorsqu'il avait quitté DC. Malgré la disparition de ses grands-parents, il appréciait de vivre au ranch et les responsabilités que le rachat de l'hôtel lui avait imposées étaient un challenger qu'il appréciait en tant que dérivatif à sa peine.

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Il s'était lancé dans le travail pour oublier que Gibbs l'avait obligé à quitter un métier qu'il aimait et des gens qu'il considérait comme des amis. Pourtant, au fil des mois, il avait fini par admettre que sa nouvelle vie lui plaisait et que le fait qu'il pouvait circuler librement et sans surveiller ses arrières était très appréciable.

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Finalement, il réalisa que sa vie présente lui convenait et qu'elle serait presque parfaite si un certain marine borné en faisait partie. Et il allait tout faire pour que son souhait se réalise même s'il devait pour cela passer plusieurs jours ou semaines à 'harceler' Gibbs. Le forcer à reconnaître son erreur serait sans doute mission impossible mais il savait qu'il arriverait à ses fins, d'une manière ou d'une autre. Il le devait parce qu'il était hors de question qu'il laisse une menace hypothétique gaspiller sa chance de vivre avec l'homme qu'il aimait.

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Le GPS signalant qu'il arrivait à destination le sortit de ses pensées et malgré ses vagabondes cogitations, il était arrivé sain et sauf. Il ralentit et parcourut les derniers mètres à allure réduite lui permettant de s'imprégner de l'atmosphère paisible de l'agglomération. Stillwater était encore en grande partie ancrée dans le passé et peu de modernité y transparaissait. Il descendit lentement la rue principale et secoua la tête en réalisant que la ville criait haut et fort son appartenance à la campagne profonde.

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Ici, pas de supermarchés mais de petits magasins, pas de fast-foods ou de pizzeria mais deux restaurants familiaux, une pharmacie, deux coiffeurs. Le seul commerce d'importance semblait bien être le magasin général tenu par Gibbs père. Du moins, si Tony s'en référait à la configuration de la ville, tous les commerces se situaient dans l'artère principale. Il devrait aller à Benton si d'aventure, il avait besoin de faire des achats particuliers. Ou plus loin, si nécessaire parce que Stillwater se situait vraiment dans un trou perdu.

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Philadelphie n'était pas si loin, après tout et il connaissait déjà la ville pour y avoir travaillé en tant que flic avant de partir pour Baltimore. Il savait pourtant qu'y retourner serait sans doute dangereux étant donné que la famille Macaluso se souviendrait certainement de lui, même si le temps avait passé depuis l'arrestation et l'incarcération du patriarche de la famille mafieuse. Il verrait le moment venu et il pourrait toujours se faire escorter par Gibbs.

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Il repéra donc facilement le magasin Gibbs grâce à l'enseigne. Peu de clients à cette heure, ce qui lui permit de se garer juste devant. Il coupa le moteur et attendit quelques minutes avant de descendre. Il prit une profonde inspiration et ouvrit la portière, quitta sa place et referma. Il s'avança ensuite vers l'échoppe dont il ouvrit la porte, le cœur battant la chamade dans sa poitrine. Non seulement, il allait revoir son marine mais également faire la connaissance de Gibbs père.

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Il franchit le seuil et laissa sa vue s'habituer à la faible luminosité. Il fit quelques pas et attendit que les deux hommes qui discutaient près du comptoir soient conscients de sa présence. Enfin, le plus âgé se tourna vers lui et Tony vit aussitôt la ressemblance avec Gibbs. Le patriarche de la famille le salua.

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« Bonjour, jeune homme » le gratifia-t-il.

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Tony lui fit un signe de tête en retour, incertain de pouvoir sortir un mot. Finalement, il se racla la gorge et se décida à répondre au salut.

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« Bonjour, Monsieur Gibbs » dit-il doucement.

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Il avait à peine fini sa phrase que Gibbs fils se redressa puis se tourna lentement vers celui qui venait de parler. Il ouvrit de grands yeux et son étonnement était clairement inscrit sur son visage. Il déglutit difficilement en croisant le regard de Tony qui le fixait, un léger sourire aux lèvres. Jethro ne fit aucun geste envers l'italien qui resta également figé à quelques mètres de lui sans oser s'avancer davantage.

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L'attitude étrange des deux hommes intrigua Jackson Gibbs qui pressentait là un mystère. Il comprit implicitement que ces deux-là devaient s'être déjà rencontrés s'il se référait au langage corporel de son fils.

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« Leroy, tu connais ce monsieur ? » demanda finalement le patriarche Gibbs devant le silence de son fils.

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Voici enfin la rencontre entre Gibbs père et Tony. Comment Gibbs va-t-il le présenter à son père ? Vous le saurez en lisant le prochain chapitre.

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Ce volet comportera certaines révélations et nous approcherons du premier lemon de cette fic.

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A bientôt