L'étoile du recommencement: L'année du blaireau


Note auteur: Pour history et sa revue du chap 36, qui pose toujours les bonnes questions et toujours au moment où j'ai prévu d'y répondre lol Voici ce qui se passe avec le pixie de Cédric ;)

P.S : merci pour les revues. Elles m'accompagnent dans l'écriture comme si vous étiez tous avec moi.


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S/H : chapitre 37 : pixie un jour, pixie toujours

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Cédric s'était réveillé après plusieurs jours d'un long sommeil sans aucune séquelle de son enlèvement ni de l'épuisement de sa magie cette nuit-là.

Des semaines plus tard il se réveillait encore en sursaut et appelant son ami pixie. Mais le pixie n'était plus avec lui. Il ne restait plus de la troisième tâche, des vampires et des créatures rencontrées que des rêves.

Cédric n'avait pas prononcé un mot en dehors de ses appels désespérés au sortir d'un cauchemar. Dans la journée il était muet et observait le ciel par la fenêtre. Au début... il regardait le plafond. Mais Alexandre lui avait rendu visite et l'avait forcé à se laver, s'habiller, se lever et marcher. Couloirs après couloirs le jeune Rogue l'avait incité à vivre. Et lorsqu'ils étaient restés assis sur un rebord de fenêtre en un silence reposant, Cédric avait appris à regarder le monde à travers la vitre et à utiliser cette distance pour prendre le temps de revenir à lui sans s'enfermer totalement.

Alors Cédric regardait le ciel.

Il avait été changé par le combat que sa magie avait dû mener contre la dague que le pixie avait eu en main. Et il se demandait si son étrange ami n'était pas de le même cas que lui. Cela l'inquiétait.

Tous les jours, même s'il ne parlait pas, Cédric prenait un bout de papier et écrivait une unique question :

'Où est le pixie ?'

Personne ne répondait jamais.

Ses parents le regardaient d'un air triste et inquiet non parce que quelque chose de terrible était arrivé au pixie mais parce que le guérisseur leur avait fait comprendre que Cédric demandait après la santé d'une autre personne afin de pouvoir ignorer ses propres problèmes. Il ne fallait pas, selon le soigneur, suivre ce désir de Cédric de se concentrer sur un sujet sans importance. Il fallait par contre forcer le jeune homme à prendre soin de lui-même.

La seule bonne chose qu'avait fait le guérisseur avait été de conseiller que Cédric soit autorisé à rester au château de Poudlard, un lieu familier et rassurant.

Alors Cédric avait cet avantage de connaître tous les coins et recoins possible pour disparaître pendant des heures. Et bien qu'il ne s'en soit pas servi plus tôt son plan était prêt à être exécuté.

Cédric partit se balader dans les couloirs comme il le faisait tous les jours à des heures précises. Sa mère l'accompagnait parfois mais pas ce jour-là parce que le guérisseur voulait parler des progrès du jeune sorcier.

Cédric pris tous les raccourcis qu'il connaissait pour arriver aux deux statues qui gardaient le bureau du directeur et comme il ne parlait pas posa simplement une main sur l'une des têtes et usa de sa magie pour 'supplier'. Il avait besoin de passer. Il le devait.

Les gardiens de pierres s'écartèrent pour révéler l'escalier. Cédric grimpa la première marche et laissa la magie l'emporter de plus en plus haut. Arrivé à la porte du bureau il frappa doucement et attendit qu'on lui autorise accès.

« Entrez !» Appela la voix calme de Dumbledore.

Cédric n'hésita pas. Il ouvrit la porte et s'avança jusqu'à la chaise qui faisait face au directeur. Puis il sortit un papier de sa poche qu'il posa par dessus les dossiers que l'homme avait ouvert devant lui et s'assit.

Sa seule et unique question s'étalait en très très grande lettres, en majuscules, et d'un trait très gras. Impossible ainsi de manquer l'importance qu'elle avait pour lui.

Dumbledore pris le papier entre ses mains et le lis longuement avant de tourner des yeux inquisiteurs sur son visiteur. Pendant de longues minutes il garda ses yeux fixés sur ceux de Cédric, comme s'il essayait de lire ce qu'il avait à l'esprit. Le poufsouffle ressenti un petit tiraillement derrière ses yeux mais la tentative échoua. Cédric savait depuis longtemps que le directeur avait appris cette branche particulière de la magie et avait été intéressé pendant un temps à suivre son exemple. Malheureusement Cédric n'avait pu apprendre ni la legilimencie ni l'art de s'en protéger. Il avait toujours été trop pragmatique pour imaginer un pont allant de son esprit à celui d'un autre ou même des murs gardant le sien.

L'imagination n'était pas quelque chose de mauvais pour lui seulement il avait un talent naturel pour trouver des solutions pratiques réelles ayant des exemples écrit et prouvés. Il était au final très terre à terre.

Ce qui était étrange était qu'apparemment il pouvait se défendre à présent.

Cédric se redressa autant qu'il pouvait, droit et fier sur sa chaise. Et son regard se fit insistant.

'Alors ? ' Semblait-il dire au vieux sorcier. 'Mon pixie ?'

Les lèvres du directeur se levèrent en coin comme s'il se retenait de rire. Rapidement l'homme repris son sérieux et se leva pour venir s'asseoir à côté de l'étudiant.

« Le pixie qui était avec toi a été transporté dans une réserve ce soir-là pour être soigné. Les pixie ne parlent jamais aux humains mais même ainsi ils ont tendance à s'exprimer avec leurs visages, leurs mains, leurs gestes et actions. Pourtant ton jeune ami... ne bougeait pas. Il restait assis sans faire le moindre mouvement et c'était... un peu comme ton silence mais en pire. Parce qu'en plus d'être muet il n'avait plus aucun moyen de manifester ses sentiments ou ses désirs. Alors le soigneur a pensé le remmener auprès des siens, là où il avait été capturé pour être emmené dans le labyrinthe par les organisateurs du tournoi. »

Cédric croisa ses bras et afficha un air mécontent. Qui étaient-ils pour oser enlever quelqu'un à sa famille ? Et tout ça pour un jeu !

Le directeur reprit :

« Mais arrivé sur son territoire le pixie est resté assis sur une pierre. Muet et immobile. Quelques uns des siens sont apparus et l'ont approché. Certains ont même essayé de l'entraîner hors de vue des sorciers qui l'avaient remmené. Ton pixie était comme collé à sa pierre. Au bout d'un moment un couple plus âgé s'est avancé que les témoins de la scène pensaient être ses parents. La dame pixie s'est agenouillée et à caressé le visage de son fils. Voyant qu'il ne souriait pas et aurait paru sans vie s'il n'avait pas respiré activement, elle s'est tourné vers les sorciers et avec l'aide de son 'mari' elle a entraîné ton pixie vers les humains et le leur a confié. Elle était triste mais tenace, refusant de les laisser partir sans son fils. Alors les sorciers l'ont pris avec eux à nouveau. »

Cédric se pencha en avant, son regard lancinant demandant pour lui où était le pixie maintenant.

« Le pixie se trouve dans la réserve où les soigneurs tentent si je puis dire de le remmener à la vie. »

Cédric tourna la tête pour regarder par la fenêtre. À cette hauteur il était bien plus près du ciel que dans les quartiers qui avaient été attribués à sa famille. Les nuages semblaient nager vers lui.

Alors le jeune homme pris sa décision et, se tournant vers le bureau, attrapa une feuille et une plume avec de l'encre et écrivit :

« Je dois le voir. Je veux le voir. »

Le directeur lut le message avant de retourner la feuille.

« La demande de soutient d'un des candidats au poste de ministre. Ça doit être un signe qu'il devrait vraiment faire autre chose de sa vie. » Un soupir et un hochement de tête désignés pour démontrer une grande sagesse et... « D'accord. »

C'est ainsi que Cédric se retrouva sans pouvoir se rappeler comment c'était arrivé en quelques minutes à peine... dans une réserve magique abritant des centaines de créatures.

Dumbledore leur trouva un guide qui les mena directement à un enclos donnant sur une petite prairie avec une petite maison et un monde miniature refait à la perfection pour un pixie de moins d'un mètre. Un soigneur était assis sur un tabouret à l'écart, observant avec tristesse son patient. Le sorcier se tourna vers eux en les entendant arriver et se leva pour venir leur parler.

« Bonjour directeur Dumbledore, je suis Eric Tanvin. Je suis en charge du jeune pixie que vous pouvez apercevoir. » Dit-il en indiquant un rocher au pied d'un petit arbre.

« Bonjour à vous jeune homme. Si je me rappelle bien vous étiez célèbre à Poudlard pour avoir installé une infirmerie pour les chouettes de la volière. »

Eric Tanvin rougit et bredouilla :

« L'infirmerie a été très utile. »

« Quand vous n'essayiez pas de dormir sur place, j'avoue qu'elle était une belle addition à notre école. Elle y est encore d'ailleurs, elle sert à Hagrid quand il doit monter vérifier l'état de nos amis à ailes. Elle est stockée pour éviter d'avoir à monter et descendre les escaliers au moindre besoin de soins qui se présente. »

Eric sourit fièrement autant qu'il rougissait.

« Mais j'avoue... » Poursuivit Dumbledore « que nous sommes ici pour rendre visite au pixie. »

« Je suis désolé... » Commença Eric avant d'être interrompu par le directeur de Poudlard.

« Le jeune Cédric, qui m'accompagne, était avec le pixie lors de l'attaque qui a provoqué son inquiétant état de santé. D'ailleurs Cédric lui-même n'a pas prononcé un mot depuis non plus. »

Eric regarda le jeune sorcier avec intérêt. Peut-être...

« Venez. » Annonça-t-il. « C'est une situation assez exceptionnelle et nous avons déjà tout tenté alors... pourquoi pas ceci. Je vais vous laisser, et uniquement vous jeune homme, entrer dans l'enclos. Je vous fais confiance pour ne pas faire de mal à mon patient. Je ne pense pas que le professeur Dumbledore vous aurez emmené s'il doutait de vos intentions. »

Eric ouvrit un portail dans la clôture et le referma après avoir laissé passé l'étudiant.

Cédric avança à petit pas, hésitant de ce qu'il allait découvrir. Il pouvait voir le profil de son ami pixie, assis sur sa pierre, faisant face à la petite maison mais dont les yeux ne voyaient rien. Il n'y avait pas de vie dans la posture de la créature.

Le jeune poufsouffle finit par arriver près de son ami et vint s'agenouiller juste devant lui, face à face.

D'une main hésitante l'humain toucha la joue froide du pixie.

Quelque chose vibra de l'un à l'autre puis les yeux du pixie se fixèrent sur son visiteur et s'agrandirent. Avec un hoquet de joie la petite créature se jeta dans les bras de Cédric. Très vite l'humain sentit le col de sa chemise se tremper et reconnut les petits sons venant de son ami comme ceux de quelqu'un qui pleure. Cédric caressa le dos tressautant du pixie de sa large main, essayant autant que possible d'être rassurant. Et puis.

« Tu veux rentrer avec moi ? Je veux dire... venir et rester avec moi ? Si tu veux nous pourrons rendre visite à ta famille. Pour les rassurer que tu va mieux et leur raconter nos aventures ? » Parce que Cédric ne pouvait plus imaginer vivre sans son pixie. Cette nuit lointaine et pourtant si proche où ils avaient ensemble affronté la mort avait vu leurs magies liées inextricablement.

Pour survivre le pouvoir de la dague et combattre ses tentatives de faire des vampires les esclaves du pixie... et afin d'assurer que le pixie survivrait à la puissance magique que la dague forçait en lui... Cédric et le pixie s'était unis magiquement. Leurs forces n'avaient fait qu'une pour une seconde d'éternité. Et cette magie supplémentaire, que Cédric savait avoir appartenu à Alexandre, avait renforcé l'union et protégé les deux êtres pendant leur lutte.

L'amitié qui n'aurait été qu'un magnifique souvenir au sortir du labyrinthe avait été solidifiée au point de faire d'eux des frères de magie. Plus que cela... aucun des deux ne pouvait vivre sans l'autre. Oh, ils pourraient s'éloigner l'un de l'autre mais seulement aussi longtemps qu'ils reviendraient toujours l'un vers l'autre. Leur magie ne faisait plus qu'une et ne pouvait être séparée. C'était le prix qu'ils avaient payés pour leur survie.

Malgré la douleur et les complications, ils étaient tous deux heureux de leur situation. Le pixie adorait Cédric et le sentiment était partagé. Alors ils n'auraient plus qu'à s'adapter et vivre au jour le jour. Ce ne serait qu'une aventure surprenante de plus.

Cédric s'écarta et sécha les larmes de son jeune ami, encerclant le petit visage de ses deux mains.

« Que dirais-tu d'une vie d'aventure ? Nous pourrions parcourir le monde et visiter tous les refuges de créatures sur notre chemin. Seulement les endroits les plus sûrs. Je crois que nous avons eu notre dose de dangers. Il y a des milliers de choses à voir. Je pourrais jouer au quidditch et tu serais dans les gradins pour voir mes matchs. Nous partirions à la rechercher de trésors. Tu pourrais jouer des tours aux autres voyageurs. »

La dernière proposition paru sceller le marché.

Le pixie tendit une main et toucha la joue de Cédric avant de hocher la tête.

Le prix était peut-être cher mais au moins la vie serait drôle et passionnante.

Le pixie grimpa sur les épaules de son ami humain et tous deux rejoignirent les adultes qui les attendaient bouche bée hors de l'enclos.

« Professeur ? Est-ce qu'un pixie peut étudier à Poudlard ? Au moins le temps que je finisse mes propres études ? »

Le directeur regarda les deux compères en se caressant la barbe.

« L'année à venir s'annoncera intéressante au moins. » Admit le directeur en acquiesçant.

Cédric garda le sourire tout le trajet de retour même s'il avait dû promettre à Eric Tanvin d'accepter ses visites pour monter un nouveau dossier médical et enregistrer leur cas dans les annales.

Le pixie était encore installé sur ses épaules à leur arrivée dans le bureau du directeur où les attendaient les Diggory et le guérisseur qu'ils avaient engagés. Avant même que l'homme ait pu dire un mot, Cédric se dirigea vers ses parents inquiets et embrassa sa mère tendrement sur la jour avant de serrer son père contre lui pour quelques secondes.

Du haut de sa perche sur les épaules de son frère de magie, le pixie posa une main sur la tête de la femme humaine et ensuite serra ses deux bras autour de la tête de l'homme.

Puis Cédric marcha vers la porte ouverte et s'avança vers les escaliers, se tournant légèrement pour ajouter :

« Je vous verrai tous les deux à dîner. Je ferai les présentations officielles entre vous trois. Mais là je dois vraiment y aller. »

Et Cédric s'échappa en riant, laissant derrière lui des parents abasourdis et souriant.

Le guérisseur quant à lui se jeta à la poursuite de son patient pour essayer de comprendre ce qui se passait et comment un pixie sans importance avait pu le 'guérir'.

Cédric passa de longues minutes à tourner dans les couloirs de l'école sans pouvoir semer le soigneur qui semblait connaître les même passages secrets que lui.

Et puis finalement...

« Mais qu'est-ce que... » Lui parvint quelques mètres derrière lui. « Mais... mais... il n'y avait pas de mur là ? J'ai tourné à droite pourtant... »

Et une autre voix, celle d'une jeune fille, probablement une des élèves qu'ils avaient croisés :

« Non monsieur, vous avez tourné à gauche. La droite c'est par là. »

Et une voix un peu plus aiguë d'une de ses amies :

« Mais puisqu'on vous dit que la gauche c'est par là ! » S'agaça l'autre élève.

« Mais... mais... je vais à gauche ! » S'énerva le guérisseur. Sa voix s'éloignant de plus en plus au fur et à mesure que Cédric avançait.

Le poufsouffle leva la tête quelques secondes et observa le pixie qui se balançait joyeusement sur ses épaules. Le petit être dansait sur place, le torse allant de gauche à droite au rythme d'une musique qu'il était le seul à entendre.

« C'est toi n'est-ce pas ? » S'amusa Cédric. « Toujours à jouer des tours aux voyageurs. »

Et le pixie en plus de sa danse hocha, en rythme, la tête de haut en bas. Et remua ses jambes, les cognant doucement sur les épaules de son porteur. Il avait l'air tellement innocent qu'on lui aurait donné la lune.

Cédric se mit à rire à gorge déployée. Et tous ceux qu'ils croisaient regardaient l'étrange paire en souriant. Cela faisait longtemps que Cédric Diggory n'avait pas été aperçu de si bonne humeur. Sa joie était belle à voir et soulevait le poids des frayeurs qu'ils avaient tous vécus. C'était une belle journée.

Cédric se disait la même chose. Et tant que son pixie serait toujours fidèle à lui-même, la vie serait parfaite.