Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer. Je ne suis pas payée pour écrire cette histoire. Je crois que j'ai tout dit :).
Merci : Tout le monde. Je vous le dédicace, à tous. A tous ceux qui ont eu le courage d'attendre les trois longues semaines qu'a durée mon absence :)
Note : Désolée de ne pas avoir eu le temps de poster, mais j'ai du philosopher pendant quelques heures les week ends passés :). En tout cas, me revoila avec un nouveau chapitre. J'aurais mis quelques heures aussi à l'écrire. Je ne suis pas sure d'aimer le début, mais je trouve que la fin est... Bien. Pour une fois que je ne fais aps trop d'auto-critique :). C'était parti pour être un chapitre court, et voilà, je n'ai pas pu m'arrêter à temps... Bref.
(Pour être dans l'ambiance de l'écriture de la fin du chapitre, je conseille d'écouter "Life On Mars" en live, tiré du Reality Tour de David Bowie. J'en ai pleuré. Presque :). Je l'ai surtout écouté en boucle pour les 1700 derniers mots. )
Le temps s'écoulait différemment pour moi, pour nous. Je restai ainsi, mes yeux fixés dans les siens, un moment. Un long moment et qui, malgré tout, me parut plus court que jamais. Quand je relevai les yeux, le soleil commençait à décliner dans le ciel. Nous avions parlé, nous avions laissé filer les secondes, puis les heures, entre nous.
Elle suivit mon regard, et je la regardai se mordre la lèvre, doucement, comprenant en un instant ce qui la perturbait. Dans un soupir, elle releva les yeux vers mon visage. Je souris, tentai de sourire. Il état tellement naturel de paraître, ou même d'être heureux en sa présence.
-Tu dois rentrer.
Plus une affirmation qu'une question. Elle haussa les épaules, rapidement.
-Je croyais que tu ne pouvais pas lire dans mes pensées.
Je m'apprêtai à lui répondre, un peu durement, quand je vis son sourire. Aussitôt, je changeai les mots sur le point de s'échapper de mes lèvres.
-Elles me deviennent de plus en plus claires.
Je me levai, alors qu'elle soupirait une fois de plus. Je savais enfin, je pouvais enfin interpréter ses émotions.
Je la saisis par les épaules, doucement, pour ne pas la brusquer. Ne pas la blesser.
Je savais ce que je voulais faire, même si je doutais encore de comment… J'allais aborder la chose. J'avais eu assez de temps pour y réfléchir, mais pas assez pour comprendre. Je me penchai légèrement vers elle. Ne pas brusquer, ne pas précipiter ce moment. Lui permettre de connaître mon monde avant de le lui imposer.
-Puis-je te montrer quelque chose ?
Elle gardait la tête baissée, sans répondre. Quelques instants s'écoulèrent, et sa voix s'éleva de nouveau, claire et pourtant si basse, si fragile. Comme pour me rappeler au bon moment comme elle était fragile.
-Quoi ?
Encore quelques instants pour prendre ta décision, Edward. Si tu cours, tu gagnes du temps. Tu en perds.
Je pouvais aussi faire comme si je n'avais… Comme si rien ne m'était venu à l'esprit, réellement. Je pouvais, et je pourrai me laisser encore plus de temps pour y penser… Quitte à manquer le moment où je serai prêt. Je ne voulais pas.
-Comment je me déplace dans les bois. Ne t'inquiète pas, tu n'as rien à craindre. Nous serons à la camionnette bien plus rapidement.
Elle releva les yeux et me sourit. Rapidement, sans y penser. Je l'observai, souhaitant entendre ses réflexions. Elle me sourit. Il était temps.
-Tu vas te transformer en chauve-souris.
Je me mordis la lèvre quelques instants, avant de laisser libre cours à mon hilarité. En chauve-souris.
-Celle là, ce n'est pas la première fois qu'on me la sert.
Elle rit doucement, cachant avec le dos de sa main la moitié de son visage. Je souris. Elle enleva sa main. Je ris.
-Bien sur ! Comme si les gens osaient !
Nous rîmes un instant.
J'allais lui montrer cette part de mon originalité. Celle que je préférais. La vitesse.
-Allez, trouillarde. Grimpe sur mon dos.
Elle me fixa quelques instants, sans comprendre. Un peu réticente. Aussi.
Je lui tendis la main. Elle hésitait. Son souffle s'accéléra légèrement, reflet parfait de son pouls.
Elle saisit ma main, et son contact me fit frissonner. Sa main, si fragile dans la mienne.
Je la regardai une seconde, avant de la hisser sur ses pieds. Nous nous retrouvâmes proches, trop proches, nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre.
Me mordre la lèvre, par réflexe. Ne pas perdre de temps.
Je la hissai sur mon dos, facilement. Elle entoura mon cou de ses bras, et je sentis la chaleur de son corps m'envahir, tout entier.
Je pouvais sentir les battements de son cœur. Proches. Qui résonnaient en moi comme s'il avait s'agit des miens. Si… étrange, de sentir une fois de plus un mouvement, que je ne pouvais pas maîtriser, en moi. Près de moi.
J'entendis à peine sa voix lorsqu'elle me parla, ne sentant que son souffle contre mon cou. Je me maîtrisai pour ne pas me retourner, et la serrer contre moi, être plus proche d'elle, encore plus.
Je me mis à courir, pour oublier. Pour ne plus penser à rien d'autre que mon chemin, à travers les arbres. Mais je le connaissais, je le connaissais trop bien. Je ne pouvais pas mettre une barrière entre elle et moi, et chacune de mes pensées me ramenait vers elle.
Je courais, pour fuir ce que je ne pouvais pas maîtriser.
Le temps passait vite trop vite alors que je courais. Chacun de mes pas me ramenait vers les autres. Vers le monde. Je ne voulais pas m'arrêter, et je n'aurais pas pu le faire, tant j'étais… Préoccupé. Par elle, et par tout ce que j'aurais voulu faire pour ne pas que cette journée se termine. Je voulais tellement…
Je m'arrêtai. Trop court. Je n'avais pas eu assez de temps, je n'avais pas eu assez de…
Je m'étais arrêté, et le souffle de Bella était toujours sur moi. J'avançais encore de quelques pas.
Et j'étais heureux. Je n'avais pas cru que je pourrais l'être, pas après m'être autant… Torturé l'esprit. Je ne croyais pas qu'un tel sentiment… Pouvait ne serait-ce qu'exister. Nous avions partagé quelque chose, enfin. Je sentais sa présence, son inquiétude et sa peur. Mais avant tout, je la sentais, elle. Près de moi. Et cela m'avait suffi. Un temps.
Je ris. Montrai, une fois n'est pas coutume, que j'étais heureux.
-Génial, non ?
Elle ne répondit pas. Pas un mot, pas un son. Rien. Je me tournai. Légèrement.
-Bella ?
Rien. Je voulais la voir, mais je ne pouvais. Son cœur était faible, trop faible à mes oreilles. Je paniquai.
Et sa voix résonna, enfin. Résonna. Elle murmura quelques mots à mes oreilles, et je les entendis avec plus de force qu'elle n'en avait mis dans sa voix. Parce que je voulais les entendre.
-J'ai besoin de m'allonger, je crois.
Sa voix était faible, si faible. Mais elle était là.
-Oh, navré.
J'attendis quelques instants.
-J'ai aussi besoin d'aide.
Je pouffai. Toute ma bonne humeur retrouvée. Lentement, pour profiter encore de ce moment, je détachai ses mains de mon cou, et la laissai glisser dans mes bras, avant de la déposer sur le sol. Elle sourit. Je fis de même.
-Comment te sens-tu ?
Elle sourit. Ou tout du moins, essaya de sourire. Je la regardais longuement. Elle plissa les yeux, et, alors qu'un demi-sourire se peignait sur son visage, une fossette se creusa sur le coté gauche de son visage. Tellement occupé à l'admirer, je manquai sa réponse. Quelques instants… Et je compris.
-Mets ta tête entre tes genoux.
Je la regardai s'exécuter admirant chacun de ses gestes. Un peu déçu. Finalement.
-Ce n'était pas une très bonne idée.
Ses yeux se plantèrent dans les miens.
-Au contraire, c'était une expérience très intéressante.
Je ris. Nerveusement.
-Huh. Tu es blanche comme un linge. Pire ! Tu es… Comme moi !
-J'aurais du fermer les yeux.
Sourire. Sourires.
Le sien, puis le mien.
Peut-être était-ce le contraire.
Je ne sais plus. Je ne savais plus.
J'étais près d'elle.
Trop près peut-être.
Elle était partout.
Je ne pouvais pas décrocher mon regard d'elle. Lisant sur ses lèvres parce que je n'étais plus capable d'entendre.
Et que je fixai ses lèvres.
Je murmurai des mots qui ne m'appartenaient pas.
-Rappelles-t'en la prochaine fois.
Son odeur, ici, si près d'elle, n'était même plus enivrante.
Il y avait longtemps que j'étais incapable de résister.
-Pardon ?
Je ris, parce que cela me semblait la chose la plus appropriée. Je n'avais rien à perdre en riant. Tant que je ne prononçai pas un mot, un mot capable de briser ce moment. Je ne le pouvais pas, peut-être.
-Frimeur.
Je ne pouvais plus hésiter.
-Regarde-moi, Bella.
Si elle entendit ma voix, ce fut par pur hasard. Je chuchotai.
J'étais trop près d'elle.
Et je savais que c'était le bon moment. Un bon moment. S'il m'était donné d'en avoir un.
-En chemin, je réfléchissais…
-A la meilleure façon d'éviter les arbres, j'espère.
Ce ton détaché… Si je n'avais pas entendu son cœur se remettre à battre aussi fort, je l'aurais crue. Mais… Elle était perturbée. Elle aussi.
-Petite sotte. Courir est une seconde nature chez moi. Je n'ai pas besoin d'y penser.
-Frimeur.
Je soufflai. Lentement. Elle me regardait toujours. Sans ciller. Je ne pouvais pas, je ne pouvais plus.
-Non.
Je respirai, de nouveau.
Pas l'air.
Son odeur.
J'en avais besoin. Trop.
-Je réfléchissais… A une chose…
Une pause. Je baissai la tête.
Me mordis la lèvre inférieure. Encore.
-Que j'ai envie d'essayer.
Elle me fixait, sans sourire. Elle le savait.
Je m'approchai, lentement.
Posai ma main sur sa joue.
Je l'avais déjà fait, cela.
La suite, je n'avais même pas pu en rêver.
Son souffle se coupa, alors que mon visage s'approchait du sien.
Elle était si belle, à l'ombre des derniers arbres.
Je savais que je pouvais le faire.
Je posai ma deuxième main, de l'autre coté de son visage.
Comme si elle m'appartenait. Enfin.
J'avais peur.
Peur de la perdre.
Alors, je penchai mon visage, près du sien.
Ses yeux étaient fermés. Et elle souriait.
Je posai mes lèvres sur les siennes.
S'il y avait un mot pour décrire ce que je ressentis à ce moment, je l'utiliserais. Mais il ne peut y en avoir. Le monde sembla tourner autour de moi, comme si enfin je savais pourquoi j'existais. J'étais seul, seul avec Bella, comme perdu dans un océan de clarté.
C'était la seule chose que j'avais jamais espéré. Ce pourquoi j'avais vécu.
Aucun de nous ne brisa ce moment. Nous n'en avions pas le pouvoir.
D'un coup, pourtant, les mains de Bella quittèrent le sol pour venir me fixer autour de mon cou. Son souffle s'accéléra sous mes lèvres, son sang si proche, maintenant.
Je la voulais. Je voulais savoir ce que serait son sang.
Je ne pouvais pas résister.
Il était si proche.
Un désir autre. Plus puissant.
Je ne pouvais lutter contre l'appel du sang !
Je ne pouvais lutter contre cette soif qui me dévorait tout entier !
Ce n'était plus Bella, et je n'étais plus celui qu l'aimait.
Je fermai les yeux. Trop dur.
Je ne sais où je trouvais alors la force de m'écarter. Je la repoussai, un peu trop violemment, peut-être, et aussitôt que le contact entre nos deux corps fut rompu, ma soif disparut. Non. Pas entièrement. Je serrai la mâchoire.
Pour me faire prendre conscience de ce que j'avais failli faire.
De ce que j'avais fait.
-Houps !
La voix de Bella me ramena à la réalité. Elle avait l'air si… Si pure. Si innocente.
-Comme tu dis.
Il était plus facile de résister, maintenant qu'une certaine distance se maintenait entre nous. Mais maintenant que j'avais été si proche d'y goûter, je ne pouvais que rêver de recommencer, et de terminer ce que j'avais entrepris.
-Dois-je…
Elle avait l'air si triste.
-Non.
J'essayai de m'en convaincre moi-même.
-Non, c'est supportable. Une minute s'il te plait.
Ses yeux me fixaient, si accablés alors que je m'efforçai de respirer, de penser à ce qui s'était passé, avant. Avant que tout ne cède.
Ce que j'avais préféré.
Je souris.
C'était facile.
-Voilà.
-Supportable ?
-Je suis plus fort que ce que je pensais.
J'avais résisté.
Une fois de plus.
-Ça fait plaisir de l'apprendre.
-J'aimerais pouvoir en dire autant de moi-même. Je suis navrée.
Je lui souris.
Pardonner. C'était tellement facile quand c'était elle qui demandait. Je ne pouvais pas ne pas le lui accorder.
La folie de la première passion.
-Je te pardonne. Tu n'es qu'humaine.
-Merci du compliment.
Elle sourit, cependant. Et alors, je fis de même.
Je me relevai, et lui tendis une main.
Elle la prit, et je la hissai vers moi.
Elle se mit debout, et tituba quelques secondes.
Je la rattrapai avant qu'elle ne puisse chuter. Elle était trop fragile.
-C'est encore la course, ou dois-je le mettre sur le compte de mon habileté à embrasser ?
Je m'étonnai moi même en plaisantant de la sorte.
Elle sourit.
-Un peu des deux, j'imagine.
-Mieux vaut que je prenne le volant, alors.
Elle me fixa, affolée.
-Ça ne va pas ?
-Je conduis mieux que toi dans tes meilleurs jours !
Je souriais. Elle non.
-Tes réflexes sont si lents !
-J'en suis convaincue, mais ni mes nerfs ni ma camionnette n'y résisteront.
Elle évita mon regard.
-Fais moi confiance, Bella.
-Pas question.
Je soupirai.
Elle tituba en rejoignant la portière. Je la rattrapai, et la serrai contre moi. Pas seulement pour la retenir.
-Bella, j'ai dépensé beaucoup d'énergie pour te garder en vie aujourd'hui. Je n'ai pas l'intention de te laisser conduire alors que tu n'arrives même pas à marcher droit.
Je laissai quelques secondes s'écouler, alors qu'elle me fusillait du regard.
-Et puis… Tu t'es vue quand t'as bu ?
Elle ne sourit pas.
-Bu, moi ?
-Ma seule présence t'intoxique.
Je plaisantais, mais elle parut le prendre au sérieux.
-Voilà un argument que je ne peux guère réfuter.
Elle me tendit ses clés, et je souris.
-Vas-y doucement. Ma voiture est une dame du troisième âge.
-Très juste.
Elle me fixa, un peu sceptique.
-Et toi…
Je haussai les sourcils.
-Tu n'es pas affectée par ma présence ?
Mon regard se fit plus doux. Elle avait raison.
Mais j'étais toujours maître.
Je caressai son visage du bout des lèvres, alors qu'elle fermait les yeux.
-Quand bien même ce serait le cas… Il n'en reste pas moins que j'ai de meilleurs réflexes.
De moi.
D'elle.
