Hello ! Voici le nouveau chapitre de cette fiction, j'espère qu'il vous plaira !
Finalement ce chapitre sera plus sympathique que prévu... ou pas.
Tout appartient à JK Rowling
Playlist : Rag'n'Bone Man : Die Easy - Sigrid : Everybody Knows
Résumé des chapitres précédents : Une personne a pris l'apparence de Morgini Véronèse pour s'infiltrer dans Poudlard. Dans quel but ?
Les épines que j'ai recueillies viennent de l'arbre que j'ai planté
Lord Byron
9 Février 2025
Le lendemain, Harry avait veillé, absorbé par les dossiers de Grindelwald, de McFleetwood et de Jedusor.
Parce qu'il n'y avait rien à dire.
Les deux premiers étaient vides, et le dernier aurait dû être définitivement clôt le 2 mai 1998. On avait rien écrit de plus depuis.
Rageant. Comme toujours. Tout aussi rageant et écœurant d'imaginer sa fille dans les bras de cet être vil. Il repoussa tout cela pour se concentrer sur le moment présent. Comprendre au plus vite les ressorts de cette machination contre leurs enfants et les en tirer au plus vite.
C'était ça le plus important.
—Tu n'es pas rentré, remarqua Gin, réprobatrice quand elle le vit arriver devant la salle de procès.
—Non, grimaça-t-il. Et je pense que tu n'as pas plus dormi que moi.
—Non. Je n'ai fait qu'entendre des commérages sur le fichu bouquin de Skeeter au bureau. Ça ne prête pas au repos. Pas plus que ce qui nous attend aujourd'hui.
Ils soupirèrent, affolés et désespérés en même temps.
—Les autres vont arriver, souffla Fleur et venant les étreindre rapidement. Ils veulent être là pour vous soutenir.
Albus passait cette fois.
oOo
Al saisit sa canne. Il se releva en grimaçant. Il était tombé. Certes en s'entraînant, mais le constat était là. Il était encore tombé.
Il fusilla le mannequin d'entraînement encore fumant. Il n'en restait plus grand chose et c'était tant mieux. Il devait absolument évacuer sa colère autre part que sur les autres.
Albus était quelqu'un de résolument calme mais il ne parvenait pas complètement à s'adapter à sa jambe et cette faiblesse le rongeait.
Autant que la peur des évènements à venir.
Le mot de Lily était encore dans sa poche. Elle était inquiète pour leur ancêtre. Ils avaient modifié des choses et leur arrière grand père était en danger.
Il fallait donc anticiper. Et ce n'était pas avec James ou avec Bridget que les choses risquaient de bouger pour l'instant.
Le premier était consigné dans sa chambre et refusait d'en sortir à moins qu'il n'apporte une lettre d'excuse de Lily. Chose qui n'était pas prête d'arriver. Il comprenait ce qu'avait pu ressentir leur sœur durant toutes ces années. Devoir jouer le hibou était insupportable. Surtout quand James tentait vaille que vaille de se sevrer. Cela ne marchait pas bien évidemment. Il l'entendait hurler tout seul le soir, grogner des paroles à une personne résolument morte, et prononcer des menaces de mort envers Jedusor faisant crier Bridget d'exaspération.
Aaah Bridget, elle aussi c'était compliqué. Elle l'évitait depuis cette tentative de baiser qui le rendait incroyablement mal à l'aise. Elle avait honte, mais pas autant que lui. Ils avaient donc des silences de collégiens longs et inconfortables en toute occasion sans savoir comment faire pour les briser.
Quelle solide équipe avait réunie Dumbledore pour repousser Grindelwald songeait-il avec une légère ironie.
Il remonta de la salle d'entraînement en retenant toujours ses grimaces. Après cet effort, il s'affala durement sur une chaise de la cuisine et se servit un café noir auquel il rajouta trois sucres. Trois pour s'empêcher de s'endormir de fatigue.
Mais toujours pas assez pour se concentrer. Il remit ses lunettes du bout des doigts puis finit sa tasse cul sec. Après, il entendit quelqu'un descendre l'escalier tarabiscoté. C'était Bridget, une lettre à la main. Derrière elle, James suivait, pâle et l'air complètement mort.
Ce dernier tremblait, constata Al sans y trouver là quelque chose d'amusant. Oh non. On ne pouvait rester insensible face à cet air résolument perdu qu'arborait James. Cependant, Al pouvait très bien le remarquer et choisir de ne rien dire. L'aîné des Potter s'avachit sur sa chaise et commença à jouer fébrilement avec une peau morte sur ses doigts comme pour cantonner la frustration quelque part.
—J'ai reçu une lettre du bureau. On est réquisitionnés pour la protection d'un événement de Poudlard.
—Ah ?
—Ouaip. Une sorte de grand bal d'élèves auquel participera le Ministre. Ce sera dans Pré-au-Lard. Nous devrons assurer sa protection avec une autre équipe. Manquait plus que ça, hein ?
—Et ça aura lieu quand ?
—Dans deux jours. Le soir de Noël. C'est tard, je sais. L'ordre vient de tomber de la part du big boss. Je prends contact avec l'équipe de Mulciber au plus vite pour qu'on se coordonne. Et toi, le drogué ? Il reste encore de la dope en toi, ou non ?
—J'sais pas, grogna James.
Quand était-il devenu si apathique ? Cela procura à Al un sentiment étrange qu'il ne trouva pas du tout agréable.
—On va dire que non. On verra comment tu es demain. Va t'entraîner pendant que je vais joindre Mulciber, et Al ?
Celui-ci leva la tête. La femme voulut de toute évidence dire quelque chose, mais elle détourna le regard et s'en alla vers la sortie.
Alors Al et J restèrent seuls. Ils se lorgnèrent, l'un derrière sa tasse vide, l'autre derrière ses doigts serrés l'un contre l'autre. Quand ce silence devint insupportable, son aîné se releva en titubant, baguette en main pour aller s'entraîner. Il faisait ce que Bridget lui disait ?
—Tu vas l'écouter ? demanda Al à brûle-pourpoint.
—J'ai plus envie de discuter, ça m'fait mal à la tête. Si je fais ce qu'elle dit, l'autre la boucle, et j'ai la paix.
Ce n'était vraiment pas beau à voir. Al se leva à son tour pour continuer à interpeller son frère :
—Est-ce que… lui ? Lui tu l'entends ?
James se figea d'un coup et le petit brun fut persuadé qu'il allait à nouveau réagir violemment, comme il aurait dû réagir.
—… Ouais. Ouais je l'entends encore, surtout quand je pense à Li.
Johann.
—Si on va à cet événement à Pré-au-lard on va pouvoir la voir. On essaiera de discuter.
—… Il y aura Voldemort aussi, grinça-t-il. Tu l'as vu Al. Ce gamin fait froid dans le dos. Je ne peux pas supporter que notre sœur reste près de lui. Elle a changé avec ce type.
Oui, elle lui avait dit qu'il était pathétique et ça James ne le supportait sans doute pas.
—Elle n'a pas eu besoin de Jedusor pour changer. Regarde tout ce que nous avons traversé, hésita-t-il. Ça change tout le monde. Vous avez… tous les deux réagis à chaud l'autre soir. Nous en parlerons au clair avec elle. Je t'ai montré sa lettre, le château est en danger, notre aïeul est en danger, il faut qu'on en sache plus. Ce bal c'est l'occasion de lui parler.
Il hocha la tête vaguement, avec froideur comme si tout ce qu'il pouvait dire ne passerait jamais la barrière de ses oreilles, puis s'en alla.
Albus soupira, puis alla dans la bibliothèque.
…
…
.
.
Habillé de noir, Albus remit d'un doigt le col de sa robe de sorcier. Il y avait au milieu de la grande place une quantité certaine de gens, des étudiants, des professeurs, quelques pontes du ministère et bien sûr, des aurors.
La place avait été aménagée pour l'occasion. Un sort de protection empêchait la neige de tomber sur les dizaines de tables garnies de fleur et de bougies. Un orchestre jouait dans un coin éclairé par quelques fées. Le professeur Slughorn au milieu de tout ça, rougissait en pleine gloire. Il avait toujours adoré favoriser ses chouchous par ses dîners, Albus avait dû lui même rivaliser d'originalité pour échapper à ces corvées nocturnes. Mais aujourd'hui en ce réveillon de Noël 1942, ses anciens élèves hauts gradés et ses nouveaux chouchous et quelques autres élèves triés sur le volet avaient l'occasion de se rencontrer.
Évidemment ça ne plaisait pas à tout le monde. À lui, déjà, obligé d'être dans un coin entre deux maisons à regarder ces gens s'amuser sous couvert d'un métier qui n'était pas le sien, à James qui grognait plus loin, ou à Dumbledore non loin de l'estrade auprès du Directeur Dippet.
Et il y avait aussi Bridget à côté de lui. Elle était silencieuse comme à son habitude depuis cet incident du baiser, et entendait bien le rester encore un peu.
Alors Al, cherchait des yeux Lily et Jedusor. La première, comme toujours pour vérifier qu'elle allait bien, et l'autre bien sûr pour le surveiller. Pour Al, c'était toujours difficile à comprendre. Comment un garçon, beau, intelligé, admiré de tous, et de toute évidence aimé pouvait basculer aussi radicalement ? Il avait tout.
On ne pouvait décemment pas tout rejeter !
Et pourtant, James non loin, avait tout eu, argent, beauté, intelligence, amour, et avait fait de mauvais choix qui le rongeaient encore. Peut être fallait-il vraiment peu de choses pour faire le mal quand au contraire il fallait beaucoup de choses pour faire le bien ? James devant la ruelle voisine renifla, car il ne voyait pas Lily et ce garçon donc Albus se tourna vers Bridget.
—Alastor n'est pas là ?
Elle hésita puis répondit sèchement :
—Non… Quelle fille accepterait de sortir avec un petit ingrat comme ça ?
—J'en déduis que ça ne s'est pas arrangé entre vous ?
—Ça te va mal de dire ça. Toi et ton frangin non plus ne vous parlez pas. Vous ne vous sautez plus à la gorge, mais vous ne parlez pas vraiment. Vous en êtes arrivés à un nouveau niveau de colère, professa-t-elle. Avec Alastor c'est la même. Il brûle toutes mes lettres sans y répondre, mais je sais qu'il les lit.
Alors on pouvait vraiment dire qu'entre James et lui, il y avait eut une amélioration ? Le jeune serpentard en doutait.
—Ça lui passera je pense, reprit-elle. Alastor un jour sera fatigué de me haïr. On s'use bien plus à détester qu'à aimer. Et puis, je me déteste déjà, il n'a pas besoin de le faire.
La femme eut un petit rire qui rendit Al encore plus mal à l'aise. Il ne sut que dire sur le coup pour la réconforter. Après ce qu'elle lui avait dit, il pensa que rien de ce qu'il ajouterait sur le moment ne serait pris en compte. Il reporta ainsi son regard vers la place. Le Ministre Parkinson était en train de rire à gorge déployée face aux commentaires de Mulciber père et fils. Ce fut plus loin qu'il remarqua Lily et Jedusor. Son cœur fit une embardée. Lily dans un fourreau bleu sombre était en train de discuter avec le garçon. Elle dit quelque chose, puis le brun haussa les épaules dans sa robe de sorcier noire et partit.
—C'est ce garçon le Voldemort dont vous parliez ?
Albus hoqueta face à Bridget. Il se tourna abruptement vers elle. La brune sourit légèrement :
—Je vous ai entendu en parler quand ta sœur est venue. Les murs de la Coquetière sont fins. Si tu peux m'entendre pleurer le soir, et ton frère gémir, j'ai pu vous entendre crier… Ne crains rien. Je ne dirais rien.
…
—… Oui. C'est lui.
—C'est donc lui le mage noir de votre époque ? Votre Grindelwald ? Ce gosse ? Ne me regarde pas comme ça. J'ai lu la thèse de Tourdesac, tu l'as laissé trainer après ton bain l'autre jour.
—Je devrais rien te dire. C'est dangereux.
—Aussi dangereux que laisser sa sœur entre ses mains, non ? Vous avez déjà l'intention de le changer de ce que j'ai compris. Quoi qu'il arrive avec votre présence des choses se sont modifiées. Donc raconte-moi, donc…
Après tout… Bridget s'était montrée jusque là fiable, et surtout elle s'était déjà confiée. En expliquant quelque chose à cette femme de toute façon déjà au courant, il ne risquait pas grand chose.
—… À notre époque, non. C'est celle de nos parents. Jedusor va prendre le pouvoir, et faire beaucoup de mal. Briser des familles par centaines, tuer des moldus, rassembler des fidèles… C'est notre père qui le tuera dans des années.
—Je vois…Et tu ne lui en veux pas ?
—Il n'a rien encore fait. On ne peut pas haïr quelqu'un alors qu'il n'a rien fait, du moins c'est ce que je me dis. On va le surveiller. Ma sœur croit en lui.
—Elle se trompe peut être. L'amour aveugle.
—Ça je le sais. Je ne sais pas si l'amour existe, je n'ai jamais été amoureux. On peut aimer quelqu'un avec tendresse, avec respect, avec amitié, avec amour… Un peu. Mais je pense que ça peut changer les gens. C'est peut être naïf, qui sait ?
Le visage de Bridget, au mot aimer, se crispa légèrement. Elle entama une ronde autour du périmètre où les élèves dansaient, et le brun, la suivit.
—Attends. Au sujet de l'autre soir, toi et moi…
—Non c'est bon. J'ai compris.
—Ce que je veux dire, c'est que je… je ne suis pas amoureux de toi. Mais n'écoute pas les autres, un jour, tu trouveras quelqu'un. Un quelqu'un qui te mérite.
La jeune Maugrey lui sourit. Il se tût. Ils étaient bien tristes tous les deux, un boiteux, l'autre amputée au milieu de ces gens qui leur jetaient parfois de petits coups d'œil surpris. Mais au moins, les choses étaient dites.
Albus contourna la piste pour chercher sa sœur. Sans doute James était allé essayer de discuter avec elle. Il la chercha de loin, trouva quelques visages familiers qu'il avait vu dans Poudlard sous forme de chat, mais pas de Lily. Et pas de James non plus.
Près de la fontaine, il repéra Jedusor. Il avait l'air… étonnement inquiet. Le brun le remarqua et arriva vers lui, baguette sortie. Au même moment, James sortit d'entre un groupe de jeunes filles. Ils arrivèrent ensembles devant lui, trop perturbés pour prendre le temps de se haïr, et dirent d'une même voix :
—Lily a disparu.
Bon sang.
—Comment ça elle a disparu ? demanda Albus d'une voix blanche.
—Elle est allée se chercher un verre et n'est pas revenue, expliqua Jedusor auquel James jeta un regard furibond :
—Comment c'est possible, hein ? Tu devais pas la surveiller ? siffla ce dernier au serpentard.
—C'est une grande fille. Je n'ai pas à toujours l'avoir à l'œil.
Il avait beau dire ça avec un petit sourire sardonique, un léger frémissement de sourcil indiquait chez le futur Voldemort que cette disparition subite ne lui plaisait pas. Al sentit chez James le besoin furieux de lui jeter un sort, mais lui attrapa le bras. Ce n'était absolument pas le moment.
—Plus tard. Vous vous engueulerez plus tard. Maintenant, il faut trouver Lily et vite ! Elle n'a pas pu disparaitre comme ça, elle est forcément aux abords du village.
—Et pourtant… je ne la sens pas. J'ai perdu son odeur, clama James.
Allons bon, au milieu de cette foule de gens, la retrouver n'allait pas être aisé. Tom siffla qu'ils perdaient du temps et à contrecœur, Albus lui donna raison.
—Séparons-nous. James va chercher Bridget, Jedusor, viens avec moi. On quadrille tout le terrain de chaque côté jusqu'à la fontaine, on se retrouve là bas.
James et Tom se toisèrent une seconde, méprisants au possible avant d'acquiescer. Albus soupira, soulagé. Puis leur aîné se faufila plus loin vers la jeune Maugrey alors que les deux serpentards se glissaient dans la foule.
Ils couraient presque entre les badauds, sans desserrer à aucun moment les mâchoires. La disparition soudaine de Lily impliquait trop de danger pour qu'ils se permettent de relâcher la pression. Sans doute n'était-elle pas loin, mais dans le doute. Albus jeta un coup d'œil à Dumbledore, prit à parti par les Ministre Parkinson, puis à Jedusor qui marchait vite à ses côtés, baguette sortie. Il était dur de réaliser qu'il côtoyait Voldemort. Ce gamin ne semblait capable de rien de mauvais. Oh, il était taciturne et légèrement agressif, mais était mille fois plus agréable que James. Et pourtant James n'allait pas devenir un mage noir.
Normalement.
Il chassa ses sombres pensées d'un mouvement de tête et raffermit sa prise sur sa canne. Jedusor l'esquiva un seconde pour aller parler à deux blondes, Tabatha et Cordelia si Albus ne se trompait pas. À la question qu'il n'entendit pas malgré son évidence, les deux jeunes filles firent un signe négatif de tête.
Bon sang ! En revenant Jedusor avait laissé son masque neutre pour une mine beaucoup plus furieuse et inquiète. Qu'il s'inquiète pour Lily, allons bon, cela voulait dire qu'il tenait à elle, non ? Li avait réussi à le changer en quelque chose de mieux ? Mais pourquoi y pensait-il maintenant ? Li n'était nulle part, bordel ! Pas une de ses camarades ne l'avait vue.
—Hey toi !
La voix lointaine de James l'interpella. Avec Jedusor ils foncèrent en évitant à nouveau des couples en train de danser. Plus loin, la brigade de Mulciber ne semblait pas les remarquer, trop occupés à rire grassement à une blague de Slughorn. Ils bifurquèrent dans une ruelle désertée. James tenait ligoté avec Bridget un homme qu'Albus reconnut immédiatement.
—Maxwell Cunningham.
L'homme de la Coordination Internationale, celui travaillant pour Grindelwald. Albus blêmit d'autant plus.
—Qu'est-ce que tu fais là, sale cafard ? siffla James d'une voix froide.
L'interpellé sourit.
—Moi ? Mais je n'ai rien fait. Ally et Jamesie Pieters, je suis content de vous revoir… Ou bien dois-je vous appeler par un autre nom ?
Bridget ne lui laissa pas le loisir de s'exprimer, elle lui empoigna violemment le col et lui colla un coup de jambe métallique dans son entrecuisse. Il gémit.
—Où est Lily Luna ? Si vous êtes là alors que vous êtes recherchés pour vol de Portoloin, alors vous l'avez emmenée quelque part ! Où est-elle !?
Pas possible. Quand l'avait-il coincée ? Elle aurait crié, on l'aurait vue. Mais dans cette foule c'était faisable. Où était Lily en ce cas ? Entre les mains de Grindelwald ? C'était un cauchemar. Un véritable cauchemar.
Un poids glacé tomba dans les entrailles d'Albus, il trembla.
—Merde, jura-t-il aussi sec imité par James.
—Je ne sais pas où elle est. Je n'ai rien fait, sourit gentiment le disciple noir l'air très satisfait. Je ne suis qu'un pion dans l'échiquier. Je ne suis que spectateur pour m'assurer que l'opération se passe sans encombre, et manifestement c'est le cas…
Merde, quelle opération ? Il fallait joindre Dumbledore au plus vite.
—Quelle foutue opération ? questionna Bridget en pointant sa baguette entre les deux yeux de Cunningham. Où est-elle ? Qui l'a enlevée ?
—Morgini Véronèse. Je l'ai vue.
Albus tourna sa tête vers Charlus Potter à l'entrée de la ruelle, dans l'incompréhension la plus totale.
oOo
—Je passe ! hurla Lily alors qu'on venait de libérer son frère du sortilège. Laissez-moi ! Laissez-moi passer !
oOo
—Tu es sûre que ça va aller Wally ?
En chemise de nuit la brune hocha la tête à l'entrée de la salle commune.
—Oui. Ma mère m'a interdit d'aller à la soirée. Si on te questionne tu diras comme Cordi et Batha que je suis très souffrante.
Pour attester ses dires, elle mima une toux grasse. Il ne fallait pas risquer qu'on soit au courant de son nouvel alcoolisme. Orion avait dû en parler et la jeune femme avait l'ordre de ne plus faire un seul faux pas. Elle serait donc très souffrante ce soir pour ne pas se montrer, comme une paria. Lily se mordit la lèvre. Elle n'avait aucune envie d'aller à cette soirée, se faire porter pâle était très alléchant, mais la présence de Tom en bas des escaliers la dissuada.
—Vas-y, fit la brune. Si tu as l'occasion ramène moi un peu de punch. Je suis sûre qu'il sera excellent.
—Ce n'est pas une bonne idée…
—Roooh, un peu d'humour, je plaisante ! grinça la jeune Black en riant jaune.
Lily ne l'accompagna pas de sa mascarade plus longtemps, elle la serra vivement dans ses bras alors que sortait Cordelia. La blonde les regarda, furibonde puis décampa vers Mulciber. Lily relâcha sa camarade et descendit les escaliers vers Tom.
Il était très élégant tout habillé en noir. Le col de sa chemise, certes de seconde main, remontait le long de sa gorge blanche, et la rousse dut se concentrer pour ne pas embrasser sa pomme d'Adam tant l'image était désirable.
—Yaxley nous rejoindra plus tard. Il va chercher sa copine, lâcha Mulciber.
—Allons-y.
Entouré de Mulciber et Cordelia, Abraxas et une jeune fille de Serdaigle, ainsi que de Nott et Sally Parkinson et plus loin Dolohov avec une blonde de Poufsouffle, leur petit groupe s'avança jusqu'au parc de Poudlard, où des professeurs encadraient méticuleusement l'arrivée de calèche pour les emmener vers Pré-au-lard. La sécurité était à son paroxysme, jugea la rousse. Slughorn l'avait seriné et ils en avaient la preuve. Devant une calèche, Dumbledore les attendait. Le vieil homme sourit alors que montaient Mulciber, Cordelia, Nott, et Dolohov et leurs compagnes dans la voiture.
—Vous voilà très en beauté, Tom, vous aussi Lina, dit-il.
—Merci professeur, lâcha le brun d'une voix polie mais méfiante.
—Merci, vous de même, professeur, répondit Lily en pointant la robe à paillettes multicolores assortie à un chapeau jaune vif.
Le regard bleu de Dumbledore s'attarda sur leur couple faisant naître un étrange sourire sur ses lèvres, puis il leur ouvrit d'un coup de baguette la porte d'une nouvelle voiture tirée par des sombrals.
—Je n'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne soirée. Tom. Lina.
Ils se saluèrent une dernière fois, puis sans ménagement le brun la poussa à l'intérieur de la voiture qui déjà descendait vers le village.
—Qu'est-ce que tu as encore ? siffla-t-elle.
—Je n'aime pas ses sous entendus. Ni la façon dont ce vieux fou te regarde comme si tu étais en danger avec moi.
—Le suis-je ?
—Nullement.
—Alors pas la peine de t'énerver pour un rien.
Ils se toisèrent chacun sur une banquette de la voiture. Il était encore heureux que personne n'ait décidé de monter avec eux, la teneure de leur discussion suffisait à geler l'espace clos pas la peine que d'autres se mêlent pour augmenter l'aura glaçante entre eux. Lily frissonna. Elle avait beau porter une cape, rien ne semblait la réchauffer. Sous les cahots de la route, Tom ronronna :
—Tu es tendue.
—Je n'ai aucune envie d'être là, et j'ai un très mauvais pressentiment.
—Moi aussi. Depuis l'attaque de ton amie quelque chose n'est pas clair. Je ne cesse de me le dire sans arriver à trouver le fin mot de l'histoire. T'a-t-elle parlée ?
—Non. Toujours pas. L'infirmière, Dumbledore et Dippet n'ont pu rien tirer d'elle. Je l'ai entraperçue par la porte l'autre jour. Elle a beaucoup maigri. Je crois qu'elle refuse de s'alimenter.
—Es-tu sûre qu'elle n'était pas déjà maigre comme ça quand on l'a trouvée ?
—J'étais bien plus inquiète de ses cris et des cheveux qui lui ont été arrachés dans l'affrontement. Où veux-tu en venir ?
—Rien. Je pense juste que tu devrais te méfier de Veronese. Quelque chose n'est absolument pas clair.
Il ne s'appesantit pas sur sa formule sibylline et se mura dans le silence malgré le regard équivoque de la rousse pour qu'il s'explique. Ils descendirent de la calèche pour se mêler à la foule d'élèves. Des professeurs encadraient l'arrivée continue des calèches desquelles se déversaient de nombreux couples pressés de s'élancer sur la piste de danse au milieu de la grande place de Pré-au-Lard.
—Si tu trouves que l'histoire avec Morgini n'est pas claire, tu veux comme moi découvrir la vérité.
—Absolument, et ce, rapidement. J'ai d'autres choses de prévues dans l'école pour très bientôt.
Lily le toisa. Il sourit légèrement en lui saisissant le bras pour l'emmener vers la fontaine au milieu de la grande place. Mulciber plus loin s'élançait avec une Cordelia plus désireuse de s'ouvrir les veines que de le suivre, tandis qu'Antonin et Nott discutaient près du Deux Balais.
—Qu'est-ce que tu entends par là ? demanda Lily.
À nouveau, il retint un rire, aussi léger qu'un frôlement de soie.
—Disons que je pense que dans les jours à venir je vais instaurer quelques changements dans l'école. Des changements pour le moins drastiques.
Lily frémit.
—Est-ce en rapport avec ce passage que tu recherchais l'année dernière ?
Tom parut surprit et cela suffit à la rousse pour deviner qu'elle avait visé juste, ou du moins presque juste. Il se recomposa une moue amusée et haussa les épaules. Ce fut la feinte de trop. Elle serra les dents puis se détourna :
—Je vais me prendre un verre. Salut.
Le brun ne jugea pas bon de la rattraper, préférant laisser la vapeur retomber entre eux. Tom était comme ça, il ne s'engageait dans un conflit que s'il était sûr de gagner. À force la jeune fille aurait dû le savoir.
La rousse remit correctement sa cape qu'elle avait gardé malgré la chaleur magiquement apposée à la place et se mit en quête du buffet. Des élèves se pressaient déjà pour prendre de quoi grignoter ou tout simplement boire. Lily vit de loin, entourés par d'autres élèves, James et Albus en station avec la femme auror qu'elle avait croisé. Cela la rassura autant que cela lui noua les trippes. Ils étaient là pour la sécurité, malgré leur contentieux évident, pourtant le mauvais pressentiment qu'elle sentait monter en elle depuis des jours ne la lâcha pas. Au contraire, les voir intensifia son malaise.
Elle aurait dû rester dans son dortoir avec Walburga. Quelque chose de mauvais allait arriver, elle le sentait. Si elle ressortait de cette soirée sans encombre, elle s'occuperait de Morgini et des volontés de changement de Tom au plus vite.
Seulement voilà. À peine eut-elle pris son verre qu'une silhouette attira son attention.
Elle vit Ullah dans une robe rose lui passer devant. Au moment où elle s'apprêta à la saluer, elle remarqua que sa camarade ne lui jeta pas un seul regard fixé sur un seul but fixé plus loin sur le buffet.
—Charlus, je dois te parler, fit la fillette.
Lily se tourna vers le brun, deux verres de bierraubeurre à la main. Il eut l'air surprit.
—Tu es Sevisky en deuxième année, non ? De quoi tu veux parler ? Je dois donner un verre à Dorea. Ça peut attendre ?
—Non. C'est urgent. Viens avec moi.
La fillette saisit la main du Gryffondor qui de surprise, lâcha ses verres qui se fracassèrent dissimulés par le son d'une valse. C'était là l'attitude la plus directive que la serpentard eut jamais prise. Lily intervint en se plantant devant son amie.
—Est-ce que ça va Ul' ? Qu'est-ce que tu veux à Charlus ?
Les grands yeux noirs de la gamine ne se levèrent pas vers elle. Elle marmonna quelque chose dans sa barbe puis d'une autre main saisit le poignet de Lily. La rousse frémit, sa poigne était tellement ferme que c'en était douloureux. La stupeur de Charlus se comprenait. La jeune fille échangea un coup d'œil circonspect avec son aïeul.
—Je n'ai pas que ça à faire, Sevisky. Lâche-moi, je dois rejoindre Dorea
—Non. Il faut qu'on parle.
—D'accord. On va parler, mais arrête de nous tenir comme ça. Tu nous fais mal.
—On ne peut pas rester là. Je dois vous emmener ailleurs.
À nouveau, Charlus et Lily se lorgnèrent. Ils ne parvenaient pas à défaire leur prise de la main d'Ullah. Le plus simple paraissait être de la suivre, mais pour quelle raison Ullah voulait-elle parler à Potter ? Ça c'était incompréhensible. Discrètement, entre un groupe de plusieurs filles en train de parler et un autre groupe de danseurs, les trois jeunes gens quittèrent la grande place. Ullah les mena vers une ruelle et au moment où ils crurent qu'elle allait les lâcher, elle s'enfonça encore plus en bifurquant vers une petite allée encore plus sombre.
—C'est bon, on va pas plus loin, jura Charlus. J'en ai marre de ces bêtises. Sevisky, tu peux me dire ce qui va pas ?! Tu as deux secondes avant que je retourne au village.
—…
—C'est bon. C'est bon je me casse.
Alors qu'il s'apprêtait à retourner à l'artère principale une silhouette s'avança dans l'ombre.
—Ne sois pas si pressé d'aller t'amuser Charlus Potter.
Devant eux, dans une robe rouge, Morgini. L'italienne souriait. Encore une fois un de ses sourires étranges dont elle avait le secret depuis le début de l'année. Mais plus étrange encore, elle semblait en parfaite santé alors qu'elle aurait dû être normalement confinée dans l'infirmerie. Ullah, elle, ne réagissait pas.
—Morgini… qu'as-tu fait à Ullah ?
—Que me veux-tu Véronèse ? questionna le brun méfiant en portant sa main à sa baguette dans la poche de sa robe.
Un sort l'empêcha d'aller plus loin. La baguette retomba plus loin sur les pavés recouverts de neige. Lily et Charlus se tendirent.
—Nous avons beaucoup de choses à nous dire et la gentille Ullah a été assez sympathique pour m'aider. Que tu es gentille ma petite Ullah, hoche la tête.
La jeune fille s'exécuta mollement le regard vide. Lily eut envie de prendre sa baguette dans sa cape mais elle s'en abstint. Une sueur froide dévala son dos alors que Morgini continuait à les menacer du bout de sa baguette.
—Ne criez pas, vous signeriez votre arrêt de mort. Bien, nous allons continuer cette palpitante petite conversation ailleurs. Si vous tentez de vous enfuir….
Lily et Charlus se mirèrent, glacés, nul besoin de finir cette menace. Ils avaient très bien compris. Et Ullah ne réagissait toujours pas. Elle était ensorcelée, comprit la rousse horrifiée. Sous Imperium lui souffla une petite voix dont elle refusa d'écouter plus longtemps le murmure de crainte de perdre complètement ses moyens.
Morgini sortit de son corsage un vieil escarpin rose dont le talon était cassé. Un portoloin, devina Lily mortifiée et Charlus le comprit aussi, car il s'agita.
—Mettez vos mains là dessus, nous allons faire une petite balade. Tous ensemble. Ça sera amusant, non ?
Oh non. Lily se mordit la langue puis acquiesça. Morgini prit la chaussure, suivie de Lily, Ullah et Charlus. Ullah et son ancêtre étaient en danger. La chaussure commença à s'illuminer d'un bleu limpide dans l'allée sombre sous le regard extatique de Morgini. Que faire ?
La rousse fit un choix. Au moment où la chaussure virait au blanc, elle poussa violemment le Gryffondor qui alla s'effondrer sur le mur d'en face. Ensuite, la ruelle et le garçon disparurent alors que Lily et Ullah étaient enlevées.
…
…
.
.
Hum ? Pas taper ?
Je sais je coupe au mauvais moment, '-' mais je me suis rendue compte que si je ne coupais là, le chapitre ferait 14 000 mots... et vous ne voulez pas un chapitre de 14 000 mots, n'est-ce pas ?
Ou peut être que si ? Ehem, sur ce, je m'en vais, on se retrouve très bientôt (promiiiis) pour la suite.
Encore merci pour toutes vos reviews, vos lectures et vos mises en favoris, vous êtes tous adorables mes lapins
Love,
Hugs,
Reviews ?
La chauve souris requin transgénique
