Merci à dobbymcl, La Plume de Sucre, Barbiemustdie, SmilingSparrow, Isabelle Pearl, Jolierosedu68, Pepoune (J'ai bien profité merci et comme d'hab, les vacances sont passées trop vites ! On fait tout pour accuser les Serpentard mais rien ne les innocente, haha, sait-on jamais ... Pauvre Gemma, elle fait vraiment pas l'unanimité ... Merci pour ta review en tout cas :) ) et Sandess94.
Et merci à Barbiemustdie d'avoir corrigé le chapitre qui suit :)
Bonne lecture !
« La confraternité, cette haine vigilante. »
Carmen Tessier
- Bien sûr que non, la détrompa Ayling. Mais, et je suis sûr que Nott est d'accord avec moi, nous n'attaqueront pas les premiers. Et, lorsque nous le ferons, ce sera de manière intelligente et réfléchie.
- Tout à fait, lui accorda ce dernier, comprenant qu'il n'arriverait pas à contenir Heather si les choses dérapaient. Nous avons un certain sens de l'honneur après tout.
- Laissons tomber le sens de l'honneur, tu veux ?
Le visage fermé, Thomas Ayling se laissa tomber entre les jumelles Moorehead. Une fois n'est pas coutume, il tendit la main vers Heather pour profiter d'une des tartines qu'elle beurrait quotidiennement pour sa sœur - et pour Nott lorsqu'il arrivait à la manipuler - sans se décrisper d'un pouce. Il était rare de voir le garçon sans un grand sourire ou, du moins, des yeux pétillants de malice et il crut que cela pourrait attendrir Heather.
Mais, étonné qu'elle ne réplique pas, lorsqu'il releva le nez vers cette dernière, il s'aperçut qu'elle était rouge. Non, écarlate de colère plutôt. Son visage carmin fixait le banc de la table des Serdaigle derrière Nott et la tempe qui ressortait sur son front battait dangereusement. D'ailleurs, si ce dernier avait l'air tout aussi neutre et renfermé que d'habitude, son acharnement à beurrer la table au lieu de la tartine prouvait que quelque chose clochait. Pour confirmer le tout, Harriet était blanche comme un linge.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Ils vont me le payer, promit Heather, toujours pétrifiée.
- Ta cravate est mal nouée.
Tendrement, la jeune Moorehead attrapa sa jumelle par le bras et ses doigts experts remirent d'aplomb le vêtement récalcitrant. Une fois n'est pas coutume, les deux filles s'étaient levées très tôt pour les cours, aussi parce qu'elles n'arrivaient pas à dormir, chacune pour différentes raisons. La vision du sang de licorne et du pendu avait donné la nausée à Harriet une bonne partie de la nuit et Heather avait songé jusqu'à l'aube à la meilleure manière d'innocenter sa maison.
Autant dire qu'aucune des deux n'avait l'esprit clair ce matin mais jouer à la parfaite petite famille les rassurait et les aidait à attaquer la journée.
Debout devant la cheminée de la salle commune, éperdument seules, elles sursautèrent lorsque la porte menant au dortoir des garçons grinça et furent soulagées en constatant que c'était Nott. Même Heather la terrible avait un peu d'appréhension de remettre les pieds dehors après ce qu'elle avait découvert hier avec sa jumelle.
- Tu es bien matinal, murmura-t-elle.
Le jeune homme ne prit même pas la peine de lui faire remarquer qu'elles aussi et se contenta d'un signe de tête pour les saluer. Il ne fallait pas trop parler à Nott le matin, au risque de l'énerver pour le reste de la journée. Sarcastique, Heather aurait pu rajouter que cela avait le même effet l'après-midi, le soir et la nuit : Nott avait en horreur les personnes qui parlaient trop.
Prévoyant, sa besace pendait sur son épaule et un gros manuel de potions en dépassait. C'était leur premier cours de la journée et il serait théorique cette fois-ci. Assem avait prévu de leur faire réviser quelques notions importantes abordées lors des années précédentes en vu des ASPICS qui approchaient de plus en plus, ce qui expliquait la présence du manuel qu'ils n'utilisaient pas souvent durant les préparations.
- On va déjeuner ? s'enquit timidement Harriet.
Heather Moorehead hocha la tête et sans même attendre une confirmation de Nott, se planta devant le mur de pierre qui commença à se décaler pour les laisser passer. Lorsque l'ouverture fut totale, la jeune fille avança un pied, puis l'autre. Puis elle s'arrêta.
Les deux autres avaient eu le temps de la rejoindre et le mur de se refermer vivement, comme toujours, pour ne pas laisser entrer d'intrus.
- Mais quelle idiote ! Mon livre de Potion. Il est dans mon dortoir.
Nott baissa les yeux vers son manuel bien visible dans son propre sac et lui lança un regard qui signifiait que, oui, elle était décidemment bien stupide.
Heather l'ignora et se retourna découvrant la large inscription rouge taguée sur le mur extérieur de leur salle commune. Devant son visage qui virait à un prune peu seyant pour une jeune fille et ses traits déformés par la colère, Harriet et Nott ne tardèrent pas à en faire autant.
- Vous ne réchapperait pas à notre vengeance …, déchiffra le seul garçon présent en haussant un sourcil. Charmant. Le style est peu littéraire et il y a une faute. Sûrement un Poufsouffle.
- C'est stupide, frissonna Harriet. Et …
La jeune fille faillit ajouter que cela lui donnait froid dans le dos mais elle n'avait aucune envie de subir les regards à peine voilés de reproche d'Heather et le mutisme de Nott qui ne prenait jamais parti entre elles mais n'en pensait pas moins.
Heather n'avait encore rien dit, regardant l'inscription, plus furieuse que jamais.
Heather allait bientôt exploser et les deux autres l'avaient compris. Un compte à rebours se mit à défiler dans l'esprit de Nott : 5…4…3…2…1…0
Elle ouvrit la bouche :
- QUI EST LE PETIT CON QUI A FAIT CA ? QU'IL OSE SE MONTRER, beugla-t-elle en écartant les bras, faisant brusquement demi-tour et regardant avec suspicion autour d'elle comme si le coupable pouvait encore être là.
Même un Poufsouffle aurait compris qu'il n'avait aucun intérêt à rester sur le lieu du crime, songea Nott, à juste titre d'ailleurs. Mais cela ne paraissait pas avoir traversé l'esprit d'Heather qui s'avança rapidement vers les trois armures alignées devant la salle commune, jetant rapidement un coup d'œil derrière. Il apparut que personne, même pas un jaune et noir, n'était caché derrière.
Harriet plaqua ses mains contre son visage tandis que sa jumelle rouvrait la bouche et que le mur derrière elles s'ouvrait à nouveau, laissant apparaitre une bande de quatrième année à l'air ensommeillé.
- JE TE JURE QUE JE TE RETROUVERAI ! s'escrima-t-elle, folle de rage. JE TE RETROUVERAI ET TU MOURRAS LENTEMENT ET DOULOUREUSEMENT, PAROLE DE MOOREHEAD ET DE SERPENTARD ! PERSONNE N'A LE DROIT D'ATTAQUER MA MAISON, PERSONNE TU M'ENTENDS ?
Les Serpentard de quatrième année qui la considéraient avec inquiétude avait à présent remarqué l'inscription sur le mur de leur salle commune. L'un d'entre eux rentra à l'intérieur précipitamment après avoir donné le mot de passe, sûrement pour alerter les autres élèves tandis que les quatre ou cinq autres restants s'agrippèrent à leur baguette, regardant autour d'eux avec suspicion, l'attitude d'Heather leur paraissant beaucoup plus naturelle à présent.
Ce fut le moment que choisit Assem, leur directrice de maison, pour apparaitre au bout du couloir, son chignon sévère toujours aussi bien retenu en arrière malgré l'heure matinale.
- Qu'est-ce que c'est que tout ce tapage Moorehead ?
- Les enfoirés, lâcha Thomas.
C'était pour faire plaisir à Heather qui n'avait pas décoléré même s'il le pensait quand même.
- Et toi ? s'enquit Harriet qui paraissait être la seule à avoir remarqué son trouble.
- Je me suis levé très tôt pour rejoindre Isabel … quelque part, se reprit-il au dernier moment. Après ça, j'ai voulu descendre à la Grande Salle pour déjeuner, mais, en chemin, un groupe de Gryffondor, des sixièmes années, ont essayé de m'enfermer dans un placard à balai. Ils étaient trois.
Et ils ont réussi, mais cela il ne l'ajouta pas, le souvenir cuisant de son humiliation était bien trop vif. Après tout, il avait très vite été libéré par la Préfète des Gryffondor de cinquième année, même si cette dernière semblait avoir peur qu'il ne se jette sur elle pour la dévorer en guise de remerciements. Elle avait très vite filé sans demander son reste.
- Vous savez ce qui est le plus déprimant là-dedans ? déclara-t-il ironiquement. Les plus vieux cherchent à nous attaquer mais les plus jeunes s'enfuient en nous voyant. Je ne peux même plus torturer tranquillement des gamins pour passer le temps.
- Condoléances, concéda Nott en croquant finalement dans l'unique tartine qu'il avait réussi à beurrer.
oOoOoOoOo
- Heather ! Heather j'ai appris ce qui s'est … Mais attends moi !
Ses longs cheveux châtains ondulant autour d'elle, Dewi Carlson accéléra le pas, rattrapant la Serpentard au bout de quelques secondes. Cette dernière, dont le teint était habituellement pâle, était très rouge au niveau du visage et ses traits étaient tirés, comme déformés par la douleur. Pour l'avoir un peu observée durant le déjeuner, Dewi savait qu'elle était furieuse.
Au début, elle s'était crue responsable de cette colère mais un gamin de quatrième année était venu leur apprendre que leur salle commune avait été la cible de représailles. Le Gryffondor avait eu l'air plutôt content et, d'ailleurs, aucun élève présent n'avait regretté la facilité avec laquelle les Serpentard étaient accusés. James le premier avait même ajouté qu'il regrettait de ne pas avoir écrit ces quelques mots lui-même.
Evidemment, elle ne devait pas attendre de soutien de la part de ses amis. Wil et James avaient été unanimes, c'était sûrement un Serpentard qui était responsable de ces agressions. Nella, qui déjeunait avec eux depuis quelques jours, n'avait pas osé donner son avis mais elle sentait bien qu'elle n'était pas loin de se ranger à leurs côtés.
En même temps, les preuves étaient contre eux. L'Histoire était contre eux
C'était peut-être un Serpentard mais ce n'était pas Heather.
- Hé ! répéta la Gryffondor en agrippant le poignet de la jeune fille, qui n'avait pas l'air de vouloir lui parler.
Elles étaient en plein milieu d'un couloir fréquenté, surtout en cette heure matinale où la plupart des septièmes années avaient Potion et devaient passer par là pour se rendre en cours et, pourtant, pas un seul instant, elle ne songea qu'on aurait pu les voir et découvrir leur secret. Ce n'enétait plus un maintenant de toute façon.
Ses amis étaient au courant, la sœur d'Heather aussi. Le monde entier pouvait bien le découvrir, Dewi s'en fichait, même si elle craignait encore un peu les réactions négatives, surtout celle de sa mère.
- Quoi ? feula Heather en se retournant vers elle.
Leurs doigts s'entremêlèrent.
- Tu n'es pas obligée de m'éviter, marmonna Dewi en se sentant rougir, tandis qu'un groupe de Serdaigle passait à côté d'elle.
- Ecoute, tu ne sais pas ce qu'il se passe. Notre mur …
- Je suis au courant.
- Les nouvelles vont vite.
Les deux adolescentes se décalèrent pour laisser passer un troupeau de gamins de première année et, si leurs mains se délièrent, Heather ne faisait plus mine de s'en aller à présent. Dewi se laissa tomber contre le mur, sa cape couleur ébène raclant les pavés gris. Sa petite-amie la regardait, pas d'un air béat comme elle aurait aimé - même si cela aurait semblé trop bizarre de sa part - mais plutôt décidé. Décidé à quoi ? Dewi n'en savait rien mais elle était certaine que ce n'était pas bon.
- Ils veulent faire de nous des parias, grogna-t-elle. Des reclus ! Ils veulent nous accuser alors qu'il est évident qu'aucun élève de notre maison n'irait … faire ce genre de chose. Blesser une licorne et … c'est trop tordu ! Et ils n'ont aucune preuve ! Je vais …
- Et alors ? Tu veux refaire le monde ? la contredit la jeune Gryffondor. Les Serpentard ont toujours été mis de côté non ? Et puis même, on ne s'est jamais trop mélangé entre maison. JE trouve ça stupide mais c'est comme ça. On ne peut pas forcer les gens à penser quelque chose non ? Les choses vont finir par se tasser, bien entendu qu'aucun élève n'aurait fait ça.
Dewi préféra éviter de dévoiler qu'il était tout à fait possible en son sens qu'un Serpentard en soit responsable, question de survie. Heather était déjà assez rouge comme ça.
- Si personne ne fait rien alors c'est sûr que les choses ne changeront pas, se récria-t-elle.
- Dis-moi que tu as envie de te mélanger avec des Gryffondor …
Un silence perplexe lui répondit.
- Je me mélange bien avec toi, déclara simplement Heather en fronçant les sourcils devant l'évidence de la question. Mais tu as raison. Tu es bien l'exception qui confirme la règle. En même temps, c'est facile de me parler de mélange … Tu fais partie de la bonne maison toi, pas de celle des opprimés.
- Des opprimés ! Heather, tu es bien trop mélodramatique là ! Il n'y a pas d'opprimés à Poudlard !
- Ils ont enfermé Thomas dans un placard ! s'écria la Serpentard, à bout d'arguments.
Nerveusement, un sourire s'afficha sur le visage de Dewi. Au bout de quelques secondes, elle riait toute seule, imaginant ce grand clown d'Ayling pris dans un piège qu'il aurait pu imaginer lui-même. Heather, si elle fit un effort pour rester sérieuse, ne put bientôt plus se retenir non plus et éclata de rire, faisant se retourner les gens sur son passage.
Une Serpentard riait avec une Gryffondor et, comme il s'agissait de la reine des glaces et d'une des filles les plus populaires du château, personne n'osa rien dire mais il est certain que cela n'empêcha pas les commérages. Dewi n'y pensa pas un seul instant.
- N'empêche que c'est injuste, murmura Heather.
- Tout le monde ne pense pas que ce sont les Serpentard les responsables, lui assura Dewi. Aller, viens, Assem va nous tuer si nous sommes en retard. Ah au fait, si tu pouvais éviter de traumatiser Flint pendant le cours …
- Traumatiser ? Mais je ne lui dis rien !
- Tu la fixes comme si tu allais l'étrangler sur place !
- Cette fille est tellement nunuche à trembler comme une feuille en me voyant …
- Moi je l'aime bien.
- Et bien moi … Comment ça tu l'aimes bien ?
Les deux filles continuèrent gentiment à se chamailler en se rendant en cours et Dewi parvint à lui faire promettre d'essayer d'être un peu plus agréable avec la Serdaigle, qu'elle appréciait de plus en plus.
Néanmoins, devant la salle de Potions, un cercle s'était formé autour de deux protagonistes qui, baguettes dégainées et pointées l'un sur l'autre, paraissaient n'attendre qu'un seul mot de l'autre pour entamer le duel qui, de ce fait, paraissait inévitable.
oOoOoOoOo
Quelques minutes plus tôt
- J'ai entendu Lastek dire à Assem que la licorne était morte, apprit tristement Dominique en rejoignant en courant Anatole qui l'attendait près des sabliers avant de descendre au château.
Le Poufsouffle baissa la tête, véritablement attristé lui aussi. Quand Dominique était venue demander quelques informations sur les Patronus à Wiertz qui, à présent passait tout son temps au château, elle n'avait pas imaginé entendre cette conversation et en était réellement choquée.
Les licornes avaient quelque chose de si pur qu'il était inimaginable pour quelqu'un comme elle de leur faire du mal. Apparemment, elle n'avait pas survécu à ses blessures, pourtant minimes. Lastek avait ajouté, les larmes aux yeux, qu'elle avait dû se laisser mourir suite à ça.
La jeune fille n'avait pas perdu de temps pour rejoindre son camarade, le seul de sa maison à avoir continué les Potions, n'attendant même pas la réponse de Wiertz pour ça. Le professeur de Duel ne l'avait d'ailleurs pas retenue, se dirigeant à grands pas vers Lastek et Assem, ayant lui aussi dû apprendre la nouvelle.
- Comment ça, morte ? s'enquit une voix grave derrière elle.
Anatole et Dominique se retournèrent alors que James Potter, flanqué de Wil Jordan et, plus étonnant, Nella Flint les rejoignait. Un instant, le regard des deux filles se croisa, puis elles détournèrent la tête, gênées.
- Lastek dit qu'elle s'est laissée mourir, avoua Dominique.
James, qui aimait beaucoup les animaux et qui,au début de l'année, avait réussi l'exploit d'approcher une licorne sembla réellement touché par la nouvelle et son regard coula vers l'intérieur du couloir, en direction des cachots.
- Enfoirés de Serpentard, marmonna-t-il.
Anatole leva discrètement les yeux au ciel mais, à vrai dire, il n'eut pas besoin de se cacher bien longtemps car James accéléra soudainement le pas, glissant sa main dans sa poche. Le temps qu'elle comprenne ce qu'il se passait, son cousin était déjà loin, talonné de près par Jordan et Flint.
- Il est impossible, grinça Anatole en se tournant vers sa droite.
Mais Dominique avait fini par comprendre et s'était lancée à la poursuite de James, laissant le pauvre Poufsouffle seul dans les cachots. Comprenant ce qu'il en était, Anatole Bensberg poussa un soupir, accélérant le pas à son tour pour les rattraper. Quoiqu'il en dise, il n'avait pas envie de manquer le futur esclandre de James Potter, même si celui-ci était injuste.
oOoOoOoOoOo
- NOTT !
Gemma, comme tous ceux présents devant la salle de cours sursauta et tourna rapidement la tête vers le couloir qui formait un angle, d'où venait de sortir James Potter, apparemment furieux. Rouge de sueur, il paraissait avoir couru et près à en découdre avec Isaac Nott.
Ce dernier qui discutait à demi-mots avec l'une des jumelles Moorehead, la plus timide, n'esquissa pas le moindre geste qui aurait pu faire penser qu'il avait entendu l'interjection de Potter. Mais, sans aucun doute, cela ne pouvait pas lui avoir réellement échappé. Le Gryffondor beuglait comme un troll et même Moorehead le regardait par-dessus l'épaule de Nott.
- NOTT ! répéta-t-il en venant se planter devant lui.
Là, au moins, le Serpentard ne pouvait plus faire semblant.
L'attention de Gemma fut un instant détournée par l'apparition de Nella qui arrivait, Jordan à ses côtés. La Préfète-en-Chef ne s'accorda pas le droit de la dévisager plus de quelques secondes et, à sa plus grande peine, elle avait l'air radieuse, quoiqu'un peu inquiète à cet instant présent.
La jeune fille reporta son attention sur Potter et Nott. Autour d'eux, instinctivement, la plupart des élèves avaient formé un cercle autour des deux attrapeurs et certaines filles de Gryffondor semblaient se réjouir au plus haut point de cette diversion.
Devait-elle intervenir ? En sa qualité de Préfète-en-Chef, sans nul doute. Mais … c'était un peu plus compliqué que ça et, de toute façon, elle était sûre et certaine de ne pouvoir aligner deux mots en sa présence, surtout maintenant qu'il connaissait son secret. Elle le savait pertinemment capable de hurler en plein couloir qu'elle avait perdu sa mère et ça aurait été pire que tout.
Non, Gemma n'avait aucune envie d'intervenir et puis, de toute façon, Dominique Weasley s'en chargea beaucoup mieux qu'elle.
La Poufsouffle venait à son tour d'arriver en courant et poussa deux filles de Gryffondor pour pénétrer dans le cercle.
- Pour une fois Potter, pourrais-tu éviter de te ridiculiser ? soupira Nott qui avait finalement relevé la tête.
- Je sais que tu es derrière tout ça, grinça le Gryffondor. Ou, du moins, tu sais qui a fait ça. Vous n'avez vraiment aucun sens de l'honneur les Serpentard !
- C'est vrai ! intervint une Gryffondor, particulièrement courageuse - ou stupide -, blesser une licorne qui ne vous a rien fait !
Si Potter eut la délicatesse de ne pas relever, un rire sarcastique s'échappa de la bouche de Dominique, qu'aucun des deux garçons ne semblait avoir vu.
- Tu es ridicule. Aller, viens, on s'en va, ordonna-t-elle.
- Quel est le but ? s'enquit Potter en faisant semblant de ne pas l'avoir vue. Eliminer tous les enfants de moldus et les sangs-mêlés ?
- James !
- Quoi ? craqua-t-il finalement.
Il tourna brusquement la tête vers elle tandis que Nott, pour une fois, semblait avoir perdu de sa superbe et paraissait plus nerveux. En l'observant discrètement, Gemma se rendit compte qu'il était tout simplement furieux. Sa respiration était certainement plus rapide et il gardait les paupières à demi-closes, comme s'il se contenait. De quoi ? Sûrement de ne pas assassiner Potter.
Gemma frissonna.
- Ecoute, reprit-il, je n'y peux rien s'ils ont quelque chose à voir là-dedans. Même toi tu ne peux pas nier que toutes les preuves convergent vers eux. Et les Serpentard sont les seuls à accorder une quelconque importance au sang. Si ça se trouve, ils veulent terminer le boulot de leurs parents …
- NON ! s'exclama étrangement Dominique en même temps que Moorehead.
Et elle tendit la main pour attraper la baguette de son cousin, en même temps que Nott dégainait la sienne pour l'abattre sur sa pomme d'Adam. Néanmoins, il réussit habilement à repousser sa cousine d'une main et, un dixième de seconde plus tard, esquissa le même geste.
Deux Gryffondor applaudirent. Personne n'esquissa le moindre mouvement pour porter secours à l'un des deux duellistes, hormis Dominique qui gigotait toujours au bout du bras de Potter.
- Tu permets ? s'enquit étrangement ce dernier à l'intention de Nott. A la loyale cette fois.
Seuls les yeux du Serpentard bougèrent pour se poser sur Dominique et il hocha la tête.
Alors Potter détourna rapidement sa baguette pour la diriger vers sa cousine. A sa décharge, il eut l'air désolé l'espace d'un instant. Puis, les mains de Dominique se collèrent étrangement sur sa bouche, comme si elle se retenait d'hurler et elle recula de quelques pas, rentrant dans Gemma. Si cette dernière ne l'avait pas retenue, elle serait tombée sur le sol.
- EXPULSO ! cria Potter.
Le cercle formé autour des garçons s'agrandit soudainement, personne ne voulant être touché par un sortilège perdu. Pendant ce temps, Gemma regardait toujours Dominique qui gesticulait bizarrement, semblant vouloir lui dire quelque chose.
- Il t'a lancé un sort, comprit-elle rapidement.
Et, agrippant les mains d'une Dominique de plus en plus rouge, elle tenta de les décoller de sa bouche, sans succès. Stupide, stupide, stupide ! Potter avait montré encore une fois l'étendue de sa débilité ! Parce que c'était une chose de se débarrasser de sa cousine, pas forcément une mauvaise idée d'ailleurs car elle aurait pu être blessée mais lui couper l'un de ses moyens de respirer était … STUPIDE !
D'ailleurs, elle commençait à paniquer, s'épuisant à tenter d'enlever ses mains et l'air aspiré par le nez ne devait pas suffire à la rassasier en ce moment de stress. Paniquée, Gemma fouilla dans sa poche à la recherche de sa baguette, espérant qu'un simple Finite suffirait à se défaire de l'emprise du sortilège.
A quelques mètres, le combat continuait. C'était assez étrange à voir, entre la colère visible de Potter et la sourde fureur de Nott. Aucun des deux n'avait l'avantage. Aucun des deux ne voulait flancher. Aucun des deux n'avait encore pris de coup.
- Arrêtez ! tenta quelqu'un.
- C'est idiot ! approuva Harriet Moorehead.
- Potter ! Potter ! Potter ! scandèrent deux ou trois élèves.
Et un sortilège perdu expulsa Harriet Moorehead au dessus du sol, sur lequel elle atterrit comme un pantin. Pendant quelques secondes, personne ne s'en préoccupa puis une Serdaigle se précipita vers elle, avant de se pencher vers le corps inanimé de la jeune fille.
Cela déconcentra Potter un instant - il était responsable du sortilège - et laissa assez de temps à Nott pour lui coller les jambes.
De son côté Gemma tenait enfin sa baguette en main et, tremblante, la pointa sur Dominique qui, toujours aussi paniquée, faisait de grands mouvements inutiles.
- Arrête de bouger, la supplia-t-elle. Arrête ! Finite Incantatem !
Poussées dans leur élan, les mains de Dominique se cognèrent contre Nella, malheureusement à côté d'elle, qui poussa un couinement plus indigné que blessé. La Poufsouffle ne s'en préoccupa pas, se laissant tomber au sol, la poitrine se soulevant et s'abaissant rapidement.
Gemma savait qu'elle poussait encore un peu plus loin leur dispute en prenant le partide s'occuper de Dominique mais elle n'avait pas vraiment le choix. La Poufsouffle semblait vraiment mal en point. Ainsi, elle ignora le regard accusateur de son ex-meilleure amie en s'agenouillant à ses côtés.
- En…foi…ré, réussit-elle à placer entre deux inspirations. Eau.
- Aguamenti.
Un filet d'eau fraiche sortit de la baguette de Gemma, aspergeant copieusement la bouche et le visage de la Poufsouffle.
Potter avait reprit l'avantage. Libéré de ses liens imaginaires, il toisait Nott de tout son être. Le Serpentard aussi avait arrêté de combattre, semblant attendre le moment opportun pour achever son adversaire.
- Dom, ça va ? Qu'est-ce qu'il se passe, je viens juste …
- Attention ! s'exclama Gemma.
Le pauvre Anatole Bensberg n'eut que le temps de s'écarter qu'une furie en uniforme vert passait à quelques centimètres de lui, manquant de le projeter dans le mur non loin.
- AAAAAAAAAAAAAAH !
Et Heather Moorehead se jeta sur le dos de James Potter, ses mains se refermant autour de son cou avec une précision minutieuse.
- Mais ça va pas ! s'exclama une voix derrière eux, celle de Dewi Carlson qui, apparemment, était arrivée en même temps ou presque que Moorehead. Vous êtes complètement tarés !
Et elle n'avait pas tort. Entre Dominique qui, au sol, n'avait pas encoretotalementretrouvé sa respiration, Gemma agenouillée près d'elle comme devant un linceul, Harriet Moorehead qui peinait à retrouver ses esprits, et Heather Moorehead qui tentait sans nul doute d'arracher la tête de Potter, elle était prête à parier que tout ceci allait très mal se terminer.
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- Ne t'en mêle pas, c'est entre lui et moi, murmura Nott.
James, quant à lui, ne mit pas longtemps à se libérer de la tentative d'étranglement de Moorehead. Il avait à présent les mains sur ses épaules, tentant de la retenir le plus loin possible de lui. Ce n'était pas évident, elle était musclée et coriace. Un vrai mec.
Et pourtant, ce n'était pas un garçon et c'est pourquoi il ne pouvait lui mettre une claque dans la figure, même si l'envie l'en démangeait.
Elle le dégoutait. Cette fille, qu'il touchait, était la même qui lui avait pris Dewi. Celle-là qui l'avait rendue malheureuse en plus de l'éloigner de ses amis, au point de la pousser à mentir. Oh, le temps aidant, il acceptait de plus en plus les préférences sexuelles de son amie. Mais pas ses choix sentimentaux. Moorehead, sérieusement ? Cette fille se battait comme un homme, avait un caractère d'ogresse et était plus cassante qu'amicale. C'était une Serpentard.
- C'est aussi entre lui et moi, assura Heather sans quitter le jeune Gryffondor des yeux.
Derrière eux, Nott paraissait hésiter à lui lancer un sortilège, sans doute à cause de la présence de son amie.
- Je ne vois pas ce qu'elle te trouve, murmura Potter.
Elle n'était même pas jolie avec ses cheveux courts, en dessous des oreilles et son visage carré, très dur.
- Moi non plus, lui garantit Heather avec un drôle de regard.
Et, sans prévenir, son genou se releva à une vitesse défiant toutes les lois de la physique et vint s'encastrer entre les jambes du Gryffondor qui, perdant tout honneur et fierté, s'écroula au sol en poussant un hurlement.
Dominique avait finalement réussià se relever avec l'aide de Gemma. Il fallait qu'elle fasse quelque chose. Quoi ? C'était le moment d'avoir l'idée du siècle car, même si Moorehead avait terrassé son cousin, elle était sûre et certaine qu'il n'allait pas en rester là. Et, si elle se fichait comme de son premier balai jouet de la reine des glaces, il lui importait qu'Isaac comprenne enfin qu'elle était de son côté, qu'elle avait tenté quelque chose, qu'elle n'avait pas laissé faire.
Sauf que, derrière l'épaule de la Serdaigle, elle croisa le regard furibond d'Agnès Assem.
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- Pourquoi faut-il toujours qu'on soit en cours quand les choses les plus intéressantes arrivent ? se plaignit Joana Mayer.
Distraitement, Dominique opina du chef. Si sa main était vissée sur sa fourchette et faisait régulièrement des allés-retours vers sa bouche, elle n'aurait pas pu dire de quoi était composé le dîner si on le lui avait demandé.
En réalité, elle fixait la table des Serpentard avec une obstination étrange et se demandait pourquoi personne ne lui en avait encore fait la remarque. En face d'elle, entre deux Serdaigle, elle pouvait voir Isaac qui, lui, mettait un entêtement équivalent au sien à éviter son regard. Pourtant il l'avait vue, lorsqu'il avait légèrement levé la tête, quelques minutes plus tôt.
Elle n'avait pas pu lui parler ce matin car Assem avait annulé le cours de Potions.
Moorehead et James avaient été emmenés chez la Directrice. Certains disaient qu'ils passeraient en conseil de discipline et c'était peut-être vrai, mais elle doutait que la chose aille très loin. Même si elle détestait avoir ce genre de pensées, le nom de Potter - ou Weasley dans son cas - pouvait être très utile pour obtenir la clémence des professeurs.
Nott avait réussi à éviter la punition car il avait affirmé à Assem qu'il avait tenté de les séparer avec sa baguette. Harriet Moorehead avait soutenu qu'elle était tombée dans les pommes à cause de la terreur et Dominique avait baragouiné un mensonge éhonté pour faire croire qu'elle avait avalé de travers.
Assem ne les avait pas crus.
Peu importe. A Poudlard, on se battait peut-être dans les cachots mais cela restait entre les élèves. Aucun professeur n'y était mêlé et ça, tout le monde le savait et l'appliquait. De ce fait, même si cela en démangeait certainement certains, personne n'avait osé contredire Heather Moorehead lorsqu'elle avait parlé d'une querelle d'amoureux.
Elle revoyait encore la tête de son cousin en entendant la Serpentard affirmer ce genre de sentiments entre eux. A mi-chemin entre le dégoût et la fureur. Mais il n'avait pas eu d'autre choix que de confirmer s'il ne voulait pas qu'Assem comprenne que c'était un mensonge.
De toute façon, cette dernière n'était pas stupide. Elle savait très bien ce qui avait entrainé cette bagarre mais ne pouvait rien faire sans preuve.
- Hein Dominique ?
- Ouais, grommela-t-elle en revenant brusquement à elle. Quoi ?
- Je disais que c'est bien que McGonagall fasse un discours, soupira Camille en secouant la tête, peinée par l'inattention de la jeune fille.
En se tournant vers la table des professeurs, elle se rendit compte que leur Directrice ainsi que Wiertz s'étaient approchés du bord de l'estrade et redressa la tête, soudainement intéressée. Y avait-il du nouveau ? La jeune fille l'espérait. C'était le moment opportun pour apaiser les tensions et rassurer les plus jeunes.
Et puis, peut-être que si le coupable n'était pas un Serpentard, cela démontrerait à tout le monde qu'elle avait eu raison de défendre Isaac. Oh oui, elle l'espérait au plus profond d'elle-même.
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Trois semaines de retenues. Quinze soirées passées en compagnie d'Assem et d'Heather Moorehead et, tout ça pour rien étant donné qu'il n'avait même pas réussi à régler son compte à Nott. Pour l'instant.
- La prochaine fois, toi et moi. Sans personne pour te sauver au moment opportun, murmura-t-il à la seule intention du Serpentard, si doucement que lui seul l'entendit.
- Compte sur moi, Potter.
Mis à part la promesse d'un nouveau duel, il n'avait récolté que l'assurance de longs sermons sur le fait de se battre et Dewi avait été distante avec lui tout l'après-midi. Il avait beau lui répéter dix fois que c'était Moorehead qui s'était jetée sur lui et qu'il ne l'avait même pas touchée, elle n'avait pas semblé le croire.
Et pourtant, elle serait bien obligée d'admettre qu'il avait raison. Les preuves ne mentaient pas : tout accusait les Serpentard. Bon, peut-être pas Nott - et encore - mais le taré appartenait à leur maison, foi de Potter.
- McGonagall va faire un discours, murmura Flint en se dévissant le cou vers l'estrade.
La Serdaigle mangeait avec eux à tous les repas à présent et, même en dehors, passait le plus clair de son temps avec les Gryffondor, lorsqu'elle n'était pas à la bibliothèque. Et, parfois, il s'était même laissé surprendre à penser que ce n'était pas si désagréable que ça même si le trop plein de sérieux dont elle faisait preuve l'agaçait parfois. Néanmoins, celle qu'il surnommait Princesse était intelligente et possédait un certain sens de l'humour qu'il ne dédaignait plus. Au final, Wil avait eu raison de s'intéresser à elle et il commençait à l'accepter peu à peu.
Il tournales yeux vers la Directrice qui était en train de s'appliquer un Sonorus contre la gorge, immédiatement imitée par Wiertz qui se tenait à ses côtés, l'air grave, les bras croisés sur son ventre.
- Bien, commença sans détour McGonagall. Je vous demanderais.) à tous le silence. Ce que j'ai à vous dire est important et grave. Les évènements des derniers jours …
Son assurance s'affaissa un peu et elle parut plus lasse que jamais, jetant un coup d'œil nerveux à Wiertz qui hocha la tête. Comme elle le leur avait ordonné, personne ne parlait. D'ailleurs, et c'était exceptionnel pour un discours, chacun paraissait boire ses paroles, professeurs compris.
- Les évènements des derniers jours à Poudlard sont profondément méprisables, reprit-elle d'une voix plus assurée. Comme chacun le sait à présent, l'une des licornes du professeur Lastek a été attaquée et blessée. Ce matin, elle a succombé suite à ses blessures. Du sang lui a été volé. Je vous confirme que c'est bel et bien le sang utilisé pour l'inscription dans les cachots.
Elle marqua une pause, promenant son regard entre les tables, s'arrêtant finalement sur celle des Serpentard.
- Depuis le début, les professeurs et moi-même prenons à cœur de résoudre ces agressions. Vous vous demandez peut-être pourquoi vous n'êtes pas tenus informés de nos avancées ? Car nous avons progressé, je vous l'affirme. Vous vous demandez pourquoi le coupable n'a pas été retrouvé ? Vous vous demandez peut-être si nous, si je suis assez compétente pour le débusquer ?
Le professeur McGonagall avait un regard pénétrant et convaincu qui n'avait rien à voir avec son corps de vieille dame. Même James sentit des frissons lui parcourir l'échine et il songea qu'il n'aimerait pas se trouver face à elle durant un duel. Il comprit finalement pourquoi c'était elle qui dirigeait Poudlard : un tel charisme émanait d'elle qu'on ne pouvait que l'écouter.
- Et bien, je vous affirme que nous sommes compétents. Nous débusquerons le coupable, à la suite d'une enquête et après avoir accumulé assez de preuves pour le confondre. Par nous, je désigne le corps professoral …
Elle se retourna légèrement pour appuyer ses paroles, montrant ses collègues qui abordaient tous un air des plus sérieux qui ressortait extrêmement bizarrement chez certains comme Lastek, toujours souriant, ou Neville dont le visage n'avait jamais été aussi fermé.
- … l'Auror Wiertz, reprit-elle et ce dernier s'inclina légèrement. Et moi-même.
Nouvelle pause.
- J'entend par là qu'aucune vengeance personnelle ne sera tolérée. Aucun sexisme, racisme, ou autres spéculations strictement personnelles ne doivent avoir leur place dans ce château. Aujourd'hui, six agressions contre des élèves appartenant à la maison Serpentard ont été dénombrées car dénoncées à un professeur. Malheureusement, il me semble que ce nombre devrait être revu à la hausse si nous avions connaissance de toutes les données.
Il sembla à James que son regard se baladait dans sa direction et il baissa instinctivement la tête, comme quand sa mère le grondait quand il étaitplus jeune.
- Peu avant le dîner, la jeune Elisabeth Parkinson a été retrouvée par un fantôme enfermée dans les toilettes du deuxième étage …
Quelques murmures indignés s'échappèrent de la table des Serpentard qui semblaient tous réellement outrés qu'on s'attaque à une gamine de douze ans.
- Ce geste aurait pu avoir de lourdes conséquences et le coupable sera puni. Mais de tels actes reposant sur une probabilité nulle doivent cesser. Mes enfants, je comprends tout à fait que vous désiriez autant que nous voir le coupable puni. Nous comprenons, ajouta-t-elle en regardant une nouvelle fois Wiertz. Mais les seules autorités compétentes pour le châtier sont Poudlard et le Ministère de la Justice Magique. En ces temps troubles, vous devez rester unis et voir au-delà des différences et des maisons. Plus que jamais, il faut vous poser les bonnes questions. Celle-ci me parait édifiante, alors réfléchissez-y bien : qui est l'ennemi ? Qui est véritablement cet ennemi qui s'oppose à Poudlard et, par conséquent, à vous tous ?
Derrière elle, Assem et Lastek hochèrent fermement la tête, appuyant les paroles de la Directrice avec ferveur.
Puis, McGonagall laissa finalement la parole à Wiertz qui leur répéta les règles mises en place depuis plusieurs mois ainsi que les consignes d'usages en cas d'attaque. Il poussa chacun à venir lui parler en cas de doute ou de suspicions. Derrière lui, une fois assise, McGonagall faisait de nouveau l'effet de porter le monde sur ses frêles épaules de vieille dame.
