Chapitre 37 : Emily. - Je t'aime.
Je me réveillai dans ce lit d'hôpital pour la deuxième fois cette nuit. Mes heures de sommeil semblaient complètement décalées et j'avais faim uniquement en dehors des repas. Mais j'étais en vie. Et Naomi aussi. Je n'arrivais toujours pas à réaliser la chance incroyable qu'on avait eu ce jour-là.
Naomi avait essayé de me résumer comment la police avait organisé ce plan d'attaque, combien de fois ils avaient dû le répéter; et surtout, à quel point elle s'était fait du soucis pour moi. Quand je dis "soucis", j'entends par là qu'elle ne dormait plus la nuit, qu'elle pleurait tous les soirs en pensant à moi, pour savoir où j'étais et comment j'allais, elle avait même enduré la présence de Jenna Fitch pendant quelques jours. Ça me faisait d'ailleurs penser que mes parents et Katie devaient passer aujourd'hui.
Naomi dormait sur le bord du lit, assise dans la chaise, la tête posée dans ses bras croisés sur la couverture du lit. Je caressai ses cheveux, me rappelant combien cette sensation m'avait manqué, la douceur de ses cheveux, de sa peau la perfection de ses lèvres contre les miennes,… Mon Dieu, elle m'avait manqué. Réveille-toi vite, Naomi, je veux revoir tes yeux et embrasser tes lèvres au plus vite.
Comme si j'avais parler à haute voix, la blonde se réveilla et sursauta, ses yeux rivés sur moi. Elle était à peine réveillée, et déjà je voyais la panique la gagner.
"Emily ?" demanda-t-elle en posant ses mains sur mes bras, la voix tremblante.
"Chhhh… Tout va bien. Je suis là, tu vois ?" répondis-je en caressant sa chevelure blonde.
Elle me fixa longuement, comme pour s'assurer que j'étais bien réelle, et je fis de même, en lui souriant pour la rassurer et la calmer. Je caressai sa joue, puis ses lèvres du bout des doigts, me remémorant combien elle m'avait manqué. Combien j'avais besoin d'elle. Quand mon index resta collé sur sa bouche, elle l'embrassa tendrement. Ce simple geste me rendit complètement dingue. Je savais qu'il ne s'agissait que d'un simple baiser affectif, pour me rassurer, pour me dire qu'elle était là, mais je ne pus m'empêcher de m'imaginer le contact de ses lèvres sur les miennes.
J'agrippai le col de son t-shirt pour la rapprocher de moi, et elle se leva légèrement pour s'assoir sur le lit. Je la tirai plus fort encore jusqu'à ce que mes lèvres capturent les siennes. Je l'embrassai avec force et passion, comme si ce baiser était le dernier, comme si rien d'autre au monde ne comptait. Oh mon Dieu, j'en avais rêvé depuis si longtemps !
Phénomène inattendu, Naomi commençait à pleurer dans le baiser, à pleurer bruyamment. Je décollai mes lèvres des siennes et la regardai, perplexe.
"Naoms ?"
"Je suis désolée, je suis tellement désolée…" chuchota-t-elle en sanglots.
Je ne comprenais pas.
"Tout ce qui s'est passé est de ma faute… Si je ne t'avais pas laissée tomber, jamais tu-"
"Non, non, non…" intervins-je. "Arrête de dire ça, ce n'est en aucun cas ta faute, compris ?"
"Mais Em-"
"Non." dis-je fermement. "Ce n'est pas ta faute. Je suis vivante et toi aussi. C'est tout ce qui compte."
Et je l'embrassai à nouveau, pour la réconforter, lui faire comprendre qu'elle ne devait pas s'en vouloir pour quoi que ce soit, car elle ne pouvait pas prévoir ce qui s'est passé. Ce n'était pas sa faute.
Je l'embrassai de tout mon coeur et de toute mon âme, mes mains agrippées dans ses boucles blondes, nos lèvres entrelacées et nos langues dansant une chorégraphie parfaite.
"Je t'aime." dit-elle entre deux baisers.
Je ramenai nos lèvres ensemble, ressentant le besoin de les sentir contre les miennes. Mais j'avais besoin de plus. J'avais besoin de sentir ses mains caresser ma peau, caresser mon corps. Sans relâcher le baiser, je plaçai ses mains contre mes seins pour qu'elle les caresse lentement. Elle hésita un moment en décollant légèrement sa bouche de la mienne. Mais je la ramenai aussitôt, appuyant ses mains contre mon torse.
Elle se laissa emporter par le baiser et m'embrassa plus passionnément, caressant tout mon corps à travers la robe d'hôpital. Je glissai mes mains à l'intérieur de son t-shirt, massant ses côtes, puis son torse, et elle réajusta sa position sur le lit pour se trouver au plus proche de moi.
"Je t'aime." répéta-t-elle encore une fois.
Je l'embrassai de plus bel. Plus rapidement, plus agressivement, je ne vivais plus que pour ce baiser et rien d'autre ne comptait.
Je glissai lentement mes deux mains dans son dos sous son t-shirt, en l'embrassant toujours plus passionnément, toujours plus intensément. Naomi répétait sans cesse "Je t'aime." et je ne pouvais plus me retenir, je voulais lui prouver que je l'aimais aussi, autrement que par des mots.
Je dégrafai les boutons de son jean et elle opéra une légère résistance. Je brisai le baiser et la fixai, le regard serein. Elle semblait sceptique et je savais ce qu'elle pensait : "Pas dans un hôpital !" Mais je ne pouvais plus contrôler mes gestes. Plus après tout ce temps et pas après tout ce qui s'était passé. Pas après qu'elle m'ait répété "Je t'aime." autant de fois.
Elle caressait l'intérieur de mes cuisses tandis que je continuais à chercher son point sensible à l'intérieur de son pantalon. Ses gestes devenaient plus pressés et ses mains tremblaient. Lorsque je l'embrassai encore pour la rassurer, ses mouvements devinrent plus sereins et sa main remontait plus rapidement au niveau de mon entre-jambe.
Je ne portais pas de sous-vêtements, ce qui étonna la blonde un moment, puis elle positionna ses genoux de chaque côtés de mes cuisses. Elle gémit en même temps que moi lorsqu'elle se rendit compte à quel point j'étais trempée. J'étais trempée pour elle et elle uniquement. Au moment où elle enfonça ses doigts en moi, je copiai ses mouvements en caressant son sexe. Nos baisers étaient courts et pressés et nos respirations s'accélérèrent dangereusement. Mon Dieu, cette sensation m'avait manqué !
Elle accéléra la cadence et je fis de même, voulant lui procurer le même plaisir. J'allais hurler, gémir de plaisir, mais il devait être très tard dans la nuit, ou très tôt le matin et je ne voulais pas alerter les infirmières; j'embrassai donc Naomi avec force en mordant sa lèvre inférieure.
"Putain Naoms-"
Elle me tut en m'embrassant encore une fois et me pénétra avec un doigt supplémentaire et je perdis le contrôle de mes membres. J'aurais voulu pouvoir continuer à lui faire l'amour, mais c'était absolument impossible. Mes muscles s'étaient raidis et je frôlais l'orgasme. Ça n'avait rien à voir avec la dernière fois où Naomi m'avait baisée. Ce soir, il s'agissait de bien plus que ça. Naomi essayait de me prouver de toutes les façons possibles qu'elle m'aimait, et j'essayais de lui prouver en retour.
"Oh putain Naoms… Oh putain !"
Je sortis une main de son jean pour m'agripper à sa nuque et elle m'embrassa avec passion.
"Je t'aime…" murmura-t-elle alors que je hurlai son prénom.
Quelques minutes plus tard, lorsque mes muscles étaient absolument incapables d'opérer un mouvement supplémentaire, j'embrassai ses cheveux, sa tête posée sur ma clavicule.
"Je t'aime, Naomi." dis-je calmement.
Et je terminai le reste de ma nuit collée contre ma petite amie; je ne pensais plus qu'à elle, elle était la seule chose qui me préoccupait. Pas même ces deux enfoirés qui m'avaient gardée tout ce temps ne pourraient gâcher le bonheur que j'éprouvais en ce moment. Il n'y avait plus que Naomi et moi; et c'est tout ce qui comptait à mes yeux.
J'avais demandé à Naomi de m'expliquer comment ils avaient retrouvé ma trace et comment Katie et elle s'étaient rendues compte de ma disparition. Ma petite amie m'expliqua en détails cette semaine de recherches, ces journées entières passées au poste de police ou au parc à chercher quelconque indice.
"… Et si tu n'avais pas retouché ces photos, on n'en serait peut-être pas là…" conclut-elle.
"Wahou…" était tout ce que j'arrivais à répondre à ce long monologue.
"Ah et ta voisine était d'une aide précieuse, elle aussi…" admit-elle avec un sourire.
"Madame Addison ?" m'exclamai-je.
"Oui… Elle a vu Carl déposer les roses et a lu la lettre avant toi…"
Je ris. Pour une fois, sa curiosité maladive avait du bon.
"Je devrais aller la remercier dans ce cas." dis-je.
"Oh, ne t'en fais pas, Katie s'en est déjà chargée ! Je n'ai jamais vu un aussi grand bouquet de fleurs de toute ma vie !"
C'était ma soeur tout craché. Elle faisait certes dans le banal (un bouquet de fleurs), mais faisait toujours en sorte que cette chose banale devienne quelque chose de spécial. J'adorais ma soeur.
"Elle est au courant que je suis vivante ?"
Ce fut au tour de Naomi de rire.
"Freddie et Katie sont allés chercher tes parents à la gare !"
Oh. Il y eut un moment de silence; un moment où Naomi fixait nos mains jointes, le regard triste.
"Je sais que tu ne veux probablement pas en parler, mais… Josh, il… Il ne t'a pas blessée ?"
"Non…" dis-je en secouant la tête. "La plupart des blessures, je me les suis faite toute seule en essayant de défoncer la porte… Quand j'ai su qu'ils allaient t'échanger contre moi, j'ai perdu la tête et… J'sais pas, j'ai tout fait pour essayer de sortir…"
Elle regardait à nouveau mes mains et les embrassa l'une après l'autre. Je me rendis alors compte à quel point elle était parfaite. À quel point j'avais de la chance d'avoir trouvé l'être parfait qui me rendait heureuse et qui prenait soin de moi. Elle était prête à donner sa vie pour moi. Cette révélation me heurta de plein fouet lorsque je réalisai à quel point elle m'aimait. Et mon Dieu, je l'aimais tellement aussi.
"Viens par là." dis-je en la tirant par le t-shirt.
En un instant, nos lèvres étaient à nouveau collées l'une à l'autre. Elle m'embrassait avec passion et je l'embrassais en retour, cherchant à lui prouver ma reconnaissance, mon amour pour elle…
La porte s'ouvrit et Naomi se retira de moi en une fraction de seconde, en gardant ses mains dans les miennes.
Katie. Ma soeur courut vers moi, les larmes aux yeux et me prit dans ses bras avec une force peu commune; je sentis à ce moment-là les hématomes sur mes bras et mes épaules.
"Oh Emsy…" dit-elle en sanglotant.
Je pleurai à mon tour en me rendant compte à quel point sa présence m'avait manqué. Au même moment, je remarquai que mon père et ma mère se tenait quelques pas derrière elle; Katie s'écarta pour les laisser passer et mon père me serra fort contre lui dans un de ses fameux "Fitch-Hug". Il sentait bon le café et l'after-shave et j'adorais me blottir contre lui. Ce fut ensuite au tour de ma mère. Ni câlin prolongé, ni larmes incessantes; elle plaça simplement sa main sur ma joue et embrassa mon front. Je me demandais depuis combien de temps ma mère et moi n'avions pas eu de contact physique. Trop longtemps à mon goût. Mais c'était un début.
Mon frère se tenait lui aussi proche de moi, et me regardait timidement. Je voyais qu'il avait envie de dire quelque chose d'affectif, mais au lieux de ça il me sortit un vague "Salut pétasse." et je souris parce que je savais que cette insulte était un symbole d'affection pour James.
"Comment tu te sens, Emsy ?" demanda mon père.
À vrai dire, je ne savais pas exactement quoi répondre à sa question. J'aurais pu tenter une réponse sarcastique du genre "Très bien, je viens de passer une semaine enfermée dans une cave sans lumière ni nourriture comestible !" mais je repensai à Naomi, et soudain tout allait mieux.
"Papa, laisse-la tranquille." intervint Katie.
"Ça va." répondis-je simplement.
"Une chance que les forces de l'ordre aient pu intervenir…!" dit ma mère.
"Une chance que Katie et Naomi se soient inquiétées pour moi, tu veux dire !" m'exclamai-je.
"Oui." commença mon père. "Merci les filles, sans vous, on ne sait pas ce qui serait arrivé à ma petite Emsy !"
"C'est sûr, sans elle," dit Jenna en pointa Naomi du doigt. "il ne lui serait rien arrivé du tout."
"Maman !" s'exclama Katie.
Naomi baissa les yeux. Ma mère pouvait réagir comme une vraie ordure des fois… Des fois ?! Tout le temps, ouais !
"Je t'interdis de redire une chose pareille." dis-je fermement à ma mère en serrant la main de Naomi.
Ce fut à ma mère de baisser les yeux; Naomi se racla la gorge et se leva, gardant ma main dans la sienne.
"Je crois que je vais y aller."
"Quoi ? Non, pourquoi ?" demandai-je.
"Em, ta famille vient d'arriver et… Ils veulent profiter de toi aussi… Je passerai te chercher ce soir, d'accord ?"
Je hochai la tête et elle m'offrit un sourire. Je m'attendais à ce qu'elle m'embrasse, mais non. Elle caressa simplement ma joue avec son pouce et partit. Jenna Fitch, j'espère que tu es fière de toi.
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