Disclaimer : Les personnages de Bleach ne sont pas à moi, ils sont à Tite Kubo.

Couple : Grimmjow Jaggerjack & Ichigo Kurosaki, Uryuu Ishida & Ichigo Kurosaki, Ulquiorra Shiffer & Ichigo Kurosaki.

Note : Cette histoire est totalement inventée. A ne pas prendre au sérieux.

Remerciement :

Merci tout particulier à Trolocat pour son dur travail, sa patience et son soutient constant.

Merci à Angelyoru : Bonne lecture et merci comme toujours pour ton soutient !

Merci à Bad-joke: Ulquiorra te manque ?! Dans mon histoire ?! Mais pourquoi ? Comment ?

Merci à TsukiHara-Chan, qui a enfin un compte : Merci pour ton soutient et tes encouragements. J'espère que ce chapitre te plaira tout autant que les autres.

Bonne lecture à toutes et à tous !


Chapitre 34 : Décision

Il s'arrête de bouger. Je sais qu'il me regarde avec surprise mais je ne me retourne pas vers lui. Puis tout à coup il étire un sourire en coin en pouffant avant de secouer la tête.

"- T'as vraiment changé en 24h. J'croirais entendre ma femme. C'est c'que t'es ?"

Pour toutes réponses, j'émets un grognement en me renfrognant dans mon siège.

Une seule nuit. C'est ce qu'il avait dit. Le temps où nous devions encore rester dans cette chambre. Mais voilà qu'à présent ça fait trois jours. Et je n'en peux plus. A travers la vitre, les vitres... toutes les vitres.., de la chambre je vois des familles, des couples, des enfants des groupes de gens profiter du soleil. Ils passent juste en dessous des fenêtres avec leurs tenues de bain, une serviette et des sourires placardés sur le visage comme des affiches de propagande. Ils profitent de la vie.

"Alors que nous, on est enfermé dans cet endroit." Rechigne Shirosaki, en réponse à mes pensées. "Mais c'est pour notre bien" tempère une fois de plus Zangetsu.

Un soupire passe mes lèvres tandis que je promène un regard déprimé sur la suite vide. Tout est en ordre. Trop bien en ordre. Pour m'occuper - faute de pouvoir sortir - j'ai finit par installer nos affaires. Comme si ces trois simples pièces étaient - en partie du moins - l'appartement dans lequel je venais fraîchement d'emménager. "Et donc Grimmjow c'est quoi ? Ton coloc' ? Y'a qu'une chambre. Avoue tu préférerai qu'il soit plus qu'un coloc." Je grogne à la remarque taquine de Shirosaki. Je ne veux pas vraiment penser à ça. Pas maintenant.

Tournant les talons, je reviens dans la salle de bain où je remets en place des produits de toilettes déjà bien placés et nettoie le meuble vasque qui n'a pas besoin de l'être. Je continue mon inutile occupation le temps de tout "remettre" en place avant de revenir dans le salon. Avec un nouveau soupire je me laisse tomber sur le canapé. Puis dans un mouvement mi-boudeur mi-déprimé, je prends un coussin que je sers contre mon corps.

"Un vrai grosse. Tu veux qu'on te chante une berceuse peut être ?" Encore une fois la voix moqueuse de Shirosaki résonne dans ma tête.

"- Tais toi."

"Oh comme c'est méchant. Alors que grâce à nous tu t'ennuie un peu moins." Mais oui c'est ça. C'est plutôt lui qui s'amuse à mon insu. "Tout à fait." Nouveau grognement de ma part. Mais le pire c'est que je ne lui en veux même pas.

Mon regard se perd à l'extérieur où les feuilles des arbres dansent avec les rayons du soleil pour créer un jeu hypnotisant d'ombre et de lumière. Depuis que nous sommes partis de la maison avec Grimmjow, je n'ai pas eu de nouvelles ni de mon père ni de mes sœurs. Maintenant que j'y repense je n'ai pas non plus eu de nouvelles de Rukia, Renji, Shuuhei et tout les autres. Où sont passées Tia et Momo ? Vont-elles bien ? Et Kensei ? J'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai pas entendu parler de lui.

Tout à mes questionnements intérieurs, je me lève du canapé. Mes pas me guident jusqu'à l'armoire dans la chambre où j'ai rangé les affaires du bleuté. Machinalement je tire son sac de l'armoire et l'ouvre. Mais alors que je suis en train de verser deux comprimés dans ma main, je m'immobilise tout à coup. Je fixe les pastilles blanches au centre de ma paume et une profonde colère grimpe en moi.

C'est parce que j'étais trop occupé à vivre ma petite vie et à prendre ces machins que je n'ai pas songé à demander des nouvelles de Kensei. Que je n'ai pas pensé à lui plus tôt. Soudainement une vague de dégoût envers moi même me fait grimacer. Je suis ignoble. Après tout ce que Kensei a fait pour moi ? Alors qu'il m'a protégé tout ce temps ? C'est de cette manière que je me montre reconnaissant ? En me droguant et en oubliant ce qu'il est importe. CEUX qui sont importants. Ignoble. C'est le mot juste pour me décrire.

Rageusement je remets les comprimés dans la boite avant de la lancer dans le fond du sac. Au moment où je le remets dans le fond du placard, j'entends la porte d'entrée s'ouvrir. Sur un rythme de pas étouffé par la moquette de la suite mais quasiment similaire, je rejoins Grimmjow. Je ne doute pas que ce soit lui. A force j'ai appris à reconnaître sa démarche. A la fois féline et affirmée. Souple mais masculine.

A l'entrée du salon de la petite suite, je le découvre tenant deux sacs en papier carton marron. L'odeur typique des sandwichs de fast-food emplie la pièce et fait gronder mon estomac. Son qui fait naître un sourire en coin amusé sur le visage du bleuté.

"- T'as faim ?"

Je hoche la tête et viens m'asseoir près de lui. Je le regarde sortir les deux repas qu'il nous a prit en le détaillant du regard. Son t-shirt est froissé au col à la manière signification d'une empoignade colérique. Et au niveau du bassin il est légèrement sale à certains endroits. Sans parler de son jean qui, lui aussi, arbore des traces poussiéreuses.

"- Qu'est-ce qui s'est passé ?"

Grimmjow lève sur moi un regard à la fois surprit et interrogatif. Un regard qu'il veut innocent. Et vite - trop vite - il détourne les yeux pour les reporter sur notre repas. Je ne loupe pas non plus la manière dont il avale sa salive. Et essaye de faire comme si de rien était en haussant les épaules.

"- D'quoi tu veux parler ?"

J'étire une grimace fugace en soupirant discrètement. Évidemment. Je m'attendais à ce genre d'attitude. Mais je sens malgré tout la déception grimper en moi. Vu que nous sommes tout les deux dans cette galère et que c'est à cause ou pour moi - je ne sais pas vraiment - j'espérai qu'il me dirait au moins ce qu'il en est. Un nouveau soupire franchit mes lèvres et je m'installe plus sérieusement dans le siège où je suis.

"- Arrête. Pas de ça avec moi. C'est à cause de moi qu'on en est là, que tu es bloqué ici. Et je suis peut être stupide, mais je commence à remarquer certains détails. Mais si tu ne me dis rien je ne peux même pas me rendre utile d'une quelconque manière."

Je soutiens avec un aplomb un peu vacillant le regard du bleuté alors qu'il me scrute. Finalement c'est à son tour de soupirer. Et quand je le vois lui aussi s'installer plus sérieusement, le visage tout à coup fermé et légèrement agacé, je sais que je vais avoir des informations. Mais la façon dont ses yeux se crispent, dont ses sourcils se froncent, dont sa mâchoire se contracte, me fait redouter bien plus qu'un simple accrochage.

"- Des gars m'sont tombés dessus.

- Schiffer ?

- Ouais. J'pense. Pour qu'ils sachent où j'étais exact'ment comme ça, ça doit être lui."

Ma respiration se bloque et je sens la panique monter en moi. Le regard turquoise se plante de le mien. Sure, droit, ferme. Pourtant sa ne suffit pas à me calmer pour autant. Soudainement l'idée d'aller, comme toutes les autres personnes de l'hôtel, à la piscine ne semble jamais avoir existé. A la place je ne pense plus qu'à une chose "fuir".

"- Alors il faut qu'on parte tout de suite !"

Je suis déjà en train de me lever quand une main du bleuté empoigne mon poignet. Il m'attire vers lui et je retombe comme un pantin sur la banquette du canapé, à ses cotés. Sa poigne disparaît juste après tandis que je reporte mon attention sur lui. L'incompréhension dans chaque pore de ma peau se mêle à la peur et fait accélérer mon rythme cardiaque.

"- Du calme. On a que'ques heures. On partira en début d'soirée ok ?

- Quoi ? Mais...

- Écoute Ichi, j'sais qu't'as peur mais tout va bien s'passer ok ?"

Une fois de plus son regard ne cille pas. Peu importe combien je cherche le doute et l'hésitation au fond des prunelles océans, je n'en vois aucune trace. Non à la place, c'est moi qui me retrouve à hésiter quand j'ouvre une nouvelle fois la bouche.

"- Comment peux-tu en être aussi sûr ?"

Comme si j'avais dit quelque chose d'amusant, je le vois étirer un sourire en se remettant à partager comme il faut le repas.

"- Tu pense vraiment qu'j's'rai assez stupide pour aller chercher à manger dans la ville où on s'cache ?

- Attends tu veux dire que...

- Si à chaque fois, j'mets perpette d'temps pour rev'nir c'est parce que j'vais toujours chercher à manger dans une ville un peu plus loin. A trente ou quarante kilomètres."

C'est à mon tour d'étirer un sourire, amusé par la situation. Évidement, il a tout prévu. Maintenant que je le sais, ça ne m'étonne pas vraiment de l'homme et ça explique beaucoup de choses. Je m'autorise à me détendre tout à coup et me penche pour récupérer mon sandwich de fast-food. Je croque dedans de manière amusée en hochant la tête. La peur estompée, c'est que j'ai faim.

"- Et du coup, on part quand ?

- Milieu d'aprèm, pour le gouter, en soirée ?"

Je dodeline de la tête en croquant une nouvelle fois dans mon sandwich. En gros "n'importe quand après cet après midi." Le rire de Shirosaki résonne dans ma tête suivit d'une remarque cynique : "Au moins comme ça t'es aidé non ?" Je lève les yeux au ciel en prenant le temps d'avaler ma boucher avant de rouvrir la bouche.

"- Alors mangeons, prenons le temps de faire nos affaires et allons-nous en.

- A vos ch'ordres princhesse, me répond-t-il la bouche pleine en me jetant un regard amusé."

En deux, trois bouchés il termine son repas avant de se lever. Sa main passe dans mes cheveux alors qu'il fait le tour du canapé. Je fronce les sourcils et pousse un grognement en avalant ma bouché tandis que dans ma tête le rire de Zangetsu se mêle à celui habituel de Shirosaki.

"- Oh trop génial, du gras plein les cheveux."

J'entends un rire guttural - échos à ceux qui continuent de se diffuser dans ma tête - provenir du fond de la pièce alors qu'il semble farfouiller dans tout un tas de choses.

"- J'avais plus d'serviettes !

- Très amusant.

- Oh aller princesse. Fais pas la gueule."

Je suis tenté de répondre un "je fais ce que je veux" mais ça serait terriblement enfantin. A la place, la seconde suivante, j'entends le verrou de la salle de bain se mettre en place. Je prends calmement le temps de finir mon repas et une gorgée du soda que Grimmjow m'a commandé. Puis je me lève et entreprends de faire nos affaires. Je range correctement les affaires de l'un et de l'autre dans nos sacs respectifs.

Lorsque le bleuté ressort finalement de la salle de bain, c'est avec une simple serviette autour des hanches tandis que je finalise à peine nos sacs. Mais quand je me tourne vers lui pour lui tendre les vêtements que j'ai mit de coté je me retrouve à bloquer sur son corps. Le dos musclé me fait face. Mes yeux s'emplissent de larmes et ma vision se brouille sans que je ne sache comment l'expliquer alors que je me retrouve à fixer, paupières grandes ouvertes, la cicatrice qui roule sur la peau halée.

Comme si j'avais vu un fantôme, et à demi dans le déni, mes yeux remontent lentement sur le corps de Grimmjow. Jusqu'à ce que je me retrouve accroché par les pupilles turquoises qui me fixent dans le miroir. Le visage du bleuté est neutre, comme lavé de tout ressenti. Il attend simplement que j'ai finit mon observation.

Mais quand j'ouvre la bouche pour poser une question. LA question. Il me devance, ne me laisse pas faire. Sa voix est basse, légèrement rauque, comme si tout à coup, elle n'avait pas servit depuis longtemps. Pourtant il n'en transparaît rien. Ou plutôt, rien hormis de la lassitude.

"- Un p'tit souvenir de Schiffer."

Je fais un pas vers lui et il se retourne vers moi. La blessure à son épaule - que j'avais presque oublié.. Comment ai-je pu ? Suis-je si égoïste pour oublier que cet homme s'est retrouvé blessé il y a peu ? - est encore rose. Même si elle est refermée, la peau est encore fragile et brillante. Menaçant de se rouvrir à chaque instant. A chaque mouvement trop fort ou trop brusque.

A la recherche d'une autre blessure, d'un autre détail important, que la drogue - parce que je ne vois que ça - aurait effacée de ma mémoire, je parcoure de nouveau son corps des yeux. Tout désir qui aurait encore pu survivre a déserté mon être. Seulement remplacé par l'inquiétude, le regret, la honte.

"- Que...

- Plaqué contre une conduite brûlante pendant quelques minutes."

L'effroi me glace le sang. Je sens une larme rouler sur ma joue. Lorsque Grimmjow me prend les vêtements des mains, je ne bouge même pas. Ne réagis pas plus. Je me contente de le suivre du regard, une chape de plomb dans le ventre. Je le regarde s'habiller sans vraiment réaliser la porté de ses gestes, bien trop absorbé par l'information qu'il vient de me révéler. Je me revois quelques temps plus tôt, suspendu par des chaînes au dessus d'un feu vorace et d'une grille brûlante.

Je reviens au présent dans un sursaut en me sentant brutalement secoué. Le regard bleu dans lequel je me perds est inquiet. Mais la main sur mon épaule, elle, est forte, ferme, solide. Rassurante.

"- J'vais bien ok ? Pas d'souci à t'faire. Et j'laisserai plus rien t'arriver. S'compris ?"

Je hoche la tête, d'abord de manière hésitante, puis une seconde fois plus fermement. Et sur le visage masculin devant moi, un sourire fait son apparition. Pourtant ça n'arrive pas a effacer le souvenir qui vient de revenir. Je serre fermement les dents quand le contact du bleuté s'efface et qu'il s'éloigne pour finir de s'habiller. L'impression de ressentir de nouveau la chaleur suffocante se fait forte, presque palpable.

"- Je déteste cet homme."

Alors qu'il est en train de mettre ses chaussures, un rire ironique sort de la gorge de Jaggerjack. Puis il se lève et place son sac sur son épaule. L'instant suivant il glisse une arme à feu dans son dos, coincée par sa ceinture et cachée par le sac, et un couteau au niveau de sa cheville droite.

"- Ouais j'le déteste aussi. Et t'en fais pas un jour j'le tuerai."

Je hoche la tête en glissant à mon tour son sac sur mon dos. Je sens une nouvelle fois une main passer dans mes cheveux quand je suis en train d'ajuster les sangles, et le front chaud du bleuté se pose contre le mien.

"- Reste toujours avec moi Ichi', ok ?

- Bien entendu."

Sans perdre de temps nous quittons la chambre. Mais c'est au moment où la porte placardée 738 se referme derrière moi que je réalise un détail important. Je lui ai répondu "bien entendu". Une réponse sans hésitation. Sans la moindre seconde de réflexion. Comme une évidence. Comme si il ne pouvait en être autrement. Et alors que je suis cet homme dans le couloir, à la couleur de cheveux aussi atypique que la mienne, je réalise que "non". Il ne peut en être autrement. Plus depuis qu'il m'a sauvé et que j'ai apprit que nous étions déjà liés par le passé.

J'accélère le pas pour gagner sa hauteur et marcher à coté de lui. Mon cœur, pourtant à un rythme normal, me semble tout à coup audible. Trop audible. Comme si il menaçait de sortir de ma poitrine. Oui je resterai avec lui. Toujours. Car après tout si j'en crois la manière dont l'organe dans ma poitrine s'emballe, je suis tombé amoureux de cet homme.

"- Hé, me fait sursauté sa voix en me tirant brutalement de mes pensées. T'as pas prit d'drogue aujourd'hui s'pas vrai ?"

Je fixe un regard interrogatif sur lui et alors que nous nous engouffrons dans la cage d'escalier, il me fait un sourire.

"- J'ai r'gardé la quantité d'la boite. Et elle a pas vraiment bouger. Elle est encore à plus d"la moitié alors qu'elle d'vrait être à moins d'un quart maintenant."

Il s'arrête sur le demi palier entre l'étage "1" et et l'étage "2" pour se tourner vers moi. Fermement ancré sur ses pieds, droit et imposant comme un roi, il pose sa main sur mon épaule pour sonder mon regard. Je le vois ouvrir les lèvres mais je ne lui laisse pas le temps de parler. Je n'ai pas envie encore une fois d'entendre cette question. Je ne veux pas qu'il s'inquiète pour moi. Pas comme ça. Pas pour ça. Je veux qu'il soit fier. Je veux lui montrer que je peux avancer. Que je suis capable de me tenir à ses cotés.

"- Je n'en veux plus."

Il fronce les sourcils. Plus minutieusement, il sonde à nouveau mon regard, cherche la faille en moi. Mais je ne flanche pas. Ne détourne pas les yeux. A la place je sens une vague de fierté gonfler ma poitrine. Fierté qui fait naître un léger sourire sur mes lèvres.

"- Alors tu t'sens bien ? Me demande-t-il et je me contente de hocher la tête.

- Juste un petit mal de crane de temps à autre pour le moment, lui réponds-je avec le plus d'honnêteté possible et j'enchaîne quand je le vois inspirer pour parler, mais je ne veux plus prendre ce truc."

Il étire un large sourire amusé plein de dents. Un sourire carnassier qui lui va foutrement bien et qui me conforte dans l'idée que je choisis la bonne solution. Étrangement, j'ai la sensation de me sentir tout à coup plus fort, plus "grand", plus adulte. Ou simplement moins misérable. Moins faible. Moins "boulet".

"- Et à quoi doit-on s'revir'ment ?

- J'ai réaliser que je n'en avais plus besoin."

Mon regard aire sur la pièce, glisse sur les murs, sur les marches, vers les lumières néons qui clignotent désagréablement, alors que je me perd dans mes pensées. Pensées que je tente de rassembler pour expliquer au mieux ma décision. Devant moi, Grimmjow se fait patient.

"- Quand je suis devenue dépendant, c'était pour que Schiffer puisse me contrôler. Puis après ça a été pour oublier la douleur. Pour m'oublier moi même. Pour rendre tout plus agréable. Mais après tu as envoyé Kensei, pour veiller sur moi. Et Tia. Puis tu as envoyé les autres, pour nous tirer de là, Momo et moi. Et j'ai continué à prendre de la drogue.

- Tu es dépendant, me dit-il pour m'excuser en pressant mon épaule."

Dans sa voix, je ne sens pas de reproche. Juste un fait. Mais l'entendre le dire au présent me fait un pincement au cœur. Une douleur désagréable. Pourtant je sais que je n'en suis pas encore sorti. Qu'il faut que je continue de battre sur ce point là.

"- Oui je sais, m'exclame-je alors. Ce que je veux dire c'est que... Maintenant je n'ai plus besoin de la drogue. Elle ne m'aide plus. Elle me pose problème. A cause d'elle j'ai pratiquement oublier Kensei. Je ne sais même pas ce qu'il est devenue et je n'ai même jamais songé à te demander. Après ce qu'il a fait pour moi."

Je me mords la lèvre. Mais je m'empresse de poser mon index et mon majeur sur ses lèvres quand je le vois inspirer une nouvelle fois pour me répondre. Je ne veux pas entendre ses excuses. Je ne veux pas entendre les excuses qu'il pourrait dire pour pardonner mon attitude. Pour l'expliquer. Je ne veux pas. Parce que je ne veux pas me cacher derrière ça. Alors à la place je reprends avec empressement.

"- Nan ! Laisse moi finir. Je veux me souvenir que Kensei. De Tia. De Shuuhei et de tout les autres. Mais pas seulement. Aujourd'hui, grâce à vous... grâce à toi, Schiffer ne me torture plus. Il ne me fait plus souffrir. Je ne reçois plus de coups. Plus de douleurs. Vous veillez sur moi. TU veille sur moi. Alors je ne veux plus utiliser la drogue pour me cacher derrière ça. Je ne veux plus que les voix que je pourrais entendre soient étouffées par des comprimés blancs qui m'empêche d'être moi même. Je..."

Je me mords une nouvelle fois la lèvre avant de passer ma langue dessus. Puis fermement et avec affirmation, je plante mon regard dans celui de Jaggerjack. Je recherche mes mots quelques secondes. Mais Grimmjow semble incapable de parler pendant ce temps. Il a les sourcils froncés, la bouche entrouverte. Il semble suspendu à mes lèvres.

"- Je... Je ne veux plus être un boulet. Je ne veux plus avoir une partie de mes facultés anéantie par les comprimés. Parce que je veux être utile. Je veux vous aider comme vous m'avez tous aidé.

- Ichi'.

- Je veux t'aider. Mais surtout je veux que tu me vois moi pour ce que je suis vraiment. Pas pour le type que je suis avec la drogue. Je veux que tu me vois moi, juste moi. Que tu sois fier de moi."

Sans comprendre, je me retrouve tout à coup enfermé dans deux bras musclés, contre un corps chaud. Une étreinte réconfortante qui fait naître en moi une immense dose de satisfaction, mais aussi de soulagement. L'émotion me prend à la gorge et une bouffe d'affection échauffe mon corps.

"- Toi aussi tu vas rester avec moi ?"

En réponse, Grimmjow resserrer son étreinte et me rapproche d'avantage de lui. Son visage glisse le long du mien et ses lèvres effleurent mon oreille. Là encore je remarque qu'il est très légèrement plus grand que moi.

"- T'peux compter là d'ssus. J'vais pas t'lâcher."

C'est à mon tour de passer mes bras autour de son corps. Je glisse mes mains dans son dos, sous son sac et l'une d'elles passe sur son t-shirt au niveau de la cicatrice. Je la caresse du bout des doigts en souriant contre son cou.

"- Il faudra que tu me raconte hein ?"

Quand il s'éloigne, sa main, large et aussi réconfortante que le reste, fourrage dans mes cheveux. Ses yeux se replantent dans les miens et il me fixe avec sérieux.

"- Chaque chose en son temps Princesse. M'presse pas comme ça.

- Quoi tu vas me faire croire que tu n'es pas assez solide pour ça, peut être ?"

" Bravo, ça c'est bien envoyé !" Le commentaire de Shirosaki m'amuse et j'étire un sourire à la fois de défi et amusé sans détacher mes yeux du bleuté. Ce dernier me fait une pichenette sur le front et j'émets un grognement en reculant. Son air sérieux a déserté son visage pour être remplacé par un air joueur, amusé, et comparable au mien.

"- Bien sur. J'suis fragile t'savais pas ? Me dit-il avec un clin d'œil avant de détourner le regard et d'inspirer comme pour se redonner contenance. C'est alors que je réalise que mon monologue à eu plus d'impact sur lui que je ne croyais. Hé bin. C'était un sacré speech. Tu l'avais révisé, ou ça t'ai v'nu naturel'ment ?"

Je rigole à sa remarque. L'ambiance soudainement plus légère, et les épaules comme allégées d'un poids, nous nous remettons en chemin pour sortir du bâtiment.


C'était le chapitre 33. J'espère qu'il vous aura plus comme toujours.

Je tiens à remercier Trolocat encore une fois pour son travail et son soutient. C'est tellement agréable de l'avoir.

A bientôt pour la suite les amis.