Bonjour

Voici le chapitre 36 corrigée par Elissa comme toujours. Merci à elle pour son travail.

Merci à vous également bien sûr pour votre fidélité et tous vos merveilleux messages.

J'espère que ce chapitre vous plaira. La fin approche.

Bonne lecture et à lundi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Uprising de Muse

Chapitre 36 : Supplications

« Les malheurs humains ont des teintes multiples : jamais ne se retrouve même nuance de douleurs. »

Eschyle

Castiel allait mieux; sa discussion avec Benny avait complètement changé sa façon de voir les choses. Il n'abordait plus le problème avec Dean sous le même angle et avait repris espoir même si c'était un risque évident. Il ne se sentait plus autant mal à l'aise au cabinet et, quand il croisait son patron dans les couloirs, il ne détournait plus les yeux. Il ne cherchait pas à engager la conversation. Il continuait à vouloir garder ses distances, mais il lui souriait et le saluait chaleureusement. Il l'aimait toujours. Cela ne risquait pas de changer de sitôt. Ses sentiments n'étaient toutefois plus un poids qu'il portait, mais quelque chose qui le poussait continuellement en avant et lui donnait envie de se lever chaque matin pour voir ce que la journée lui réservait comme surprises.

Il pouvait voir Dean se détendre également peu à peu. Lui aussi ne fuyait plus son regard. C'était presque comme si voir Castiel enfin à l'aise face à lui l'avait aidé à se relaxer aussi. Il était évident qu'il avait eu peur que le jeune avocat ne finisse par craquer et par partir à cause de lui. Maintenant qu'il était sûr que ce ne serait pas le cas, il avait retrouvé le sourire. Ils ne parlaient jamais ensemble et n'avaient plus travaillé sur le même dossier depuis Benny, mais ils cohabitaient sans chercher à se fuir. C'était déjà beaucoup dans leur situation.

Castiel avait fini par annoncer à Meg qu'il ne comptait pas quitter le cabinet. Comme il s'y était attendu, la jeune femme n'avait pas vraiment apprécié la nouvelle. Elle lui avait dit qu'il était idiot et qu'il finirait par le regretter. Elle lui avait dit qu'il avait tort de ne pas l'écouter et qu'elle savait bien mieux que lui ce dont il avait besoin. Cela l'avait mis hors de lui et, après avoir reproché à son amie de chercher à contrôler sa vie, il avait fini par rejoindre sa chambre en claquant la porte derrière lui.

Il ne se disputait que rarement avec Meg. Le plus souvent, ils prenaient le temps de discuter calmement de leurs différends pour ne pas prendre le risque de se brouiller inutilement. Par contre, cette fois, Castiel était furieux et il refusait de laisser couler et de se montrer compréhensif.

Ils ne s'adressèrent pas la parole pendant presque une semaine. Ils se croisaient dans l'appartement sans se regarder. Meg semblait à la fois malheureuse et folle de rage. Castiel, de son côté, était au moins autant en colère qu'elle. Il était sans doute préférable qu'ils laissent passer un peu de temps pour se calmer avant de tenter d'en parler à nouveau.

Ce fut finalement Meg qui prit l'initiative de lui parler un soir. Castiel lui en voulait toujours pour les reproches qu'elle lui avait faits et qu'il jugeait injustifiés, mais il ne voulait pas gâcher leur amitié pour quelques paroles de trop. Il avait bien trop besoin de la jeune femme pour ne pas finir par passer l'éponge. Ils avaient toutefois besoin de parler, de mettre les choses au clair. Ils s'étaient plus disputés ces derniers mois que depuis le début de leur amitié et cela ne pouvait pas durer. Il le refusait.

Meg pris alors le temps de lui expliquer pourquoi elle lui avait parlé ainsi. Elle s'excusa pour ses propos et lui assura qu'elle ne cherchait pas à contrôler sa vie ou ses choix. Elle était tout simplement inquiète pour lui. Elle ne le reconnaissait plus depuis qu'il avait commencé à travailler pour le cabinet et elle avait peur de le perdre.

Castiel la rassura sur tous ces points. Il prit le temps de lui promettre qu'il ne l'abandonnerait pas, qu'il ne choisirait pas ses nouveaux amis plutôt qu'elle. Il la voyait comme la sœur qu'il n'avait jamais eue et cela ne pourrait jamais changer.

Meg sembla rassurée par ce qu'elle entendait. Elle en profita pour s'excuser à nouveau pour avoir tenté de le caser avec Matt. Ils parlèrent ensuite de Dean, du travail de Meg puis de tout et de rien comme avant.

Il y eut quelques cris et de nombreuses larmes de versés, mais, quand ils eurent fini de parler, ils se sentaient bien mieux. Meg avait enfin accepté le choix de Castiel et lui avait accepté le fait qu'elle ne cesserait jamais de s'inquiéter pour lui. Ils avaient fait la paix et mis les choses au clair. Ils pouvaient repartir sur de bonnes bases et avancer dans la bonne direction à nouveau.

Tout était rentré dans l'ordre et Castiel avait enfin la sensation d'avoir repris le contrôle de sa vie. Bien sûr, il lui manquait toujours un élément essentiel, mais rien ne lui garantissait qu'il finirait par le retrouver un jour. Il était toutefois confiant et il voulait voir des signes dans chacun des petits progrès que Dean faisait. Chaque sourire et chaque geste de la main pour le saluer le poussait à croire que son patron commençait doucement à ouvrir les yeux. Il prenait peut-être ses désirs pour la réalité, mais si cela l'aidait à avancer, il n'y voyait aucun mal.

Il avait également réussi à se mettre à jour sur tout le travail qu'il avait en retard. Il se sentait bien plus apte à faire ce qu'on lui demandait et il n'avait plus aucun mal à se concentrer. Il reçut les félicitations de tous ses collègues et il ne put s'empêcher d'être fier à chaque fois.

Il le fut plus encore quand l'un d'eux lui demanda de se charger seul d'une affaire qu'il n'avait pas le temps de démêler. Castiel n'avait jamais encore à gérer un client sans assistance. Il savait que c'était quelque chose d'extrêmement rare pour un employé encore en période d'essai, mais il accepta tout de même sans hésiter une seconde. Il avait envie de réussir et cela passait par ce genre de choses.

Ce n'était pas un dossier compliqué. Il le sut tout de suite en lisant les documents que son collègue lui avait fournis. Le fils d'un de leurs plus importants clients avait reçu de multiples amendes pour des délits routiers dont il jurait ne pas être responsable. Castiel prit le temps de le recevoir et de lui parler pour s'assurer qu'il était sincère. Une fois convaincu, il l'encouragea à porter plainte pour usurpation de plaques d'immatriculation avant de commencer à travailler pour rassembler le maximum de preuves qu'il ne pouvait pas être sur les lieux des infractions.

Il y avait énormément de documents à étudier et Castiel sentit rapidement qu'il perdrait du temps en s'acharnant à les éplucher seul. Il demanda donc à son collègue l'autorisation de demander l'aide de quelqu'un. Une fois qu'il eut le feu vert, il n'hésita pas longtemps avant de choisir à qui s'adresser. Gabriel sembla ravi qu'il le lui propose et il accepta aussitôt. Ils se mirent donc rapidement au travail côte à côte.

Travailler avec Gabriel était facile pour Castiel; ils se comprenaient sans avoir à se parler et se complétaient à merveille. Ils rassemblèrent rapidement toutes les preuves nécessaires et purent enfin demander une date d'audience auprès du tribunal compétent.

Ils n'eurent pas à débattre longtemps sur la manière dont l'audience se déroulerait. Gabriel estimait que Castiel dirigeait l'affaire et qu'en conséquence c'était à lui de prendre la parole et d'interroger les témoins. Le jeune avocat ne l'avait jamais fait avant, mais il s'en savait capable. Il avait travaillé dur pour ça et avait assisté à suffisamment d'audience pour savoir ce qu'il devait faire. Recevoir de surcroît la confiance aveugle de Gabriel était un peu indéniable. Il se sentait fort et indestructible.

Travailler ensemble eut également pour effet de les rapprocher plus encore. Castiel avait rapidement su qu'il pouvait considérer Gabriel comme un ami. Ce n'était pas difficile tant son collègue était amusant, intelligent, drôle et foncièrement bon, mais passer autant de temps avec lui l'avait confirmé à nouveau. Ils avaient beaucoup parlé. De leur passé principalement. Ils avaient échangé quelques secrets et même discuté de leurs plus grosses hontes. Meg resterait toujours sa meilleure amie et sa sœur, mais Gabriel s'était fait une place importante dans sa vie et Castiel ne le regrettait pas le moins du monde.

Il avait été un soutien important avec Dean et avait su trouver les bons mots pour le convaincre de rester. Castiel avait besoin de quelqu'un sur qui se reposer au sein du cabinet. Quand Meg n'était pas là, Gabriel prenait le relais sans problème et Castiel savait qu'il pouvait tout lui dire. Il avait totalement confiance en lui.

Gabriel était, de surcroît, un avocat brillant. Il n'avait pas eu la reconnaissance qu'il méritait tant que Crowley était au cabinet, mais maintenant qu'il était libéré de lui, il s'épanouissait à une vitesse incroyable. Castiel était convaincu qu'il obtiendrait rapidement son propre bureau s'il continuait sur sa lancée. Il se promit d'en glisser un mot à Sam ou Dean s'il en avait l'occasion.

La date de l'audience fut finalement fixée et Castiel et Gabriel s'y rendirent sûrs d'eux et armés de suffisamment de preuves pour que cela ne soit qu'une formalité. Leur client témoigna avec facilité et honnêteté et, sans qu'ils aient réellement besoin de lutter, le juge finit par lui accorder la relaxe. Les preuves étaient suffisantes et encombrer les tribunaux pour des affaires sans intérêt semblait l'agacer. Castiel considéra toutefois ce verdict comme une victoire. L'audience n'avait pas été longue et il n'avait pas eu à argumenter. Il n'avait pas vraiment rencontré de résistance, mais c'était la première fois qu'il faisait face au juge en tant qu'avocat principal. Il estimait avoir le droit d'apprécier sa première réussite.

Leur client les remercia longuement. Il semblait soulagé et content de leur travail. Il demanda même à Castiel s'il serait d'accord pour gérer ses affaires dans le futur. Le jeune avocat n'était pas sûr qu'on lui en donnerait l'autorisation; il restait en période d'essai et il n'avait clairement pas l'expérience de ses collègues. Il n'avait pas même celle de Gabriel. Si le prochain dossier était plus complexe, il ne serait jamais désigné avocat principal, mais il accepta tout de même. Après tout, peut-être que l'insistance de son client suffirait à convaincre Dean et Sam de lui faire confiance.

Ils quittèrent le cabinet avec un sourire aux lèvres et en plaisantant. Gabriel confia alors à Castiel qu'il se sentait bien mieux depuis le départ de Crowley. Il avait jusque-là cru qu'il ne parviendrait jamais à se faire sa place. Il continuait de travailler en espérant se tromper, mais Crowley l'avait pris en grippe. Il lui refusait toute promotion et avait fini par réussir à le décourager. Maintenant qu'il n'était plus là, Gabriel avait à nouveau de l'ambition. Castiel savait qu'il avait tout pour réussir; il était convaincu que Sam et Dean finiraient par le voir aussi. Son ami méritait bien mieux que ce qu'on lui avait accordé jusqu'à aujourd'hui.

Ils parlèrent de leur projet d'avenir durant tout le chemin du retour. Gabriel avait le même rêve que Castiel. Il ne cherchait peut-être pas à devenir associé comme lui – même s'il n'aurait pas dit non – mais il ne se voyait pas faire carrière ailleurs. Il aimait le cabinet et les gens qui y travaillaient. Il voulait se faire un nom et s'imposer. Castiel se promit de l'aider s'il en avait l'opportunité; ils pourraient évoluer ensemble. Se soutenir et s'entraider. Ils étaient plus forts s'ils faisaient front à deux plutôt que batailler chacun dans leur coin.

Ils souriaient toujours quand ils arrivèrent enfin devant l'immeuble où se trouvait le cabinet. Gabriel avait envie de fêter leur première victoire sur un dossier commun, mais Castiel était bien plus raisonnable que lui. D'ailleurs, cette réussite lui avait donné envie d'en connaître d'autres. Il était impatient de s'occuper d'un autre dossier; il avait envie de travailler. Gabriel finit par accepter de le suivre même s'il grimaça jusqu'à ce que les portes de l'ascenseur se referment finalement derrière eux.

Quand elles s'ouvrirent au bon étage, Castiel sentit aussitôt que quelque chose clochait. La tension était palpable autour d'eux et plusieurs de leurs collègues semblaient anxieux. Certains se tenaient dans le hall d'entrée et ne semblaient pas trop savoir ce qu'ils devaient faire. Deux d'entre eux s'engouffrèrent dans l'ascenseur avant qu'eux n'aient le temps d'en sortir. Castiel hésita à leur demander ce qui clochait, mais renonça. Il finirait bien par le savoir. Il sortit de l'ascenseur accompagné de Gabriel et jeta un coup d'œil autour d'eux. Personne ne parlait ou ne semblait avoir envie de retourner au travail. Il s'était forcément passé quelque chose de grave.

Pendant une seconde, Castiel ne put s'empêcher d'être terrifié à l'idée qu'il soit arrivé quelque chose à Dean, mais le fait qu'il n'y ait ni la police ni les services d'urgence au cabinet le rassurait quelque peu. C'était autre chose et c'était suffisamment sérieux pour avoir mis la majorité de ses collègues dans un état de stress évident.

Il ne pouvait pas rester là à attendre de savoir. S'il y avait une quelconque menace, il avait envie d'aider. Il aimait bien trop cet endroit pour ne rien faire pour le protéger. Il jeta un coup d'œil à Gabriel et fut rassuré de voir que son ami semblait au moins aussi déterminé que lui. Il hocha la tête puis se mit en route en quête de réponses.

Les bureaux de Sam et Dean étaient étrangement vides. Les deux frères étaient encore là quand Castiel et Gabriel étaient partis pour rejoindre le tribunal. Leur absence semblait signifier qu'ils étaient impliqués dans ce qui était en train de se passer et cela ne faisait que renforcer l'inquiétude et la détermination de Castiel.

Il remonta les couloirs rapidement et finit par voir son patron et son frère. Il fut soulagé en constatant qu'ils semblaient aller bien, mais ce fut de courte durée lorsque ses yeux se posèrent sur celui qui était très probablement la cause du stress de ses collègues.

Crowley était revenu. Castiel n'avait pas pensé le revoir aussi rapidement et il ne comprenait définitivement pas ce qu'il faisait là. Dean et Sam avaient été clairs avec lui la dernière fois. Ils n'avaient plus sa place au cabinet et il avait l'interdiction d'y pénétrer à nouveau. Il était pourtant là. Il faisait face aux deux frères en plein milieu du couloir, là où tout le monde pouvait les voir et les entendre. Il faisait une scène et ne semblait pas s'en soucier.

- Qu'est-ce que ce salopard fait là? demanda Gabriel dans le dos de Castiel.

Ce dernier haussa les épaules. Il supposait que leur ancien collègue était venu supplier ses patrons de le reprendre. Castiel ne comprenait pas comment il pouvait avoir imaginé qu'il avait la moindre chance de les convaincre. Il n'aurait pas su dire s'il le trouvait foncièrement courageux ou particulièrement stupide. Il se décida à approcher pour entendre ce que Crowley disait.

- Crowley, ça suffit. On s'est tout dit la dernière fois. Je ne vois pas ce que tu pourrais avoir à ajouter et qui serait susceptible de nous faire changer d'avis, expliqua Dean calmement.

Castiel pouvait sentir qu'il était tendu, mais il savait également qu'il cherchait à le masquer pour faire bonne figure devant ses employés. Il leur avait menti sur la raison du départ de Crowley. Par contre, maintenant qu'il était à les supplier devant tout le monde, il allait devoir leur dire la vérité. Ce qui semblait le mettre hors de lui.

- Justement non, on ne s'est pas tout dit. Vous m'avez mis dehors simplement parce que j'ai commis une erreur et je trouve ça injuste. Dean, tu n'arrêtes pas de dire que tout le monde mérite une deuxième chance, mais tu n'as pas été capable de m'en accorder une après tout ce que j'ai fait pour ce cabinet.

Castiel ressentait le besoin de faire savoir à Dean qu'il était de son côté et qu'il était là pour le soutenir. Il s'approcha donc de lui pour qu'il puisse sentir sa présence. Presque aussitôt, il vit les épaules de son patron se détendre. Il avait fait le bon choix.

- Vous devez me reprendre. Je n'ai pas envie de travailler pour quelqu'un d'autre. Je n'ai pas envie de chercher un travail dans un autre cabinet. C'est ici que je me sens chez moi. Ici que je veux être. Vous le savez et… vous n'avez pas le droit de me demander de partir sans me donner une seule chance de me racheter. J'ai compris ce que j'avais fait de mal. Je comprends pourquoi vous étiez autant en colère contre moi, mais vous devez m'accorder une seconde chance. Je vous en supplie. J'ai tout sacrifié pour ce cabinet.

Dean avait les bras croisés sur son torse et se tenait droit comme un « i ». Il vivait mal ce moment. C'était évident pour Castiel et ça l'était sans doute tout autant pour Sam qui se tenait à sa droite, leurs épaules se touchant presque. Ils faisaient front ensemble, comme toujours. C'était ce qui faisait leur force.

- Tu as raison sur au moins un point Crowley. Je suis le genre d'homme à penser que tout le monde a le droit à une seconde chance. Je veux croire qu'il y a du bon en chacun de nous. On peut commettre des erreurs. Elles ne sont pas forcément rédhibitoires et le plus souvent, accorder une deuxième chance permet à ceux qui ont fauté de reprendre confiance et d'exploiter leur potentiel. Oui… je suis prêt à pardonner beaucoup de choses, mais pas ce que tu as fait. J'ai toujours été clair sur ce point. Tu étais même d'accord avec moi.

Crowley hocha la tête, mais ne semblait pas prêt à baisser les bras pour autant. Il était têtu. Castiel trouvait son acharnement stupide et contre-productif. Par contre, un homme désespéré était rarement capable de se montrer lucide et il était évident que Crowley était totalement désespéré.

- Je sais combien je vous ai fait du mal et je sais que trahir votre confiance n'était pas acceptable, mais je l'ai fait avec les meilleures intentions du monde et vous le savez. Je l'ai fait parce que je pensais que c'était nécessaire. Parce que je voulais aider le cabinet. Je peux comprendre que vous me le reprochiez, mais vous ne pouvez pas m'en vouloir éternellement.

- Tu nous as trahis! Tu as mis ma carrière en danger, tu as utilisé ma vie personnelle pour tenter de me détruire et tu continues de me dire que tu l'as fait pour notre bien à tous? Tu me crois suffisamment stupide pour te croire? Tu l'as fait uniquement parce que tu voulais notre place. Parce qu'on se trouvait tous les deux en travers de ton chemin et que tu nous voyais comme un obstacle.

Crowley ouvrit la bouche pour protester – ce qui était inutile – mais Sam lui coupa l'herbe sous les pieds et prit la parole à son tour. Castiel ne l'avait pas entendu jusque-là et il était content de voir qu'il ne resterait pas silencieux. Dean avait besoin qu'il prenne le relais.

- Tu viens ici pour nous supplier de te reprendre et tu déballes tout devant tout le monde sans te soucier une seconde du côté confidentiel que doit avoir une telle conversation. Tu sais que nous ne te pardonnerons pas. Tu sais qu'il est trop tard et que tu es allé trop loin. Tu perds ton temps et tu nous fais perdre le nôtre. Va-t'en.

Castiel était surpris par le ton incroyablement froid de son jeune patron. Il ne parlait jamais comme ça. Il était doux, gentil et chaleureux, mais il semblait fou de colère cette fois. Il avait toutes les raisons de l'être d'ailleurs.

- Je me fiche que tout le monde puisse m'entendre… je suis même content que cela soit le cas. Ils ont besoin de savoir comment vous traitez les gens qui travaillent pour vous. Il est temps pour eux d'ouvrir les yeux sur le genre de patrons que vous êtes vraiment. Je sais que vous leur avez menti sur la raison de mon départ, mais ils méritent de savoir la vérité.

Crowley jeta ensuite un coup d'œil à tous les employés présents. Tous semblaient mal à l'aise. Ils étaient curieux, bien sûr, mais aucun ne hocha la tête pour lui donner raison. Castiel sourit. Ils étaient fidèles à Dean et Sam. Ils demanderaient probablement des explications ensuite, mais ils étaient tous du côté de leurs patrons. Crowley ne les ferait pas changer d'avis. Il reporta son attention sur Dean et Sam après quelques secondes en grimaçant.

- Aucun n'osera vous le dire parce qu'ils savent à présent ce que cela leur coûterait de s'opposer à vous, mais je peux vous garantir qu'ils auront de quoi réfléchir à présent. Vous finirez par payer les conséquences de vos choix. Croyez-moi… quand cela arrivera, ce ne sera pas beau à voir.

Crowley semblait avoir compris que supplier ne le mènerait à rien. Il semblait avoir opté pour une autre méthode tout aussi inefficace : les menaces. Il aurait dû savoir qu'elles ne lui apporteraient rien de bon.

- Vous pouvez continuer à faire comme si tout allait bien. Vous pouvez continuer à vous mentir et à donner bonne figure. Peut-être finirez-vous par vous convaincre vous-même, mais vous ne duperez pas tout le monde très longtemps. Les gens ne sont pas stupides et ils ne sont pas aveugles. Ils finiront tous par se rendre compte que vous n'avez plus les épaules suffisamment larges pour porter ce cabinet seuls. Ils finiront par comprendre que leur avenir est en danger à cause de vous et ils quitteront le navire, vous abandonnant à votre triste sort. Quand ce sera le cas, quand et pas si, je les accueillerais à bras ouverts et je les ferais prospérer. Je leur offrirais tout ce que vous avez été incapables de leur offrir jusque-là et ils m'aimeront pour ça.

Le discours de Crowley commençait doucement à ressembler à celui d'un gourou de secte. Il semblait persuadé que ses anciens collègues finiraient tous par le rejoindre et par l'aimer. Castiel commençait à se demander si ce qui manquait le plus à Crowley n'était en fin de compte pas d'avoir du pouvoir sur ses subalternes. D'avoir de la puissance, d'être adulé et aimé. C'était parce qu'il envisageait sa carrière ainsi qu'il n'aurait aucune chance de convaincre Dean et Sam et de revenir un jour au cabinet. Il était trop différent d'eux.

- Tu les feras prospérer comme tu m'as fait prospérer moi? demanda alors Gabriel.

Tout le monde semble surpris qu'il intervienne. Il ne s'était jamais opposé ouvertement à Crowley jusque-là. Il avait préféré ronger son frein dans son coin en attendant que les choses s'arrangent, mais, maintenant qu'il était libre, il ne semblait plus se soucier de lui dire ses quatre vérités. Castiel ne put s'empêcher de sourire.

- Je ferais prospérer ceux qui le méritent, Gabriel. Je n'ai que faire des imbéciles dans ton genre. Tu n'auras jamais ta place dans un grand cabinet. Tu n'es qu'un bon à rien.

- Ça suffit, intervint alors Dean d'une voix forte. Je peux tolérer que tu m'insultes et que tu me fasses des reproches, mais je n'accepterais jamais que tu t'en prennes à l'un de mes employés. Pas quand tu ne leur arrives pas à la cheville. Gabriel est loyal, intelligent et l'un des meilleurs avocats de ce cabinet. Tu l'as empêché de réussir uniquement parce qu'il te faisait peur et nous avons été suffisamment idiots pour te laisser faire. Parce que, oui, on n'avait pas forcément envie de jouer le rôle du méchant flic, mais c'est terminé.

Castiel posa la main sur l'épaule de Gabriel, content d'entendre Dean dire ce que lui pensait de son collègue. Il n'aurait pas à le convaincre de lui donner sa chance; il savait déjà qu'il avait eu tort de le laisser aux mains de Crowley. Ce dernier ricana alors.

- C'est aux gens avec qui il décide de s'entourer qu'on estime la valeur de quelqu'un. Garde bien ça en tête, Dean, et souviens-toi en quand tu auras tout perdu.

Castiel en avait assez. Il ne supportait plus d'écouter Crowley parler. Gabriel avait eu le courage d'intervenir, mais ses autres collègues semblaient toujours terrifiés. Castiel savait qu'ils étaient pourtant tous du côté de Dean et Sam. Il avait juste trop peur pour le faire savoir. Lui, non. Il fit un pas en avant pour être au même niveau que ses patrons et foudroya Crowley du regard.

- Je ne sais pas si ce que tu dis est uniquement motivé par ta colère et ton désespoir ou si tu le penses vraiment et je ne sais même pas laquelle de ses options serait la plus dramatique. Ce que je sais, en revanche, c'est que tu n'as pas ta place ici. Pas parce que tu n'es pas un bon avocat, je ne doute pas de tes qualités, mais tu n'as rien compris. Tu n'as pas compris ce qui faisait la force de ce cabinet et la force de ses deux patrons. Tu n'as pas compris ce qui motive les gens à rester ici plutôt qu'à aller voir ailleurs.

Il s'interrompit une seconde pour jeter un coup d'œil à Dean et Sam. Il voulait s'assurer que son intervention ne les avait pas mis en colère. Il fut soulagé de les voir sourire tous les deux.

- Nous sommes une famille et nous travaillons les uns pour les autres. Nous ne nous soucions pas uniquement de notre propre carrière ou de notre propre réussite. Nous voyons plus grand. Si nous remportons une victoire alors c'est celle du cabinet tout entier. Parce que nous savons tous la chance que nous avons d'être là. Dean et Sam nous ont accordé leur confiance et nous sommes tous déterminés à leur prouver qu'ils ont eu raison. Pour ça, nous sommes loyaux et nous donnons notre maximum. Pas pour nous, mais pour tout le monde ici.

Crowley secoua la tête. Il semblait trouver les propos de Castiel complètement stupides. Cela n'étonnait pas le jeune avocat. Il n'était pas en mesure de comprendre.

- Ce que tu as fait… ce que tu leur as fait à tous les deux… d'une certaine manière, tu nous l'as fait à nous aussi. Peut-être que mes collègues ici présents n'ont pas la force de te le dire parce que, même partie, tu continues à les terrifier, mais je n'ai pas peur de toi. Je n'ai plus peur de toi. Tes menaces ne m'inquiètent plus parce que je sais qu'elles sont celles d'un homme aux abois. D'un homme qui a pris conscience de ce qu'il a perdu et qui ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Tu cherches des responsables? Regarde-toi dans la glace parce que tu es le seul à blâmer dans cette histoire. Ils t'ont accordé leur confiance et donné des responsabilités ici. Tu as tout gâché en voulant obtenir plus sans réaliser la chance que tu avais et c'est triste. C'est pathétique, mais c'est comme ça.

Crowley semblait avoir été touché par les propos de Castiel. Il tentait de faire bonne figure, mais il était évident qu'il se sentait humilié. Le jeune avocat n'avait pourtant fait que dire la vérité. Que le mettre face à ce que tout le monde pensait sans oser le dire. Il se sentait aussi bien mieux maintenant que c'était fait.

- Ce que tu penses de moi ne m'importe pas, Castiel. Tu n'es rien pour moi. Peu importe la place que tu crois avoir obtenue ou l'importance que tu penses avoir gagnée… tu n'es personne. D'ailleurs, quand on sait ce que tu es prêt à faire pour ça, c'est encore plus vrai. Par contre, je suis sûr que tu n'as pas envie que je donne tous les petits détails à tous tes collègues.

C'était une nouvelle menace, mais cette fois dirigée directement contre Castiel. Ce dernier sentit aussitôt la rage l'envahir. Il aurait probablement tenté d'abattre son poing dans la figure de Crowley si Dean n'avait pas repris la parole avant.

- Je vais appeler la sécurité Crowley. Ils te sortiront d'ici sans ménagement et te jetteront sur le trottoir là où tout le monde pourra te voir. Je ne pense pas que c'est ce dont tu as envie, lança-t-il.

- Je ne suis même pas étonné que tu cherches à le protéger. Je pense juste que tes employés le seraient eux s'ils savaient exactement pourquoi tu…

- Stop, Crowley, stop! le coupa Sam furieux. Je ne veux plus entendre un seul mot sortir de ta bouche ou je peux te jurer que tu le regretteras. Tu as toujours cru que j'étais le plus gentil et le moins à même de prendre des mesures drastiques, mais tu te trompes. Si tu t'en prends à mon frère ou à l'un de nos employés, je te ferais souffrir.

Castiel jeta un coup d'œil, surpris par ce qu'il entendait. Il n'aurait jamais imaginé Sam capable de tenir de tels propos, mais, en le regardant, il sut qu'il était sérieux. Il se tenait droit et sa taille était impressionnante. Crowley semblait minuscule face à lui.

- Inutile d'en arriver là. Je m'en vais, finit-il par accepter.

Castiel laissa échapper un long soupir de soulagement. Il espérait sincèrement ne plus revoir Crowley de sitôt. Il doutait de pouvoir se retenir la prochaine fois. Il haïssait cet homme comme il avait rarement haï qui que ce soit avant. Il représentait tout ce qu'il avait toujours détesté.

- Maintenant, insista Sam en continuant de le toiser de toute sa hauteur.

Crowley le dévisagea une seconde. Il semblait chercher à estimer si son ancien patron était réellement sérieux ou non. Il finit par secouer la tête et par prendre la direction de l'ascenseur. Sam le suivit, sans doute pour s'assurer qu'il partait bien. Son départ ne suffit pas à disperser les employés présents. Tous semblaient attendre quelque chose. Peut-être une explication de la part de Dean ou juste que le choc de la venue de Crowley s'atténue. Castiel n'aurait pas su le dire, mais il était toutefois sûr qu'ils n'obtiendraient rien de Dean. Il était bien trop bouleversé par ce qui venait de se passer pour dire quoi que ce soit.

Le silence devint rapidement pesant. Castiel ne bougea pas non plus. Il ressentait le besoin d'être à côté de Dean pour lui apporter son soutien. Pour que son patron sache qu'il pouvait se reposer sur lui. Sam finit par revenir après quelques minutes.

- Il est parti, déclara-t-il.

Son ton avait changé. Il ne semblait plus en colère. Juste fatigué. Castiel pouvait le comprendre. Il l'était au moins tout autant que lui.

- Je sais que vous avez tous des questions et je peux vous promettre que nous y répondrons. Nous vous dirons tout, mais pas maintenant. Laissez-nous quelques heures pour rassembler nos idées. Remettez-vous au travail.

Castiel jeta un coup d'œil à ses collègues. Certains tournèrent les talons immédiatement, suivant les ordres de Sam et acceptant d'attendre. D'autres restèrent plantés là à regarder Dean et son frère tour à tour. Ils semblaient avoir des questions. Sam leur sourit.

- S'il vous plaît, souffla-t-il.

Cela suffit à convaincre les employés récalcitrants à finalement retourner au travail. Castiel sourit. C'était une des grandes forces de Sam. Sa douceur et sa gentillesse évidentes faisaient de lui un patron idéal. Un patron qu'on avait envie d'écouter et de suivre même si on n'était pas totalement sûr d'approuver ce qu'il demandait et l'entendre les supplier ainsi était la preuve de sa sincérité.

- Je vais aller prévenir la sécurité. Leur signaler qu'ils ne doivent surtout plus laisser Crowley entrer dans le bâtiment. Je ne veux surtout pas qu'un incident comme celui-ci se reproduise dans l'avenir. Est-ce que ça va aller?

Dean tourna la tête vers son frère et haussa les épaules. Il était évident qu'il n'allait pas bien. Les propos de Crowley l'avaient bien plus bouleversé qu'ils n'avaient chamboulé son frère, mais il allait reprendre le dessus. Castiel n'en doutait pas. Il avait juste besoin de quelques minutes.

- Je vais rester avec lui, lança Castiel en regardant Sam à son tour.

- Merci, répliqua ce dernier avant de s'éloigner.

- Le jeune avocat attrapa alors son patron par le bras et le conduisit jusqu'à son bureau. Il le fit entrer et referma la porte derrière lui avant de le relâcher. Il n'était pas surpris que Dean se laisse faire. Il semblait ailleurs. Un peu comme s'il n'avait même pas conscience que Castiel l'avait fait se déplacer. Le jeune avocat le fit s'asseoir sur le canapé dans le coin de son bureau avant de s'accroupir devant lui pour pouvoir le regarder dans les yeux. Il semblait triste et avait les yeux dans le vague. Castiel devait faire quelque chose pour l'aider. Il détestait le voir dans cet état. Surtout à cause de Crowley.

- Est-ce que ça va aller? demanda-t-il alors, reprenant les propos de Sam.

Dean fronça les sourcils une seconde avant de hocher doucement la tête.

- Oui je pense… je… je ne m'attendais pas à ce qu'il vienne et qu'il me dise toutes ces choses. J'ai été pris de court, mais j'irais mieux dans quelques secondes. Je suis juste content qu'il n'ait pas parlé de… de nous.

Castiel était lui aussi soulagé. Il aurait détesté avoir à s'expliquer auprès de ses collègues concernant sa relation avec Dean. Cela ne les concernait pas et il savait que son patron n'était définitivement pas prêt à répondre à leurs questions sur ce point.

- Tu sais que tout ce qu'il a dit est faux. Les gens qui travaillent pour toi… pour vous… ils ont confiance en vous. Ils ne partiront pas. Ils ne vous trahiront pas. Crowley n'a dit ça que parce qu'il est désespéré. Il ne voyait pas d'autre issue, mais il a tort. Vous êtes parfaitement capables de réussir sans lui. Ce cabinet est le vôtre… le nôtre… certainement pas le sien.

Dean sourit. Castiel savait qu'il avait trouvé les mots justes pour le rassurer. Il savait combien cet endroit comptait pour son patron. Il lui avait tout sacrifié et l'idée de tout perdre le terrifiait, mais Castiel était convaincu qu'ils n'avaient pas besoin de Crowley pour réussir. Pas quand ils étaient entourés d'employés qui leur étaient entièrement fidèles. Ils n'avaient pas à avoir peur.

- Tout ira mieux sans lui. Son départ est un soulagement pour beaucoup d'entre nous. Ça devrait en être également un pour toi. Tu as éliminé la menace. Tu peux aller de l'avant. Tu ne dois surtout pas le laisser te déstabiliser et le laisser douter de toi-même. Tu es bien plus fort que lui. Sam et toi vous êtes parfaitement de taille à l'affronter si nécessaire et tu sais que je serais là si vous en avez besoin.

Dean hocha à nouveau la tête. Castiel avait envie de le prendre dans ses bras, mais ce n'était définitivement pas le bon moment ou le bon endroit pour le faire. Ils risquaient d'être vus. Il était préférable de se montrer prudent après ce que Crowley avait laissé sous-entendre sur eux. Il se contenta donc de poser ses mains sur les genoux de Dean pour établir un contact physique. Ce dernier les couvrit aussitôt avec les siennes.

- Est-ce que toi ça va aller? demanda-t-il alors.

Castiel n'avait pas vraiment pris le temps de se poser la question. Il n'avait pas pensé une seule seconde à lui-même. Il devait toutefois reconnaître que ce qui venait de se passer l'avait déstabilisé. Il était en colère. Il était également épuisé, mais il refusait de se laisser aller. Il ne laisserait jamais Crowley gagner.

- Ça va, oui. Je suis fou de rage et j'ai envie de le retrouver pour lui coller mon poing dans la figure, mais sinon, oui… oui ça va, confessa-t-il.

Dean rit alors doucement pendant une seconde, visiblement amusé par l'idée. Castiel l'avait effectivement dit sur le ton de la plaisanterie, mais il n'en pensait pas moins pour autant. L'idée de frapper Crowley jusqu'à le forcer à s'excuser n'était pas pour lui déplaire. Il ne le ferait pas, bien sûr. Il n'avait jamais envisagé la violence comme une solution à ses problèmes, mais Crowley avait le don de le pousser dans ses derniers retranchements.

- Merci d'avoir pris la parole, finit par déclarer Dean en souriant. Merci de nous avoir soutenus et merci d'avoir dit ce que tu as dit. Je sais que Sam l'a tout autant apprécié que moi et je suis convaincu qu'il viendra lui aussi te remercier plus tard.

Castiel ne l'avait pas fait pour obtenir une quelconque gratitude de leur part. Il avait fait uniquement parce que cela lui semblait juste et nécessaire. Parce que Crowley avait besoin d'entendre un de ses anciens employés lui dire ses quatre vérités et, puisqu'aucun de ses collègues n'avait eu le courage de le faire, il s'était chargé de parler. Il ne le regrettait pas.

- Je pensais chaque mot que j'ai prononcé et franchement si je devais le refaire, je le referais sans hésiter une seule seconde. Je sais que tous mes collègues pensent la même chose que moi. Ils n'ont juste pas eu le courage de prendre la parole et je n'ai pas dit tout ça pour vous entendre me remercier ensuite. Tu sais que ce n'est pas le genre d'homme que je suis.

Dean acquiesça une énième fois. Il le savait. Castiel le lui avait suffisamment prouvé pour qu'il n'ait pas le moindre doute, mais l'entendre à nouveau lui faisait du bien.

- Ce cabinet est ma famille. Je l'aime et je ne laisserais personne tenter de le détruire. Je ne laisserais personne s'en prendre à lui ou à nous. Je suis capable de tout pour lui.

- On a de la chance de t'avoir, souffla alors Dean.

- J'ai moi aussi de la chance que vous m'ayez choisie. Disons que c'est gagnant-gagnant et restons-en là, d'accord?

- D'accord.

Castiel sourit alors. Il savait qu'il avait fait le tour de la question. Il était grand temps pour lui de retourner travailler. Rester plus longtemps seul avec son patron ne ferait qu'éveiller un peu plus les soupçons de ses collègues. Cependant, l'idée d'abandonner Dean seul dans son bureau à penser et repenser à ce que Crowley avait dit et a imaginé ce qu'il ferait maintenant ne lui plaisait pas vraiment.

- Je sais ce que tu te dis et ce que tu penses, mais je vais mieux. Tu devrais retourner travailler. Je ne veux surtout pas que les autres puissent se poser des questions sur toi.

- Tu es sûr que ça va aller?

- Je le sais… et de toute façon, quelque chose me dit que Charlie, Kevin et Sam ne vont pas tarder à venir prendre le relais. Tu sais comment ils sont avec moi.

Castiel le savait parfaitement oui. Ils étaient tous les trois extrêmement protecteurs envers son patron et il leur faisait entièrement confiance pour l'aider. Il avait juste envie de rester et de faire partie de ceux qui lui remonteraient le moral. Il avait toutefois conscience qu'il n'avait pas sa place là pour le moment. Il se redressa donc après un dernier sourire. Il jeta toutefois un dernier coup d'œil à Dean avant de partir. Il avait retrouvé des couleurs et semblait réellement aller mieux.

- Tu sais où me trouver si tu as besoin de parler ou… de quoi que ce soit d'autre, rappela-t-il.

- Je sais Cas… Ne t'en fais pas, je le sais.

Castiel acquiesça alors avant de tourner les talons. Il se força à ne pas regarder Dean une dernière fois avant de quitter le bureau. Il savait qu'il ne pourrait pas résister à l'envie de revenir vers lui s'il le voyait une dernière fois. Il remonta le couloir sans se retourner, mais fut arrêté par Gabriel en chemin.

- Comment va Dean? demanda ce dernier aussitôt.

- Il va bien… mieux. Il est encore sous le choc de ce qui est arrivé, mais il va mieux.

Gabriel sourit, visiblement soulagé avant de reprendre la parole.

- Je pense qu'on devrait rester vigilant. Quelque chose me dit que Crowley n'en a pas fini avec nous. Je le sais capable du pire pour se venger.

Castiel le pensait aussi et il allait se tenir prêt. Il ferait en sorte de l'arrêter avant qu'il ne puisse tenter quoi que ce soit. Il ne serait pas le seul.

- Je le pense aussi, assura-t-il. Quand cela arrivera, on devrait faire front commun, mais, pour le moment, on doit se remettre au travail. Laisser ce qu'il a fait nous perturber plus longtemps reviendrait à le laisser gagner et je m'y refuse.

- Je refuse aussi, mais… si tu as l'occasion, dis juste à Dean que tout le monde est de son côté et que personne… personne ici n'envisage une seconde de rejoindre Crowley. On sera à leurs côtés à Sam et lui si toutefois il tente quelque chose.

- Je le ferais, promit Castiel.

Il l'avait déjà dit à son patron, mais il le ferait à nouveau sans hésiter. Il savait que Dean avait besoin de l'entendre encore et encore pour réellement le croire. Ils allaient se tenir prêts à faire face à Crowley. Ils garderaient un œil sur lui et l'empêcheraient de faire du mal aux deux frères. Castiel ne s'était peut-être jamais battu physiquement dans sa vie, mais il était suffisamment intelligent pour savoir comment faire du mal à quelqu'un sans le frapper. Il n'hésiterait pas une seule seconde, peu importait l'ennemi à qui il devrait faire face. Il devrait passer sur son corps avant d'atteindre Dean ou Sam et cela lui coûterait cher.