Disclaimer : Les personnages des chevaliers du zodiaque ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !
Couple : Nan, je vais pas faire la liste, ou sinon, c'est po rigolo :p
Rating : M.
Je suis de retour à la maison !! Avec notre petit chien fille qui se met sur le dos pour qu'on lui caresse le bidon :-)
Lys : Cool.
Oh, arrête de me bouder !
Lys : Nan, mais là, vu comment c'est parti... Maman T.T
Ah ouais, tu vas souffrir, ma grande (gênée)
Lys : Marre, toujours sur moi que ça tombe !
Et oui (très gênée)
Lys : Bon, bref, passons, on va pas se lamenter éternellement !!
Yeah :-)
Lys : On apprend un truc dans ce chap, c'est bien !
Ouais, on avance !! T.T
Lys : Mouais, un peu...
:-)
Bonne lecture !
Chapitre 37
Découverte
Bien qu'il soit du genre à ne pas traîner au lit, ce matin-là, son seul désir était de rester allongé dans la tiédeur de ses draps. Aldébaran était las, mais il n'arrivait à faire taire cette petite voix qui clamait qu'il fallait qu'il se lève pour monter au dernier temple. La veille, cette idée ne l'aurait pas du tout ennuyé, mais aujourd'hui, c'était différent, et il aurait préféré resté chez lui. Certes, il n'avait aucune obligation, il pouvait manger dans son temple, mais il était soucieux, et le mieux était de rejoindre les autres en haut.
D'un large mouvement, il rejeta tout sur le côté, puis le brésilien se leva pour aller prendre une bonne douche. Cela allait le réveiller, et il avait besoin d'avoir les idées claires. Comme les autres, il était soucieux, cette nouvelle guerre qui se préparait ne lui plaisait nullement, et il comprenait pourquoi ils étaient revenus. Pour affronter un nouveau dieu. Pour mourir pour Athéna. Le Taureau se rendait compte, au fil des jours, qu'il avait changé. Car autrefois, cette idée de mort ne l'effrayait pas tant que ça. Mais maintenant, il était contre. Mourir de cette façon lui devenait insupportable.
Aldébaran savait qu'il n'était pas le seul à penser ainsi. Il suffisait de voir le nombre de couple qui s'était formé, ou plutôt le nombre de personne qui avaient décidé de vivre leur amour. Ces chevaliers-là n'avaient plus le désir de mourir pour leur déesse. Se battre ne leur posait pas vraiment de problème, mais mourir… Ou voir mourir…
Le Taureau savait qu'il ne pourrait supporter de voir l'un de ses compagnons d'arme, l'un de ses amis, périr sous ses yeux, ou retrouver son cadavre. Car c'est ce qu'il avaient fais, lors du premier affrontement. Ramasser les corps de Masque de Mort, Shura, Camus, Aphrodite puis Saga. La tristesse qu'il avait pu ressentir ne serait pas comparable à celle qui éprouverait s'il devait faire cela à nouveau.
Le Taureau sortit de son temple et se dépêcha de monter. Il rencontra au passage Shaka et Aiolia. Il les trouvait mignon, et n'était pas du tout choqué de les savoir ensemble. Bon, il devait avoué qu'il avait été très étonné pour Shaka, qu'il croyait plus porté sur les femmes. Mais après tout, chacun mène sa vie comme il le pensait, et le brésilien les encourageait. Il avait été surpris également par Mû et Saga. Enfin, c'était surtout la différence d'âge. Cependant, le visage du grec s'était adouci, et ils semblaient heureux. La guerre ne pouvait pas tomber plus mal.
Ils arrivèrent au dernier temple. Sans un mot, ils allèrent dans la salle à manger, où il tout le monde, ou presque, était déjà arrivé. Il s'assirent discrètement, et se mêlèrent aux conversations. L'inquiétude se sentait, on attendait les nouvelles, comblant l'attente dans des tasses de café ou de thé. Sion, Dohko et Lys n'étaient pas encore arrivés. Au bout d'un bon quart d'heure, les deux premiers entrèrent dans la pièce. Le silence vint, ils s'assirent en leur faisant signe qu'ils n'avaient pas plus de nouvelles, et les conversations reprirent avec mal.
Soudain, un grand souffle d'air pénétra dans la pièces. D'un mouvement vif, les chevaliers se levèrent, et virent avec stupéfaction une porte dimensionnelle s'ouvrir. Un trou sombre et en mouvement s'élargissait dans le mur. Les yeux rivés sur cette tâche énorme, sur leurs gardes, les hommes attendirent qu'elle se ferme, ou que quelque chose entre. Et, justement, le quelque chose entra, en poussant un « J'ai rien fait !!! » strident.
Lys sauta du trou, se retrouva sur la table à manger, et elle courut en évitant tout ce qui était posé dessus, apparemment affolée. À sa suite, une vieille femme sortit du trou, vêtu d'une longue toge rouge, un bâton à la main, d'une maigreur affolante, en poussant un « Revenez ici, c'est un ordre !!! ». Une autre entra, deux fois plus épaisse, et elle suivaient la blonde, sans toute fois arriver à éviter les objets et la nourriture posés sur la table. Les chevaliers les regardèrent passer, effarés, sans pouvoir dire un mot.
La blonde sauta de la table et atterrit souplement derrière Sion, qui frappa un grand coup sur la table. De suite, les deux vieille femmes s'arrêtèrent de courir. Lys se cacha derrière son cadet, frissonnante sous les regards furieux des prêtresses.
« Je peux savoir ce qu'il se passe ?
- J'ai rien fait !!
- Cette… femme a tenté un sacrilège ! S'exclama la plus maigre.
- Qu'est-ce que t'as fait comme bêtise encore ?
- Moi ?? Mais rien !!
- Qu'a-t-elle fait ?
- Elle a voulu séduire notre déesse Artémis !!
- C'est pas vrai ! C'est elle qui est venue dans ma chambre, j'ai rien demandé, moi !!
- Elle a quel âge ?!
- Vingt-deux ans, et non deux ! Ils ont oublié un chiffre dans le rapport.
- Et tu as cédé à ses avances ?
- Non mais ça va pas ?!
- Vous voulez conquérir notre chère Artémis, n'est-ce pas ?! S'écria la seconde.
- Non merci, trop peu pour moi.
- Alors pour quelle raison êtes-vous venue ?!
- C'est maintenant que vous posez ce genre de question ? Il est pas un peu tard ?
- Pas eu le temps de leur expliquer, Artémis ne m'a pas lâchée une seconde.
- Qu'avez-vous fait avec notre déesse ?!! Hurlèrent les deux femmes.
- Mais rien du tout !! C'est pas parce que vous auriez voulu être ses favorites qu'il faut croire que moi aussi je le veux !!
- Mais ça ne va pas ?!!
- Moi ? Si, très bien.
- Bon, excusez-moi de vous déranger dans cette amicale discussion, mais est-ce que vous pourriez descendre de cette table ?
- Sion, tu vois pas que tu déranges ?
- A-t-on idée de papoter sur une table, franchement ?
- Lys de Jamir !!
- Oui, c'est moi ?
- Je vous interdit de remettre les pieds sur notre île, vous entendez ?!
- Pas de problème, je ne viendrai plus me faire harceler par Artémis, ne vous en faites pas.
- Si vous y remettez les pieds…
- Je subirai la punition divine, c'est bon, j'ai compris.
- Adieu.
- C'est ça, bye bye. »
Sion soupira, il regarda, exaspéré, les deux vieilles refaire le chemin sur la table, furieuses, peu inquiètes des regards posés sur elles. Elles ouvrirent une porte dimensionnelle et s'en allèrent par cette entrée. Un silence s'installa dans la pièce, les chevaliers se tournèrent vers le frère et la sœur.
« Sales veilles ! Comme si ça m'intéressait d'être la favorite à Artémis !
- Tu l'as encore approchée trop près, apparemment.
- C'était ça ou je me faisais poursuivre par toute sa troupe de prêtresses ! Et Artémis est violente, c'est pour dire. Elle a tapé des amazones qui me regardaient trop. »
Lys fit une grimace éloquente, tout en se rappelant des regards appréciateur de ces femmes sur elle. Oh non, elle n'aimait pas ça du tout. Elle n'avait contre les femmes, ni celles qui en aimaient d'autres, mais quand ça la concernait, elle ne pouvait pas le supporter.
« Je croyais que tu n'avais rien comme les homo.
- Rien contre les homo quand ça ne me concerne pas ! Elles me déshabillaient du regard, c'est très gênant !!
- Tu as des nouvelles, alors ?
- Rien du côté d'Artémis. J'ai causé avec Apollon, j'aimais pas du tout son regard, mais qu'est-ce qu'ils ont tous ?? Bref, rien non plus. Bon, moi, je vais me prendre quelque chose en cuisine. Ça devrait interdit de marcher sur la nourriture !!
- Tu n'as rien mangé ?
- Pour tomber sur un aphrodisiaque ? Non merci, trop peu pour moi ! »
Sur ces mots, Lys partit se chercher à manger. D'un même mouvement, tout le monde tomba sur sa chaise, encore soufflé de cette petite scène.
OoO
« Kanon, si tu n'arrêtes pas de gesticuler, je t'assomme. »
Kanon se laissa tomber sur le canapé. Il poussa un soupir et posa sa tête sur l'épaule du spectre, qui le repoussa un peu pour glisser son bras autour de ses épaules. Le grec ferma les yeux, et malgré le calme de la pièce et la main qui lui caressait les cheveux, il n'arrivait pas à se calmer. Ses pensées revenaient vers Saga, il se faisait beaucoup de soucis pour son frère qui refusait d'en parler. Non pas qu'il était dangereux, mais l'autre pourrait vraiment revenir, et ils pourraient le perdre. C'était ça qui lui faisait peur.
De son côté, Rhadamanthe n'était plus sûr de rien. Il devait avouer que savoir le frère de son amant sous l'emprise de cette seconde personnalité l'ennuyait, car il appréciait le grec. Il avait cru un moment deviner ce qu'il s'était passé, mais il avait des doutes. Il était d'accord pour avant, mais maintenant, ce n'était plus possible, cet autre devait avoir disparu. Mais il était là, et dans ce cas, suivant son raisonnement, la situation serait plus dangereuse qu'il ne l'avait pensée. Non, c'était impossible, il le savait. Mais alors, pourquoi Saga était-il encore possédé ? Des questions sans réponses .
« Rhada', j'en peux plus.
- Je sais. On va aller voir Saga, tu ne tiens plus en place.
- Qu'est-ce que je peux faire pour l'aider ?
- Rien. Ce n'est pas toi que cet « autre » veut.
- Pourquoi lui et pas moi ?
- Qu'est-ce que j'en sais ? Arrête avec tes questions débiles. »
Le grec fut sur le point de répliquer quand le spectre s'empara de ses lèvres tendrement. Kanon soupira à nouveau, alors que Rhadamanthe lui prenait la main et l'incitait à se lever aussi. Il n'avait pas tord, le mieux pour le moment était d'aller voir son frère, et de s'assurer qu'il allait bien. Lui et Mû. Il aimait bien le Bélier, et il lui était reconnaissant du bonheur qu'il apportait à son jumeau. Quand il l'avait vu aussi fatigué, ça lui avait foutu un coup.
Ils sortirent du temple des Gémeaux, que Saga leur avait gentiment laissé. Kanon était content, il pouvait se disputer avec Rhadamanthe à son aise, sans avoir son frère à côté pour se moquer de lui, ce que regrettait d'ailleurs le spectre. Il pouvait également se faire câliner partout, et ne plus se contenter du lit.
Le général ne l'aurait jamais avoué à son frère, il se serait bien pris un coup sur la tête. Si Saga avait su qu'ils batifolaient dans sa jolie salle de bain, nul doute qu'il lui aurait botté les fesses. Mais c'était des moments intenses où ils quittaient la Terre pour monter plus haut. Des moments qui n'appartenaient qu'à eux.
« Rhadamanthe ?
- Hm ?
- T'en penses quoi, de cette nouvelle guerre ?
- Pas grand-chose, à part qu'il va y avoir encore des morts pour des raisons débiles.
- Tu étais du côté d'Hadès, je te signale.
- Et toi de Poséidon.
- Je sais… »
Kanon se mordit la lèvre. Il se regardait pas Rhadamanthe, mais ce dernier pouvait lire dans ses yeux l'inquiétude face au futur, et également du parti à prendre. Kanon n'avait pas d'armure, mais il appartenait tout de même à Athéna, bien qu'il soit aussi un général de Poséidon.
Sa voie était tracée, il serait du même côté que son frère, il se battrait du mieux qu'il pouvait. Mais ce que devinait le spectre, c'était ses interrogations pour lui. De quel camp était-il ? Allait-il se battre ? Ils n'étaient pas du même monde, après tout. Mais Rhadamanthe avait déjà choisi. Depuis longtemps. Il attrapa la main de son amant, qui tourna la tête vers lui, surpris.
« Fais comme tu le sens. Mais je te suivrai, quel que soit ton choix. »
Ses joues rosirent, Kanon ne savait quoi dire. C'était les mots qu'il attendait, en fait. Il embrassa le spectre sur la joue, pour lui dire « merci ». Ses doigts se resserrèrent sur l'autre main. Ils continuèrent leur chemin sans un mot de plus, et bientôt, ils pénétrèrent dans les appartements du Bélier, qu'ils trouvèrent dans le salon en train de lire, seul.
« Saga dort.
- Il est fatigué ?
- Un coup de barre.
- On devrait peut-être en parler à Sion, tu ne crois pas ? »
Le grec interrogea son amant des yeux, il n'était pas sûr que ce soit la meilleure chose à faire, puisque de toute façon, ils étaient impuissants face à l'autre, malheureusement. Mais il fallait bien que le Grand Pope le sache un jour.
« Je ne pense pas qu'il puisse faire grand-chose, répondit le britannique. Mais bon, il faudrait bien le lui dire un jour.
- Je vais aller le voir, affirma Mû.
- Je t'accompagne, ajouta Kanon.
- Je reste, au cas où. »
Mû le remercia, et lui et Kanon sortirent du temple. Ils se regardèrent, et sans un mot, le Bélier les téléporta au dernier temple, c'était plus rapide. Tous deux traversèrent les couloirs en direction du bureau de Sion, où ce dernier devait se trouver, vu l'heure. Ils rencontrèrent trois servantes, mais ils ne leur portèrent que peu d'attention, alors qu'elles rougissaient en gloussant.
Enfin, les deux hommes arrivèrent devant la porte, et ils hésitèrent à frapper. Finalement, Kanon toqua, et Sion les invita à entrer. Ils firent peu attention au désordre ordonné du Grand Pope qui lisait, visiblement avec rage, une feuille, qui devait être très certainement un rapport. Il leva les yeux de son papier.
« Oui ?
- Nous voudrions te parler de quelque chose d'important.
- Asseyez-vous. »
Mû et Kanon prirent place sur les deux chaises placées devant le bureau. Sion arrangea ses papiers et regarda ses deux chevaliers, leur accordant toute son attention.
« Qu'y a-t-il ?
- C'est à propos de Saga, commença Kanon.
- Saga ?
- L'autre est revenu. »
Un silence suivit la réplique du Bélier. Sion examina son visage, puis celui du général, et il put y voir l'inquiétude. Il cacha la sienne, et freina sa colère.
« Et depuis quand le savez-vous ?
- Il a perdu la tête, un jour, répondit Mû. Il y a trois jours, le soir, il a entendu l'autre lui parler.
- Et pourquoi vous ne m'en avez pas parlé ?
- On… Hésita Kanon. On n'osait pas… »
Sion, du calme, on reste zen, on ne les tue pas, on ne les étrangle pas… S'automotiva -t-il.
« Vous n'auriez pas pu m'en parler avant ?!
- On n'osait pas, j'ai dit !
- C'est pas possible, il manquait plus que ça !
- Bonjour !! »
Lys entra, toute pimpante, et malgré la vue de son frère apparemment très énervé, son sourire ne tomba pas. Elle prit plutôt parti de s'enfuir, mais…
« Lys !!! »
Elle n'en eut pas le courage. Telle une petite fille ayant fais une bêtise, elle se retourna vers son cadet.
« J'ai fait quelque chose qu'il fallait pas ?
- Oui, et c'était d'entrer dans mon bureau sans frapper !
- Parce qu'il faut que je frappe, maintenant, pour entrer ??
- La politesse, tu connais ?!
- Je suis pas une demeurée, non plus !!
- Bon, tu vas chez Saga, l'autre est revenu, apparemment.
- Bien, il ne manquait plus que ça.
- Ça se voit que vous êtes frère et sœur.
- Kanon, je ne t'ai rien demandé…
- Et que veux-tu que je fasse ?
- Va juste voir dans quel état il est. Et si on peut se débarrasser de ce parasite.
- Ce parasite, comme tu dis, même si je pouvais m'en débarrasser, je ne le ferais pas. »
Kanon et Mû sursautèrent, dévisageant la jeune femme qui semblait sérieuse. Le grec n'en croyait pas ses oreilles.
« Mais pourquoi… ?
- Lys, essaye quand même.
- Écoute, je ne vais quand même pas réveiller ce gars-là pour lui dire de s'en aller ? Je ne peux rien faire. Enfin, si, je pense, mais tu vois, tuer Saga ne me dit pas grand-chose. Je préfère ne pas prendre de risques.
- Il y a un moyen de le sauver ?
- Je pense, Mû, mais… Je vais aller le voir.
- Rapporte-moi de bonnes nouvelles.
- Désolée, petit frère, elles seront mauvaises. »
Sur ces mots, Lys sortit de la pièce. Les deux hommes se levèrent précipitamment et partirent à sa suite en claquant la porte derrière eux. Sion soupira, il était fatigué, très fatigué. Lys se téléporta directement dans le premier temple, suivie par Mû et Kanon. Elle rentra dans ce temple qui avait été autrefois le sien comme si elle était chez elle. Dans le salon, elle trouva Saga et Rhadamanthe. Mû fut surpris.
« Tu ne dors plus ?
- Non, j'ai mal à la tête.
- Attention, Docteur Lys va t'examiner !
- Ne lui fais rien de mal.
- Ne t'inquiète pas, je ne vais rien lui faire de mal, à ton frère ! »
Rhadamanthe se leva du canapé, Lys prit sa place. Saga n'était pas rassuré. Il aurait préféré que Sion ne soit pas au courant, ni Lys d'ailleurs. Avoir ses yeux bleus si clairs posés sur lui le gênait, il avait l'impression d'être un monstre devant un ange. Mais Lys n'éprouvait aucun dégoût vis-à-vis de lui, et c'est sans gêne qu'elle s'assit en tailleur sur le canapé, face à lui.
« Maintenant, tu vas fermer les yeux, et penser très fort à l'autre.
- Comment ?
- Fais ce que je dis. »
Après un soupir, Saga ferma les yeux. Il tenta de faire le vide dans sa tête, puis de penser à l'autre. Cela fut plus difficile qu'il le pensait. La peur montait en lui, il sentait qu'il ne pourrait plus revenir en arrière, qu'il serait à la merci de l'autre, cet être qui avait détruit sa vie. Il se pinça la lèvre, pensant à Lys devant lui, qui devait attendre. Il brisa ses barrières, oubliant tout ce qu'il y avait autour de lui, se focalisant sur l'autre. Son visage apparut devant ses yeux, ses visage si semblable au sien, avec ses yeux injectés de sang et son sourire démoniaque.
Sa voix rauque résonna dans son esprit, mais il n'entendit rien. Le grec fronça les sourcils, essayant d'entendre ce qu'il disait, sans toutefois y parvenir. Pourtant, il entendait le son grave, mais c'est comme si on l'empêchait d'écouter. Comme si on le protégeait pour ne pas qu'il l'entende. Comme si on lisait en lui. Il frissonnait, il sentait l'autre chercher à prendre sa place, sans y arriver. Saga ne paniquait pas, il aurait pu, mais il se sentait en sécurité, comme si rien ne pouvait lui arriver. Une voix parvint à ses oreilles.
« C'est bon, tu peux rouvrir les yeux. »
Le chevalier obéit, les ouvrant d'un coup. Il retomba dans son monde, un peu sonné.
« Alors ?? S'enquit Kanon.
- On est pas sorti de l'auberge. Cette bestiole n'est pas décidée à sortir.
- Qu'est-ce que tu as fais ? Lui demanda Mû.
- J'ai juste regardé ce qu'il avait dans la tête.
- Tu es capable de faire ça ? S'étonna l'ancien général.
- Faut croire.
- Qu'est-ce qu'on peut faire pour le faire partir ? Questionna Rhadamanthe.
- Rien. Il faut juste attendre que l'autre fasse son apparition, et on verra à ce moment-là. »
Saga se massait la tempe, il avait un peu mal à la tête. Attendre que l'autre fasse son appariation ? Non, jamais. Il ne le laisserait plus jamais revenir, plus jamais. À cause de lui, des gens étaient morts. Il n'avait pas réussi à le contrôler, à le surpasser. Il était faible, il était aussi responsable. Tout était de sa faute. Il ne laisserait plus jamais l'autre prendre sa place, pour compter ensuite sur ses doigts le nombre de personnes décédées.
« Ce n'est pas de ta faute. »
Le Gémeau leva les yeux, surpris. Lys, toujours en tailleur, le regardait comme elle aurait regardé n'importe qui, avec cette innocente de petite fille.
« Tu n'y es pour rien, ce n'est pas de ta faute.
- Je pouvais le maîtriser.
- Non, tu ne pouvais pas. Tu n'en avais pas la force. Personne ne peut l'avoir. C'est tombé sur toi. C'est tout. »
Sa tête se baissa. Ces mots, malgré son dégoût de lui-même, il aimait les entendre. Il aimait savoir que quelqu'un le croyait vraiment innocent, que quelqu'un ait vraiment conscience qu'il n'y était pour rien. Que ce n'était pas de sa faute. Même s'il était persuadé du contraire. Même s'il savait que c'était lui qui avait tué ces gens, qui avait tué ses compagnons d'armes.
Kanon, Rhadamanthe et Mû regardaient Lys, qui poussa un soupir, comme si elle était forcée de dire quelque chose qu'elle aurait préféré garder pour elle.
« Personnellement, je n'ai jamais subi… ça. Mais j'avais un ami qui avait le même problème que toi.
- Comment ?! »
Saga releva la tête, stupéfait.
« Le chevalier du Cancer. Il était adorable. Un peu gamin, mais bon, il savait être sérieux quand il le fallait. On s'est tout de suite bien entendu, et du moment qu'on ne marche pas sur ses plates-bandes, il est doux comme un agneau. Un jour, il s'est disputé pour une bêtise avec un autre chevalier d'or, et ils se sont affrontés. Nous les avons retenu à temps, où nous étions parti pour longtemps. Puis, il s'est calmé. Le temps passait, et il devenait bagarreur. Il était déjà impulsif, mais là, ç'a empiré. Il s'énervait pour un rien et avec n'importe qui. Ç'a duré un an. Un an où il a traîné ce mal qui le rongeait peu à peu. Quand nous nous sommes rendu compte de ce qui lui arrivait, il était trop tard. Il était déjà parti. »
Saga assimilait ce que la jeune femme lui disait. Elle le regardait dans les yeux, et il pouvait y lire le remords. Elle n'avait pas fais ce qu'elle aurait dû faire. Elle n'avait pas réussi à s'en rendre compte suffisamment tôt pour l'aider. Il avait souffert. Et son entourage aussi.
« Il est… mort ? Hésita Mû.
- Non. Nous avons tout fait pour le ramener. Nous le croyions perdu. Mais finalement, j'ai réussi à le ramener, et à expulser l'autre. Nous n'avons jamais su s'il en avait vraiment été débarrassé. Il a failli mourir. Mais il était résistant, et il s'en est remi. Du moins physiquement. Son esprit était toujours perturbé, il s'en voulait, il se croyait coupable. Mais il ne l'était pas. Ce n'était pas de sa faute. Il n'avait pas choisi ce qu'il s'était passé.
- Mais pourquoi est-ce qu'il n'a rien dis ? S'étonna Saga. Moi, je ne l'ai pas senti… Mais lui, si.
- L'amour. »
Lys baissa les yeux, une ombre passa une son visage toujours souriant.
« Il ne voulait que son amoureux soit dégoûté de lui. »
Puis, elle releva la tête.
« L'Amour, ça rend bête. Il se tuait pour ne pas que son chéri le quitte. »
Pour cette raison idiote. Toujours à penser à lui avant les autres, avant lui-même. Toujours à vouloir affronter les choses seul pour ne pas l'inquiéter.
« Tu comprends… Je ne pouvais pas le lui dire… Je l'aurais peut-être perdu… »
Il n'avait plus de famille, plus rien, à part lui. Lui, c'était toute sa vie. Il l'aurait sacrifiée pour lui, sans aucun doute. Il l'aurait protégé contre tous les dangers. Il lui aurait décroché la lune.
« Je l'aime… Je ne veux pas le perdre… Tu comprends, n'est-ce pas ? »
Aucune rumeur ne l'atteignait, il croyait en eux dur comme fer. Il avait confiance, son amoureux ne les aurait jamais trahi. Il ne l'a jamais fait. Ils étaient heureux. Ensemble.
« Qu'est-ce que je serais, sans lui ? Si tu savais comme je m'en veux… J'ai voulu… J'ai voulu le tuer… Je l'aime… »
Et lui aussi, il l'aimait. Elle savait que sans lui, Yôji serait tombé. Et jamais elle n'aurait pu le relever. Le ramener. Car sans Kyosuke, il ne pouvait plus vivre. Sans son cœur, on ne peut plus vivre. Ce n'était pas de sa faute.
« Alors il faut que tu te rentres dans la tête que tu n'y es pour rien. Car tu n'as pas voulu ça. Et tu ne pouvais pas te battre. Ne fais pas comme lui. Quand tu te sens tomber, il faut le dire. Quand tu le sentiras remonter, appelle-moi, et je vais essayer de te sortir de là. »
Elle lui fit un sourire rayonnant. Le genre de sourire qui vous rassure et qui vous montre que la partie n'est pas encore finie, qu'il y a encore un espoir. Tout petit. Mais un espoir.
Saga avait le cœur serré.
OoO
On toqua à la porte. Étonné, Jabu se leva et l'ouvrit. Un sourire éclaira ses trait quand il reconnut Seiya et Kiki. La Licorne attrapa son demi-frère et ils se serrèrent dans leurs bras, en guise de bonjour. Jabu ébouriffa les cheveux de l'enfant qui lui fit un grand sourire, puis les invita à entrer. Tous deux s'empressèrent de pénétrer dans le refuge, où ils trouvèrent un certain nombre de personnes blessées. Kiki les regardait, un sourire timide sur les lèvres, en réponses à ceux qui éclairaient le visage de ces blessés. Jabu questionna son demi-frère étonné de le voir là, mais ravi.
« Que fais-tu ici ? Tu ne me déranges pas du tout, mais je suis étonné !
- Je voulais savoir comment se portait tout le monde. Et Edha aussi.
- Elle va bien, et ça grâce à Lys. Quand tu rentreras au Sanctuaire, n'oubli pas de la remercier encore pour ce qu'elle a fais.
- Je n'y manquerait pas !
- Vous allez bien rester manger avec nous ?
- On ne veut pas vous déranger…
- Mais pas du tout, voyons ! »
Edha entra dans la pièce, toute timide. Elle inclina la tête, Kiki courut vers elle pour l'embrasser sur la joue. Seiya resta statique quelques instants. Pendant une seconde, il avait cru voir la Princesse entrer, avec son long vêtement noir. Certes, la jeune fille portait un sari bleu et son teint était plus bronzé, mais son œil gauche traversé par cette longue cicatrice lui donnait une impression de déjà-vu. Mais il se reprit, et il salua joyeusement Edha, qui rougissait.
Il était midi, et Kiki disparu quelques instants pour prévenir Mû qu'il déjeunerait avec Seiya en Inde. Il ne voulait pas inquiéter son maître. Des femmes servirent à manger dans des bols, du riz et de la soupe. Elles eurent honte de servir cela à Seiya et Kiki, mais ces deux-là ne dirent rien et mangèrent leur maigre repas sans un mot. Jabu servit d'interprète aux blessés, qui demandaient des nouvelles de Shun, et de cet ange qui les avait en partie soigné. Ils les rassurèrent, ils allaient bien tous les deux.
Le repas finit, les femmes ramassèrent les bols et assiettes pour les laver, les mieux portants changèrent les bandages des blessés. Kiki partit aider à la vaisselle, il ne voulait pas voir les blessures. Déjà qui avait du mal à trouver un endroit où poser les yeux, avec ces visage blessés, ces torses bandés et ces corps mutilés, ce n'était pas pour voir ces grandes plaies rouges de sang. Seiya et Jabu s'y attelèrent, bien que Pégase soit gêné de voir de telles blessures, ainsi que ces gens allongés et incapable de bouger, sur leurs lits de fortune.
La Licorne, après un petit baiser sur la joue de sa fiancée, partit voir son ami, l'autre chevalier, pour prendre des nouvelles de son propre refuge. Kiki l'accompagna, il avait envie de bouger un peu. Seiya se retrouva donc seul avec Edha, et il se dit que c'était le bon moment pour agir. Avec Jabu dans ses pattes, il ne pouvait s'adresser à la jeune fille seul à seul. Cela aurait parut louche. Pégase trouva la jeune fille dans la cuisine, ou du moins ce qui tenait lieu de cuisine. Elle semblait fatiguée. Il décida de ne pas y aller par quatre chemins.
« Edha, je peux te parler ?
- Oui, bien sûr.
- J'aimerais… que ça reste entre nous. Que tu n'en parles pas à Jabu. »
La jeune fille ne comprit pas, mais elle acquiesça quand même. Seiya attrapa une chaise et s'assit devant elle. Il avait toute son attention.
« Voilà. Jabu t'a parlé de… nous, n'est-ce pas ?
- Des chevaliers d'Athéna, oui, bien sûr.
- Serais-tu la princesse ? »
Edha ouvrit de grand yeux, surprise. Seiya se dit qu'il était sur la bonne voie. Peut-être l'avait-il trouvé. Ou peut-être la trouverait-il. Edha frissonna, et son corps trembla un peu. Comme si des souvenirs remontaient en elle, mais dont elle ne voulait pas parler. C'était noir, tout noir. Elle ne voyait rien, il n'y avait pas de couleur, tout était sombre, sans vie, sans soleil. Sans Amour. Elle se pinça la lèvre, les yeux baissés.
« J'ai raison ? C'est toi, la princesse ?
- Je ne sais pas…
- Edha ? »
Inquiet, Seiya prit son visage entre ses mains, doucement, pour ne pas l'effrayer. Il examinait son visage, et il pouvait aisément le superposer à celui de cette femme qui l'avait sauvé, qui l'avait ramené à la vie. Mais était-ce vraiment elle ? Il ne savait pas. Mais cette peur, dans ses yeux, cette sourde terreur qui se réveillait… D'où venait-elle ?
« Pourquoi as-tu peur ? Parle-moi.
- Je… Je ne sais pas… Qu'est-ce qui te fais dire que je suis la princesse ?
- Elle avait une longue cicatrice sur l'œil, elle aussi. On ne voyait pas son visage. Enfin, tu dois le savoir. Et je trouve… qu'elle te ressemble.
- Je n'en sais rien. Un jour, je me suis réveillée. J'étais dans la rue, toute seule. C'était comme si… comme si je me réveillais d'un long rêve… un long rêve sombre… vide… mais effrayant… J'étais terrorisée… J'ai cherché à me souvenir, tu sais… J'ai voulu savoir d'où je sortais… Je me rappelle un peu, vaguement… Un homme… Un grand homme… Tout noir… D'autres ombres… Tous noirs… Et moi… »
Edha tremblait. De mauvais souvenir dont elle ne voulait pas se souvenir. Non, elle voulait oublier, tout oublier de cette vie passée, de cette vie de… servante ? Oui, sans doute… La servante de ce grand homme noir qui hantait ses rêves… Seiya comprit. Il ne chercha pas à en savoir plus. Mais il l'avait trouvée. Il l'avait retrouvée. La princesse. Celle qui l'avait ramené à la vie. Même si son œil n'était pas doré. Edha n'avait pas de cosmos, ou elle n'en avait plus. Elle avait donc perdu la couleur étrange de cette pupille. Il lui prit les mains, lui souriant gentiment. Elle sourit timidement. Cela resterait entre eux.
Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !
