Je pense poster le vendredi maintenant, c'est plus propice:) Merci à tous-tes pour vos commentaires sur le chapitre précédent!
Il s'arrêta face à l'édifice de pierre.
-C'est... C'est là ? hésita Albus.
-Tu penses que je t'ai emmené ici dans l'espoir de nous perdre ? répondit Anson, en tournant la tête vers lui. Bien sûr que c'est là.
Albus sourit brièvement en s'approchant de la porte – et frappa. Très vite, Augustus vint ouvrir.
-Bienvenudo a la casa de Augustus, s'exclama-t-il, en s'éloignant pour les inviter à entrer. C'est les seuls mots que je connais en espagnol – je les ai appris exprès pour l'occasion.
-Épatant, siffla Anson, en entrant en premier.
-Merci, lui répondit-il en souriant.
C'était très grand, chez Augustus – très vide, aussi. Rien à voir avec la petite maison chaleureuse de Phebe. Les parents d'Augustus travaillaient tous les deux pour le Magenmagot, et étaient que rarement présents avec lui, ce qui expliquait beaucoup de chose. Le regard d'Albus passa de haut en bas le long de la hauteur des murs.
-Je vois que la fête peut commencer, maintenant que tout tes amis sont là, lança Margret, sa sœur, en passant à côté d'eux. Vous êtes... trois.
-Ferme-là, Maggie, s'exclama Augustus. Ton meilleur ami est Charles Dickens.
-Eh bien, au moins, il sait lire.
Elle s'éloigna. Augustus poussa un soupir.
-Ne prêtez pas attention à elle, dit-il. C'est juste ma petite sœur étant ennuyeuse. Par Merlin, elle est tellement ennuyeuse. Elle se croit au-dessus car elle est à Serdaigle, bien que Poufsouffle soit la meilleure maison – le prenez pas mal.
-Ne t'en fais pas, assura Anson. Poufsouffle est bien, aussi.
-On a l'habitude, renchérit Albus.
Augustus les entraîna jusqu'au salon, et en effet, ils étaient les seuls arrivés – mais la sonnette ne tarda pas à retentir une nouvelle fois, et Augustus bondit jusqu'au hall. La lumière du soleil entrait par les grandes fenêtres, c'était le milieu de l'après-midi seulement. Et d'après ce qu'il avait entendu, Augustus avait convié la moitié du château – c'était sûrement une exagération.
C'était de bonnes vacances, Albus devait le reconnaître. Déjà, Anson allait un peu mieux, et quand Anson allait bien, il allait bien. Et puis, malgré sa dispute avec Scorpius, le mois dernier, il était en bons termes avec tout le monde – ce qui avait été plus difficile les années précédentes. Scorpius l'avait vraiment blessé, l'autre jour, mais il était heureux de dire qu'il l'avait pardonné.
Au même moment, celui-ci entré, accompagné de Rose. Et ça, c'était quelque chose dont il avait plus de mal à le pardonner. L'idée que Scorpius et Rose sortent ensemble. Qu'ils ne l'aient pas prévenu. Qu'ils passent autant de temps ensemble. Et qu'ils s'embrassent et qu'ils se tiennent la main. Tout ça lui donnait envie de vomir, surtout qu'Albus savait que, sans lui, ils ne se seraient jamais adressés la parole.
Il savait qu'il ne devait pas s'en plaindre, car Anson lui avait fait remarquer qu'il parlait un peu trop de Scorpius et Rose – à comprendre, tout le temps. Mais une grimace de dégoût se forma sur son visage lorsqu'il les vit entrer, côte à côte, dans la salle. Et puis Phebe entra à son tour, ses bras chargés d'un lourd cadeau, et soudainement, en voyant son visage, il parvint à faire disparaître son expression. Phebe était cool. Géniale, même. Il se sentait tout de même un peu gêné qu'elle se soit prit trois mois de retenus pour avoir prit sa défense, il y a deux mois. Le garçon, d'un autre côté, n'avait même pas été viré de son équipe de Quidditch.
Albus se sentit un peu mal face à l'exemplaire du Quidditch à travers les âges qu'il avait offert à Augustus, en voyant la montre à quatre cadrans que Scorpius et Rose lui avaient offert. Et puis il y avait le pull aux couleurs de l'équipe éthiopienne des Tueurs-de-géants de Gimbi, l'équipe qu'Augustus soutenait à chaque fois où la Coupe d'Afrique du Quidditch avait lieu offert au préalable par Margret un DVD du Monde de Nemo, offert par Anson (Albus n'avait pas compris pourquoi il lui avait offert ça, ce devait être une blague entre eux, ou quelque chose de la sorte) et de la peinture arctique de la part de Phebe.
-Tout d'abord, c'est blanc et bleuté, et froid et puis quand ça se réchauffe, avec le temps, ça dévoile un tas d'autres couleurs, avait-elle expliqué.
Ils passèrent l'après-midi tous les six, seulement, et la soirée ne commença que bien plus tard. Ça ne dérangeait pas Albus à vrai dire, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas traîné avec eux tous réunis. C'est vers dix-neuf heures que les autres invités commencèrent à affluer. Tout d'abord, Hassie Collins et Silas Gregory, de Gryffondor, qu'Albus ne connaissait que de noms. Et puis d'autres élèves de Poufsouffle les filles de l'année et de la maison d'Augustus, et puis Elwood Tow et Howell Fidget, qui arriva accompagné d'Elvira Holmes – à Serpentard, tout comme lui. Il croisa même Wright Dickman, avec qui lui et Anson partageaient leur dortoir. Il vit quelques filles de Serdaigle il n'en connaissait aucune.
Et puis il aperçut Carey Bramer, et son sang ne fit qu'un tour. La maison avait fini par se charger en musique et en discussion, et il se dit que peut-être c'était vrai peut-être qu'il avait vraiment invité la moitié de Poudlard.
-Alors, tu as quinze ans, s'exclama Ella Gardiner, à Poufsouffle.
-Bon sens de l'observation, Ella, fit Augustus en riant, un verre de whisky pur-feu à la main.
-Tu es né quel jour, exactement ? demanda alors Dominique Weasley, le vernis violet de ses ongles contrastant avec le liquide jaune de sa chope de biéraubeurre.
Les yeux d'Augustus se posèrent sur le visage de Dominique, et il s'immobilisa un instant. Albus les rejoignait difficilement sous les masses de personnes qui avaient joint la fête.
-Le 3 avril, lui apprit Augustus.
-Ah, souffla Dominique, en buvant une nouvelle gorgée de sa biéraubeurre. Tu es bélier.
-Oui, admit-il en riant. C'est... C'est quelque chose de mal ?
-Non, absolument pas ! s'exclama Dominique, en se joignant à lui. Je suis balance – le 20 octobre. Et je suis plus vieille, aussi.
-Non, je ne te crois pas, souffla Augustus. Tu ne peux pas être plus vieille que moi.
-Je suis née en 2006, dit-elle.
Augustus parut réfléchir un instant.
-Et moi en 2007, dit-il. Génial. J'ai l'impression d'être un enfant, maintenant.
Ils échangèrent un sourire. Ella Gardiner s'était éclipsée depuis un moment, maintenant, et Albus se laissa glisser jusqu'à la place qu'elle avait laissé vacante.
-Hé, Albus ! lança Augustus. Tu veux un verre de...
-Hors de question que tu me fasses boire comme la dernière fois, souffla-t-il. Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais invité Carey ? Pourquoi tu l'as invité, même ?
Augustus balaya la salle du regard, d'un air furtif et légèrement paniqué. Enfin, il reposa ses yeux sur Albus. Il était en colère.
-Je ne pouvais pas inviter tout le monde sauf Carey, Albus, lui dit-il. C'était... C'est trop suspect, et puis ça ne se fait pas. Tu imagines comment...
-Je m'en fous de savoir si ça se fait ou pas, s'exclama Albus. Tu n'aurais pas dû l'inviter...
-Pourquoi ? intervint alors Dominique, et c'était plus par simple curiosité qu'autre chose.
-Car il est homophobe, lâcha aussitôt Albus, sans même réfléchir.
Il vit un milliard de pensées passer dans le regard de Dominique, mais au final, son expression ne sembla que s'aggraver.
-Vraiment ? laissa-t-elle échapper. Quel connard, je n'aurais pas cru que...
-Ouais, moi non plus, coupa Augustus, avant de reprendre, en un souffle et plus bas. Désolé, Albus, mais, tu comprends, je ne peux pas le virer de chez moi. Tout ses amis sont ici et...
-C'est bon, marmonna Albus. J'ai compris.
Il se saisit tout de même d'un verre de whisky pur-feu avant de quitter la table, et s'éloigna d'eux – mais, à peine avait-il fait dix pas, qu'il sentit Dominique lui retenir le bras et l'entraîner dans un coin plus isolé de la salle. Et d'ici, il avait vu sur Scorpius et Rose, en train de s'embrasser de s'embrasser avec plus d'intensité encore qu'il ne les avait jamais vu s'embrasser. Pour l'instant, c'était donc une mauvaise journée, et Albus regrettait l'après-midi.
-Quoi ? souffla-t-il.
-Juste pour clarifier la situation... marmonna Dominique avec précipitation. Car je n'ai pas envie de créer des moments gênants à l'avenir...
-Dominique, le coupa-t-il. Ce moment est gênant.
-Oh, ferme-la, souffla-t-elle, en lui donnant une tape fraternelle à l'arrière du crâne. Donc, tu es gay ?
Albus prit un air offusqué.
-Quoi ? S'exclama-t-il. Tu ne penses pas que je trouve juste ça horrible que Carey soit homophobe par simple question de moral ?
-Hum, non, lança Dominique. Car je ne t'ai jamais vu t'intéresser plus que ça aux questions sociales par 'simple question morale', Albus...
Il ne l'interrompit pas. Il savait qu'elle avait raison.
-... Sinon, tu prendrais mon parti, dans les débats, aux repas de famille, acheva-t-elle. Au lieu de faire des batailles de nourriture avec James.
-Alors, déjà, rétorqua-t-il. C'est pas vraiment des batailles de nourriture. Et puis, c'est tout le temps James qui commence.
Dominique ne dit rien, se contenta de soupirer en levant les yeux au ciel.
-Vous avez quinze et quatorze ans, c'est pas possible, soupira-t-elle. Peu importe... tu es donc gay ?
-Oui, admit Albus en un souffle, qui lui coûta étonnamment beaucoup de forces.
Il vit Dominique se mordre la lèvre, retenir avec la plus grande des difficultés un sourire.
-Je le savais, s'écria-t-elle alors.
-Oui, enfin... marmonna Albus. Un peu tout le monde le sait – enfin, ils ont deviné. Je ne sais pas comment. C'est bizarre, quand tu te défends lorsqu'ils disent que tu es gay, ils pensent encore plus fort que tu l'es.
-Oui, marmonna Dominique. Les gens sont stupides. Qui le sait ?
-Rose, Scorpius, Augustus, Phebe... marmonna-t-il. Et McGonagall, étrangement.
-Je vois, dit sa cousine. Eh bien, on se retrouve plus tard, Albus.
Elle disparut à son tour dans la foule. À son tour, Albus se laissa entraîner jusqu'au cœur de la salle. La cuisine était clairement moins occupée que le reste de la maison – à comprendre, le salon et le hall.
-Hé, Al', souffla une voix, qu'il reconnut immédiatement comme celle de Scorpius. Tu t'amuses bien ?
-Ouais, mentit-il. Et toi ?
-Plutôt, oui, admit-il. On va aller faire un tour avec Rose, dehors. Tu veux venir ?
-Non, s'exclama-t-il, presque contre son gré.
Scorpius fronça légèrement les sourcils. Albus se retourna vers lui et s'appuya sur le plan de table.
-Pourquoi ? demanda-t-il alors.
-Parce que... fit simplement Albus. C'est juste que... écoute, Scorpius, ne le prend pas mal, mais... je n'aime pas trop l'idée de toi et Rose en couple, d'accord ?
À peine avait-il parlé qu'il regrettait ses mots, et que Scorpius prenait un air étonné... et blessé.
-Vraiment ? souffla-t-il. Mais... pourquoi ? C'est complètement stupide, je...
-Je sais, admit Albus. Mais c'est simplement comme ça que je ressens les choses, d'accord ?
Scorpius ne quittait pas son air offensé. Il baissa le regard, perdu dans ses pensées.
-Eh bien, si ça peut te rassurer, je n'aime pas le fait que tu sortes avec Anson, avoua-t-il alors.
Sa phrase le frappa directement. Albus prit un air révulsé. Il voulait parler, dire quelque chose, mais il avait sûrement tellement de choses à dire que rien ne sortait. Au final, ça semblait être la même chose du côté de Scorpius, puisqu'aucun d'eux ne parla. Finalement, Albus eut un mouvement de recul.
-Alors... j'ai une question à te poser, commença-t-il.
-Vas-y, l'encouragea Scorpius.
-Carey est ici, lui apprit Albus. Je ne sais pas si tu l'as vu, mais... enfin bref il est là. Mais je ne sais pas si je dois aller lui parler, ou... ou... je ne sais pas. Qu'est ce que tu me conseilles de faire ?
-Je te dirais d'aller lui parler, fit Scorpius avec lenteur. Lorsque tu étais en froid avec James – tu te souviens – j'étais allé lui parler, et...
-... Et il t'a insulté devant tout le wagon du Poudlard Express, acheva Albus. Je m'en rappelle.
Scorpius retomba dans le silence.
-Bon, marmonna-t-il. C'était sûrement pas le meilleur exemple... Mais tu comprends l'idée.
Albus resta un long moment face à Scorpius, jusqu'à ce qu'il se persuade qu'il avait raison – après tout, Scorpius n'avait jamais vraiment eu tord.
-Merci, dit-il alors. Je vais... Je vais faire ça.
Il quitta en précipitation la cuisine et revint à la fête. Carey n'était pas là. Il n'était pas dans le salon.
-Hé, souffla-t-il, à une fille dont il ne connaissait que le visage mais qu'il savait être à Serdaigle. Tu as vu Carey Bramer ?
-Qui ça ? s'exclama-t-elle, et il comprit, à l'intonation de sa voix, qu'elle avait un peu trop bu pour avoir les idées claires.
Albus s'éloigna d'elle en soupirant.
-Tu cherches Carey ?
Il se heurta à une autre fille, qui était beaucoup plus grande que lui. Elle avait de longs cheveux roux, un air familier qu'il n'arrivait pas à retrouver.
-Oui, dit-il. Tu le connais ?
-J'ai été avec son frère au bal de la Saint-Valentin, l'an dernier, dit-elle alors.
-Ah, oui, Anson, bien sûr, souffla Albus. Hum...
-April, fit la fille. April Fork.
-C'est ça, marmonna-t-il. Tu sais où est Carey ?
-Je l'ai vu sortir il y a quelques minutes, dit-elle. Il doit être dans la cour, ou quelque chose comme ça.
Albus s'élança vers le hall, puis par la porte d'entrée. Il descendit les marches du perron dans le dernier carré de lumière que projetait la porte, ouverte. Carey était bien à l'extérieur, entouré d'un petit groupe de Gryffondor. Albus s'avança vers eux, et aussitôt, il vit l'air de Carey se renfrogner... prendre peur, peut-être, même. Il semblait que c'était devenu notoire que si on attaquait Albus, Phebe apparaissait.
Mais Phebe n'était pas là, sauf que Carey ne semblait pas l'avoir remarqué – ou ne semblait pas s'en soucier.
-Hé Carey, lança-t-il d'une voix forte. T'as du temps devant toi ?
-Pas vraim...
-On parle, coupa Albus.
Il balaya le groupe de Gryffondor du regard, qui décida, finalement, de s'éloigner avec des grognements de mécontentement.
-Je ne veux pas te parler, s'exclama aussitôt Carey. Tu es...
-Tu crois que tu as le choix ? Coupa Albus, d'une voix plus forte. Je suis... ? Vas-y, Carey, finis ta phrase.
Il le sentit reculer. Il y avait assez de lumière pour qu'il puisse voir son visage. Un froncement de sourcil avait creusé le visage de Carey.
-C'est à cause de toi, tout ça ! s'écria-t-il alors. C'est de ta faute si il est comme ça.
Il avait presque craché ses mots. Albus fulminait. Il savait que des élèves étaient présents dans la cour. Et ça lui faisait mal, mais il devait rester calme il devait ne pas s'emporter. Personne ne devait l'entendre, ou déduire quoique ce soit de ce qu'il disait.
-T'es vraiment un connard, Carey. 'Il' ? répéta-t-il. Ça a atteint le point où tu ne peux même plus l'appeler par son prénom ? C'est ton frère !
-Oh ! laissa-t-il échapper, comme s'il était offusqué. Tu penses que je ne sais pas tout ça ? Tu penses que je ne sais pas que c'est de mon frère qu'on parle ? Que c'est mon frère que tu as changé en une quelconque sorte de... de monstre ? Et donc c'est moi le sale type, dans l'histoire ? Je l'aide, moi...
Albus le fit taire en le poussant. Il l'entendit trébucher dans le noir.
-Tu l'aides de rien du tout ! s'écria-t-il. Si Anson a besoin d'une chose en ce moment, ce n'est absolument pas que tu le traites comme tu le fais !
Il criait, à présent, mais il ne s'en rendait pas compte.
-Laisse-le tranquille, bon sang !
Carey semblait pâle et muet, face à lui. Il était presque accroupi sur le sol.
-Le 'laisser tranquille' ? rétorqua-t-il enfin, après s'être redressé, sur le même ton. Tu plaisantes ? C'est toi qui devrait le lâcher – c'est toi qui était en train de... de l'embrasser comme si c'était quelque chose de normal à faire !
Des milliers de mots et des centaines de paroles brûlaient la langue d'Albus. Sa main tremblait contre son poing serré, son regard était rivé, sans ciller, sur Carey. Mais celui-ci ne s'arrêta pas, voyant une ouverture dans son silence.
-Lorsque tout le monde saura, tu regretteras d'être né, Potter, poursuivit-il. Les médias, les autres, comparés à moi, c'est la mort.
-Va te faire foutre ! explosa-t-il alors. Retire tout de suite ce que tu viens de dire, ou bien...
-Ou bien ?
Albus sortit sa baguette. Il vit Carey avoir un mouvement de recul alors qu'Albus la levait jusqu'à son menton.
-Ne pense pas que je ne peux pas te lancer un sort je me suis déjà battu en duel, le prévint-il.
Mais il frémit lorsque Carey sortit, à son tour, sa baguette.
-Hé !
Albus sursauta et se retourna.
-Vous n'allez pas bien ? s'exclama Freida Steen. On est entourés de moldus, ici ! Battez vous en duel ailleurs, par Merlin !
Lentement, Albus abattit sa baguette. Il vit Carey faire de même.
-Ouais, de toute façon, on n'avait plus rien à se dire, fit-il. Pas vrai, Al' ?
-Ne m'appelle pas... commença celui-ci.
-Génial, coupa Freida. On peut partir, dans ce cas.
Elle le saisit par le bras, et Albus grimaça. Freida l'entraîna plus loin, et ils revinrent dans le faisceau jaune de la porte.
-C'est quoi votre problème ? s'écria-t-elle.
-C'est lui qui...
-Laisse tomber, coupa-t-elle. C'est l'anniversaire d'Augustus. Il ne voudrait certainement pas que tout soit gâcher par l'arrivée d'une lettre du Ministère.
Elle s'éloigna. Albus la regarda partir. Il n'avait jamais vraiment parlé à Freida, mais elle venait sûrement de le sauver d'un mauvais pas.
oOo
La réunion traditionnelle de Pâques lui semblait un peu plus vide, un peu moins gai, depuis la dernière fois qu'il y avait assisté depuis que son grand-père était mort. Albus n'avait jamais été proche de son grand-père, mais il savait qu'il lui manquerait. Il lui manquait déjà. Autour de lui, les discussions étaient plus basses que d'ordinaire, les rires moins présents.
Il était aux côtés de James, maintenant. Ils étaient près de la mare, là où personne ne se trouvait d'ordinaire. Il lui semblait voir, au loin, Lily et Lucy, Louis et Hugo, et puis Victoire, aux côtés de Teddy. Elle portait une bague au doigt.
Et tout le monde parlait de son grand-père. C'était sûrement pour ça qu'ils s'étaient éloignés. Albus ne voulait pas se retrouver plus abattu qu'il ne l'était en général.
-Il paraît que tu as essayé de frapper Carey Bramer, s'exclama James en passant son bras autour de ses épaules.
-Non, je... souffla Albus. On a failli se battre en duel, mais c'était...
-Pourquoi ?
Albus cligna des yeux et le regarda. James semblait s'intéresser à lui. Il n'y était plus vraiment habitué. Il parlait à James, bien sûr, mais... ça faisait longtemps que ce n'était plus en termes fraternels.
-Apparemment, tu as vraiment failli l'amocher, disait James. En tout cas, tu lui as fait peur. D'après Dominique, il suffisait de voir sa tête...
-Il le méritait, dit simplement Albus.
-Ouais, marmonna-t-il. Les Bramer peuvent être un peu ennuyeux, parfois... Je ne sais pas trop pourquoi tu traînes autant avec cet Anson.
Albus l'interrompit par un soupir.
-Ce n'est pas une question d'ennui, James, c'est... fit-il. Oh, laisse tomber.
Ils restèrent silencieux un instant – mais le silence ne dure jamais longtemps avec James.
-Tu comptes aller voir papa, un jour ? demanda-t-il alors. Il aimerait bien te voir pendant les vacances, mais...
-Pour une fois qu'il veut bien me voir, interrompit Albus.
-Dis pas ça, souffla James en riant. Il te propose de venir te voir à chaque vacance ! C'est bizarre d'être seul avec Lily pendant une semaine sans que tu sois là. Combien de temps ça va durer, à ton avis ?
-Aussi longtemps que je serais en colère contre lui, fit Albus.
-Il va devoir être patient, alors, marmonna James. Tu es donc bien en colère contre lui.
Albus se retourna vers lui.
-Quoi ? s'exclama-t-il. Non, c'est pas ça, c'est juste que... il a passé une partie de mon enfance à Sainte-Mangouste, l'autre partie à s'évaporer dans la nature. Je suis persuadé qu'il ne sait même pas comment s'appelle mes amis.
-Facile, intervint James. Rose Weasley, Scorpius Malefoy, Anson Bramer.
-J'ai d'autres amis, James, souffla Albus.
Son frère parut étonné un instant. Albus eut un soupir. Est-ce qu'il était rancunier par rapport à son père ? Absolument. Encore aujourd'hui, l'idée d'avoir une famille normalement constituée, avec des parents aimants et attentifs, lui semblait ridicule et à mille année-lumières. Et pour ça, il ne lui pardonnerait jamais.
-Quoiqu'il en soit, entre ça, et les journaux, et la notoriété, et les hospitalisations, … reprit-il. Je ne pense pas qu'il gère quoi que ce soit. Je ne pense pas qu'il était prêt à avoir des enfants, quand il les a eu. Et j'ai pas besoin de ça, James.
-Tu as besoin de quoi ?
'Les Malefoy. Les Malefoy sont très bien'. Albus se retint d'ouvrir la bouche. Il réfléchit un instant.
-Maman, fit-il alors. Maman me suffit. Elle, elle gère.
-Et ça, oui, s'exclama James en lui tapant dans la main.
Ils entendirent des bruits de pas sur le gravier, et Albus releva les yeux pour voir Lily, qui s'élançait vers eux.
-On va devoir y aller... vous venez ? fit-elle avec un sourire, sa main en couvre-chef pour se protéger du soleil, qui frappait fort en cette fin d'après-midi.
James se releva, mettant une tape dans le dos d'Albus.
-Allez, viens, petit frère, fit-il. On doit retourner à Londres.
Albus se saisit de la poignée de main que son frère lui offrait et se redressa. Il le sentit passer son bras autour de ses épaules, et l'autre autour de celle de Lily, alors qu'il s'avançait le long de l'allée jusqu'à la voiture. Leur mère les attendait là. Et à la manière dont elle se tenait, l'air sur son visage, un air qu'Albus ne retrouvait pas sur le visage de son père, il se retrouva persuadé qu'il avait raison.
Mrs. Potter semblait avoir plus de nerfs que Mr. Potter.
-Alors, Lily, souffla James. Tu es toujours avec Lysander Scamander ?
-Tu es toujours avec Julia Mayweather ? rétorqua-t-elle.
-Oh, ferme-la, répondit James.
Albus se joignit à eux alors qu'ils se mettaient à rire.
N'hésitez pas à donner votre avis!
