Yeah ! Izumi dans toute sa splendeur. Je vous préviens que ce chapitre comporte énormément de jurons.
Bonne Lecture !
]Chapitre Trente-Huit[
POV Edward Elric
Je me réveillais d'une léthargie douloureuse. Mon corps tremblait et j'étais épuisé. Je fixais les cailloux rouges au sol que je venais de cracher. C'était comme si je reprenais vie peu à peu, mais était-ce de longue durée ? J'avais le souffle coupé car à chaque fois, mon estomac se contractait et je me retrouvais à vomir encore de ces répugnantes pierres sans reflet. J'étais à la fois déprimé et soulagé mais le cercle ne s'éteignait pas. Y en avait-il encore beaucoup d'autres en moi ? Je gémissais de douleur et tentais de reprendre de l'air en inspirant. Mais c'était peine perdue, l'éjection des pierres m'empêchait de faire quoi que ce soit d'autre que de tousser et de geindre sur place.
Mes avant-bras me soutenaient à peine et je posais doucement le front contre le sol en fermant les yeux quand enfin le cercle s'éteignit. J'entendais des bruits flous qui m'entouraient; il y avait des coups de fusils, des hurlements perçants, des cris d'agonis... Je sursautai à chaque tir, à chaque cadavre qui tombait par terre sans même le voir. Mon corps était devenu un détecteur de sursauts. Je me sentais tomber et sombrer en même temps sans parvenir à me lever. J'ouvrais un œil et regardais mon auto-mail en face de mon nez. Mon pouce brillait, reflétant le soleil qui s'amenuisait derrière les maisons. J'avais l'impression d'être seul dans cette rue pourtant si bondée. Mais les personnes me passaient à côté comme si j'étais un cadavre de plus. Je ne cherchais même pas Roy du regard, ni même mon frère. Car sur le moment, je ne pensais à rien d'autre. A rien.
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Qu'est-ce que je faisais là, déjà ? Ah oui... J'étais venu tuer des gens. Tuer. Tuer. Encore Tuer ! Ça fait des mois que je ne faisais que ça. Je revoyais en boucle les personnes que j'avais laissé derrière moi en riant comme un fou. Cette pensée me redressa et je vomissais d'avantage. Mais ce n'était pas les pierres rouges. Je n'avais rien dans l'estomac, rien qui ne soit comestible en tout cas, alors je crachais du sang et de la bile. Je sentais ma gorge qui me brûlait et se resserrait à chaque fois. Je n'avais plus rien pour pleurer, pour hurler, je n'arrivais même pas à parler. Le seul son qui sortait de ma bouche était mes cris étranglés par la douleur. Je m'effondrais de nouveau sur le sol, prit d'une envie très soudaine de dormir, là, ici. Sans sommation.
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Qu'est-ce que je faisais là, déjà ? Ah oui... J'étais venu transformer Roy en homonculus. Tout en y pensant, je me retournais lamentablement sur le dos et cherchais la seringue dans ma poche. Je me piquais le doigt en l'empoignant, mais ça n'avait pas d'importance car quand je la sortais enfin, je levais mon bras en l'air et la regardais. Cette petite connasse prétentieuse avec son aiguille injectée de pierre rouge. Je la regardais d'un œil morose. Quoi que je fasse... Et même si j'avais recraché mes propres pierres rouges, cet enfoiré de meurtrier à l'intérieur de mon corps referait surface. Un jour, il aura ce qu'il voudra. Il transformera Roy. Hein, petite chienne ? T'attend que ça de rentrer dans son bras pour lui insuffler ton poison mortel dans les veines ? Salope. Tu m'as moi, petite conne. Tu m'as moi et mon frère, sombre pétasse. Tu l'auras pas. Tu l'auras pas !
Je prenais la seringue de la main droite et me piquait le bras gauche avec. Avec mon pouce, je poussait la vis à tête ronde et je sentais le liquide se propager dans mes veines. Je reposais la tête au sol dans un soupir de soulagement. La seringue vide à présent, je la lançais loin de moi et me tenais le bras fermement de l'autre main. Quelques secondes durant, rien ne se passa, puis brutalement je sentis une douleur lancinante traverser mon corps. Ça y est... Il arrive ! Combien on sera dans ma tête ?
Je hurlais à m'en déchirer les poumons et je sentais mon dos décollé du sol. J'essayais de faire une roulade pour me retrouver sur le ventre et je tapais ma main par terre avec désespoir pour me retenir de crier. J'entrais mon poing dans ma bouche pour étouffer la haine et la rage qui m'assaillaient.
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Qu'est-ce que je faisais, là ? Ah oui... J'emmerdais leurs projets de vengeance et leur lubie de pouvoir. Je vous emmerde, bande de connards ! Vous avez fait de moi un meurtrier. Un cinglé. Vous avez prit mon frère et vous l'avez perverti. Mais vous n'aurez pas (ma liberté de pensée ! C'était le mot de l'auteur qui casse l'ambiance) Roy et vous n'aurez pas votre victoire ! Je viens de vous la voler, sous votre nez !
Je tapais lentement des mains l'une contre l'autre en reposant mon front contre elles. CLAP ! Je me mettais à détester ce son et doucement, je les posais contre le bitume;
"- Va te faire foutre toi et ta Créatrice de mon cul..."
C'est la seule chose que je réussis à dire avant que le cercle ne s'illumine encore et qu'il m'assaille d'éclairs rouge et vifs ! Mon corps se transforma en douleur de chair et d'os. Je me remettais à hurler sans pouvoir reprendre mon souffle entre chaque cri. J'étais épuisé de souffrir et je sentais des larmes de désespoir couler le long de mes joues. Elles étaient à peine reconnaissables car je suais tout autant. Mon sang était en ébullition dans mes veines et j'avais envie d'exploser. J'avais envie de m'arracher la peau pour laisser cette douleur s'en aller mais je n'y parvenais pas. Je m'étais recroquevillé à genoux, la tête entre les jambes, les ongles brisés contre les pavés. Je n'entendais plus rien cette fois autour de moi, je sentais juste une chose au fond de mon corps qui se liquéfiait doucement. Je me surpris à esquisser un sourire et je me m'étais à rire, soulagé et nerveux;
"- Ça t'a ... Ça t'a calmé, hein ?"
Je sursautais comme si je venais de recevoir un coup de poing dans le ventre mais c'était juste mon corps qui résistait à la tentation d'être prit par cet homonculus. Je cessais de respirer pendant une seconde afin d'être sûr que j'étais encore moi. J'étais moi. Alors je soupirais bruyamment de soulagement. C'était long et putain, qu'est-ce que ça faisait du bien. J'aurais pu jouir d'extase à l'idée que ma conscience m'appartenais à nouveau.
Pour l'instant.
Je relevais doucement la tête. Étais-je le seul mec assis par terre qui regardait autour de lui comme s'il était perdu ? La réponse est oui. Mon regard vagabondait par sa propre volonté ou presque sur ce qui m'entourais; des jambes qui courts. Des jambes qui courts ? Je relevais la tête et j'étais soulagé de constater qu'ils y avaient bien des personnes au-dessus des ceintures. De nouveau, je me mettais à rire de ma stupidité. Je sentais sur moi un regard. Je me tournai vivement.
Dante.
Elle me fixait de loin. Elle ne participait pas à la guerre et observait en retrait. Je ne savais dire si elle était contrariée ou contente. Mais elle passa une main lasse dans ses longs cheveux bouclés et fit demi-tour. Elle s'en allait ? Je rêvais ou elle se barrait ? Je me levais aussitôt pour lui courir après mais mes jambes n'étaient pas d'accord. Je tombais au sol comme une merde, maudissant la fatigue qui me submergeait de la tête aux pieds. La salope était déjà partie quand je regardais de nouveau dans sa direction.
"- Ils battent en retraite ! entendis-je de loin"
Je me retournais pour voir la dizaine de tenues militaires qui restaient. Parmi eux, Jean et Maes qui couraient dans tout les sens en tirant sur une masse sombre. Celle-ci n'était autre que Wrath qui suivait sa maîtresse comme un chien bien éduqué. Soudain, je manquais de respirer en pensant à Alphonse.
"- A..."
J'avais la voix brisée en milles morceaux pendant que je le cherchais du regard. Doucement, je me mettais sur mes jambes qui menaçaient de se casser la figure.
"- Alll..."
Bien que je tentais de l'appeler dans un crescendo, ma voix restait sur le même volume. C'est à dire, très faible. Je le repérais subitement qui se battait avec ... notre Maître ! Le fait de la voir m'époustoufla une fraction de seconde pendant laquelle mon cerveau assimila bien vite toute la douleur que j'allais recevoir si on s'en sortait vivant. Je m'approchais doucement d'eux. Alphonse me vit, moi et mes yeux violets et il du croire que je venais le secourir. Du moins, l'homonculus en lui. Son visage brillait de milles feux alors que les éclairs pourpres ne cessaient de le guérir sous les coups assidus de notre Maître. J'arrivais derrière elle et elle dut le sentir car elle se retourna vivement et me flanqua une gifle qui m'envoya dire bonjour au bitume de nouveau. Dans un grognement digne d'un tigre, je poussais sur mes avants-bras pour me relever;
"- C'EST MOI ! hurlais-je, en colère et subitement guérit de mon mutisme
- ET ALORS ? me répondit-elle en flanquant une rouste à Alphonse"
Izumi se retourna de nouveau vers moi une fois que mon petit frère machiavélique tomba lui aussi au sol et elle m'envoya son genou dans l'estomac;
"- CA T'APPRENDRA A TE FAIRE POSSÉDER PAR DES ÊTRES SANS ÂMES !"
Je sentais dans mon dos les regards qui divergeaient vers nous. Wrath étant parti, la seule menace restante était Alphonse. Je reprenais difficilement mon souffle sous le coup de mon Maître et restais plié en deux avant d'inspirer de toutes mes forces;
"- J'AI PAS FAIS EXPRÈS JE VOUS SIGNAL !"
Je ne savais plus si j'avais envie de lui sauter à la gorge ou l'aider à se défendre. La seule chose qui était rassurante pour l'instant, c'était que personne ne me tirait dessus. Je pense qu'ils avaient compris que j'étais revenu à bord de mon bateau et que je n'étais pas près de rejeter l'ancre. Izumi attrapa ma tête d'une main et cette fois ce fut celle-ci qui alla rencontrer son genou. Je tombais sur le dos, le nez fracassé.
"- JE VEUX PAS SAVOIR ! hurla t-elle en me regardant, éprise de haine"
Je me tenais le nez entre ma main gauche pendant qu'il guérissait sous des éclairs rouges.
"- Espèce de... commençais-je"
Elle me fixa intensément et mit sa main derrière son oreille;
"- Qu'est-ce que tu dis, SALE LÂCHE ? "
Je me retenais fermement de ne pas finir ma phrase car sinon je savais que j'allais mourir.
"- JE NE SUIS PAS UN LÂCHE, LA VIEILLE !"
Elle haussa un sourcil avant de répliquer aussi sec;
"- ALORS TU RÉSISTERA MIEUX QUE CA LA PROCHAINE FOIS ! SI JE REVOIS CET HOMONCULUS REPRENDRE EMPRISE SUR TOI, JE TE TUE !"
J'allais lui répondre, bien que pas très sûr de mes cordes vocales mais je me relevais en pointant Alphonse du doigt. Izumi se tourna vers lui alors qu'il se relevait de nouveau et nous fonçais dessus. Comme un accord, on l'attrapa chacun par un bras. Une poussée d'adrénaline m'assaillait de toute part ce qui pour le coup était d'une aide foutrement précieuse car nous le poussâmes dans le cercle de transmutation.
Je courais à ses côtés et le retenait prisonnier contre le sol en m'affalant sur lui.
"- Qu'est-ce que tu fais ? hurla Envy à mon visage"
Pour activer le cercle, il fallait que ce soit l'un de nous qui le fasse. Je l'avais déjà fait deux fois et n'avais vraiment pas envie de me remettre à vomir mes tripes une troisième fois mais je ne voyais pas comment j'allais forcer Alphonse à taper dans ses mains pour faire réagir le cercle. Je criais comme un guerrier pour me donner du courage et tapais dans mes mains que je plaquais contre le sol, une de chaque côté de la tête de mon petit-frère.
Izumi nous regardait alors que le cercle s'activait. Je roulais sur le côté et me mis à hurler suivit d'Alphonse qui se recroquevillait. Il se mit à régurgiter les pierres rouges en tremblant pendant que je sombrais dans l'inconscience...
A la suite ! Très beau chapitre je trouve XD très raffiné, avec des mots tout à fait sensuels et des retrouvailles en câlins et bisous ! A lala ! C'est très guimauve xD
