Merci à Lily, AmbreOnyx, et Ryhn de leurs commentaires. Merci à Géraldine de son message.


CHAPITRE 35

Bureaux du F.B.I.

David raccrocha le téléphone, un peu soucieux : il avait vaguement l'impression que quelque chose ne tournait pas rond. Il se dirigea vers le bureau où, impavide, Charlie continuait à aligner ses équations. Depuis qu'il était arrivé, escorté par son garde du corps, il refusait obstinément de prendre du repos malgré les réitérations des agents qui n'oubliaient pas qu'il avait subi un choc la veille. Ils étaient d'ailleurs étonné de la capacité de récupération du mathématicien, ne soupçonnant pas que l'impression qu'ils étaient sur le point d'aboutir agissait sur lui comme la meilleure des médications.

Charlie se tourna vers lui, l'air interrogateur :

- Tu as eu Don ?

- Oui, il revient d'ici trois heures environ.

- Quoi ? Trois heures ? Mais qu'est-ce qui se passe ? Il a trouvé quelque chose ?

- Non rien chez Alscot. Il est parti avec Mike pour chercher des éléments chez lui.

- Comment ça des éléments ?

- Des noms qui n'apparaissent pas dans les dossiers officiels.

- Comment ça ? Pourquoi ?

- Charlie, tu sais comment ça marche.

- Ben non, pas vraiment tu vois.

- Bon, lorsqu'on mène une enquête, on est parfois amené à dissimuler l'identité de certains témoins…

- … pour les protéger.

- Entre autre choses oui. Ca peut-être aussi pour d'autres raisons que je ne vais pas perdre de temps à t'énumérer. Mais du coup, Mike s'est souvenu qu'il y avait des éléments qui te seraient sans doute utiles et ils sont donc partis les récupérer.

- Comment ça, tous les deux ?

Le front de Charlie était soucieux d'un coup.

- Quoi ? Quelque chose te tracasse ? demanda David.

- Ca ne paraît pas très logique : pourquoi aller perdre son temps à deux là où un suffirait amplement ?

- Ben, Mike a dit que Don voulait le garder à l'œil, essaya à son tour de plaisanter l'agent.

Mais Charlie ne rit pas de la boutade, lui.

- MIKE a dit ? Attends, tu as parlé à Don ?

- Non, Don était allé acheté des cafés.

- Tu n'as pas parlé directement à mon frère ?

David commençait à s'inquiéter du souci manifeste qui s'entendait dans le ton du mathématicien. Avant qu'il ait pu ajouter quoi que ce soit, Colby, Nikki et Liz, qui s'était faite remplacer auprès d'Amita par, avait-elle précisé à Charlie, une autre collègue féminine, entrèrent à leur tour dans la pièce. Ils se rendirent aussitôt compte de la tension qui y régnait.

- Quoi, il se passe quelque chose ? interrogea Liz.

- Non, rien. Simplement Don et Mike sont partis rechercher des éléments dans la maison de Mike et Charlie pense que…

- Charlie ne pense rien ! coupa le mathématicien sèchement. Ou plutôt quand il pense il aimerait qu'on le laisse s'exprimer par lui-même si tu permets.

- Hé Charlie, répliqua David, qui commençait à en avoir assez de l'attitude du consultant. Je veux bien comprendre que tu sois énervé, surtout après ce qui t'est arrivé hier soir. Mais ce n'est pas une raison pour t'en prendre à moi ou pour nous faire une crise de nerf sous prétexte que ton frère ne rentrera que dans trois heures !

- Dans trois heures ? Pourquoi ça ? questionna Nikki, sans se préoccuper de l'air excédé de Charlie. Ils ont trouvé quelque chose ?

- Non, comme je le disais, ils vont récupérer des éléments chez Mike. Ce n'est pas la porte à côté.

- Et ils y sont allés tous les deux ? s'étonna Colby à son tour, arrachant un soupir exaspéré à David qui commençait à en avoir par-dessus la tête d'entendre cette question qu'il s'était lui-même posée.

- Ben oui, tous les deux… Pourquoi, tu as quelque chose à redire à ça ?

- Non, simplement ça paraît quand même un peu…

- … illogique, souffla Charlie ironiquement.

- Oui, si on peut dire… C'est vrai quoi. Pourquoi faudrait-il deux agents expérimentés pour ramener quelques documents ?

- Don avait peut-être simplement envie de passer un peu de temps seul avec son ami, émit Liz. Après tout ils se sont peu vus en tête à tête depuis l'arrivée de Mike.

- C'est en effet plausible, admit David, ravi de voir que quelqu'un était capable de prendre cette nouvelle avec naturel.

- Oui, sauf que David n'a pas parlé à Don.

- Charlie, Don ou Mike, c'est la même chose ! rétorqua David.

- Ah non ! Permets moi de te dire que ce n'est pas du tout pareil ! contrat le consultant. Don n'a rien à voir avec ce… ce…

- Et voilà, en fait tu es jaloux, rien de plus ! constata David.

- Jaloux ?

Cette fois-ci, Charlie sortit littéralement de ses gonds !

- Non monsieur je ne suis pas jaloux ! Mais il me semble que vous oubliez tous un point essentiel.

- Ah oui lequel, demanda Colby, désireux avant tout de calmer le jeux.

- Quel que soit le moyen qu'il emploie, votre bomber a un pied chez vous. C'est comme ça qu'il a pu atteindre Carter et moi aussi. Et dans ce cas, le premier suspect est…

- STOP ! cria David. Charlie bon Dieu, ne me dis pas que tu soupçonnes Mike d'être complice de notre bomber !

- Ah non ? Pourtant ce serait parfaitement logique que ce soit lui. Quoi de plus facile d'être toujours où il faut, de savoir qui piéger et quand, sans prendre le moindre risque, qu'en étant aussi chargé de l'enquête ?

- Charlie, je crois que tu as vu trop de films de série B, ironisa alors Liz.

- C'est vrai Charlie, soupçonner un agent du F.B.I. c'est tout de même un peu gros, appuya Nikki.

- Elles ont raison, il faudra autre chose que des équations pour convaincre les patrons sur ce coup-là, conclut Colby.

Le mathématicien les regarda les uns après les autres : il comprenait leur réaction et d'autant plus que lui-même ne croyait pas vraiment à l'hypothèse qu'il venait d'émettre.

- Non, vous avez raison. Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance. Simplement je ne sais pas… Ca paraît tellement évident.

- Justement, n'est-ce pas trop évident ? insinua David.

- Si bien sûr que c'est trop évident. L'agent félon qui est chargé de l'enquête sur ses propres exactions ! Liz a raison, ça fait un peu série B.

Un sourire vint enfin détendre les lèvres de Charlie.

- D'accord les gars ! On oublie. N'empêche que Don va m'entendre pour être parti se balader en nous laissant tout le boulot !

- Là, compte sur nous pour t'appuyer, plaisanta Liz, heureuse de le voir se détendre.

- Et justement, le boulot ne va pas avancer à discuter. Vous avez des éléments pour moi ?

Chacun s'empressa alors de lui donner les données récoltées et il se mit à les mettre en chiffres. Les quatre agents quittèrent alors la pièce pour voir s'ils pouvaient trouver d'autres éléments à lui fournir.

Colby saisit son téléphone et appuya sur une touche, il porta l'appareil à son oreille, écouta quelques instants et raccrocha, une lueur soucieuse dans le regard.

- Quoi ? lui demanda Liz qui était restée auprès de lui.

- J'essaie d'avoir Don…

- Et ?

- Il est sur messagerie…

- Et ?

Elle le regardait bien en face, visiblement désireuse de comprendre ce qui le chiffonnait.

- Et rien ! Je crois que je devrais éviter d'écouter Charlie parfois.

- Oui…

Elle hésita un instant.

- Pourtant, il a souvent raison, ajouta-t-elle.

- Je sais, c'est justement ce qui me fait peur !

Les deux agents échangèrent un regard et se dirigèrent ensemble vers l'un des bureaux. Liz s'assit et tapa le code : l'écran s'afficha à la page qu'ils voulaient.

- Tu es sûre de ce qu'on fait ? chuchota Colby.

- Non. Mais il y a une chose dont je suis sûre, c'est qu'on ne se pardonnerait pas de ne pas l'avoir fait si jamais…

Elle ne finit pas sa phrase et Colby se contenta de hocher la tête : ils se comprenaient à demi-mot.

(à suivre)