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Suite à quelques coms qui ont été postés sur 2 de mes fics, je tiens à faire une remarque qui me semble nécessaire et qui permettra une mise au point utile pour comprendre mon dilemme.
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Il y a quelques années, j'ai décidé de me lancer et de publier mes écrits. Ce faisant, je ne pensais pas intéresser grand monde et à ma grande surprise, je suis lue dans pas moins de 15 pays. Un vrai choc !
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Cependant, réussir à tenir en haleine ses lecteurs est un challenge qui requiert d'avoir une histoire intéressante et originale, différente de celles qui peuvent être publiées par d'autres auteurs, bien écrites par respect envers nos lecteurs et si possible, de tenir compte de leurs commentaires.
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Il est plus rapide de lire que d'écrire et certainement plus facile de réclamer une suite ou le chapitre suivant quand on est lecteur et non auteur. Je sais que la suite de « Résolution » se fait attendre mais comme tout un chacun, j'ai une vie personnelle qui réclame mon attention de temps en temps et un travail qui me prend 10 heures par jour.
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Je ne peux consacrer toutes mes heures de loisir à l'écriture, je dois aussi faire les courses, le ménage et la cuisine, gérer les tracas quotidiens, m'occuper de ma famille et prendre le temps de me détendre également. En un mot, de profiter un peu comme tout le monde de 'vivre'.
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Les 10 chapitres (de 6500 à 7000 mots chacun, voire plus) qui viennent d'être publiés ces dernières semaines ont été rajoutés à l'histoire originale suite à vos remarques et suggestions. Il faut du temps pour rédiger, relire et faire les corrections qui s'imposent. Poster un chapitre par semaine vous semble sans doute un délai trop long entre chaque publication mais c'est le temps nécessaire pour vous proposer un travail correct, je suis auteure et également relectrice.
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Je n'envisage pas de poster un chapitre qui ne soit pas relu et cohérent, ce serait faire affront à ceux qui prennent le temps de lire et surtout de laisser un commentaire. Un chapitre ne s'écrit pas en quelques minutes ou quelques heures surtout s'ils doivent modifier les suivants.
Je ne conteste pas qu'il est frustrant de devoir attendre la suite d'une histoire et que contrairement à un livre acheté dont on peut reprendre la lecture à tout moment, le fait que la publication se fasse chapitre par chapitre peut être effectivement décevante. Je fais du mieux que je peux mais le temps est compté pour tous et une journée ne compte que 24h.
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Soyez donc indulgent(e)s et prenez patience, la lecture n'en sera que meilleure.
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J'ajoute un très grand MERCI à toutes celles qui me font part de leur avis ou de leur suggestion, comme vous avez pu le constater, vous avez été entendues. Je n'ai malheureusement pas le temps de faire un commentaire en retour à chacune d'entre vous mais sachez que j'apprécie vivement de lire vos avis.
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Voilà, parenthèse refermée. Je vous laisse à votre lecture et vos claviers pour vos coms.
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Chapitre 37 : Sanction directoriale
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Après son entretien avec Tom Morrow, Spencer avait eu la surprise de recevoir un dossier émanant du Homeland. Il contenait toutes les informations recueillies par l'équipe qui avait travaillé pour découvrir la mission que Shepard envisageait d'exiger de son agent, Anthony DiNozzo
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Il comprenait également certains éléments sur ses missions en Europe, sa rencontre avec l'Officier du Mossad, Ziva David ainsi que celle avec le directeur de l'agence israélienne, Eli David. De même, il compilait des détails sur les relations qu'elle entretenait avec des personnalités politiques, en activité ou non.
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Le carnet d'adresses de la donzelle était plutôt intéressant. Elle s'était assurée de pouvoir disposer de certains appuis politiques pour avancer dans la hiérarchie du NCIS avant certainement de viser plus haut. Les photos qui étaient jointes à ce dossier étaient assez éloquentes sur la manière dont elle était parvenue à obtenir certaines 'amitiés'.
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Spencer était désormais persuadé que Davenport avait été la cible de Shepard mais les pièces en sa possession ne faisaient pas état de cette relation. Désormais certain que le SecNav avait privilégié la nomination de la rousse pour des raisons personnelles et inavouables, il avait à prendre en compte également cette information.
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Bon sang, quel merdier ! pensa-t-il. Qu'est-ce qui était passé par la tête de Philip pour agir ainsi ? Il avait un poste qui le destinait à gravir encore l'échelle sociale à laquelle il aspirait tant parvenir au sommet. Qu'est-ce que Shepard peut bien avoir sur lui pour l'avoir ainsi influencer ?
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A part Shepard, le dossier contenait aussi quelques informations complémentaires sur l'Officier du Mossad, Ziva David dont faisait déjà mention celui de DiNozzo. Les échanges électroniques effectués entre Shepard et David et entre David père et fille étaient plutôt conséquents.
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L'équipe spéciale du Homeland avait réussi à infiltrer les ordinateurs personnels des deux femmes et récupérer des e-mails dont le contenu ne laissait aucun doute sur l'activité de Shepard concernant La Grenouille et celui plus criminelle de David. Les dossiers joints aux emails adressés à son père étaient édifiants.
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Il soupira avant de relire les deux dossiers qui lui avaient été communiqués. Morrow et DiNozzo avaient travaillé chacun de leur côté mais leurs informations se complétaient. Spencer nota que l'agent fédéral avait cité certaines de ses sources et il ne fut pas peu étonné de constater que certaines d'entre elles appartenaient à des agences internationales.
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« Comment pouvez-vous avoir de telles relations, DiNozzo ? Le MI6 anglais, Interpol ? Ce ne sont pas des relations à la portée d'un simple flic/détective ou d'un agent fédéral. J'aimerais bien mettre la main sur votre carnet d'adresses également, il doit être plutôt impressionnant. »
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Afin d'être préparé au mieux, il décida de joindre l'agent fédéral pour quelques précisions supplémentaires. Il reprit le mail et nota le numéro de téléphone indiqué dans la signature. Il composa le numéro et attendit que son correspondant décroche.
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« Bonjour, Agent DiNozzo, ici Mark Spencer » se présenta-t-il.
« Monsieur le Secrétaire » dit Tony, étonné de recevoir cet appel.
« J'ai bien reçu votre envoi et je dois dire que son contenu est des plus édifiants » commença le SecDef. « Je suis également en possession d'un autre dossier que Tom Morrow m'a adressé et qui contient également un certain nombre d'informations qui vont m'obliger à arbitrer de manière définitive sur l'affaire que vous m'avez soumise. »
« Si je peux me permettre, Monsieur, le SecNav vous a-t-il contacté ? » demanda l'italien.
« Comme vous avez dû le supposer, il n'a pas pris contact avec moi depuis la réception de votre mail » confirma Spencer. « Vous avez dû estimer qu'elle serait sa réaction, c'est la raison pour laquelle vous avez décidé que je devais également être destinataire de ce dossier plutôt brûlant. »
« C'était en effet ma crainte, Monsieur » indiqua l'agent. « J'ai toujours trouvé étrange que le SecNav approuve le poste créé pour Ziva David. Il n'avait aucune raison valable de voir le jour, nous ne travaillons pas avec le Mossad même au plan international. Pour un agent d'Interpol, il aurait été plus logique de recourir à cette création, pas pour le Mossad. »
« Déduction cohérente, Agent DiNozzo et c'est une question que je vais poser à Shepard lors de notre entretien demain matin » annonça Mark. « Je voulais savoir si vos soupçons sur l'activité de Ziva David peuvent être corroborées par des preuves. »
« A part une confirmation verbale accidentelle de la part de l'intéressée, je n'ai rien qui puisse étayer mes suspicions, Monsieur » déclara DiNozzo. « Elle s'est compromise lors d'une conversation en mentionnant une information qu'elle ne pouvait connaitre. C'est ce qui m'a conduit à m'intéresser de plus près aux conditions de son engagement. J'ai pris la liberté de faire quelques vérifications et j'ai constaté que son niveau d'autorisation ne correspondait pas à ce qu'il devrait être. Elle possédait un accès bien plus important que nécessaire et qui lui permettait de consulter des dossiers très confidentiels. »
« Avez-vous fait part de ces contradictions à quiconque ? Shepard, Gibbs ? »
« J'ai tenté d'aborder le sujet avec Shepard une fois, peu après le départ de Gibbs après l'accident » assura Tony. « Elle m'a clairement fait comprendre qu'il n'était pas de mon ressort de déterminer ce type de détail et que je devais plutôt me concentrer sur nos enquêtes, qu'elle était la directrice et qu'elle dirigeait l'agence à son gré. Elle a ajouté que si je voulais garder mon poste, je devais me cantonner à mon travail de chef d'équipe qui devait m'occuper en premier lieu et ne pas continuer à fourrer mon nez où il n'avait que faire. »
« Avez-vous fait part de vos interrogations au SecNav ? »
« Je l'ai alerté par mail mais je n'ai jamais reçu de confirmation de lecture ou de réponse quelconque, Monsieur. »
« Agent DiNozzo, je vais me rendre demain au NCIS pour confronter Shepard et prendre les mesures qui s'imposent. Seriez-vous disposer à m'y retrouver pour ajouter votre témoignage ? »
« Je vais sans doute vous paraître lâche, Monsieur mais je n'ai aucune envie de renouveler l'épisode qui s'est produit il y a quelques jours » annonça Tony d'un ton ferme. « Je n'ai plus aucun désir de revoir les employés qui sont à l'origine de ma décision de démissionner d'un poste et d'un travail que j'appréciais énormément. Vous avez mon dossier sur Shepard, vous avez le résumé de ce qui s'est passé avec mon équipe et ma lettre de démission à effet dans quelques jours. Je n'ai plus rien qui me retienne là-bas et n'ai vraiment pas besoin de m'exposer davantage à la vindicte de certaines personnes. »
« Je ne vous considère aucunement comme un lâche, Agent DiNozzo, ce serait même tout le contraire » l'assura Spencer. « Je trouve que vous avez eu un sacré courage de mettre en péril votre carrière pour porter à ma connaissance ce dossier. Je n'ai personnellement jamais approuvé la nomination de Shepard en tant que directrice du NCIS et je suis aujourd'hui confronté au mauvais choix imposé par le SecNav. Cependant, je ne vais pas me cacher la tête dans le sable et étouffer cette affaire. Il est de mon devoir, tout comme il a été le vôtre, de remédier à la situation dans le meilleur intérêt de l'agence et de son personnel. »
« Je suis heureux de votre décision, Monsieur » nota l'italien. « Je n'attendais pas grand-chose du SecNav, il était évident pour moi que Shepard et lui s'entendaient plutôt bien d'après mes observations personnelles. Ma décision de vous avertir de la situation découlait de mes constatations et de mon instinct qui me disait que Davenport ne serait pas enclin à donner suite à cette affaire. »
« Je ne peux que vous féliciter pour votre résolution, Agent » offrit Spencer. « Il est bien dommage que l'issue en soit votre départ. Je ne suis pas encore certain de la conclusion qui sera apportée à ce merdier mais je puis vous assurer que votre réputation ne sera pas entachée par l'action de Shepard. J'y veillerai personnellement et vous pourrez compter sur mon soutien si nécessaire. »
« Je vous en remercie, Monsieur. »
« Toutes mes félicitations, Agent DiNozzo pour avoir osé m'avertir et surtout ne pas avoir renié votre intégrité professionnelle. »
« J'ai prêté serment en devenant flic et je l'ai respecté autant que j'ai pu en devenant un agent fédéral, Monsieur » rappela Tony. « Je ne pensais pas encore à devoir faire face à la trahison de mes partenaires comme ce fut le cas à Baltimore. Mais je ne pouvais pas, en mon âme et conscience, passer sous silence de tels faits. »
« Vous avez eu raison de tirer la sonnette d'alarme en temps voulu » approuva le SecDef.
« La gestion d'une agence fédérale entre les mains d'une femme avec un tel degré de duplicité et d'un tel pouvoir peut s'avérer dangereux si elle bascule du mauvais côté de la loi. »
« C'est une idée qui m'a traversé l'esprit » nota l'italien. « J'ai juré de servir et protéger, je ne pouvais pas me lancer dans une chasse à l'homme sans véritable motif sérieux en sachant que c'était une vengeance personnelle qui la motivait. »
« Vous avez gardé la mentalité d'un honnête homme et d'un bon policier » le félicita Spencer. « Il est bien rare de nos jours de conserver cette force de caractère avec toutes les tentations auxquelles nous sommes confrontés. Continuez dans ce sens. »
« C'est mon intention, Monsieur. »
« Vous avez déjà des perspectives pour votre futur, Agent DiNozzo ? » demanda Mark. « Je ne doute pas que vos qualifications vont intéresser d'autres agences et que les propositions vont affluer sous peu. »
« Quelques pistes sans doute mais je vais prendre le temps de réfléchir à tête reposée » précisa l'italien sans trop dévoiler sa future activité.
« Revenez vers moi si vous rencontrez des difficultés, je ferai mon possible pour vous aider » l'assura Spencer.
« Je n'y manquerai pas, Monsieur. »
« Sur ce, je vous laisse et vous souhaite bonne chance pour la suite, Agent DiNozzo » conclut le SecDef. « A une prochaine fois, peut-être et bon vent. »
« Merci. Au revoir, Monsieur » le salua Tony.
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Spencer raccrocha et soupira. Il allait devoir faire le ménage au NCIS puisque son subordonné avait négligé de contrôler la gestion de l'agence sous la direction de Shepard. Il avait su que cette femme ne serait pas la bonne candidate pour prendre la succession de Tom Morrow et les évènements lui donnaient raison.
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Il rangea finalement les deux dossiers dans le coffre de son bureau et se décida à gagner son domicile. Il allait passer une soirée relaxante avant d'attaquer le lendemain un exercice déplaisant au possible.
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Le lendemain matin, à l'heure prévue, le chauffeur de Davenport garait la voiture dans le parking de l'agence. Il venait juste d'arrêter le moteur lorsque le véhicule du SecDef se glissa dans la place libre juste à côté. Les deux hommes se saluèrent et firent leur chemin vers l'entrée.
Le garde de la sécurité ouvrit de grands yeux avant de les prier de passer sous le portique de détection. Malgré leurs fonctions, aucun des deux hommes ne portait d'arme et ils furent rapidement libérés de cette obligation. Ils gagnèrent l'ascenseur dont la cabine vide venait de stopper. Ils y pénétrèrent et sélectionnèrent l'étage du bureau directorial.
Les deux hommes en sortirent et firent leur chemin jusqu'au bureau de Cynthia qu'ils prièrent de ne pas avertir la directrice et de ne pas dévoiler leur présence. L'assistante hocha la tête et les laissa faire leur entrée dans le bureau de sa patronne en se demandant quel était le motif de leur présence. Aucun d'eux n'avait rendez-vous avec la directrice.
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Shepard fronça les sourcils en entendant la porte de son bureau s'ouvrit sans que quiconque n'ait frappé. Lorsqu'elle identifia ses visiteurs, elle pâlit légèrement mais se reprit très vite. Elle se leva pour les saluer.
« Bonjour, messieurs » réussit-elle à dire.
« Shepard » fut la brève réponse du SecNav.
« Directrice » dit simplement le SecDef.
« Si vous voulez bien prendre place » les invita-t-elle en désignant les fauteuils devant son bureau.
Elle attendit que l'un d'eux lui annonce le motif de leur visite. Devant leur mutisme, elle choisit de lancer la conversation.
« J'ignorais que nous avions rendez-vous » déclara-t-elle.
L'incertitude et la curiosité étaient discernables dans sa voix.
« Notre visite aujourd'hui a été décidée au dernier moment » spécifia le SecDef.
« Puis-je vous proposer un café ? » offrit-elle pour tenter de détendre l'atmosphère qui devenait plus lourde de minute en minute.
« Noir sans sucre pour moi » quémanda Davenport.
« Noir et un sucre » accepta Spencer.
Elle s'activa à préparer les tasses et s'en resservit une, étrangement convaincue qu'elle en aurait besoin sous peu. Elle tendit les tasses à chaque homme et reprit place dans son fauteuil et pour se donner contenance, sirota sa tasse. Elle observa ses visiteurs sans montrer son appréhension à cette entrevue inattendue.
« Vous avez pris vos fonctions en tant que directrice depuis plus d'un an et il nous a semblé nécessaire de faire le point avec vous » déclara soudain le SecDef.
Shepard nota que c'était la seconde fois que le SecDef prenait la parole, supplantant son subordonné, le SecNav. Elle tenta de ne pas montrer la nervosité qui l'envahissait peu à peu depuis leur arrivée. Leur visite coïncidait par trop avec l'altercation de DiNozzo et de son équipe. Etait-ce lié ou n'était-ce qu'un hasard ?
« Comment les choses se passent depuis votre arrivée ? » s'enquit Spencer d'un ton presque anodin.
« Eh bien, je dois dire que je n'ai pas rencontré de difficultés majeures comme mes entretiens avec le Secrétaire Davenport peuvent en attester » affirma-t-elle fermement. « Les opérations spéciales ont été menées avec discernement et couronnées de succès. »
« Quand est-il des enquêtes ? » voulut savoir Mark.
« Rien de spécial à dire, nous avons un taux de réussite plutôt enviable dû en grande partie à l'équipe de l'Agent Gibbs dont le ratio est le plus élevé de l'agence. »
« Donc selon vous, tout va bien » insista le SecDef.
« Oui, parfaitement bien » confirma-t-elle en souriant.
« Il y a cependant un sujet qui m'interpelle. Pouvez-vous m'expliquer la raison qui vous a conduite à créer un poste d'agent de liaison sans en référer à vos supérieurs directs et sans obtenir leur aval ? » s'enquit-il.
Et là, Shepard se raidit et ressentit à nouveau la nervosité la gagner. Elle avait su que sa décision serait discutée à un moment donné ou un autre. Elle avait pensé que ce serait plus tôt que ça tout en espérant que ce ne serait jamais le cas. Elle décida de se prémunir de toute réprimande.
« J'ai été choisie pour diriger cette agence et j'ai reçu les pleins pouvoirs pour le faire à ma guise » se défendit-elle. « J'ai pris cette décision en toute connaissance de cause en sachant que la collaboration que nous pourrions en retirer nous serait bénéfique notamment pour nos opérations au Moyen Orient et en Afrique. »
« Détrompez-moi si je suis dans l'erreur mais il me semble que le Mossad a pour objectif principal l'espionnage et l'assassinat par le biais de leurs officiers Kidon » s'étonna Spencer. « Cette agence ne comporte pas non plus de service d'enquêtes criminelles et par là même pas d'enquêteurs. Je suis curieux de savoir ce qu'un membre d'une telle unité peut apporter à notre agence ? Et surtout, ce qu'il pourrait obtenir en échange ? Une parfaite collaboration implique nécessairement que les deux parties en retirent quelque chose. Qu'est-ce que le Mossad obtient de notre part, Directrice ? »
Shepard n'aimait pas la tournure que prenait l'entretien. Elle avait passé un marché équitable selon elle mais uniquement sur le plan personnel. En acceptant de placer Ziva dans l'équipe de Gibbs, elle lui permettait de collecter et d'envoyer certaines informations à son père en échange de renseignements sur La Grenouille.
C'était un deal qui n'était connu que de quelques personnes, tout au plus cinq ou six. Et elle était certaine qu'elle était la seule au courant au NCIS, le reste étant des officiers du Mossad. Donc aucune fuite n'était possible depuis son agence, elle en était certaine. Ziva n'avait aucun intérêt de dévoiler la raison de sa présence ici.
Il fallait qu'elle invoque une raison plausible qui l'avait conduite à intégrer l'israélienne à l'équipe de Gibbs.
« En fait, comme vous le savez, j'ai effectué quelques missions en Europe de l'Est et en Orient. Au cours de certaines d'entre elles, j'ai collaboré avec l'Officier Ziva David, ce qui m'a permis d'en mener certaines à bien alors qu'elles étaient compromises » expliqua-t-elle en restant au plus près de la vérité. « Ziva s'est fait quelques ennemis, ce qui l'empêchait de travailler dans certains pays. Lorsque j'ai été nommée à la tête du NCIS, le Directeur David, le père de Ziva, m'a demandé comme une faveur de lui trouver une place au sein de l'agence, le temps qu'elle puisse se faire oublier. Nous avons donc décidé d'un commun accord d'échanger des informations sur les activités suspectes en Afrique et au Moyen Orient et de coordonner au besoin nos opérations dans ces régions. »
En terminant son explication, elle espéra qu'elle avait su convaincre le SecDef de la pertinence de sa décision. Certes, elle avait tu une partie importante, le véritable motif de cet échange mais elle ne pouvait pas avancer cet argument.
« Sachant qu'elle n'avait aucune expérience en investigation, pour quelle raison l'avoir placé dans l'équipe première, celle qui gère les affaires les plus importantes ? »
« Parce que je savais que seul Gibbs serait à même de tempérer Ziva » contra aussitôt Shepard. « Elle ne reconnait qu'une certaine autorité et ne travaille qu'avec les meilleurs. Gibbs est le meilleur agent que nous ayons, il était logique de l'intégrer dans son équipe. »
« Et le fait qu'elle soit la demi-sœur du terroriste qui a infiltré l'agence, blessé un employé et tué un agent n'était pas un motif suffisant pour annuler votre décision ? »
« Monsieur, Ziva n'est pas responsable des actes de Haswari, il a agi contre les ordres reçus » s'indigna-t-elle.
« Sans doute mais il aurait quand même été plus logique de l'adjoindre à la division de contreterrorisme, il me semble » nota Spencer. « Ses connaissances en la matière la prédisposaient plus à être utile là que dans une équipe où elle arrivait en novice. »
« Ziva souhaitait couper les ponts avec ses activités précédentes, j'ai pensé que lui faire voir l'autre côté du miroir l'aiderait » tenta de se dédouaner Shepard.
« Et ce faisant, vous avez mis en péril la bonne marche d'une équipe qui fonctionnait bien et dont les résultats étaient plus que satisfaisants » nota Spencer. « Quand est-il des conditions attachées à son poste ? »
« Les conditions ? » s'étonna Shepard.
« Oui, c'est un membre d'une agence étrangère qui travaille pour une agence nationale fédérale américaine » rappela le SecDef. « Son affectation comporte des restrictions obligatoires comme celle de ne pas conduire un véhicule officiel, celle de ne pas manipuler les indices d'une scène de crime, celle concernant son niveau d'autorisation et son accès au système informatique. Concernant ce dernier point, il apparait que son niveau d'accréditation est supérieur à celui d'un agent junior. Pouvez-vous nous expliquer ce dernier point, Directrice ? »
« J'avoue que j'ignorais que son poste pouvait s'accompagner de toutes ses limitations » soupira Shepard, l'air abattu et défaitiste.
« Je vois » souligna Spencer, un brin furieux. « Je pense que vous avez largement outrepassé vos prérogatives que de laisser une espionne avoir un tel accès à des informations classifiées 'confidentielles', il me semble. Donc j'attends une explication qui, je l'espère, sera justifiable. »
« Ziva n'aurait jamais piraté nos bases de données ainsi, ce n'est pas une pratiquante assidue de l'informatique, elle a dû avoir quelques cours accélérés donnés par l'Agent McGee pour parvenir à naviguer sur notre système. »
A cette déclaration, Davenport émit un petit ricanement, Shepard venait de se vendre royalement sans même sans rendre compte.
« Si je comprends bien ce que vous venez juste d'indiquer, elle a enrôlé votre expert informatique pour lui donner des leçons et ce faisant, j'imagine qu'ils n'ont pas été supervisés, n'est-ce pas ? » s'indigna le SecDef. « Ce qui veut dire qu'elle a pu lui demander de lui montrer la procédure pour accéder à des informations relatives à des opérations spéciales. »
« L'Agent McGee n'a certainement pas expliqué en détail comment accéder ou télécharger des dossiers confidentiels, j'en suis certaine » contra Shepard.
Chaque réponse était donnée d'une voix de plus en plus incertaine, ce qui n'échappa pas à Spencer. Elle tenta de croiser, à plusieurs reprises, le regard de Davenport mais ce dernier évitait soigneusement de le faire, il ne voulait pas être obligé de lui apporter un soutien quelconque.
Les questions précises du SecDef prouvaient qu'il avait été informé sur la position particulière de Ziva et elle ne doutait pas qu'il arriverait bientôt à l'interroger sur la mission qu'elle voulait mettre en place pour arrêter La Grenouille. Elle ignorait qui l'avait renseigné dans la mesure où elle avait menacé directement DiNozzo, certes, plus pour l'intimider qu'autre chose mais elle était confiante qu'il ne révélerait rien.
« Vous n'êtes certaine de rien du tout, Madame » la contredit son visiteur. « Elle a très bien pu menacer d'une quelconque façon cet agent pour l'obliger à lui obéir. Après tout, ces officiers sont connus pour savoir mener des interrogatoires et utiliser la torture si nécessaire. »
« Je vous assure, Monsieur le Secrétaire, que Ziva n'est plus la même personne qui a assisté Haswari » s'exclama Shepard. « Elle s'est émancipée de la tutelle de son père en venant travailler ici, elle a goûté à la liberté de vivre aux Etats-Unis sans être constamment sous sa férule. Elle a également coupé les ponts avec le Mossad. »
« Oh, oui, c'est ce qu'elle vous a fait croire, Shepard » tonna Spencer. « Si elle s'est distancée de son agence, pour quelles raisons ne cesse-t-elle d'y faire référence à tout bout de champ en clamant que leurs actions sont mieux exécutées, que leurs officiers sont de bien meilleurs combattants que les agents du NCIS ? »
« Elle est simplement fière d'avoir appartenue à l'agence la plus réputée du monde pour ce qui est des agents actifs » nota la directrice.
« Je pencherais plutôt pour penser que ses propos confirment qu'elle se considère toujours comme un officier du Mossad et que ça ne changera pas de sitôt » la contra de nouveau le SecDef. « Vous pouvez croire ce qu'elle vous raconte mais je reste extrêmement septique sur le destinataire de sa loyauté qu'elle ne destine visiblement pas à notre agence. »
« Vous avez un a priori à son égard, Monsieur et vous pensez qu'elle ne peut être fiable » s'indigna la rousse. « Vous ne pouvez la juger sur des actes précédents qui ne nous concernent pas. Ziva peut être d'une loyauté infaillible pour peu qu'elle puisse avoir confiance en ceux en qui elle la place. Si pour vous prouver cela, elle doit renoncer à sa place au sein du Mossad et devenir une citoyenne américaine, elle deviendra un agent du NCIS de tout premier ordre. Elle a beaucoup à nous apporter en matière de connaissances en contreterrorisme. »
Le SecDef la fixa d'un regard incrédule. Shepard paraissait convaincue par ce qu'elle avançait.
Pense-t-elle vraiment ce qu'elle dit ? se demanda-t-il intérieurement. Est-ce que ce sont ses mots ou ceux que David lui a mis en tête ? Est-elle encore plus compromise que je ne le croyais ? Ou a-t-elle une dette envers Eli David pour les informations sur La Grenouille ? Ce ne serait malheureusement pas la première fois qu'une agence étrangère achèterait un directeur d'agence gouvernementale !
Il allait devoir lui ôter ses illusions au sujet de cette espionne qui profitait d'une situation alambiquée à son avantage. Ne serait-ce que par le niveau d'accréditation que Shepard lui avait octroyée. Il avait la liste des dossiers qu'elle avait téléchargés depuis leur serveur et cette preuve-là, Shepard ne pourrait la nier ou l'excuser.
« Allons, cessez de porter des œillères, ma chère » grommela-t-il. « Votre protégée ne sera jamais un modèle de vertu et ne sera jamais un agent tant que je serai au poste de SecDef, j'y veillerai personnellement. Et dans le cas où je serais relevé de mes fonctions au pied levé, je ne manquerais pas de le faire savoir à mon successeur. »
Shepard lui envoya un regard horrifié et la main posée sur le bureau se mit à trembler. Réalisait-elle enfin le pétrin dans lequel elle se trouvait ? Le fait d'avoir accordé des privilèges spéciaux à un agent étranger qui lui avaient permis de transmettre des informations confidentielles à son agence, elle pouvait être considérée comme une complice et reconnue coupable de haute trahison.
Etait-elle si peu intéressée par son sort qu'elle ne puisse voir la réalité des faits qui lui étaient reprochés ? Etait-elle tellement aveuglée par la haine et préoccupée par sa vengeance qu'elle ferait n'importe quoi pour parvenir à son but ultime : la mort de La Grenouille ?
« Vous ne pouvez refuser à un étranger de devenir citoyen américain, Monsieur » s'offusqua la directrice.
« Croyez-vous, Madame ! » la tança-t-il. « Il me suffit d'un mot, un seul mot et votre petite protégée se retrouve directement à Leavenworth ou mieux à Gitmo. Terrorisme. »
« Non, vous ne pouvez pas l'accuser de ça, Monsieur » s'écria Shepard, affolée. « Ziva n'est pas une terroriste. Au contraire, elle veut s'éloigner de tout conflit concernant son pays et certains factions dissidentes islamistes qui recourent allégrement à cette forme de guerre sournoise. »
« Vous ne me ferez pas changer d'avis à son sujet » spécifia clairement le SecDef. « Je trouve inadmissible de votre part d'avoir fermé les yeux sur des procédures mises en place depuis la création de l'agence et d'avoir pris des initiatives malheureuses qui conduisent aujourd'hui à une situation plus que difficile, Madame. »
« Je reconnais que j'aurai dû être plus vigilante sur certains points mais j'ai géré l'agence sans démériter, il me semble » remarqua Shepard, tentant de se défendre au mieux.
« C'est votre opinion personnelle, Madame mais certainement pas la mienne » gronda le SecDef. « S'il n'y avait que ce point en particulier qui m'oblige à être ici aujourd'hui, notre entretien serait déjà réglé et terminé. Cependant, Ziva David n'est pas le seul problème que je voulais aborder avec vous. Je sais de source sûre que vous avez le projet de mettre en place une mission sous couverture dans le but de récolter des informations concernant un trafiquant d'armes international connu sous le nom de La Grenouille. Pouvez-vous me dire qui a autorisé une telle mission dans la mesure où ce criminel ne fait pas partie de ceux que le NCIS recherche activement ? »
« Le FBI, la CIA et la NSA ne sont pas parvenus à mettre la main sur ce trafiquant malgré tous leurs efforts » indiqua-t-elle d'un ton forcé. « Il m'a semblé que si nous parvenions à l'arrêter, nous serions enfin reconnus à part entière et cette publicité nous serait bénéfique. »
« Notre agence fait déjà partie des agences fédérales, chère Madame » ironisa le SecDef. « Que certains ne connaissent pas la signification de notre sigle est un détail insignifiant. Nous avons les mêmes avantages que nos consœurs. De quel droit voulez-vous empiéter sur leurs affaires ? »
« Notre budget a besoin d'être revu à la hausse, Monsieur » affirma-t-elle avec plus de fermeté. « Une telle arrestation pourrait nous permettre de recevoir une substantielle augmentation comme c'est le cas pour les autres agences dans les circonstances similaires. »
« Et vous avez donc jugé que de monter une mission sous couverture et d'envoyer un excellent agent se fourvoyer dans un tel guêpier pouvait réussir ? »
« Ce n'était qu'une prise de contact avec un membre de la famille pour obtenir des informations, Monsieur, rien de dangereux, je vous assure. »
« Ah oui ! » faillit s'étrangler Spencer. « Il me semble que vous avez insisté pour que votre agent noue une relation bien plus étroite avec sa cible pour parvenir à ce résultat. Et non contente de lui demander de se prostituer, vous lui avez en plus ordonné de n'en parler à personne, même pas à son supérieur direct ! Et pour parachever le tout, vous deviez lui servir de renfort. Comment comptiez-vous le faire sachant que vous êtes coincée dans vos obligations professionnelles qui vous éloignent de DC très régulièrement ? Avez-vous seulement songé que vous mettiez inutilement sa vie en danger ou qu'il s'en sorte ou non vous importait peu ? »
Shepard palissait à vue d'œil au fur et à mesure des accusations et des questions du SecDef. Il était évident qu'il connaissait son plan dans les moindres détails. Pour quelles raisons DiNozzo avait-il dévoilé la mission à Spencer et non à Davenport ?
« Il est réputé pour savoir tourner la tête des femmes, c'est un beau parleur et un flirt » tenta de se dédouaner encore la directrice. « Comment… ? Qui… ? DiNozzo n'avait pas… »
« Je vous arrête tout de suite, Madame » la coupa abruptement Spencer. « Ce n'est pas votre agent qui m'a informé de cette mascarade mais le directeur du Homeland. Vous avez éveillé sa suspicion par vos propos lors de la conférence inter-agences de Miami. Il a donc décidé de procéder à une petite enquête et ce qu'il a découvert l'a convaincu de pousser plus loin ses investigations. C'est ainsi qu'il a découvert certains faits qui lui ont paru inquiétants et il s'est rapproché de moi pour obtenir des explications… que je n'ai évidemment pas pu lui fournir. »
Spencer espérait qu'en édulcorant ainsi la vérité, il épargnerait à l'Agent DiNozzo la vindicte de la directrice qui allait sans doute tenter de faire payer celui qui l'avait dénoncé et mis un terme à son plan de vengeance.
Shepard pinça les lèvres et laissa la colère l'envahir, elle serra les poings qui reposaient sur son bureau.
« Ceci ne relève aucunement de la compétence de la Sécurité du Territoire, c'est inadmissible d'être l'objet d'une telle enquête de leur part » cracha-t-elle. « Je protesterai officiellement d'une telle procédure à mon encontre. »
Le SecDef réprima un sourire de triomphe, elle avait mordu à l'hameçon et pensait réellement ce qu'il lui avait dit. Il allait devoir avertir Morrow de surveiller ses arrières durant quelque temps et prévoir sans doute une escorte renforcée.
« Vous pourrez protester tout votre comptant, Madame, il n'empêche qu'il était de son devoir de procéder à une enquête » l'informa-t-il. « Vous avez œuvré pour arriver à votre position actuelle en usant de stratagèmes plus que douteux et je ne peux cautionner davantage votre gestion de l'agence et de son personnel en particulier » statua le SecDef. « Dans la mesure où vous avez abusé de votre position et fait pression sur un agent pour lui faire accepter une mission non officielle pour laquelle vous aviez délibérément choisi de ne lui octroyer aucun véritable renfort, que vous auriez mis sa vie en danger sans la moindre hésitation, il convient que je prenne la seule décision qui s'impose dans ce cas : vous êtes renvoyée à effet immédiat. Vous avez jusqu'à ce soir pour mettre de l'ordre dans ce qui est urgent puis de vider votre bureau. Dès à présent, je vous demande de me remettre votre arme, votre badge et votre passe. J'ajoute que dans la mesure où vous avez usurpé votre pouvoir et utilisé les ressources du NCIS à des fins personnelles, vous ne pourrez prétendre au bénéfice de votre pension d'agent fédéral ou de directrice. »
« Monsieur, je proteste contre ces mesures » s'indigna Shepard.
« Vous pouvez le faire tant que vous voulez, Madame, j'estime pour ma part qu'elles sont douces en comparaison de votre attitude et votre dédain pour la vie de vos agents » s'exclama Spencer, outré de la réaction de la directrice. « Pour l'instant, je vous prierai de me laisser seul un instant avec le SecNav. »
Shepard se leva, rigide et se dirigea vers la porte. Elle était plus que furieuse de l'issue de cet entretien qui ruinait tous ses plans pour innocenter son père. Elle allait devoir trouver un autre moyen de le faire payer sans l'aide des ressources de l'agence. Il était heureux qu'elle soit financièrement à l'aise pour se permettre d'engager un mercenaire si nécessaire.
Elle ouvrit la porte et sans se retourner la franchit avant de refermer le battant d'un coup sec. Elle espérait que Ziva s'en sortirait mieux qu'elle, il ne faisait aucun doute pour Jenny qu'elle serait également sur la sellette dans peu de temps. Le SecDef était bien trop renseigné pour la laisser travailler encore librement tout en sachant qu'elle espionnait pour le Mossad.
Ziva lui avait pourtant promis d'être prudente mais elle n'avait pas su résister à l'envie d'adresser des informations sur leurs opérations en Afrique et au Moyen Orient. Elle n'était pas naïve au point de croire tout ce qu'elle avait dit au SecDef. Elle avait tenté autant de se protéger qu'elle avait pu sans avoir convaincu le grand homme apparemment.
Et que dire du soutien que Davenport était censé lui apporter ? Il n'avait pas ouvert une seule fois la bouche pour la défendre, le salaud. Elle ignorait ce qu'il avait pu dire au SecDef mais ses propos n'avaient pas fait pencher la balance dans son camp, c'était certain. Il faudrait qu'elle lui rappelle qui lui devait, en partie, son poste. Il était toujours bon d'avoir un as dans sa manche.
Elle fulminait de n'avoir dû compter que sur elle pour contrer les arguments du SecDef. Davenport avait suivi la discussion et seules, ses expressions faciales étaient le reflet de ses pensées. Shepard était certaine qu'elle aurait pu… et même dû obtenir plus de soutien de sa part. Il le lui devait bien, il avait reçu plus qu'il ne méritait de la part de ses amis qui l'avaient aidé à accéder à son poste.
Sur ce, elle se rendit à la cafétéria de l'agence et commanda un café bien fort, elle en avait bien besoin.
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Spencer attendit que Shepard soit sortie avant de se tourner vers Davenport. Ce dernier n'était pas intervenu une seule fois au cours de l'entretien et il en était heureux. Il aurait pu ruiner ses chances de contraindre Shepard à se dévoiler et à la mettre ainsi en position de faiblesse.
Ses attaques concernant la gestion de l'agence n'étaient là que pour la noyer un peu plus et la déstabiliser. Il avait parfaitement réussi à la forcer à admettre certaines erreurs et même si elle était parvenue à masquer le véritable motif de cette mission suicide, il ne lui laisserait pas l'occasion de s'en tirer à bon compte. La sanction prise à son encontre n'était là que pour la leurrer et lui faire croire qu'elle était libre d'agir dans l'ombre.
Il allait envoyer le dossier sur La Grenouille au FBI, cette affaire relevait désormais plus de leur compétence dans la mesure où Shepard avait tenté de leur couper l'herbe sous le pied et de saboter leur propre mission. De plus, elle savait qu'elle mettait la vie de son agent en danger et elle voulait persister à mener son plan à terme.
Elle était coupable de tentative de meurtre, même de conspiration dans le but de commettre un meurtre. Les preuves recueillies par DiNozzo, les enregistrements de leurs conversations, la copie du dossier qu'elle lui avait passé était édifiant. Il ne serait pas surprenant qu'elle finisse ses jours en prison.
Maintenant qu'il avait traité avec Shepard, il lui restait l'équipe de Gibbs moins DiNozzo à gérer. Mais avant d'en arriver à cette tâche, il devait s'occuper de Davenport.
« Bien, puisque le problème Shepard est en cours de règlement, voyons un peu votre cas, Philip » annonça-t-il brusquement.
« Je ne vois pas ce que j'ai à voir avec cette situation, Mark » protesta le SecNav.
« Vous avez non seulement omis de me parler du dossier que DiNozzo vous a adressé mais vous avez également tenté de me berner en m'envoyant sur une fausse piste. Je n'apprécie pas que vous me meniez en bateau de la sorte, Philip. Je vous rappelle que je suis votre supérieur et que vous me devez des comptes » tonna Spencer, tout en essayant de modérer son ton. « Qu'est-ce que Shepard peut bien avoir sur vous pour vous obliger à la protéger ainsi ? »
« Je vous assure que je n'ai rien qui puisse motiver cette… garce à me faire chanter » se défendit le SecNav.
« Si ce n'est sur vous, c'est sur quelqu'un de proche alors » en déduisit Mark.
L'expression de son compagnon lui fit comprendre qu'il avait mis dans le mille. Davenport était un ex Marine, il était habitué à respecter la chaine de commandement. Il n'y avait aucune raison valable pour qu'il laisse une telle situation se produire si c'était uniquement lui qui était en cause. Il y avait donc une autre personne, un proche qu'il se devait de protéger.
« Pourquoi n'êtes-vous pas venu m'en parler ? Nous aurions pu trouver un moyen de vous aider » soupira son supérieur. « Qui est visé par Shepard ? »
« Elle n'a rien qui puisse me nuire ou nuire à un proche, je vous l'assure, Mark. »
« Alors, au nom de Dieu, pour quelle raison l'avez-vous propulsé au poste de directrice et avez-vous tenté de la protéger en me cachant ce dossier ? »
« Je ne peux rien dire, Mark, je suis navré. »
« Donc, si ce n'est pas Shepard, c'est quelqu'un de sa connaissance qui possède des informations compromettantes pour vous ou un proche » notifia Spencer.
« Je vous en prie, Mark, ne cherchez pas à savoir » le supplia presque Davenport. « Ce ne sera bénéfique pour personne. »
« Vous me conseillez de laisser les choses en l'état et de faire comme si je ne savais rien ! » s'exclama le SecDef. « Vous rendez-vous compte que je ne peux vous faire confiance plus longtemps et que vous ne pouvez conserver votre poste, Philip. Est-ce que ces informations valent que vous sacrifiiez votre carrière ? »
« S'il n'avait tenu qu'à moi, elle aurait pu aller se faire pendre ailleurs, je peux vous l'assurer, mon ami » soupira Davenport, d'un air défaitiste. « Mais pour tout l'or du monde ou même pour ma vie, je ne peux rien dire. Je suis désolé de vous décevoir et de paraitre aussi faible mais quand il s'agit de protéger les siens, il n'y a rien que je ne ferais. »
« Est-ce que ces informations sont de nature à provoquer une catastrophe quelconque ou… je ne sais quoi ? »
« Non, rien qui puisse relever de la Sécurité Nationale ou qui soit, de proche ou de loin, en rapport avec notre travail ou celui d'une agence fédérale ou même de la police. C'est juste quelque chose de personnel qui pourrait ruiner la vie de plusieurs personnes. Je ne peux, en mon âme et conscience, les laisser divulguer ce qu'ils savent. »
« Une idée de qui est derrière tout ça ? »
« Non et je n'ai jamais cherché à savoir. Elle a juste été la messagère mais le peu qu'elle m'a dit m'a convaincu qu'il valait mieux que j'obtempère à leur requête. »
« Que voulaient-ils d'autre à part la nomination de Shepard au NCIS ? »
« Aussi surprenant que ça puisse paraître, ils n'ont jamais soumis d'autre demande, je vous le jure. »
« Bien, j'espère que je n'aurais pas à me mordre les doigts de vous faire confiance sur ce point particulier, Philip. Cependant, au vu de ces éléments, je ne peux vous laisser occuper votre poste plus longtemps. Vous allez donc me remettre votre démission en invoquant un problème de santé ou une autre raison quelconque. Je veux votre lettre sur mon bureau demain matin à la première heure. Il va sans dire que des sanctions complémentaires pourraient être prises si nous devons faire face à d'autres complications. »
« Entendu, Mark » confirma Davenport. « Je suis désolé de vous avoir mis dans une position inconfortable. En acceptant le poste de SecNav, je n'espérais pas terminer ainsi mes fonctions. »
« Vous avez assuré en grande partie ce que l'on attendait de vous mais cette erreur de jugement vous coûte effectivement très cher et je ne peux malheureusement faire l'impasse dessus. Vous vous rendez bien compte que Shepard mettait la vie d'un agent exceptionnel en danger. En fait, non seulement ça, mais je suis quasi certain que ce trafiquant n'aurait eu aucun scrupule à l'éliminer à titre d'exemple pour une prochaine tentative de ce type. »
« Je me rends compte effectivement que je n'ai pas envisagé les conséquences de ma lâcheté en nommant Shepard à ce poste contre votre avis. J'en paie le prix et c'est dans la logique des choses. Je ne peux vous en tenir rigueur et je comprends votre décision, Mark » déclara Davenport d'un ton chagriné.
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Il avait aimé occupé le poste, aimé le pouvoir qu'il avait entre les mains et il n'avait jamais été plus satisfait de se sentir puissant. Shepard avait ruiné tout ça en quelques minutes et il ne pourrait jamais assez s'en vouloir de n'avoir pas tenté de chercher de l'aide.
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Philip Spencer n'était pas seulement son supérieur direct, il était devenu un ami qui aurait pu lui apporter une solution mais il avait négligé de lui en parler et de l'impliquer dans l'imbroglio que cette garce avait créé parce qu'elle voulait désespérément le poste de directrice du NCIS et ce, à n'importe quel prix.
« Bien, il est temps de laisser Shepard préparer son départ » annonça alors Spencer. « Je vous revois sous peu, Philip. A bientôt. »
« Merci pour votre indulgence, Mark » dit Davenport d'un ton sincère. « Vous aurez ma lettre de démission sur votre bureau comme promis. Au revoir. »
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Les deux hommes se séparèrent et Davenport prit l'ascenseur pour quitter le building. Spencer soupira et composa le numéro de l'agent du FBI qui saurait donner la suite nécessaire à toute cette fichue affaire. Shepard ne pouvait s'en tirer à bon compte.
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J'ai reporté la publication de ce chapitre parce que j'ai dû faire face à un problème domestique important qui devait trouver une solution rapidement. Notre vie quotidienne en est perturbée et génère du temps et de l'énergie pour le résoudre.
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Voilà le cas de Shepard et du SecNav sont traités. Un très long chapitre qui, je l'espère, prend en compte les points soulevés par Tony lors de son algarade.
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Quant aux informations que Shepard détient sur Davenport, dans la mesure où je n'ai aucune idée précise sur le sujet, j'ai préféré contourné le problème et ne rien avancer.
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Le prochain chapitre traitera donc des sanctions pour l'équipe.
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A bientôt
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Chtimi
