Hello !
Je suis désolée pour l'immense retard... J'ai eu des soucis ORL et beauccccooouuup de travail. La fatigue n'aidant pas, il m'a fallu beaucoup de temps pour sortir le chapitre. J'ai pensé à vous mettre une petite note pour vous le dire, mais j'ai aussi pensé que c'est décevant d'avoir une note sans chapitre. Donc j'ai préféré attendre... Je sais que je n'ai pas répondu à toutes les reviews, j'en suis désolée. Mais si je continue à attendre vous n'aurez jamais ce chapitre. Je vous remercie tous ici pour votre soutien et vos rayons de soleil. Pour le prochain chapitre, je préfère ne rien dire, j'ai tellement de travail de traduction que je ne sais pas quand il sortira. Je ferai de mon mieux.
Un merci spécial à Orihime et à Claire'addict (j'ai beaucoup pensé à toi:D), je vous embrasse fort pour vos encouragements ! Pour Xanara, je songe sincèrement à t'engager comme bêta avec tes yeux magiques qui repèrent toutes les bêtises^^ Je n'ai pas eu le temps de corriger ce que tu m'avais dit pour le chapitre précédent, je le ferai un de ces jours. Ce chapitre n'est pas vraiment corrigé et vu comme j'ai sommeil, il doit y avoir un bon nombre d'incohérences... J'ai remarqué aussi qu'il y avait des problèmes avec les tirets des dialogues, si pour ce chapitre, cela persiste je mettrais dans les chapitres suivants celui-là : _
Quant à ceux qui ont trouvé Severus et Harry trop « guimauve », je voudrais dire ceci. J'entends tout ce que vous dites (et cela ne me fâche pas), mais je dois aussi faire mes propres choix d'écriture. Donc, peut-être vaut-il mieux que vous ne lisiez que la fin de ce chapitre pour comprendre la suite de l'histoire. Le huis-clos entre Harry et Severus se termine dans ce chapitre. Leur relation a vraiment trouvé une stabilité. Et dès le chapitre suivant, l'action et d'autres personnages feront leur retour.
Matthias Potter, si tu lis cette note, dis-moi où tu en es dans ton projet de traduction. Si ça tombe à l'eau ou non.
Dernière note (Bon elle n'a pas grand chose à voir avec l'histoire...) :
J'aimerais savoir si parmi vous, il y a par hasard des personnes qui souffrent ou ont souffert d'angines blanches à répétition. S'il y a des ORL/personnes dans la médecine/biologie qui connaissent un peu ce sujet. Ou des personnes qui ont subi une ablation des amygdales (de préférence adulte) ou qui font peut-être devoir les opérer.
Si vous êtes concernés et si vous avez envie de me faire partager votre expérience, contactez-moi par review ou MP.
Après toutes ces notes éparses, place à la lecture !
Chapitre 35 : Équilibristes
Harry se trouva assis dans le salon bleu, qu'il avait découvert plus tôt dans la journée, sans savoir comment il était arrivé là. Malgré les yeux brouillés de larmes du gamin, Severus comprit sa question muette, il lui expliqua laconiquement qu'il les avait faits transplaner dans le salon. Harry avait un air penaud qui aurait pu faire sourire Rogue dans d'autres circonstances. Severus lui demanda de lui rendre son bras quelques instants, Harry obéit en réprimant un reniflement. Rogue secoua la tête légèrement et plongea une main dans la poche intérieure de son manteau et tendit à Harry un mouchoir en coton. Pendant que le Gryffondor se mouchait bruyamment, Severus garda pour lui une remarque acerbe, ne souhaitant pas envenimer leurs relations.
Harry tira sur ses chaussures pour les retirer, il ne détacha même pas lacets. Aussitôt, il remonta ses jambes sur le canapé et passa autour d'elles son bras, sa tête vint instantanément reposer sur ses genoux. Pendant ce temps-là, son père invoqua deux grandes tasses de chocolat chaud. Harry se redressa quand l'odeur du chocolat fumant lui chatouilla les narines, son père lui donna l'une tasse et il le remercia en chuchotant.
- Comment te sens-tu ?
Harry décela encore cette pointe d'inquiétude, à peine visible dans la voix de son père, cette inquiétude qui le faisait exister.
- J'ai mal au cœur, grimaça Harry, mais ça va. Je ne sais pas ce qui m'a pris.
Severus inclina lentement la tête en avant et se pencha pour prendre une des deux tasses. Il tourna la tête vers Harry qui tenait toujours le mouchoir contre son nez. Après quelques minutes de silence, Harry se détendit, il posa son dos contre le fond du canapé. Il saisit un des coussins à pompons et le posa sur ses jambes repliées en tailleur et commença à faire rouler un des pompons argentés entre ses doigts.
- Tout me paraît tellement difficile en ce moment, déclara-t-il en levant les yeux vers son père. Il y a des moments où je sais clairement ce que je dois faire, ce qu'on attend de moi et ensuite, d'autres moments, où je suis perdu, où je voudrais autre chose. J'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir depuis que nous sommes arrivés ici et je n'arrive pas à savoir quoi penser.
La voix d'Harry se suspendit, il ne savait pas comment présenter ce qu'il avait dans son esprit. Son cerveau et son cœur étaient devenus un Capharnaüm et il sentait que cela n'était pas récent. La mort de Sirius ne pouvait endosser toute la responsabilité de ce désordre monumental. Non, c'était plutôt progressif, c'était venu au fil des ans. Au fond, c'était bien plus pernicieux, le désordre sentimental s'était installé peu à peu, comme on entasse des objets et on les dissimule dans un grenier pour ne plus jamais les voir. Le grenier de son cœur était rempli de malles toutes aussi pleines de souvenirs maléfiques, de choses dont on ne voudrait plus entendre parler. Ce Capharnaüm gangrenait tout.
- A quoi as-tu réfléchi ? interrogea Severus pour rompre le silence.
- Hum, souvent, j'imagine comment seraient les choses actuellement si j'avais agi différemment avant.
- Un exemple ? réclama Severus en haussa un sourcil.
- Par exemple, si je n'avais jamais reçu ma lettre, si je n'avais pas été réparti à Serpentard, si je n'avais pas participé au Tournoi des trois sorciers, si je n'avais pas détruit le Journal de Tom en deuxième année, si je n'étais pas allé au Ministère l'an dernier, si j'avais appris l'Occlumancie à temps, la voix d'Harry gagnait du volume à chaque hypothèse, comment je serais si je n'avais jamais entendu parler de la Prophétie, si vous aviez été mon père avant, et d'autres choses encore.
Alors qu'il ne pensait jamais prononcer ces mots, Severus déclara
Je crois qu'il ne faut pas que tu te perdes dans le passé, mais que tu vives dans ta vie actuelle.
Harry lui jeta un regard suspicieux pour montrer son désaccord.
Non, je ne dis pas que tu dois oublier ton passé, mais on ne peut plus le changer. Albus a commis de graves erreurs et je ne suis pas sûr de parvenir un jour à le pardonner, je voudrais aussi changer tant de choses.
Je vois, grommela Harry.
Severus but une autre gorgée de la boisson fumante avant de reprendre :
La situation est difficile pour toi, je..., pendant un moment je ne savais pas comment faire avec toi, comment agir. Harry, regarde-moi, je ne veux pas parler à mur.
Harry se désintéressa du coussin qui était sur ses genoux, ses mains maltraitaient toujours un des pompons. Il leva les yeux vers lui et hocha la tête pour lui signifier qu'il l'écoutait.
Je n'ai aucune idée de la paternité, je vis seul depuis des années, surtout depuis que t-ta mère n'est plus.
La voix de Severus prenait des intonations inattendues, elle se modulait au fil de ses sentiments. Depuis plusieurs semaines, il se préparait mentalement à une discussion de ce genre, préparant ses phrases, imaginant le ton qu'il emploierait au moment de les exprimer, pourtant tout allait de travers.
Je ne suis pas une sorte de Molly Weasley, certes non !
Severus eut un petit ricanement sinistre à cette pensée.
Je sais que je n'ai pas envie d'être ce genre-là de parent pour toi, par Salazar, je suis Severus Rogue, je ne suis pas fait pour les relations humaines, et je ne sais pas si tu veux d'un tel père.
Et vous, répondit Harry, le voulez-vous vraiment ?
Severus haussa un sourcil interrogateur avant de demander à Harry de quoi il parlait.
Eh bien, d'être m-mon père, murmura-t-il.
Harry sentit son cœur battre de plus en plus fort, il passa la main sur son front, comme pour éponger de la sueur.
Oui, répondit enfin Rogue, je le veux. As-tu pensé à un seul instant le contraire ?
Sa voix trahissait toute sa surprise, il avait bien évidemment imaginé quelquefois avant de s'endormir qu'Harry ne voulait pas de lui et le repoussait pour mille raisons. Il s'était toujours comporté avec lui comme un vrai bâtard, et quand il réfléchissait à cela, il se disait qu'il n'avait pas volé le surnom que les élèves lui donnaient. Cependant, les reproches d'Harry et son rejet étaient des idées dérangeantes qu'il préférait reléguer dans un coin sombre de son esprit.
Mmm, je crois, oui, avoua Harry les joues écarlates pendant que son père se tirait de ses réflexions. C'est pas comme si vous ne me détestiez pas depuis le premier jour où vous m'avez vu.
Mais, je ne te détestes pas, rétorqua Rogue.
Harry s'enfonça dans le canapé avec une grimace qui exprimait tout à fait son désaccord. Cette conversation était dérangeante. Comment Rogue pouvait-il dire ça avec tout ce qu'il lui avait fait subir depuis le jour où il avait posé un orteil dans ses cachots ? Harry tentait de se maîtriser tant bien que mal, il n'avait pas envie de se ridiculiser en faisant exploser sa colère, il sentait qu'immanquablement cela allait le faire pleurer de désespoir ou de rage.
Severus n'avait rien manqué des différentes émotions qui étaient passées sur le visage de son fils, d'abord de la colère, de l'incompréhension et puis son visage s'était fermé, il semblait attendre qu'il continue.
Harry, ce n'est peut-être pas le moment de garder pour toi tes pensées, suggéra prudemment le Maître des Potions qui avait l'impression de marcher sur des œufs.
Après tout, pensa Harry, je ne risque plus rien niveau ridicule.
Je crois que nous avons pas la même notion de « détester » quelqu'un, siffla le garçon. Pour moi détester quelqu'un, ça signifie faire de la vie de cette personne un enfer. Et vous, qu'avez-vous fait ?
Harry se leva les poings serrés, les bras raides le long du corps, il fit face à son père et lui lança :
C'est ce que vous avez fait, sans raison, en plus ! Vous m'avez ridiculisé dès le premier jour, vous me stressiez tellement que je ratais toutes mes potions et en plus vous le faisiez exprès. Je récoltais toujours des mauvaises notes que je bâcle mon travail ou que je m'applique, vous m'avez infligé des retenues sans raison, juste parce que ça vous faisait plaisir de me … de m'énerver, de me ridiculiser ! Vous étiez comme un second Voldemort, touj...
Ne dis pas ce nom, s'écria Rogue en mettant ses mains sur ses oreilles.
Vous comprenez ? cria Harry. Et après, vous avez le culot de me dire que vous me détestez pas ? J'ai vraiment l'impression qu'on se fout de moi tout le temps !
Harry retomba dans son fauteuil après avoir terminé sa diatribe, il observa Rogue. La peur qu'il son père s'énerve et perde le contrôle effraya déferla sur Harry comme une grosse vague.
Je ne vais pas te taper, déclara Rogue d'une voix lasse.
Les reproches, certes mérités, du gamin avaient atteint Severus plus qu'il ne l'imaginait. Il reconnaissait la véracité de tous ces mots, mais la comparaison avec le Lord était insoutenable. En plus de tout cela, les émotions du gamin le frappaient de plein fouet, les sentiments étaient tellement forts qu'ils passaient les barrières naturelles de son Occlumancie.
Il posa sa tasse encore bien remplie, l'odeur du cacao était nauséabonde.
Harry sentait qu'il avait été trop loin dans ses reproches, mais sa colère était telle qu'il ne pouvait la retenir. Il en avait assez d'être pris pour un imbécile de tous les côtés.
Je reconnais que je t'ai détesté pendant des années, tu représentais tout ce que j'aurais voulu pendant mon enfance. Je croyais, et j'avais tort, que tu avais une enfance dorée, que tu étais choyé et adulé par tes Moldus. Quand tu es arrivé à Poudlard, je n'ai vu en toi que le portrait craché de James Potter, lui qui m'avait ravi ma femme et l'enfant que j'aurais pu avoir avec elle. J'étais tellement aveuglé par ma propre douleur que j'ai balayé l'image du garçon maigre que tu étais. Mais quand Miss Granger m'a appelé, que je suis venu à Privet Drive et que je les ai vus te tuer, la vérité m'a frappé de plein fouet. Elle m'avait dit au téléphone que tu étais mon fils, je ne croyais pas. Mais quand je t'ai vu, je ne t'ai pas sauvé parce que nous avions peut-être ce lien, je n'ai pas vu en toi le Garçon-Qui-A-Survécu-Et-Que-Je-Devais-Sauver-Pour- Notre-Salut, je n'ai vu qu'un enfant qu'on achevait.
Un rire s'échappa de la gorge d'Harry quand il entendit le surnom que Rogue lui donnait avec un air goguenard qui tranchait avec son expression sérieuse. Le rire lui permit aussi de dissimuler toutes les émotions qui le percutaient, il avait l'impression que s'il ne riait pas, il allait réagir d'une manière encore pire. Ils se dévisagèrent un long moment, chacun réfléchissait à ces paroles.
- Merci, déclara Harry, merci de me dire ça.
- C'est sincère, reprit le Maître des Potions. Je n'ai plus de sentiments hostiles à ton égard depuis longtemps déjà, ajouta-t-il en se raclant la gorge.
Un nouveau silence s'installa, il ne les mit pas mal à l'aise, ils avaient tous deux besoin de penser, de ce moment d'apaisement. Harry se pencha et prit sa tasse, le chocolat avait commencé à refroidir. Il en but quelques gorgées, le cacao rechargeait sa magie, il se sentait plus fort. Il fit signe à son père pour qu'il vienne s'asseoir à côté de lui sur le canapé. Quand il eut abandonné son fauteuil, Harry reprit la parole :
- Je crois que cette conversation n'est pas terminée, non ? interrogea-t-il.
- Elle n'est pas terminée si tu souhaites la poursuivre, répondit l'homme en noir. Quant à moi, j'ai tout mon temps.
- Je ne crois pas que j'ai envie qu'elle soit terminée, déclara tranquillement le Survivant.
Il secoua la tête avec un petit sourire, il avait essayé d'éviter toute conversation depuis quelques semaines déjà, et là il la réclamait. Il renonçait à essayer de se comprendre.
- Puis-je savoir la raison de cette subite joie ? Demanda Rogue d'un ton doucereux.
- Moi, répondit Harry en s'esclaffant, je suis étrange.
- C'est le moins qu'on puisse dire, Monsieur Potter.
Harry lança un regard noir à son père qui ne s'en formalisa pas, puis il comprit que l'austère professeur se jouait de lui.
- Bon, je vais arrêter de m'enfoncer, commenta Harry en haussant les sourcils.
Severus passa une main sur sa robe pour remettre les plis en place, attendant patiemment qu'Harry commence enfin ce qu'il avait à dire. Il croisa les jambes et se réinstalla dans le fauteuil marine, la voix d'Harry se fit entendre alors. Il écouta tout, se contentant le plus souvent de hochements de tête, il ne voulait pas briser la voix du gamin. Il prêta attention à chaque mot, étudiant chaque modulation de sa voix. Il secouait la tête parfois pour lui signifier qu'il comprenait malgré une expression maladroite. Mais pas un mot ne passa la barrière de ses lèvres. Il garda pour lui sa colère au récit de la vie chez les Dursley. Vernon Dursley était mort ou en phase de l'être, puisque juillet allait arriver à son terme dans peu de temps, sinon Severus l'aurait puni à la hauteur de la gravité de ses actes. Il restait quand même Pétunia et son cachalot de fils, et ça, il ne l'oubliait pas ! Même si elle n'avait qu'une importance moindre dans cette affaire, par son silence, elle avait contribué à la maltraitance d'Harry.
- Dudley était au régime, alors par solidarité toute la famille faisait aussi le régime, ricana Harry. Enfin, pour tante Pétunia, ce n'était pas trop difficile puisqu'elle ne mange presque rien ! Heureusement, je n'y suis pas resté trop longtemps.
Severus gloussa quand Harry lui raconta que les jumeaux Weasley avaient donné à Dudley une de leurs friandises. La conversation se poursuivit longtemps, Severus jetait de temps en temps un coup d'œil à la fenêtre, il voyait le soleil décliner.
Le récit de la cinquième année fut certainement le plus pénible pour eux deux, chacun avait ses regrets et sa part d'erreur dans les événements qui s'étaient déroulés en fin d'année scolaire. Parler de Sirius était douloureux pour Harry, il s'était tu depuis le décès de son parrain, ne voulant pas revenir sur le fiasco du Ministère. Il ne pouvait pas ne pas se blâmer.
Pendant ce temps, Severus grattouillait nerveusement l'accoudoir de son fauteuil. Ses joues lui semblaient bouillantes, il posa la paume fraîche de sa main sur l'une d'elles, elles n'étaient pas aussi chaudes qu'il le croyait.
- Severus, dit Harry, je suis sincèrement désolé pour la Pensine. Je ne voulais pas voir des choses personnelles, ajouta-t-il pour se justifier, je pensais découvrir quelque chose à propos de l'Ordre. Dumbledore ne me parlait plus, je croyais que saviez quelque chose d'important. A la base, je ne voulais pas violer votre intimité ou un truc comme ça, termina-t-il avec précipitation. Et j'espère que vous me pardonnerez
Severus inclina lentement la tête, ses cheveux luisants balayèrent le haut de ses épaules, comme une caresse.
- Je ne te cache pas que c'est un sujet sensible, déclara Severus avec lenteur.
Ses yeux étaient perdus dans le vide et brillaient d'une lueur inquiétante qui fit frissonner Harry.
- Tu m'as vu dans une position plus qu'humiliante et c'est loin d'être agréable. Je ne peux que blâmer ta curiosité et mon manque de précaution alors que je connaissais ta propension à mettre les pieds où il ne faut pas. J'ai souvent repensé à cet incident depuis que nous sommes arrivés dans ma demeure ancestrale, je n'ai pas envie de garder de la rancœur.
- Alors vous n'êtes plus en colère ? interrogea Harry avidement.
- Non, tu l'as vu, j'aurais préféré que cela ne se produise pas, mais je te pardonne. J'ai commis de nombreuses fautes depuis que je t'ai rencontré, j'ai entendu tes reproches tout à l'heure et même je suis blessé de t'entendre me comparer au Seigneur des Ténèbres
Harry ouvrit la bouche pour protester, mais Rogue l'en empêcha d'un signe ferme de la main.
- Je sais que je les mérite. Harry, j'ai beaucoup de défauts, tout le monde peut l'attester, mais je ne suis pas un lâche. J'ai toujours assumé mes erreurs et je continuerai à le faire. Je me suis employé à rendre les cours de Potion invivables pour toi, à t'humilier.
Severus se pencha en avant et posa ses mains sur le rebord de la table basse. Il parla lentement, les yeux rivés dans ceux d'Harry. Le garçon lui fit un signe de la main pour qu'il vienne s'installer à côté de lui sur le canapé. Harry, toujours assis en tailleur, je retourna vers son père. Il délaissa les pompoms qui pendaient aux quatre coins du coussin pour jouer avec la cape de son père.
- Je voudrais dire aussi que je suis aussi responsable de l'échec des cours d'Occlumancie que toi. Profite en bien, ce n'est pas tous les jours que je fais mon mea culpa ! railla-t-il.
- Je grave ce moment dans mon cerveau, répliqua Harry en pointant du doigt son front. Je ne sais pas quoi dire, reprit-il après une pause, je n'ose pas vous dire que je ne vous en veux plus, je suis tellement en colère, pas seulement à cause de vous, mais en colère de façon générale. Je suis tout le temps en colère ! Surtout depuis qu'il est revenu.
Severus n'eut pas besoin de plus amples explications pour savoir de qui Harry parlait. Il le savait.
- Je suis désolé, Severus, je ne peux pas vous dire que je vous pardonne tout, pourtant je le veux, je voudrais vivre en paix. J'en suis incapable.
- J'ai le temps, affirma Rogue en le regardant intensément.
- J'ai tant de rancœur, parfois je suis tellement en colère que je crois que grâce à elle je pourrais le terrasser, qu'il ne pourrait pas supporter cette force-là.
Severus ne répondit rien, il était effrayé par les propos de son fils. Cette colère dont il parlait lui faisait peur, il était difficile de discerner la part que le Lord prenait dans cette rage. Il mesurait aussi l'importance pour Harry de maîtriser au plus vite l'Occlumancie pour apprendre à gérer ces émotions. Il avait peur pour lui, tout en se traitant de Serpentard ramolli qui cédait à ses peurs comme un Poufsouffle sans personnalité.
- Et puis, il y a des moments où je suis abattu, où j'ai l'impression que je ne pourrais jamais faire ce qu'on attend de moi. Je n'en serais pas capable, il est trop fort et moi trop inexpérimenté. Et il me semble que je perds mon temps en restant à Poudlard, ce n'est pas en apprenant à changer des boîtes d'allumettes en lit que je le vaincrai ! Vous comprenez ce que je veux dire ?
- Oui, répondit gravement son père, ce ne sont pas les cours de Sortilèges qui t'apprendront à te défendre. Et si Albus ne trouve pas de professeur de Défense plus compétent que ceux des dernières années, tu n'apprendras rien en cours.
- Je suis désespéré quand je pense à tout ça, rajouta-t-il, ils attendent trop de moi, Severus.
Son ton était presque suppliant, il chiffonna un peu plus le bord de la robe de Rogue.
- Quand je vois la plage, je me dis que je voudrais rester tout le temps ici, il ne me trouverait pas. On cultiverait des plantes et des légumes et on vivrait seuls. On pourrait même pêcher. Nous aurions de quoi nous occuper avec le jardin, les serres, la maison.
- Et quand tu t'ennuieras, que feras-tu ?
- J'irais lire dans la bibliothèque et vous, vous feriez des potions. Je pourrais en faire aussi.
- As-tu perdu la tête, enfant ? Qu'a-t-on fait du Survivant que je connaissais ? Toi, faire des potions ? se moqua gentiment l'homme.
- Eh bien, oui, affirma le plus jeune, je ne suis pas si mauvais quand il n'y a pas de Serpentard autour de moi ! Mais, j'aurais mauvaise conscience si je les abandonnais comme ça, je serais un lâche, n'est-ce-pas ?
- Peut-être, mais peut-on reprocher à un enfant de quinze ans de vouloir fuir de telles responsabilités pour vivre sa vie ?
- Je ne suis plus un enfant ! s'offusqua-t-il.
- Tu es loin d'être un homme, à mes yeux tu n'es qu'un enfant. Sache que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t'aider dans les épreuves à venir et que je ne compte pas te laisser sans formation. Dumbledore fera ce qui lui chante, mais je t'apprendrai tout ce qui te sera utile.
Harry lui demanda quand ils commenceraient.
- Nous avons déjà commencé la Défense, les séances vont s'intensifier pendant les vacances, et pendant l'année scolaire nous continuerons le week-end. Dans quelques semaines, je t'initierai à la magie noire.
Harry acquiesça, soulagé de voir que son père mettait tout en œuvre pour qu'il ait une chance. Il aimait l'idée d'avoir des cours vraiment utiles, ils dirigeaient son attention sur des pensées positives
- Comptes-tu froisser encore longtemps ma cape ? Dit Severus, un sourcil haussé.
Il bafouilla quelques excuses qui n'avaient aucun sens, avant de rougir.
Severus l'attira contre lui et ils restèrent ainsi longtemps.
Les jours qui suivirent se déroulèrent dans une ambiance plus détendue car ils avaient vidé leur sac. Toute animosité entre eux avait été jetée à terre. Tous deux se ressourçaient dans la demeure ancestrale des Prince, Severus consacrait son temps entre les potions et l'établissement d'un programme de travail pour son fils. Harry allait souvent dans les serres pour entretenir les plantes ou simplement pour les regarder pousser et se déplacer selon la position du soleil. Les serres, la plage, le salon bleu étaient autant de lieu où il se sentait à l'aise pour pratiquer la méditation. Il s'exerçait plusieurs fois par jour et il ressentait les bienfaits de la méditation. Il lui semblait qu'il avait moins de mal à avoir l'esprit clair et à contrôler ses émotions. Il attendait avec impatience de passer à la suite des exercices d'Occlumencie.
Avec son père, ils avaient terminé de revoir les sorts basiques de Défense vus en cinquième et sixième année. Severus allait à l'essentiel, et pour une fois, il enseignait réellement. Il montrait à Harry comment faire. Un équilibre entre eux s'était définitivement établi. Harry se renforçait physiquement, il avait retrouvait un bon appétit, et Severus n'attribuait pas cela seulement à son entraînement physique. Le teint du garçon était bien moins pale et les yeux beaucoup moins cernés. La méditation avait fait des merveilles sur le gamin, surtout au point de vue des nuits.
Severus se faisait ce petit bilan mental lorsque Fumseck se matérialisa devant lui une fraction de secondes. Sur le bureau, là où l'oiseau était apparu, se trouvait un morceau de parchemin, dont les bords étaient encore incandescents. Le maître des Potions le saisit par le milieu et lut :
Severus,
Prévenez Harry que je viendrais le chercher demain matin à 10 heures. Nous serons de retour pour le déjeuner.
Bien à vous,
Albus.
Le message était comme tous les messages de Dumbledore, ils donnaient toujours envie d'en apprendre davantage. Il en déduisit que le directeur voulait discuter de choses déplaisantes puisqu'il s'invitait pour le repas. Après cela, Severus monta se coucher pour profiter des dernières heures de calme avant l'aube.
A suivre...
Je vous dis à bientôt ! Gros bisous à tous !
C.
