Résumé : Trois premiers Septembre. Ces trois journées sont liées et les trois scènes étaient assez courtes donc je les ai assemblé en un seul et même chapitre.

Aujourd'hui était le jour où un de mes filleuls, Teddy, allait devenir un élève de Poudlard. Après être allée chercher les nouveaux élèves et leur avoir donné le discours que je donnais chaque année aux nouveaux arrivants, je les laissais entrer. Je jetais un coup d'œil vers la table des Gryffondors et celle des Poufsouffles. Eridan avait beaucoup grandi, il faisait maintenant plus d'un mètre quatre-vingt. Il était un peu distrait en cours mais il était doué, surtout en Botanique et Histoire de la Magie. Lysandra aussi avait pris quelques centimètres, elle était presque aussi grande que son frère. Elle était beaucoup plus sérieuse que lui et excellait en Défense Contre les Forces du Mal, en Métamorphose et en Sortilèges.

Comme d'habitude, je déroulais le parchemin contenant les noms des enfants face à moi et énonçais les noms un à un avant d'arriver à celui qui m'intéressait vraiment.

- Edward Remus Lupin.

Un jeune garçon aux cheveux roses et aux yeux mordorés s'avança vers moi, très excité. Je lui souriais et lui désignais le tabouret. Il n'eut même pas le temps de poser le Choixpeau sur sa tête que celui-ci clama :

- Poufsouffle !

Il y eut un grand cri de joie sur ma gauche et je souriais en découvrant mon fils, debout, en train d'applaudir. Teddy se dépêcha de le rejoindre et ils s'enlacèrent sous le regard sombre d'Eleos, le meilleur ami d'Eridan. Eleos semblait apprécier mon fils un peu plus qu'en tant qu'ami, j'avais déjà remarqué ça mais Eridan, fidèle à lui-même, était complètement aveugle sur ce terrain-là. Ils avaient tous deux besoin d'un petit coup de pouce. Il allait falloir que j'en parle avec Minerva et Neville.


Cette année, ce n'était pas moi qui était chargée d'accueillir les élèves et de les amener jusqu'à la Grande Salle. Neville avait voulu essayer de le faire et, au vu du sourire qu'il affichait en entrant, ça semblait lui plaire. Les enfants se massèrent devant l'estrade et Neville déroula le parchemin. Je remarquais rapidement que Eileen et Severus semblaient être les plus calme. Ils avaient l'habitude d'assister à la cérémonie de Répartition après tout. Ils avaient tout deux beaucoup grandi. Severus était le portrait craché de son père, excepté pour le nez. Il était mince et ses cheveux étaient mi-longs et noirs. Ses yeux étaient tout aussi noirs que ceux de son père, semblables à deux onyx. Eileen avait hérité de mes yeux vairon et de mes cheveux bouclés mais ils étaient de jais et non de feu. Lorsque vint le tour d'Eileen, elle s'avança vers le Choixpeau sans l'ombre d'une hésitation. Elle s'installa sur le tabouret et posa le chapeau sur sa tête. Il y eut un moment de silence qui sembla s'éterniser puis le Choixpeau s'écria :

- Serdaigle !

J'applaudissais et souriais à ma fille. Elle vint rapidement m'enlacer avant de rejoindre la table de sa maison. Neville observa mon fils un moment, certainement perturbé par la ressemblance entre l'enfant et son ancien professeur de Potions.

- Se... Severus Hesperus Snape.

La tête haute, sûrement fier de porter le prénom de son père, il s'avança vers le tabouret et s'assit dessus avant de poser le Choixpeau sur ses cheveux noirs. Presque immédiatement, celui-ci s'écria :

- Serpentard !

Un sourire ravi éclaira son visage et j'applaudissais tout en souriant, heureuse de voir mon fils aussi heureux. Tout comme sa sœur, il vint m'enlacer et je caressais doucement ses cheveux.

- Ton père sera heureux d'entendre qu'il y a enfin un Serpentard dans la famille.

Je l'embrassais sur le front et il rejoignit la table des Serpentards qui l'accueillirent, debout, applaudissant.

Après le banquet, Eileen et Severus vinrent avec moi, voulant parler un peu avec leur père. Je les laissais dans l'appartement et allais voir Minerva. Je croisais Neville en chemin et lui demandais de m'accompagner. En entrant dans le bureau, nous nous installèrent dans un espace un peu à part, créé par l'ancienne directrice des Gryffondors, un sorte de salon de thé. Minerva nous y attendait déjà avec trois tasses de thé et des gâteaux.

- Ah, je vois que tu as réussi à trouver Mr Longbottom. Tu vas pouvoir nous dire pourquoi est-ce que tu voulais nous voir.

Je m'installais dans un des fauteuils, Neville s'assit à côté de moi et Minerva en face.

- Neville, tu as dû remarquer qu'Eridan est très proche d'Eleos.

- Tu veux que je les sépare en cours ?

- Non, au contraire. Mon fils est naïf et ne voit pas les signaux que Mr Fawley lui envoie. Je sais que normalement les préfets sont une fille et un garçon mais j'aimerais savoir s'il est possible de les nommer tout les deux préfets. Ils passeraient plus de temps ensemble et mon idiot de fils verrait que ses sentiments sont partagés au lieu de venir pleurer dans mes robes tous les soirs.

- Je pensais qu'il pouvait ressentir les émotions des autres.

- J'ai réussi à lui apprendre à contrôler son pouvoir avant qu'il entre à Poudlard.

- Donc il ne sait pas ce qu'Eleos ressent pour lui ?

- Il n'en a pas la moindre idée. Et Eleos est trop timide pour le lui dire franchement.

- Comment est-ce que tu l'as su ?

- Quand Teddy est arrivé l'année dernière, j'ai vu à quel point Eleos était jaloux de lui. Je l'ai rassuré en lui disant que Teddy était comme un frère pour Eridan et il m'a un peu parlé. Mais étant donné qu'il est un Poufsouffle et non un Gryffondor, il a peur de se lancer, il a peur d'être rejeté.

- Et comment aurait agi un Gryffondor ?

- Il aurait foncé dans le tas et aurait réfléchi après.

- Mr Longbottom, je dois avouer que Cassandre a raison sur ce point.

Je buvais tranquillement mon thé, les laissant réfléchir.

- Je pense qu'on peut faire ça. Il n'y a aucune règle qui interdit de prendre deux garçons comme préfets il me semble.

- Effectivement, rien ne l'interdit et si c'est pour la bonne cause...

- Je sais que les préfets ont des appartements à l'écart des salles communes.

- Qu'est-ce que tu as derrière la tête, Cassandre ?

- Minerva, est-ce qu'il est possible de demander au château de ne créer qu'un seul appartement de préfet pour les Poufsouffles l'année prochaine ?

- Je suppose que c'est faisable. Mais ne pense-tu pas que c'est un peu tôt ?

- Ils se tournent autour depuis plus d'un an, je t'assure Minerva que je n'en peux plus. Plus vite ce sera fini et mieux je me porterais. Ils deviennent insupportables. Même Teddy m'a dit qu'il n'en pouvait plus et qu'il essayait de pousser Eridan vers Eleos.

- Même Mr Lupin ?

- D'après ce que j'ai compris, Eridan ne parle que de lui.

Nous parlâmes encore un peu avant que chacun ne regagne ses appartements. En arrivant, je vis que Severus et Eileen étaient déjà retournés dans leur salle commune. Je prenais le portrait de Severus et l'accrochais dans la chambre. Je me déshabillais et prenais une douche avant de m'installer sur le lit.

- Tu es rentrée ?

- Je suppose que si je suis là alors oui.

- Très drôle.

- Always.

- Tu as parlé avec Minerva et Longbottom ?

- Oui, j'ai parlé à Minerva et à Neville.

- Et ?

- Ils ont accepté de nommer Eleos et Eridan préfets l'année prochaine.

- J'espère qu'ils en profiteront pour se rapprocher.

- Moi aussi, je commence à en avoir marre de jouer les psychomages.

- Au moins à notre époque on savait se débrouiller tout seuls.

- Tu dis ça comme si c'était il y a des siècles.

- Non, il y a juste un peu plus de trente ans. Je te rappelle que tu en as cinquante, même si tu en parais quinze de moins.

- Merci pour le compliment.


La porte de mes appartements s'ouvrit à la volée, la faisant claquer contre le mur dans un bruit assourdissant. De surprise, je lâchais ma tasse de thé et stupéfixiais l'intrus. Intrus qui n'était autre que mon fils, Eridan. Je lui rendais sa mobilité.

- Maman ! Est-ce que c'était vraiment nécessaire ?

- Tu sais très bien qu'il ne faut pas me surprendre comme ça.

- Oui, je sais. Mais ce n'est pas de ça que je voulais te parler.

- Je t'écoute.

- Tu sais qu'Eleos et moi, nous sommes les nouveaux préfets de Poufsouffle.

- Oui, et ?

- Nous n'avons qu'un appartement pour deux au lieu d'un chacun !

- Vous viviez ensemble dans un dortoir avant.

- Mais on avait un lit chacun ! Là, il n'y a qu'un seul lit ! On a dû dormir ensemble cette nuit !

- Eh bien, profites-en pour te rapprocher de lui.

- Quoi ? Mais je ne peux pas !

- Pourquoi ça ?

- Mais... Ça ne se fait pas, si ?

- C'est l'occasion idéale de voir si oui ou non il a des sentiments pour toi. Laisse passer un peu de temps et ensuite avoue lui tes sentiments.

- C'est comme ça qui tu as fais avec Papa ?

- Hum... Non, pas vraiment. Mais Papa était un Serpentard alors c'est un peu différent. Avec eux il faut être un peu plus subtil.

- Et avec Père ?

- Lui, c'était un Gryffondor alors pas besoin de subtilité.

- Qu'est-ce que Papa en pense de moi et Eleos ?

- Ça ne me pose aucun problème Eridan. Ton Père n'apprécierait pas mais moi je suis beaucoup plus tolérant sur ce point. Chacun est libre d'aimer qui il veut.

- Père aurait été contre ?

- Sûrement mais il aurait fini par comprendre je pense. Il aurait voulu que tu sois heureux.

- Mais vous deux... Ça vous gêne ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Est-ce que ça vous gêne que je veuille sortir avec Eleos ?

- Absolument pas. Tu fais ce que tu veux tant que vous êtes heureux.

Il m'enlaça, manquant de me faire tomber.

- Merci Maman ! Merci Papa !

Il partit en courant et quelques minutes plus tard, quelqu'un d'autre entra avec la même délicatesse que mon fils.

- Eridan, quand est-ce que tu apprendras à ne pas claquer la porte en entrant ?

- Cassandre, ce n'est pas Eridan.

Intriguée par les paroles de Severus, je sortais de la cuisine, une nouvelle tasse de thé à la main, et découvrais Eleos, essoufflé.

- Désolé Professeure Snape, Monsieur.

- Eleos ? Que se passe-t-il ?

- Je... Eridan est déjà venu ?

- Il vient de partir. Tu le cherchais ?

- Euh non... Je voulais vous parler.

- Je vois, assied toi.

Il s'installa sur le canapé et je m'asseyais dans un fauteuil. Je faisais apparaître un verre de jus de citrouille et quelques croissants.

- Je suppose que tu n'as pas déjeuné alors sers toi.

- Merci Professeure.

Il mangea un peu et je posais ma tasse de thé vide sur la table.

- Dis moi, de quoi est-ce que tu voulais me parler ?

- Eridan a dû vous dire que nous avions été nommés préfets cette année.

- Oui, félicitations d'ailleurs.

- Merci.

- Quel est le problème ?

- Nous n'avons qu'un seul appartement pour deux au lieu d'un chacun. Ce n'est pas vraiment un problème, avant nous étions dans le même dortoir mais là, il n'y a qu'une seule chambre et qu'un seul lit. Cette nuit, nous avons dormi ensemble...

- Est-ce vraiment un problème ?

- Je... Non, je ne pense pas mais...

- Prend ça comme un coup de pouce. C'est une chance pour toi de découvrir si oui ou non mon fils a des sentiments pour toi.

- C'est vrai mais, j'ai l'impression que ça ne serait pas honnête.

- Alors tu sais ce qu'il te reste à faire, à lui avouer tes sentiments.

- C'est encore un peu tôt non... ?

- Vous avez presque seize ans tout les deux. Et ça fait des années que vous vous tournez autour. Ne le nie pas Eleos. Vous n'êtes plus des enfants.

- Vous avez raison, merci Professeure. Monsieur.

Il se leva et partit en courant.

- Bon, ça c'est fait. Maintenant j'espère qu'ils vont me laisser un peu tranquille.

- Cassandre, c'est quand-même ton fils. Si il a besoin d'aide il faudra bien qu'il vienne te voir.

- Peut-être mais il faut aussi qu'ils apprennent à se débrouiller sans moi.

- Certes mais il reste ton fils.