Chapitre 35 : Doutes
Sayu était devant la porte de la chambre de Kenta. La messe allait bientôt commencer et elle voulait qu'ils s'y rendent ensemble. Aujourd'hui elle était chargée de chanter au début de la cérémonie. Mais elle avait tellement le trac qu'elle comptait sur Kenta pour la rassurer. Elle frappa plusieurs fois à la porte mais personne ne répondit. Elle se permit tout de même d'entrer pour vérifier.
- Kenta ?
Personne. "Oh non ! Il doit déjà être là-bas... Qu'est-ce que je vais faire ? Je ne pourrai même pas lui parler avant de chanter. Kenta...!" Elle se laissa tomber comme une masse sur le lit de Kenta, cherchant son odeur pour se calmer. Elle entendit alors quelque chose tomber au sol au pied du lit. Une enveloppe. Elle devait se trouver sous l'oreiller de Kenta. "ça doit être quelque chose d'important." Elle allait la replacer à sa place quand le bout d'une photographie dépassant de l'enveloppe attira son attention. C'était la photo d'une jeune fille. Une noble à ce qu'elle pouvait en juger. "Pourquoi Kenta garderait-il la photo d'une fille sous son oreiller ? Est-ce qu'elle fait partie de sa famille ou..." A l'intérieur de l'enveloppe, Sayu trouva une lettre. Malheureusement elle était illisible. Kenta avait dû la mouiller. "La mouiller ? Est-ce que ce serait le papier qu'il ne voulait pas me montrer ? Qu'est-ce qu'il me cache ?" Soudain la cloche sonna, la faisant sursauter. "Je suis en retard !" Elle foura l'enveloppe sous l'oreiller avant de repartir à toute vitesse. Elle entra en trombe dans la chapelle, reprenant difficilement son souffle. Tout le monde avait les yeux braqués sur elle.
- Sayuko-san, dit l'archevêque qui se tenait devant l'autel. Nous ne vous attendions plus.
Quelques rires discrets se firent entendre dans la salle. Sayu était tellement génée qu'elle aurait voulu disparaître.
- Je suis désolée, dit-elle en s'inclinant humblement.
L'archevêque lui fit signe d'approcher et il lui céda sa place devant l'autel. Quand les premières notes de l'orgue résonnèrent, elle prit une grande inspiration. Sa gorge était plus nouée que jamais mais elle fit de son mieux pour chanter le plus juste possible. Quand elle eut finit le silence succéda à son chant. Les regards n'étaient plus moqueurs mais incrédules. Même les évêques avaient l'air surpris. "Est-ce que j'ai vraiment chanté comme une casserole ?" Puis de faibles applaudissements se firent entendre. C'était Aria, Kira et Kana. Elles furent suivies par Lise qui souriait avec fierté. Peu à peu les applaudissements remplirent la chapelle. Plusieurs garçons lancèrent même des bravos enthousiastes, réclamant une deuxième chanson. Ce fut Bastien qui les fit tous taire, permettant à Sayu d'aller s'asseoir. Ses amis l'acceuillirent avec le sourire. Hakuren se souvenait avoir ressentit la même sensation le jour où il avait entendu Aria chanter sur le pont. C'était comme si toute la chapelle s'était réchauffée en même temps que leurs coeurs. Il jeta un coup d'oeil vers Kenta qui observait intensément Sayu. Quand celle-ci croisa son regard, elle détourna les yeux et s'assit loin de lui. Ils furent tous aussi surpris que Kenta face à son comportement. Lorsque la messe prit fin, Kenta se rapprocha de Sayu afin de savoir ce qui n'allait pas. Mais elle disparu rapidement dans la foule et il la perdit de vue. Sayu s'en voulait d'agir ainsi. "Je suis vraiment idiote. Kenta doit m'en vouloir. Mais je n'y peux rien, cette photo me trouble." Elle marchait perdue dans ses pensées sans trop savoir où elle se dirigeait. Soudain elle se cogna contre quelqu'un, tombant en arrière sur le sol dur.
- Seigneur ! Vous allez bien mademoiselle ? S'exclama la personne qu'elle avait percuté.
- Désolée. J'étais perdue dans mes...
La fin de la phrase resta coincée dans la gorge de Sayu qui regardait la personne avec des yeux ronds. "C'est elle ! La fille de la photo !" Elle était vraiment très belle, encore plus que sur la photo.
- Vous vous êtes fait mal ?
Sayu se releva rapidement et s'inclina légèrement en renouvelant ses excuses. Après tout elle avait affaire à une jeune noble.
- Je suis vraiment désolée. Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?
- Je suis venue rendre visite à mon fiancé.
Sayu retint sa respiration. "... elle parle surement de Kenta... non... c'est pas possible !" Elle devait en avoir le coeur net, alors Sayu demanda :
- Si vous me dites son nom je pourais peut-être vous aider.
- Il s'agit de Kenta Sunberg.
Sayu resta figée. Elle ne s'était donc pas trompée. "Kenta est fiancé..."
- Sayu ?
Elle sursauta en reconnaissant la voix de Kenta.
- Enfin je te trouve, je...
Sa phrase resta coincée dans sa gorge quand il vit qui accompagnait Sayu.
- Kenta-san, le salua Agnès en souriant.
- A... Agnès ? Que faites-vous ici ?
- Je suis heureuse de vous voir. Je sais que c'est un peu précipité... mais votre père a insisté pour que nous nous unissions le plus vite possible.
- Agnès, je ne pense pas que ce soit le bon endroit pour parler de ça, dit-il en lançant un regard en coin à Sayu.
Elle n'avait pas bougé d'un poil, la tête baissée. Il aurait voulut voir son visage, croiser son regard pour la rassurer.
- Je comprend, dit Agnès. Mademoiselle ? Puis-je vous demander un service ? J'aimerais que vous remettiez à Bastien-sama cette demande d'union.
- Mais... ! Voulut intervenir Kenta.
- Je m'en charge immédiatement, le coupa Sayu en prenant la lettre que lui tendait Agnès.
Kenta en resta sidéré. Il la regarda partir bouche bée. "Qu'est-ce qu'elle fait ? Pourquoi n'a-t-elle rien dit ? Est-ce qu'elle se fiche de savoir si je vais vraiment me marier ?"
- Kenta-san ? Tout va bien ?
Agnès s'inquiétait de l'avoir vu devenir blanc comme un linge.
- Je... Ecoutez Agnès, je sais que c'est mon père qui vous a envoyé ici. Mais vous devez comprendre qu'il est hors de question que vous épouse.
-... Est-ce que je...
- Vous n'avez rien fait de mal. Mais j'en aime déjà d'une autre et... je tiens à être honnête avec vous, mes sentiments pour elle ne changeront pas.
Elle n'eut pas le temps de placer un mot car Kenta se ruait déjà dans la direction qu'avait prise Sayu. Mais elle avait de nouveau disparut. "Sayu...!" Il se rendit en toute vitesse dans le bureau de Bastien, espérant trouver Sayu sur le chemin. Bastien sursauta en le voyant entrer en trombe dans son bureau, faisant claquer violement la porte contre le mur.
- Kenta-kun ?
- Bastien-sama ! Avez-vous vu Sayu ?
- Oui... A l'instant. Elle m'a remit cette lettre et elle est repartie aussi vite qu'elle était arrivée.
- Vous... vous avez lu la lettre ?
- Oui. Et j'avoue avoir été très surpris de son contenu. Tout comme Sayu a dû l'être.
- Je... j'aimerais récupérer cette lettre.
- La voici, dit Bastien en lui tendant le bout de papier.
Kenta tendit la main pour s'en saisir. Mais quand il tira dessus, Bastien le retint en ne lachant pas prise.
- Kenta-kun, je ne connais pas tout les détails de cette histoire. Mais il m'a parut évident que Sayu était très affectée par votre union prochaine. Vous savez mieux que quiconque ce qu'il s'est passé la dernière fois que ses sentiments ont été blessés.
- Ne vous en faites pas, je ferai tout pour le bien de Sayu.
- Je n'en doute pas une seconde, lui dit Bastien en souriant et relachant la lettre.
Kenta sortit rapidement du bureau. Il devait retrouver Sayu au plus vite.
Celle-ci était assise sur le rebord de la fontaine près des bains. Elle n'avait pas voulut se rendre dans le jardin suspendu, certaine que ce serait le premier endroit où Kenta irait chercher. Elle ne se sentait pas prête à l'affronter. "Qu'est-ce que je peux y faire ? C'était à prévoir. Kenta fait partit de la noblesse... il était évident qu'il devrait un jour s'unir à une noble. Ma propre naïveté m'effraie. En plus Agnès-san à l'air d'être très gentille et elle est vraiment très belle."
- Sayu-san ?
C'était Agnès. Elle se rapprocha en souriant.
- Vous n'étiez pas avec Kenta ? Demanda Sayu surprise.
- Eh bien, disons qu'il m'a faussé compagnie. Est-ce que vous avez donné la lettre à Bastien-sama ?
- Oui.
- Je vois. Kenta-san doit être dans son bureau.
- Vous devez être très heureuse à l'idée de vous marier.
- Heureuse... oui, peut-être l'ai-je été. Je suis sûre que Kenta-san ferait un époux exemplaire. J'étais assez enthousiaste à l'idée de ce mariage.
- Pourquoi parlez-vous au passé ?
- Eh bien...
- Sayu !
Kenta s'aprochait à grands pas.
- Pourquoi vous êtes encore ensemble ? Demanda-t-il une fois près d'elles.
- Nous... commença Agnès.
- Je vais vous laisser, dit précipitament Sayu en se levant. Tout mes voeux de bonheur Agnès-san.
Elle partit aussi vite que l'éclair. Quelques mètres plus loin, elle fut accostée par un groupe de nouveaux participants à l'examen.
- Sayuko-san ! Dit l'un d'entre eux. Votre récital lors de la messe était vraiment époustouflant !
- M... merci.
Elle était un peu impressionnée face à ce groupe de garçons qui étaient beaucoup plus grands qu'elle.
- Vous accepteriez de chanter de nouveau ?
- Je n'ai pas le temps.
- S'il vous plaît. Juste un petit peu.
- Vous pouriez nous donner des conseils pour l'examen, tenta un autre.
- Ecoutez je...
- Dégagez de là !
Kenta venait d'apparaitre derrière elle. Les garçons ne se le firent pas dire deux fois et s'éloignèrent rapidement. Ne voulant pas lui faire face, Sayu dit faiblement :
- Je crois que je vais aller les aider finalement...
- Toi tu restes ici, dit-il en lui agrippant le poignet.
- Kenta je...
- Qu'est-ce que c'était que ce comportement ? Tu sais à quel point j'ai été choqué de t'entendre souhaiter tout tes voeux de bonheur à Agnès ?
- Et sais-tu à quel point j'ai été choquée d'aprendre que tu allais te marier ?
- C'est pas ce que tu crois.
- Et qu'est-ce que j'étais sensée croire ? Une jeune noble débarque en annonçant votre mariage. Elle est riche, belle, gentille... parfaite.
- Tu n'as même pas bronché quand elle a dit que j'étais son fiancé !
- Que voulais-tu que je fasse moi qui ne suis rien comparée à elle !
- Je voulais que tu me fasse confiance !
- Confiance ? Tu m'as caché sa lettre ! Tu as gardé sa photo sous ton oreiller !
- Tu... comment tu sais ça ? Tu as fouillé dans ma chambre ?
- Pour qui tu me prends ? J'étais venue pour que tu me rassure avant le récital. Mais tu n'étais pas là. Alors je me suis allongée sur ton lit et...
Sa voix fut brisée par ses sanglots, les larmes coulant sur sa peau pâle.
- Sayu... dit-il en la prenant par les épaules.
- Lâche-moi ! Dit-elle en se débattant.
- Non. Ecoute-moi, dit-il en rafermissant sa prise.
- Je ne veux pas t'écouter ! Tu t'es bien moqué de moi pendant tout ce temps. Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Qu'est-ce que je peux faire ? J'ai l'impression que mon coeur a été piétiné. Ça me fait tellement mal...!
Kenta coupa sa litanie en pressant ses lèvres sur les siennes.
- Mmm ! Ar... arrête !
Mais il ne tint pas compte de ses plaintes, la serrant tout contre lui. Il ne consentit à la relacher que lorsqu'elle se fut calmée, la gardant tendrement dans ses bras.
- Sayu... est-ce que tu te souviens de ce que je t'ai promis après t'avoir sauvée des traficants d'esclaves ?
-...
- Je t'ai juré de ne jamais plus te quitter, de toujours te protéger. Je ne briserai pas ce serment.
- Mais Agnès...
- Je n'épouserai pas Agnès. C'est mon père qui a tout arrangé sans mon consentement. La lettre venait de lui. Je te l'ai cachée pour ne pas t'inquiéter. Je pensais te protéger en agissant ainsi. Finalement je t'ai fait pleurer. Je te demande pardon.
- Alors tu ne vas pas te marier... ?
Kenta la délivra de son étreinte et sortant la lettre que Bastien lui avait rendue, il la déchira en mille morceaux sous les yeux de Sayu. Puis il fouilla dans sa poche et en extirpa la boule de verre qu'elle lui avait offerte quelques jours plus tôt.
- Tu crois vraiment que je peux t'oublier ? Je te l'ai dit : tu es la seule qui compte pour moi.
"J'arrive pas à croire qu'elle m'oblige à dire des choses pareilles. Si quelqu'un d'autre m'entendait je pourais mourir de honte." L'embaras lui avait fait monter le rouge aux joues. Sayu s'en aperçut et elle alla se blotir contre son torse.
- Je t'aime Kenta.
- Je sais.
Sayu eut un demi sourire. Kenta avait toujours autant de mal à prononcer les trois mots qui auraient fait exploser son coeur de bonheur. Mais elle avait le présentiment que cela viendrait bientôt.
oOo
Dans le jardin suspendu, Kora et Yuta harcelaient Kira comme à l'acoutumée pour qu'elle leur fasse une démonstration de son modelage de zaiphon. Teito essayait de leur faire comprendre en vain, sous les regards amusés d'Aria et Hakuren, que cet exercice fatigait beaucoup Kira. Il ne voulait pas que sa santé se détériore pour des choses aussi futiles.
- Allons ! Je vous dit de laisser Kira tranquille.
- Mais il n'y a que Kira-chan qui sait le faire ! Se plaignit Kora.
- C'est pas vrai. Moi aussi j'en suis capable.
- Ah oui... ? Demanda Yuta dubitatif.
- Bien sûr, regardez.
Teito s'acroupit devant eux et tendit la main. Les petits garçons observèrent attentivement le creux de sa paume. Teito se concentra et fit apparaître une sphère de zaiphon. Il la fit s'élever de quelques centimètres avant qu'elle ne disparaîsse dans un "pop". Les petits se lancèrent un regard entendu avant de se retourner vers Kira.
- S'il te plaît Kira-chan ! Refait apparaitre le petit cheval.
- Hey ! Se plaignit Teito vexé. C'est très difficile à faire vous savez.
- Désolé Teito-nichan, mais Kira-chan sait mieux le faire que toi.
- Pff ! Pouffa Kira avant d'éclater de rire.
- ça te fait rire ? C'est toi mon professeur.
- Dé... désolée, réussit-elle à dire entre deux éclats. Mais...
Son rire fut interromput par une crise de toux qui bien qu'elle ne soit pas violente suffit à inquiéter Teito.
- Kira, ça va ?
- Keuf... oui... dit-elle une main sur la bouche.
Teito lui saisit vivement le poignet et fut rassuré de ne voir aucune tache de sang sur sa paume.
- ça va, Teito.
- Tu es sûre ? Demanda Aria. Je te trouve bien pâle depuis quelques temps.
- J'avoue que j'ai du mal à dormir. Mais ça ne date pas d'hier...
Elle saisit machinalement sa main droite, passant ses doigts sur son dos. Même si elle contrôlait ses pulsions meutrières envers Teito lorsqu'elle était éveillée, une fois endormie son subconscient prenait le dessus et ne lui laissait aucune nuit de répit. Les cauchemars se succédaient tous aussi horribles les uns que les autres.
- ça fait un moment que Kana ne t'a pas examinée, fit remarquer Aria.
- Je connais déjà la cause de mon mal être. Il n'est rien arrivé depuis qui aurait pû agraver mon état.
"Tout est dû à ce maudit poison et à l'oeil de Raphaël"
- Je demanderai quand même à Kana de t'examiner quand elle sera rentrée de sa mission avec Mikage, décida Teito. Je me demande s'ils ont bientôt finit...
- Ils devraient être de retour avant ce soir, intervint Castor qui venait d'entrer dans le jardin accompagné de Frau.
- Vous savez en quoi consistait leur mission ? Demanda Aria.
Avant de répondre, Castor se baissa sur les petits et posant la main sur leur front, il les endormit.
- Laissez le cerveau de ces enfants tranquille ! Se plaignit Teito.
- Cela ne leur fait aucun mal. Il ne vaut mieux pas inquiéter les petits, se justifia-t-il.
- J'ai entendu dire qu'une épidemie s'était déclarée dans la ville basse, dit Hakuren.
- En effet, dit Castor. Labrador est avec eux. Apparement, les symptômes semblent être les mêmes que ceux d'un précédent patient de Kana. Il s'agit d'une fièvre provoquant des délires.
- Vous voulez parler du petit garçon ? Demanda Kira. Celui que Kana a guéri en utilisant son pendentif.
- Surement. Kana a insisté pour se charger elle-même de guérir les malades.
- Pas étonnant que Mikage ait voulu l'accompagner, dit Teito. Il est mortifié à l'idée qu'elle utilise de nouveau son pouvoir spécial.
- La maladie est très difficile à soigner, fit remarquer Aria. Cette épidémie pourait faire des ravages.
- On a aussi un autre problème, dit Frau.
- Pire qu'Ayanami ? Demanda ironiquement Teito.
- Vu que ça pourait déclancher une nouvelle guerre... je pense que les deux se valent.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda Aria perplexe.
- Un attenta a eu lieu au palais impérial, annonça Castor. Plusieurs nobles ont été kidnappés.
- Quoi ? s'exclama Kira. Des membres de la famille impériale ?
- Non, répondit Castor. L'Empereur et le prince Anri sont saufs.
Kira ne savait pas pourquoi elle se sentait autant rassurée. Après tout, elle ne les avait jamais rencontrés. Mais depuis qu'elle savait qu'elle avait un frère jumeau... elle se posait sans cesse des questions sur lui. Se remblaient-ils ? Etait-ce quelqu'un de bien ? Ou était-il un de ces nobles hautains et cruels ?
- Qui a attaqué le palais ? Demanda Teito.
- Eh bien... commença prudement Castor. Ceux qui ont attaqué le palais ont demandé en échange des otages que tous les esclaves originaires de Raggs soient libérés. Ils ont d'ailleur profité de l'agitation pour délivrer ceux retenus dans les cellules de la caserne.
- Attendez... vous pensez que ce sont des survivants de Raggs qui ont attaqué le palais ?
- Ce n'est pas qu'une suposition. Ça ne fait aucun doute.
- Vous avez des preuves ?
- Oui. Regardez.
Castor sortit de sa manche un rouleau de papier qu'il déplia.
- Ce message à été placardé un peu partout dans le palais, expliqua Castor. Regardez le signe en bas.
En effet, au bas de la page il y avait un petit dessin. Une sorte d'armoirie.
- Quel est ce signe ? Demanda Aria.
- Regardez, dit Castor en se penchant vers Kora.
Il passa la main dans le col du petit garçon et en sortit une chainette d'argent au bout de laquelle pendait un médaillon. Les deux signes étaient identiques.
- Alors ce sont les protecteurs de la famille royale de Raggs qui ont attaqué le palais... constata Hakuren.
- La famille de Kora, ajouta Teito.
