- RÉPONSE AU REVIEW -

Himawari Kunogi: En ce qui concerne le rythme, j'avoue que des cheveux blancs m'ont poussés tellement ça m'a pris des efforts pour construire le 34e :') Je te dirais que les prochains chapitres seront équivalents en charge de travail… Merci pour ton soutien, je vais en avoir besoin!

Citation d'inspiration

Mon inspiration provient du film Now You See Me: "We will always be one step, three steps- seven steps ahead of you, and just when you think you're catching up, that's when we'll be right behind you... First rule of magic: always be the smartest guy in the room."


Chapitre XXXV : Atlas

Malgré les prières générales, la catastrophe qu'était devenu le Tournoi des Trois Sorciers avaient balayés les espoirs de tous en ce qui concernait la réapparition des sorciers de souche à Poudlard. À la base, ç'avait été très ardu pour les directeurs d'obtenir la permission de renouveler le Tournoi; elle avait été accordée après qu'ils s'y soient dévoué corps et âme, et ce, à condition qu'elle soit placée sous l'étroite supervision du ministère de la Magie. Apprenant avec outrance les conséquences de la Deuxième Tâche, les hauts-dirigeants avaient immédiatement exigés l'arrêt définitif de la compétition sans possibilité de rappel. La jugeote du ministère avait mangé un sacré coup et celui-ci limitait les dégâts comme il le pouvait.

Rappelant étrangement le résultat du dernier championnat, organisé dans les années 90, les rescapés du labyrinthe comptaient parmi leurs rangs deux blessés graves : la représentante de France et moi-même. En l'occurrence, j'avais appris avec soulagement que Gon était revenu sain et sauf au bercail, lui qui s'était fait interrompre en plein affrontement contre un Grapcorne par la directrice de Beauxbâtons. Illyasviel, pour sa part, avait été retrouvée dans une condition semblable par une Irisviel tourmentée par le stress. L'infirmière avait tôt fait d'abandonner son détachement professionnel et c'était plus que justifiable; nous apprîmes par du bouche à oreille que l'adolescente était en fait sa fille.

Mon amoureux ayant insisté pour passer la nuit à mon chevet, d'autres potins se mirent à circuler à notre sujet dans les quatre maisons confondus. J'assumais à partir de cet instant que tous étaient au courant pour nous, car plus aucun membre de l'équipe de quidditch ne passait de commentaire sur sa présence. Je crois même que les Serpys commençaient à lui trouver certaines qualités qui m'avaient toujours tapé dans l'œil chez mon meilleur ami, comme sa loyauté sans limites et sa bonne humeur contagieuse. Le jour suivant, quand je me remis à marcher, mon petit copain m'avait servi d'appui en plein corridor, ce qui diffusa davantage la nouvelle pour ceux et celles qui ignoraient encore l'existence de notre couple. J'étais empli de fierté à l'idée d'être associé à mon copain si dévoué et attentionné.

Voulant me changer les idées suite à cet évènement d'une teneur en épuisement considérable, Gon passa les semaines suivantes à monter sur pied une petite escapade personnalisé pour nous deux. Le contraste de cette thématique à l'eau de rose était fort impressionnant avec la sévérité de notre implication chez les chasseurs d'Exterminateurs. Quoi qu'il en soit, nous n'allions pas nous priver de se réjouir d'un moment romantique bien mérité, et encore moins de se laisser intimider par des êtres qui n'avaient aucune considération pour une quelconque espèce –pas même la leur.

Nous traversâmes la cour d'école avec un panier de pique-nique à la main, ignorant les regards indiscrets qui nous étaient adressés. Dehors, les espaces verts entourant Poudlard se noircissaient déjà de gens qui se disputaient les bancs pour étudier à l'air frais. C'était le temps des bourgeons environnants qui sortaient timidement de leur cachette, du sol enneigé qui se changeait en gadoue, des rayons du soleil qui tapaient plus fort que les derniers mois sur ma peau opaline. Nous étions à quelques pas de passer le cap du premier jour printanier dans cette température clémente et bénéfique pour le moral, quand je songeai avec nostalgie qu'il ne nous restait plus que trois mois et demi pour longer les murs de l'établissement de magie.

Gon avait toujours en réserve des objets à me présenter plus insolites les uns que les autres, mais ce qu'il me dévoila, dissimulé très grossièrement derrière quelques feuillages dans la Forêt interdite, me chamboula dix fois plus que sa cape d'invisibilité. Rien de moins qu'une voiture bleue, sortie directement des années 60, y était tout bonnement garée. Je jetai un regard inquisiteur à mon meilleur ami qui me répondit d'un gigantesque sourire. Aucun de nous d'eux n'avait le permis, mais voilà qu'il voulait que l'un de nous prenne le volant de cet engin démodé sur un terrain escarpé.

- C'est Kurapika qui m'a parlé de cette Ford Anglia!, expliqua le Gryffondor en ouvrant la portière. Tu m'accompagnes?

- Ai-je vraiment le choix?

Nous nous assîmes à l'intérieur et un bruit inquiétant se fit entendre lors du démarrage. Je serrai le panier d'osier contenant notre festin contre ma poitrine; je n'aurais pas dû être à la place passagère, non pas parce que je ne lui faisais pas confiance, mais parce que ça m'aurait évité d'être aussi tendu si j'avais eu un rôle à combler. Pour sa part, un Gon espiègle étudia ma réaction quand le véhicule se mit en marche… dans les airs. Mon souffle se coupa momentanément en nous sentant monter vers le haut et je lui donnai une tape sur l'épaule pour m'avoir piégé de la sorte. Cette automobile avait été magiquement modifiée et il m'avait caché ce précieux détail! Je me permis de rire ensuite, ce qui fit disparaître mes nombreuses tensions accumulées depuis trop longtemps.

Sans savoir où nous allions exactement, la Ford Anglia survola les contrées écossaises sur quelques miles avant que le conducteur trouva un endroit rêvé pour partager le repas. Un îlot solitaire, tapissé de sublimes trèfles d'eau, était entouré par une eau sans remous et nous invitait à s'y stationner. Quand ce fût fait, je déposai une nappe carottée sur le sol et y dispersa les collations et les sandwichs. Mon meilleur ami saliva en observant ce pêle-mêle de gouters que nous avions cuisiné chacun de notre côté. Les déguster ensemble, dans une ambiance détendue, était vraiment ce qu'il nous fallait pour conclure l'hiver en beauté.

Une fois l'estomac plein, Gon déposa sa tête sur mes cuisses, tandis qu'il laissait aller son attention vers le ciel tacheté de quelques nuages auxquels il donnait à chacun une définition cocasse. Nous passâmes des heures dans cette position sans que je veuille remuer le petit orteil; nos mains entrelacées dans les hautes herbes étaient un tableau infiniment beau pour moi, d'une valeur inestimable, et que je voulais conserver intact à tout prix.

Enfin, si les plus belles choses sont passagères, nous dûmes ultimement nous lever. Avant de partir pour de bon, Gon me prit par les aisselles et me coucha dos au capot du véhicule pour m'y embrasser longuement. Évidemment ces rapprochements attisèrent une flamme entre nous qui mena à d'autres explorations du corps humain. Le fait que le véhicule pouvait se rendre invisible en plein vol me permit d'offrir à Gon, qui conduisait toujours, une délicieuse sucrerie. J'avais particulièrement apprécié de voir ses réactions comme s'il était un livre ouvert, surtout quand j'utilisais ma bouche à bon escient…

Il va sans dire qu'il m'avait retourné la pareille en pleine Forêt interdite, et même plus. Faire l'amour dans une voiture n'était pas ce que je considérais être très confortable, mais puisque nous étions monté plusieurs fois au septième ciel, ça en avait vraiment valu la peine.


Cette nuit-là, j'étais affilié à Nina et Selim pour effectuer des rondes de nuit dans le pensionnat de sorcellerie. C'était à notre tour d'assurer la surveillance des lieux, mais j'étais incapable de m'empêcher de bailler. Ma séance d'exercices avec Gon m'avait épuisé et tellement relaxé que je peinais à suivre les traces des plus jeunes, eux qui inspectaient chaque recoin avec une fougue et une motivation qui m'étaient impossible d'avoir. J'étais transporté par un nuage de bonheur dirigé vers mon amoureux et non par le désir de vengeance qui animait mes alliés.

La blondinette du trio s'était elle-même désignée chef en s'accaparant de la carte du Maraudeur pour nous guider. Ce vieux parchemin aurait semblé anodin pour un Moldu, mais en tant que sorciers sachant comment s'en servir, son utilité nous était indispensable. Il s'agissait d'un plan spécifiant la position de chaque individu présent dans l'école et, selon ses indications, Hisoka et Tsukiyama se trouvaient dans la Salle des Professeurs. À cette heure tardive, je me doutais bien qu'ils n'y perpétraient pas des actes des catholiques… Et ce fut avec beaucoup d'insistance que je convaincus les plus jeunes d'éviter cet endroit qui devait déjà puer le sexe à plein nez.

Les yeux rivés sur la carte, Nina poursuivit sa route droit devant, dans un long corridor au côté gauche vitré et qui donnait vue sur le Lac noir. Alors que je trainais de la patte à l'arrière de notre bande, je tournai les yeux vers le couloir adjacent à droite et je figeai immédiatement sur place. Je n'avais même pas senti sa présence, mais Illyasviel était debout à une dizaine de mètres de moi. Elle n'avait pas été hospitalisée à Poudlard suite au Tournoi, car elle n'avait pas subi de blessures… Que faisait-elle toujours ici?

Et surtout, pourquoi son regard était-il autant dénué d'émotions?

- Y'a un problème, Kirua?, s'assura Selim en se retournant.

- La championne de Durmstang… Elle est juste là.

- Impossible, ricana Nina, croyant que je les faisais marcher. Son nom ne figure pas sur la mappe…

Contrairement à son amie, Selim s'avança précautionneusement vers l'intersection des deux chemins, puis il dévisagea l'albinos. S'il pouvait lui aussi voir cette apparition accoutrée d'une jupe bouffante blanche et d'un veston mauve, c'était que je ne rêvais pas. Nina nous rejoignit également, faisant aller son regard confus d'Illyasviel à la carte, ignorant pourquoi cette dernière omettait sa présence.

- Je croyais que cet objet magique était infaillible…

- À certaines exceptions près, à ce qu'on peut remarquer. Que fais-tu ici, Illyasviel?

À titre de réponse, l'adolescente en face de nous sortit sa baguette de la poche de son manteau. Je traduisis son comportement par un avertissement, de même pour Selim qui se planta instinctivement devant Nina pour la protéger.

- Dis-nous-le!, ordonnai-je. Ne m'oblige pas à…

- Sais-tu pourquoi le sortilège d'Homonculus ne fonctionne pas sur elle?

Je me tournai vers Selim qui venait de m'interrompre et son sérieux me donna immédiatement froid dans le dos. Je me mis à réfléchir à sa question qui était dirigée à mon intention; ce sort permettait d'activer le pouvoir de la carte du Maraudeur, mais je n'avais aucune idée de la raison pour laquelle il était impuissant sur l'albinos.

- Toi, le sais-tu?

- Une légende stipule que si une personne est invisible sur la carte, ce qu'elle est en fait une créature artificiellement conçue : un Homonculus, d'où le terme employé.

Retenant ma respiration, j'essayai de lire l'aura d'Illyasviel, mais même si j'usai de toute ma concentration, ça m'était impossible; elle n'en avait tout simplement pas. Je pris le papier des mains de Nina et je dus me rendre à l'évidence que mon allié disait vrai, car là où se tenait la championne, il y avait un vide total.

En parlant de Selim, son nom n'était pas non plus illustré à côté des nôtres. Ayant évité de le faire à multiples reprises par le passé, car j'en craignais les conséquences, je me risquai finalement à authentifier ce qu'il était. Il s'avéra que lui non plus n'était pas humain; je ne trouvai nulle trace d'aura. J'étais de nouveau statufié quand le Serpentard me confia la sécurité de l'Alchimiste. Puis, il avança d'un pas solennel, avant de décréter théâtralement :

- Comme nous sommes de la même espèce, c'est à moi de l'affronter…

Sortant de ma torpeur, je m'emportai avec agressivité :

- Pourquoi nous as-tu menti?! Les autres chasseurs ont tous dit ce qu'ils étaient sauf toi!

Selim tourna un visage indéchiffrable vers moi, tandis qu'une sorte de ruban noire monta le long de sa joue. Un frisson fit danser ma colonne en voyant ce phénomène inexplicable; il semblait avoir un contrôle sur les ombres elles-mêmes.

- Je suis persuadé qu'ils auraient eu peur de s'endormir la nuit en apprenant ce dont je suis capable… Fais-moi plaisir et éteint ton Lumos, veux-tu? Je suis à pleine capacité dans le noir complet!

Son sourire carnassier ne devait pas être très invitant, car son opposante réfuta sa proposition :

- Je n'ai jamais dit que c'était contre moi que vous alliez vous battre.

Sur ces mots, une explosion de verres se fit entendre derrière nous et nous nous couchâmes au sol pour éviter les débris. Un chariot aux allures royales, tiré par ce qui semblait être des buffles volants, venait de faire cette entrée spectaculaire. Son conducteur à la musculature surprenante, vêtu d'une élégante cape rouge sertie d'une toison près du col, posa aussi ses pieds au sol. Rider, ou plutôt Alexandre le Grand, débarquait de sa monture, fier de nous servir cette prestation mémorable.

- Kirua Zoldik!, annonça-t-il d'une grave voix qui me fit tressaillir. Je viens te défier à la loyale… Je t'ai vu affronté Lancer la dernière fois, tu es donc bel et bien un Mage!

Encore cette connerie?

Mon cerveau établit le lien que Rider était le Servant d'Illyasviel. Il nous restait à trouver le Mage associé à Lancer et le dernier affilié à Saber. Dans tous les cas, je savais que c'était le maitre du professeur d'Astronomie qui allait me causer le plus de soucis, puisqu'il m'avait déjà dans sa ligne de mire. J'allais bien me passer du challenge offert par mon enseignant de Soins aux créatures magiques…

- J'ai eu ma dose avec le Tournoi des Trois Sorciers, surtout compte tenu que je ne suis en aucun cas relié à cette Guerre débile!

Rider parut peser les possibilités, mais son Mage ne lui laissa pas la chance d'utiliser sa propre logique, car il sortit son Gladius de son fourreau et se mit en garde. Sa monture précédente s'estompa magiquement, puis le héros invoqua un étalon noir grandiose. Il se glissa ensuite sur la selle de l'animal avec grâce, avant de m'imposer cet ultimatum :

- C'est ta dernière chance d'accepter mon offre, sinon, tous les coups seront permis!

Sans crier gare, Selim et Nina décidèrent que cette provocation avait assez duré, car ils se mirent contre lui de façon simultanée. Je sursautai en voyant ces deux hyperactifs me défendre avec autant de ferveur. D'une part, des flèches d'ombre de Selim piquèrent dans la direction de l'esprit héroïque. D'une autre part, Nina avait exécuté un jeu de pied afin d'utiliser l'Alchimie : les tuiles se décolèrent du plancher en un clignement de cils dans le but de fouetter notre adversaire violemment. Leur attaque était si harmonieuse que je sus immédiatement que ces deux-là s'étaient entraînés ensemble depuis leur tendre enfance.

Rider réagit tout aussi promptement; il hua son équidé qui détala à la course et fit une demi-lune pour éviter les projectiles. Grâce à son arme à large lame, l'esprit héroïque put contrer les plus gros morceaux venant de Nina, mais la nuée de serpents noirs de mon second allié restèrent à ses trousses. Tel un chef d'orchestre, Selim ordonna aux ombres de continuer leur poursuite effrénée. Nina, bonne Serdaigle qu'elle était, eut la brillante idée de dresser un mur de pierre là où il y avait les fenêtres pour cacher toute source de lumière. Ainsi, dans quelques secondes, son ami allait être imbattable dans son élément.

Malheureusement, leur plan astucieux ne porta pas ses fruits; les ténèbres que nous souhaitions atteindre s'envolèrent d'une traite. Un halo de lumière improbable, d'un blanc immaculé, nous bloqua momentanément la vue. Une fois habitués à ce soleil de plomb, nous réalisâmes nous être téléportés bien loin de l'Europe. Une chaleur étouffante me confirma qu'il ne s'agissait pas d'un enchantement. Dans cette atmosphère chargée d'attente, ni la présence de mes camarades, ni le sable balayé par le vent ne changeait l'impression sournoise que je ressentais. Le danger était omniprésent dans ce désert; c'était comme si le ciel était sur le point de nous tomber sur la tête.

- Mettons-nous dos à dos. C'est clairement un piège de Rider… Qui sait ce qu'il a de plus en réserve?

Bientôt, dissimulés derrière les dunes de sable, des dizaines de guerriers en armure se mirent à apparaître. Après m'avoir obéie, Nina passa en revue notre environnement et nous expliqua le point suivant :

- J'ai lu certains passages du bouquin sur la Guerre du Saint-Graal. Une capacité comme celle-là se nomme un Noble Fantasme. C'est la carte maîtresse d'un Servant pour venir à bout de…

Ses lèvres se mirent à trembler et je surpris la main de Selim qui s'enticha à la sienne pour la réconforter. Ce geste sembla être bénéfique pour son amie, mais la fausse confiance que dégageait le Serpentard ne me dupa pas; je savais que se mesurer à un héros des temps anciens était une tâche extrêmement stressante pour nous tous. Je devais donc d'abord calmer mon pouls et leur montrer l'exemple.

- Tout va bien aller. Je vais vous aider.

Ma baguette en main, je la dirigeai vers le haut avec l'intention de formuler un sort pour changer la météorologie. Ainsi, j'allais pouvoir m'électrifier moi-même pour retrouver mes capacités supersoniques. Cependant, un choc qui n'avait rien avoir avec un sort ordinaire me frappa de plein fouet. Si en recevoir un par le passé n'avait eu pratiquement aucun effet sur ma personne, la douleur que me provoqua celui-là me donna carrément l'envie de mourir. Toutes les tortues qu'on m'avait infligées, toutes les mauvaises passes que j'avais vécues, je les revivais à cet instant précis. Ce mal indescriptible, même s'il n'avait pas duré longtemps, sembla m'achever.

Cette folle d'Illyasviel venait de me lancer un sortilège impardonnable : un Endoloris.

Je m'étais écrasé à terre sans même en avoir conscience, car ce n'est que lorsque je regagnai mes sens, tout en sueur, que je vis mes camarades peiner à repousser le trop grand nombre de combattants, qui eux faisaient majoritairement deux fois leur taille. Quelques-uns avaient mordus la poussière mais leur rang ne cessait jamais de grandir. La plus jeune avait beau envoyer des boules de sable compressées en pierres afin de couvrir Selim, celui-ci se trouva quand même en situation risquée en étant le principal récepteur des coups. Bientôt, l'un des combattants comprit que Nina était son bouclier et il la prit en otage sans trop d'efforts. Les deux élèves étaient épuisés et ce fut la goutte qui fit déborder le vase pour Selim dont le visage se déconfit.

Ils se rendirent finalement à la poigne de fer de l'ennemi et ils avaient eu raison de le faire. Toujours aussi mal en point, j'entendis la voix de l'albinos parvenir jusqu'à moi :

- C'est inutile de résister. Un mot de plus de ma part et vous êtes morts… Coopérez.

N'ayant pas la force de m'opposer à quoi que ce soit, son Servant s'approcha de moi et fit le même processus que Lancer plus tôt; il releva ma manche et c'est avec un mélange de répulsion et de culpabilité qu'il informa son Mage des circonstances; du fait que je ne possédais pas le tatouage d'un des siens. Il reproduisit le même scénario avec mes alliés pour en arriver à la même décevante conclusion. Suite à quoi la réaction d'Illyasviel fut si horrible qu'elle me donna le tournis; l'immonde Homonculus ne fit qu'hausser les épaules avant de penser à haute voix :

- Quelle perte de temps…

Puis, elle s'empara de ma baguette qui gisait non loin et la brisa entre ses doigts pour éviter des représailles futures de ma part. Au moins, elle n'était pas au courant que je pouvais me servir du Nen. Quoi qu'il en soit, elle remballa le matériel, c'est-à-dire qu'elle ordonna à Rider d'annuler son Noble Fantasme, tout simplement. Nous regagnâmes aussitôt Poudlard au même endroit que nous l'avions quitté, atterrés de notre cuisante défaite. La réalité venait de nous gifler comme elle se devait, nous remettant à notre place de simples mortels.

Nous ne faisions pas le poids contre ces réincarnations, je l'avais compris deux fois plutôt qu'une. Et plus jamais je n'allais voir ce couloir de la même façon.


Le Chaudron Baveur était silencieux en après-midi, loin de se prêter au brouhaha de son heure de pointe. Les chasseurs d'Exterminateurs et moi n'avions pas le temps d'étirer notre réunion jusqu'à la fermeture du bar célèbre de toute façon; la fin des classes se traduisant par une menace imminente, nous étions piégés par un compte à rebours dont on ne connaissait pas toutes les données. La date de la confrontation finale contre nos opposants était certes imprécise, mais toutefois inévitable… Il fallait organiser notre complot d'avance. Après tout, nous allions préparer le plus gros guet-apens de l'histoire du monde sorcier. En gros, nous n'avions pas le droit de commettre une seule erreur et le choix du lieu de la rencontre avait été prévu dans cette optique : loin des murs de Poudlard qui avaient des oreilles.

Une fois tout le monde à notre table du fond, la plupart d'entre nous ayant relevé leurs capuchons ou adopté un look tout aussi louche pour rester dans l'anonymat, nous commandâmes à boire. L'idée de choisir un breuvage alcoolisé en présence du directeur me rendait toute chose, donc j'optai pour la modération avec un chocolat chaud. La majorité choisit un jus de citrouille ou un pichet de lait, seuls Ymir et Annie dérogeaient de la sobriété avec leur whiskey pur malt. Tisane d'orties à la main, Riza fut la première à prendre la parole :

- En supposant qu'il reste seulement trois Servants et donc trois Mages, quelqu'un sait de quel côté ils sont?

- Aucun; ils n'ont pas d'intérêt pour les sorciers en tant que tels, ils sont simplement à Poudlard car le Saint-Graal les a conduit ici, expliqua Armin.

- Les Servants ne veulent pas faire de mal aux humains, mais parfois ils se font envenimer l'esprit par leurs supérieurs, renchérit monsieur Armstrong.

- Pourquoi le Saint-Graal vise-t-il l'école?, questionna Reiner en se pinçant le menton.

- Ça, personne ne le sait encore… On verra à la fin de la Guerre, supposa Eren.

- Nous connaissons les Servants désormais, mais qui sont leurs Mages? C'est eux les vrais marionnettistes dans cette histoire!, ajouta Zushi.

Bert fit alors une supposition cohérente :

- Si Illyasviel est le maître de Rider, Irisviel est très probablement celui de Saber; ces deux-là sont tout le temps ensemble, comme si un lien extrêmement puissant les unissait.

- En ce qui concerne Lancer, son Mage doit être l'un des Exterminateurs pour avoir visé si impunément Kirua lors du Tournoi, compléta madame Curtis.

Nous hochâmes la tête tous en cœur. Cette théorie tenait à peu près debout, encore fallait-il trouver l'Exterminateur en question... J'avais de la difficulté à envisager Hisoka ou Tsukiyama être nommé par un artefact divin pour gagner quoi ce soit, dégueulasses comme ils étaient. En un sens, ça me semblait même impossible... Mais bon, j'avais suffisamment confiance en mes alliés pour écraser mes doutes.

- Séparons-nous en équipe en égalisant nos pouvoirs dans chacune d'elle, proposai-je. Gon, Kaneki, Theo, madame Curtis, Eren et Mikasa, vous formerez la première. La deuxième comptera Zushi, Armin, Touka, Nina, Selim, Mustang et Ymir. La dernière sera composée de Maes, Riza, monsieur Armstrong, Annie, Bert ainsi que moi-même.

Sirotant leurs breuvages pensivement, ils parurent en accord avec ma division. Chaque équipe comportait au moins un titan, un utilisateur du Nen et un Alchimiste. Il manquait une goule dans la mienne, mais je la remplaçais mentalement par la Kimera Ant absente à la réunion. En conclusion, les forces dans mon calcul se contrebalançaient harmonieusement.

- De cette manière, deux équipes auront un Exterminateur à éliminer et l'autre gardera les Servants à l'œil si jamais ceux-ci décident de péter les plombs.

- Il faut aussi couvrir les civils, remarqua Touka.

- Dans ce cas, on devra évacuer l'école par sections pour que ça passe inaperçu. Avec la carte du Maraudeur, ça sera facile d'éviter que les foules rencontrent les combats.

Satisfait du plan, Mustang réclama un deuxième verre, un cognac cette fois. Après l'avoir reçu, il trinqua à notre petite assemblée :

- C'est à cause des Exterminateurs si j'ai tout perdu… et on va s'assurer que ça leur rentre dans le crâne!

Ne voulant pas encourager ni le vice ni la vengeance, Riza lui donna un coup de coude. Une réelle sympathie pour eux me parcourut à cet instant. Qu'aurais-je fait à leur place, après avoir fait un bond dans le temps en apprenant ensuite qu'il m'était impossible de retrouver mon univers initial? Cet homme avait tout donné pour porter appui à quelqu'un qu'il ne connaissait même pas, pour être au final coincé dans une époque qui lui était inconnue. Cette injustice était criante et demandait à être solutionnée, en vain.

Je levai aussi mon verre à notre rassemblement éclectique et on m'imita. Nous avions la vie d'innocents entre les mains et nous seuls pouvions mettre un terme à la folie régnant dans l'enceinte de l'établissement de magie.

Autrement dit, l'échec nous était interdit.


Kiru a tout compris, semble-t-il...

- Zuzu-kun.