Disclaimer : Cerys est mon enfant, wout!
Derek, Chapitre Trente-Six
J'étais bien. J'étais si bien. Mon corps flottait dans un océan profond, où un million de petits poissons nageaient. J'ouvris la bouche pour leur parler, avant de la fermer brusquement. Je m'attendais à suffoquer, à ce que mes poumons se remplissent de l'or bleu, mais rien de cela n'arriva. J'ouvris grand la bouche et respirai. Ma gorge ne me brûla pas. Au contraire, je me sentais merveilleusement bien. Alors j'observai mon corps et me rendis compte que je n'avais pas jambe. Une queue s'y trouvait à la place. Je levai mes mains devant moi et y vis des palmes entre mes doigts. Je ne portais pas de vêtements, seulement des coraux sur les seins. Je ressemblais à la petite sirène, mais avec les cheveux noirs. Je ris joyeusement et suivis les poissons. Au bout d'un moment, je sentis un courant d'air et un magnifique dauphin bleu passa à ma droite en s'éloignant. Je me mis à sa poursuite.
-Attends!
Il s'arrêta nettement et revint tranquillement vers moi. Il me tourna autour plusieurs fois, puis m'effleura la main pour m'inciter à m'accrocher à lui. C'est ce que je fis et il s'élança à grande vitesse. Je baignai dans le bonheur. Et puis..
-Bip bip bip bip!
Le cadran se mit à me hurler dans les oreilles. Je grognai, et enfoui mon visage dans un torse chaud.
-Law… Fais taire cette machine infernale… Grommelais-je.
Je sentis Law étirer le bras et il appuya fortement sur l'appareil, ce qui la fit enfin taire. Je grognai, joyeusement cette fois, et me frottai la joue contre sa peau. Il déposa sa main dans mes cheveux et les caressa. Si j'avais pu, j'aurais ronronné.
-Cerys, il faut se lever. On va être en retard… Dit-il d'une voix endormie.
-Mais j'ai pas envie… Me plaignais-je.
-Moi non plus, figure-toi, me reprocha-t-il. Mais tu dois aller à tes cours, et je dois donner les miens. Aller, debout.
Il souleva son torse, ce qui me fit dégringoler sur le lit. Je rouspétai davantage, mais mon visage resta enfoui dans l'oreiller. Je l'entendis soupirer.
-Si tu ne veux pas te lever…
Il bougea dans le lit et je sentis son ombre sur moi. Le matelas grinça et ses lèvres vinrent furtivement se déposer dans mon cou. Il mordillait gentiment pendant que ses mains caressaient mon dos, mes hanches, mes fesses, mes cuisses. Je frissonnai.
-Je vais devoir te punir… Susurra-t-il à mon oreille avant de prendre mon lobe entre ses dents.
Je gémis sous lui pendant qu'il profitait de ma vulnérabilité du matin. Je sentis ses lèvres se courber en un sourire sur ma peau. Qu'est-ce qu'il aimait me taquiner… Je me levai difficilement en boudant et me dirigeai vers la porte de sa chambre. Il me suivit.
-Dommage, dit-il presqu'à contrecœur. J'aurais bien aimé sortir les menottes…
Je devins rouge voyant et je l'entendis rire dans mon dos.
Cela faisait près de trois semaines que j'étais retournée chez Law. À la plus grande joie de ma sœur, d'ailleurs. Vous auriez dû entendre le cri qu'elle avait fait en apprenant la nouvelle. De quoi redonner l'ouïe à un sourd. Donc j'avais de nouveau emménagé chez lui, et les choses étaient redevenues comme avant. Enfin, pas complètement. Nous avions toujours nos disputes et nos désaccords, mais les gestes de tendresse étaient devenus un plus. Enfin, si on peut appeler tendresse le fait que Law m'invite à m'asseoir entre ses genoux alors qu'il regarde la télévision pour ensuite mettre un film d'horreur juste pour me voir sursauter et profiter des câlins spontanés. Nous formions un couple, en quelque sorte. Évidemment, notre relation restait secrète, seulement quelques personnes étaient au courant.
Et il y avait une personne dont j'aurais voulu en parler, mais puisqu'il m'évitait à chaque fois que j'essayais de seulement aller lui parler… Non, la situation avec Derek ne s'était pas améliorée. Et oui, c'était un crétin.
J'avais beau lui envoyer des dizaines de message texte, l'appeler cinquante fois par jour, l'attendre à son casier ou même à l'extérieur de ses classes, il me glissait à chaque fois entre les doigts. (Non, ce n'était pas du harcèlement!) Si j'étais aussi obstinée, c'est que je voulais m'expliquer avec lui. S'il ne voulait pas répondre à mes questions, parfait. Je n'allais pas le forcer. Mais je voulais au moins lui faire part de l'évolution de ma relation avec Law. J'estimais qu'il avait le droit de savoir. Pourquoi? Je n'en sais rien. Seulement, ma conscience me disait que c'est ce que je devais faire.
C'est décidé, aujourd'hui, je vais enfin réussir à lui parler!
Tapi dans l'ombre, j'attendais, tel un ninja, que Derek montre le bout de son nez. Incognito, je regardai de mes yeux perçants le repaire pour pouvoir m'y infiltrer.
…Enfin, j'attendais plutôt au bout de la rangée de casier que le roux fasse son apparition et aille au sien. Je cachais mon corps d'un côté du dernier casier, ma tête dépassait pour observer son retour, et les élèves autour me lançaient de bien étranges regards. Tant pis, j'étais en mission! Et puis, j'avais toujours un peu douté de ma santé mentale.
Bref, je fixai patiemment son casier, en espérant le voir bientôt. La dernière cloche avait sonné depuis déjà plusieurs minutes, alors il ne devrait pas tarder. À moins qu'il ne soit déjà parti? Pourtant, j'avais presque couru jusqu'ici après mon cours pour être certaine de ne pas le manquer. Alors s'il était déjà venu…
Je fus sortie de mes pensées lorsque je vis trois garçons se poster devant le casier que je surveillais. Je reconnus l'un d'entre eux. Je fis la grimace. C'était son partenaire de casier… J'aurais bien voulu ne plus le revoir, celui-là. Déjà que la dernière fois, j'avais envie de l'étaler dans le mur… Je respirai profondément pour tenter de me calmer.
Le babouin (Quoi, il lui faut un nom, non?) déverrouillait le cadenas et ouvrit la case. Je m'attendais à ce qu'il prenne ses affaires et qu'il parte vite fait, mais non, il resta là, à bavarder bruyamment avec ses amis. Je soupirai, frustrée. Je sais que Derek ne l'aimait pas non plus, avec la réaction qu'il avait eue, et je ne crois pas que sa présence sera profitable s'il restait là au moment où le roux viendra. Et évidemment, quand je voulais le contraire, il se produisait ce que je ne voulais pas. Derek tourna le coin et s'engagea dans l'allée. Je maudis tout bas.
Alors qu'il s'approchait, les trois garçons eurent la même réaction que la dernière fois. Ils s'éloignèrent rapidement du jeune homme, comme s'il était contagieux. Peut-être avait-il un rhume?
-Ah, ne t'approche pas! Dit moqueusement ami #1.
-Je vais attraper ta maladie! Ricana ami #2.
-Il va tous nous contaminer, cette abomination! Renchérit babouin.
Ils éclatèrent bruyamment de rire. Derek serra les poings, crispa la mâchoire, mais ne dit rien. Les gens autour ne réagirent même pas. Je fulminai. Comment pouvaient-ils dire de telles choses? Pourquoi le détestaient-ils autant? Et pourquoi personne n'intervenait? Mon sang bouilla.
Ni plus, ni moins, je sortis de ma « cachette » et me dirigeai vers le roux. Celui-ci ne me remarqua point, puisqu'il était occupé à fouiller dans son casier. Les trois autres, par contre…
-Et si ce n'est pas la petite de l'autre fois!
Ils rirent méchamment. Une veine apparut sur mon front, mais je les ignorai et continuai mon chemin. Ça ne servirait à rien de répondre à leur provocation. Je me postai derrière Derek et respirai profondément.
-Hey, dis-je lentement.
Je vis son corps se figer une fraction de seconde. Puis, il continua de ramasser ses affaires, les fourra dans son sac et s'éloigna rapidement, sans même me jeter ne serait-ce qu'un regard. Je me précipitai à sa suite et lui empoignai le poignet pour l'empêcher d'avancer. Il se dégagea brusquement et me lança des éclairs par les yeux.
-Qu'est-ce que tu me veux?! Pesta-t-il.
Ses yeux étaient remplis de haine, comme la première fois que je l'avais rencontré. Son regard eut l'effet d'un poignard dans mon cœur. Je baissai tristement les yeux.
-Je veux seulement te parler… Dis-je d'une toute petite voix.
Je vis son corps devenir un peu moins rigide. Il se calmait. Je relevai le regard et m'apprêtai à parler, mais j'entendis des rires derrière moi.
-Ah, regardez-les, comme ils sont mignons!
Je me tournai sur le côté et vis les trois idiots qui nous riaient au nez.
-La petite est amoureuse du grand! Dit moqueusement le babouin. Dommage qu'il ne soit pas intéressé!Il s'approcha doucement et me lança un regard plein de sous-entendu. Je grimaçai. J'allais vomir…
-Viens plutôt t'amuser avec nous… Dit-il d'un ton qui se voulait mielleux.
J'eus un désagréable frisson et me retournai.
-Non, merci, dis-je d'un ton dédaigneux.
Je vis que Derek s'éloignait de nouveau. Irritée, je le rattrapai et tendis le bras pour de nouveau lui empoigner le bras. Seulement, au moment où ma main le toucha, les lumières s'éteignirent et nous fûmes plongés dans le noir total. Le silence se fut quelques secondes, puis les gens se remirent à discuter entre eux, se demandant ce qui se passait. Ce n'était pas bien difficile à deviner. Une tempête de neige faisait rage dehors depuis ce matin, alors il n'était pas rare dans ces cas-là qu'une panne d'électricité survienne. Le seul souci, c'est le temps que ça allait prendre avant que le courant revienne. Ça pouvait durer une minute, comme une heure. Et puisque l'école manquait cruellement de fenêtres, on n'y voyait que dalle.
Je soupirai, et me rendis compte que le roux s'était figé de nouveau. Ou plutôt, il tremblait. Est-ce qu'il allait bien?
-Derek? Demandais-je, incertaine.
Il sursauta et me prit violemment le bras. Il me le serrait tellement fort que je sentis ses ongles s'enfoncer dans ma peau, malgré la veste que j'avais sur le dos. Mais je ne me souciais guère de ma douleur. La respiration de Derek était saccadée et complètement irrégulière, ses dents claquaient, et il tremblait de tout son être. Il m'inquiétait vraiment.
Avant que je ne puisse lui demander ce qu'il avait, les lumières revinrent et je pus enfin voir devant moi. Seulement, la vue m'inquiétait encore plus. Il était blanc comme un drap, ses yeux reflétaient toute la frayeur qu'il ressentait. Je fronçai les sourcils et mis doucement ma main sur la sienne qui m'empoignait toujours.
-Hey, tout va bien? Lui demandais-je doucement.
Il resta perdu dans la masse plusieurs secondes, puis sembla se souvenir que j'étais là. Il cligna des yeux et me regarda enfin.
-Je.. Dit-il d'un air perdu.
Derrière, celui que j'allais vraiment frapper s'il n'arrêtait pas de nous interrompre se racla la gorge.
-Tu vois? Ce n'est qu'une poule mouillée!
Mon corps se figea.
-Et ce n'est pas tout! Il est agressif, stupide, arrogant.
Je me tournai lentement vers lui.
-Et comme je te l'ai dit, tu ne t'intéresses pas!
Je serai les poings. Mes cheveux me cachaient le visage, et j'espérais que ça me donnait un air menaçant.
-C'est bon, t'as fini? Dis-je sèchement, agacée.
Il ne sembla point remarquer que j'étais à deux doigts de lui envoyer mon poing dans son nez puisqu'il m'ignora. Ses yeux doublèrent plutôt de volume, comme s'il avait eu une révélation.
-Ah! Mais tu dois être comme lui alors! C'est pour ça que tu disais que c'était ton ami!
Je relevai les yeux, un peu moins énervée, mais plutôt confuse. De quoi il parlait? Il parlait en charade depuis le début. Je n'y comprenais rien! Et il disait que j'étais comme lui? Que j'étais quoi?
-Pas que ce soit mal, en fait. C'est moins dégoûtant que lui, dit-il dédaigneusement.
Il eut un sourire pervers qui me donna un haut-le-cœur.
-Deux filles qui s'embrassent, c'est assez excitant en fait…
Je me figeai. Mon cerveau venait de faire le lien. S'il était si désagréable avec Derek, qu'il s'éloignait toujours de lui lorsqu'il arrivait, qu'il se moquait ouvertement, c'est parce qu'il était homosexuel? C'était la seule raison? Il le détestait simplement parce qu'il aimait les hommes? Mon visage se transforma à cause de ma rage. Je détestais les gens comme lui. Rejeter quelqu'un à cause de sa couleur de peau, de ses origines, de sa religion ou de sa sexualité, ça me dégoutait. Et il avait dit qu'il avait une maladie, qu'il était contagieux. Ma colère prit possession de mon corps. Je ne contrôlai plus rien. Ce n'était pas ma tête qui contrôlait, mais bien mes émotions. Je m'approchai et lorsqu'il fut à porter, je lui envoyai mon pied dans les côtes. Surpris, il n'eut pas le temps d'anticiper le coup. Il se plia en deux et grogna de douleur. Mais je n'en avais pas fini avec lui. J'arrivai à sa hauteur. Il regarda piteusement vers le haut. Je pris son crâne entre mes mains et soulevai le genou. Il cogna violemment contre son nez et j'entendis un bruit sec. Je venais de lui casser le nez. Il tomba vers l'arrière et s'étala de tout son long. Il gémissait en se tenant le nez et bientôt, ses doigts furent imbibés de sang. J'aurais pu arrêter là. Il avait son compte. Mais mon corps agissait de son propre chef. Je me mis à califourchon sur lui et lui envoyai mon poing sur le visage, encore et encore. Le sang éclaboussait, tâchait mon uniforme. Les cris résonnaient autour de moi. Ses amis s'étaient enfuis. Un bourdonnement résonnait dans mes oreilles.
-Espèce de salaud! Hurlais-je. Excuse-toi! Demande pardon à Derek!
Je n'étais plus lucide. Si ça continuait, il allait se noyer dans son propre sang. Heureusement, Derek intervint et m'éloigna de ma victime en passant ses bras sous mes aisselles et en m'entrainant vers l'arrière. Je me débattis comme une démone.
-Lâche-moi! Rageais-je.
-Non! Hurla-t-il. Si tu continues, tu vas le tuer!
Son cri me calma. Je cessai de me débattre et devins molle comme un chiffon. Il me lâcha doucement, comme s'il avait peur que la folle furieuse revienne. Mais rien de tout cela n'arriva. Je restai dans un état second, prisonnière de mon esprit. Je n'arrivais pas à croire ce que je venais de faire. Pourtant, je n'étais pas du tout violente. Mais je n'avais pu me contrôler. Je me mis à trembler. J'avais peur. De moi-même.
Après ça, tout sembla se passer à travers un filtre, comme si ce n'était qu'un rêve. Un intervenant arriva et m'emmena voir le directeur Shanks. Celui-ci me posa plusieurs questions, notamment pour sa voir les raisons de mes actes. Seulement, les mots restaient coincés dans ma gorge. Il finit par soupirer devant mon manque de communication et me dit qu'il allait appeler mes parents. Law arriva et me fit signe de le suivre, sans dire une seule fois un mot. Il me regardait simplement. Il me raccompagna jusqu'à son appartement et se dirigea vers la cuisine. Moi, je m'enfermais dans ma chambre. Plus tard dans la soirée, le téléphone sonna. C'était le directeur. J'étais suspendue pour deux semaines.
J'étais dans mon lit, à fixer le plafond de ma chambre, à attendre que les heures passent. Trois jours déjà que je n'avais pas vu l'école. Law avait tenté le premier jour de découvrir la raison du pourquoi, mais j'étais restée aussi muette que le jour d'avant. Alors il m'avait laissé tranquille et ne me parlait que par nécessité. Ma mère m'avait appelé. Elle était en colère au début, ne comprenant pas mes gestes, puis elle était devenue triste, pour finalement fondre en larmes. Mon père avait ensuite pris le téléphone, et m'avait parlé calmement. Il m'avait demandé si j'allais bien, et qu'il serait prêt à m'entendre lorsque moi-même, je serais prête à en parler. Puis, il m'avait souhaité bonne nuit et avait raccroché. Les larmes m'étaient venues.
Je soupirai et me levai difficilement. Mes membres étaient en compote à force de rester couchée toute la journée. Je me dirigeai vers mon bureau et m'assis sur la chaise. Je devais rédiger une lettre d'excuse à l'intention du partenaire de casier à Derek. Seulement, je ne savais pas du tout quoi écrire. Je regrettais mes gestes, à un point inimaginable, mais je ne pouvais lui pardonner son comportement envers mon ami. Mais je devais quand même écrire cette lettre avant la fin des deux semaines. Alors je pris un crayon, une feuille blanche, l'appuyai sur celle-ci, et réfléchis. J'y passai une bonne demi-heure. Mais rien ne vint. Ma feuille resta immaculée. Je déposai rageusement mon crayon et mis mes mains sur mon visage. Si seulement je pouvais retourner dans le passé…
Soudain, j'entendis la sonnerie retentir dans l'appartement. Ça me surprit. Il était trop tôt pour que ce soit Law, et de toute manière, il ne cognait jamais. Peut-être que c'était un vendeur de babioles inutiles? Ou un témoin de Jéhovah. Je me levai et sortis de ma chambre pour me diriger vers l'entrée. J'ouvris la porte et que ne fut pas ma surprise d'y trouver un certain roux.
-Derek? Mais qu'est-ce que…
Il se gratta nerveusement la nuque.
-Je peux entrer?
J'acquiesçai, toujours stupéfaite, et lui fis de la place pour qu'il puisse passer. Il enleva ses affaires et déposa son sac dans l'entrée. Sans trop savoir quoi faire, je l'invitai dans le salon et lui proposa de s'asseoir sur le divan. Il s'exécuta.
-Tu veux quelque chose à boire? Lui demandais-je.
Il secoua la tête et découvrit la pièce du regard. Je me dandinai d'un pied à l'autre avant de m'asseoir solennellement à ses côtés. Le silence resta plus d'une minute. J'allai craquer. Je déteste ce genre de silence.
-Comment as-tu eu mon adresse? Demandais-je pour briser la glace.
Il évita mon regard.
-J'ai mes sources..
-Ah! Ne me dis pas que tu as encore fouillé dans mes affaires pour l'obtenir?!
-N-non! C'est juste que je l'ai eu en même temps d'avoir ton numéro de téléphone.
-Ça revint au même…
Il fit la moue et se croisa les bras. Malgré mon humeur maussade des derniers jours, j'eus un léger sourire.
-Qu'est-ce que tu es venue faire ici?
Il tourna la tête et refusa de me répondre. Je soupirai.
-Peu importe, je voulais te parler de toute manière.
Il osa enfin me regarder, bien que ce n'était que du coin de l'œil.
-Je suis désolée! M'exclamais-je soudainement.
Mon haussement de ton le fit sursauter.
-P-pourquoi?
Je baissai les yeux.
-Et bien… Je sors avec Law..
Il se figea, mais retrouva bien vite ses sens.
-Pourquoi tu t'excuses auprès de moi?
Je jouai nerveusement avec le rebord de mon chandail.
-Ben, tu l'aimes non?
C'était la conclusion qui s'était imposée dans mon esprit. Il me détestait, voulait que je m'éloigne de Law et il aimait les hommes, alors… Et ça expliquait aussi pourquoi il m'avait pris la main à la cafétéria. Il voulait faire comprendre à Law que c'était fini.
J'avais dû mettre la main sur la bonne réponse puisqu'il rougit jusqu'aux oreilles.
-E-et alors! Bégaya-t-il, sur la défensive.
Je souris.
-Qu'est-ce qui t'a fait tomber sous le charme?
Il me regarda, surpris.
-Tu ne trouves pas ça, dégoûtant, un homme qui en aime un autre?
Je clignai des yeux.
-Non. Je devrais?
Il ouvrit la bouche, la referma. Je l'avais bouché.
-Si les sentiments sont sincères, lui dis-je, pourquoi ça serait mal?
-Mais les autres…
-Les autres sont des crétins! M'emportais-je. Pour moi, ça ne change rien du tout. Tu restes toujours l'ami bougonneur qui ne m'aime pas.
Il sourit faiblement.
-Tu es bizarre.
-Merci! Dis-je joyeusement.
Il secoua la tête.
-Tu n'as pas répondu à ma question! Lui rappelais-je.
Il rougit de nouveau, et détourna le regard.
-Ne ris pas, mais… Ce sont ses yeux qui ont capturé mon attention.
-Ses yeux?
Il acquiesça.
-Il y a une telle profondeur en eux. Si mystérieux, et pourtant, si révélateur. Je me perds à chaque fois en eux.
Je réfléchis.
-C'est vrai qu'ils donnent cette impression.
Il hocha solennellement la tête.
-Et toi?
Je ris nerveusement.
-Franchement? Aucune idée.
Il leva un sourcil, l'air suspicieux.
-C'est vrai! Répondis-je à sa question muette. Je l'ai détesté tellement longtemps que j'avais du mal à comprendre pourquoi mes sentiments avaient changé du jour au lendemain. Mais si je devais donner une raison…
Je souris doucement.
-C'est peut-être parce qu'il prend si bien soin de moi.
Voilà, un chapitre… qui n'a pas tourné exactement comme j'avais pensé au début! xD La scène de violence est justement beaucoup plus violente que ce je croyais écrire.. J'espère que c'est bien quand même! x3
Petit anecdote d'écriture: Je demande à une amie sur Facebook une idée pour mon histoire, puisque je bloquais complètement, et voilà ce qu'elle me répond : « Un paresseux atteint une pointe de 10 m/minutes alors qu'il veut manger une feuille! » Alors, est-ce que j'aurais pu faire une bonne histoire avec ça? xD
Puisque je ne peux pas le dire en privé, je veux juste dire à CaroRolo, je suis tellement heureuse de voir enfin une québécoise qui lit mon histoire! *pleure de joie* On doit se serrer les coudes, puisqu'on est si peu!
Et puisqu'on m'a posé la question, mon rythme de publication vari, mais j'essaie que ce soit à toutes les semaines, pendant la fin de semaine.
Bref, merci d'avoir lu et au prochain chapitre j'espère!
