Coucou tout le monde !!! Le voici enfin le chapitre 36… qui m'a donné beaucoup de sueurs froides ! lol ! Quelques petites notes sur ce chapitre :

Il est très long. Plus de 18 pages en word.

Je ne dirai pas qu'il est mauvais, car je ne crois pas que ce soit le cas. Mais j'ai du le reprendre a plusieurs reprises dans les derniers jours et a la fin j'en avais marre alors il est peut-être moins achevé que les chapitres précédents.

Il se passe beaucoup beaucoup de choses : vous allez apprendre mais j'ai l'impression que ce que vous allez retenir, c'est la fin ! lol !

A un moment, peut-être que vous vous direz… mais qu'est-ce qui se passe ??? Continuez la lecture et vous comprendrez !!!

Merci a tous pour vos commentaires, je vous adore, j'adore vos reviews et c'est vous avant tout qui me donnez la motivation pour continuer. Et bonne lecture !

CHAPITRE 36 –Faire face à son passé

Je devais y arriver ! Je pouvais le faire… je DEVAIS le faire : pour Bella. Peu importe ce que j'avais fait, je devais l'assumer maintenant et y faire face une bonne fois pour toute. Mes craintes, mes peurs n'avaient plus d'importance ! J'allais les affronter ou les faire taire tout simplement. J'allais faire ce que je devais faire pour aller rejoindre ma Bella.

Je pris une grande inspiration pour me donner du courage, puis passai le box dans lequel Garett venait d'entrer pour retrouver Kate qui lui avait sauté dans les bras. Je fis quelques pas, dépassai quelques bureaux jusqu'à ce que je vois des boucles d'un blond vénitien. Tanya.

C'était le moment de vérité. Je fis un pas dans le box et la blonde se leva lorsqu'elle m'aperçut, un sourire lumineux éclairant son visage. Elle s'avança vers moi et je dus serrer les poings pour résister à l'envie d'agrandir de nouveau la distance entre nous.

-Edward, murmura-t-elle en fixant ses yeux bleus au mien. C'est si bon de te revoir… même dans ces circonstances.

Elle passa une main douce dans mes cheveux. Je déglutis difficilement.

-Tanya, fut tout ce que je pus répondre tant ma voix était chancelante.

Je fermai les yeux et je la revis étendue sur ce lit, inconsciente, alors que Félix profitait de son corps nu. Ce corps qu'elle m'avait offert à tant d'occasions… J'eus une soudaine nausée tant j'étais dégoûté de moi-même.

-J'ai vu ce qu'ils t'ont fait tout a l'heure… c'était horrible ! Mais j'espérais… j'espérais te revoir enfin !

Je ne répondis rien. J'étais tétanisé, je ne savais ni quoi dire ni quoi faire. Les images de son viol repassaient en boucles dans mon esprit, malgré ma volonté de les éradiquer de mes pensées.

-Tu m'as laissé si longtemps sans nouvelle, continua mon amie. Je me demandais... je me demandais si tu étais furieux contre moi, si j'avais fait quelque chose de mal.

J'ouvris de nouveau les yeux et je tentai de lui faire un sourire qui devait ressembler d'avantage à une grimace.

-Bien sûr que non, répondis-je à voix basse. Tu n'as rien fait; c'est moi qui… c'est moi qui…

-Tu n'as rien à te reprocher Edward. Tu as toujours été si parfait avec moi !

Je me tus, incapable de poursuivre. C'est moi qui t'aie laissé te faire violer sans rien faire pour les empêcher ! aurais-je dû dire, mais je ne pouvais pas. Je n'étais pas prêt.

Elle fit un pas dans ma direction, sûrement pour me prendre dans ses bras ou m'embrasser. Je reculai d'instinct, échappant a son étreinte. Son visage se décomposa sous la douleur et je me sentis encore plus mal.

-Que se passe-t-il Edward ? Pourquoi me fuis-tu ?

Heureusement, Kate et Garett nous rejoignirent à cet instant, mettant fin à cette conversation. Kate et Tanya s'enlacèrent pendant un long moment, puis la petite amie de Garett vint me serrer dans mes bras à son tour. Je me laissai faire, sentant le regard jaloux de Tanya sur nous.

-C'est génial d'être tous les quatre ensemble, dit Kate en me relâchant, mais je ne suis pas certaine qu'on ait le droit de…

-Ça va : Edward travaille avec le FBI, répondit Garett.

Je sens tous les regards converger vers moi.

-Quoi ?

Je passai une main lasse dans mes cheveux, puis je me raclai la gorge avant de dire :

-Je crois que nous devrions nous asseoir…

Lorsque nous eûmes tous les quatre pris place autour du petit bureau, je racontai de nouveau mon histoire, comme je l'avais fait avec Garett quelques instants plus tôt. Je vis le visage de Tanya s'assombrir lorsque je parlai de Bella et de son enlèvement…

-Alors c'est vrai ? me demanda-t-elle. Tu as une petite amie ? Une fille de ton école ?

J'hochai la tête, évitant son regard.

-Et c'est pour cela que tu ne m'as pas rappelé depuis des mois ? s'écria-t-elle, sa voix augmentant d'un ton. Pour cela que tu ne veux pas que je m'approche de toi ? Tu ne crois pas que j'avais le droit d'être avisée que nous n'étions plus ensemble ?

-Tanya, soupirai-je avec remords. Nous n'avons jamais été ensemble…

-Non ! Mais tu savais que… tu savais que j'espérais qu'un jour tu changes d'avis.

Je serrai la mâchoire avec force, tentant de contenir ma colère. Comment pouvait-elle se soucier de cela après ce que je venais de lui raconter ? Comment pouvait-elle être assez égoïste pour se soucier de son petit bonheur personnel en ce moment ?

-Tu crois vraiment que c'est le moment de discuter de cela ? répliquai-je d'un ton froid. Bella a été enlevé par Victoria… elle est peut-être en train d'agoniser en ce moment même et toi, tu veux que nous discutions de notre hypothétique couple qui n'a jamais vu le jour ?

Tanya me lança un regard furieux et blessée qui me transperça le cœur, puis elle croisa ses bras sur sa poitrine et s'enfonça dans son siège, silencieuse. Je me passai une main dans les cheveux à nouveau en soupirant, honteux de m'être ainsi laissé emporter.

-Je suis désolé… je suis à cran ! Je… j'ai… j'ai tellement peur.

Je fermai les yeux, retenant mes larmes. Je ne voulais plus pleurer et me lamenter sur mon sort… je n'en avais plus le temps.

-Oh ! Edward !

Puis je sentis deux bras tendres et réconfortants me serrer alors que l'odeur de Tanya m'entourait. Mon corps se tendit malgré moi alors que j'avais le souffle coupé par la douleur. Je ne pouvais pas… je n'avais pas le droit à son amitié et sa compassion… et surtout pas à son amour !

Je me dégageai donc de son étreinte, doucement pour ne pas la vexer, puis je fis face à Kate. Il m'était plus facile de la regarder elle que mon autre amie.

-Tout ce que vous pourrez me dire sur Laurent peut m'être utile… tout ce que vous avec vu, entendu au cours des dernières années… les noms de vos clients réguliers aussi…

-Tu sais… tu sais que ce sont des gens riches, parfois célèbres et qu'il sera difficile de les faire tomber ? me demanda Kate.

Je lui fis un faible sourire.

-Ce n'est pas à moi d'en décider… je ne fais que prendre les informations. Après, je remets tout cela entre les mains du FBI et je fiche le camp !

Kate et Tanya échangèrent un regard.

-Je… c'est… le maire de Forks est l'un de mes clients réguliers, avoua Tanya.

-Shit ! s'écria Garett, qui de toute évidence l'ignorait.

-Quelques avocats importants à Seattle aussi… je peux t'écrire les noms si tu veux… et… un juge de la cour Suprême.

-Merci Tan… tu m'écriras tout cela tout à l'heure. Et toi Kate ?

Mon amie fronça les sourcils, semblant réfléchir.

-Je ne sais pas quel nom pourrait être utile… je ne suis pas aussi en demande que Tanya ! Je… je voyais souvent un animateur de nouvelles plutôt connu qui habite Port Angeles… et… le propriétaire de la boutique de sport de Forks était un de mes clients. Je sais qu'il versait de l'argent à Laurent pour financer son entreprise… pour en recevoir le double ou même le triple quelques semaines plus tard…

-Attends… le proprio de la boutique de sport ? Tu veux dire… Newton ? demandai-je, sans y croire.

-Oui, c'est cela.

-Merde ! ne pus-je m'empêcher de m'écrier.

Mike Newton était un idiot et je le détestais… mais il ne méritait pas de voir son père arrêté et jeté en prison !

-Les autres clients étaient des hommes plutôt banals… des cadres, des vendeurs, des chauffeurs de bus même… mais je peux aussi t'écrire tous les noms si tu en as besoin…

J'hochai la tête distraitement, une idée germant dans mon esprit.

-Avez-vous déjà eu un client du nom d'Aro Volturi ?

Le visage de Tanya se figea d'horreur devant moi et lorsque je me tournai vers Kate, je vis qu'elle avait la même expression. J'attendis un instant que l'une d'elles parle, mais elles restèrent obstinément silencieuses.

-Je sais que je vous en demande beaucoup… mais c'est pour que Laurent reçoive la sentence qu'il mérite !

Et pour sauver Bella aussi, pensai-je avec force.

Tanya se pencha vers moi, déposa une main sur mon genou et elle me confia à voix basse :

-Laurent nous a amené à New-York Kate, Irana et moi il y a un peu plus d'un mois. Il allait y rencontrer des collaborateurs et il voulait que nous les distrayions…

-Il y avait un homme qui s'appelait Aro, ajouta Kate. Il était effrayant…

Elle frissonna à ce souvenir et je ne doutais pas un instant à l'air sur leurs visages que je n'avais aucune envie de savoir ce que cet homme leur avait fait subir.

-Que faisait-il avec Laurent ? Le savez-vous ? Avez-vous entendu quelque chose ?

-Je ne voulais rien entendre. Il était si… il avait des besoins particuliers et il aimait qu'on… qu'on se débatte… qu'on le repousse… et il était si brusque, si cruel. Plus que tous les autres hommes avec qui j'avais couché. Et son regard… Non ! Lorsque je ne travaillais pas, je me tenais le plus loin possible d'eux, me raconta Kate avec émotion.

Garett, le visage déformé par la fureur, passa un bras autour de ses épaules et la serra contre lui. Lorsque je rapportai mon attention sur Tanya, je sus qu'ELLE savait quelque chose… je le voyais à la lueur de crainte dans ses yeux. Je pris sur moi, sur mes propres peurs, et je plongeai mon regard dans le sien. Comprenant ce que je voulais faire, elle secoua violemment la tête de droite à gauche, des larmes apparaissant à la commissure de ses yeux.

-Tanya…

-Non ! Non ! Edward ! Si je dis un mot… c'est la mort assurée !

-Non. Le FBI te protégera…

-Rien ne pourra me protéger d'eux !

Je me penchai vers elle à mon tour et pris sa main qui reposait toujours sur mon genou dans la mienne.

-Je t'en prie Tanya… je t'en prie, la suppliai-je la voix tremblante d'émotions.

J'étais un salaud. Un véritable salaud. Après tout ce que je lui avais déjà fait subir, je la manipulais pour obtenir ce que je voulais. J'utilisais l'amour qu'elle éprouvait pour moi… parce que je savais que c'était son point faible.

Tanya avait un besoin presque démesuré de l'amour d'un homme… c'était ainsi qu'elle s'était fait embarquer dans tout cela quelques années plus tôt… elle n'avait que 15 ans et elle était tombée amoureuse d'un homme merveilleux… un homme qui lui donnait tout ce qu'elle voulait, qui la faisait se sentir femme, selon ses propres mots. Tanya avait fait une fugue; partant au côté de celui qu'elle croyait être l'homme de sa vie. Puis, un jour, il lui avait demandé de lui rendre un petit service en échange de tout ce qu'il avait fait pour elle. Si elle l'aimait vraiment… elle ne pouvait refuser… Elle avait 16 ans, était naïve et avait une totale confiance en son petit ami. Alors elle avait accepté.

Et moi, je faisais la même chose aujourd'hui avec elle. Je reproduisais ce scénario. Je voulais qu'elle m'aide à retrouver Bella le plus rapidement possible alors je me servais de l'amour qu'elle me portait… parce que je savais qu'elle avait confiance en moi. J'étais lâche et dégoûtant… mais je devais le faire. Rien ne comptait plus que la vie de Bella à mes yeux. Rien.

-Je… c'est… les trois hommes… ce sont trois frères… Aro, Marcus et Félix. Un soir, ils m'ont fait venir dans leur chambre et je les ai entendus discuter. J'étais défoncée alors ils croyaient pouvoir parler librement… mais je n'ai pas oublié un mot de leurs conversations. Ils parlaient… ils parlaient de témoins gênants. De témoins dont ils devraient bientôt se débarrasser. Ils craignaient que la « filiale » de Seattle ne mène la police directement à eux. Ils ont eu une vive conversation pour savoir ce qu'ils allaient faire… pour finalement conclure que le mieux était d'éliminer la tête de l'organisation.

-Ils veulent éliminer Laurent ? demandai-je, abasourdi.

-C'est ce que je crois aussi. Sans Laurent… tout tombe en morceaux.

Je pris ma tête entre mes mains, réfléchissant à tout ce que je venais d'apprendre. Cela c'était passé il y avait presque deux mois… alors pourquoi Laurent était-il encore en vie ? Pourquoi les Volturi ne l'avait-il pas éliminé comme prévu ? Et s'ils avaient décidé de mettre Laurent hors d'état de nuire par un autre moyen que la mort ? En mettant la police sur ses traces par exemple…

Je me secouai avant de me lever. Même si c'était le cas, je ne pouvais rien y faire. Ce n'était pas mon travail ! Pour l'instant, rien d'autre ne devait compter que Bella. Et ce que je venais d'apprendre était peut-être suffisant pour obtenir ma liberté…

Je me tournai vers mes amis.

-Si c'est un agent du FBI qui vient poursuivre l'interrogatoire… allez-vous répondre à ces questions ?

Garett fit une grimace, mais il répondit tout de même :

-Bien sûr mec ! Il faut se serrer les coudes.

-Merci. À tous les trois.

-J'espère que tu la retrouveras Edward, dit doucement Tanya.

Et je savais à quel point cette phrase avait été difficile à dire pour elle… Je me dirigeai vers la porte, mais m'arrêtai avant de l'avoir franchi.

Un étau me serrait le cœur. Devais-je lui dire ce que je savais ? Elle avait le droit de connaître la vérité après tout, non ? J'ignorais même si elle était consciente d'avoir été violée cette nuit-là ! J'avais tout fait pour l'éviter depuis. Peut-être le sentait-elle sans en avoir la certitude ? Peut-être avait-elle l'impression de devenir folle parce qu'elle ignorait qui lui avait fait cela ? Et moi, je pouvais lui apporter ces réponses…

Et pour être honnête avec moi-même, j'avais l'impression que tout lui avouer me libérerait d'une petite part de culpabilité…

-Tanya ? dis-je faiblement.

-Oui Edward ?

-Je… je… non ! Laisse tomber !

Puis je partis. Je ne pouvais pas me décharger sur elle; ce n'était pas à elle de porter ce poids. La vérité n'était pas toujours bonne à savoir ! Elle fait souvent plus de mal que de bien.

Alors je pris la fuite, une fois de plus, et je marchai dans les couloirs étonnamment désert jusqu'au bureau que les agents Booth et Brenan avaient occupés la majeure partie de la journée. Il était vide. Je partis donc pour la salle où ils m'avaient amené un peu plus tôt, celle où il y avait tous ses appareils électroniques et je les trouvai en pleine effervescence. De toute évidence, il s'était passé quelque chose d'important ! Les agents couraient dans tous les sens, criant des informations à tue-tête, les uns par-dessus les autres, si bien que je n'arrivais pas à comprendre ce qui se passait exactement. Ils étaient si agités que personne ne remarqua même ma présence et je dus tapoter sur l'épaule de l'agent Booth pour qu'il m'accorde son attention.

-Qu'est-ce que tu fais là ? me demanda-t-il d'un ton brusque. On est légèrement occupé !

-Qu'est-ce qui se passe ?

Il m'évalua un instant du regard, tentant sûrement de déterminer s'il devait ou non me dire la vérité.

-Le chef Swann a retrouvé sa fille… et nous, nous avons perdu Victoria.

Je fermai les yeux, assimilant ses deux informations capitales. Bella. Ils avaient retrouvé Bella… pourquoi personne ne m'avait-il averti avant ? Pourquoi Charlie ne m'avait-il pas contacté lui-même ?

-Co… comment va-t-elle ? Comment va Bella ?

Son visage prit un air grave et désolé. Non ! C'était impossible ! Elle ne pouvait pas être morte ! Pas elle !

-Elle ne va pas bien. Elle a été gravement blessée. Elle a perdu beaucoup de sang. Ils ne savent pas… si elle va s'en sortir… je suis désolé.

Le monde s'écroula autour de moi. J'étais seul dans un endroit noir et froid où un son horrible résonnait à mes oreilles; un feulement de désespoir qui prenait racine au plus profond de moi. Je sentais des mains qui me tiraillaient, tentant de me ramener avec eux dans leur monde horrible, mais je les repoussai violemment. Je ne voulais pas… je ne voulais pas retourner dans un monde où Bella ne serait plus là. J'entendais, loin derrière l'horrible cri qui n'en finissait plus, mon nom répété encore et encore par des voix que je ne reconnaissais pas.

Je me détournai d'elles, me repliant sur moi-même, prenant ma tête douloureuse entre mes mains. Je répétai à voix basse le même nom encore et encore.

-Bella… Bella… Bella…

Je gémis, puis laissai tomber ma tête sur le sol avant d'y frapper mon crâne à plusieurs reprises. Je voulais mourir. Je voulais juste en finir avec cette merde qu'on appelait la vie. Comment avait-il pu faire cela ? Comment Dieu, qui qu'il soit, avait-il pu me prendre Bella ainsi ? Comment avait-il pu permettre qu'un ange tel qu'elle souffre ainsi ?

Était-ce ma punition divine ? Perdre l'être que je chérissais le plus au monde, et par ma propre faute ?

Je fermai les yeux en secouant la tête. Bella allait s'en sortir. Je ne pouvais admettre le contraire. Il s'était trompé, il avait eu de mauvaises informations. Bella allait bien. Victoria l'avait abandonné sur le bord de la route et elle attendait maintenant qu'une voiture passe pour la ramener ici. Bientôt, Charlie m'appellerait pour m'annoncer la bonne nouvelle. J'irai les rejoindre et ils m'accueilleraient tous les deux à bras ouverts. Bella me ferait son sourire timide, les joues rouges, avant de se jeter dans mes bras pour m'embrasser alors que Charlie se raclerait la gorge pour nous séparer, en papa protecteur qu'il était. Puis il nous demanderait si nous avions faim et nous commanderions tous une pizza que nous mangerions devant un match de baseball.

Oui, c'est ainsi que cela doit se passer; c'est ainsi que cela VA se passer. Ma respiration se calma alors que je souriais, confiant.

Bella était de retour, indemne. Après notre soirée avec son père, j'étais monté discrètement à sa chambre en passant par la fenêtre, comme je l'avais fait quelques heures plus tôt. Nous avions de nouveau fait l'amour, heureux de nous retrouver enfin et pour de bon cette fois. À présent, nous dormions côte à côte. Je la serrai contre moi de toutes mes forces, heureux comme je ne l'avais jamais cru possible. J'avais eu si peur de la perdre ! Plus jamais je ne la laisserai s'éloigner de moi; je veillerai sur elle jusqu'à la fin de ma vie. Je rattraperai tous mes pêchés en rendant cette ange heureuse. Ce serait ma seule mission pour le reste de mes jours : aimer Bella Swan.

Sur ces pensées, je m'endormis. Lorsque j'ouvris les yeux, ce qui me semblait être des heures plus tard, Bella n'était plus à mes côtés. Je me redressai, un sentiment de vide logé dans ma poitrine.

Je fronçai les sourcils, perplexe. Je n'étais pas dans la chambre de Bella… j'étais dans une chambre dont les murs étaient peints d'un vert qui donnait envie de vomir, sur un lit trop petit pour y entré deux personnes… j'étais à l'hôpital. Pourquoi est-ce que j'étais ici ? Que s'était-il passé au cours de la nuit ? Avais-je eu un malaise, une faiblesse ? Mon Dieu ! Bella avait dû se faire un sang d'encre pour moi… comme si je ne lui avais pas donné assez de soucis ces derniers temps ! D'ailleurs, je m'étonnais qu'il n'y ait personne à mon chevet.

-Edward ? Tu es réveillé ? me demanda une voix douce depuis la porte.

-Oui, répondis-je sans savoir qui avait parlé. Où est Bella ? Et ma famille ?

-Attends, je vais chercher tes parents.

Cette fois, je crus reconnaître la voix de l'agent Tempérance et je me demandai ce qu'elle faisait là. Avant que j'aie pu y réfléchir, la porte se referma, pour s'ouvrit de nouveau sur Esmée et Carlisle. Ma mère se précipita vers moi, les yeux rouges d'avoir pleuré, et elle me serra dans ses bras.

-Wow ! Maman… je ne suis pas à l'article de la mort ! dis-je en riant. En fait, j'ignore pourquoi je suis ici… je me sens très bien !

Mes parents se jetèrent un coup d'œil inquiet, puis Carlisle prit son air de docteur pour m'examiner de façon superficiel tout en me demandant :

-Alors tu ne te souviens pas de ce qui s'est passé ?

-Hum... non.

-Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ?

Je réfléchis un instant.

-Je… je suis remonté dormir avec Bella après notre soirée baseball avec Charlie… oh merde ! Charlie ! Il doit être furieux maintenant ! Je me suis introduit en douce dans la chambre de Bella!

-Oh non ! Mon chéri, mon pauvre chéri ! s'écria Esmée avant d'éclater en sanglots.

Je fixai son visage, choqué par sa réaction. Mais que se passait-il ?

-Je… je ne comprends pas ! Qu'est-ce que j'ai ?

Mon père déposa une main réconfortante sur mon épaule et plongea son regard dans le mien.

-Rien de grave Edward : tu as subi un choc post-traumatique. Tu as été transporté ici par une agente du FBI. Mes collègues t'ont pris en charge : ils t'ont donné un calmant, t'ont branché un soluté pendant quelques temps, ont réparé ton nez cassé et tu as fini par t'endormir.

Je portai la main à mon nez, qui était dissimulé sous un bandage, puis je fronçai les sourcils, de plus en plus perdu.

-Un choc post-traumatique ? répétai-je sans y croire.

-Tu étais déjà affaibli… par le manque d'eau et de nourriture que tu t'es infligé à toi-même pendant plusieurs semaines, mais aussi par tout le stress que tu vis présentement… quoiqu'il en soit, lorsque l'agent Booth t'a appris l'état de Bella, ton esprit ne l'a pas supporté…

-Non ! le coupai-je avec force.

Sans savoir pourquoi, je n'avais aucune envie d'entendre ce qu'il avait à dire.

-Edward, tu dois faire face à la réalité, murmura doucement Esmée. Bella a besoin de toi.

-Non ! Non ! Vous…

Je les repoussai sans douceur et me levai debout.

-Où est-elle ? Où est Bella ? Où est-elle ? Pourquoi l'empêchez-vous de venir me voir ?

-Bella est quelques étages au-dessus de toi Edward… elle tente de se remettre d'une opération

délicate…

-Non ! Elle était avec moi hier soir… Charlie l'a retrouvé et elle était en parfaite santé !

-Elle a eu de graves blessures et a reçu plusieurs transfusions de sang, continua mon père,

imperturbable.

-Tu mens, tu mens ! protestai-je plus faiblement cette fois.

La scène me revenait peu à peu en mémoire. Le centre de crise, les agents du FBI, les mots de

Booth… puis le noir et la douleur. Et ensuite, cette soirée où tout était si parfait avec Bella à mes

côtés. Cette soirée qui m'avait semblé si réelle n'était qu'un délire de mon imagination.

Bella avait été retrouvé… et elle luttait présentement pour sa vie. Je me laissai tomber sur le sol

de ma chambre en poussant un gémissement. Esmée vint me prendre dans ses bras et elle me

berça dans une attitude maternelle et réconfortante. Je me raccrochai désespérément à elle en sanglotant.

J'étais faible. Faible et pathétique. Mais sans Bella, je n'étais plus rien. Elle était mon souffle,

mon air, ma force.

-Edward, souffla ma mère à mon oreille. Bella est toujours en vie… les docteurs sont plutôt optimistes… alors ne perds pas espoir. S'il y a une personne qui peut la raccrocher à notre monde; c'est toi mon chéri !

Je sentis l'espoir renaître en moi, mais c'était un espoir si faible que je craignais qu'il soit de nouveau brisé. Cet espoir, il me détruirait s'il venait qu'à disparaître… mais je devais y croire. Je ne pouvais pas laisser tomber Bella, pas maintenant qu'elle avait besoin de moi plus que jamais! ELLE serait restée à mes côtés. Elle ne m'aurait pas abandonné. Jamais.

Mes pleurs se calmèrent petit à petit alors que je reprenais mes esprits. Je remerciai ma mère, puis m'éloignai d'elle en essuyant mon visage.

-Où sont les autres ? demandai-je. Où sont Emmet, Alice et Rosalie ?

-Ils sont à l'hôtel. En sécurité avec trois agents du FBI, me répondit Esmée alors que je me relevais sur mes pieds.

-Et le FBI… ils ont retrouvé Victoria ?

-Pas encore.

-Ils ont arrêté Laurent ?

-Non plus.

Je passai une main dans mes cheveux en poussant un soupir. Alors ces crétins n'avaient rien fait encore ? Ils avaient laissé s'échapper Victoria ? Et qu'attendaient-ils pour arrêter Laurent ? Ils devaient avoir suffisamment de témoignages à présent pour le faire inculper non ?

Une main douce se posa sur mon bras. Je relevai la tête et croisai le regard désolé d'Esmée.

-Edward, mon chéri… ne pense plus à ça. Tu as assez de soucis en ce moment. Laisse-les faire leur travail et consacre-toi à Bella.

Oui, je voulais me concentrer uniquement sur Bella… mais quelque part au fond de moi, la flamme de la vengeance brûlait tout sur son passage. Je voulais qu'ils paient pour leurs crimes, je voulais qu'ils soient punis pour ce qu'ils avaient fait à Bella. Et j'aurais été soulagé qu'ils aient enfin été mis hors d'état de nuire. Quoique… je me demandais si la prison était une sanction assez sévère pour ce qu'ils avaient fait. Peut-être devrais-je m'occuper d'eux personnellement…

-L'opération est terminée depuis quelques temps déjà et tout s'est bien passé. Si tu souhaites la voir, je peux même te faire entrer dans sa chambre, me proposa Carlisle.

Je chassai Laurent, Victoria et le FBI de mes pensées- à partir de ce moment et ce jusqu'à ce que je sois certain qu'elle vivrait, plus rien d'autre que Bella n'aurait de l'importance- et lui fis un sourire reconnaissant.

-Merci papa.

Après plus d'une demi-heure d'attente, le temps que le docteur m'ausculte une dernière fois et me donne l'autorisation de sortir, mon père m'amena enfin au département de chirurgie majeure.

Il m'expliqua en chemin ce qui était arrivé à ma Bella… le cauchemar qu'elle avait vécu. Victoria l'avait poussé hors de la voiture alors qu'elle roulait en toute vitesse, juste après lui avoir planté une arme blanche dans la cuisse, lui coupant ainsi une artère importante et lui faisant perdre beaucoup de sang. Puis lorsqu'elle était tombée sur la route, une branche s'était enfoncée dans son abdomen, perforant son estomac… Si Bella était encore en vie, c'était seulement grâce à un miracle et à un bon samaritain qui lui était venu en aide, bandant la plaie de sa cuisse avec une ceinture, arrêtant ainsi l'hémorragie.

Nous nous arrêtâmes finalement devant une porte close… une porte semblable à toutes les autres de cet hôpital. Mon cœur fit une embardée. J'y étais. J'allais retrouver Bella, ma Bella…

-Tu peux y aller Edward… mais je t'avertis : Bella est très mal en point. En plus de tout ce que je t'ai dit, elle a aussi une commotion cérébrale, des côtes et une jambe cassée. Son visage est…

-Ça va aller Carlisle, l'interrompis-je, incapable d'en entendre d'avantage.

Il fit une petite pression sur mon épaule, juste avant que j'entre dans la chambre. Mon regard se posa aussitôt sur mon ange et j'en perdis le souffle. Si je n'avais pas su qui était étendu sur ce lit, je crois que je ne l'aurais pas reconnu. Son visage était rouge et boursoufflé du côté gauche, ses cheveux avaient été rasés, sûrement pour soigné la plaie qui s'y trouvait, plusieurs solutés de toutes sortes étaient plantés dans ses bras blancs qui avaient pris à plusieurs endroits une teinte bleue… Mon ange… mon ange était faible et… détruite.

Je l'avais brisée en milles morceaux.

Je serrai mes poings si forts que mes ongles entrèrent dans ma peau. Je me détestais. Je me détestais pour ce que j'avais fait à Bella. Et je n'avais qu'une envie à cet instant : fuir. Fuir loin d'elle, à un endroit où je ne pourrais plus jamais lui faire de mal. Mais j'avais fait une fois l'erreur de l'abandonner et je n'avais pas l'intention de recommencer.

Cette fois, je lui laisserai le choix. Le choix de me garder à ses côtés ou de me repousser. Le choix de m'aimer ou de me haïr. Pour l'instant, je ne pouvais qu'attendre. Attendre qu'elle reprenne conscience. Attendre qu'elle se rétablisse. Attendre et… espérer.

Je m'approchai à pas lents d'elle, puis sans la quitter des yeux, je tirai une chaise et je m'assis à ses côtés.

-Oh Bella ! Je suis désolé… qu'est-ce que je t'ai fait ?

Je réprimai un sanglot.

-Pardonne-moi mon amour ! Pardonne-moi ! J'aurai dû… j'aurai dû être là pour te protéger ! Je l'ai laissé s'en prendre à toi ! Je l'ai laissé te faire du mal ! Je suis tellement désolé…

Je pris délicatement sa main dans la mienne et j'y déposai un baiser.

-Tu vas passer à travers cela Bella ! Tu vas y arriver parce que tu es la femme la plus forte que je connaisse ! Et parce que… parce que tu as encore tellement de belles choses à vivre ! Tu mérites ce qu'il y a de mieux mon amour. Vivre heureuse, avec un homme qui t'aime et tant mieux si cela peut être moi et avoir des enfants. Une tonne d'adorables enfants pour qui tu seras la meilleure des mamans. Trouver un travail qui te passionnera, dans lequel tu te sentiras bien. Et tu vivras une tonne d'après-midi shopping avec Alice et Rose… oui je sais : cela c'est plutôt une torture pour toi ! Mais je sais que tu aimes tellement Lily que tu le feras pour lui faire plaisir ! Et tous les dimanches, nous serons invités chez mes parents, avec toute ma famille de timbrés. Ils seront toujours ravis de te voir, parce que pour eux tu fais partie de la famille à part entière. Le soir, en rentrant dans notre maison, nous coucherons les enfants et nous ferons l'amour pendant des heures, avec une passion toujours aussi puissante. Et nous nous aimerons autant, peu importe les années qui passeront, notre amour l'un pour l'autre restera toujours aussi fort et inébranlable…

Je repris mon souffle un instant et en profitai pour passer une main douce à quelques centimètres du visage de Bella, imaginant la texture soyeuse de sa peau sous mes doigts.

-Ce sera notre vie Bella, si c'est ce que tu veux. Ce sera notre vie si tu te réveilles. Toi et moi. Heureux. Ensemble. Je veux y croire, mais il faut que tu y croies toi aussi mon amour. Il faut que tu y croies, que tu t'y accroches de toutes tes forces et que tu te battes pour que nous puissions y arriver. Pour que nous puissions réaliser ce rêve ensemble. Je ne peux pas te rejoindre là où tu es… c'est encore toi qui doit venir vers moi.

Je lâchai sa main et me pris la tête entre les mains. J'avais une migraine atroce, mon corps tremblait et ma voix était rauque… mais je ne pouvais pas abandonner. Je devais tout lui dire. Aussi idiot que cela paraissait, j'avais l'impression que cela pouvait l'aider à revenir vers moi. Je pris donc une grande inspiration avant de déposer à nouveau ma main sur la sienne.

-Depuis le début de notre relation, c'est toujours toi qui dois venir vers moi… mais ça va changer! À partir de maintenant, il n'y aura plus de distance entre nous. Je ne m'érigerai plus derrière des barrières, je ne m'éloignerai plus délibérément de toi, je vais tout te donner de moi. Tout ce que tu voudras bien prendre, ce sera à toi. Je t'aime. Mon Dieu ! Si tu savais à quel point je t'aime mon amour !

Ne pouvant plus me retenir, je déposai ma tête à côté de son bras et laissai les larmes couler silencieusement sur mon visage pendant un long moment, imaginant que sa main tendre passait dans mes cheveux, caressant mon front et ma nuque. Je dus m'endormir parce que je sursautai lorsqu'une main se posa sur mon épaule.

-Edward, tu dois partir maintenant. Ils vont bientôt changer Bella de chambre… et l'heure des visites est terminée.

J'hochai la tête, puis je déposai délicatement un baiser sur le front de Bella avant de lui chuchoter à l'oreille :

-Je serai de retour avant que tu te réveilles. Je te le promets mon amour.

Je sortis de la chambre, suivi de mon père et je tombai face à face avec Charlie et Jacob qui ne dirent pas un mot pour me saluer, se contentant de me jeter un regard furieux. Je m'arrêtai devant eux, surpris de les trouver là.

Mon cerveau devait être encore un peu embrumé… je n'étais pas le seul à me soucier de Bella. Son père et son meilleur ami l'aimaient sûrement autant que moi. Et vu la façon dont ils me fixaient, ils me savaient responsable de ce qui lui était arrivé.

J'ouvris la bouche pour m'excuser, mais mon père me prit par le bras et il me guida vers l'ascenseur.

-Ce n'est pas le moment Edward. Le chef Swann est bouleversé…

-Il m'en veut, n'est-ce pas ? demandai-je à voix basse.

-Sa fille a frôlé la mort… il a besoin de trouver un responsable et tu es le parfait bouc émissaire… mais ne t'en fais pas : il retrouvera la raison. Charlie Swann est un homme juste. Il finira par comprendre que ce n'est pas de ta faute. Et maintenant, essaie d'oublier tout cela et va te reposer à la maison. Esmée vient juste de partir.

Je secouai vigoureusement la tête.

-Non. Je reste ici. Je vais attendre dans le couloir…

Carlisle se planta devant moi, une mine réprobatrice, la même mimique obstinée que moi sur le visage.

-Ça ne servirait à rien : Bella ne se réveillera pas tout de suite, rétorqua-t-il d'un ton sans réplique. Les médecins la maintiennent dans le coma en attendant d'être certain qu'elle pourra supporter la douleur occasionnée par ses blessures. Et mon fils… je dois t'avouer que tu as une tête à faire peur ! Les agents du FBI nous ont un peu relaté les événements de la journée à ta mère et à moi et je crois vraiment qu'une bonne douche et des vêtements propres te feraient du bien. Une bonne nuit de sommeil aussi.

-Non ! Je… je ne laisserai pas Bella !

-Charlie et Jacob sont la pour elle… et puis, je resterai ici si tu me le demandes. Je me glisserai en douce dans sa chambre… aucune infirmière n'osera me jeter dehors ! me dit-il avec un sourire triste.

Je poussai un soupir.

-D'accord pour la douche et les vêtements propres, mais je reviens tout de suite après.

Carlisle accepta ce compromis. Il me tendit les clés de sa voiture, puis il me poussa dans l'ascenseur.

-Ne t'inquiète pas : je vais prendre soin d'elle, me dit-il avec douceur.

-Je sais.

Les portes se refermèrent sur lui et je descendis jusqu'au rez-de-chaussée qui était presque désert. Même l'urgence semblait avoir été abandonnée; il n'y avait qu'une mère et son bébé, ainsi qu'une vieille dame qui attendaient sur les chaises peu confortables. Je jetai un œil à l'horloge murale. Il était minuit et vingt… cela voulait dire que j'avais perdu la carte pendant un long moment ! J'avais été en état de choc, mais je ne m'étais pas évanouie. Cela voulait donc dire que j'étais resté un long moment les yeux fixant le vide, inconscient de tout ce qui se passait autour de moi, plongé dans un monde imaginaire bien plus agréable que la réalité alors que mon corps était couvert de sueur et secoué de tremblements.

J'avais déjà aidé une personne en état de choc et c'était plutôt… perturbant. Comme si l'être face à vous était devenu une coquille vide. Comme si elle était vivante sans l'être véritablement… pendant quelques heures, j'étais devenu cette coquille vide. C'était horrible et pourtant… quelque part au fond de moi, j'espérais retomber dans cet état catatonique si Bella mourrait. C'était plus facile que la mort et moins douloureux que la vie…

Plongé dans mes pensées noires, cela me prit quelques instants avant de sentir qu'on me suivait. Quelqu'un, un homme, marchait derrière moi. Un agent du FBI qui me surveillait ? Possible. Après tout, ils avaient promis de nous protéger ma famille et moi. Je m'arrêtai pour lacer mes chaussures et en profitai pour jeter un coup d'œil discret dans mon dos. L'homme s'était lui aussi arrêté et il s'appuyait contre un pilier du stationnement. Il était pas très grand, plutôt mince et portait des jeans et un chandail à capuchon qu'il avait rabattu sur sa tête. Ce n'était pas un agent du FBI. Je le sentais; je le savais. C'était donc un ennemi.

Je me remis debout et repris ma marche d'un pas accéléré, pensant à mon plan d'attaque. Je n'avais aucune arme, rien pour me défendre et je me sentais encore faible. Je ne croyais pas pouvoir me battre convenablement. Je ne pouvais espérer aucune aide; le stationnement étant complètement désert.

Je pris une grande inspiration avant de m'arrêter à côté de la berline de mon père. Je devais tenter ma chance, l'effet de surprise me donnerait peut-être suffisamment l'avantage pour que je puisse éliminer mon adversaire. J'attendis quelques secondes de plus que celui-ci se rapproche, puis je me retournai sans crier gare et je bondis sur mon agresseur, le plaquant au sol et frappant sa tête sur le ciment sous sa plainte de douleur.

-Qu'est-ce que vous me voulez ? grognai-je entre mes dents.

Puis mon regard se posa sur le visage de mon poursuivant et je le relâchai aussitôt.

-Jas ? Qu'est-ce que tu fais-là ? Où étais-tu passé ? Pourquoi ne m'as-tu pas dit que c'était toi ?

Mon meilleur ami se rassit en frottant son crâne douloureux.

-Une question à la fois je t'en prie. J'ai mal à la tête !

Je l'observai un peu mieux et je me sentis happé par la colère, la culpabilité et la tristesse.

-Jas, tu es défoncé !

Je ne pus empêcher mon ton d'être accusateur. Jasper détourna le regard.

-Je n'ai presque rien pris… je te le jure Edward. Juste une ligne… une ligne pour me donner du courage !

Je me levai, puis lui tendit la main pour l'aider à se remettre sur pied à son tour.

-Où étais-tu ? Le FBI t'a cherché partout, mais tu avais disparu.

-J'étais avec Laurent…

Il attrapa mon bras dans le sien et le serra avec force en me lançant un regard suppliant.

-Ed, je suis dans la merde jusqu'au cou ! Il faut… il faut que tu m'aides ! Laurent… il a essayé de me tuer ! Je crois qu'il est à mes trousses !

-Calme-toi Jasper, dis-je d'un ton apaisant. Nous allons aller au centre de crise du FBI. Là, tu seras en sécurité.

-NON ! Que crois-tu qu'ils vont me faire ? Je suis… je suis gelé Edward !

-C'est la meilleure solution Jas ! répliquai-je d'un ton sans appel. La seule.

Mon meilleur ami relâcha sa prise sur mon bras et il ferma les yeux un instant.

-Ok. Je vais y aller… laisse-moi juste passer à la maison pour essayer de ressembler à quelque chose. J'ai l'air d'une loque…

-Ce n'est pas important ! Laurent t'attend peut-être chez toi et…

Son visage se transforma en un masque d'anxiété.

-Merde ! Ma mère… ma mère est sûrement à la maison et si Laurent y va…

Je serrai les clés que je tenais toujours en main.

-Est-ce qu'il était seul ?

-Oui. Oui il était seul. D'après ce que j'ai compris, seul Jane n'a pas encore été arrêté !

-Ok. Allons chez toi nous assurer que ta mère va bien !

J'ouvris les portières de la voiture de mon père et nous y sommes entrés d'un même mouvement précipité. Puis je démarrai en trombe, roulant à toute vitesse vers la maison des Withlock.

-As-tu ton téléphone ? demandai-je à mon ami lorsque je réalisai que j'avais perdu le mien. Il m'avait sûrement été confisqué à l'hôpital.

-Non. Laurent l'a détruit pour que je ne puisse pas appeler et demander de l'aide.

Je passai une main nerveuse dans mes cheveux.

-As-tu une arme ?

Jasper sortit de la poche de sa veste un revolver et il me le montra.

-Je suis passé chez toi, mais il n'y avait personne. Avant de partir, j'ai récupéré cela. Tu l'avais caché sous la latte du parquet de ta chambre.

Je lui fis un sourire crispé.

-Tu me connais trop… ça fait presque peur.

Jasper éclata de rire alors que je reprenais :

-Alors le plan de match : arrivé chez toi, tu me donnes l'arme parce que je suis le seul en état de tirer. Si Laurent est là, je lui règle son compte et ensuite nous appelons la police. S'Il n'est pas là, nous appelons le FBI pour qu'ils vous protègent ta mère et toi.

-Très bien Ed. C'est parfait. Merci de m'aider.

-Tu es mon meilleur ami Jasper, répondis-je simplement.

Le reste du trajet jusque chez lui se fit en silence. Je pensais à Laurent, à madame Withlock et à Bella. Dès que mon ami serait en sécurité, je retournerai auprès d'elle. Tant pis si je faisais peur à voir… personne ne pourrait me faire quitter son chevet.

Au bout d'un moment qui me parut une éternité, je m'arrêtai enfin devant la maison de Jasper qui était plongée dans le noir.

-Si ta mère est là, elle est déjà…

Je sursautai lorsque ma portière s'ouvrit et que quelqu'un me tira violemment sur le bras.

-Ben ? m'écriai-je, étonné. Qu'est-ce que…

Il m'envoya un coup de poing sur mon nez déjà brisé et je hurlai de douleur.

-La ferme minable ! m'ordonna-t-il d'un ton dédaigneux. Ne m'adresse pas la parole ! Je ne parle pas au traître !

-Tu es malade ou quoi ? criai-je avant de foncer sur lui.

Mais il me repoussa sans difficulté, me faisant tomber sur le sol. Moi qui avais cru pendant un instant qu'il était l'agent infiltré dont les agents FBI m'avait vaguement parlé ! Il était de toute évidence du côté de Laurent…

-JASPER ! JASPER, TIRE-LUI DESSUS ! hurlai-je à mon meilleur ami alors que j'essayais de me redresser.

Benjamin éclata d'un rire dément.

-Tu n'as pas encore compris ? Jasper, c'est lui qui t'a attiré ici pour que nous puissions te régler ton compte !

-Non ! grognai-je entre mes dents.

Je réussis finalement à tenir sur mes pieds, mais au moment où j'allais de nouveau attaquer Ben, je sentis le canon froid d'une arme appuyée sur ma nuque. Je me figeai aussitôt.

-Je suis désolé Ed… tellement désolé, chuchota Jasper, la voix rauque.

-Jazz, non ! Ne fais pas ça !

C'était impossible ! J'étais en plein cauchemar ! C'était encore un produit de mon imagination ! Jasper ne pouvait pas pointer une arme sur moi… je le connaissais comme les doigts de ma main! Il était mon meilleur ami depuis des années maintenant, l'ami le plus fidèle que je n'avais jamais rencontré ! Il ne pouvait pas me tourner le dos pour se joindre à Laurent… ce n'était pas lui !

-Je suis désolé, répéta-t-il.

-Ah ! Ce qu'un homme serait prêt à faire pour sa dose de crack ! lança Ben, un sourire aux lèvres.

-Jasper, tu… tu… non ! Tu es mon meilleur ami. Je vais t'aider Jas ! Je vais t'aider à t'en sortir ! Tu l'as dit toi-même : tu mérites mieux que cette vie ! Tu…

-La ferme ! s'exclama Jasper en appuyant plus fort l'arme sur mon cou. Tu m'avais déjà promis de m'aider, mais tu m'as laissé tomber ! Alors tes belles promesses, tu peux te les mettre où je pense ! Et puis, pendant que tu étais parti, j'ai appris à l'aimer cette vie ! Je me sens toujours bien, toujours heureux. J'ai des tonnes d'amis, une fille différente dans mon lit chaque soir si je le souhaite et de l'argent qui me sort pas les oreilles ! As-tu mieux à m'offrir Edward ?

Il avait dit mon nom avec dédain qui me toucha en plein cœur. J'aurais aimé pouvoir son visage en cet instant parce que je ne pouvais pas croire qu'il pensait ce qu'il venait de dire… Non ! Il mentait. Je ne pouvais envisager le contraire. Mais pourquoi l'aurait-il fait ?

-Et Alice ? soufflai-je difficilement.

-Assez parlé, s'écria sèchement Benjamin avant que Jasper ait pu répondre. Amène-le à l'intérieur qu'on en finisse avec lui !

Je fixai alors mon regard sur lui, la mâchoire crispée par la fureur.

-Alors vous allez me tuer ?

-Exactement mon vieux ! Tu comprends vite, tu es plutôt…

Guidé seulement par ma colère et l'adrénaline, sans penser une minute à ce que je faisais, j'attrapai le poignet de Jasper qui tenait l'arme et le tordais d'un cou violent. J'entendis les os craquer et sous un cri de douleur, Jazz lâcha le revolver sur le sol. Je me ruai alors sur Benjamin, prêt à le tuer à mains nues s'il le fallait… j'avais promis à Bella de lui laisser le choix de m'aimer ou de me rejeter. Je lui avais promis d'être là quand elle se réveillerait…

Et je tenais toujours mes promesses.

Oui, oui : encore une fois la coupure est cruelle ! Mais c'est totalement voulu ce coup-ci !:P À la semaine prochaine !