Bonjour à toutes et à tous !

Voici le chapitre, l'avant-dernier avant la fin du tome 4...

Merci à tous ceux qui me lisent et laissent des reviews, je vous aime et si vous continuez comme ça (disons jusqu'à 1400) vous aurez le droit à un hors-série sur les sovrano qui à mon avis devrait vous plaire :) si vous êtes intéressés n'hésitez pas à m'en faire part !

Enjoy


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Chapitre 36 : Le prix des morts

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sSs

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Dans l'étreinte de la nuit tout est lent, embourbé par le poids des cauchemars des hommes. Dans l'étreinte de la nuit il n'y a pas de place pour la paix ; seulement des remords qui ont la couleur de l'eau saumâtre ; seulement des regrets qui se glissent sur les langues avec la trompeuse douceur du fiel ; seulement des rêves avortés et des larmes résignées. Et, au plus profond, la haine qui déroule ses longues têtes d'Hydre à l'unique lueur de la folie.

Dans l'étreinte de la nuit il n'y a de place que pour ceux qui ont regardé l'abysse ; ceux que l'abysse a engloutie sans un bruit et qui fixent leur absence de ciel avec de la bile sur les lèvres et dans les yeux.

L'abysse avait mangé Harry Sovrano.

Malheureusement pour elle, tous les mercenaires avaient des couteaux.

Un geste ample déchira l'étreinte de la nuit, rejetant la bile, les remords, les regrets et les rêves déçus. Au fond de l'abysse une plaie béante s'ouvrit pour laisser passer un garçon qui avait des yeux Impardonnables.

Dans un arc terrible qui illumina tout le cimetière, l'Avada Kedavra fondit sur Lord Voldemort.

Le temps se figea. Décontenancé. Pétrifié. Incrédule.

Curieuse, la Lune fit partir les nuages pour mieux y voir. Même la pluie au gout de cendres qui tombait se clairsema pour que tous puissent s'attabler au spectacle.

Un serpent s'effondra en poussière. Voldemort baissa sa baguette. Pour la première fois naissait une lueur déstabilisée dans ses yeux.

Il y avait du sang et de la boue sur le visage d'Harry Sovrano. Du sang, de la boue et un reniflement méprisant.

_Ne pas être l'Elu. Sérieusement, c'est tout ce que tu peux trouver comme menace ?

Il passa une main dans ses cheveux. Derrière lui, Helmett reprenait lentement ses esprits. Il se leva, vacillant un peu sur ses jambes ankylosées, pour comprendre ce qui se passait. Harry… que faisait Harry, au juste ?

_Oh quelle horreur, poursuivait l'adolescent sans un regard pour son frère. Je ne suis pas désigné par la prophétie d'une vieille alcoolique ! Comment vais-je réussir à vivre sans titre ronflant ? Comment, par Morgane, puis-je supporter de n'être que moi ? Le drame ! La tragédie !

Se fut plus fort que lui.

Helmett rit.

Oubliant le cimetière, oubliant que le plus terrifiant sorcier de tous les temps se tenait à à peine dix mètres de lui, oubliant les ombres effroyables qui dansaient dans les pupilles d'Harry, oubliant sa peur et ses faiblesses, il rit.

Parce qu'au fond, peu importaient le contexte et les circonstances : Harry Sovrano était toujours un petit emmerdeur.

Et ce soir-là, Helmett se dit qu'il avait bien envie d'en être un aussi.

Faisant quelque pas au milieu du silence, il ramassa les morceaux de sa baguette et fixa Voldemort avec toute la suffisance qu'il pouvait avoir.

_Tout le monde se fout de l'Elu, vous savez.

Peut-être était-ce toute l'horreur de la soirée, peut-être était-ce la folie qui s'emparait de lui, ou peut-être un espoir insensé qu'Harry avait un plan, mais Helmett se sentait soudainement combattif. Agrippant sa baguette au milieu pour tenter de tenir les deux morceaux le plus près possible, il se plaça au même niveau que le Serpentard.

_C'est con que vous ne l'ayez pas remarqué plus tôt quoi.

C'était absurde. Tenir tête à Lord Voldemort avec une baguette cassée, un état de choc qui rendait sa tête légère, et un adolescent aveuglé par la haine. Se croire assez puissant pour lui faire face sans vouloir hurler ou fuir. C'était absurde, c'était cinglé, c'était aberrant, et ça ressemblait à un jour comme les autres à Poudlard.

La mort lui semblait terriblement proche et incroyablement loin.

Si c'était ainsi que les fous se sentaient, il voulait bien être fou pour quelques minutes. Juste un instant, juste pour rabaisser un peu Lord Voldemort. Il serait toujours temps de mourir après.

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(C'est l'histoire de deux tarés dans un cimetière qui se foutent de la gueule du Seigneur des Ténèbres.

Ce n'est pas une histoire que finit bien.)

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Les yeux cramoisis de Lord Voldemort avaient enflammés la nuit. Du bout de sa baguette s'écoulait lentement un ruisseau d'étincelles noires. Peter s'était réfugié derrière le chaudron, horrifié par l'acte des adolescents. Sa nouvelle main tremblait. Il se dit que c'était de la peur. Dans ses rêves, longtemps après cela, il se verrait à leur place, fier et orgueilleux comme seuls ceux qui ignorent le prix de la vie peuvent le faire.

Le rictus qui déforma les lèvres du mage noir n'avait qu'un spectre de sourire.

_Quelle bravoure, dit-il en avançant à longs pas chaloupés. Quel… héroïsme.

L'herbe bruissait sous ses pas. La boue tâchait sa robe. A nouveau, Harry et Helmett s'étaient tus. Leurs baguettes étaient levées, mais ils n'attaquaient pas. Pas encore.

_C'est touchant, cet amour fraternel et tout cet honneur. Regardez-vous, côte à côte, unis dans votre courage admirable -ça me donnerait presque envie de vous applaudir. Peut-être que je l'aurais fait, si vous n'aviez pas été aussi pathétiques.

Ses mains étaient croisées derrière son dos. Il était l'image même de la nonchalance. Seul la pâleur extraordinaire de ses jointures et les étincelles noires que sa baguette vomissait indiquaient la rage torrentielle qui inondait son esprit.

L'instant se décanta voluptueusement. Il y avait un homme qui avançait comme un grand chat mortifère en avalant la terre des morts sous ses pas ; il y avait un homme qui couinait comme un rat en se terrant derrière un chaudron ; il y avait deux enfants avec des yeux de tigre qui refusaient de reculer.

Etait-ce une trêve ou une transition ? Personne, dieu ou fourmi, n'en sut jamais rien. Peut-être simplement était-ce un moment de calme avant la tempête. Une seconde précaire, suspendue au milieu des flots.

Il y eut une brise dans l'if. Il y eut un nuage devant la Lune.

Le fil du moment se brisa.

Du dos de Lord Voldemort, trois énormes serpents aux yeux rougeoyants surgirent. La baguette d'Harry dessina un ruban de feu. Trois serpents et des flammes. Le début de la guerre.

Les reptiles s'effondrèrent au sol, se tortillant douloureusement pendant un instant sous la chaleur avec des sifflements qui firent grimacer Helmett avant de disparaître. Mais ni Voldemort ni Harry n'avaient attendu pour reprendre les hostilités.

Les baguettes dansaient dans les mains avec une grâce meurtrière à mesure que les sorts s'enchainaient brutalement. Transfiguration, Enchantements, Magies anciennes dont Helmett n'avait jamais entendu parler, tout se heurtait dans des fracas terrifiants.

Explosion. Malédictions. Couleurs. La terre malmenée hurlait sa douleur. Les tombes n'étaient plus que des moignons de pierre. Les anges moldus avaient chu sur le sol. C'était une nuit de Sabbat. Le Dieu des chrétiens avait depuis longtemps fermé les yeux pour pleurer.

Le cœur au bord des lèvres, Helmett regardait. Toujours debout, au même endroit où il s'était dressé pour assister Harry, toujours avec sa misérable baguette cassée dans la main, toujours petit face au danger, il regardait.

Comment, songea-t-il, avait-il pu espérer prendre part à cet affrontement de Titans ? Avait-il vraiment été si fou qu'il avait cru pouvoir se tenir sur la même ligne que ces monstres ? Avait-il été si naïf ?

Quelques minutes, quelques millénaires, auparavant, il s'était pensé cinglé de se moquer de Lord Voldemort et ne s'en était pas préoccupé. Quelques minutes auparavant, il avait prétendu se tenir aux côtés de son frère pour l'assister. Quelques minutes auparavant, il y avait eu une témérité fiévreuse et exaltée dans son âme. Quelques minutes auparavant, il avait cru pouvoir faire une différence.

Les minutes étaient passées. Restait l'éternité de la puissance. Le ravin des forces.

Et lui, Helmett Potter, ne pouvait que regarder depuis l'autre côté.

(Il ignorait, alors, qu'il n'était pas de l'autre côté. Il était au bord de l'abysse et il enviait ceux qui s'y affrontaient.)

L'arc-en-ciel se déchainait au sein de la nuit. Rouge. Bleu. Jaune. Violet.

Vert.

Vert, vert, vert.

Le visage d'Helmett le brulait. Le côté droit de sa tête, celui qui était défiguré, avait cessé de saigner, mais il en gardait une douleur sourde et un œil aveuglé par le sang. Etrangement, ce fut de repenser à cette douleur, de se sentir lui, Helmett le sorcier, Helmett la personne, et non plus un anonyme observateur écrasé par les pouvoirs qui s'écrasaient l'un contre l'autre, qui le rappela à la réalité.

Ici, il était inutile.

Il était temps d'arrêter de l'être.

Les raisonnements simples étaient un don à l'humanité.

Son œil valide se tourna vers Peter. Il y avait une étincelle féroce dans sa pupille. Une étincelle de lion.

Le bois familier de sa baguette réchauffait doucement sa main. Avec une expression sombre et concentrée, il évita soigneusement le champ de bataille et avança silencieusement vers le chaudron de pierre.

Derrière, le dos endolori par le granit froid, haletant avec une panique étouffée, Peter Pettigrew serrait sa nouvelle main contre sa poitrine, les yeux fermés. Ça allait se terminer. Il fallait que ça se termine.

Il y eut un bruit. Des pas.

Il voulut se faire le plus petit possible. S'il avait pu se transformer en rat, il l'aurait fait. Mais le rituel qui avait redonné la vie à son maître avait pompé toute sa magie ; à présent, il était aussi démuni qu'un enfant. A la merci de tous.

S'il y avait un Epouvantard, il ne se serait pas transformé.

Peter était déjà en train de vivre son pire cauchemar.

Des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues. Sa bouche était crispée dans une parodie de tristesse. Son nez coulait. Dans le chagrin, Peter était laid.

Une ombre sur lui. Un grognement sourd. Dédain. Mépris. Colère. Haine ?

Peter était petit, tout petit face à cette ombre qu'il ne voyait pas ; sa main argentée était enfouie dans sa robe, tout près de sa peau, comme un enfant câline une peluche pour se rassurer face à l'obscurité.

Helmett avait été un enfant. Maintenant, il y avait une baguette brisée dans sa main et une plaie béante sur son visage.

Il était venu vers Peter dans le but d'être utile. Qu'avait-il pensé faire ? L'immobiliser pour le livrer aux Aurors ? L'idée aurait pu le faire rire à présent. Les Aurors étaient loin et il était tout près. Qu'importait la justice, la raison et toutes les belles valeurs qu'on lui avait apprises, quand il y avait un homme qui sacrifiait des enfants pour sauver sa vie ? Qu'importait d'être bon quand on pouvait oublier ses blessures avec celles d'un autre ?

Il y avait une baguette brisée dans la main d'Helmett, une plaie béante sur son visage et de la rage dans son cœur.

Ses yeux étaient durs. Ils avaient été tristes. Tristes pour Peter, tristes pour Harry, tristes pour lui. Il était temps d'arrêter de se lamenter et d'agir.

Il y avait de la bile sur ses lèvres quand il leva sa baguette. Comme prévenu par un messager invisible, Peter força encore plus ses paupières à se fermer. Il ne retenait plus ses sanglots à présent.

Le bruit des sanglots et l'image de la peur. Tout ce qu'Helmett avait refusé, il le donnait.

Des lions rugissaient leur rage dans l'esprit de l'adolescent. Le voici, ce petit homme lâche qui offrait sa dignité à un gamin ! Le voici, cet être hideux qui s'aplatissait devant toutes les ombres pour ne pas voir leurs yeux !

Le voici, cet homme qui ne veut pas mourir !

La baguette d'Helmett cisaillait la nuit, brandie haut dans le ciel. Sanglantes, furieuses, ses lèvres articulèrent la première syllabe de sa haine :

_Ava-

Un océan le traversa. Sa bouche bougeait sans rien dire, incapable de former les mots.

Silence.

Les lions tremblèrent. Le vent souffla. Tout parti en poussière.

Silence.

Partis les lions. Partie la colère. Partie le dédain. Partie la terrible jubilation du meurtre. Restait la réalisation de ce qu'il avait failli faire. Et les conséquences.

Silence.

Doucement, avec incrédulité, sa main se baissa. Quitta les étoiles. Rejoignit la terre boueuse.

Silence.

Helmett cligna lentement des yeux.

Qu'avait-il cru faire ? Se venger ? Donner la mort ? Troquer le sang d'un homme pour le sien ? Prouver à Harry que lui aussi pouvait avoir des yeux de tueurs ?

Etait-il vraiment si pathétique ?

Il avait envie de rire. Il avait envie de pleurer.

Comme un compromis, comme un regret, un long soupir lui échappa, qui remua la glaise du monde.

En l'entendant, Peter ouvrit les paupières. Traître et victime s'observèrent. Aucun ne nota l'ironie du sort qui avait inversé leurs positions.

Il y avait de la terreur dans les petits yeux de Pettigrew. Helmett baissa les épaules.

Face à l'homme qui avait trahi tous ceux qui l'aimaient, face à celui qui avait ruiné leur vie, à ses parents, à Harry, et puis à Helmett aussi, face à l'homme qui l'avait défiguré parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre, face à cet humain qui n'avait pas supporté sa faiblesse et qui l'avait pourtant imposée aux autres, il ne se sentait plus dédaigneux. Il ne se sentait plus en colère. Il ne se sentait plus vengeur.

Il se sentait vieux.

Peter le regarda. Une question dans les pupilles. Un espoir. Celui d'une grâce, d'une preuve de bonté, d'une faveur. Celui de continuer à vivre.

Helmett avança.

L'instant d'après, Peter s'effondrait. Assommé.

Helmett baissa le poing.

Vouloir vivre ne voulait pas dire s'échapper des conséquences. Il était temps que l'Animagus le réalise, et qu'il paie ce qu'il devait à la société. Mais dans un tribunal, avec un procès et une chance de se faire entendre ; pas dans un cimetière aux mains d'un enfant désespéré.

Il était temps d'essayer de faire les choses correctement.

Helmett allait ligoter l'homme lorsqu'un cri de douleur gela ses veines.

Harry.

Aussitôt il se tourna pour embrasser la scène du regard. Sa respiration se bloqua. Ses pieds s'enracinèrent dans le sol. Ses mains devinrent pierre. Seuls ses yeux catastrophés, semblèrent rester dotés de mobilité.

Un genou se posa à terre alors qu'Harry agrippait son épaule. Là, le début d'une longue balafre qui avait creusé son torse. Son uniforme était en lambeaux, laissant deviner des pans de peau qui brillaient avec la sueur. Sa main était recouverte de sang alors qu'il tentait désespérément de stopper le flot.

Son adversaire souriait nonchalamment.

Ça n'avait jamais été un combat de Titans, réalisa Helmett. Harry n'avait jamais eu une seule chance, même infime, de rivaliser avec le Seigneur des Ténèbres. Depuis le début c'était Lord Voldemort qui s'était tranquillement amusé de lui.

Les chats jouent toujours avec leur nourriture. Les serpents aussi.

Un vent invisible fouettait les cheveux d'Harry. Son regard étincelait. Mais rien ne faisait s'arrêter le sang.

_Eh bien, mon garçon, serait-on fatigué ?

Lord Voldemort sifflait les mots avec paresse. Intérieurement, il se délectait de voir le gamin à terre. Après toutes ses années, toutes ses humiliations, il gagnait. Finalement.

La boue était pourpre autour de l'adolescent, sa respiration hachée, ses mains tremblantes. Sous le coup de la folie aveugle qu'il avait prise, il n'avait retenu ni ses coups ni les dépenses de magie. A présent, il payait le prix de son inconscience.

Helmett ferma les yeux. Il avait besoin d'un plan. Il avait besoin d'un plan pour contrer Lord Voldemort. Un miracle. S'il avait cru en un dieu, il aurait prié.

A la place, il se mit à réfléchir.

Soudain, de la manière la plus horrible et la plus tordue possible, l'univers décida d'exaucer son vœu.

Il y eut un miracle.

Ce miracle, ce fut la flamme de défiance qui brulait dans les pupilles d'Harry quand il releva la tête pour fixer son adversaire. Ce brasier insoumis qui s'imprima dans la rétine du Seigneur des Ténèbres, souillant sa victoire. Cette souillure qui le fit plisser des yeux, comprenant qu'il n'avait pas encore eu l'humiliation qu'il voulait. Ce désir insensé, terrible, doté d'une urgence que seul Voldemort pouvait concevoir, qui le fit pour la première fois perdre son sourire.

Il triompherait de l'Elu. Il triompherait de ce faciès fier dans la douleur. Il aurait son humiliation.

Et cette toute petite flamme, ce petit rien de gamin obstiné, cette ultime folie, marqua la défaite de Lord Voldemort.

Ses yeux brillèrent dans la nuit. Il leva sa baguette, toute nonchalance perdue.

_Impero !

Affaibli par son combat contre Poucet puis Voldemort, Harry n'avait aucune chance d'éviter. En une fraction de seconde, le guerrier disparut. Restait l'enfant terrifié.

L'Impardonnable le frappa de plein fouet.

Sous le choc, sa tête bascula en arrière. Ses longs cheveux fouettèrent les airs avant de retomber misérablement. Sa bouche entrouverte inspira brutalement, comme surprise.

Il tomba au sol. Membres raides, yeux brumeux, baguette abandonnée.

Helmett avait failli hurler, à peine retenu par un instinct surnaturel. Horrifié, il regarda son frère se relever, le regard vide, pour se présenter au Seigneur des Ténèbres. Le vengeur avait eu des yeux Avada. Ceux de la petite poupée étaient en carton-pâte, peints d'une gouache terne par l'enfant cruel qui la dirigeait.

Lentement, Harry baissa la tête. Le sourire de Voldemort était de retour. Oui. OUI !

Et puis, de manière impossible, improbable, miraculeuse-

Il se raidit.

Seulement un quart baissée, la marionnette refusait d'obéir. Les yeux en carton se durcirent. Elle tremblait. Mais elle ne bougeait pas. La poupée s'échappait des mains de l'enfant.

Lord Voldemort pinça les lèvres.

Harry ne bougeait toujours pas.

Helmett si.

Dans un éclair de lucidité fulgurant, il s'était souvenu des cours de Maugrey, de l'Imperium, et de tous ceux qui pouvaient le bloquer. Dans une réalisation salvatrice, il avait comprit que cette bataille de volonté était sa seule chance d'agir.

Il courut.

Slalomant entre les tombes, serrant les morceaux de sa baguette à s'en faire saigner la main, il enjamba les flaques, déchira son pantalon sur un bosquet de ronces, et rouvrit sa plaie en fronçant les sourcils. En cet instant précis, il ne pouvait compter que sur des calculs précaires et le hasard.

Il inspira profondément. De mauvais calculs et du hasard.

L'histoire de sa vie.

Alors, dans un bond maladroit, avec le culot monstrueux que lui avait donné une enfance de farces de mauvais gout et un ego surdimensionné…

Il s'interposa entre Harry et Lord Voldemort.

Le Seigneur des Ténèbres battit des paupières. Derrière lui, Harry se releva très légèrement.

_Helmett Potter, hissa-t-il, visiblement irrité. J'aurais du me douter qu'un Griffondor ferait une chose aussi stupide.

Helmett haussa les épaules.

_Qu'est-ce que vous voulez, j'ai une réputation à tenir.

Un gloussement fielleux échappa au sorcier face à lui. Lord Voldemort plissa les yeux, suprêmement méprisant.

_C'est ce que je vois, susurra-t-il. Une belle réputation de stupidité, plus que justifiée… mais qu'on ne dise pas que je me base sur des rumeurs ; je vais pousser le vice jusqu'à te le demander directement, Potter : est-ce que Griffondor n'apprend véritablement rien à ses étudiants ou est-ce que c'est ton propre cerveau endommagé qui te fait tenir ta baguette à l'envers ?

Helmett déglutit. Regarda sa baguette. Le bout était pointé vers lui, alors que la poignée visait directement le cœur de Voldemort.

_Euh… marmonna-t-il.

Son adversaire roula des yeux. Ce fut une fraction de seconde d'inattention.

Une fraction de seconde d'erreur.

_REDUCTO !

Lord Voldemort prit la malédiction en pleine poitrine. Ses pieds se soulevèrent du sol. Le mur du caveau contre lequel il s'écrasa craqua.

En à peine une seconde, le plus redoutable sorcier d'Angleterre se retrouva enfoui sous trois cents kilos de marbre.

Ne jamais sous-estimer un sorcier qui tient sa baguette à l'envers.

Le sourire d'Helmett était carnassier.

Et très légèrement halluciné.

Il lâcha sa baguette, sans prendre le temps de se préoccuper de sa main que le sort avait brulé. Elle s'enfouit dans l'humus. En son sein, le ventricule de dragon qui la composait n'était plus que poussières. Il ne s'en préoccupa pas –il avait accepté la perte de sa baguette à l'instant où il avait prit sa décision.

Harry s'effondra au sol. Son frère se précipita vers lui, seulement pour être repoussé brutalement.

_Pas maintenant, cracha le Serpentard en voulant se relever.

Helmett voulut se retourner. Il n'en eut pas le temps. Harry hurla un avertissement et le poussa violemment sur le côté.

Les ruines du caveau avaient explosés. Un Avada surpuissant manqua les deux jeunes gens d'à peine quelques centimètres. Deux points rougeoyants brulèrent la nuit. Lord Voldemort émergea de la pierre. Sa robe de sorcier était détruite et ne tenait que par quelques misérables lambeaux. Son torse était un amas de cloques et de sang. Il n'y avait plus de trace d'amusement ou de mépris sur son visage.

_Toi

Il vomit le mot.

Helmett se leva et lui fit face, se déplaçant pour protéger Harry. Son sac était vide de tours, à présent. Ne restait que son cran et ses poings.

La baguette de Lord Voldemort tremblait de fureur. Elle visait sa tête.

Helmett prit une inspiration. Il se fit la réflexion amère que sa dernière goulée d'oxygène puait. Il l'apprécia quand même. Et se haït de ne plus pouvoir protéger Harry.

Ensuite, tout se passa très vite.

Le Seigneur des Ténèbres ouvrit la bouche.

Quelqu'un lui fourra une baguette dans la main.

Le rouge de l'Endoloris fonça vers lui.

Un cri dans sa tête. Une impulsion étrangère. Un ordre.

Le bras d'Helmett bougea tout seul. Il hurla.

_STUPEFIX !

Rouge contre rouge. Les sorts se heurtèrent comme deux continents.

Le temps implosa.

La baguette dans les mains d'Helmett, cette drôle de baguette de houx, vibrait avec violence. Il eut l'étrange sentiment que même si la poigne désespérée de son frère autour de sa main l'aidait à la tenir, il aurait tout de même été incapable de la lâcher.

De l'autre côté, Voldemort paraissait victime du même effet, ses longs doigts crispés et les dents serrées.

Et entre eux, un fin faisceau lumineux éclairait la nuit, éclipsant même les étoiles.

Harry prit une respiration entrechoquée.

Lentement, les pieds d'Helmett quittèrent le sol. Son frère le suivit, uniquement suspendu par sa main qui tremblait de plus en plus. Son visage pâlissait rapidement.

Voldemort lui aussi était dans les airs, relié à eux par l'étrange sortilège qui avait frappé leurs baguettes.

Soudain, le fil d'or se morcela. Leurs baguettes demeurèrent liées, mais des centaines de faisceaux éblouissants vinrent former un immense dôme autour d'eux, comme une énorme toile d'araignée lumineuse. Une toile qui les retenait prisonniers.

Les yeux de Voldemort paraissaient étrangement fascinés par le phénomène. Helmett força sa seconde main à venir prendre la baguette pour briser le fil, mais un champ de force invisible semblait la rebuter. C'était comme si il ne pouvait y avoir que deux mains sur la baguette : la sienne et celle d'Harry. Risquer de briser cet ordre, c'était risquer de briser quelque chose d'immensément important, pressentit l'adolescent sans savoir comment.

Sa main désormais inutile retomba sur le côté alors qu'il s'efforçait tout de même de rompre le fil.

Harry respirait difficilement, à présent. Helmett n'eut pas le temps de s'en préoccuper ; un son magnifique et surnaturel s'élevait soudain dans les airs. Chaque fibre du dôme résonnait sur les notes, dans une harmonie parfaite. Ce chant, Helmett le reconnut brutalement. C'était le chant du phénix. Aussi merveilleux que terrifiant.

_Ne brise pas le lien.

La voix était celle d'Harry, faible et rauque. Les mots, eux, semblaient appartenir à quelque chose d'autre. Quelque chose de puissant et d'éternel, quelque chose qui avait tout contrôle sur le dôme, mais aussi sur eux-

_Je sais, répondit Helmett. Je sais qu'il ne faut pas le briser… Mais il va falloir que tu m'aides, Harry.

Il réussit à faire poindre un sourire au coin de ses lèvres.

_Il faut toujours que tu m'aides après tout.

Le ricanement de son frère était horriblement faible.

_Heureusement… tu ferais de la merde sinon… Potter…

_Un jour tu m'appelleras par mon prénom, le prévint Helmett.

_Plutôt crever…

Une inspiration tremblante.

Helmett se mordit la lèvre, à la fois par inquiétude et par surprise refoulée. Lentement mais sûrement, il pouvait sentir sa magie aspirée par l'étrange sortilège, plus qu'aucun sort ne l'avait jamais fait. Face à lui, même Voldemort paraissait beaucoup moins fasciné et plus prudent. Cela lui arrivait-il aussi ? Etait-ce ce qui rongeait Harry depuis le début ?

Une secousse du faisceau empêcha le jeune homme d'y réfléchir. Soudainement, il devint incroyablement difficile de tenir la baguette, qui vibrait avec plus de force que jamais.

Le rayon qui les unissait se transforma. De grosses perles de lumière naquirent sur le fil, glissant dans les deux sens. Plus elles se rapprochaient d'Harry et Helmett, plus ils sentaient la baguette vibrer incontrôlablement.

Voldemort accentua sa prise.

Peu à peu, les perles cessèrent de glisser dans les deux sens pour ne venir plus que vers les deux enfants, et la baguette se mit à trembler avec fureur. A mesure que la plus proche des perles avançait, Helmett sentait le bois de la baguette magique chauffer, jusqu'à devenir brulant. Brutalement, il eut la certitude que si la perle touchait la baguette, elle volerait en éclats sous ses doigts.

A ses côtés, Harry paraissait avoir tiré les mêmes conclusions. Son regard se fit fixe, animé d'une lueur furibonde. Helmett l'imita et ne regarda plus que les perles, concentrant toutes les forces de son esprit pour les renvoyer vers Voldemort.

Dans son esprit, il y avait une ombre de présence. Une ombre aux yeux verts. Tranquillement, comme poussé par une logique étrange, il réalisa qu'il devait y avoir une ombre au regard brun dans celui d'Harry.

Les perles glissèrent lentement vers le Seigneur des Ténèbres. A présent, c'était sa baguette qui tremblait avec intensité, alors que l'homme semblait redoubler d'efforts.

Mais les perles avançaient, et il paraissait presque inéluctable qu'elles touchent son côté. Helmett s'efforça de les faire aller toujours plus loin, toujours plus vite. Sur son front, la sueur se mélangeait au sang.

Et puis, finalement, avec un sifflement strident-

Le bois d'if rentra en contact avec une perle.

Au début du sort, le temps avait implosé. Tout avait été figé dans une coquille de seconde, comme si rien ne pouvait être arraché à l'éternité. Au début du sort, ils avaient été une photographie, statufiés dans l'instant, sans que personne mis à part eux ne comprenne l'importance de cette fraction de moment.

Maintenant, il se reconstruisait. L'histoire déroulait son long parchemin, les plumes recommençaient à écrire, la poussière se soulevait, et les morts revenaient à la vie.

Littéralement.

Depuis la baguette, des filaments d'une fumée légère et grise s'échappaient lentement, dansants dans les airs avec une grâce de ballerine. Lentement, ils tourbillonnèrent, comme poussés par un vent invisible, formant une main vieille, dont chaque pli était visible, puis un bras, un torse, un visage, étrangement réel, étrangement vivant…

Le jardinier des Jedusor s'appuya sur sa canne et regarda longuement le fil doré qui liait les deux baguettes.

_Tu étais donc vraiment un sorcier ? dit le vieil homme en fixant Voldemort. Quand je pense que tu m'as butté, saligaud.

Il n'y avait pas vraiment de venin dans sa voix. Il parlait doucement, comme un lointain écho.

_Dire que tout ce que je voulais c'était m'occuper des fleurs…

Il soupira, délaissant son meurtrier pour les deux adolescents effarés par ce qu'ils voyaient.

_C'est à vous de le combattre maintenant, les enfants. Je regrette qu'il n'y ait que vous pour le faire, vous savez.

La culpabilité donnait des accents mélancoliques à sa voix.

_Mais quand vous y arriverez, vous pourriez jeter un coup d'œil aux fleurs de la maison des Jedusor ? Vous ne pouvez pas la louper, elle est au milieu du village, c'est la plus grande… je voudrais juste que quelqu'un s'assure que les garnements des alentours ne massacrent pas la lavande, elle sent si bon, ce serait un crime… vous pourriez ?

Son regard gris était implorant. Il se répétait, sonnant de plus en plus comme un disque rayé.

_Ils n'ont pas le temps pour tes conneries de jardinage ! Pousses-toi le vieux, c'est à mon tour maintenant !

Avec un glapissement indigné, le vieil homme se retrouva projeté sur les côtés et grogna en direction de l'arrivante, qui lui adressa un doigt d'honneur avant de se tourner vers les enfants. Grande, de courts cheveux crépus, une peau aussi sombre que la nuit. Et un air concentré sur le visage.

_Bertha Jorkins, se présenta-t-elle rapidement. Mais on s'en fout. Ce que vous expérimentez actuellement est un sort très puissant qui va être votre seule chance de vous en sortir. Dumbledore vous expliquera tout ça mieux que moi mais vous devez quand même m'écouter.

Derrière elle, Voldemort la fixait avec stupéfaction. Etait-ce vraiment Bertha Jorkins, l'idiote qui lui avait tout dévoilé du Tournoi ? Comment-

_Ta gueule enfoiré, tu penses trop fort !

Bertha se frotta mécaniquement le menton, où se laissait deviner une étrange marque de brulure, puis croisa les bras, sourcils froncés.

_Vous ne devez pas briser le fil. Pas encore. Plus ça dure, plus nous-

Elle désigna les ombres. Avec stupeur, Helmett s'aperçut qu'il en venait de plus en plus, qui s'approchaient pour écouter.

_Prenons de la force. Quand je vous donnerais le signal, vous romprez l'enchantement et nous vous donnerons le temps de vous enfuir.

Muets, Harry et son frère se contentèrent de hocher la tête bêtement.

_Harry, tu utiliseras le pin's que tu as dans la poche. Il vous ramènera à Poudlard. Compris ?

Le jeune homme opina.

_Bien. Ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est que les années qui vont suivre vont être infernales. Vous devez impérativement vous préparer, parce que si vous ne l'êtes pas, vous et vos amis mourrez avant d'avoir vu la fin des combats. Vous n'avez plus le loisir d'être des enfants.

Bertha baissa les paupières. Sur son visage de marbre, il y avait une expression de tristesse infinie.

_S'il y avait eu un chemin qui y échappe je l'aurais emprunté de bon cœur, croyez-moi. Mais ceci –elle désigna le cimetière autour d'eux- est l'unique possibilité qui donne une chance au monde face à lui. Qui vous donne une chance.

Puis, du bout des lèvres, comme une admission d'échec, elle souffla :

_Je suis désolée.

Une fraction de seconde plus tard, la tristesse, le regret, tout avait disparu. Ne restait que la détermination de fer de cette femme que personne n'avait jamais vraiment connu et qui avait donné sa vie pour une chance.

_A partir de maintenant, tout va changer. Vous allez changer. Votre relation va changer. Vous devez l'accepter. Vous êtes des jumeaux et vous ne pouvez pas nier votre lien. Si vous persistez dans vos chamailleries, dit-elle en regardant plus particulièrement Harry, c'est le monde qui vous condamnez. Oubliez les rancœurs. Oubliez vos gamineries. Vous êtes en guerre maintenant.

Voldemort semblait plus furieux que jamais. Il tentait désespérément de bouger sa baguette pour rompre le lien, pour empêcher la folle de continuer à parler, mais rien n'y faisait. De leur côté, Helmett et Harry ne pouvaient qu'absorber ce que Bertha leurs disait, hypnotisés.

_Les gens autour de vous vont changer. Certains pour le meilleur, certains pour le pire. Vous devez vous y préparer, comme vous devez vous préparer à être trahis. Vous n'avez plus le luxe de faire confiance à une autre personne qu'à vous deux. Vous m'entendez ? Ne faites plus confiance.

Helmett ne put pas hocher la tête. Tout ce qui attirait son attention, à présent, c'était la baguette qui chauffait entre ses doigts. Il n'allait plus pouvoir la tenir longtemps.

Les ombres avaient cessé de sortir de la baguette du Seigneur des Ténèbres.

Bertha recula, se plaçant au même niveau que Voldemort. Suivant son mouvement, une marée de morts firent de même. Ils n'avaient que d'yeux pour le sorcier qui les avait tué.

_Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne chance, dit-elle finalement.

Elle prit une grande inspiration ; juste un dernier souvenir du monde des vivants, de tout ce qu'elle avait perdu pour que ces deux enfants le gagnent. L'air était frais dans ses poumons morts. Elle remercia le Destin de cette infime faveur. Un peu d'oxygène à remporter dans le monde des morts.

Un peu d'espoir.

_N'oubliez pas que même quand tout vous semblera noir, il y aura toujours de la lumière. N'abandonnez jamais.

Il y avait de l'urgence dans sa voix. Elle se détestait de ne pouvoir faire que leur parler, de ne pas pouvoir les accompagner sur le chemin qu'ils allaient traverser, de ne pas pouvoir alléger leur fardeau –mais c'était le prix qu'elle avait payé.

_N'abandonnez jamais, répéta-t-elle.

Son regard perçant se planta dans celui des jumeaux, les traversant comme une vague de tempête.

_Jamais.

Un ultime conseil. Un ultime avertissement.

Un encouragement.

Bonne chance.

Bertha hurla :

_MAINTENANT !

D'un même geste, avec un même cri de douleur, avec la même force qu'un tremblement de terre, Helmett et Harry levèrent la baguette.

Le fil d'or se brisa, le dôme s'évanouit et le phénix cessa de chanter.

Harry, Helmett et Voldemort s'écroulèrent sur le sol.

Il y avait un sourire carnassier sur les lèvres de Bertha. Il était temps de rendre au Seigneur des Ténèbres la monnaie de sa pièce.

Avec un cri terrifiant, les fantômes attaquèrent.

Les deux adolescents se relevèrent et, sans prêter attention au mage noir qui résistait tant bien que mal aux spectres qui fonçaient sur lui, se mirent à courir.

_Le pin's, haleta Helmett. Le pin's !

Harry lui prit le bras et plongea la main dans sa poche, prêt à utiliser le Portoloin. Il ne le fit pas.

_On va chercher Cédric, gronda-t-il.

_Hein ? Mais-

_ON VA CHERCHER CEDRIC !

Avec une force désespérée, il ignora ses blessures, son sang, sa fatigue et continua à courir vers son ami, traînant Helmett à ses côtés. Il ne laissera pas Cédric dans cet endroit. Plutôt mourir que l'abandonner.

Un sort inconnu les manqua de quelques centimètres. Les ombres faiblissaient, rappelées dans leur royaume, et Lord Voldemort commençait à poursuivre les fuyards. Bertha serra les dents entre deux coups, sentant un appel forcené l'affaiblir. Elle devait résister, encore un peu, juste un petit peu, à peine le temps qu'ils atteignent le corps de l'autre petit, quelques secondes…

Faisant appel à tous ses pouvoirs, elle s'en prit de plus belle à son assassin.

Harry manqua de s'effondrer en trébuchant dans un creux. Il s'efforça de poursuivre, mais devait se reposer de plus en plus sur son frère pour avancer. Pas un instant il ne perdit de vue sa cible. Encore quelques mètres. Juste quelques petits mètres…

Helmett ne comprenait pas. Cédric était dans le cimetière ? Pourquoi ? Comment ?

Le corps qui gisait dans la boue, un mouchoir vert inondé de sang à ses côtés, répondit à toutes ses questions.

_Non, murmura-t-il en s'arrêtant quasiment. Non…

Non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non non NON !

L'entrainant, Harry s'écroula quasiment sur le Poufsouffle, pantelant. Sa main serrait toujours le bras d'Helmett.

_NON !

Ce n'était pas eux qui avaient criés.

Lord Voldemort s'avança. Bertha le griffait sans répit, pestant en voyant que son corps était plus translucide à chaque seconde. Pas maintenant, pensa-t-elle avec férocité. Elle devait rester encore un peu, elle n'avait pas fini-

_Non, insista le mage avec fanatisme, la respiration brulante et les membres tremblants. Le temps où le hasard vous permettez de m'échapper est révolu.

Il serra le poing, une grimace haineuse sur les traits.

_Maintenant c'est mon tour de triompher, c'est moi qui gagne, c'est ma victoire, c'est mon histoire ! Vous allez mourir aujourd'hui, ici-même, par ma main, ET VOUS NE POURREZ RIEN Y FAIRE !

Epuisé, terrifié, à peine conscient, Harry ferma les yeux.

Voldemort brandit sa baguette.

Le plastique froid d'un pin's se réchauffa au contact d'une peau moite.

_AVADA KEDAVRA !

Le monde était vert.

Il devint noir.

.

sSs

.

Le Seigneur des Ténèbres regarda les tombes et l'insolence du vide. Ses yeux enflammés promettaient l'enfer. Il hurla sa fureur aux cieux et commença à saccager les alentours.

Bertha éclata de rire.


A suivre.

A ceux qui n'ont pas comprit le coup de la baguette inversée : je vous conseille de relire le tome 2 de HP en vous concentrant sur Ron et sa baguette et en oubliant pas que dans la fic, c'est Helmett qui a assisté à tout (et non Harry). Vous comprendrez mieux.

Nietzsch hait les auteurs de fic qui utilisent ses citations à tout bout de champs. Mais Nietzsch est enterré avec Dieu et la métaphore de l'abysse est rigolote. Moral : n'hésitez pas à déformer les grands philosophes dans vos fics, de toute manière ils sont tous morts.

La fin du tome arrivant bientôt, je vous propose de renouveler la traditionnelle formule interview/bande-annonce en la modifiant un peu. La BA restera, évidemment, mais il me semble difficile de faire une interview sans rien spoiler.

Du coup, je vous propose la chose suivante :

Si vous avez des questions à propos de ce tome, dans son déroulement par exemple ou dans les choix qui ont été faits (suivre les HP ou pas, les couples, etc etc) mais aussi dans le style d'écriture en lui-même ou juste si vous voulez avoir des renseignements sur comment on écrit une fic ou un bordel dans ce genre-là, n'hésitez pas. Je bouquine pas mal de truc là-dessus en ce moment, donc si vous n'avez pas envie de vous taper les tonnes d'articles (tous généralement très bons que je ne peux que vous conseiller) sur le sujet sur internet, Pumkin est à votre disposition. Ou alors juste si vous avez des questions sur les Sovrano en général.

Je ne sais pas trop si ça va avoir du succès ou ce que ça va donner, mais bon on va tenter et puis on verra.

A la semaine prochaine pour le dernier chapitre !

Et n'oubliez pas, des reviews rendent l'auteure heureuse et lui donnent envie d'écrire pleins de chapitres et de hors-séries.

Love,

Pumkin.