Salut les Répulsionnaires !

Vous l'avez attendu, vous l'avez voulu: LE VOICI !

Les scores ont explosé, vous m'avez bien gâtée par les reviews, les comm's sur la page FB, voici mon tour de vous faire plaisir :) 22.934 mots rien que pour vous! Vous en dites quoi de ce record ?

Comme vous le savez, Miss THE Bêta n'a pas tout relu donc pardonnez d'avance mes vilaines fautes ! J'espère que quand elle lira ceci, ça lui plaira et que ce sera à hauteur de ses espérances ! Pareil pour vous, d'ailleurs :)

J'ai encore inclus une scène OTH donc si vous la reconnaissez, ne vous étonnez pas :^) J'ai hâte de voir si vous allez la retrouver !

Je répondrais ici à Julia car, Mamzelle, tu n'es pas connectée sur le site donc impossible de te répondre en privé ! Si tu veux d'autres réponses, il faudra me contacter par MP ici, ou sur ma page FB :) Donc pour te répondre: je préfère Alice à Bella (ben oui, désolée, j'aime pas Bella ^^) et j'aime le couple Jasper/Bella. Je sais que je ne voulais faire que de l'amical mais ça s'explique facilement: je n'aime que les couples tendancieux, ceux qui ne peuvent pas mais qui fautent une fois quand même ! Ceci dit, mon Jella ici me plait quand même bien donc je n'ai aucun regret :) Merci en tout cas pour ta looooooooongue review: j'adore ça ! J'espère que tu continueras à me lire !

Sinon petit message pour Audrey, qui m'a proposé de traduire Répulsion ! On peut en parler mais il faut d'abord qu'on se contacte. Comme tu n'es, toi non plus, pas inscrite sur , je ne peux te contacter en privé ! Donc s'il te plait, rejoins ma page FB ou fais toi un compte ici et contacte moi et on en parlera :)

Enfin, toute dernière chose mais non des moindres: ma page FB compte maintenant 120 membres. Waouuuuuw, vous pouvez pas savoir comment ça me touche ! J'espère pouvoir continuer à partager avec vous longtemps encore !

Je ne parle plus, je vous laisse lire, en espérant que vous aimerez !

Gros gros gros bisous à tous (et oui, car on a un Répulsionnaire connu: youhouuuuuu !)

Jess


"S'il y a une chose à laquelle tu tiens par-dessus tout, n'essaie pas de la retenir.
Si elle te revient, elle sera à toi pour toujours.
Si elle ne te revient pas, c'est que dès le départ, elle n'était pas à toi"

(Extrait du film "Proposition indécente")


Chapitre 33: I should go (Levi Kreis)

POV BELLA

- Arrête-toi ! C'est ridicule !

Je marche, baskets immergées dans la pluie battante. La petite île paradisiaque où on se trouve connaît une période plus que pluvieuse aujourd'hui. Une vraie tempête sévit ce jour, mais je n'en ai rien à foutre, je suis en petit pull, sous la pluie glacée et tellement en rage que rien ne peut m'arrêter. Sauf sa phrase, qui me fait piler sec, me retourner vers lui et hurler:

- Ridicule ? J'ai trouvé un mot de toi à Alice dans la poche de ton blouson, Jasper: « Ma chère Alice, bla bla blaaaaa, tu es mienne pour toujours. Avec amour, Jasper »

Je me remets alors à marcher, tentant de mettre le plus de distance possible entre lui et moi.

- Je ne me rappelle même pas avoir écrit ça !

- Ouais, c'est ça. Et ta foutue mémoire vampirique alors ? En tout cas, "toujours", c'est bien court pour toi !

- Je suis désolé, Bella ! fait-il en agrippant mon bras pour m'arrêter, plantant son regard dans le mien pour me montrer qu'il est sincère.

Mais je suis bien trop en rage pour l'écouter. Je secoue mon bras pour qu'il me lâche et il le fait, bon gré mal gré. Je me remets donc à marcher les poings serrés, lui sur mes talons.

- C'était une erreur !

- Quand ? Quand tu l'as dit à Alice ou quand tu me l'as dit à moi ?

- Ceci dit, c'est toi qui t'es mise à fureter dans mes affaires.

- Ce n'est pas le SUJET ! fis-je en m'arrêtant à nouveau pour hurler et reprendre ma route ensuite.

- Ecoute, je sais à quel point tu peux être vulnérable face à tout ce qu'il s'est passé avec Alice mais tu dois …

- Ce n'est pas du tout la raison pour laquelle je suis fâchée maintenant ! Ah, et pour ton information, je ne suis pas ton plan de rechange !

- Non, ce que tu es, c'est complètement folle c'est tout.

Je me retourne pour lui faire face, plus que rageuse maintenant. Comment on en est arrivé là? Laissez-moi vous raconter …

Here we are
Isn't it familiar

* Quelques heures plus tôt*

Assise sur un rocher, les bras autour des genoux, je regarde gentiment Elena faire les cent pas sur la plage, en rage totale. En rage ou en tristesse, c'est encore à déterminer. En tout cas, ses mots sont tout sauf des mots de tristesse. Elle charge les deux vampires de sa vie des noms d'oiseaux les plus colorés qu'il m'ait été donné d'entendre. En vérité, elle m'impressionne un peu. Elle n'est absolument pas tributaire de leur choix. Loin de là. C'est elle et uniquement elle qui mène la danse. Ce sont eux les pantins entre ses petites mains d'humaine. C'est épatant. Et si elle n'était pas aussi énervée, j'en profiterais pour qu'elle me donne sa recette secrète. Car Elena ne laisse aucun des Salvatore la démonter. Les décisions qu'elle prend sont siennes et je l'envie. Elle a une force de caractère hors du commun. D'ailleurs, quand elle venue me chercher dans la chambre de Jasper quelques minutes plus tôt, interrompant, il faut bien le reconnaître, un moment de grâce pure qui aurait pu nous mener loin, très loin, elle n'a pas fait dans la dentelle. Elle a demandé à me parler, la voix éraillée par la colère, arguant de la solidarité entre humaines et au vu de son visage rageur, je n'ai pas hésité une seconde pour la suivre. Elle ne s'est pas excusée auprès de Jasper, ni auprès de moi, se contentant de le toiser froidement tandis que je lui disais qu'on se rejoindrait pour le dîner sur l'île à côté, comme hier. J'aimerais avoir sa détermination, sa capacité de résistance. J'aimerais ne plus être un pantin. J'aimerais pouvoir décider, comme elle. Et pouvoir me battre pour ce que je veux, comme elle. Mais que veut-elle vraiment ?

- Tu te rends compte, il fait comme si je n'avais rien entendu? Je suis qui, moi, franchement? Il n'a pas le droit de me faire ça. Il n'a pas le droit de parler de moi ainsi puis de se comporter comme si je n'avais rien entendu ! Arrrrrgh !

Je la regarde s'emporter, ne pouvant décemment rien lui dire pour la calmer. Moi aussi, ça m'aurait mis en rage si Jasper avait agi ainsi … Oh, mais attendez, il a réagi ainsi, au retour d'Edward. Je devrais peut-être lui faire part de mon expérience, non? Quoique, au vu de comment je m'en suis dépêtrée, il vaudrait mieux qu'elle ne suive pas le même chemin que moi,je pense. Je préfère donc me taire et la laisser déverser son venin.

- Je le hais, c'est définitif ! Je hais Damon Salvatore …

Je saute du rocher et me poste à ses côtés, passant mon bras autour de son épaule.

- Tu sais, un jour quelqu'un m'a dit qu'entre l'amour et la haine, il n'y a qu'un pas …

- Je n'aime pas Damon ! fait-elle, rageuse, rivant son regard déterminé dans le mien.

- Si tu le dis.

- Je ne l'aime pas, Bella. Inutile d'insinuer que …

- Sht, je te crois Elena! l'interrompis-je, refusant qu'elle détourne sa colère sur moi.

- Okay.

- Mais j'ai vécu ce genre de situation. Et quand tu penses qu'il est physiquement impossible de tomber amoureuse de quelqu'un d'autre que celui que tu aimes, de surcroît son frère, insupportable et froid à souhait, je peux te dire que tu te trompes. C'est tout à fait possible. Et ça t'arrive sans que tu t'en rendes compte.

- Je n'aime pas Damon.

Son regard est pourtant moins déterminé et je sais que j'ai raison. L'aîné des Salvatore a une place dans son coeur. Et qui pourrait la blâmer de l'aimer? Après tout, il est là, à l'aimer en secret, la laissant vivre son histoire avec Stefan sans rien demander en retour que d'être son ami. Est-ce ce que Jasper fait avec moi? M'aime-t-il vraiment en secret? Et si c'est le cas, pourquoi ? Pourquoi ne tente-t-il pas de me reconquérir (bien que je sois déjà toute conquise)? Après tout, si Damon a raison, si Jasper m'aime vraiment, il devrait tenter quelque chose. Et il ne le fait pas. Cela signifie-t-il que Damon a tort? Pourquoi est-ce que je ne veux pas le croire? Pourquoi ai-je tant besoin qu'il m'aime en retour? Ca ne changera rien au fait qu'il est marié avec Alice et qu'il porte toujours son alliance. S'il m'aimait tant que cela, il l'enlèverait une bonne fois pour toutes ! Okay, je tourne en rond, là non ? On arrête de penser à Jasper et on se concentre sur Elena!

- Okay, Elena. Je dis juste que si tu l'aimais, ce ne serait pas grave. Ce serait humain.

- Ne te méprends pas Bella. Damon est peut-être très beau mais il n'en est pas moins dangereux.

- Je sais. C'est peut-être cela qui m'attire. Je n'en pouvais plus de la perfection d'Edward.

Elle me regarde intensément, me montrant par là qu'elle sait de quoi je parle mais n'en dis pas plus. Je me décide donc à donner mon avis:

- Damon n'est pas si mauvais que tu veux bien le dire, Elena. Tu le sais, je le sais. Il le sait. Stefan le sait lui aussi. Ca doit d'ailleurs lui faire peur. Reste à savoir ce que tu veux faire de l'information que tu as obtenue aujourd'hui.

- Que veux-tu que j'en fasse? Tu en connais beaucoup toi, des filles amoureuses de deux frères?

- J'en connais. Et pour ce que j'en sais, ça ne s'est pas si mal terminé.

Elle me sourit, un peu calmée tandis que je réfléchis à ce que je viens de dire. C'est vrai que finalement, ça ne s'est pas si mal terminé. Je suis ici, sur cette île superbe avec Jasper. Ca aurait pu être pire, non?

Alors qu'on revient vers la villa, Damon vient à notre rencontre. Elena se renfrogne, pour le principe tandis que je continue mon chemin pour les laisser tous les deux. J'entends Damon me murmurer un "Merci" et j'accélère le pas pour ne pas me retrouver témoin d'une discussion qui ne me regarde certainement pas. Alors que j'arrive au bord de la terrasse, j'aperçois Jasper qui m'attend près de la porte vitrée. Il s'est habillé, heureusement, même si je dois reconnaître qu'il est tout aussi attirant avec sa chemise violette, son jeans délavé et ses éternelles santiags. Il m'offre un magnifique sourire auquel je réponds par un rougissement.

- La crise est passée ?

Sa voix me transporte, comme à chaque fois qu'il use d'un ton un peu plus doux, un peu plus ...sensuel. Il faut que je me ressaisisse, en présence de l'empathe !

- A première vue.

- Damon a le don de se mettre dans des histoires impossibles.

- Je ne pense pas que ce soit la faute de Damon. L'amour est compliqué.

- Les femmes sont compliquées! rit-il, me tendant la main pour que je la prenne.

Ce que je fais sans y réfléchir une seule seconde. L'instant d'après, il m'a attiré contre lui et je suis au paradis, littéralement.

- L'amour est simple. Ce sont les personnes qui le compliquent! renchérit-il, murmurant dans mon oreille.

- Si l'amour était simple, j'y serais abonnée, crois-moi.

Je lève les yeux pour le regarder et vois qu'il me regarde, moi, intensément. Nos yeux s'accrochent, se parlent. Nos sentiments se confondent, se mêlent et je ne parviens plus à distinguer ce qui est à moi de ce qui est à lui. Je suis comme prise dans un tourbillon qui me fait perdre pied. Comment peut-il avoir cet effet incroyable sur moi?

- Tu es faite pour l'amour, petite calamité. Il faut juste que tu arrêtes de te poser des questions. Ou tout du moins que tu te poses les bonnes questions.

C'est moi ou il y a un sous-entendu plus que latent là dessous ? Et quelles sont les bonnes questions ? Y en a-t-il vraiment? Pourquoi l'amour ne peut pas être simple, sans questionnements, obstacles, embûches ? Je veux l'aimer, qu'il m'aime en retour et que tout soit beau et joli, comme dans les contes de fées. La vérité c'est que je ne sais pas quoi lui répondre. J'aimerais lui dire tout cela: que je ne veux plus me poser de questions, que je veux être avec lui, qu'on traverse les obstacles et les années ensemble. Qu'on soit épiques. Mais heureux. Epiques et heureux, voilà. Et je ne peux pas lui dire car il porte une fichue alliance qui a un pouvoir sur moi: celui de me rendre conne.

Haven't had someone to talk to
In such a long time

Je décide donc d'embrayer:

- Où sont les autres?

- Emmett et Rosalie ne semblent pas vouloir sortir ce soir. Quant à notre trio infernal, je pense qu'ils ont des comptes à régler seuls.

- Ce qui fait qu'on annule la soirée …

- Pas du tout. Je souhaiterais en profiter pour t'emmener dîner et passer la soirée tous les deux. Qu'en dis-tu?

Mon coeur s'emballe et des papillons font la java dans mon ventre. Tout va bien, je ne suis pas amoureuse de cet homme … ou peut-être que je le suis trop, justement ! Je souris, niaisement je m'en rends compte, ce qui lui donne à son tour le sourire:

- J'en dis que c'est une agréable proposition.

- Que tu acceptes?

- Comment la refuser?

Il sourit de plus belle et baisse son visage vers le mien. Mon coeur tambourine dans ma poitrine, cherchant à s'échapper avant d'exploser de bonheur. Alors que je pense qu'il va m'embrasser sur les lèvres, il dépose un baiser délicat sur ma joue, qui me transporte tout autant. Prise dans son parfum si personnel, lovée dans ses bras, il ne doit exister sur Terre aucun autre endroit d'aussi confortable …

Arrivés sur la petite île d'hier, il me prend la main comme si c'était pour lui le geste le plus naturel du monde, pour m'entraîner à travers les touristes qui marchent tranquillement le long des rues éclairées des enseignes de restaurants, plus appétissants les uns que les autres. Les maîtres d'hôtel sont sur la rue, nous invitant à entrer dans leur établissement en nous faisant l'éloge de leur menu. Jasper m'a dit de choisir ce qui me fait envie mais c'est impossible pour moi de faire un choix: je crève de faim et je suis une éternelle indécise. Il faudra pourtant bien qu'on s'arrête quelque part à un moment ou à un autre.

- C'est parce qu'il n'y a pas de Starbucks dans cette ville, sinon je t'aurais fait goûter la nourriture des Dieux ! me dit-il en s'arrêtant, m'offrant un sourire empli de nostalgie à ce moment qui n'appartient qu'à nous.

Je souris à mon tour, replace une mèche derrière mon oreille et plaisante:

- JE t'ai fait découvrir la nourriture des Dieux. Ne mélange pas tout.

- Ce moment me manque.

Je manque de suffoquer par sa révélation. Ce moment, c'est THE moment. Ce jour où il m'a dit "Je t'aime" pour la première fois. Ce jour où il est redevenu humain pour moi. Ce jour a tout changé. Tout. Alors s'il lui manque, c'est forcément un grand pas pour nous.

- Bella ?

Il utilise mon prénom. Pas de "petite calamité", il est donc sincère. Et moi, je suis touchée. Donc il le sent. Donc il doit se demander ce qui m'arrive … Allez, Bella, on réagit s'il vous plaît !

- Moi aussi, ce moment me manque … soufflai-je finalement péniblement.

Il m'attire contre lui, enroule ses bras autour de moi et me revoilà à nouveau sur un petit nuage. Vous voyez que je ne suis pas compliquée: ses bras et tout va bien !

- Veux-tu que nous y retournions, un jour, bientôt?

Je lève les yeux et vois qu'il m'observe, attentif et doux. Je souris, heureuse évidemment de sa proposition.

- Bientôt ?

- Quand tu le souhaiteras.

- J'aimerais oui. Quand on rentre de vacances ?

- Ne m'avais-tu pas parlé d'aller voir Charlie?

- On peut aller voir Charlie et puis se diriger vers là-bas pour finir mes vacances en beauté !

J'ai bien conscience de forcer ma chance. Mais mon père m'a proposé d'amener Jasper et pour une fois qu'il aime un des garçons qui naviguent près de moi, autant en profiter, non ? Bon, ça plus le fait que je ne vais plus pouvoir me passer de mon vampire blond à ce rythme là. Je vais avoir besoin de ma dose quotidienne ! Autant donc l'emmener à Forks avec moi.

- Voir ton père avec toi ? C'est très sérieux tout ça! rit-il, ses bras toujours autour de moi.

- Sauf si ça t'embête.

- J'en serais ravi, Bella. Si tu souhaites faire cela, compte sur moi pour t'accompagner.

Je me love contre lui, tentant de lui cacher par là mon sourire extatique. Sauf que l'empathe n'ignore rien de ma joie immense intérieure. Mais peu importe. Damon a peut-être raison. Il serait peut-être temps que j'apprenne à vivre avec ces sentiments.

On finit par entrer dans un petit resto qui propose des grillades argentines. Le personnel nous fait traverser la petite salle couverte pour nous emmener sur la terrasse arrière, dressée sous une paillote. Des tas de couples y sont attablés, le restaurant semblant très prisé. Le serveur nous emmène à une table sur un des côtés de la terrasse, au bord de la mer. Les femmes lèvent bien évidemment les yeux sur notre passage, déshabillant Jasper des yeux, avec envie. Je ne sais pas si je dois être jalouse ou fière. Après tout, c'est moi qui marche main dans la main avec cet Adonis. Elles peuvent bien le regarder, baver d'envie, c'est avec moi qu'il se promène, c'est moi qu'il prend dans ses bras, c'est moi qu'il protège … mais c'est avec une autre qu'il est marié. Okay, il m'a dit que c'était bel et bien terminé avec Alice maintenant, dans la cuisine tout à l'heure, mais alors pourquoi garde-t-il encore cette fichue alliance? Ne peut-il pas l'enlever pour me faire plaisir ? Il lâche ma main et passe son bras autour de moi, me serrant contre lui tandis qu'on marche toujours vers notre table. Il me murmure:

- Tout va bien, petite calamité?

- Oui pourquoi ?

- Je te sens coléreuse.

Et ce saleté de don d'empathe de m...qui revient me chercher ! Pffffff on peut pas le mettre sur OFF non ?

- Bella! souffle-t-il dans un sourire, ce qui me calme instantanément.

Une vraie girouette entre ses mains, c'est tout ce que je suis. On pourra peut-être le lire sur ma tombe, un jour: "Ici repose Bella Swan. Eternelle girouette". Ce serait un bon épitaphe non ? Il faudra que je pense à demander à Rosalie de le noter … Je souris en pensant à la tête que ferait ma meilleure amie si je lui suggérais mon épitaphe tombal. Ce qui permet à mes sentiments d'être plus calmes. Je souffle donc à Jasper:

- Je vais bien.

Il sourit lui aussi et se penche pour glisser à mon oreille:

- Elles peuvent bien me déshabiller du regard, je n'ai d'yeux que pour toi, Bella.

Mon coeur s'emballe à nouveau, il est au bord de mes lèvres et j'ai l'impression d'avoir tellement chaud que je vais imploser. Il a dit "Bella", pas "petite calamité". Et il dit qu'il n'a d'yeux que pour moi? Okay, je suis définitivement au Paradis et on ne m'a rien dit ! On s'installe à table sous l'oeil du serveur. Jasper tient ma chaise, tel le parfait gentleman qu'il est, puis s'assied face à moi en me souriant. Alors que je regarde la mer qui clapote doucement à côté de nous, il pose la main sur la table, paume vers le haut. J'y dépose alors la mienne sans une ombre d'hésitation. Lentement, il glisse son pouce sur le dos de ma main et le caresse, me demandant:

- Qu'est-ce qui te ferait envie?

Qu'est-ce qui me ferait envie, Jasper? Voyons voir … Une nuit dans ton lit. Des fraises et du champagne au coin du feu dans ta maison d'Ocean Shores. Mes mains sur ton torse marmoréen. Tes baisers sur ma peau. Que tu enlèves ta satanée alliance. Mieux: qu'Alice n'ait jamais existé. Qu'est-ce qui me ferait envie d'autre? Hummm … Qu'on passe une bonne soirée. Loin de tous nos problèmes. Voilà. C'est ça qui me ferait envie. Sauf que ce n'est pas sa question directe, évidemment. Je réponds toutefois comme je le souhaite:

- J'ai envie d'une bonne soirée avec toi.

- Ce n'était pas ma question. Mais je suis ravi de ta réponse! sourit-il, en serrant ma main doucement.

- Et sinon, un steak argentin avec une pomme de terre à l'ail et du maïs rôti à la braise.

- Rien que ça ? ironise-t-il en gardant son regard doux dans le mien.

- J'envisagerai peut-être un dessert.

- Te voilà plus raisonnable! rit-il en hélant le serveur pour passer ma commande gargantuesque.

Quand c'est fait, il reporte son attention sur moi et demande:

- Alors, ce travail sur la littérature concentrationnaire … d'où cela t'est-il venu?

Bien évidemment, il revient sur ce travail sur lequel nous devons bosser tous les deux. Et malgré le fait que l'on soit en vacances et que je n'ai pas du tout la tête à ça, j'ai envie de lui répondre. Le sujet me passionne et je suis persuadée qu'il va pouvoir m'éclairer sur des tas de points. Je me mets donc à en parler sans pouvoir m'arrêter.

And it's strange
All we have in common

Alors que le serveur pose mon dessert devant moi, je le remercie et embraye, prise dans la passion qui m'anime à chaque fois que je parle de mon mémoire:

- Ce qui est intéressant, c'est surtout que la littérature concentrationnaire ne peut pas être appelée "genre littéraire" à proprement parler. Et pourtant, il s'agit bien de cela. De plus, les écrivains n'étaient pas "écrivains de métier". Ils se devaient de raconter leur vérité mais parfois, ils ont été considérés comme des inutiles, des idiots par les écrivains de cette époque. Comme Primo Levi, d'ailleurs. Tous les manuels italiens de l'époque le décriaient. Et pourtant, son livre "Si c'est un homme" est un pur chef-d'oeuvre.

- Pourquoi ?

Je réfléchis un instant à ma réponse. Je connais le sens de sa question et je sais ce que je veux lui répondre. Il me faut juste trouver les mots.

- Parce que pour moi, un bon livre n'est pas forcément écrit avec de grands mots éloquents. A quoi bon ? Certes, de beaux mots coulent sur ta peau, sur ta langue, pendant que tu les lis. Mais que te laissent-ils au final? Rien du tout. Alors que ces expériences, même relatées gauchement, te resteront toujours. Ce sera gravé en toi à jamais. Pour moi, c'est cela un bon livre et dans ce cas, "Si c'est un homme" est un véritable manuscrit exceptionnel.

Il sourit tout en jouant avec son verre de vin auquel il n'a évidemment pas touché. Quand il relève les yeux vers moi, j'y décèle de la fierté.

- Tu as parfaitement saisi l'essence même de la littérature concentrationnaire. Mieux encore. Tu as parfaitement saisi ce que ce genre littéraire apporte à la littérature en général et pourquoi il doit en ce sens être considéré comme tel. Mais passons à quelque chose d'un peu plus ludique. Je ne voudrais pas que tu m'en veuilles de t'ennuyer avec ça pendant tes vacances !

Il hèle le serveur avant que je n'aie le temps de répondre. Celui-ci s'approche rapidement tandis que mon beau et sexy vampire blond lui demande:

- Traeme un cubata de Licor 43 y naranja, por favor.

- Vale !

Le serveur s'en va avec un sourire tandis que je suis subjuguée par la culture de cet homme incroyable. Je ne peux m'empêcher de murmurer:

- Tu sais que quand tu parles en espagnol, tu es incroyablement irrésistible ?

Il me sourit d'un air taquin et renchérit:

- Je peux donc te demander n'importe quoi ? demande-t-il en rivant son regard flamboyant dans le mien.

- Ce que tu veux! soufflai-je, perdue dans l'immensité des promesses que je vois dans ses yeux ocres.

- Danse avec moi! me demande-t-il après s'être levé et en me tendant la main, d'un air assuré.

J'étais tellement partie dans ma diatribe sur mon travail que je n'avais même pas remarqué que plusieurs couples s'étaient levé pour envahir un petit espace au milieu du restaurant qui semble prévu pour justement danser. Est-ce que je veux danser? Bien sûr que non, je suis toujours la maladroite d'autre fois et je vais me ridiculiser devant l'homme que j'aime. Est-ce que je peux dire non? Bien sûr que non. Il a mon coeur, il a ma vie et il fera de moi ce qu'il veut.

- Jasper, laisse-moi grimper sur tes pieds! minaudai-je en espérant qu'il ait pitié de moi.

Les couples autour de nous virevoltent, sur un air latino entraînant et moi, je bouge comme une patate. Et je vous assure qu'une patate ça ne danse pas, donc imaginez-vous! Jasper se tient devant moi, un sourire aux lèvres, pendant que je suis prête à taper du pied pour me plaindre à nouveau.

- Cela ne va pas être possible, ici, petite calamité ! rit-il devant mon air déconfit.

- Allons nous asseoir! suppliai-je, avec mes yeux de bambi éploré.

Alors que je me dirige vers la table, n'attendant pas sa réponse, il me retient par la main et murmure:

- Attends...

Il se retrouve donc dans mon dos, les mains sur mes épaules et son souffle contre mon oreille:

- Ferme les yeux …

J'obtempère sans difficulté, sentant à nouveau le désir m'emporter dès qu'il me touche.

- Pense à un endroit où tu te sens bien. Tu n'es plus ici. Tu es à cet endroit.

Visualisation: la maison de la plage, le salon, la cheminée avec un feu qui crépite, lui et moi, nus comme des vers après avoir fait l'amour. Okay, c'est bon, je visualise.

- Dis donc, tu es où là, petite coquine? rit-il toujours contre moi.

Et mince ! L'empathe savoure chacune de mes émotions, bien évidemment !

- Je fais quoi après? dis-je pour noyer le poisson.

Il colle alors son corps plus encore à mon dos et fait glisser ses mains le long de mes bras, procurant des tracés d'électricité où il me touche, jusqu'à rejoindre mes mains pour s'en saisir. J'happe furieusement de l'air, tentant de rester sur terre même si c'est carrément impossible, pendant qu'il susurre toujours à mon oreille:

- Reste à ton endroit de rêve …

Facile à dire, facile à faire mais pas facile à cacher à ton foutu don, chéri !

Il se met à bouger derrière moi, provoquant un frottement de nos deux corps et je suis au paradis. Les yeux toujours fermés, je ne suis plus à la maison de la plage, oh ça non. Je suis ici, dans ce restaurant, sur cette île, entre ses mains. Il lâche d'ailleurs une des miennes et passe sa main le long de mon ventre pour m'encercler ensuite de son bras puissant. Par là, il parvient à me faire onduler contre lui, toutefois un peu gauchement.

- Laisse-toi aller, beauté, ça va te plaire, je te le promets.

Ses mots m'échauffent et je me prends à bouger contre lui, frottant mes fesses de manière éhontée contre son bassin. Je sens son bras qui m'enserre d'autant plus tandis que son autre main lâche la mienne pour glisser le long de ma jupe. Aie aie aie qué calor ! Et oui, moi aussi je maîtrise l'espagnol à mes heures perdues.

- Voilà, comme ça, baisse tes barrières, Bella …

Hummm, il est reparti dans du "Bella" et je suis échaudée à un zillion de degrés. Le pire, c'est que je sais que l'empathe qui me serre contre lui n'en perd pas une miette et ça ne me gène même pas. J'ai envie qu'il sente l'effet qu'il me fait. J'ai envie qu'il sente tout ce que je ressens pour lui. Après, il en fera ce qu'il veut. Damon a raison, il est temps que j'accepte mes sentiments. Que j'accepte d'en faire part, même si ça ne fonctionne pas par après.

And your company was just the thing I needed tonight

Sa main remonte ma jupe lentement et je suis prise de frissons quand sa main glacée touche ma cuisse brûlante. Il frotte sa main de haut en bas, sentant parfaitement l'effet qu'il me fait. Je passe alors mes mains derrière moi, les accrochant à son cou, pour moi aussi caresser la base de ses cheveux. Il soupire fortement et malaxe ma cuisse, me faisant dériver lentement vers un fantasme de lui et moi faisant des choses peu catholiques en public. Sauf qu'on ne peut pas. Quand même, ce n'est pas très poli. Et si il ne s'arrête pas, je vais entrer en combustion spontanée et lui sauter dessus. J'ai suffisamment envie de lui comme ça. Allez, Bella, tu prends ton courage à deux mains et tu stoppes ça avant que ça ne dégénère. A contrecoeur malgré tout, j'attrape sa main qui remontait dangereusement vers mon intimité, me faisant perdre tout sens utile et murmure:

- Edward arrête …

Oh putain. Oh merde. Mais ma pauvre Bella, tu ne peux pas réfléchir correctement deux secondes de suite, non? Aussitôt dit, aussitôt regretté évidemment. Il stoppe son mouvement et se raidit contre moi, me relâchant complètement. Quel boulet, mais quel boulet je fais ! Pourquoi faut-il que le nom d'Edward passe mes lèvres maintenant ? Pourquoi, hein ? Je ne peux pas être intelligente une seule fois dans ma vie? Non mais vraiment … Allez, Bella, réfléchis, trouve un truc, dis quelque chose …

- Quand je te disais de penser à un endroit de rêve, j'étais loin d'imaginer qu'il s'agissait des bras d'Edward. Il m'est désormais plus facile de comprendre les sentiments qui émanaient de toi …

Je veux protester mais rien ne sort. Je me retourne, rive mes yeux désolés dans les siens, froids. Ils étaient plein de promesses tout à l'heure et maintenant, ils ne me disent plus rien. Quelle gourde mais quelle gourde. Le pire, c'est que je ne trouve rien à dire. Il me regarde encore quelques instants, visiblement peiné puis murmure:

- Rentrons.

Je le suis à travers le restaurant et attrape ma veste, ne sachant que dire, que faire pour rattraper cette bourde incroyable. Mais au moins, je sais maintenant que Damon disait vrai: il n'aurait pas ce regard triste si je ne comptais pas pour lui.

Somehow I feel I should apologize
Cuz I'm just a little shaken
By what's going on inside

Arrivés à la villa, je monte direct jusque ma chambre pour m'y enfermer, honteuse. Il n'a pas prononcé un seul mot pendant le trajet, ne m'a jeté aucun regard et ne m'a certainement pas pris la main. J'ai presque du courir pour le rattraper, bousculée par la foule qui flânait toujours dans les rues. Je jette mon sac à mains sur le lit et ôte ma veste que je fais valdinguer à travers la chambre. Elena n'est pas là, certainement encore aux prises avec ses deux vampires adorables. Elle ne peut pas choisir mais ils l'aiment quand même tous les deux. Moi, j'ai enfin fait un choix mais je ne peux en avoir aucun des deux, et encore moins celui que j'aime. C'est désespérant. Tout avait pourtant si bien commencé ! Je me voyais déjà finir la nuit entre ses bras. Et regardez-moi maintenant, ici, enfermée dans ma chambre, au bord du petit-suicide. Je voudrais juste retirer mes mots. Ne pas les avoir prononcés. Que tout continue à bien se passer. Je m'approche du mur et fais ce que je faisais enfant. Je me tape la tête contre le mur, doucement.

- Beetlejuice.

Pathétique, je sais, mais je m'en fous. Un deuxième coup et:

- Beetlejuice.

J'en suis à supplier intérieurement pour que le vilain bonhomme aux cheveux blancs et au costume rayé apparaisse devant moi pour réaliser mon souhait. Okay, je mélange les genres et alors? Je suis un peu mal là, si vous n'aviez pas remarqué ! Je me donne un nouveau coup, plus fort, en haussant le ton:

- BEETLEJUICE.

Okay, ça ne marche pas. Plus vite alors ?

- Beetlejuice. (coup). Beetlejuice. (deuxième coup). Beetlejuice! (troisième et quatrième et cinquième et sixième coup).

La porte de la chambre s'ouvre tandis que je suis toujours front contre le mur.

- Bella, ça va?

Visiblement, ce n'est pas Beetlejuice. Merde alors ! Je me sépare du mur pour voir Elena qui me toise l'air inquiet.

- Que se passe-t-il ?

- Où sont tes deux chevaliers servants? dis-je pour éviter de parler de moi, ce que je refuse à tout prix.

- Eh bien, Jasper avait besoin de "déraciner quelques arbres" selon Damon. Ils l'ont donc accompagné.

Oh.

- Oh. fis-je en écho à mes pensées.

Tout ça à cause de moi. Bon sang, je mériterais de mourir, là tout de suite, pour être aussi bête!

- Que s'est-il passé, Bella ? Damon semblait penser que vous partiez en rendez-vous romantique !

- Et c'est ce qui est arrivé ! dis-je en me laissant tomber sur le lit, levant les bras en signe d'impuissance pour les laisser retomber ensuite complètement décomposée.

- Alors pourquoi Jasper a-t-il besoin de se défouler? Tu as glissé sur une limace, es tombée et tu t'es ouvert le genou? me demande-t-elle sarcastique.

J'arque un sourcil dans sa direction et elle lève les mains, un sourire aux lèvres:

- C'est l'hypothèse d'Emmett !

- Quel con celui-là ! fis-je en souriant toutefois également.

Elle se laisse tomber sur le lit à côté de moi et rive son regard inquiet sur moi.

- Alors, dis-moi …

- J'ai fait une connerie, Elena. Une grosse connerie. Et je pense que je ne vais pas pouvoir la rattraper, celle-là …

- Raconte-moi tout! Car, crois-le ou non, ce n'est pas Beetlejuice qui pourra venir à ton secours ce soir! Mais tu m'as moi, tu gagnes au change non? rit-elle en passant son bras autour de mes épaules.

Je m'éveille en sursaut dans mon lit, tremblante et en nage. Après avoir pleuré une bonne heure dans les bras d'Elena qui m'a confirmé que j'étais effectivement bien un boulet, je suis tombée KO. Je me retourne et vois que mon amie dort paisiblement sous ses couvertures. Elle a de la chance. Elle n'est pas conne comme moi, elle. Je bois une gorgée de ma bouteille d'eau et soupire. Je ne pourrais jamais me rendormir. J'ai rêvé que Jasper et Alice se remariaient, pour de bon cette fois. Quand j'arrivais, essoufflée, à l'église pour l'empêcher de faire cela, il se retournait sur moi et me disait que j'avais choisi Edward. Je le suppliais de m'écouter, d'être avec moi. Je lui disais que je n'aimais que lui et que je ne voulais que lui mais il me disait de retourner avec le vampire roux de ma vie. Alors que je me traînais à ses pieds, Alice se saisissait de moi, hurlait que je gâchais son mariage et me mordait. Franchement, je fais vraiment des rêves bizarres depuis le départ d'Edward il y a quelques années maintenant. Je rêve toujours qu'un des deux, lui ou Alice, m'attaque. Je dois vraiment leur en vouloir, y a pas à dire! Alors que je tourne et me retourne dans mon lit, incapable de trouver le sommeil, je me demande si Jasper a fini de "déraciner ses arbres". Et voilà une force incontrôlable qui me fait sortir du lit pour aller le rejoindre. Arrivée à la porte de la chambre, je suis pourtant beaucoup moins certaine de mon fait. Mais j'ai besoin de le voir. Maintenant. Je me glisse donc hors de la chambre sans faire le moindre bruit et me faufile dans le couloir en espérant ne me prendre les pieds dans rien. Il ne manquerait plus que ça. Quand j'arrive devant sa porte, je tergiverse tout de même un peu. Et si il me repoussait? Je ne pourrais pas le supporter. J'ai besoin de lui, j'ai besoin de son contact, j'ai besoin de son amour. Je ne supporterai pas qu'il me rejette. Et pourtant, là, je risque tout. Je risque tout parce que ça en vaut la peine. Je risque tout parce que si je ne le fais pas, je perdrais de toute façon tout ce que j'ai ou du moins ce que je voudrais avoir. Alors autant tenter le coup. J'ouvre la porte le plus discrètement du monde, même si je sais que mon beau vampire blond m'a senti arriver à des kilomètres à la ronde. Mieux, il a pu sonder toutes mes émotions. Il sait donc que je suis au bord du désespoir. Un fin rai de lumière provenant de la lune éclaire la chambre et je peux le voir, couché sur le lit, en boxer, un bras replié sous la tête et l'autre posé nonchalamment sur son estomac. Et ses yeux sont rivés sur moi. Il est tout simplement magnifique et j'en suis, comme toujours, bouche bée. Dieu que je l'aime. Pourquoi n'est-ce pas si simple à lui dire?

I should go
Before my will gets any weaker

- Que fais-tu là, Bella?

Mais je suis à nouveau incapable de répondre. Subjuguée par sa beauté, effrayée par son ton froid, tendue de peur qu'il me rejette, je suis muette. Je m'avance donc dans la chambre, prête à tout pour être près de lui. Il se redresse sur ses coudes, bandant ainsi ses pectoraux, ce qui me fait manquer un battement de coeur. Il est sublime.

- Bella ?

Mais Bella est aux abonnés absents. Ne reste ici que mon envie, mon besoin de lui. Le reste est parti, envolé. J'avance encore jusqu'à me retrouver contre le lit, à côté de lui. Son regard ne m'a pas quittée et je le supplie mentalement de ne pas me repousser. Comme s'il pouvait lire dans mes pensées !

- Que se passe-t-il, Bella?

Mais je ne veux pas répondre. Je veux lui montrer. Je pose alors un genou sur le lit, lentement. Si il veut m'arrêter, il n'a qu'à le faire. Je lui en laisse le temps, même si il n'en a pas besoin, avec sa vitesse vampirique. Je pose alors le deuxième tandis qu'il me regarde toujours intensément.

And my eyes begin to linger
Longer than they should

- Que fais-tu, Bella?

Je me laisse alors glisser tout contre lui, me lovant contre son torse, ma tête reposant dans son cou. Voilà où est ma place. Voilà où elle a toujours été. Heureuse d'y être arrivée sans qu'il me rejette, les larmes se mettent à rouler sur mes joues, sans que je ne fasse rien pour les arrêter. Pas de sanglots, pas de hoquet de tristesse. Juste mes larmes.

- Bella …

- Je veux juste être près de toi, je t'en supplie, Jasper … dit ma voix éraillée par mes larmes de la soirée.

Il ne dit rien, retombe sur le lit mais ne me serre pas contre lui.

I should go
Before I lose my sense of reason

- Je t'en supplie, ne me rejette pas … j'ai besoin de toi … finis-je par avouer, les larmes coulant à flots.

- Oh Bella … murmure-t-il en enroulant enfin ses bras autour de moi, me rapprochant encore de lui. Et aussitôt, le sommeil me happe, comme un précipice dans lequel je cherchais à tomber. Heureuse, dans ses bras, je peux enfin être tranquille.

And this hour holds more meaning
Than it ever could
I should go
I should go
Baby, I should go

Le lendemain, j'ouvre les yeux dans un lit vide. Mon coeur se serre directement mais je tente de me rassurer: il est juste parti chasser pendant que je dormais, voilà tout. Hier, il m'a accueillie ici, dans sa chambre, dans son lit … dans ses bras qui plus est, je n'ai donc rien à craindre. Je n'ai plus qu'à lui avouer que je l'aime et que je veux être avec lui, pour toujours. Et après, espérer qu'il veuille la même chose en retour. Bon, c'est effectivement la partie la plus compliquée … Peut-être que je devrais commencer par un "Je n'ai jamais aimé Edward comme je t'aime …", ça allégerait peut-être un peu la tension, non ? Ou l'aggraverait. Non, autant ne pas commencer comme ça. Le problème, c'est comment amorcer la discussion ? Je ne peux décemment pas débarquer en disant "Salut Jasper, comment ça va ce matin ? La chasse a été bonne? Oh, au fait, juste pour t'informer: je suis folle amoureuse de toi. Et toi?". Quoique, ça ferait son effet. Argggggghhhh c'est trop dur ! Pourtant, mes sentiments sont limpides. C'est plutôt les siens qui sont nébuleux. Et ça me fait peur en fait. Peur d'affronter sa réaction. Quelle pathétique je fais ! Je tape des jambes et des bras sur le lit sur lequel je suis toujours allongée, instaurant par là une nouvelle "thérapie Swanienne" comme l'appellerait Jasper. Ca défoule au moins ! Après quelques minutes de coups sur le matelas, quand j'ai suffisamment mal aux bras et aux jambes, je décide de me lever. J'arpente les couloirs sans croiser personne, rentre dans ma chambre pour passer un top blanc et un petit short de plage fuschia puis descend vers la cuisine sans encore une fois croiser personne. Ils sont tous passés où, bon sang ? Buffy est venue les tuer pendant la nuit ou quoi ? Quand j'arrive à la cuisine, Elena est en train de finir son petit-déjeuner et descend à une allure inimaginable son verre de jus d'orange.

- Salut, traîtresse ! lâche-t-elle en reposant son verre.

Je souris et m'approche d'elle sans rien dire pour me poser sur le tabouret à ses côtés.

- Alors, dévergondée, elle était bonne, ta nuit ?

- Il ne s'est rien passé ! assurai-je, forte de la vérité de ce que j'avance.

- C'est cela oui … Je vais te croire tiens !

- Elena … commençai-je, mais elle lève la main pour m'interrompre directement:

- Tss tss tss! Tu passes une soirée avec Jasper, tu vis un moment de sensualité à l'état brut puis tu merdes. Monsieur va arracher quelques arbres pour se calmer, toi tu pleures. Je m'endors et quand je m'éveille à 5 heures pour aller faire pipi, plus de Bella. Tu imagines ma surprise quand j'ai demandé à Damon s'il ne t'avait pas vu, ce matin, et qu'il m'a répondu que tu étais très précisément dans le lit de Jasper.

- Ce n'est pas …

Mais elle m'interrompt à nouveau:

- Allez, Bella, on sait tous que Jasper n'est pas le genre de gars à côté de qui on s'endort sans rien faire …

- Et pourtant !

- Pfffff ! Tu es encore plus boulet que je ne le pensais.

Je lui tire la langue avant de sauter de mon tabouret pour aller me chercher un verre de jus d'orange dans le frigo. Elle feuillette un magazine distraitement pendant que je le bois mais elle n'ajoute rien. Tant mieux. Je regarde autour de moi et me dis que tout est vraiment étrangement calme.

- Où sont-ils tous ?

- Emmett et Rosalie voulaient voir une petite crique isolée.

- Ce qui veut dire qu'ils sont partis faire l'amour comme des bêtes par là.

- Tu as tout compris ! rit-elle en refermant son magazine.

- Et tes deux chevaliers servants ?

- Stefan est parti avec Jasper pour chasser. Et Damon était là jusqu'il y a quelques minutes.

- Il est passé où ?

- Il avait quelque chose à faire sur l'autre île. Impossible de savoir quoi.

- Du Damon tout craché !

- Tu commences à bien le cerner !

Je souris en reposant mon verre et promène mon regard autour de moi quand quelque chose s'impose à moi:

- Attends, tu veux me dire qu'on est toutes seules, ici?

Elle hoche la tête distraitement, regardant son portable.

- Je veux dire, Elena, TOUTES SEULES. Toutes les deux. Rien que nous.

- Oui, j'avais bien compris, merci ! fait-elle en arquant un sourcil devant mon air réjoui.

- Elena, tu ne comprends pas ! On est toutes seules. Dans la maison. Ici. Toutes les deux. Sans aucun vilain vampire pour nous empêcher de respirer comme bon nous semble.

Je vois que mot après mot, l'idée s'impose à elle au fur et à mesure que son sourire s'agrandit. Elle saute alors de son tabouret et frappe dans ses mains:

- On fait quoi de notre liberté retrouvée ?

Je regarde autour de moi à la recherche d'un méfait à accomplir.

- Tout d'abord, pour savourer ce moment de pur bonheur, il nous faut …

Je m'avance vers le salon où trône une énorme chaîne HIFI:

- … de la musique !

Supermassive Black Hole de Muse retentit à tout rompre dans la pièce, ce qui fait sursauter Elena. J'éclate de rire avant de tourner sur moi-même pour trouver quelque chose à faire. Elena me rejoint et danse à côté de moi. Je lui souris et grimpe sur la table du salon pour danser moi aussi. Elle se met à tournoyer sur elle-même dans tous le salon, parvenant à me donner à le tournis. Alors que je m'approche de la chaîne HIFI pour trouver un autre CD, elle continue son exploration circulaire de la pièce. J'attrape le CD de Depeche Mode et sourit. On va se faire plaisir.

- Bellaaaaaaa ! Regarde ce que j'ai trouvéééééé !

Je me retourne pour la voir, une bouteille énorme à la main, un air tout fier sur le visage.

- La réserve personnelle de Damon !

- Elena, on va se faire descendre !

Mais la brune n'en a rien à faire, elle débouche la bouteille et en boit un coup direct au goulot.

- Elenaaaaa !

Elle rejette la tête en arrière, morte de rire et se remet à danser tandis que It's no Good retentit dans la pièce.

- Il peut pas m'en vouloir! Il m'aime ! fait-elle en levant les yeux au ciel.

Elle me tend alors la bouteille que je refuse.

- Bella, on a aucun vampire psychorigide pour nous faire la morale ! Lâche-toi !

Son air est déterminé et je me laisse faire. J'attrape la bouteille volumineuse et la porte à mes lèvres à mon tour. Le whisky est amer et désagréable à boire. Il brûle ma gorge et je lui retends le magnum avec une grimace de dégoût.

- Garde ça, c'est dégueulasse !

Elle sourit, hausse les épaules et en reprends un coup. Elle va être déchirée dans moins de dix minutes, je vous le dis moi ! D'ailleurs, elle commence déjà à l'être car elle continue sa danse circulaire, bouteille ouverte, en renversant partout sur son chemin. Je me précipite pour la lui prendre des mains, afin d'éviter les dégâts. Pas de vampire emmerdant pour le moment, certes mais il ne faut pas laisser de traces, sinon on n'évitera pas la crise.

- Elena, donne-moi ça !

Elle résiste, secoue la bouteille, nous en renversant sur toutes les deux, et part dans un fou rire qui m'apprend que son état est déjà avancé. Ah bon ? Quand je parviens à attraper la bouteille, je vois que c'est un whisky de 10 ans d'âge, à 40%. Tu m'étonnes qu'elle est déjà pompette ! D'ailleurs, moi aussi mon corps s'engourdit un peu. Rien qu'avec une gorgée ! Wow, il est balèze Damon pour en boire autant sans en être affecté, quand même !

- Bellaaaaaaa ! Viens danseeeeeeer !

Je pose la bouteille sur la table de salon et la rejoint devant la baie vitrée. Elle attrape ma main et danse comme une folle. Je la suis, grisée moi aussi par l'alcool qui se répand dans mes veines. Elle se retourne pour me sourire diaboliquement et m'entraîne à sa suite vers la terrasse. Les hauts-parleurs installés dehors nous retransmettent la musique, nous permettant de continuer notre périple musical. On danse autour de la piscine, bougeant notre corps comme jamais. Heureusement que l'île est déserte et qu'il n'y a aucun vampire dans les environs pour nous voir. On aurait l'air malignes sinon ! Elena semble s'amuser comme une gamine et je décide, pour rester dans le ton, d'en faire autant. Je la pousse donc dans la piscine, sans ménagement. Elle hurle pendant que j'éclate de rire et que je continue à danser devant elle, mon air vainqueur sur le visage. Elle décide évidemment de se venger, ce à quoi je m'attendais et attrape ma jambe pour me faire basculer moi aussi dans la piscine. Je me penche en avant pour éviter tout accident et me laisse bien entendu faire. On se chamaille un petit peu, se lance de l'eau à la figure jusqu'à ce que ma nouvelle amie en ait marre et sorte de l'eau avec moi à sa suite. Alors que la radio enclenche Enjoy The silence, on court vers la terrasse pour entendre mieux encore. Arrivées à la porte vitrée, on se regarde sachant qu'il est déconseillé, trempées comme on est, de rentrer dans la maison. Elle me sourit, je lui souris en retour et elle attrape ma main pour m'entraîner à l'intérieur. On s'en fout, il n'y a personne pour nous gronder ! Alors qu'on fait le tour de la pièce en gouttant partout, main dans la main, nous balançant au son de la voix de Dave Gahan, je me sens bien. J'ai une amie humaine qui vit les mêmes choses que moi, je passe des vacances inoubliables avec le vampire que j'aime et qui semble m'aimer en retour, je profite de ma vie, je profite de tout, que demander de plus ? Elena se sépare de moi pour filer à la cuisine pendant que je me mets à chanter cette chanson que je connais par coeur et que j'adore:

- All I ever wanted … All I ever needed … It's hereeeeeee in my arrrrrrrrrrrms … Words are very unnecessary …

Elena complète pour moi en revenant dans la pièce avec son air de sale petite gamine qui va faire une bêtise:

- They can only do haaaaaaaaaaaaaarm !

Et elle en fait effectivement une car quand je me retourne vers elle, elle est en train de nous verser du vin dans deux énormes verres. Vin qu'elle a trouvé je ne sais où d'ailleurs. Mais peu importe, quand elle me tend le verre, je m'en saisis et m'éloigne, buvant une gorgée, tout en continuant à danser. Alors que je me dandine toujours, verre de vin à la main, je me retourne vers la baie vitrée et sursaute. Jasper est là, appuyé dans l'encadrement de la porte, les bras croisés, un sourire aux lèvres.

It's so hard
Keeping my composure

Il me regarde me trémousser depuis combien de temps, comme ça ? Je me stoppe net et baisse la tête. C'est là que je remarque mon erreur. En sautant dans la piscine avec mon top blanc, je suis désormais …

- Heyyyyy, c'est l'élection de Miss T-shirt mouillé aujourd'hui ? lance Emmett en entrant, un sourire goguenard sur le visage.

Pauvre type va! Il a accès à mes pensées ou quoi ?

Je tente tant bien que mal de cacher mes seins fort apparents avec mes bras, ce qui redouble le sourire de Jasper. Mince, mince, minnnnnnnnnnnnnnnnce !

- Waouuuuuuuuuw, Elena, tu es splendide ! lance Emmett en s'approchant de mon amie qui n'est pas en reste, sa petite robe bleue ciel découvrant également toute son anatomie.

Damon apparaît alors comme par magie à côté de Jasper et détaille Elena des pieds à la tête, ne manquant certainement aucun détail. Elle sautille alors jusque derrière moi et s'y cache. Merci la copine ! Jasper n'a toujours pas bougé et moi non plus. Je suis tétanisée. Mon dieu, pourquoi fallait-il qu'il rentre maintenant? Je dois être aussi rouge qu'un feu tricolore. Quelle honte, quelle honte, quelle hoooooooonte ! Rosalie entre à son tour, nous regarde toutes les deux, trempées, rougies de honte, et pouffe de rire. Je détourne mes yeux de Jasper pour la fusiller du regard quand elle se laisse tomber sur un fauteuil, toujours morte de rire. Si elle continue, elle sera bientôt morte tout court, si vous voulez mon avis. Enfin, vraiment morte, c'est ce que je voulais dire. Arrrrrrgh, même mes pensées s'emmêlent quand Jasper est dans les parages !

- La montagne russe des sentiments est de retour ! dit Jasper de sa voix si sensuelle.

Je reporte mon attention sur lui, sûre d'être violette de gêne maintenant et le détaille du regard. Il a mis un pantalon cargo beige et une chemise à manches courtes noire. Miam. Shhhht, Bella, modère tes ardeurs, s'il te plaît !

And pretend I don't see how
Your body curves beneath your clothes

Il sourit d'autant plus et j'ai envie de rentrer dans un trou de souris. Misère, ma vie craint ! Damon s'avance vers Elena et dit, de sa voix sensuelle:

- Vous avez été de vilaines filles.

Elena s'agrippe à mon bras, toujours derrière moi, morte de honte.

- Vraiment vilaines.

Jasper sourit en ne me lâchant pas des yeux, pendant que moi, je me sens morte de honte. Mais pourquoi fallait-il qu'ils reviennent MAINTENANT? Vous croyez que si je recommence à faire "Beetlejuice" contre un mur, ils vont me faire interner?

- A ton avis, Jazz, comment peut-on les punir ? demande Damon à mon beau vampire blond qui n'a d'yeux que pour moi (hey, je ne suis pas prétentieuse, c'est lui même qui me l'a dit hier!)

- Le châtiment doit être à hauteur de la faute, si tu veux mon avis!

Elena gémit tandis que les deux vampires sourient de manière que je qualifierai de diabolique. Aie, ça va faire mal !

- Et elles ont été vraiment vilaines ! fait Damon en regardant les dégâts d'eau et de whisky qu'on a fait partout.

- C'est Bella qui m'a fait plonger dans la piscine! lance Elena de derrière moi.

Oh la sal... ! Les deux vampires se retournent sur moi qui me retourne sur Elena. Tiens,d'ailleurs, où sont encore passés Emmett et Rosalie ? J'ai bien l'impression que ces deux-là en profitent vachement de ces vacances ! Mais passons d'abord notre colère sur Elena ! Je la fusille du regard et elle hausse les épaules, tristounette. Je pince les lèvres puis me retourne vers les deux compères:

- C'est Elena qui a piqué ta bouteille de whisky !

Je l'entends faire "Haaaaaaaaan" derrière moi et sourit diaboliquement. Damon ouvre la bouche, visiblement étonné:

- Ma bouteille de whisky ? Quelle bout … ?

Mais il s'interrompt quand il avise justement cette bouteille qui est tombée de la table et s'est renversée sur le tapis du salon.

- Oups! fis-je, prête à me faire sermonner.

- Mais Elena, tu as perdu la raison ou quoi ? C'était du 12 ans d'âge !

- 10 ! m'exclamai-je, sûre de mon fait.

- Pardon ?

- Du 10 ans d'âge, plutôt!

- Ecoute, Bella, t'es toute mignonne, surtout avec ce t-shirt moulant …

Je relève les bras d'autant plus sur ma poitrine, honteuse tandis qu'il continue:

- … mais j'étais là quand ce whisky a été fabriqué et c'était bel et bien il y a 12 ans.

- Gnagnagnagna!

Ils lèvent tous deux les yeux au ciel quasiment en même temps, ce qui me fait sourire. Sourire que je perds immédiatement quand Damon regarde Jasper, lui faisant comprendre en un regard qu'il faut encore qu'ils trouvent notre peine. Jazz sourit, bras toujours croisés et dit calmement:

- Etant donné que Mademoiselle Elena ici présente vient de passer les 24 dernières heures à t'éviter soigneusement, j'impose qu'elle passe la soirée en ta si désobligeante compagnie afin d'apprendre que la communication est une chose primordiale …

Bah dis donc, comme punition, il y a pire quand même ! Qu'on me rende du whisky et que je m'en asperge car franchement, Damon n'est pas le garçon le plus désagréable à regarder que je connaisse. Et oui, mon esprit pense directement à Mike Newton, ne me demandez pas pourquoi ! Hihi! Ce qui veut dire que ma punition à moi, puisque notre méfait est commun, est de passer la soirée avec Jasper. Youhouuuuu ! Whisky pour tous et surtout pour moi !

Damon se retourne alors sur moi et ancre son regard dans le mien:

- Quant à toi, Miss Swan, et puisqu'Elena t'a désignée comme l'auteur malheureuse de ces flaques, je te laisse le soin d'éponger cela. Ensuite, tu passeras la soirée comme Cendrillon. Dans ta chambre. Et seule.

Je pince les lèvres, vexée puis me tourne vers Jasper qui hausse les épaules avant de se détourner pour ressortir. Non mais oooooh, c'est quoi ce bordel ? Je ne suis pas d'accord moi ! Pourquoi Elena passe la soirée avec Damon comme punition paradisiaque et que moi je dois être consignée dans ma chambre ? C'est elle qui a piqué le whisky ! C'est pas juuuuuuuste !

Après avoir épongé toutes nos éclaboussures, aidée par Elena qui n'a pas voulu me laisser faire ça seule, je suis dans la douche pour me rafraîchir un peu. Les autres sont descendus sur la plage et je dois les y rejoindre quand je suis prête. Alors que je sors de la douche, toute propre et de plus ou moins bonne humeur car j'ai un plan pour échapper à mon enfermement de la soirée, je sursaute en apercevant quelqu'un assis au pied du lit. Mon coeur se calme quand je me rends compte qu'il s'agit seulement d'Elena. Sauf qu'elle n'a pas l'air d'aller bien. Oh oh … serait-elle déjà malade avec ce qu'elle a avalé?

- Elena, tu te sens bien ?

Mais elle ne répond pas, elle semble perdue dans ses pensées. Je m'assieds à ses côtés et attends qu'elle se décide à parler. Sauf qu'elle ne le fait pas. Après quelques minutes de silence, je ré-essaie:

- Elena ?

- Hum?

- Que se passe-t-il ?

- Stefan est parti.

- Comment ça? m'exclamai-je, étonnée.

- ll est reparti chez nous. Un problème dans notre ville qu'il devait régler.

- Sans toi ?

- Sans moi.

Oups. J'aurais peut-être du trouver une autre façon de le dire.

- Sans me le dire même ! complète-t-elle, visiblement très affectée.

- Elena, je …

Je ne sais pas très bien que dire pour la réconforter. Jasper m'a aussi, en son temps, abandonnée à Edward . Est-ce ce que Stefan a fait aujourd'hui? Lui laisser une chance d'être avec Damon pour qu'elle puisse se décider? Ou avait-il vraiment une raison de se précipiter dans leur ville pour empêcher un grand malheur? Je me dis qu'il n'aurait pas aussi facilement abandonné sa chère et tendre à son frère diabolique. Ca ne lui ressemble pas du tout. Mais que puis-je lui dire? Elle doit faire ses propres découvertes vis-à-vis de Damon, c'est très important pour elle. Car elle pourrait le choisir, elle pourrait voir qu'il lui correspond mieux, comme je l'ai découvert avec Jasper. Si je n'avais pas eu du temps avec lui seul, je ne m'en serais jamais aperçue. Et ça aurait été une véritable erreur. Le romantique Edward Cullen n'était pas celui qu'il me fallait. Mais j'ai du le découvrir par moi-même, voilà tout. Je vais lui dire ça, oui, ce serait une bonne idée. Ou pas … Argggh, je ne sais pas. J'ai souffert ma part pour être avec Jasper. J'en ai bavé. Et je suis toujours malheureuse maintenant, loin de lui. Mais au bout du compte, je sais que ça en valait la peine. D'ailleurs, j'ai choisi de ne pas retourner vers Edward pour cela. Mon choix était le bon, je le sais. Il faut juste que j'avance, que j'avoue mes sentiments pour le beau vampire blond et on pourrait être enfin heureux. Oui, enfin ! Mais peut-elle être heureuse avec Damon ? Jasper n'est pas Damon même s'ils se ressemblent énormément. Et il est vrai qu'au départ, je n'aurais pas parié un sou sur la capacité de Jasper à être gentil, attentif et doux. Et pourtant, j'avais tord. Peut-être qu'il en est de même pour Damon. Ou peut-être pas. Je ne peux pas lui conseiller de lui laisser une chance si je la jette dans la gueule du loup. Alors que dire? Au moment où je vais lui dire ce que j'en pense, la porte s'ouvre. Sauvée par le gong, comme on dit. Je lève les yeux sur Damon qui se tient à l'entrée de la chambre, mains dans les poches, un air embêté sur le visage. Il ne dit rien mais je me lève pour passer vite fait à la salle de bains pour mettre mon bikini et mon paréo et filer vers la plage pour les laisser seuls tous les deux. Espérons qu'il la convainque de lui laisser une chance, c'est le mieux placé pour le faire, après tout.

Je rejoins les autres sur la plage. Emmett et Rosalie sont quasiment grimpés l'un sur l'autre, se faisant des papouilles. Bon sang, à ce rythme-là, ils n'auront plus de peau ! Je ne vois Jasper nulle part et commence à installer mon drap de plage sur le sable quand je l'aperçois dans l'eau, nageant vers le rivage. Je m'assieds sur ma serviette, contemplant ses mouvements amples et rapides, le ramenant à moi. Quand il se met sur ses jambes et sort de l'eau, les gouttes ruisselant de ses cheveux sur son torse, mon coeur rate un battement. Il est simplement magnifique. Et je le veux. Ici et maintenant. Sauf qu'avec Rocco et Kendra en train de nous refaire un porno en live, ce ne serait pas vraiment très romantique. Quand il est proche de moi, il m'offre un sourire radieux et je saute pour me remettre debout et anticiper son retour.

- On va se balader? demandai-je, nerveuse.

Il se penche pour attraper sa serviette et s'essuie le visage avec pendant que je bave littéralement d'envie devant lui. Et qu'il n'en manque rien. Sauf s'il croit que ça vient de nos deux tourtereaux, ça pourrait me sauver !

- Bonne idée ! fait-il en jetant sa serviette sur la mienne pour me tendre la main.

Main que j'attrape évidemment directement pour l'emmener à ma suite le long de l'eau.

Pieds dans l'eau, on a fait quelques mètres main dans la main sans rien nous dire. J'ai envie de lui dire tout ce que j'ai sur le coeur mais je ne parviens pas à amorcer la discussion. J'ai vraiment peur de sa réponse, malgré ce que Damon m'a dit. C'est idiot, n'est-ce pas ? J'ai l'impression qu'on se manque à chaque fois. Les rois du quiproquo en bref.

- Étais-tu mal à l'aise à cause de nos deux exhibitionnistes ? demande-t-il en brisant enfin le silence installé entre nous.

- Un peu. Comment est-il possible de se monter constamment dessus sans finir dégoûtés ?

- Tu penses que tu pourrais l'être, dégoûtée, avec la bonne personne ? fait-il en rivant son regard dans le mien.

Et bam, je rougis instantanément. Bien sûr que non, je ne pourrais jamais être dégoûtée si je le faisais constamment avec lui. Question idiote bien évidemment !

- Enfin … non rien.

- Si, dis-moi ! fis-je en m'arrêtant pour le regarder.

Il a son sourire taquin et je sens qu'il va dire une méchanceté. Allez savoir pourquoi, je le sens, c'est tout.

- Je pensais juste que je pourrais comprendre que tu en sois un peu dégoûtée, avec le mielleux Edward Cullen.

J'ouvre la bouche dans un "O" bien prononcé qui le fait éclater de rire. Je reprends mon chemin, le tirant derrière moi. Je replace une mèche de cheveux derrière mon oreille, nerveuse et lâche:

- Ne sois pas bête. Edward n'est pas la bonne personne.

- Ah bon?

- Non, il ne l'a jamais été d'ailleurs. Dommage que je ne m'en sois pas rendue compte plus tôt, c'est tout.

Il ne dit rien, continuant à marcher à mes côtés, perdu visiblement dans ses pensées.

- Je ne regrette pourtant pas de l'avoir rencontré, tu sais …

Il redresse la tête vers moi, interrogateur.

- Si il n'était pas entré dans ma vie, je n'aurais jamais connu l'humour pourri d'Emmett. C'aurait été un vrai drame, tu ne penses pas ?

Il éclate de rire et je souris à mon tour, je suis parvenue à le dérider.

And your laugh
Is pure and unaffected

Alors qu'on atteint la fin de la crique et qu'il nous faut enjamber des rochers pour continuer, il grimpe devant moi et me tend la main pour m'aider. Il me soulève d'un geste et je me retrouve dans ses bras, à quelques centimètres à peine de ses lèvres. J'ai envie de les happer avec les miennes pour lui montrer à quel point je l'aime mais je pense qu'on doit avoir une petite discussion, sinon les choses ne seront jamais dites. Alors qu'on marche sur les rochers précautionneusement, il m'interroge:

- Et à part l'humour d'Emmett, qu'aurais-tu voulu ne pas manquer ?

- La gentillesse de Carlisle et de me faire materner par Esmé. Il faut dire que ma mère ne m'a pas vraiment couvée.

- Evidemment ! dit-il dans un sourire.

- Et Rosalie, je ne pourrais pas vivre sans l'amitié de Rosalie.

- Tu ne parles ni d'Alice ni d'Edward …

- Oh ça …

Il continue son chemin un peu devant moi et je soupire. Il est temps que je lui dise la vraie raison de mon non-regret vis-à-vis de ma rencontre avec Edward: Lui. Je l'ai assez fait mariner.

- Je ne t'ai pas parlé de toi.

- Oh, je sais que moi, c'est des merveilleux surnoms que je te donne dont tu ne pourrais te passer, petite calamité ! fait-il en se retournant vers moi pour m'offrir un sourire radieux.

Et c'est évidemment ce moment que je choisis pour glisser sur la mousse d'un rocher. Il me rattrape juste au moment où mon coude va glisser contre la roche. Ouf. Il me redresse d'un coup et rit:

- Comme je le disais, tu es une vraie calamité.

Mais soudain, ses yeux s'obscurcissent au moment où une douleur me frappe de plein fouet. Je relève mon autre main, celle qu'il ne tient pas et vois une belle entaille dans ma paume. Visiblement, je me suis retenue avec cette main là, sans même m'en rendre compte. Jasper s'éloigne à la vitesse de la lumière, pour éviter de sentir mon sang. Je me mordille la lèvre, serrant ma main blessée de mon autre main.

- Bella, retourne auprès des autres.

Il est à une centaine de mètres plus loin, les poings serrés, visiblement assez tendu.

- Jasper …

- Va t'en, Bella, je ne plaisante pas.

Je regarde ma main blessée et soupire. Comment est-ce que je parviens toujours à foutre en l'air un bon moment? Je suis les 7 plaies d'Egypte à moi toute seule, c'est incroyable ! Soudain, quelque chose s'impose à moi et je fais quelques pas pour me rapprocher de lui

- Bella !

Sa voix sonne comme un avertissement mais je m'en fiche, je veux m'approcher de lui.

- Reste où tu es, Bella, ne vois-tu pas comme je peux être dangereux ?

- Je n'ai pas fini de te dire ce que je pense de toi, Jasper.

It frightens me to know so well the place I shouldn't go

- Bella, ce n'est vraiment pas le moment.

- Tu es LA raison pour laquelle je ne regrette pas du tout d'avoir rencontré Edward, Jasper. Il ne comtpe pas. Il ne compte plus. Et jamais il ne comptera autant que toi.

Je continue à avancer vers lui tout en disant cela. J'arrive devant lui, il n'y a plus que deux pas qui nous séparent et je n'ai même pas peur. Si il avait voulu me tuer, il l'aurait fait directement. Jasper ne me fera plus jamais de mal, j'en suis convaincue. Il me regarde, sans rien dire, ses yeux noirs fixés sur mon visage et non sur ma plaie.

- Bella …

- Je te fais confiance, Jasper. Entièrement confiance. Et je veux que tu sois heureux, pleinement. Et je sais que pour que tu le sois vraiment, tu dois boire du sang humain.

I know I gotta take the noble path
Cuz I don't want you to question
The intentions that I have

Sur ces mots, je lui tends ma main, ce qui le fait reculer de plusieurs mètres encore.

- Tu es folle? Suicidaire ? Qu'est-ce qui te prend?

- Ce qui me prend? Je te connais Jasper. Après toutes ces années, je te connais. Et je sais que tu ne seras toi-même qu'en buvant du sang humain. Alors je t'en prie, si tu dois le faire, prends le mien !

Je me rapproche encore tandis que son regard noir est douloureux. Je sais que je le tente particulièrement mais c'est le but. Je ne blague pas. J'aime Jasper mais j'aimerais qu'il soit pleinement comblé avec moi. Et je sais qu'il ne le sera que si il laisse sa vraie nature prendre le dessus. Il peut se contrôler, je le connais.

- Tu ne peux pas être sérieuse.

- Jasper, je ne plaisante pas. Bois mon sang. Prouve que tu me fais confiance. Et bois mon sang.

Je suis juste devant lui, main tendue et je le vois tergiverser. Je m'approche jusqu'à me coller à lui et tends ma main devant sa bouche. Mes yeux sont rivés dans les siens, sûre de moi. Il me sent, il sait que je le veux vraiment. Soudain, il attrape ma main et colle sa bouche contre, sans me goûter. Je le vois fermer les yeux, me humer. Mon coeur s'emballe et je souris quand je le sens enfin aspirer mon sang. Ce n'est pas la première fois, ce n'est pas dans les mêmes circonstances et pourtant, c'est toujours aussi sensuel. Alors qu'il me boit, son plaisir rencontre le mien et ils fusionnent, nous rendant tous les deux dingues. Mon coeur bat la chamade, je l'entends gémir alors que mon sang coule dans sa gorge et je suis au comble du bonheur. Son plaisir est si intense que je le sens grimper le long de moi, parcourir chaque centimètre de ma peau. J'avais raison, il n'est comblé qu'ainsi. Je souris, emplie de son bonheur et du mien puis gémis à mon tour:

- Oh oui, Jasper …

C'est si fort que je me sens transportée, j'ai besoin qu'il me boive autant qu'il a besoin de me boire. Cette connexion qu'il y a entre nous en est décuplée et je ne suis plus que plaisir à l'instant même. Pourtant, quand il m'entend gémir, il redresse la tête et me regarde, blessé. Je veux dire quelque chose mais c'est trop tard, il a repris pied dans la réalité. Le temps que j'ouvre la bouche, il a déjà disparu. Et merde !

Je reviens lentement vers la plage où sont Emmett et Rosalie, complètement dévastée, après m'être rincée la main dans l'océan pour arrêter le saignement. Il va partir, comme Stefan. Il n'est peut-être déjà plus là. Il va mettre un fossé entre nous. Je pensais que c'était la solution à tout. Que quand il aurait bu mon sang et saurait qu'il peut le boire pour se sentir mieux, tout irait enfin bien. Mais à quoi pensai-je? Je suis folle, il avait raison. Suicidaire non, mais folle assurément. Et je vais le perdre, à nouveau. Chaque petit pas qu'on fait l'un vers l'autre est inévitablement ruiné par une de mes boulettes. C'est juste impensable d'être aussi calamiteuse. Quand je rejoins Emmett et Rose, ils n'ont toujours pas changé le programme de leurs activités de la journée et ne savent rien du drame qui vient de se jouer quelques mètres plus loin. Je suis en morceaux et eux, ils se câlinent. C'est injuste, après autant d'années de vie commune et de bonheur tous les deux, ne pourraient-ils pas en laisser un peu aux autres qui ont déjà eu leur dose de malheur pour le siècle à venir? Et bam, claque mentale à moi-même pour avoir ce genre de pensées. Rose et Emmett méritent d'être heureux, eux plus que quiconque et je n'ai pas à les jalouser. Je suis idiote. Folle, idiote et complètement amoureuse du vampire blond qui va mettre un océan entre nous pour ne plus risquer que ce qui vient de se passer se reproduise à nouveau. Alors que j'attrape mon drap de plage pour retourner vers la villa, Jasper s'avance vers nous, dans le sens opposé d'où nous sommes partis tout à l'heure. Aurait-il fait le tour de l'île en un temps record pour se calmer? Je le regarde et vois que tout chez lui exprime l'énervement. Sa mâchoire est crispée, ses poings sont serrés et les muscles de ses bras sont tendus. Plus que tout, son visage est fermé. Ce qui me marque par contre directement, ce sont ses yeux. Ils ont directement pris une teinte plus rougeâtre, dûe à notre petit écart d'il y a quelques minutes. Je m'avance vers lui, vaillamment, incapable de le laisser tout ruiner entre nous encore une fois.

I should go
Before my will gets any weaker

- Jasper !

- Laisse-moi Bella ! fait-il sans me regarder, attrapant à son tour sa serviette.

- Jasper, on doit parler !

- J'ai dit: "Laisse-moi" !

Son ton est froid et rageur à la fois mais ça ne me déstabilise pas. Je sais dans quel état il se trouve mais il est inconcevable que je le laisse s'enfoncer plus avant dans sa culpabilité. Je veux qu'il m'écoute et qu'il ne gâche pas tout. Qu'on ne gâche pas tout, à nouveau. C'est trop demander ?

- Jasper, n'agis pas ainsi ! On doit en parler !

J'attrape son bras pour le faire me regarder. J'ai besoin qu'il me regarde. On dirait que je le dégoûte quand il agit ainsi. Et je ne peux pas supporter cette idée. Je ne peux pas le dégoûter, non …

- Lâche-moi.

Plus de colère, ou alors de la colère froide. Voir glaciale. Voir même en dessous du zéro absolu. Okay, ça en découragerait plus d'un. Pas moi. Moi, je veux qu'il me parle, je veux qu'il me regarde … je veux qu'il m'aime !

- Jasp …

- LÂCHE-MOI, BON SANG ! m'interrompt-il en rivant son regard haineux sur moi.

Oui, haineux. Les larmes me montent aux yeux et tremblante, je lâche d'une toute petite voix:

- Ne prends pas ça comme ça, ce n'était rien …

Il secoue son bras pour que je le lâche et explose, littéralement:

- Ce n'était rien ? RIEN ? Mais tu dois te moquer de moi, c'est impossible autrement ? Tu es folle, Bella, tu m'entends? FOLLE !

- Ne …

- Oh tais-toi, je t'en prie, tais-toi ! Tu en as bien assez fait là !

And my eyes begin to linger
Longer than they should

Emmett et Rose ont enfin arrêté leur séance de câlins pour redresser la tête et nous regarder, étonnés.

- Mais …

- Tout ça, c'est de ta faute! Je ne devrais même pas t'approcher, tu es … tu es …

Je baisse les yeux, brisée. Il m'en veut, il me déteste. Tout ce que j'ai fait pour qu'on se retrouve est réduit à néant.

- Tu es une vraie calamité, et ça n'a rien d'affectueux. Ne t'approche plus jamais de moi. Tu m'entends ? JAMAIS !

Il rive alors son regard rougi dans le mien pour me faire comprendre qu'il ne blague pas. Les larmes roulent maintenant librement sur mes joues, puisque je ne fais plus rien pour les retenir. J'hoche la tête imperceptiblement. J'ai compris, Jasper, j'ai compris. Tout est fini entre nous. Visiblement satisfait de ma réponse, il me tourne le dos et retourne vers la villa d'un pas rapide, toujours aussi tendu. Quand il est hors de vue, je m'écroule sur le sable, prise de sanglots incontrôlables.

Prostrée sur mon lit depuis quelques heures maintenant, entourée de Rosalie et d'Elena à qui j'ai raconté ce qui s'est passé, je vois le soleil se coucher lentement sur notre île qui était, jusque tout à l'heure, paradisiaque. Rosalie est plus qu'en rogne contre son frère tandis qu'Elena ne comprend pas ce qui lui prend, à Jasper. Elle ne saisit pas comment un vampire ne peut pas apprécier un don de sang de la personne qu'il aime. Ce à quoi je réponds qu'il ne m'aime pas, qu'il ne m'aimera de toute façon jamais autant qu'il a aimé Alice et que je ne devrais pas me faire d'illusions. Bref, je suis dévastée. Je suis comme la Floride après le passage de Katrina. Jasper est ma "Katrina" à moi. Et je n'ai pas vraiment envie d'entendre des "Il t'aime", "Il va revenir sur sa décision", "C'est un con" ou toute autre chose du genre. J'ai juste envie de pleurer sur moi-même pendant quelques heures, tranquillement. On frappe à la porte et je commence tout doucement à me demander si je n'ai pas un pass VIP pour les souhaits au ciel car Damon entre dans la chambre pour venir chercher Elena pour leur "rencard".

- Excusez-moi de déranger cette veillée mortuaire mais nous avons un rendez-vous, Elena.

Comptez sur Damon pour dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Et d'un côté, il n'a pas tort, avec la chambre plongée dans la pénombre, moi couchée sur le lit et les deux filles qui m'entourent comme si elles me veillaient. Je me relève un peu, histoire de lui prouver que je ne suis pas une minable.

- Désolée, Damon, il va falloir remettre ça, je préfère rester avec Bella ! dit Elena, dans un demi-sourire, heureuse de trouver un échappatoire pour ne pas se retrouver en tête à tête avec le vampire insupportable qui ne la laisse pas indifférente.

Damon fronce les sourcils, contrarié et avant qu'il ne puisse dire quelque chose, je dis:

- Vas-y, Elena. Je préfère être seule de toute façon.

- Mais …

- Non, je t'assure. C'est une punition après tout, tu n'as pas le choix. Allez zou !

Elle se lève, de mauvaise grâce, et rejoint Damon près de la porte. Il me lance un sourire ravi que je lui rends à demi. Je fais ça pour lui mais je fais ça pour elle également. Peut-être que Stefan n'est pas celui qui lui faut. Peut-être que Damon l'est. Ou peut-être pas. Mais si elle ne se laisse pas la chance de le découvrir, elle ne le saura jamais. Quand Damon lui ouvre la porte, je vois qu'elle n'est pas si énervée qu'elle veut bien le faire croire. Avant de la suivre dans le couloir, il se retourne vers moi et me lance un regard de remerciement auquel je réponds par un hochement de tête.

- On m'a dit que tu avais été encore plus vilaine cet après-midi que ce matin …

J'hausse les épaules, incapable de répondre à cause de la boule qui s'est formée dans ma gorge à l'idée que Jasper en ait parlé avec Damon.

- Tu as fait le bon choix, Bella. Mais tu restes consignée dans ta chambre pour la soirée, même si tu n'as pas vraiment l'intention de sortir, n'est-ce pas?

Je secoue la tête à la négative. Damon et moi, dans une autre vie, aurions pu être amis, j'en suis convaincue.

- C'est à nouveau un excellent choix. Reste dans ta chambre. Car j'ai moi aussi oeuvré pour toi.

Sur ces mots que je ne saisis pas vraiment, il m'offre un clin d'oeil et sort pour passer son rendez-vous si attendu avec la fille dont il est amoureux. Pourvu qu'ils se trouvent, vraiment.

Une heure plus tard, alors que Rosalie me passe un linge mouillé sur les yeux pour les faire dégonfler, on frappe de nouveau à la porte. Rosalie se lève en soufflant et jurant que si c'est son frère, elle l'étripe de ses propres mains. Je me mets à prier pour que ce ne soit pas lui, même si je suis déjà convaincue que ce n'est pas lui. Emmett apparaît alors, visiblement embêté.

- Désolé de vous déranger mais je m'ennuyais un peu et je voulais voir si je pouvais me joindre à vous …

- Mon gros nounours … commence Rosalie, qui va le rembarrer, j'en suis certaine.

- Je peux vous raconter des blagues pour vous dérider un peu ! lance Emmett qui a visiblement compris qu'il va se faire jeter.

- Emmett …

Mais je décide d'intervenir. Il n'est pas question que je la laisse le jeter comme ça. Ce n'est pas sa faute et ce n'est pas à lui d'en pâtir !

- Laisse-le entrer, Rose ! Il a raison, il peut parvenir à nous faire rire!

Elle semble aussi soulagée que lui et le laisse finalement pénétrer dans notre antre de déprime. Il se jette sur le lit à côté de moi et me tend un paquet de DVD.

- Ca te dit un petit film comique ?

- Pourquoi pas? souris-je, incapable de ne pas le faire devant Emmett.

Il sort alors un paquet de chips de la poche avant de son pull à capuche.

- Je t'ai amené du ravitaillement aussi !

- Tu es un ange.

- Tu ne crois pas si bien dire! fait-il dans un sourire entendu.

Rosalie se pose alors à nos côtés, tandis que je choisis le film. "Eh mec, elle est où ma caisse?" avec Ashton Kutcher. Ca doit être bien débile, non ? Donc ça ne peut pas me faire de mal. Alors qu'Emmett va mettre le DVD dans le lecteur et lance le film, je me cale contre mon oreiller pour passer la soirée la plus triste de ma vie.

Après quelques minutes, Rosalie se lève à nouveau pour passer à la salle de bains pour ré-humidifier le linge à appliquer sur mes paupières gonflées. C'est ce moment que choisit Emmett pour me faire signe de me taire et me désigner le balcon. J'arque un sourcil, cherchant à comprendre son charabia. Il soupire, me pousse du lit et me désigne le balcon du doigt, à nouveau. Il veut que j'aille sur le balcon, c'est ça? J'avance vers le balcon puis me retourne, avant de sortir par la porte-fenêtre, pour lui demander si c'est bien cela qu'il veut que je fasse. Il me fait oui de la tête avant de se lever à son tour pour rejoindre la salle de bains. Hein ? Il me fout sur le balcon pour aller faire sa fête à Rosalie dans la salle de bains ? Espèce de pervers va! Mais bon, plutôt que de les entendre, c'est une bonne idée. Je referme la porte-fenêtre derrière moi et m'avance jusqu'à la rambarde. La nuit est claire, grâce aux étoiles qui brillent dans le ciel. Je perds mon regard dans l'immensité de cette toile sombre quand j'entends siffler en bas. Je regarde et vois Jasper qui se trouve au pied de mon balcon, une pancarte à la main. Heureusement que je ne suis pas myope et que le balcon n'est pas très haut par rapport à lui.

I should go
Before I lose my sense of reason

"Dis que c'est Elena qui a oublié quelque chose"

Au moment où j'arque un sourcil d'incompréhension, Rosalie me crie depuis la salle de bains:

- Ma chérie, tout va bien ?

- Oui, c'est Elena qui a oublié quelque chose.

- Okay !

Jasper sourit et je suis au bord de l'apoplexie. Que me veut-il? Il m'a interdit de l'approcher? Est-ce son aurevoir? Pitié, non … Il pose alors sa première pancarte, dévoilant la deuxième qu'il tient devant lui.

" Je suis désolé d'avoir agi à nouveau comme un con"

Je souris enfin, relâchant mon souffle que je retenais la peur au ventre. Il pose cette pancarte là et me montre la troisième.

"C'est parce que tu me fais perdre tous mes moyens, Bella."

Je rougis furieusement à ses mots et souris de plus belle.

"Je ne suis qu'un con …"

Je le regarde tandis qu'il fait défiler les pancartes:

"... Un con qui fait une tonne d'erreurs …"

" … Un con qui ne te mérite pas …"

" … Mais un con qui souhaiterait vraiment …"

" … Que tu lui pardonnes ses erreurs …"

Je souris, les larmes aux yeux. Bon sang qu'il est craquant avec ses petits yeux tristes et ses pancartes à la Love Actually. J'ai toujours pensé que c'était une des plus belles déclarations d'amour du cinéma et voilà qu'il me fait le coup. Cet homme est définitivement parfait. Je veux répondre quelque chose mais il me fait signe de garder le silence et passe à la pancarte suivante:

" Pour moi, tu es parfaite, Bella"

Je suis maintenant violette, c'est impossible autrement. Mon coeur bat la chamade et je comprends désormais l'emportement de Juliette quand Roméo s'est présenté à son balcon. Bon sang que je l'aime … Il pose sa pancarte et me montre la suivante:

" Et pour te le prouver et te montrer ce que tu mérites …"

" … J'aimerais que tu acceptes …"

" … de venir avec moi …"

" … passer la soirée …"

" … ailleurs que dans cette chambre sinistre …"

" … (ça, c'est de Damon) …"

J'explose de rire, ce qui le fait immédiatement sourire également.

" … On dit "s'il te plait" …"

J'arque un sourcil, le sourire toujours aux lèvres tandis qu'il passe à la pancarte suivante:

" … (Emmett voulait aussi mettre son grain de sel) …"

Je ris à nouveau et attends la pancarte suivante avec impatience.

" … S'il te plaît, donc …"

" … Pardonne-moi d'être un idiot qui ne sait pas comment t'aimer …"

Il pose sa dernière pancarte et me regarde intensément. Okay, là j'ai littéralement craqué. Bon, j'avais déjà craqué quand je l'ai vu là en bas. Ce n'est pas moi qui ne voulais plus le voir. Mais là, sa dernière pancarte... du bonheur à l'état pur. Il attend ma réponse, je le sais. Et bien évidemment, c'est oui. Quelle question. J'hoche donc la tête, les larmes roulant sur mes joues sans même que je me sois aperçue que je pleurais. Il saute alors jusqu'au balcon et s'accroche à la rambarde. J'ai le coeur qui fait la samba dans ma cage thoracique et je suis tremblante.

- Habille-toi, je t'emmène Cendrillon !

Je souris et passe ma main sur son visage si craquant. Il frotte sa joue contre elle et me sourit. La rambarde du balcon nous sépare et il vaut mieux sinon je le violerai sur place. Littéralement. Même si je n'en ai pas la force. Son sourire s'élargit et je sais que l'empathe ne manque rien de mon désir. Peu importe. La porte-fenêtre s'ouvre alors derrière moi, me faisant sursauter.

- Bella, rentre tout de suite !

Rosalie se tient là, les mains sur les hanches, ses yeux lançant des éclairs. Derrière elle, Emmett a les yeux baissés, l'air embêté. Visiblement, elle a moyennement apprécié qu'il l'occupe pendant que Jasper me faisait son petit numéro. Ma main toujours sur sa joue, je n'ai évidemment aucune envie de lui obéir.

- Rosie …

- La ferme, Jasper.

Mmmmh, l'amour fraternel, c'est si beau ! Il prend alors un papier plié en deux dans sa poche et lui tend. Je ne peux pas voir ce qui y est écrit. Merde ! Rosalie s'avance pour le prendre puis se recule pour le lire. Mais euuuuh. Elle déplie le papier, lit le contenu et sourit.

- Tu es un idiot.

- Je n'arrête pas de le dire!

Elle me regarde, me vois pleurer de joie, la main toujours collée à son frère.

- Très bien, faites ce que vous voulez.

Puis elle se détourne pour rentrer dans la chambre et dit à Emmett:

- Allez viens, on va continuer ce que tu as commencé !

J'éclate de rire avec Jasper en voyant la mine réjouie d'Emmett. Mais je veux savoir ce qui est écrit sur ce papier. Je ne renoncerai pas ! Quand je me retourne sur Jasper, je vois qu'il me couve du regard.

- Tu vas te préparer? Je t'attends dans le salon.

- Okay …

Il se penche pour déposer un baiser rapide à la commissure de mes lèvres, me faisant vaciller sur mes jambes.

- Ne me fais pas attendre, Princesse.

Puis il saute du balcon et récupère ses pancartes, un sourire sur le visage. Okay, faut se préparer Bella, maintenant ! Dès que mon coeur aura repris un rythme plus normal !

Quand on a rendez-vous avec l'homme de ses rêves, et même si on n'est pas très coquette, on veut être parfaite. Sauf que je n'ai rien à me mettre. Aarrrrgh, on dirait une fille quand je parle comme ça. Bon, okay, je suis une fille mais vous savez parfaitement que généralement, je n'en ai rien à faire. Mais pas ce soir. Ce soir, je veux être parfaite. Car j'ai comme l'impression que cette soirée va être parfaite. C'est maintenant que je vais lui avouer mon amour. Il doit le savoir mais il faut qu'il l'entende. Ce soir sera notre soirée. On va être heureux. Il fait des efforts, j'en ferais aussi et tout se passera bien. Je file rapidement sous la douche, je n'ai pas le temps de tergiverser. Si je ne trouve rien dans mon armoire, je regarderais dans celle d'Elena. Et sinon, tant pis, ce n'est pas ça qui compte, si? Après m'être rapidement douchée, je suis prête pour la fouille minutieuse de ma garde-robe. Sauf que ça ne sera pas nécessaire car sur la porte de la penderie est accrochée la plus jolie robe d'été que j'aie vue. Elle est toute légère, violette, resserrée à la poitrine et évasée à partir de là. Elle est magnifique. Je souris quand je vois le petit mot de Rosalie épinglé : "Passe une bonne soirée". Ma meilleure amie est vraiment incroyable: elle pense à tout même si elle passe son temps à gâter son petit mari pour le moment. Je décroche la robe du cintre et la passe. Elle me va comme un gant. J'attrape les ballerines violettes qui vont avec et qu'elle n'a évidemment pas oubliées non plus et les mets sans plus attendre. Je me maquille alors légèrement et me coiffe. Me voilà fin prête. Dire que je ne suis pas nerveuse serait un mensonge. Je suis au bord de la crise de nerfs, même. Mais je meurs d'envie de le rejoindre.

Quand j'arrive au salon, il est appuyé dans l'encadrement de la porte-fenêtre, regardant au dehors. Il se retourne quand il m'entend ou me sent arriver et m'offre un sourire radieux alors que je pense que ma mâchoire va se décrocher en le voyant. Il s'est lui aussi changé et c'est à couper le souffle. Sa chemise violette sur un jeans clair, avec ses santiags. Plutôt habituel venant de lui mais toujours si sexy. J'avance vers lui, tremblotante, tentant de dompter mes sentiments qu'il se prend en masse. Quand j'arrive à sa hauteur, il passe une main sur mon visage, remettant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille:

- Magnifique! souffle-t-il en rivant son regard dans le mien.

Ca y est, je suis perdue. Il peut tout faire de moi, maintenant. Je suis à lui sans conditions. Il retire sa main de mon visage et je me sens vide, triste. J'ai besoin de son contact. J'attrape alors sa main et la garde dans la mienne.

- On peut y aller?

- On peut y aller! dis-je d'une toute petite voix.

Il se met en route, sans lâcher ma main et me fait descendre le petit sentier illuminé qui mène à la plage par les torches . Sauf qu'avant d'arriver tout en bas, il me fait bifurquer sur la gauche, sur un autre sentier lui aussi illuminé que je n'avais jamais remarqué avant ce soir.

- Où va-t-on ?

- Etant donné que Damon t'a appelée Cendrillon tout à l'heure …

On passe un tronc d'arbre renversé en travers du chemin, il m'attrape par la taille pour me soulever et me le faire passer sans que je ne risque rien.

- … et qu'il est vrai que tu es une princesse …

On doit s'abaisser pour passer en dessous d'un palmier relativement bas.

- … j'ai décidé de t'offrir un bal, un vrai. Un bal de princesse.

And this hour holds more meaning
Than it ever could
I should go
I should go
Baby, I should go

Quand il dit ça, on arrive sur un petit jardin fleuri, au milieu duquel il y a une petite terrasse en teck. A côté de la terrasse se trouve une petite tonnelle en fer forgé et aux tissus orange et fuschia sous laquelle sont jetés ça et là d'énormes coussins pour se poser. C'est magnifique. Il y a des lampions un peu partout qui donnent une ambiance chaleureuse et une musique douce retentit dans le jardin sans que je sache d'où elle vient. La seule chose qui me vient à l'esprit en voyant ça, c'est :

- Woooooooow.

- Ca te plaît ?

- C'est … parfait. Oui, parfait.

- M'accorderais-tu une danse? fait-il en se positionnant devant moi et tendant la main.

J'arque un sourcil et me mordille la lèvre. J'ai envie de danser avec lui mais notre dernière danse ne s'est pas vraiment bien terminée et puis je suis toujours une patate quand je bouge mon corps.

- Tu pourras monter sur mes pieds.

- Marché conclu! fis-je dans un sourire en attrapant sa main.

Il nous emmène sur la terrasse et me prend dans ses bras. La chanson "I'll be" d'Edwin McCain se met alors en route et je me demande intérieurement si il n'y a pas quelqu'un caché derrière les haies pour être aussi synchro avec nous. Plutôt que de grimper sur ses pieds, puisque j'ai déjà, par le passé, prouvé que je pouvais danser contre lui simplement, je me laisse bercer par son mouvement. Il tient ma main droite dans sa gauche et a passé un bras dans le bas de mon dos. Ma main gauche tient sa nuque, me collant à lui du mieux que je peux. Mon nez est niché à la base de son cou et je bouge dans sa magnifique odeur de cannelle boisée. Si ce n'est pas cela le paradis, j'aimerais qu'on m'explique ce que c'est.

- Merci de m'avoir pardonné … murmure-t-il à mon oreille, de sa voix si douce qui me fait chavirer.

- Je n'ai pas dit que je te pardonnais! Je te donne une chance de te rattraper, c'est différent! murmurai-je à mon tour, mutine.

Il rit doucement tout en continuant à nous bercer tous les deux, ce qui me semble être la plus douce mélodie qu'il soit: son rire.

- Qu'à cela ne tienne alors … chuchote-t-il, lui aussi taquin maintenant.

Sa main lâche la mienne et descend le long de mon bras y laissant une traînée froide qui me rend dingue. Elle rejoint mon épaule qu'elle caresse doucement, me rendant avide de plus, plus loin, plus fort … Mon deuxième bras rejoint son cou pour m'y accrocher, me collant à nouveau à lui à tel point qu'une feuille de papier ne passerait pas entre nous.

- Me pardonnes-tu ? demande-t-il avant de déposer un baiser tendre à la base de ma nuque.

- Essaie encore … fis-je, à moitié convaincue de mes dires, emportée par le bonheur qu'il me procure.

- "Dire que j'ai gâché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir … pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre. "

J'arque un sourcil, ne comprenant pas bien ce qu'il me dit.

- Pardon ?

- Marcel Proust. Il décrit parfaitement ce que je ressens.

- Ca parle d'Alice?

- Oui, et d'apprendre ce qu'est le vrai amour quand il est là.

Je souris, touchée par ses mots même s'ils ne sont encore qu'imagés. Ça veut bel et bien dire que ce qu'il y avait entre Alice et lui n'était rien? On danse ainsi enlacés quelques minutes encore jusqu'à ce que la chanson se termine. Je retire tout ce que j'ai dit: la danse, c'est génial. Je ne ferai plus jamais la difficile … jusqu'à ce que je sois redescendue de mon état de grâce, bien sûr ! Il m'attire alors vers la tonnelle et me fait m'y asseoir. Il se glisse à mes côtés et me désigne un plateau, sur une table, rempli de bonnes choses.

- J'ai commandé à manger pour toi. J'imagine que tu n'as pas dîné.

- Non ! fis-je, piteuse.

Il relève mon menton et m'offre un sourire tendre.

- Ce n'est pas grave. Tu vas manger maintenant.

Il attrape une fraise sur le plat de fruits et la trempe dans ce qui semble être du chocolat fondu puis me la tends. Miam ! Je croque dedans avec avidité. Effectivement, je commençais à avoir faim ! Evidemment, comme tout bon boulet qui se ressemble, le chocolat a coulé le long de mon menton et je cherche des yeux une serviette pour m'essuyer. Mais il ne m'en laisse pas le temps. Il s'avance vers moi et lèche doucement la goutte de chocolat qui est tombée. Je le regarde faire, tremblante. Ma température corporelle a atteint 22000 °C en trois millièmes de seconde et je suis au bord de la rupture d'anévrisme.

- Mmmmh, délicieux! fait-il en se reculant un peu, sa main toujours sur mon menton.

Okay, je peux mourir maintenant. Définitivement, c'est hautement sensuel. Le pire, c'est que je sais que ce n'est pas le chocolat qui est délicieux pour lui. C'est l'odeur de ma peau sur sa langue. Et ça, ça vaut toutes les déclarations du monde.

- Encore?

Question rhétorique, ai-je envie de lui répondre. Même si ça ferait un peu trop avide de lui. Puis, de toute manière, ce n'est pas comme si j'étais capable d'aligner deux mots, là, tout de suite. Je me contente donc d'un hochement affirmatif de la tête. Il m'en fait perdre tout mon latin, c'est pas bon ça !

Il attrape un raisin et répète la même opération. Il le trempe dans le chocolat et me le tend. Autant vous dire que cette fois, je fais bel et bien exprès de m'en foutre partout. J'en ai à la commissure des lèvres et je ne suis pas peu fière de moi. Il se redresse sur ses genoux, se colle à moi et passe sa langue au coin de mes lèvres. Mmmmmh, c'est exquis. Mais sa langue ne s'arrête pas là: elle glisse sur mes lèvres tandis qu'il passe ses bras autour de moi. S'il me demande l'accès à ma bouche, je lui donne bien volontiers. Ma langue vient rejoindre la sienne et elles fondent toutes les deux l'une sur l'autre, avides de se retrouver. Je me retrouve en un millième de seconde sur lui, en train de l'embrasser à pleine bouche comme si ma vie en dépendait. Mon souffle se fait erratique, mon envie dégouline par chaque pore de ma peau et je me mets à explorer son torse parfait par en-dessous de sa chemise. Quand je suis à bout de souffle, je me sépare de lui à contrecoeur et lui sourit. Il a l'air aussi avide de moi que je ne le suis de lui.

- Un raisin et une fraise, même si je ne suis pas expert en diète humaine, ça me semble relativement peu.

- Tu as raison! fis-je, mutine.

J'attrape alors une autre fraise que je trempe à mon tour dans le chocolat. Mais au lieu de la manger, je la passe sur mon épaule et dans mon décolleté, y laissant une belle trace de chocolat.

- Oups, je suis vraiment maladroite.

Il m'a regardée faire avec un léger sourire sur le visage et rit à ma remarque.

- Ma petite calamité ne peut être que maladroite! fait-il en se redressant en position assise pour coller son torse contre moi et enrouler ses bras dans mon dos.

Directement, sa langue glisse sur ma peau et je frissonne quand elle glisse entre mes deux seins. Bon sang que c'est bon. Je n'ai jamais mangé de manière aussi délicieuse. Il attrape la fraise que j'ai reposée et la glisse entre ses lèvres. Genre "Tu la veux? Viens la chercher". Mais à vos ordres, mon commandant ! Je me penche un peu pour mordre dans la fraise et colle de manière éhontée mon buste contre le sien. Quand le fruit est avalé, je l'embrasse à nouveau, avide de le goûter encore et encore. Mes mains sont partout, sur son torse, dans ses cheveux, encadrant son visage. Je ne sais plus où le toucher pour en avoir assez. Mais je n'en aurais jamais assez, mon besoin de lui ne sera jamais comblé. Je l'aime trop pour ça. Quand je me sépare de lui, son air est taquin et j'ai hâte de voir ce qu'il me réserve. Il défait la ficelle qui est passée autour de mon cou et qui descend vers ma robe pour la tenir en place, ce qui me fait frissonner. Ça ne veut dire qu'une chose: il va me déshabiller et je vais aimer ça. Il fait alors glisser ma robe doucement sur mes hanches et arque un sourcil en voyant que je ne porte pas de soutien-gorge. Je souris, de manière angélique et hausse les épaules. Il prend directement le bol de chocolat et y trempe un doigt qu'il fait ensuite glisser sur mes seins. Il répète l'opération quelques fois jusqu'à ce que je sois bien tâchée pendant que je tente de calmer les tremblements qui me prennent à l'idée de ce qu'il va me faire dans quelques instants. Quand il a reposé le bol, il tend son doigt devant ma bouche et je le suce allègrement. Son regard devient sombre de désir et je m'amuse à asticoter son doigt avec ma langue. Il n'est pas le seul à jouer, après tout. Quand il n'y tient plus, il me renverse sur les coussins et passe au dessus de moi. Son regard vrille le mien tandis que son désir m'embrase toute entière. Mon dieu, je vais imploser.

- Tu es …

Il passe sa langue sur mes seins, me faisant gémir de plaisir, lapant tout le chocolat qu'il y a étalé.

- … exquise.

Il titille mon mamelon pendant que je suis accrochée à ses cheveux, prête à mourir de plaisir. Je le veux, maintenant et tout de suite. Ou je risque de brûler tous les coussins par combustion spontanée. Alors qu'il glisse sa main sous ma robe pour attraper mon boxer en dentelle et qu'il me murmure un "J'ai presque cru que tu ne portais rien en dessous … dommage!", je sens quelque chose vibrer contre moi et arque un sourcil:

- Je ne suis pas trop pour les gagdets sexuels !

Il éclate de rire et se redresse pour attraper son téléphone dans sa poche. Pffff fait chier la technologie moderne ! Il regarde l'appelant et s'écarte un peu de moi. Okay, c'est donc Alice, sinon il n'aurait pas cette attitude! Pourquoi faut-il toujours que cette salope gâche nos moments de grâce? Franchement, c'est intolérable, dès qu'il raccroche, je lui dis ! Ca ne peut plus continuer comme ça. Il sourit à ce que la personne de l'autre côté du fil lui dit, ses yeux remplis de tendresse. Alice, définitivement elle.

- Oui, je comprends bien. Combien de temps cela durera-t-il?

Durer? Qu'est-ce qui va durer?

- Je suis en vacances à l'étranger actuellement mais je peux être là pour mardi prochain.

Et voilà, elle l'appelle et il se ramène comme un petit toutou. Et notre voyage à Forks puis à Ocean Shores, hein? Il l'a déjà oublié évidemment. Franchement j'en ai ras-le-bol ! Je me lève, je remets ma robe en place, complètement en rage. S'il veut obéir à Alice, il ne peut pas m'avoir, c'est comme ça. Je ne ferai plus de concessions. Je le veux, à moi, et rien qu'à moi. Entièrement, complètement. Soit il enlève sa fichue alliance et divorce de sa satanée femme, soit il m'oublie. C'est aussi simple que ça. Il me regarde faire, étonné, sentant certainement mon énervement et tend la main pour que je lui prenne. Je secoue la tête à la négative, rageuse. Tu veux parler avec Alice, parle avec Alice mais ne compte pas sur moi pour t'attendre sagement. Il arque un sourcil à mon refus et dit rapidement:

- Je comprends parfaitement mais il était établi que vous ne l'emmèneriez nulle part sans mon accord. N'oubliez pas que vous l'avez uniquement parce que je le permets.

Il la vouvoie ? Non, il ne vouvoie pas Alice, c'est idiot. Merde, ce n'est pas Alice, quelle conne je fais alors! Je me relaisse tomber à genoux sur les coussins, près de lui, tandis qu'il m'offre un petit sourire. Bon, pendant qu'il parle, trouve une excuse à ton comportement de gamine de 4 ans, Bella, ce serait bien pour une fois ! Histoire de ne pas passer pour une fille complètement stupide, à nouveau. Hummm …

- Je suis effectivement conscient que c'est ce qu'il y a de mieux pour elle...

Elle ? De qui il parle là ? Comment pourrais-je me concentrer à trouver une excuse alors que je suis trop curieuse pour ne pas l'écouter, hein?

- … mais il est nécessaire que je sois à votre portée. Vous comprenez aisément pourquoi.

Mais de quoi parle-t-il? Est-ce que ça a à voir avec Victoria? Je ne comprends plus rien? C'est de moi qu'il parle ? Qui va m'emmener loin de lui ? Soudain, il se relève d'un bond, rageur.

- Je me fiche de ce que disent les papiers ! C'est MA fille et je décide ce qui est bon pour elle, vous avez compris?

La révélation me fait un choc violent. Lili. Il parle de Lili. Il parle même certainement aux parents adoptifs de Lili. Que se passe-t-il, bon sang ? Je me relève à mon tour pour m'approcher de lui, interrogative. Ses yeux lancent des éclairs, enfin, s'ils le pouvaient et sa mâchoire est contractée, signe qu'il est vraiment hors de lui.

- Essayez pour voir ! Je vous jure de faire de votre vie une misère si vous en arrivez à ce stade.

Il reclape le téléphone qu'il jette par terre ensuite. La tête baissée, les poings serrés, je vois qu'il tente de se calmer. Mais j'ai besoin de savoir …

- Jasper, que se passe-t-il ?

Mais il ne répond pas, trop occupé à tenter de faire taire sa rage pour pouvoir aligner deux mots. Je ne l'ai vu que très rarement dans un état pareil, signe que ce n'est pas bon, mais alors pas bon du tout.

- Jazz … C'est Lili, c'est ça ?

Il relève les yeux vers moi et directement son regard s'adoucit. Il passe une main sur mon visage et murmure:

- Oui, c'est Lili. Je suis désolé de gâcher la soirée.

- Ce n'est pas grave ! murmurai-je à mon tour en me saisissant de sa main sur ma joue et la caresser de mon pouce.

- Veux-tu savoir ce qui se passe?

- Pas vraiment ! avouai-je, les yeux fermés, profitant de sa paume froide caressant mon visage.

Mais ma réponse ne semble pas lui convenir car il lâche ma joue, ce qui me fait ouvrir les yeux et voir qu'il semble contrarié.

- C'est ta fille, Bella.

- Fille que j'ai sciemment donnée en adoption. Cela ne me regarde plus.

- Ne sois pas bête, je t'en prie ! Tu l'as donnée à l'adoption parce que tu n'avais pas le choix. Tu l'as maintenant!

J'écarquille les yeux de surprise. Il est fou ou quoi? Au lieu de répondre, je tourne les talons et reprends le chemin qu'on a pris pour venir ici.

I don't mean to leave you with a trivial excuse
And when you call tomorrow, I'll know what to do

- Bella, qu'est-ce que tu fais?

- Cette conversation est terminée.

- Je t'en prie, ne fais pas l'enfant!

Il marche derrière moi mais je ne me retourne pas. Je ne veux pas en parler, je ne veux pas parler de Lili. Je veux qu'il me foute la paix avec ça.

- Bella, arrête-toi, nous devons discuter.

- Il n'y a rien à discuter, Jasper. La conversation est terminée.

- Bella …

Mais je ne m'arrête pas. Je passe à côté de la piscine, grimpe les marches me menant à la terrasse, entre dans la maison sans jamais me retourner. Je sais qu'il est derrière moi mais il est hors de question que je me stoppe maintenant. Alors que je veux prendre la direction de ma chambre, je me rappelle qu'Emmett et Rosalie ont commencé là-bas un nouveau film pour adultes et je ne suis absolument pas d'humeur pour être témoin de cela. Je me dirige donc vers les autres chambres, prête à rentrer dans n'importe laquelle.

- Bella, où vas-tu?

- Je cherche une chambre où me réfugier.

Oups, c'est sorti tout seul. Impossible de me taire sur le coup. Il rit doucement derrière moi puis me propose:

- Va dans la mienne, je serai ravi de la partager avec toi.

Je me retourne alors, mains sur les hanches.

- Je ne parlerai pas de ça avec toi.

Il fronce les sourcils mais ne dit rien. Qui ne dit mot, consent? Bon okay, je vais dans sa chambre. Quand j'y arrive, il rentre avec moi et ferme la porte derrière lui. Quelle mauvaise idée, Bella. Très mauvaise, si tu veux mon avis.

- Ecoute-moi …

- Non, Jasper. Non. Ma décision de faire adopter Lili n'a rien à voir avec toi. Je ne veux pas de cet enfant. Point à la ligne.

Il écarquille les yeux à ma révélation et murmure:

- Tu ne peux pas être sérieuse.

- Si, je le suis. Je ne l'ai pas voulue. Jamais. Je ne me suis jamais imaginée la garder. La vie craint, Jasper. La vie craint vraiment. Notre histoire n'était pas faite pour finir sur un "Et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants …".

- Où est donc passée la jeune fille pleine d'espoir et de rêves de grande histoire d'amour que j'ai connue ?

- Disparue. Réduite à néant, le jour où tu l'as abandonnée, engrossée sans penser une seconde à elle, ni à ton enfant.

Il baisse les yeux, visiblement touché par ce que je viens de lui dire. C'est sorti comme ça, sans que j'y pense vraiment. Et dieu que ça fait du bien. Il était temps que ça sorte, d'ailleurs.

- Je sais que je t'ai fait du mal en partant ce jour-là …

- Du mal ? Du mal, Jasper? Tu es sérieux là ? Tu m'as dévastée. Je n'étais plus rien après ton départ. Plus rien.

- Je sais que ça t'a détruite. Mais je ne pensais qu'à toi et à Lili en partant.

Je le gifle, littéralement. Je n'ai pas pensé le faire, je l'ai fait, c'est tout. Et il le mérite. Il l'a fait pour moi, et puis quoi encore? Ma main hurle de douleur mais moi je reste stoïque. Pauvre con va!

- Ta réaction est normale mais comprends-moi, Bella. Je ne suis qu'un vampire assoiffé de sang humain. Je mettais constamment ta vie en danger en choisissant d'être avec toi. Je pouvais gérer ça. Mais je ne pouvais gérer plus.

- Tu parviens très bien à te contrôler, tu racontes n'importe quoi !

- Tu sais parfaitement que non. Le pire, c'est que tu en es consciente. C'est un challenge de tout instant de ne pas te mordre. Je ne pense qu'à ça. Quand je te touche, quand je te fais l'amour, je ne peux pas être là à 100 %. J'ai trop peur de flancher si je ne me bride pas. Et tu le sais, Bella. Tu me l'as dit toi-même tout à l'heure. J'ai besoin de sang humain pour être parfaitement heureux. Je pouvais gérer notre relation mais j'ai flanché quand j'ai pensé à ce petit être qui grandissait en toi. Je ne me serai jamais pardonné de te faire du mal. Jamais. Mais si je butais, je pouvais toujours te transformer, vu que c'est ton choix de toute façon. Mais cet enfant. Ce bébé … Si je flanchais, je la tuais. Comment pouvais-je vivre avec cela?

Je baisse les yeux, touchée. Je n'ai jamais vu cela de cette façon. Je ne pouvais pas comprendre son choix. Je ne le peux toujours pas. Mais quand même … pourquoi ne m'en a-t-il pas parlé? On aurait pu trouver une solution tous les deux. Il n'aurait pas du m'abandonner, c'est tout. Je peux lui pardonner d'être parti et recommencer une histoire avec lui. Ca, je le peux. Car je l'aime plus que tout autre chose. Mais je ne peux pas faire machine arrière sur cet enfant, voilà ce que je sais. Ma décision de l'abandonner était mûrement réfléchie, motivée par des raisons vraiment fortes. Elles sont toujours d'actualité, qu'il soit là ou pas.

- Elle est vraiment magnifique, tu sais … fait-il en brisant le silence qui s'est installé entre nous.

- Je le sais.

- Elle a tes yeux. Et ton air vexé quand tu boudes.

- Ne m'en parle pas, Jasper.

- Elle a ta force de caractère et ta maladresse. C'est la plus jolie petite fille au monde.

- Jasper, je ne veux pas savoir …

- C'est ta fille, Bella. Tu peux faire ce que tu veux pour l'oublier, pour faire comme si elle n'existait pas mais c'est ta fille, elle te ressemble tellement …

- JE NE VEUX PAS SAVOIR ! hurlai-je, les poings serrés, les larmes aux yeux.

- Bien sûr que si, tu veux le savoir. Tu aimerais la toucher et la retrouver. Bella, quand tu étais captive de Victoria, tu as pensé à elle, en premier lieu. A elle. Parce que tu es une mère et tu l'aimes. Quoique tu fasses.

- Je l'aime peut-être Jasper. Je l'aime assez pour qu'elle ait une vie normale, loin de nous. Loin d'une mère maladroite, faillible et idiote et d'un père assoiffé de son sang.

- Elle n'aura jamais une vie normale, Bella.

- Tais-toi maintenant. Je ne veux rien savoir d'elle.

- Si tu savais …

- LA FERME JASPER ! Tu crois certainement pouvoir revenir la bouche en coeur, me parlant de ma fille et que tout va rentrer dans l'ordre? Tu nous as abandonnée, tu as fait un choix il y a longtemps. Ce choix a donné lieu à un choix de ma part également. Elle n'est plus notre fille. Elle leur appartient. Fiche-lui donc la paix et vis ta vie!

- Je ne peux pas.

- Eh bien il fallait y penser avant! Tu savais que ça pouvait arriver ! Tu savais que je ne pourrais pas gérer ça toute seule !

- Je pensais qu'Edward t'aiderait !

J'ouvre la bouche à sa répartie, comme un poisson rouge sorti de son bocal. Il se fout de moi, c'est ça?

- Et il t'a aidée ! Sauf que tu as pris cette décision grotesque, que tu t'es mise avec une saleté de loup-garou pour enfin revenir vers Edward! Je pensais que vous formeriez une famille tous les trois: toi, ma fille et lui. Je pensais qu'il vous protégerait. Mais il t'a laissé faire cette folie.

La bouche toujours ouverte, je l'écoute me décrire son plan et je suis atomisée. Du coup, seule réaction qui vient c'est une nouvelle gifle. Ma main me supplie d'arrêter mais moi, ça me fait du bien alors tant pis, qu'elle souffre un peu après tout. Il ne réagit pas à mon geste et continue:

- Puis j'ai compris, Bella. J'ai compris que j'avais fait une erreur. C'est pour cela que j'étais à ton mariage.

- Mais tu n'as rien fait.

- Je n'ai rien fait. Tu méritais d'être heureuse avec lui.

- Tu te moques de moi ? Je n'attendais qu'une chose: que tu te lèves et que …

- Que quoi, Bella ?

- Que tu te battes pour moi !

Je tombe assise sur le lit, à bout de nerfs. A bout de tout. Je répète, dans un murmure:

- Je voulais que tu te battes pour moi.

Il s'agenouille devant moi et prend mes mains dans les siennes. J'ai les yeux baissés, je ne peux pas le regarder. Les larmes roulent sur mes joues, impossibles à arrêter. Il me murmure:

- Je l'ai compris trop tard. Mais je suis là maintenant. Qu'attends-tu de moi?

C'est ma chance. Maintenant ou jamais. Je relève les yeux vers lui, sûre de moi et tranche:

- Quitte Alice. Divorce. Et vire-moi cette putain d'alliance.

Il rit doucement puis lâche mes mains. Je le voix enfin ôter son alliance et se diriger vers le balcon. Il me jette un regard tendre puis balance ce foutu anneau loin, très loin de lui, dans la jungle à nos pieds. Une bonne chose de faite. Il revient vers moi et s'abaisse à nouveau devant moi, me reprenant les mains:

- Je suis désolé de ne pas l'avoir fait plutôt.

- Tu l'as fait maintenant. J'ai cru que ça n'arriverait jamais.

- Tu aurais du me le demander.

Je baisse les yeux, gênée.

- Il n'y a eu aucun bon moment pour le faire.

La crise est passée, je suis radoucie et rassérénée par son geste. Ouf.

- Bella, il faut qu'on parle de Lili …

Ah non, il ne va pas encore recommencer? Je me lève, m'échappant de l'étau dans lequel il me retenait et soupire:

- Arrête, Jasper, ce n'est plus ma fille.

- Bien sûr que si, Bella. Bien sûr que si !

- Je te dis que NON. Je ne veux plus en entendre parler.

- Comment est-il possible d'être aussi têtue ? demande-t-il, visiblement énervé lui aussi maintenant.

- Je te retourne la question !

- Tu es égoïste et tu agis comme une enfant! Notre fille a besoin de nous !

- Non mais tu t'entends? Tu étais là quand elle est née ? NON. Tu étais là quand je l'ai confiée à ces gens ? NON. Tu étais là quand elle m'a écartelée pour sortir ? NON. Tu étais là pour lui donner un prénom ? NON. Alors s'il te plaît, ne me parle surtout pas d'égoïsme. Car tu es loin de savoir ce que c'est !

- Je sais que j'ai fait une erreur !

- Ce n'était pas une erreur, Jasper ! Cette petite avait besoin d'une famille. D'une vraie famille. Une famille normale. Une famille humaine. Pas d'un vampire et d'une idiote qui ne peuvent pas s'entendre. Tu as fait le bon choix. J'ai fait le bon choix!

- Ne dis pas ça. C'est notre enfant.

- Et notre rôle est de savoir ce qui est le mieux pour elle.

- Le mieux pour elle est d'être avec ses vrais parents, pas avec ces deux idiots finis.

- On n'est pas ses parents. On ne l'a jamais été. Et on n'a pas le droit de le revendiquer !

- Arrête de dire des choses comme ça. Rends-toi compte, Bella. C'est TA fille. Tu l'as portée pendant 9 mois. Comment peux-tu la renier ainsi maintenant?

- PARCE QUE JE N'AI PAS EU LE CHOIX. J'AI FAIT UN ENFANT AVEC UN VAMPIRE ! J'ETAIS JEUNE, J'ETAIS SEULE ET JE N'ETAIS PAS PRETE ! CET ENFANT EST UNE ERREUR DE LA NATURE ET JE VOUDRAIS QUE TU ME FOUTES LA PAIX AVEC CETTE HISTOIRE UNE BONNE FOIS POUR TOUTES !

Je me dirige vers la porte, à cran. Je suis prête à l'abandonner là, carrément. Je ne suis pas vraiment prête à entendre des choses pareilles. Donc s'il s'entête à m'en parler, je le plante là, tant pis pour les promesses de nuit mémorable que je me faisais dans ma tête.

I should go
Before my will gets any weaker
And my eyes begin to linger
Longer than they should
I should go

Alors que j'ai la main sur la poignée, il m'appelle:

- Bella ?

- Oui ?

- Pourquoi me pardonner si tu n'arrives pas à passer au-dessus de cet abandon ?

J'hausse les épaules et réponds d'une toute petite voix:

- Je te l'ai dit: je ne t'ai pas pardonné.

- Alors à quoi ça rime, toi et moi, depuis le début de ce voyage?

- C'est une chance de te rattraper. Une chance de te battre pour moi. Mais ne me parle plus de Lili, Jasper. Plus jamais.

- J'aimerais comprendre pourquoi tu réagis ainsi. C'est notre enfant. Pourquoi veux-tu la couper de notre vie, comme ça, sans le moindre remords?

- Tu m'as bien abandonnée, moi, enceinte, sans le moindre remords.

- Il n'y a pas un seul jour où je n'ai pas pensé à vous deux, Bella. Pas un.

- Tu aurais du être là. A ce moment-là. Et pas me faire ce speech maintenant. C'était déjà notre enfant quand je la portais et que tu as choisi de nous quitter.

- J'ai fait une erreur. Je le comprends maintenant.

Je suis un peu calmée, adossée à la porte de la chambre, quand je le vois s'avancer et s'arrêter à quelques centimères de moi.

- Je ne comprends pas, Jasper. A quoi ça rime tout ça? Pourquoi toute cette histoire à propos de Lili? Pourquoi maintenant? Pourquoi avec autant d'insistance?

Il fait le pas qui nous sépare et fixe son regard dans le mien, vibrant.

- Parce que je t'aime, idiote. Je t'aime plus que tout et je veux récupérer ma famille.

Ses mots me transpercent, entrent par tous les pores de ma peau et me transcendent, complètement. J'oublie tout, y compris pourquoi on se disputait il y a quelques secondes. Une seule chose compte: le sentir contre moi, et vite. Je me jette contre lui, enlace mes bras autour de son cou et colle mes lèvres aux siennes. Il marque un temps d'arrêt, certainement d'étonnement vu qu'il y a quelques secondes à peine, tout ce qui émanait de moi était de la colère froide. Mais bon, il m'appelle la montagne russe du sentiment, il faut bien que je justifie ma réputation, non? Mais l'étonnement laisse vite la place à sa réponse: la même fougue que moi. Ses bras musclés s'enroulent autour de ma taille et il me colle à la porte de la chambre, violemment. Ma langue lèche sa bouche, suppliant pour pouvoir rencontrer la sienne. Il entrouvre ses lèvres, me permettant d'aller la caresser, ce que je fais avidement. Son goût sur ma langue me rend dingue et je me mets à mordre la sienne en me collant d'autant plus à lui. Ses mains glissent sous ma robe, remontant lentement le long de mes cuisses. Les frissons que ça me procure me font gémir intensément et je lâche son cou pour déboutonner sa chemise. Quand j'ai fait sauter deux boutons, je passe la paume de mes mains sur son torse glacé et imparfait mais que je vénère secrètement. Ses cicatrices font partie intégrantes de lui et c'est un signe qui nous relie tous les deux. Moi aussi j'ai les miennes et je sais qu'il les vénère tout autant que moi je le fais pour les siennes. Sa bouche lâche la mienne pour glisser sur ma joue, déposer des baisers le long de ma mâchoire et descendre dans le creux de mon cou. Mon corps est en feu sous ses lèvres et il me murmure:

- Je t'aime petite calamité.

Autant vous dire que ces mots, qu'il distille de temps à autre mais très rarement, m'embrasent littéralement et que mes jambes manquent de céder sous moi. Surtout quand je sens ses doigts glisser sous la barrière de mon boxer pour me caresser lentement. Le vampire a décidé de ne pas perdre de temps avec moi visiblement, ce qui n'est pas pour me déplaire. J'ai tellent envie de lui, là maintenant, que ça en est douloureux. Le manque de lui, de son corps, de ses baisers, de ses "Je t'aime" est tel qu'une nuit, une vie même, ne suffiront pas à combler ce vide que je ressens en pensant à lui. Mais commençons quand même par remplir les espaces un à un, si vous voyez ce que je veux dire. Je souris à mes pensées et gémis de plaisir quant au sort qu'il réserve à mon intimité. Il s'écarte alors de moi, me détaillant longuement du regard pendant que je suis littéralement en train de brûler sur place. Je ne supporte plus de l'avoir loin de moi. Alors que je vais me jeter à son cou, il passe ses mains sur mes épaules, mes seins et fait glisser ma robe sur ma taille, me dénudant la poitrine. Son regard se fait taquin quand il se penche pour poser sa merveilleuse bouche sur mon sein et le torturer doucement..

- Mmmmmmmmh !

Mes mains glissent dans ses cheveux, m'y accrochant fermement pour ne pas tomber de plaisir tandis qu'il embrasse mon mamelon de la manière la plus sensuelle qui soit.

- Ton coeur bat si vite, Bella, ça me rend fou …

Sa main rejoint mon intimité, me donnant un plaisir incroyable que je ne parviens pas à contenir. Deux secondes plus tard, mon corps n'est plus que spasmes et jouissance. Je crie mon plaisir, me laissant glisser contre la porte sous l'effet de ses caresses. Alors que je tente de reprendre pied dans la réalité, il me soulève et m'emmène sur le lit où il me dépose et s'allonge près de moi. Il me débarrasse délicatement de ma robe pendant que je parviens à récupérer ma respiration.

- Tu es si belle …

Ses doigts courent sur ma peau, provoquant frissons et tremblements, me laissant désireuse de plus. Je parviens à me redresser en position assise et entreprends de déboutonner sa chemise pour ensuite la faire glisser sur ses épaules et l'en débarrasser. J'attaque directement après le pantalon que je dégrafe et ouvre un peu pour écarter son boxer et découvrir sa virilité bien éveillée pour moi. Sa tête est nichée dans mon cou et son souffle froid me grise d'autant plus. Ma main l'enrobe tout entier et j'applique un mouvement lent qui semble lui plaire.

- Bon sang, ce que tu m'as manqué … murmure-t-il contre moi.

- Et toi alors.

Je me penche pour attraper sa virilité avec mes lèvres et je descends diaboliquement lentement sur tout son long. ll gémit doucement, ce qui me fait appuyer un peu plus mon mouvement. J'ai envie de lui faire plaisir autant qu'il m'en a donné. Je me retire un peu pour lui faire comprendre que je veux qu'il ôte ses habits, ce qu'il fait à la vitesse de la lumière. Quand plus aucune barrière ne m'empêche d'atteindre mon but, me voilà à quatre pattes à côté de lui et je le reprends entièrement dans ma bouche, léchant et suçant allègrement .

- Oh Bella …

Alors que je pense qu'il va m'arrêter quand je sens sa main s'approcher de moi, il me surprend d'autant plus en attrapant mes cheveux pour donner la cadence . Ce geste me rend folle et je le mords gentiment, provoquant un grognement de la part de mon amant.

- Tu triches, petite calamité, on ne mord pas dans cette chambre!

Mais je me fiche de sa remontrance et fais glisser mes dents le long de sa verge, provoquant une série d'autres grognements. Je suis rapidement punie pour ma mutinerie, ou récompensée, quand sa main glisse de nouveau sous mon boxer en dentelle pour reprendre une douce torture de mon intimité. C'est tellement bon que je me remets à gémir sans vergogne, continuant moi aussi à jouer avec lui, suivant le mouvement qu'il m'indique. J'accélère toutefois un peu la cadence quand je le sens se tendre de plus en plus, voulant le mener à la jouissance dès que possible.

- Bella, Bella … Stop, je vais …

Mais je ne m'arrête pas, au contraire, j'amplifie mon mouvement. Lapant, mordant et léchant à tour de rôle. Je suis mue par un désir incontrôlable qui me donne envie de le faire jouir avec seulement ma bouche. Est-ce mal? Peu importe: coucher avec un vampire est déjà mal en soi ! Et puis je n'ai vraiment pas la tête à penser à ça maintenant. Je ne vois que notre plaisir commun et la communion de nos deux corps.

Soudain, sans que je me sois rendue compte de rien, je me retrouve couchée sur le lit, mon boxer en dentelle n'étant plus qu'un vague souvenir en lambeaux dans un coin de la pièce, Jasper au-dessus de moi.

- Tu as vraiment été une vilaine fille, aujourd'hui, Princesse.

Je souris, mutine et hausse les épaules.

- Je suppose que tu souhaites me punir pour ça.

- Oh oui ! fait-il, ses yeux noirs de désir.

Il glisse en moi, m'arrachant un hoquet de bonheur et ne me laisse pas m'accommoder à sa présence, donnant directement un mouvement appuyé à notre danse à deux. Ma bouche n'est que gémissements et je m'accroche à lui pendant qu'il me prend violemment.. Un nouvel orgasme me frappe, me faisant serrer les jambes autour de sa taille.

- Oh Jasper, je t'aime tellement …

Mes mots semblent le griser car il attrape mes bras et se redresse un peu pour appuyer d'autant plus son mouvement. Il bute tout au fond de moi, touchant des endroits oubliés depuis longtemps. Je me mords la lèvre de plaisir, essayant de ne pas ameuter tous les vampires aux environs. Son regard est rivé dans le mien et il me dit d'une voix claire:

- Tu es si désirable …

J'avance le visage pour lui tendre mes lèvres et il se penche pour les capturer des siennes. Le baiser est fougueux, comme la rencontre de nos deux corps allumés l'un pour l'autre et je sens une nouvelle vague de plaisir prête à me submerger. Quand il rompt notre baiser, il niche de nouveau son nez dans mon cou et murmure contre ma peau:

- Tu sens si bon … J'ai tellement envie de te mordre.

Je me tends à sa phrase quand son mouvement s'amplifie encore. Les sensations qu'il me donne sont irréelles et je suis au bord du précipice, prête à prendre à nouveau mon pied. Et sans y réfléchir plus avant, je murmure à mon tour:

- Vas-y, mords-moi. Et aspire le venin directement.

- Oh Bella …

J'ai peur que ma réponse ne le fasse s'arrêter et fuir à nouveau. J'aurais du me taire, je le savais ! Dommage que le mur est si loin sinon j'aurais donné un petit coup de tête et de Beetlejuice pour me rendre moins conne.

- Tu es mienne pour toujours ...

Au lieu de fuir, je sens ses deux canines s'enfoncer dans la peau de mon épaule, exactement où Victoria m'a mordue. La douleur bien connue ne tarde pas à faire son apparition, me ramenant à la réalité. Je le sens alors aspirer le venin et tout revient à la normale très rapidement. Ses dents ont quitté ma peau mais pas ses lèvres qui me boivent goulûment, provoquant de nouveau ce plaisir infini qui m'a prise tout à l'heure sur la plage quand il suçait ma main. Ma nouvelle jouissance me foudroie alors qu'il est encore en train de me boire et que ses mouvements n'ont certainement pas diminué. Je m'accroche aux oreillers sous ma tête et hurle mon bonheur en criant son nom. Je le sens alors me rejoindre dans une ultime poussée, son visage s'arrachant à moi dans un gémissement de pure extase également. Eh bien, ça c'était une expérience, dites donc !

Le lendemain matin, j'ouvre les yeux et le vois couché à côté de moi. Il me regarde dormir, un léger sourire sur le visage.

- Hey.

- Hey.

- Comment vas-tu ? demande-t-il, inquiet.

La vérité, c'est que j'ai mal partout. A en croire la douleur, je dois avoir des bleus sur tout le corps. Et ça se justifierait totalement, d'ailleurs. J'ai mal au crâne et j'ai l 'impression d'être passée à la moulinette. Est-ce que je peux lui dire ça? Non. Ce moment entre nous était de la pure extase. Je ne le ruinerai pas. Pour rien au monde, surtout pas pour une stupide migraine.

- Suis un peu fatiguée.

Il sourit, sachant parfaitement à quel point j'ai mal, vu son don particulièrement emmerdant mais n'en rajoute pas, tentant lui aussi de garder l'état de grâce dans lequel nous nous trouvons. Il se relève alors et attrape son boxer.

- Tu vas où ? demandai-je, prise de panique.

- Préparer ton petit déjeuner.

- Je peux aller le faire moi-même.

- Oh ça non, je ne compte pas que tu quittes ce lit et cette chambre ce matin …

Je souris devant son air coquin et acquiesce, me replaçant confortablement sur les oreillers. Il se penche vers moi pour m'embrasser et je ne peux m'empêcher de l'agripper pour l'attirer à moi. Quand je dois reprendre mon souffle, il s'écarte et sourit:

- Doucement, petite calamité, tu dois te nourrir avant toute chose.

- Bien ! fis-je, boudeuse.

- Je serai de retour dans une minute.

- Je t'attends.

Il se penche à nouveau pour déposer un baiser rapide sur mes lèvres puis disparaît de la chambre. Je me tourne vers la baie vitrée et vois que le ciel est noir . On n'est pas le matin? Soudain, un éclair déchire le ciel et je comprends qu'il s'agit d'un orage. Je me relève et ouvre la fenêtre. Un courant d'air glacé me gèle sur place. Mince, j'adore les orages moi! J'avise la veste en cuir de Jasper posée sur une chaise de la chambre et me dis que ça ferait l'affaire. Je la passe et sors sur le balcon pour laisser la pluie tomber sur moi et me rafraîchir. Je lève le visage vers le ciel et souris, heureuse et enfin comblée. Il a peut-être raison. Peut-être qu'il est temps de reformer notre famille. Alors que je glisse mes mains dans les poches, la droite frôle un petit papier qui se trouve là. Curieuse comme pas deux, je m'en saisis et le déplie devant moi.

"Ma chère Alice,

La vie avec les Cullen est loin d'être un long fleuve tranquille. C'est même bien plus compliqué que je ne l'aurais pensé. Mais je suis prêt à m'accrocher. Si c'est ce que tu attends de moi. Je reste et resterai éternellement ton dévoué. Tu es mienne pour toujours.

Avec amour,

Jasper"

Ma bouche tombe à la lecture de ses mots et les larmes perlent à mes yeux quand je relis ce passage: "Tu es mienne pour toujours". C'est ce qu'il m'a dit hier et que j'ai trouvé si beau. C'était une phrase qui lui était destinée. Atomisée, je rentre dans la maison à une allure folle, jette la veste sur le lit et coure à ma chambre pour passer vite fait des habits et m'éloigner d'ici le plus vite possible.

*Retour au présent*

Voilà comment nous en sommes arrivés là. Comment il m'a détruite, à nouveau. Il marche toujours derrière moi qui ai repris mon chemin, les poings serrés le long de mes flancs, toujours aussi en rage, toujours aussi dévastée.

- Je suis désolé, Bella. Je suis désolé de t'avoir traité de folle. T'es juste un peu perturbée !

Je m'arrête de marcher et me retourne sur lui, en rage :

- Non mais tu te crois drôle ?

- Ce que je crois, c'est que tu es en train d'essayer de nous saboter! Tu cherches des excuses pour ne pas m'aimer et être sûre que je ne te ferais plus souffrir ...

Okay, un point pour le vampire empathe! Ceci dit, c'est pas juste, il triche ! Je renchéris donc:

- Mais tu m'as dit la même phrase qu'à elle. Tu te rends compte ? La même phrase !

- Oui, mais je n'ai jamais donné ce mot à Alice.

Il se fout de moi, voilà ce qui se passe !

- Et alors ? Moi non plus je ne t'ai pas donné tous les mots que j'ai écrits pour toi mais ça ne voulait pas dire que je n'en pensais pas chaque mot. J'aimerais comprendre pourquoi c'est moi que tu veux ... Ca pourrait être Alice !

- Alice a occupé une grosse partie de mon éternité, je ne peux pas le nier. Et je tiens beaucoup à elle.

Ouch, un coup dans le coeur. Allez, Bella, reprends-toi et réagis:

- Alors quelle est la différence?

- La différence? La différence, c'est que toi je t'aime Bella. C'est toi que je veux, pas Alice.

J'ai envie de craquer mais ma crainte reste accrochée à moi, refusant de me laisser aller vers lui.

- Mais pourquoi ? Il faut que je sache pourquoi !

- Parce que ...

Il semble réfléchir et je me renferme d'autant plus. Peut-être qu'il n'y a pas de raison à cela, après tout. Pourtant, au bout de deux secondes, il fixe son regard dans le mien et répond:

- Parce que … Tu te mordilles un peu la lèvre quand tu veux m'attendrir ... Parce que tu cites Primo Levi comme si c'était un copain de fac... Parce que tes parents te manquent, même si tu es trop têtue pour l'admettre ... Et enfin, parce que je n'ai fait que deux déclarations d'amour comme celle-là de toute ma vie, et à chaque fois c'était devant toi ! Voilà pourquoi c'est toi que je veux et personne d'autre. On est complètement trempés, tu risques d'attraper une pneumonie ... mais si tu as besoin d'entendre pourquoi je t'aime, je peux continuer toute la journée ...

Mon mur de protection fond comme neige au soleil et je me mordille la lèvre, attendrie par ses mots. Je m'avance alors vers lui, complètement frigorifiée et murmure:

- Ca va aller pour l'instant ...

Je l'attrape alors par la veste et l'attire à moi pour l'embrasser avec tout l'amour que j'ai pour lui en moi. Et croyez-moi, c'est énorme. Jasper & Bella. Le véritable amour dure toujours. Tu avais peut-être raison Rosalie. Tu avais complètement raison, en vérité.

Before I lose my sense of reason
And this hour holds more meaning
Than it ever could
I should go
I should go
Baby, I should go

To Be Continued


Alors, quel est votre sentiment après ces 22.000 mots ? Ca vous a plu ? N'oubliez pas que ce sont vos reviews qui me permettent de continuer et de bosser donc lâchez-vous autant que je me lâche ! Ah et pour couper court à toutes les rumeurs: J'ADOOOOOOOOOOOOOOORE les reviews longues comme le Mississippi, alors n'hésitez pas !

A très vite, j'espère !

Je pars maintenant pour Contradiction, histoire de la boucler et de pouvoir vous l'offrir également !

On se voit sur ma page FB (lien dans mon profil pour celles qui ne connaissent pas !)

Gros bisous à tous !

Votre dévouée AuteuZe

Jess