Le bruit d'une porte qui se fermait à l'étage ramena le jeune-homme sur terre.

- Je ferais mieux d'y aller, dit Chuck en se dégageant à regret de l'étreinte de la femme dont il était indubitablement de plus en plus amoureux à chaque seconde.

Il était un peu sonner par ce qui venait de se passer. Faire l'amour avec elle, c'était ... magique ... incroyable ... magnifique ... féerique ... indescriptible. Il n'y avait pas de mot assez fort pour décrire ce que c'était ni ce qu'il ressentait.

Elle se releva et passa ses bras autour de sa taille pour le retenir. Elle voulait sentir encore sa peau contre la sienne.

- Reste avec moi, souffla-t-elle en posant un baiser sur son trapèze.

- Je doute beaucoup que ta mère apprécie de me voir quitter cette chambre demain matin.

- C'est pas comme si c'était la 1ère fois, se moqua-t-elle un peu.

- Pour toi, peut-être, répondit-il presque à voix basse.

Elle l'observa un instant.

- Tu ne te souviens vraiment de rien ? questionna-t-elle.

Elle était toujours blessée par cette constatation.

Cependant, elle était ravie d'être, en quelque sorte, la 1ère fois de Chuck, tout comme il avait été la sienne.

- Je ... j'ai des choses qui commencent à me revenir. Enfin ... je crois, dit-il en s'asseyant sur le bord du lit.

Il attrapa sa veste qui traînait sur le sol et sortit un petit sac de velours de la poche intérieure.

- J'ai trouvé ça sur une écharpe dans un de mes tiroirs et ... j'ai eu ... comme ... un flash. En fait, j'en ai eu plusieurs depuis, avoua-t-il.

Elle leva les yeux sur lui. Il ne la regardait pas.

- Pendant qu'on dansait ? devina-t-elle, le cœur en émoi.

Il acquiesça et fit tomber le contenu du sac dans le creux de sa paume qu'il lui tendit.

Blair reconnu sa broche en cœur et les souvenirs de ce soir-là assaillirent sa mémoire.

}i{ }i{ }i{ }i{ }i{

Elle s'observait dans le miroir et replaça une mèche de cheveux dans son chignon tandis que Chuck nouait son nœud papillon. Elle sourit en pensant au moment ou la bande de tissu glisserait d'entre ses doigts, plus tard, ce soir-là.

Mais pourquoi attendre ?

- Tu es certain que tu veux aller à cette soirée ? demanda-t-elle avec un petit regard lubrique en s'approchant de lui, roulant des hanches d'une manière délibérément provocante.

Chuck l'emprisonna dans son embrase pour dévorer son cou de baisers tandis qu'elle glissait ses mains sous sa chemise.

- On pourrait rester ici et passer la soirée tous les deux, suggéra-t-elle d'une voix suave.

Depuis qu'il avait enfin réussi à lui dire qu'il l'aimait aussi, quelques semaines plutôt, ils passaient leur temps à faire l'amour et à sortir dans toutes les fêtes de l'UES. Chuck l'avait emmenée dans tous les endroits mondains, s'affichant partout avec elle sans qu'il puisse y avoir la moindre équivoque sur le fait qu'elle soit officiellement sa petite-amie.

Il n'avait pas fallu longtemps pour que la nouvelle de leur réunion soit relayée par gossip girl. Les paris étaient ouverts quant au temps que le roi de la dépravation tiendrait en couple avec Queen B.

xoxox

Étendus l'un contre l'autre dans les draps, Blair cala sa tête dans le creux de son épaule.

- On devrait se dépêcher si tu veux rendre Milla Ziberman jalouse avec ta robe ce soir, dit-il en consultant le réveil qui trônait sur la table de nuit.

- Ce qui va la rendre verte, c'est que je sois au bras du meilleur amant de la soirée ! persifla-t-elle, sachant parfaitement que l'autre jeune-fille connaissait l'étendue des talents de Chuck en la matière, comme environs 80% de la population féminine de leur couche sociale, en dessous de la trentaine.

Elle n'ignorait pas que chacune de ces filles mourrait d'envie et aurait pris sa place sans la moindre hésitation. Mettre la main sur l'héritier Bass et le garder dans ses jupons était une prouesse dont elle pouvait s'enorgueillir.

Elle adorait cette sensation d'avoir réussi ce qu'aucune autre n'avait jamais, même de loin, approcher : apprivoiser le tombeur impénitent dont la réputation sulfureuse n'avait d'égale que celle de Lucifer en personne.

Cette situation la grisait et gonflait son ego en la plaçant au-dessus de toutes ces petites garces misérables qui lui avaient ouvert leurs cuisses en espérant qu'il leur accorderait autre chose qu'un regard de pitié condescendante une fois qu'elles auraient, à peine, remis leurs vêtements.

Il déposa un baiser sur sa tempe et quitta les draps pour se rendre à la salle de bain.

Elle l'y rejoignit avec un petit sourire pervers. Elle se fichait de rendre jalouse qui que ce soit en cet instant. Elle voulait juste profiter de lui autant qu'elle le pouvait.

xoxox

Le brun s'approcha du bar et la jeune-fille sentit un bras glisser autour de sa taille. Son sourire s'évanouit moins d'une seconde plus tard en réalisant que ce n'était pas l'odeur de l'après-rasage de son petit-ami qui lui chatouillait les narines.

Mais elle reconnaissait néanmoins parfaitement cette fragrance.

- Tu as des nouvelles de Serena ?

- Bas les pattes, s'insurgea Blair en lui faisant face. Même si j'en avais, tu es le dernier à qui j'en parlerais !

Ses yeux lancèrent des éclairs en direction du jeune-homme.

- Toujours aussi belle quand tu te mets en colère, susurra-t-il avec un sourire salace.

Elle s'écarta pour échapper à ses mains baladeuses.

- Je savais que tu me reconnaîtrais instantanément ! gouailla-t-il.

- Ton odeur putride est en effet inoubliable ! cracha-t-elle.

La tension grimpa encore d'un cran, quand Chuck arriva, carrant la mâchoire. Il avait aperçu la scène de là où il se trouvait et ce n'était pas pour lui plaire.

- Tu n'as pas toujours dit ça ! fit remarquer Carter à la brunette avec un regard appuyé sur son décolleté plongeant.

- C'est parce que j'avais perdu l'esprit ! Heureusement depuis je l'ai retrouvé.

- Permets-moi d'en douter ! railla Carter avec un coup d'œil en direction de l'autre jeune-homme.

- Dégage d'ici Baizen ! s'énerva Chuck.

- C'est un endroit publique, si vous ne voulez pas rencontrer ceux avec qui vous avez couché, vous ne devriez pas venir dans des soirées comme celle-ci. En fait, vous devriez rester enfermés entre quatre murs. Surtout toi Blair !

Chuck fit un pas vers lui les poings serrés, menaçant.

- Alors c'est vraiment vrai ? siffla l'intrus avec un rictus de serpent, se décalant pour se rapprocher à nouveau de la brunette, défiant son ennemi du regard. Vous êtes réellement ensembles pour de bon ? Je l'ai lu sur gossip girl mais je ne peux pas croire que Bass se soit réellement rangé et ait décidé de renoncer à la luxure des prostituées.

Chuck glapit mais ça ne fit qu'encourager Carter à continuer.

- Tu n'y crois pas vraiment non plus, n'est-ce pas Blair ?

- Va te faire voir Baizen ! grinça-t-elle entre ses dents.

- Je te pensais un peu plus futée que ça ! Néanmoins, ce n'est pas la qualité 1ère que je recherche chez une femme, donc n'hésite pas à m'appeler quand il aura à nouveau brisé ton p'tit cœur. Tu as toujours mon numéro, je présume ! Ne t'inquiète pas pour le marquage qu'il a certainement fait tatouer quelque part sur ton corps, nous avons les mêmes initiales et je me ferai un plaisir de le découvrir où qu'il soit.

Avant même qu'elle ne puisse répondre, le poing de Chuck s'abattit sur le nez de Carter.

Ce dernier ne mit qu'une fraction de seconde pour répliquer, il décocha un crochet du droit au roi de l'UES.

Blair hurla et la foule autour d'eux s'écarta, tous les yeux se braquant sur les combattants sans esquisser le moindre geste pour les arrêter.

Deux agents de sécurité se ruèrent sur les deux garçons en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire sans que personne ne sache d'où ils sortaient exactement.

xoxox

- Tiens, dit Blair en s'asseyant sur son lit, près de son petit-ami, une heure plus tard.

Elle apposa un sac de glaçon enroulé dans un drap sur sa pommette enflée.

- Je suis désolé, dit-il.

- Ne le soit pas ! Baizen l'a bien mérité !

- Peut-être, mais il n'est pas le seul à ne pas croire que je puisse changer. Moi-même ... je ne me fais pas confiance, alors ... je peux comprendre si ...

- Si quoi ?

- Si tu partages ces doutes. Je sais que je dois faire mes preuves et ...

Blair posa un index sur ses lèvres pour le faire taire.

- Je savais parfaitement dans quoi je m'engageais quand je t'ai déclaré mon amour à la soirée de remise des diplômes. Je ne m'attends pas à ce que tu cesses de reluquer les filles dans la salle. Et je sais pertinemment que, quelque soit la soirée où nous irons, la moitié des filles de la pièce ne penseront qu'à toutes ces choses que tu leur a faites et regretteront que ça ne puisse pas se reproduire encore. Tu es Chuck Bass ! déclara-t-elle avec un petit sourire machiavélique.

- Je suis peut-être Chuck Bass mais je t'aime. Mon cœur n'appartient qu'à toi, opposa-t-il, ses yeux plongés dans ceux de la brunette.

- Je sais. Et je t'aime aussi, c'est pour ça que je veux que tu aies ceci.

Elle ouvrit le tiroir de sa table de nuit et en sortit un petit boîtier duquel elle extirpa sa broche en forme de cœur pour l'épingler sur son écharpe préférée.

Chuck caressa le bijou du bout des doigts.

Ça représentait tellement pour lui, à cause de que ça signifiait pour elle.

Il l'embrassa passionnément malgré la contusion sur sa pommette qui le tiraillait.

- J'ai une autre surprise pour toi, dit-elle en mordillant sa lèvre inférieure d'un petit air suggestif.

Si sexy, pensa le beau brun, succombant déjà.

Elle se leva et gagna la salle de bain, l'abandonnant sur l'édredon quelques instants.

- Je ne pensais pas qu'elle viendrait si bien à point nommé, sourit-elle, coquine, cette fois, en réapparaissant dans une tenue d'infirmière, qui ne camouflait ses cuisses que le minimum du minimum, ou pas tout à fait.

Elle le vit déglutir et le désir monta en elle en lisant l'envie dans son regard comme il appréciait l'idée à sa juste valeur.

- On dirait bien que tu as besoin que je soigne tes blessures, susurra-t-elle en effleurant doucement sa pommette meurtrie avant de plonger ses lèvres dans son cou.

- Tu es l'infirmière la plus hot et la plus irrésistible que j'ai jamais vue, murmura-t-il sa bouche descendant le long de sa gorge.

- Tu ne peux pas imaginer à quel point te voir te battre avec Carter pour moi devant tout le monde m'a émoustillée, souffla-t-elle en mordillant légèrement le lobe de son oreille.

- Mais tu vas me raconter, murmura-t-il la voix rauque de désir en ouvrant le 1er bouton de son uniforme.

- Je propose plutôt que la prochaine fois, ce soit moi qui me batte pour toi. Qu'est-ce que tu en dis ?

- Mmmm, répondit-il en approbation le nez déjà entre ses seins. Il me tarde de voir ça.

}i{ }i{ }i{ }i{ }i{

Le contact de la main de Chuck sur la sienne la fit revenir à la réalité.

- Je me suis souvenu de ce que ça représentait pour toi, ajouta-t-il. Alors, j'ai pensé ... que tu voudrais sans doute le récupérer.

Il tourna son visage vers elle pour plonger dans ses yeux chocolat.

- Mais, maintenant ... j'espère plus jamais que ce ne sera pas le cas, plaida-t-il doucement.

Blair se saisit du petit objet dans le creux de la paume du jeune-homme.

Chuck ferma les paupières.

- Il n'appartiendra jamais qu'à toi, murmura-t-elle en passant ses bras autour de son torse.

Il relâcha un soupir de soulagement comme elle l'attirait plus à elle.

- Reste, redemanda-t-elle.

Il emprisonna le corps de la jeune femme sous le sien tout en le dévorant à nouveau de baisers brûlants.