Oyez, oyez, bonnes gens! Voici le nouveau chapitre. Je suis désolée pour le temps que ça a mis, et ce n'est pas terminé parce que ben, bienvenue en saison d'été pour les travailleurs du tourisme comme nous autres pauvres hères.
Bonne lecture!
...
Elle frissonnait, debout, mains liées dans le dos en une posture bien trop familière, tandis que l'eau glacée la caressait jusqu'au milieu du ventre, ses boucles brunes retombant en bataille de part et d'autre de son visage pâle. Elle sentit le poids des fers à ses poignets, la tirant légèrement vers le bas, et une douleur vive pointait déjà entre ses omoplates.
Elle entendait les remarques et les rires autour d'elle, sans parvenir à les comprendre, sachant fort bien qu'il était mieux ainsi. Le hollandais n'était point une langue qu'elle maîtrisait, mais elle savait que les plaisanteries fusant de la bouche des soldats qui se remettaient en selle étaient à ses dépens.
Plusieurs d'entre eux tirèrent jusqu'au plus robuste des chevaux un corps empêtré de cordages, qu'ils s'appliquèrent à attacher derrière l'animal de sorte à traîner le cadavre- sa mort avait été trop rapide pour un traître, aussi se permettait-on des pratiques barbares et indignes destinées à le souiller jusque dans la mort.
Elle tenta d'en détacher les yeux, mais ceux-ci glissèrent vers le cadavre malgré elle, et elle réprima un haut-le-cœur en rencontrant les yeux grands ouverts du cadavre, à présent couvert de boue et de vase, mais qui avait été le très beau Lord Dean Thomas.
Hermione pria, yeux ouverts, un bref instant. Sans nul doute, il n'y aurait plus lieu de leur réchapper à présent. Minerva McGonagall et Dean Thomas étaient morts pour rien, pour une échappée sauvage qui n'avait guère durée plus d'une heure et s'était achevée ici, sur les berges d'un ruisseau au profond de la forêt, lorsque les hollandais à leurs trousses avaient décidé de lâcher les chiens de chasse comme si Dean et elle avaient été du gibier. Les chevaux s'étaient vite délestés de leurs cavaliers lorsque les chiens étaient venus bayer entre leurs pieds, et Lord Thomas tué d'un puissant coup d'épée l'ayant presque tranché en deux.
Le cortège se remit en route, et la marquise songea à se révolter un instant. Il ne semblait guère juste à ses yeux que deux personnes la connaissant à peine aient donné leurs vies pour rien, seulement par amour pour son ancien fiancé, sans qu'elle en pâtisse. Elle serait retournée à la Reine de Hollande, et après? On doublerait certainement sa garde, mais tant qu'elle possédait une valeur afin d'espérer faire flancher le Roi de France, on ne lui ferait point le moindre mal.
Elle s'abstint cependant. Bellatrix la voulait en vie, mais pour autant, elle ne pouvait s'empêcher de songer à la réputation de la Reine, une réputation d'absolue cruauté. En vie ne signifiait point en bonne santé. Si elle tentait de se rebeller maintenant, ces hommes auraient tôt fait de lui administrer de quoi lui en passer l'envie. Et puis...ils étaient en guerre, éloignés de leurs familles, de leurs plaisirs, et elle était une putain. La putain de haute naissance du Roi ennemi- il ne fallait guère posséder un esprit imaginatif pour savoir quels châtiments ils pourraient lui réserver.
Cette pensée la fit frémir, et elle s'efforça de garder la tête baissée en quittant l'eau lorsqu'elle fut à son tour attachée derrière un cheval, debout, prête à marcher. Cet air contrit lui vint d'autant mieux qu'elle était réellement malheureuse- elle avait cru, un instant, un fol instant, échapper pour de bon à la Hollande, pour voir un presque inconnu mourir pour elle, le tout pour rien. Par ailleurs, ses dents claquaient peu discrètement dans le froid nocturne, ses jambes étaient gelées, et sa robe était alourdie par le poids de l'eau qui ruisselait le long de ses cuisses à chaque pas. Ce n'était guère le moment de se faire remarquer par quiconque.
Les hommes se remirent en marche, la traînant à travers bois, semblant prendre le plus grand plaisir à la tirer exprès à travers ronces et buissons jusqu'à ce que ses bras soient griffées au sang. Les rires soulagés des soldats résonnaient autour d'elle, et elle sentit à plusieurs reprises leurs yeux moqueurs, haineux, sur Lord Thomas et elle-même. Elle s'efforça de maintenir le regard au sol, souhaitant plus que tout éviter un faux pas sur ce terrain traître et sombre.
Elle n'en fut pas moins envahie d'un sentiment de terreur absolue lorsqu'ils quittèrent le bois et se trouvèrent sur la plaine, suivi d'une panique sourde, masquée, lorsque les soldats marchèrent en direction du camp illuminé dans la distance. Elle scruta alors le sol des yeux, se repérant à la lune, ne désirant, pour rien au monde, risquer de traverser de ses pieds l'endroit où le sang de la Lady McGonagall séchait sûrement encore...
Elle tombait à demi lorsque les soldats parvinrent au camp, et celui qui la tirait derrière son cheval mit pied à terre au milieu des hurlements de plaisir de ses comparses, sortis de leurs tentes pour voir l'arrivée triomphale de leurs pairs- la fureur de la Reine avait certainement été féroce, et elle ne désirait point particulièrement connaître le châtiment que la monarque réservait à ses troupes si elle n'avait pas été retrouvée.
Le soldat la tira par la corde lui enserrant les poignets jusqu'à la tente de la Reine, et Hermione ne put s'empêcher de grimacer. Au milieu des applaudissements et des cris de joie, des mots fusaient, et elle n'avait guère besoin de comprendre le hollandais pour les traduire.
Elle sentit quelque chose d'humide contre sa joue et ne put s'empêcher de lever le regard, yeux ronds, alors que les soldats éclataient de rire. Elle sentit sa peau s'enflammer de honte en comprenant qu'on lui avait craché dessus, et elle baissa de nouveau la tête, sachant qu'elle présentait un spectacle fort déplorable- la maîtresse du souverain ennemi, glacée, mouillée, sale, des brindilles dans les cheveux et la robe couverte de vase, acquise en tombant de cheval lorsque le Lord avait été tué à ses côtés et que sa monture s'était cabrée de frayeur.
Elle était humiliée lorsque le soldat la poussa enfin dans la tente de sa Reine, mais s'efforça enfin de lever les yeux.
Bellatrix était assise sur un divan, coupe de vin entre les doigts, une expression faussement plaisante sur son beau visage, mais une fureur sourde dans ses yeux sombres. Lorsqu'elle se leva, sa longue robe noire sembla compléter sa forme, la faisant ressembler à l'ange de la mort.
Elle tourna le regard vers le soldat et lui parla dans sa langue. Le soldat lui répondit brièvement, et la Reine sourit, expression meurtrière, avant de répliquer. L'homme quitta la tente.
-Je suis déçue que vous voudriez nous quitter si tôt, Madame, lui dit alors la Reine d'une voix faussement désolée avant d'avaler une gorgée de vin.
Tout semblant de contrition disparut de l'esprit de l'ancienne huguenote lorsque les yeux de la Reine, la détaillant, se posèrent sur le crachat ornant sa joue et que ses lèvres pleines se séparèrent en un sourire de ravissement pur. La jeune femme se hérissa, piquée dans sa fierté.
-Je crains que mes appartements ne soient point à mon goût, Votre Majesté, lui répliqua la marquise d'entre des dents serrées.
Bellatrix ne masqua guère son rire.
-Mais elle sait jouer, la chère enfant, rétorqua-t-elle. La question que je me pose est, sait-elle également en souffrir les conséquences?
La marquise avait beau être pétrie de courage, il fallait être sot pour ne point frémir devant les menaces de Bellatrix de Hollande. La Reine laissa échapper un soupir.
-Mais enfin, j'ai une excellente nouvelle à vous communiquer, ajouta la souveraine d'une voix goguenarde. Un éclaireur accompagnant le cortège de mon royal époux est parvenu au camp lors de votre absence. Le Roi sera ici sous trois jours.
Hermione écarquilla les yeux et sentit son cœur cesser de battre subitement.
-Je ne puis encourir le risque que vous nous fassiez faux bond à nouveau, dit la Reine avant de claquer des doigts.
Deux soldats pénétrèrent aussitôt dans la tente, se saisissant de la marquise, tandis que la Reine se détournait pour emplir à nouveau sa coupe de vin. L'on détacha ses fers avant de la traîner vers le poteau de bois au centre de la tente, où on lui attacha les mains à nouveau de part et d'autre. L'un d'eux produisit alors d'autres fers avant d'administrer le même traitement aux chevilles de la marquise.
-Je crains que cette chambre royale-ci soit moins confortable que celle de mon cher neveu, la tança Bellatrix alors que les soldats sortaient. Mais quel plaisir, quelle joie aura mon mari de vous trouver là!
Elle claqua la langue, amusée. Hermione se contenta de la foudroyer du regard.
-Vos manières laissent franchement à désirer, Madame, décréta Bellatrix. Mais je vous assure qu'après le retour de mon époux, vous paierez très cher votre petite fuite.
Les yeux de la monarque s'assombrirent.
-Très cher...
...
La comtesse de Béziers était une femme pour laquelle les événements, tout au cours de sa vie, avaient donné lieu à de longues interrogations. À qui se devait-elle, se pouvait-elle être loyale? L'on lui avait toujours répété qu'il fallait respecter ses parents, respecter les mâles, respecter le Roi. Mais que devenait-elle lorsque s'opposaient ses parents et le Roi? Vers qui devait-elle faire preuve d'allégeance?
Et aujourd'hui encore, qu'en était-il? Son frère adoré était tombé face aux armées alliées. Mais la traîtrise de Ronald n'était-elle point justifiée? Et se devait-elle de venger la mémoire de son aîné, ou laisser ceux qui l'avaient abattu à leur sort, en bonne sujette? Devait-elle encourager la France, ou sa famille?
Elle avait longuement hésité. Elle avait tourné le dos à une famille aimante, autrefois, par recherche de gloire et de fortune, ce qu'elle se prit à regretter chaque jour depuis- du moins tant qu'elle ne songeait pas au mariage que dite famille lui réservait. Mais elle avait pris une décision, et le vin étant tiré, il lui fallait bien le boire.
Quel que soit le chemin qu'elle empruntait, elle encourrait la fureur de quelqu'un- elle trahissait ou sa famille, ou sa patrie. Quelle image les livres d'Histoire garderaient-ils de la première comtesse de Béziers? Celle d'une femme changeant d'allégeance comme de chausses? Sans nul doute.
Elle avait, cependant, décidé ce qu'il convenait de faire. Aussi s'était-elle apprêtée ce matin-là avec un poids sur le ventre, enfilant ses jupons azur et argent avec appréhension.
Elle se dirigea, sitôt apprêtée, vers les bureaux du duc de La Rochelle où elle attendit que le valet l'annonce.
Un instant plus tard, le valet parut à nouveau, lui indiquant d'entrer, et elle s'avança, s'arrêtant net lorsqu'elle s'aperçut que sa charge n'était point seule.
Le visage pincé de son frère aîné, Percy de Narbonne, fut la première chose qu'elle vit. Percy avait été, de sa famille, le moins enclin à lui maintenir préjudice de sa trahison, mais ils ne s'étaient jamais réellement entendus, même enfants. Et ce jour d'hui, engoncé qu'il était dans ses velours lie-de-vin, malgré la chaleur ambiante, il paraissait furieux de la voir.
Les yeux de Ginny s'écarquillèrent, se posant brièvement sur le duc. Harry était installé derrière son bureau, en apparence détendu, mais les lèvres prises dans un pli légèrement amer et le dos trop droit pour être réellement confortable. Se disputait-il avec Percy avant son arrivée?
Avant qu'elle ne puisse se reprendre, le marquis de Narbonne parla d'une voix sèche.
-Que faites-vous ici, vous? Dehors!
Prise de court, Ginny se tourna vers le duc. Celui-ci fixait la tête de Percy sans masquer une franche irritation, cette fois.
-Monsieur le marquis, dit-il d'une voix calme, demandez-vous réellement ce que fait la duchesse de La Rochelle dans sa propre demeure?
Percy cessa de la foudroyer du regard pour se tourner vivement vers Harry Potter.
-Veuillez m'excuser, Votre Grandeur, répliqua-t-il d'une voix mielleuse. Naturellement, j'oubliais que ma sœur se trouve également être votre...
Un bref silence plana, que le marquis finit par combler d'une voix tranchante.
-...femme.
Le duc plissa les yeux.
-Tâchez de ne plus l'oublier, Monsieur le marquis.
-Cela me serait difficile, lança Percy d'une voix claire. Une chose curieuse que le mariage, à la vérité. Je me souviens encore du jour où mes parents ont négocié mes noces avec Pénélope. Tant à faire, tant de bruit! L'on en parlait de l'Espagne jusque l'Italie. C'est que le mariage d'un marquis n'a rien d'ordinaire, alors celui d'un duc...
Ginny inhala silencieusement, et son regard paniqué chercha celui de Harry. Ce dernier ne cilla guère, se contentant de regarder fixement Percy.
-D'autant mieux, poursuivit le marquis, lorsque ce duc est le parti le plus recherché de France. J'ai été étonné, fort étonné, d'apprendre la nouvelle lors de votre retour, car nulle correspondance n'en faisait mention, et je me demande également où étaient publiés les bans...
Percy se tourna à nouveau vers sa sœur, un sourire malicieux aux lèvres.
-Un faux mariage, plaqua-t-il.
Ginny capta instinctivement le regard du duc et y lut une pointe de panique semblant refléter la sienne. Toutefois, la comtesse n'était point sotte- elle fréquentait la Cour, ses pratiques et ses mensonges, depuis des années, et savait porter le masque. Elle tourna donc à nouveau le regard vers son frère aîné, se composant rapidement une mine de confusion et d'étonnement.
-Quelles paroles allez-vous chercher là, Monsieur? demanda-t-elle avec une naïveté désarmante. Il n'est point de coutume, pour ce qui est de la Cour, d'envoyer des nouvelles aux huguenots...
-Coutume ou non, l'interrompit le marquis avec un geste tranché de la main, une telle nouvelle serait assurément à la mode du jour, Madame. Je ne suis point nos frères- et, pour n'avoir jamais été en Cour, j'en connais cependant les usages et les artifices.
Percy tourna à nouveau le regard vers le duc, dont les traits s'étaient tirés légèrement.
-Malgré les noces royales, poursuivit-il, on aurait tout de même parlé de ceux d'un duc et pair, d'autant que celui-ci est l'homme, après le Roi et le prince de Sicile, le plus riche de France...et avec une comtesse désargentée, qui serait presque une mésalliance, tant l'Europe fleurit de femmes de haut parage parmi lesquelles faire votre choix. Vous êtes huguenot, Monsieur de La Rochelle- je ne puis croire que le Roi ait pu voir d'un bon œil une union entre la comtesse et vous-même...cela vous octroierait bien trop de pouvoir...et je m'étonne, d'autant mieux, qu'il ait autorisé telle alliance après que vous ayez passé la meilleure partie d'une année à la Bastille pour crime de lèse-majesté.
Le silence qui s'ensuivit sépara le bureau en deux tandis que les deux hommes se guettaient- Harry, crispé, tendu et attentif, et Percy, ce frère qu'elle n'avait jamais réellement aimé, souriant avec une malice déplacée, clairement content de sa trouvaille.
-Mettriez-vous en doute la parole, non seulement de votre sœur, qui est de la Cour et en position de faire ou défaire les faveurs, mais également celle d'un duc et pair? finit par gronder Harry d'une voix cassante.
-En effet, rétorqua le marquis avec une moue.
Ginny plissa les lèvres, s'exhortant au calme, puis fit d'un pas lent le tour du bureau afin d'y rejoindre sa charge, qui leva sur elle des yeux émeraudes à la fois étonnés et suspicieux. Elle plaida des siens la compréhension, avant de poser ses doigts pâles sur l'épaule du duc.
La belle comtesse tenta d'ignorer la manière dont les muscles finement dessinés du duc roulaient sous sa main, et lâcha un soupir las.
-Je suis navrée, mon amour, lança-t-elle d'une voix gênée. Il faut dire à Monsieur mon frère la vérité.
Sans attendre de réponse, elle se tourna vers Percy, plongeant son regard dans celui tant similaire au sien, avant de baisser les yeux, adoptant un air contrit et fautif, espérant qu'une rougeur convaincante s'étale sur ses joues.
-Il n'y eut point de bans ni d'annonce car le duc et moi-même nous sommes mariés à la hâte.
Elle inspira, laissant de fausses larmes piquer le coin de ses yeux noisette, remerciant son éducation en Cour à cet instant.
-C'est que...c'est que...le duc et moi-même...
Elle étouffa un sanglot, pressant toujours ses doigts contre l'épaule de son prétendu époux, et inspira bruyamment, comme pour se donner du courage.
-Nous avons commis le péché de chair lors de son passage à Versailles après sa libération, et de crainte de me voir grosse...le duc a été suffisamment chevalier pour m'épouser sur-le-champ. Le Roi en personne nous autorisa à nous marier dans l'heure, sans autre forme de procès.
Le sourire de Percy s'était quelque peu effacé, car la ruse était bien trouvée- il disparut tout à fait lorsque le duc, jouant pleinement le jeu, glissa un bras autour de la taille de la comtesse. Son inhalation et sa rougeur, cette fois, n'étaient guère feintes.
-Qui vous a mariés?
La voix de Percy semblait venir de très loin alors que Ginny se tournait vers le duc. Elle croisa le regard de celui-ci et fut étonnée de déceler, dans ses profondeurs, une pointe de désir qu'il ne parvenait point à lui cacher. Sur sa taille, les doigts de sa charge se serrèrent, comme s'il voulait l'attirer tout à fait à lui. Le monde existait à peine, soudain, et elle ne parvint guère à quitter Harry des yeux en répondant machinalement,
-Le Cardinal Rogue.
Le plat de la main de son frère résonnant brutalement contre la surface du bureau arracha les deux compères à leur échange visuel, et la comtesse se tourna vivement vers lui.
-Bel échange, s'exclama moqueusement le marquis, on s'y méprendrait. Si seulement le Cardinal Rogue, à Arcachon, n'avait point été si surpris d'apprendre votre mariage...! Vous eussiez pu vous en tirer.
Son sourire fin était de retour, presque goguenard lorsqu'il se tourna vers le duc.
-Je vous prierai de relâcher votre prise, Monsieur le duc. Elle demeure ma sœur.
La comtesse sentit les doigts de Harry glisser hors de sa portée, et elle eut presque envie d'amorcer un geste pour les retenir. Cependant, l'attention du duc n'était plus sur elle.
-L'on pourrait croire, Monsieur le marquis, que vous preniez un plaisir certain à connaître l'état de mon foyer, lança-t-il froidement. Cependant, un tel interrogatoire de votre part a certainement un dénouement.
Le marquis hocha la tête.
-En effet, Monsieur le duc, en effet.
Son air matois avait disparu, laissant place à la brutalité du ton et du geste. Percy de Narbonne était, après tout, obséquieux ou hautain lorsqu'il le fallait, mais n'en demeurait point moins un Weasley- vif, emporté et quelque peu bourru.
-Madame ma mère vous a approché avec une offre, celle de vous donner la couronne de France. Drago est à la guerre, Versailles n'est défendu que par quelques maigres régiments entourant la Reine et ce qu'il y demeure de la Cour.
-Madame votre mère m'a en effet suggéré ceci. Je l'ai refusée.
Percy le dévisagea un bref instant, yeux étincelants.
-Je crains qu'il ne s'agit point réellement de vos désirs, mon cher duc. Votre emprisonnement a ébranlé les huguenots français, et dès cet instant, nous avons œuvré, sachant la guerre avec la Hollande à l'horizon...près de la moitié de la France est huguenote, et aussi bien la Papauté que la royauté a suffisamment malmené ceux de notre confession et ce, depuis trop longtemps. Nous marchons sur Versailles sous prétexte de prêter nos armées au Roi, nous saisissons le palais et vous installons sur le trône- nous avons suffisamment de pasteurs pour vous oindre. Sur le front de l'Est, hollandais et français se déchirent, amenuisent leurs armées respectives...si Drago gagne, écartant pour nous la menace extérieure, nous pourrons alors nous charger de ce qu'il demeurera de son armée. Si Tom gagne, tuant votre ennemi, nous pourrons alors l'éliminer à son tour.
Ginny sentit plus qu'elle ne vit le frisson glacé passant dans le dos du duc, et le partagea aussitôt.
-C'est folie, murmura-t-elle.
Percy tourna vers elle un regard incisif.
-Je ne pense point que vous vous plaindrez, lorsque vous serez Reine. Car, la famille Weasley étant responsable de la faction, c'est la seule récompense que nous souhaiterons pour vous acquérir la couronne, Monsieur- que vous épousiez notre sœur, et qu'elle soit couronnée votre Reine.
-Votre sœur a raison, rétorqua froidement Harry. Ce projet est folie.
Malgré la gravité de l'instant, la jeune femme sentit un frémissement de bien-être à la validation du duc.
-D'une part, je suis gentilhomme, et ai juré sur l'honneur, non seulement au Roi en personne mais également au Premier Ministre devant témoins que je ne lèverai guère les armes contre la France. D'autre part, imaginez-vous réellement que cela se déroulerait sans heurts? La France est sœur de l'Espagne, qui vient de nous donner une Reine. Pensez-vous que le Roi d'Espagne va jouer aux cartes devant un feu bien chaud pendant que nous ôtons le trône de sous sa fille, de sous ses éventuels petits-fils? Quand à la Hollande, elle est appuyée par l'Ecosse. Mon oncle par alliance est Roi de cette nation- piètre souverain, je vous l'accorde, mais souverain tout de pareil. Le gros Roi est aux commandes, et ce qui l'intéresse est un Tom expansionniste à la tête de cette nation, point son neveu détesté qui ne veut guère de cette couronne! Quant aux autres nations européennes, elles n'ont pour l'heure guère annoncées leurs couleurs, mais aucune d'elles ne se tiendra tranquille en s'imaginant que la France peut être prise par le tout-venant, et chacun voudra y tenter sa chance...et cela même sans compter la puissante Autriche, qui a donné des Reines à tous les royaumes cités sauf un! Par ailleurs, les armées sont une chose, mais ce ne sont souvent point les armées qui déposent un monarque- demandez au peuple catholique de ce royaume s'il veut un huguenot à sa tête! Les esprits se souviennent de la Saint-Barthélémy, de tant d'autres expulsions et massacres, et s'imaginera que nous cherchons à nous en venger...
Percy interrompit sa tirade d'une main levée.
-Je crains que vous ne compreniez guère la situation, mon ami. Si vous ne nous laissez guère prendre le trône en votre nom, je ferai savoir que ma sœur n'est point votre épouse.
Le duc haussa un sourcil froid.
-Oui, voici une menace qui me fera tenir tranquille, à n'en point douter, railla-t-il d'une voix sèche.
-Je crains, pourtant, que ce soit le cas.
Le marquis eut un bref sourire, vite disparu.
-Que pensez-vous qu'il se passera si votre mensonge venait à s'ébruiter? Vous êtes plein de qualités, Monsieur le duc, mais à la vérité êtes dépourvu d'esprit stratège et marchez trop au coup de sang. Si cela venait à se savoir, vous perdriez l'estime et la confiance, non seulement de votre peuple, mais également des autres huguenots de ce pays...on saurait, alors, pourquoi ma sœur est réellement à La Rochelle...
Il porta brièvement le regard sur la comtesse, avant de revenir vers le duc.
-A la veille d'une guerre lors de laquelle vous pourriez apporter votre soutien à l'ennemi, le Roi vous libère. Il a pensé, et fort bien pensé, à un gardien, pour surveiller et rapporter vos faits et gestes à la Cour...et quel meilleur gardien, à la vérité, que la comtesse de Béziers, qui vous connaît, qui connaît les huguenots, et qui est loyale, pourtant, à la Couronne? Dès lors que l'on saura que vous êtes sous surveillance par la comtesse, vous perdrez toute crédibilité. Vous serez considéré avec méfiance et soupçon. Et alors, en ces temps troubles, où la guerre sonne à notre porte, où un chacun rêve d'avancer ses propres intérêts, vous serez seul...rejeté par les huguenots, étroitement guetté par les catholiques...les premiers voudront garder La Rochelle au sein de notre espèce, les autres voudront se la procurer afin de la maintenir sous le joug de Versailles. Entouré d'ennemis, abandonné de vos proches, décrédibilisé auprès de la Cour et ennemi de facto de votre oncle écossais...ma foi, ne serait-ce point là la fin d'un règne? La fin d'une famille ancienne comme le monde? L'on voudrait vous abattre, mon cher, et d'aucuns préservant leurs ambitions, l'on se battra même pour être celui qui vous tuera et remportera le gros lot qu'est votre fief ducal.
Il y eut un silence, tandis que le marquis, satisfait, se renversait en arrière dans sa chaise. Harry eut alors un rictus glacial.
-Et j'imagine que vous seriez de ceux qui ambitionneront La Rochelle, mon cher marquis?
Percy étouffa un éclat de rire.
-Je n'ai nul désir de vous voir mourir, duc. Bien au contraire...vous mort, c'en est fini de mes espérances. Alors que si vous vivez, si vous prenez le trône, si vous couronnez ma sœur, alors ma fortune est faite- le beau-frère d'un roi est, pour ainsi dire, intouchable. J'ai Narbonne, mais ne suis guère riche- je ne doute point cependant que les bontés pleuvront sur nous autres huguenots lorsque vous serez le maître.
Harry sembla enfler de colère, et la comtesse choisit alors d'intervenir.
-Qui m'empêche d'écrire au Roi, ou à l'un de ses ministres, pour rapporter votre trahison, Monsieur?
Percy esquissa une moue indifférente.
-Il est vrai que de tout autre Weasley que vous, je m'attendrais à plus de loyauté familiale, ma chère comtesse. Mais écrivez, écrivez donc...je vous en prie. Le Roi Drago est bien occupé par les soldats de Tom de Hollande. S'il décide de rester sur place et de finir sa guerre, cela ne change rien pour nous. S'il décide d'abandonner sa guerre pour nous contrer avec ses troupes, il aura tout de même le hollandais sur ses talons, et il sera écrasé entre deux forces contraires.
-Je ne saurai répondre du duc, répliqua-t-elle avec colère, mais pour ma part, je me refuse d'être couronnée à ses côtés. C'est haute trahison...et alors, vous ne seriez plus beau-frère du Roi, et votre projet échouera.
-J'eusse aimé, pour la gloire de mon nom, que vous acceptiez...mais qu'à cela ne tienne, ma sœur. Refusez cette couronne et ces huiles, et je donnerai à votre duc l'une des sœurs de mon épouse Pénélope, une fille Deauclaire, qui nous sera douce et obéissante- et qui contentera fort bien son mari, puisque la fratrie de Madame de Narbonne est pourvue d'une grande beauté. Mais quant à vous, ma chère comtesse, un tel refus ne s'oubliera guère, et tout comme le refus du duc serait traité avec méfiance et hargne...Béziers est belle terre, et n'attendrait qu'un nouveau maître si un malencontreux accident devait vous advenir.
Ébahie, la comtesse se tourna instinctivement vers le duc, mais le regard de celui-ci était rivé sur Percy de Narbonne avec une inquiétante fixité, comme s'il eut été un prédateur guettant une proie. Après un court silence, cependant, le duc se renversa légèrement dans son fauteuil sans quitter le rouquin du regard, et sa décision tomba comme un couperet.
-Que l'on fasse préparer les hommes. Nous chevaucherons vers le nord dès la nouvelle lune.
La comtesse inspira vivement, dévisageant le visage pâle du duc, ne parvenant guère à le trouver laid, même dans la trahison, mais il l'ignora.
-Vous n'y pensez pas! éructa-t-elle enfin.
Le duc consentit à lever son beau regard émeraude vers elle, si similaire en couleur aux yeux de la duchesse de Paris, mais qui n'en contenaient guère les éclats impitoyables.
-J'y pense, Madame, et j'ai parlé.
-Vous prenez une décision fort sage, décréta Percy en se levant. Fort sage en effet. Mes troupes, et celles du duc et de la duchesse de Marseille, rejoindront les vôtres à Orléans.
Il se tourna ensuite vers sa cadette comme foudroyée, et effectua une révérence quelque peu impertinente, avant de se diriger vers la porte, la fermant derrière lui avec toute l'impatience d'un homme voyant ses projets réalisés.
Ginny se tourna à nouveau vers le duc, yeux écarquillés, et ce dernier étouffa un soupir audible.
-N'écrivez rien au Roi, ni à la Cour, Madame, commanda-t-il sèchement. Je crains de devoir trahir quelqu'un en ce jour. Ou le Roi...ou ceux que j'aime.
Il ouvrit un tiroir du bureau et en tira un parchemin soigneusement enroulé qu'il lui tendit.
-Drago n'est point le seul homme du royaume à se renseigner, l'informa-t-il. Lisez ce billet.
Confuse, la comtesse déroula le papier, y lisant les quelques mots inscrits à l'encre mal séchée, puis elle laissa échapper un faible cri avant de le relire.
-Depuis quand-
-J'ai reçu ce billet de l'un de mes, ah, amis-
-Espions, Monsieur le duc, espions.
-...soit...je l'ai reçu voici douze jours. Nous ne quitterons guère La Rochelle à la nouvelle lune, Madame, puisque je fais déjà préparer mes soldats depuis ce temps. Nous quitterons la ville au lever du jour...
-Mais...vous avez entendu Monsieur mon frère.
-Certes, Madame.
Le duc de La Rochelle leva vers la jeune femme des yeux plissés.
-Je crains que nous n'ayons guère le choix, si nous souhaitons nous tirer de ce complot sans répercussions...
Il soupira.
-Vous m'épouserez à la tombée du jour, Ginevra.
...
Hermione ne sut guère comment, mais elle finit par somnoler, les os raidis en une position qu'elle commençait à bien connaître, enchaînée au poteau au pied du lit de camp de la Reine de Hollande. Celle-ci s'était empressée de l'ignorer après son retour, semblant entretenir une massive correspondance qui n'avait rien à envier à la charge de travail de la duchesse de Paris ou du Cardinal Rogue. La marquise l'avait observée à la dérobée pendant que se consumaient les chandelles, avait remarqué le pli soucieux au front de la souveraine, l'élégance hautain de ses gestes, la concentration du regard sombre. Si elle ressemblait peu au physique à sa sœur cadette Narcissa, elle partageait néanmoins avec celle-ci une majesté et une grâce indéniables. Elle avait été belle, peut-être même davantage encore que ses sœurs, mais ces vestiges-là avaient, au contraire de la Reine-mère de France, mal vieillis- lorsque se mouraient les bougies, son visage était éclairé de manière fantomatique, et l'on s'imaginait aisément la peau de la Reine fondre sous la masse noire de sa chevelure pour ne laisser que les os.
Un hennissement paniqué tira la marquise de son mauvais sommeil, et elle releva vivement la tête, quelque peu hébétée, coulant un regard vers le lit- vide- de la Reine. Y avait-elle seulement dormi? Hermione dirigea ensuite le regard sur le pan d'entrée de la tente, entendant à présent des bruits de pas de chevaux et d'hommes. Un éclat de voix, qu'elle reconnut comme appartenant à la Reine de Hollande, attira son attention, et les pans de toile s'écartèrent, laissant passer sa geôlière, suivie par un homme tout de noir vêtu.
Il était difficile de lui attribuer un âge, mais semblait plus âgé que la Reine, et l'on devinait encore les muscles finement dessinés sous le justaucorps charbonneux. Sa peau était pâle, mais point de cette pâleur que l'on attribuait, lors du Moyen-Âge, aux beautés divines- une pâleur maladive, presque inquiétante, et certainement laide à regarder. Ses veines bleutées se devinaient sans peine aux tempes, même dans la faible clarté des quelques chandelles restées allumées. Son nez était plat, presque inexistant, réduit à des narines palpitant de fureur, et ses yeux étaient deux fentes rougeâtres qui rappelaient ceux des reptiles, dans leur couleur comme dans leur fixité angoissante- il n'y avait rien de naturel dans ce regard-là, et un instant, Hermione sentit son cœur bondir comme si le Diable en personne venait de pénétrer dans la tente.
Les lèvres fines de l'homme esquissèrent une mimique de satisfaction cruelle en voyant la marquise enchaînée au poteau, puis il se détourna d'elle pour se tourner vers Bellatrix.
-Je vois donc que la rumeur est vraie, dit-il d'une voix à la fois glacée et moqueuse qui fit frissonner Hermione. J'espère pour vous, Madame, que l'autre, celle qui concerne la princesse, ne l'est point.
La marquise ne s'y méprit guère. Bien qu'elle demeure froide et composée, la Reine de Hollande laissa poindre une pointe de terreur absolue dans son regard.
-Je crains que si, Votre Majesté, décréta-t-elle cependant d'une voix calme. Mais rien qui ne puisse être résolu- le Roi de France détient Delphini, et nous détenons Royan. Un échange est possible...
Il y eut un court silence, puis l'homme- le Roi Tom de Hollande, réalisa Hermione- secoua lentement la tête. Lorsqu'il parla, sa voix sifflait, similaire à celle des serpents.
-Je suis très déçu, Bella. Vous m'avez habitué à mieux.
-Nous avons l'avantage de la surprise, s'empressa d'ajouter la Reine en croisant ses mains contre son ventre. Drago ne sait pas que nous avons sa favorite-
-Delphini a, aux dires de la rumeur, rejoint la France aux côtés du nouvel Empereur d'Autriche, l'interrompit le Roi en crachant ces derniers mots. Sirius a déjà sa fiancée, et il a rejoint le camp de cet impertinent petit blondinet. Drago a l'avantage, Bella- lorsque les armées autrichiennes auront rejoint leur nouveau maître, il sera trop tard...nous devons abattre ses forces dès maintenant, frapper vite et frapper fort, afin de pouvoir récupérer l'armée et les vassaux français pour les opposer à l'Autriche...que vaut une putain dans la balance, hmm? Croyez-vous réellement que Drago se rendra à nos termes juste parce que nous avons capturé l'une de ses nombreuses maîtresses?
-Elle est sa favorite, répliqua la Reine d'un ton moins certain à présent. Drago est amoureux d'elle-
-Amoureux? De tels sentiments n'existent pas, Bella...mais même si c'était le cas...il faudrait être imbécile pour échanger une paix pour une femme, quelle que soit la valeur de celle-ci. Et votre neveu est beaucoup de choses, mais il n'est, hélas, point un imbécile.
Les lèvres de Bellatrix se plissèrent tandis qu'elle réfléchissait visiblement.
-Une paix blanche-
-Une paix blanche, pourquoi faire, Madame? Blanche, jaune ou rosée, le Roi de France gagnera cette guerre si nous n'intervenons point rapidement. Votre prisonnière n'a aucune valeur et votre fille a trahie les siens. Je n'ai donc plus d'héritier.
Bellatrix écarquilla les yeux, respiration courte, visage perdant le peu de couleurs qui s'y trouvaient. Malgré elle, Hermione sentit son cœur se pincer- elle savait ce que cela signifiait, et elle doutait que Tom de Hollande soit de ceux qui répudieraient leur épouse. Non, il préférerait, et de loin, un veuvage, afin que nul ne puisse contester une nouvelle noce...
-Sire...
La voix de Bellatrix était étrangement faible, mais le Roi ne la regardait plus. Il avait à nouveau porté le regard sur Hermione.
-Quant à celle-ci...
Il marqua une pause, la détaillant silencieusement, avant de reprendre,
-Elle n'a aucune utilité sur l'échiquier politique, mais je me dois d'avouer qu'il y a quelque chose de plaisant à savoir l'une des proches de ce maudit français sous ma coupe. Je sais comment provoquer notre victoire...et c'est l'utilité qu'elle possède encore.
Sans regarder sa femme, Tom retira, d'un geste fluide, la ceinture retenant sa tunique et la plia en deux.
-Sortez, Bella.
La Reine n'hésita guère, l'air abasourdi. Le pan de toile n'était point encore retombé derrière elle lorsqu'elle entendit la ceinture frapper, suivi du faible cri de la marquise. Elle se tint debout devant la tente, figée, yeux dans le vide, écoutant sans entendre, sans, pour une fois, y prendre un plaisir malsain, les bruits de fouet de la ceinture s'abattant avec brutalité sur le corps de la marquise et les cris de douleur de celle-ci.
Elle, une Reine de Hollande, une Princesse Impériale d'Autriche, allait mourir. Tom allait la tuer. Elle le savait, à présent- il la tuerait pour épouser une princesse jeune et fertile.
Là, décida-t-elle avec amertume, devait donc s'achever sa plus belle histoire. Car elle ne comptait guère se laisser abattre. Elle devait ramener Delphini, à tout prix. Et elle connaissait le moyen parfait d'y arriver- après cela, Tom n'aurait guère d'autre choix que de la garder près de lui, même s'il lui faisait regretter son geste éternellement- au moins, elle aurait une vie. Au moins, sa princesse de fille aurait une mère.
Pour Delphini. Tout pour elle et par elle, rien sans elle. Elle sentit des larmes lui piquer les yeux, mais se refusa à les laisser tomber.
Les coups dans la tente s'arrêtèrent brusquement, et elle entendit alors le bruissement de vêtements que l'on déchirait, ainsi que la voix de la marquise, une mimique suppliante, plaintive, qui eut autrefois plu à Bellatrix mais qui, à l'aube de sa propre mort, la rendait presque malade.
-Non! S'il vous plaît...s'il vous plaît...non!
D'un pas mal assuré, nauséeuse, Bellatrix s'éloigna.
...
Alors, vous y avez cru, à Prison Break, hein? Notre pauvre marquise n'a pas été bien loin. Dean a été tué...pauvre Seamus a perdu tous ses potes en si peu de temps...Ron, Romy, McGo...et maintenant son amant. RIP petit Lord.
Une longue scène entre Ginny, Harry et...surprise! Percy. On sait désormais ce qui est projeté par les huguenots, mais Harry va-t-il s'y plier? Et c'est quoi ce mot qu'il a montré à Ginny? Et quel est son plan personnel?
Enfin, Tom, le retour. Et comme l'avait promis Bella- ça sent mauvais pour notre petite marquise. Bellatrix a un plan, elle aussi...
Quand à la toute dernière partie, je vous laisse l'interpréter comme bon vous semble.
A bientôt!
DIL.
