Harry Potter et la Prophétie du Triangle
Chapitre treize
Couloirs
Dehors dans le couloir obscur, Harry examina la carte des Maraudeurs pour vérifier qu'il avait encore le champ libre. Oui, les points de Rusard et de sa chatte, Mrs Teigne, étaient dans leur bureau… rien d'autre ne semblait bouger à part Peeves, cependant il s'agitait dans les salle des trophées, à l'étage au-dessus… Harry venait de se remettre en route vers la tour Griffondor quand quelque chose d'autre sur la carte attira son regard… quelque chose de très étrange.
--J.K. Rowling, Harry Potter et la Coupe de Feu, Chapitre 25
Harry baissa les yeux vers la voie, mais il n'y avait pas de fumée visible. A côté de lui, Dumbledore sortit de sa poche quelque chose qui semblait être une montre, mais qui n'avait ni aiguilles ni chiffres. Harry regarda les planètes virevoltant et se sentit perplexe, mais quand il leva les yeux vers le directeur, il vit que le vieil homme secouait la tête.
« Encore une fois en retard. Il semble toujours prendre du retard dans les Midlands. C'est pour cela que nous avons un train Express le premier septembre, bien sûr. Je ne sais pas pourquoi ils ne changent pas les horaires pour qu'ils soient en conformité avec les délais réels, mais bon, ils ne les ont pas changés ces cent-vingt-sept dernières années, alors il y a peu de chances qu'ils fassent cela dans les cinq prochaines minutes, eh Harry ? » ajouta-t-il, ses yeux scintillant en regardant le préfet en chef.
« Euh, sans doute. Oui. Jolie montre, sir. » dit-il en montrant l'instrument.
« Ah, oui. Merci. C'est un bijou de famille. » Dumbledore la referma et remit la montre dans sa poche, et ils continuèrent à attendre le train Londres-Pré-au-Lard, seuls sur le long quai en bordure du village. Harry pouvait voir le château de l'autre côté de l'énorme lac, les fenêtres brillant dans le soleil couchant. Il essaya de ne pas penser au fait que Poudlard était bien plus comme sa vraie maison que Ascog, et que ce sanctuaire allait maintenant être envahi par une des personnes auxquelles il avait espéré échapper pendant toute sa vie.
Quand il aperçut finalement la fumée, il ne put s'empêcher de se sentir très mal à l'aise. Ne t'inquiète pas, se dit-il. Ca va bien aller. Peut-être que je n'aurais même pas à admettre que nous sommes parents…
Le train arriva en gare et ralenti, puis s'arrêta. Les passagers commencèrent à en sortir. C'était la collection habituelle de personnes à l'air assez inhabituel que Harry s'était presque accoutumé à rencontrer dans le monde magique. Des sorciers et des sorcières grands et petits, portant des robes et une grande variété de chapeaux (des hauts, pointus et traditionnels, des bonnets, des mous aplatis, et ainsi de suite), et portant toutes sortes de bagages et d'accessoires (ou les faisant léviter).
Harry parcourut la foule en fronçant les sourcils. Il ne la voyait nulle part.
Finalement il entendit la voix cassante familière et tourna la tête.
« Qu'est-ce que l'on doit faire pour que l'on vous rende un service par ici ? Il faut que je sorte mes affaires, et maintenant ! »
Harry se précipita dans le train et regarda par la porte d'où venait la voix. Un cheminot se tenait dans le couloir, l'air exaspéré. « Nous ne faisons habituellement pas léviter les affaires des gens, madame, quand ils peuvent le faire eux-mêmes… »
« J'ai essayé, idiot ! Mais cette chose… » elle agita un bâton fin et pâle devant le cheminot « ne fait rien de ce que je veux qu'elle fasse… » Elle la pointa vers la porte du compartiment et elle commença à se fermer et à se rouvrir à toute allure et dangereusement, comme une guillotine horizontale.
« Je pense que nous allons nous en charger. » dit le directeur au cheminot confus. Il dépassa discrètement Harry et s'avança dans le train, puis posa doucement sa main sur le bras de Petunia Dursley et lui dit, « Vous n'aurez pas besoin de cela tout de suite, Mrs Dursley. Rangez-là simplement et Harry va vous montrer le bateau. » Harry ne savait pas quand elle avait acheté la baguette. Il était possible que Mrs Figg l'ait prise sur le Chemin de Traverse pour cela. Il aurait aimé être là pour voir cela.
« Un bateau ? » elle se réjouit. « Où ? Où ? Oh, cela semble adorable. » commença-t-elle à lui babille comme Harry la faisait descendre du train et s'avancer vers le petit quai. « Nous avons fait une adorable croisière l'été dernier vers… »
Elle s'arrêta net et fixa la petite embarcation remuant sur l'eau. Harry grimpa dedans, ayant quelques difficultés à éviter de se marcher sur la robe. Il tendit sa main vers elle pour l'aider à monter, mais elle ne la lui prit pas. Elle fixait simplement la barque à l'air fragile la bouche grande ouverte. Elle leva les yeux vers le château de l'autre côté du lac en déglutissant, et Harry se souvint de quand il était monté dans un de ces petits navires avec Ron, Hermione et Neville, six ans plus tôt, regardant avec fascination le château de Poudlard.
Dumbledore arriva sur le quai, faisant négligemment léviter les bagages de Petunia Dursley avec sa baguette, dont un petit panier à chien d'où sortaient des aboiements irrités. Harry ferma les yeux, grimaçant. Malédiction, pensa-t-il. Elle a amené Dunkirk.
Sa tante se retourna vers le directeur. « Je suis supposée monter dans… dans cette chose ? » dit-elle avec dédain, montrant la petite embarcation. « Il n'y a même pas de rames ! »
Dumbledore fit flotter en l'air les bagages (y compris le panier de Dunkirk) dans le second bateau flottant à proximité. « Il n'y a pas besoin de rames, ma chère dame, mais si cela peut vous rassurer… » Il fit un geste de la main en direction des bateaux, et des rames apparurent sur chacun d'eux. Il n'y avait cependant rien qui les rattachait à la barque : les rames flottaient simplement en position d'attente pour commencer à ramer, comme si des personnes invisibles les tenaient pour de vrai. Il montra le bateau d'un signe de la main.
« Après vous, Mrs Dursley. Harry, aide ta tante je te prie. »
Harry se leva encore, ses jambes un peu tremblantes comme le bateau bougeait sous lui. Il lui tendit sa main une fois de plus. Elle hésita encore.
« Je dois.. Je dois vraiment ? » s'angoissa-t-elle.
Harry sentit une montée inattendue de compassion pour elle, en voyant son menton trembler de peur. Il ne savait pas si elle demandait si elle devait monter dans le bateau ou aller à Poudlard. Peut-être avait-elle changé d'idée.
« J'en ai bien peur. Tous les nouveaux arrivants à Poudlard doivent traverser le lac. » dit doucement le directeur.
Elle acquiesça, comme si elle venait de comprendre quelque chose qu'elle n'avait pas saisi avant. « Ah, un rite de passage. » Maintenant que cela avait un nom, elle pouvait se laisser aller au voyage sur le lac, et elle grimpa gauchement à bord, prenant la main de Harry et la serrant très fort, et elle fut bientôt installée à la poupe, assise sur le côté de telle sorte que la barque penchait de façon importante. Une fois que Dumbledore grimpa dedans, l'embarcation fut à nouveau équilibrée. Harry s'assit à la proue, face au château. Il se tourna pour voir ce qui était sans doute une des visions les plus étranges que le monde avait jamais vu : Petunia Dursley, habillée comme une sorcière, assise à côté d'Albus Dumbledore dans une frêle esquif. Dumbledore fit un signe négligent de la main en direction des rames et celles-ci commencèrent à avancer toutes seules, faisant avancer les deux coques de noix sur l'eau sombre.
Harry se tourna à nouveau vers l'avant, frissonnant comme un souvenir de son approche d'Azkaban montait en lui. L'eau frappant contre le bois fit se contracter son estomac, et il se souvint du vide et du froid qu'il avait senti en lui quand ils l'avaient tiré dans sa cellule… Il se secoua et essaya de s'éclaircir les idées, pensant à quel point l'air était frais et clair, et à quel point le château était beau comme ils s'en rapprochaient.
Finalement, ils atteignirent la caverne sous le château où les bateaux arrivaient à terre. Harry descendit le premier, se mouillant un peu ses chaussures qui remontaient jusqu'à la cheville, et il tira le bateau davantage sur la terre, au sec, afin que le directeur et sa tante n'aient pas à marcher dans l'eau.
Bientôt, ils furent dans le hall d'entrée, les bagages suivant derrière. Mrs Figg les attendait au milieu d'une foule d'élèves qui allait dans la grande salle pour le repas du soir. Petunia Dursley émit un cri angoissé et pourtant soulagé quand elle vit Mrs Figg. H remarqua que, même si sa vielle baby sitter portait une robe, elle la portait ouverte, comme un manteau qui n'avait pas été boutonné, et ses habits moldus étaient visibles en-dessous. Elle portait la jupe, la veste et le gilet indescriptibles que Harry lui avait toujours connu quand il avait grandi à Surrey. Cela semblait destiné à rassurer sa tante en ayant une apparence familière. Elle ne portait pas de chapeau non plus, il remarqua.
« Arabella ! Comme c'est bon de voir un visage familier ! »
Harry grimaça une fois de plus. Qu'est-ce que je suis ? Il remarqua que quelques élèves passaient en regardant sa tante avec appréhension, craignant peut-être un autre professeur. Puis Draco Malfoy émergea des donjons et Petunia le remarqua immédiatement.
« You-hou ! Draco ! Bonjour ! » Elle lui fit signe, sa voix chantante. De nombreux élèves se tournèrent pour fixer Draco Malfoy et il rougit. Harry sourit, content d'avoir une excuse parfaitement légitime d'être là (son statut de préfet en chef), autre que son lien familial. Pris au dépourvu, Draco Malfoy s'avança avec devoir vers Petunia Dursley pour la saluer correctement.
« Bienvenue à Poudlard, Mrs Dursley. Comment s'est passé votre voyage ? » Harry réalisa qu'il n'avait pas officiellement accueilli sa tante, ni ne s'était inquiété de son voyage. Il essaya de ne pas se sentir irrité par la finesse que pouvait avoir Draco Malfoy. Il se força à se souvenir que dans son autre vie, il avait en fait admiré cela en son meilleur ami.
Elle lui sourit de la même manière dont elle souriait à Dudley. « Bien, sauf que… » Elle eut soudain l'air hésitante. « Une femme est passée pour vendre des bonbons. Par chance, elle a accepté du vrai argent en paiement, mais elle ne semblait pas avoir de vrai nourriture que je puisse lui acheter. J'ai essayé ces 'Grenouilles au chocolat', et elle ont commencé à bondir dans tout le compartiment ! Et puis les, heu, » elle fit une pause, tirant quelque chose de sa poche, « dragées surprises étaient absolument ignobles. Elles semblent avoir tous les goûts sauf celui de la nourriture. » Elle tendit le reste à Draco qui leva la main, déclinant poliment son invitation à en prendre. Juste à ce moment, un aboiement excité se fit entendre depuis le panier du chien flottant encore à proximité.
« Oh ! C'est qui je pense ? » dit Draco, l'air authentiquement content. Il se mit à genoux pour regarder dans par la petite fenêtre barrée de la porte du panier. « Salut mon gars ! Je t'ai manqué, pas vrai. ? » Les aboiements augmentèrent en intensité et en volume. « Je peux le laisser sortir ? »
« Bien sûr. » dit la tante de Harry comme les lèvres de Dumbledore commençaient à peine à former un mot.
« En fait… » commença à dire doucement le directeur, tandis que Draco dégageait le verrou du panier. Dunkirk bondit sur le sol et sauta immédiatement sur Draco, léchant son visage et remuant la queue avec enthousiasme.
Juste à ce moment là, Harry remarqua que Rusard venait d'entrer dans le hall, suivi de près par sa chatte inquiétante. Miss Teigne s'arrêta net, ses yeux lumineux fixés sur Dunkirk et rien d'autre. Harry sentit un craquement électrique dans l'air comme le dos du chat s'arc-bouta et que sa fourrure se redressa. Soudain, Dunkirk leva la tête et vit le chat, reconnaissant son ennemi naturel, et un grognement sourd fut le seul avertissement qu'ils reçurent avant qu'il ne file.
Harry n'avait jamais vu un tel chaos. Miss Teigne bondit de personne en personne, ses griffes s'enfonçant profondément dans la chair, à travers les couches des vêtements, tandis que Dunkirk sautait en l'air et louvoyait entre la myriade de jambes le tenant à l'écart de sa proie. Plus d'un élève (et une paire de professeurs) trébuchèrent sur lui et tombèrent, paniquant, comme tout le monde essayait d'éviter que Miss Teigne n'enfonce ses griffes coupantes comme des rasoirs dans sa peau. Dean Thomas poussa un hurlement aigu (Harry pensa d'abord que c'était sa sœur, Jamaïca) quand le chat atterrit sur sa tête, et Parvati commença à sortir sa baguette pour l'aider, mais elle tomba à la renverse en arrière à cause du terrier, ayant l'air aussi blessée dans sa dignité qu'à son derrière pour résultat. Des étincelles s'échappèrent de sa baguette et brûlèrent Seamus Finnigan, qui avait essayé de se planquer derrière une armure. Il envoya promptement toute la ferraille se fracasser au sol dans un vacarme assourdissant qui résonna dans le hall d'entrée. Et c'était tout ce que Harry pouvait voir se produire à côté de lui. Plus loin dans la foule qui tentait de rentrer dans la grande salle, il pouvait entendre d'autres hurlements et voir d'autres étincelles au-dessus d'une mers de chapeaux et de têtes, et il entendit plus de jurons qu'il n'en entendait habituellement pendant un match de Quidditch (quelques uns venant des professeurs).
« Miss Teigne ! » cria Rusard, vraiment soucieux, et Harry se souvint à quel point il avait été anéanti quand elle avait été pétrifiée par le basilik. Il bondissait aussi de personne en personne, (ses pieds restant au sol, en général), jusqu'à ce que finalement, la chatte fasse un bond spectaculaire sur la rampe de marbre, puis sur les escaliers eux-mêmes, filant vers les intérieurs obscurs du château. Dunkirk, avec ses petites pattes, essaya de la suivre en haut des escaliers, mais il n'était pas bâti pour cela et fut rapidement distancé par la chatte. Miss Teigne avait disparu de sa vue.
« Accio. » dit calmement Dumbledore, saisissant adroitement le petit chien dans sa grande main noueuse quand il arriva en volant vers le vieux sorcier. Il le caressa brièvement, puis se pencha et remit Dunkirk dans le panier, refermant la porte avec un air de finalité. Harry remarqua que Dunkirk n'avait pas grogné au directeur. Dumbledore se tourna vers Petunia Dursley, encore très calme, ignorant les victimes ensanglantées du vol frénétique de Miss Teigne. Il lui fit un signe grave de la tête, ses lèvres aussi fines que celles du professeur MacGonagall quand elle est contrariée, et Harry fut content de voir qu'elle eut momentanément l'air aussi penaude que si elle avait reçu une réprimande. Les étudiants sanglotants se jetaient des sorts de guérison les uns sur les autres, tandis que les autres regardaient Harry, Dumbledore, Mrs Figg et Petunia Dursley avec beaucoup d'attention avant de se précipiter vers la grande salle.
« Vous et moi allons partager une suite, Petunia. » lui dit Mrs Figg en lui tapotant le bras. « Il y a une belle petite cour verte à proximité où Dunkirk pourra courir et faire un peu d'exercice pendant que vous serez occupée à autre chose. Vous n'avez pas à vous inquiéter pour mes chats non plus, comme mon frère Alastor s'occuper d'eux. Et je suis certaine que Draco adorera le prendre promener sur le domaine, quand Dunkirk en aura assez de la cour. »
Draco se raidit en hésitant à la mention de son nom. Harry réalisa à ce moment qu'il s'était mis à couvert derrière lui pendant que Miss Teigne bondissait d'une personne à l'autre. Le Serpentard devint tout rouge.
« Et, » ajouta Dumbledore aux commentaires de Mrs Figg, « Quand, heu, Dunkirk ne sera pas dans votre suite, » il s'adressa aux deux femmes, « il restera en laisse dans le château et sur le domaine. Compris ? » Il haussa un sourcil à Draco et Petunia. Draco acquiesça.
« Oui, professeur. » dit-il avec déférence, surprenant Harry. Petunia Dursley resserra ses lèvres et regarda l'insigne de préfet en chef de Harry.
« Bien ! Peut-être que le préfet en chef peut se rendre utile et monter mes bagages dans ma chambre… »
Harry se hérissa. Dumbledore avait laissé tomber les bagages pendant la poursuite du chien et du chat, mais Harry pointa sa baguette sur chaque valise, y compris le panier du chien, et il fit à nouveau tout léviter.
« Allons, Arabella. Viens Harry. » dit impérieusement sa tante, faisant un signe de la main à Mrs Figg qui se tourna avec un froncement de sourcils et commença à monter les escaliers de marbre avec un dos très raide et droit, sa robe tenue dans ses mains afin de ne pas trébucher. Harry s'habituait encore à la voir porter une robe de sorcier (même par dessus ses habits moldus, comme elle les portait aujourd'hui).
« Oui, tante Petunia. » marmonna misérablement Harry. Il vit maintenant que ses deux meilleurs amis et Ginny étaient parmi les élèves qui n'étaient pas encore rentrés dans la grande salle. Hermione et Ron lui adressèrent des regards compatissants avant d'aller dîner. Harry croisa le regard de Ginny un instant, se sentant plein d'espoir, mais elle se détourna lentement et suivit les autres élèves pour dîner. Il commença à faire monter les bagages dans l'escalier avec sa baguette, essayant de ne pas remarquer combien d'autres élèves traînaient encore dans le hall d'entrée, même si nombreux étaient ceux qui avaient filé dans la grande salle. Tout cela pour que personne ne sache que nous sommes parents, pensa-t-il.
Il tendit son oreille quand ils atteignirent la tapisserie qui cachait l'entrée de l'aile des enseignants. Mrs Figg expliquait à sa tante qu'il fallait un mot de passer pour entrer. Puis il l'entendit : palindrome. C'était le mot de passe.
« Qu'avez-vous dit, Arabella ? » dit sa tante à voix haute. « Dromadaire ? N'est-ce pas comme un lama ? »
« Comme un chameau plutôt. Je n'ai pas dit dromadaire. Harry, dis-lui. »Elle le regarda en haussant un sourcil.
« Heu, elle a dit palindrome, tante Petunia, »dit-il, rougissant, réalisant que Mrs Figg pouvait dire qu'il avait essayé d'entendre le mot de passe.
« Exact ! Et tu ne devras partager cette information avec personne d'autre, compris Harry ? Je pense que tu devrais savoir, comme tu es préfet en chef, mais personne d'autre. »
« Pas même Hermione ? »
« Oh, bien… Oui, d'accord. Comme elle est préfète en chef, je suppose qu'elle devrait savoir aussi. Je suis sûr que Albus sera d'accord. »
Ils durent encore descendre bon nombre de couloirs et faire de nombreux tours et détours même après être entrés dans l'aile des professeurs. Quand ils atteignirent finalement leurs appartement, Mrs Figg sortit une grosse clé et ouvrit la porte. Elle fit un geste de la main, et soudain, elle tenait deux clés, dont une qu'elle tendit à Petunia Dursley. Harry fit rentrer les bagages dans la chambre qui semblait inoccupée pendant que Mrs Figg allumait un feu. Sa tante laissa Dunkirk sortir de son panier, et le cajola, s'asseyant dans le canapé en face du feu, tandis que Dunkirk sautait sur les cuisses de sa maîtresse.
« Mais c'est mon mignon petit Dunkirk qui est sorti de la vilaine boîte… » lui susurra-t-elle d'une vois musicale et haut perchée.
Harry s'assit sur un fauteuil adjacent au canapé. Il regarda ses mains, se renfrognant. Il voulait lui demander tellement de choses. Si elle était en bonne santé et débarrassée du Cancer, comment son oncle supportait qu'elle soit une sorcière et vienne à Poudlard, quand elle avait acheté sa baguette… Mais des années de conditionnement avaient encore effet, et il se trouva incapable de prononcer ces questions juste après qu'elle ait fait quelque chose d'aussi inimaginable que de venir vivre à Poudlard. On lui avait dit assez souvent quand il était jeune, de ne pas poser des questions indiscrètes. Une fois ou deux, quand sa tante ou son oncle était malade avec une grippe, il leur avait même demandé comment ils allaient, mais cet élan avait été stoppé net par leur réponses hostiles et suspicieuses.(« Oh, tu penses que tu peux faire ce que tu veux dans la maison comme je suis malade et au lit, n'est-ce pas ? Bien, bien, c'est ce que nous allons voir… ») Tellement de choses avaient changé, et pourtant… Tellement de choses étaient restées les mêmes. Malgré le fait que Dudley soit devenu son ami et que sa tante soit allée voir Rodney Jeffries pour une aide…
Rodney Jeffries. Tiens. C'était cela. Il pouvait poser des questions sur Rodney Jeffries.
« Oh, au fait, » dit-il, essayant d'avoir l'air détaché. « Est-ce que tu as entendu des nouvelles sur Rodney Jeffries ? » Il dut se mordre la langue pour s'empêcher de dire qu'il avait été guéri par lui. Il se souvint de la lettre qu'il lui avait laissé et il se demanda s'il avait suivi ce qu'il voulait faire.
Elle s'éclaira comme si elle avait appris un ragot extrêmement juteux sur sa voisine d'à côté. « Oui ! C'était dans le Times. Il est de retour et plus grand que jamais ! Il a eu une audience avec la reine. Scotland Yard a dit que les fous qui voulaient enquêter sur lui avaient été réprimandés, et le mois prochain, il va faire une apparition au Royal Albert Hall ! Il va faire le tour du pays, dans des endroits corrects cette fois, bien sûr, plus dans des tentes, et la BBC va le suivre ! Même l'archevêque de Canterbury en personne a fait une déclaration supportant ce qu'il fait, ainsi que deux sociétés médicales ! »
Harry resta bouche bée. « Mais… Et pour le ministère ? Est-ce qu'ils ne le poursuivent pas comme il fait de la magie devant les moldus ? »
Mrs Figg haussa les épaules. « Il y avait aussi une déclaration dans la Gazette disant qu'il était simplement un charlatan moldu, qu'il n'y avait aucune trace de lui dans le monde magique, et que si des sorcier et des sorcières voulaient perdre leur temps pour aller le voir, ce n'était pas du ressort du ministère. »
« Ce n'est pas un charlatan… » commença sa tante, se rebiffant.
« Des sorciers et des sorcières vont le voir ? » demanda Harry à Mrs Figg.
« Harry, ces jours-ci, tout le monde y va. J'admet que cela me choque particulièrement. » dit Mrs Figg, secouant la tête.
Il secoua aussi la tête avec incrédulité. « Vous n'êtes pas sérieuse ! Et tout cela s'est passé ces six dernières semaines ? Comment est-ce possible ? »
La tante Petunia haussa joyeusement les épaules, flattant Dunkirk. « Avec Rodney Jeffries, tout est possible. C'est pourquoi, si ce n'était lui, je ne serais pas guérie du cancer ! »
Harry ouvrit en grand les yeux au choc de cette nouvelle. « C'est merveilleux ! Félicitations. Mais… Qu'est-ce que Jeffries a à voir avec cela ? »
« S'il ne m'avait pas transformée en sorcière, je doute que les techniques de visualisation que Arabella m'a enseignées auraient marché. Lors de ma dernière visite chez le docteur, il a dit qu'il ne pouvait plus trouver de trace du cancer. Il a appelé cela une guérison idiopathique spontanée. »
Harry fronça les sourcils. « Qu'est-ce que cela veut dire ? »
Mrs Figg était assise dans le fauteuil en face celui de Harry. « Une guérison soudaine et inexpliquée. En d'autres termes, il n'a pas la moindre idée de ce qui est arrivé et il est probablement inquiet d'avoir mal diagnostiqué Petunia. Ou quelqu'un d'autre. »
« Oh. » Harry espéra que le docteur n'aurait pas une crise de confiance à cause de cela. « Bien, oncle Vernon doit être content de savoir que tu as guéri. »
Sa tante retroussa à nouveau ses lèvres et Dunkirk sauta à nouveau au sil. Il alla vers le foyer, puis fit trois tours sur lui même et se coucha devant le feu. « Il… Il ira bien tout seul un moment. Marge a déménagé pour s'occuper de lui… »
Harry fit la tête. « Tante Marge ? »
« Bien, » dit faiblement sa tante. « Marge n'est pas terrible. Elle… dit simplement ce qu'elle pense. Il n'y a rien de mal à cela. »
« Exact ! » approuva Mrs Figg. Elle sortit sa baguette, et, d'un geste du poignet, elle fit apparaître un plateau avec du thé et des gâteaux. Elle serait d'accord avec cela, pensa Harry. Mais d'une manière ou d'une autre, quelque chose semblait un peu caché de ce que sa tante avait dit à son mari. Il ira bien tout seul un moment l'inquiétait d'une certaine manière. S'étaient-ils séparés en bons termes ?
« Nous devrions descendre dans la grande salle, » dit-il, se sentant mal à l'aise, sa voix tremblant. « Ils en seront bientôt au Pudding si nous ne nous dépêchons pas… »
« Vas-y Harry. Je pense que nous prendrons notre repas ici ce soir. Petunia pourra voir la grande salle au petit déjeuner. » Mrs Figg reprenait la main.
Harry se leva. « Bien, bonne nuit alors. A demain matin tante Petunia. »
« Bonne nuit Harry » dit Mrs Figg avec vigueur comme sa tante s'occupait à beurrer un toast, ne disant rien. Se souvenant de la façon dont elle ne lui avait pas non plus dit au revoir avant qu'il ne parte pour Ascog, il décida que décidément, certaines choses ne changeraient jamais. Puis juste comme il posait la main sur la poignée de la porte, il se tourna et lui regarda encore la nuque, pensant à quel point Dudley aurait été anéanti à l'idée de perdre sa mère. Cela ne changera jamais si je ne fais pas le premier pas. Cela avait marché avec sa mère, dans son autre vie. Peut-être qu'ils n'avaient pas à avoir une relation d'opposition pour toujours…
Il revint à grands pas vers sa tante et dit, « Je suis content que tu ailles bien. Bienvenue à Poudlard, tante Petunia. » Il se pencha et l'embrassa rapidement sur la joue. Il était conscient de l'air complètement choqué sur le visage de sa tante (et sur celui de Mrs Figg) comme il revint à la porte et sortit.
Harry commença à tourner à gauche après avoir quitté sa tante et Mrs Figg, puis il réfléchit un instant et tourna à droite à la place. Il reconnut quelques peintures familières de son autre vie et sut qu'il allait maintenant dans la bonne direction. Puis, juste avant de tourner au coin, il entendit une voix familière dans le couloir qu'il allait emprunter.
« Pourquoi, Miss Dougherty, » la voix suave et grave disait, avec une pointe d'amusement, « faites-vous une suggestion impropre à un professeur ? Ai-je besoin de vous ôter des points de maison ? »
Harry entendit un rire malicieux qui ressemblait de manière déconcertante à celui de Ginny, suivi par le bruit inconfondable d'un baiser. « Mmm… Vous prévoyiez quelque chose qui me coûterait des points de maison ? Cela a l'air agréable… »
Harry tressaillit. Il souhaitait être partout ailleurs sur la planète, mais personne ne le fit miraculeusement disparaître ailleurs, et il y eut encore un bruit de baiser.
« Vous avez changé d'avis, Miss Dougherty ? » dit Rogue quand le bruit de baiser cessa. Il avait l'air légèrement déçu.
« Pas entièrement. C'est juste que Harry se sent probablement déjà assez mal à l'aise, et il aimerait aussi sans doute aller dîner… »
Harry passa timidement sa tête au-delà du coin et vit Maggie et Rogue se tenant dans le couloir, une porte à proximité légèrement entr'ouverte, que Harry pensa être celle de l'appartement de Maggie. Ou de Rogue. En tous cas, il ne savait pas quand il s'était retrouvé aussi embarrassé. « Oh, bonjour. » dit-il laconiquement. « J'aidais juste ma tante à s'installer dans… »
Ne t'inquiète pas Harry, dit une voix dans son cerveau. Je savais que tu étais là tout le temps. Je m'amusais simplement un peu. Désolée si nous t'avons embarrassé.
Maggie ? pensa-t-il, confus et alarmé. Tu peux me parler par l'esprit ?
Je ne l'ait fait que quelquefois accidentellement quand j'étais jeune. Depuis que je suis arrivée ici, j'ai lu là-dessus et je me suis entraînée.
Harry était éberlué. Tu… Tu peux lire dans mon esprit ?
Je peux sentir tes émotions. C'est pour cela que je savais que tu étais là, au coin. Mais techniquement, je ne peux pas lire dans ton esprit. Si tu penses quelque chose qui m'est destiné, je peux l'entendre comme si tu avais parlé à voix haute. Tu dois vouloir que je sache ce que tu penses.
« Heu, » dit maladroitement Harry. « Je pense que je préfèrerais en fait parler. A haute voix. »
Rogue haussa un sourcil sombre en direction de Maggie. « Faisais-tu ce que je pense que tu faisais ? »
Elle rit. « Je m'entraînais juste un peu. J'ai arrêté maintenant. Nous devrions tous descendre pour dîner. » Ils descendirent le dernier couloir ensemble et quittèrent l'aile du personnel, écartant la tapisserie du chemin.
Comme ils descendaient escaliers après escaliers, Harry regardait nerveusement Maggie, se demandant s'il allait commencer à l'entendre dans sa tête à nouveau. Il jaillit pratiquement hors de sa peau quand elle parla à voix haute.
« Je pensais que ce serait bien si toi, Hermione, Ron et Ginny veniez prendre le thé dans mes appartements demain, » dit négligemment Maggie. « Quand j'ai croisé Ron plus tôt, il a dit que vous deux n'aviez pas d'entraînement demain, que et que vous en aurez un de plus samedi, avant le match de dimanche. »
« Exact. Il n'y a pas d'entraînement demain. » Plusieurs fois par semaine, après les cours, Sirius l'avait pris en portauloin jusqu'au Pays de Galles, et Remus avait pris Ron dans le Kent. Harry et Ron avaient essayé de ne pas penser au fait qu'ils allaient devoir jouer l'un contre l'autre pour leur premier match. L'équipe qui l'emporterait irait en quarts de finale. Harry était content de ne pas avoir le poste de gardien, et il espérait prendre le vif avant que Ron ne réussisse à trop déséquilibrer le score en faveur des anglais. Ron avait été rayonnant à chaque fois qu'il rentrait de l'entraînement. Monty Mathers était au septième ciel d'avoir trouvé Ron. Apparemment, il avait été avec l'équipe pendant plus de dix ans, et avait eu des lorgnées sur Charlie pour le poste d'attrapeur quand il était sortit de l'école. Il avait été profondément déçu quand Charlie était parti en Roumanie pour étudier les dragons.
« Bien, » avait dit Ron assez fièrement, « il a finalement un Weasley dans l'équipe ! »
« Heu, oui, » dit Harry à Maggie, « un thé demain serait bien. »
« Tu le diras aux autres pour moi, n'est-ce pas ? » ajouta-t-elle comme ils atteignaient la grande salle. Elle avait marché bras dessus-bras dessous avec Rogue jusqu'à ce qu'ils soient arrivés en haut de l'escalier de marbre, puis elle s'était détachée de lui et était allée vers Harry. Elle prit cependant de la vitesse quand ils furent à la porte de la grande salle, avançant devant Harry et se dirigeant à grands pas vers la table des professeurs. Harry se tourna, se demandant où était le professeur Rogue, mais il le trouva dans les ombres de la porte, un sourire au coin des lèvres comme il regardait Maggie.
Harry fit quelques pas discrets vers lui, essayant de ne pas sourire comme un fou.
« Elle vous rend heureux. » dit-il doucement.
Le visage de Rogue se ferma d'un coup. « Dois-je vous ôter des points de maison pour votre impertinence ? » dit-il de ce qui aurait été une voix menaçante si ce n'était le fait que Harry pouvait voir ses yeux danser joyeusement. Le Rogue de cette vie ne lui avait jamais autant rappelé son beau-père.
« Non, non. Mais n'avez vous pas de la chance que j'ai quitté l'aile des professeurs à ce moment-là ? Vous voyez, de cette façon, vous pouvez être vu en train de rentrer dans la grande salle en pleine conversation avec le préfet en chef, et capitaine du club de duel, plutôt que la jolie jeune voyante qui vient de découvrir qu'elle est une sorcière… »
Rogue ricana. « Bien. Il s'avère que vous pouvez être utile… »
Harry étouffa un rire. « Alors. Nous devrions vraiment parler de quelque chose. Le club de duel ? Ou bien… qui va gagner le match de dimanche selon vous ? L'Angleterre ou le Pays de Galles ? »
Harry commença à entrer dans la salle, et maintenant Rogue était à côté de lui, se tenant à sa hauteur. « Cela dépend. Est-ce que vous prévoyez d'être malade pour qu'Erica Welsh joue attrapeuse ? Si c'est le cas, je miserai sur le Pays de Galles. »
« Très drôle. » dit Harry, se préparant à s'asseoir à la table Griffondor à côté de Ron.
« Vous avez demandé, Potter. » réplique Rogue avec un visage parfaitement impassible, lui faisant un signe de la tête, puis continuant vers la table des professeurs. Harry se sentait content sans raison qu'il puisse expliquer en s'asseyant à côté de son meilleur ami. Peut-être que c'était la perspective d'avoir de meilleurs rapports avec sa tante. Ou avoir le sentiment de pouvoir parler à Rogue ou Sirius, sans se sentir coupable vis à vis de l'un d'eux.
Il commença à se servir du poulet rôti froid et des carottes bouillies froides (comme il n'aimait pas la purée froide et gluante), mais quand il leva les yeux, il regarda directement dans ceux de Ginny, et l'expression de tristesse sur son visage le toucha droit au cœur. Elle n'avait plus l'air en colère avec lui, mais comme si elle essayait de se convaincre, comme si rester en colère contre lui lui rendait plus facile de rester loin de lui.
Il se força à détourner son regard d'elle et se tourna vers Ron, commença à enfourcher quelques bouts de carottes au bout de sa fourchette. « Bien, tante Petunia s'installe. Elle et Mrs Figg vont prendre leur repas dans leur appartement ce soir. » Il mit un peu de nourriture dans la bouche, essayant de ne pas croiser le regard de Ginny.
Ce n'était pas clair si Ron avait remarqué qu'il avait dit quelque chose. « Oh, bien, » dit Ron, levant les yeux vers la table des professeurs, « il y a Rogue. Je… » il s'arrêta soudain quand Harry éclata de rire et faillit presque recracher ce qu'il avait dans la bouche. « Quoi ? » demanda Ron avec indignation comme Harry se forçait à déglutir sans s'étrangler.
« C'est juste que… Tu es la dernière personne de qui je me serais jamais attendu à entendre les mots, Oh, bien, il y a Rogue. »
Ron prit la cuisse de poulet de Harry, croqua un grand morceau dedans, puis la remit dans l'assiette de Harry. « Me bois brendre de la pofion fes lui » dit Ron, la bouche pleine, le morceau de poulet contre la joue. La pleine lune était à moins d'une semaine, et Ron prenait déjà la potion depuis plusieurs jours.
Maintenant, Harry décida de faire comme si Ron n'avait rien dit (et il ignora studieusement la grosse trace de dents que son ami avait laissée dans la cuisse de son poulet). C'était comme s'ils avaient deux conversations différentes. Harry avait remarqué que Ron devenait quelque peu distrait pendant la période menant à la pleine lune. Il était particulièrement inquiet de s'assurer qu'il prenait bien la potion tous les jours de la semaine précédent son changement en loup-garou.
« En parlant de collation, Maggie nous a invité tous les quatre à prendre le thé dans son appartement, demain, après les cours. »
« Tous les quatre ? » demanda Ron, ayant mastiqué et avalé le poulet.
« Toi, Hermione, Ginny et moi. » Il ne regarda pas Ginny quand il dit son nom.
Hermione, assise de l'autre côté de Ron, parla pour la première fois. « Ce serait sympa ! » dit-elle avec joie. « Une manière très agréable de commencer le week-end. »
« Bien, elle a pensé que ce serait un bon moment, comme ni Ron ni moi ne devons aller à l'entraînement jusqu'à Samedi. »
« Tu comprendras, j'espère, pourquoi Ginny et moi devrons encourager l'Angleterre dimanche ? » dit Hermione en lui souriant. « Je veux dire… Même si Ron n'était pas mon petit ami et le frère de Ginny, nous sommes anglaises… »
« Et moi aussi je suis anglais ! Ou du moins, j'ai vécu la plus grande partie de ma vie en Angleterre. » Harry lui sourit. « En tous cas, préparez vous à être déçues… »
Ron rit. « Oh, tu ne sais pas quand je plaisante ? » dit Hermione, souriant à Harry. « Nous prendrons soin de bien partager nos encouragements entre les deux camps. Tu sais, encourager celui qui mène… »
« Oh, cela ne va vous causer aucun problème avec les spectateurs assis autour de vous… » entonna sarcastiquement Ron, prenant encore à manger. Harry avait aussi remarqué qu'il avait un appétit plus grand avant la pleine lune.
Neville, assis à côté de Ginny, repoussa son assiette et eut l'air grincheux. « Ce n'est pas juste que tout le monde à Griffondor puisse y aller. Deux camarades de maisons jouant ! Mis bon… Je ne suis pas allé à la coupe du monde non plus. Ma grand-mère haie le Quidditch. Elle m'a renvoyé le formulaire d'autorisations, et elle a écrit en travers 'Quand les cochons voleront.' Je suis majeur depuis des mois maintenant. Je ne devrais pas avoir besoin de sa permission… »
Hermione le regarda avec compassion. « Tout le monde doit avoir une permission pour quitter le domaine du château, à part pour les leçons de transplanage, que l'on soit majeur ou pas. J'espère juste que le professeur Dumbledore changera d'avis pour les week-end à Pré-au-Lard… »
« Ne t'inquiète pas, Neville, » dit Ginny, en tapotant sa main. « Peu importe qui sera en finale. Fred et George nous auront des tickets, comme ils ont le contrat de concession. Nous ferons en sorte qu'ils prennent un ticket pour toi aussi. Tu pourras dire que tu rends visite à des amis pendant les vacances de Noël, ce qui sera vrai. Sûrement que ta grand-mère te laissera faire cela ? »
L'expression que Neville arborait en regardant Ginny donna à Harry envie de le frapper. Comment osait-il la regarder comme cela !
« Ce… Ce serait complètement génial, Ginny ! Tu… Tu ferais cela ? » Soudain, il ressemblait à nouveau à l'ancien Neville, plutôt qu'à celui qui avait rapidement mûri et qui avait passé l'été à utiliser un retourneur de temps. Mais un instant plus tard, il regardait Ginny intensément, le côté enfantin disparaissant de son visage et il sembla soudain bien trop sérieux. Harry pensa qu'il était mal à l'aise avec le fait d'être plus vieux sans avoir eu beaucoup plus d'expérience pendant le temps qui s'était écoulé. Il n'était pas allé à l'école, n'avait eu de relations sociales avec personne de son âge, il avait juste passé ce qui correspondait à six mois de jardinage.
Elle lui sourit chaleureusement, et Harry se demanda comment elle ne pouvait pas voir que c'était une incitation à ce qu'il continue. « Bien sûr. » Harry regarda à nouveau Neville. Ses sentiments s'affichaient sur son visage, et Harry se souvint comment il avait piégé Ginny pour aller au ceilidh, et il se souvint de Neville et Ginny se promenant dans la neige dans son autre vie, et allant au bal de Noël ensemble pendant le Tournoi des trois sorciers. Il avait été accusé de faire partie du club des prétendants à Ginny Weasley, avec Neville. Neville !
Et maintenant Neville était si adulte et… Et différent. Parfois. Harry regarda son assiette avant que quelqu'un ne lui demande pourquoi il fixait Neville. Non, pensa-t-il. Cela ne peut pas arriver.
Bientôt, ils mangeaient leur pudding, et Neville prit une tranche de gâteau au chocolat en disant à Ginny « Je ne pourrais pas le finir, Ginny. Tu voudrais le partager avec moi ? »
Harry essaya de ne pas les regarder en train de prendre tour à tour des morceaux de gâteau avec leur fourchette, parlant et riant comme Neville la régalait avec quelques histoires drôles que Sirius leur avait racontées pendant leur dernier cours de transplanage. C'est Sirius qui a de l'esprit, espèce d'idiot, pensa Harry avec ressentiment. Tu te contente de faire le perroquet.
Soudain, Harry sentit les cheveux se dresser sur sa nuque, et une sensation prémonitoire lui picota la peau. Il se tourna et regarda de l'autre côté de la grande salle. Draco Malfoy ne mangeait rien. Il devait être en train, mais il ne bougeait plus. Il avait une cuillerée de dessert dans la main, qui semblait figée en plein air. Harry pensa qu'il lui lançait un regard noir, mais il réalisa qu'il regardait en fait derrière lui. Son visage était un masque de haine complète et de révulsion comme il regardait Neville Londubat et Ginny Weasley.
xxxxx
Le lendemain matin, après leur course, les huit faisaient leurs étirements dans le couloir devant les toilettes de Mimi geignarde, comme le hall d'entrée était trop glacé. Ginny enleva le sweat-shirt qu'elle portait par dessus un T-shirt, essuyant brièvement la transpiration de son front avec le devant avant de continuer ses étirements. Harry essaya de ne pas la fixer, mais c'était difficile. L'amulette du basilik pendait sur le tissus juste entre ses seins, et il avait l'impression que cela lui demanderait un effort surhumain pour regarder ailleurs. Il réussit finalement à arracher ses yeux à cette vision, et vit que le regard de Malfoy s'était dirigé dans cette même direction, un sourire en coin sur son visage pâle. Harry grimaça et baissa les yeux, voyant Mariah lancer un regard quelque peu hostile à Malfoy. Elle est jalouse, réalisa Harry. Il trompe Ginny avec elle, et elle le veut tout pour elle. Harry se demanda comment il pourrait tourner cela à son avantage…
Mais soudain, il réalisa que Mariah ne regardait plus Draco Malfoy. Son attention avait aussi été attirée par l'amulette du basilik, mais pas pour la même raison que Harry et Malfoy. Elle alla à grands pas vers Ginny et saisit l'amulette, la tenant dans la paume de sa main. Elle portait encore ses mitaines.
« Où diable as-tu eu ça ? »
Ginny lui fronça les sourcils, puis dit « Oh! Tu veux dire 'où j'ai trouvé… »
Mariah avait l'air ouvertement hostile maintenant. « Arrête d'te moquer d'mon accent. Tu sais c'que j'veux dire. »
Ginny secoua la tête. « Non, j'ai bien peut que non. Je… Je l'ai acheté et offert à quelqu'un, mais il ne l'a pas gardé. » Ses yeux se portèrent une fraction de seconde dans la direction de Harry, puis revinrent sur Mariah.
« Acheté où ? » demanda Mariah.
Ginny eut l'air nerveuse. Harry se souvint qu'elle était allée sur l'allée des Embrumes pour acheter l'amulette, chez Borgin et Burkes, et elle n'avait pas l'air de vouloir admettre cela.
« A Londres. » dit-elle doucement, ce qui était techniquement vrai.
Mariah ne posa pas de questions là-dessus. Elle secouait la tête, une expression dégoûtée sur le visage. « Il n'avait pas l'droit. Il n'avait pas l'droit d'la vendre… » dit-elle, comme si sept personnes stupéfaites ne se tenaient pas autour d'elle, attendant quelques explications. Qui n'avait pas le droit de le vendre ? se demanda Harry.
Il fut surpris quand Draco Malfoy s'avança et posa doucement sa main sur son épaule, disant doucement « Qui n'avait pas le droit ? » comme s'il avait lu dans l'esprit de Harry. Le soin qu'il prenait d'elle fit bondir d'espoir le cœur de Harry. Peut-être qu'il ne baisait pas simplement Mariah. Peut-être que, quelque part, profondément, il avait de vrais sentiments pour elle.
Elle regarda Draco dans les yeux et cracha « Munro. »
Tony s'avança maintenant. Il avait aidé Ruth à faire des tractions pendant que Mariah avait découvert l'amulette de Ginny, mais ils s'étaient maintenant tous les deux levés. « N'est-ce pas ton frère ? Je pense me souvenir que tu m'avais dit cela une fois en potions… »
On aurait dit qu'elle était maintenant en colère après Tony. Ses yeux noirs lançaient des éclairs. « Oui. Munro est mon bon à rien d'frère. Il avait pas l'droit d'vendre c'la, » dit-elle, ses yeux se remplissant maintenant de larmes, comme elle montrait de la tête l'amulette que Ginny tenait serrée. « Mêm'si c'est lui qui… »
Elle s'arrêta brusquement, et une petite lumière s'alluma dans le cerveau de Harry, avec la suite. Dans mon autre vie, son frère ne l'avait jamais sortie du lac. Dans cette vie, quelque part après 1980, il l'avait fait. Mais Harry avait eu de la branchiflore pour l'aider à respirer sous l'eau. Personne n'allait si profond dans le lac sans un moyen pour respirer plus longtemps qu'un humain normal. Et il semblait que c'était le trésor du peuple du lac. Est-ce que son frère s'était d'une manière ou d'une autre lié avec le peuple du lac et l'avait reçu comme cadeau, comme cela avait été le cas pour Harry ?
Il s'avança vers elle maintenant, et lui chuchota « Comment l'a-t-il sorti du lac ? »
Elle eut alors l'air effrayée, ses yeux s'écartillant comme elle fixait Harry. « Comment as-tu su… ? » commença-t-elle à dire dans un souffle, s'écartant de lui, son visage portant un masque de peur. Puis elle se tourna brusquement et s'enfuit dans le couloir, et après, ils entendirent le bruit de ses pas descendre l'escalier de marbre du hall d'entrée, et probablement celui des donjons. Le son résonnait dans un silence pénible. Avant qu'elle ne parte, Harry avait pu voir les larmes sur son visage. Sans un mot pour eux, même pour sa petite amie, Draco Malfoy courut après elle, et Harry vit à quel point il avait l'air soucieux. Bien, pensa-t-il. Elle a besoin de lui. Très, très bien…
Puis il leva les yeux vers les autres. Ginny, Ron et Hermione étaient clairement mal à l'aise, comme ils savaient comment Harry savait que l'amulette avait été au fond du lac. Tony et Ruth avaient juste l'air perdus.
« Heu, » leur dit-il, « finissons simplement les étirements. Il lui parlera. Je suis sûr que ça ira. » Sa voix trembla et il jeta un coup d'œil à Ginny, qui avait cessé de cramponner l'amulette. Elle la prit et la fit passer sous son T-shirt, de telle sorte qu'elle se retrouve à nouveau cachée. Harry réalisa alors que Mariah ne devait pas savoir que Draco avait une amulette identique. Elle aurait été complètement sonnée par cela. Est-ce que cela signifiait qu'il l'enlevait pour ne pas la porter quand ils étaient ensemble ? Ou… Était-il en fait possible qu'ils n'aient pas couché ensemble, qu'ils n'aient rien fait qui implique de s'enlever les habits ? Il se sentait légèrement frustré par cela. S'il avait un moyen de connaître la vraie nature de la relation de Draco et Mariah, cela aiderait énormément.
Après qu'il se soit douché (il remarqua que Malfoy n'était pas dans la baignoire de la salle de bain des préfets), Harry alla voir sa tante dans l'aile des professeurs. Il réussit à trouver le bon couloir et râpa avec précautions sur la porte de ses appartements. Ce fut Mrs Figg qui me fit entrer.
« Oh, bonjour Harry. Nous avons presque fini ici. »
Il s'avança dans leur salon et vit que sa tante était assise immobile sur un tabouret, près du feu, portant le Choixpeau. Il déglutit. Dumbledore se tenait à côté, souriant à Harry, ses yeux bleus scintillant derrière ses demi-lunes.
« Bonjour Harry. » dit-il, lui faisant un signe de la tête puis se tournant pour regarder Petunia Dursley. Harry pensa entendre une conversation murmurée d'en-dessous le Choixpeau, avant qu'il n'ouvre ce qui passait pour être sa bouche et dise très clairement « Serpentard ! »
Sa tante enleva le Choixpeau, remettant ses cheveux en place, l'air assez contente d'elle-même. Harry grimaça. J'aurais dû savoir.
Mrs Figg lui sourit. « Bien Petunia, bien . » dit-elle, comme si sa tante venait vraiment d'accomplir quelque chose.
Harry lui sourit faiblement, tandis que Dumbledore disait « Je vais devoir informer le professeur Rogue qu'il a un nouveau membre de la maison Serpentard. Serpentard a une longue et noble tradition pour former des sorciers et sorcières doués. » dit-il solennellement, regardant Harry du coin de l'œil.
« Bien, il voulait me mettre dans une autre maison, mais je n'en ai pas voulu, » dit sa tante, et Harry resta bouche bée.
« Tu as eu le choix et tu as choisi Serpentard ? » Mais il se rappela ensuite que quand il avait eu le choix dans son autre vie, il avait fait la même chose. Mrs Figg se hérissa.
« Bien, j'ai demandé à Arabella dans quelle maison elle était allée, et elle a dit que son frère et elle avaient été à Serpentard. Puis je lui ai demandé dans quelle maison était Draco, et elle a dit qu'il était aussi à Serpentard. Cela semblait être un choix évident. »
Oui, pensa Harry. C'est ce que j'ai pensé dans mon autre vie…
La chose étrange était qu'il avait pensé qu'il avait eu à choisir une maison parce qu'il avait une partie des pouvoirs de Voldemort. Maintenant il se souvint que Jamie lui avait aussi dit qu'elle avait eu le choix. Peut-être que c'était quelque chose de famille, spécifiquement du côté de sa mère, qui avait dicté cela au Choixpeau. Puis Harry eut soudain une révélation.
« Professeur ! » dit-il à Dumbledore. « Est-ce que cela est déjà arrivé avant ? »
Le directeur lui fronça les sourcils. « Quoi donc Harry ? »
« Qu'une sorcière née de moldus, ou un sorcier, soit réparti à Serpentard. »
Il acquiesça en comprenant « Ah, je voie ce que tu veux dire. C'est rare, c'est vrai, mais cela est arrivé à l'occasion sur une histoire de l'école de mille ans. » Il leva pensivement les yeux vers le plafond. « Voyons voir… La dernière fois dont je me souviens s'est produite quelque part dans les années cinquante… Ou était-ce les années vingt… ? »
Harry déglutit. Clairement, c'était quelque chose de rare. Il regarda sa tante, se demandant si elle comprenait les préjugés anti-moldus qu'elle risquait de rencontrer de la part des autres Serpentards d'une part, et les préjugés des autres sorciers et sorcières pour les Serpentards d'autre part. Mais bon, c'était une des personnes les plus têtues qu'il connaissait. Si quelqu'un pouvait faire face à des personnes bornées, c'était elle. Pendant un instant, il trouva même touchant qu'elle ai choisi d'être à Serpentard à cause de Mrs Figg et Draco Malfoy.
Quand les cours finirent ce jour-là, Harry était épuisé et il souhaita presque ne pas avoir accepté l'invitation de Maggie pour le thé. Tous les quatre allèrent ensemble à l'aile des professeurs. Harry donna le mot de passe, puis souleva la tapisserie, révélant dans le mur l'ouverture qui n'était pas visible avant qu'il ait dit le mot de passe. Une fois qu'ils furent dans le couloir d'entrée et qu'il eurent laissé tomber la tapisserie, Harry regarda les portes closes avec confusion. Il n'y avait de plaques sur aucune des portes indiquant où vivait tel professeur, et Harry n'était pas certain d'où il était tombé sur Maggie et Rogue quand ils étaient en dehors de son appartement, ou de celui de Maggie. (Il ne voulait pas non plus parler de cela avec Ron). Il commença à descendre le couloir en hésitant, regardant d'un côté et de l'autre. Puis il tournèrent à un coin et virent de la lumière dorée passer dans le couloir depuis une porte ouverte, où Maggie se tenait, les attendant.
« Vous voilà ! Entrez donc. Severus a tout préparé. Il m'a montré de merveilleux sorts… »
Ron haussa les sourcils à la mention de Rogue par son prénom, et Harry espéra qu'il penserait poliment dans sa tête, et ne s'échaufferait pas à l'idée que sa sœur et Rogue soient ensemble. Ils entrèrent dans le salon de Maggie et Harry réalisa immédiatement qu'elle demeurait exactement dans le même appartement où ses parents avaient vécu dans son autre vie, et où lui et Jamie avaient passé leur petite enfance, avant de déménager à Pré-au-Lard. Tandis que les autres s'asseyaient sur le canapé ou l'une des fauteuils près du feu, Harry erra jusqu'à la fenêtre qui donnait sur la cour herbeuse où Jamie et lui avaient joué. Il fut surpris de découvrir qu'elle n'était pas vide. Dunkirk gambadait joyeusement sur la pelouse, poursuivant un bâton qui décrivait un arc dans les airs, l'attaquant à la seconde même où il touchait le sol. Il revint en trottant dans la direction d'où il venait, et quand Harry tourna sa tête vers la gauche, il put voir que le chien ramenait le bâton à la personne qui lui avait lancé : Draco Malfoy. Quand Dunkirk s'assit, en agitant follement sa queue, et que Draco enleva le bâton de ses mâchoires, le garçon blond souriait largement. Harry pensa qu'il ne l'avait probablement jamais vu plus heureux dans cette vie. Il caressa le Yorkshire terrier sur la tête d'une manière joueuse, et Dunkirk perdit sa posture et bondit sur Draco, lui léchant joyeusement le visage, et Draco la laissait faire et souriait, riant et fermant les yeux. Harry avait la gorge qui se serrait en se souvenant de son meilleur ami jouant avec quelques chiens qui étaient sur le domaine du manoir Malfoy…Il vit dans sa tête un garçon de neuf ans, pâle et maigre, ses cheveux clairs ondulant comme il courait avec la meute, riant si fort qu'il en avait un point de côté, puis roulant au sol avec les animaux, tandis qu'il lui léchaient le visage et le reniflaient…
Il se tourna vers les autres, qui n'avaient aucune idée de ce qu'il regardait. Il revint vers le feu et dit « Heu, Draco est dehors. Dans la cour. Ma tante a du le laisser rentrer dans l'aile des professeurs afin qu'il puisse promener Dunkirk. Peut-être qu'il aimerait prendre un thé aussi ? »
Ginny leva les yeux vers lui avec surprise, et Maggie aussi. Elle commença à ouvrir la bouche pour dire quelque chose, puis elle croisa le regard de Severus et elle la referma. Cependant, comme Harry le découvrit peu après, elle ne décida pas vraiment de ne pas poser une question… Elle ne voulait simplement pas que son petit ami l'entende.
Harry, entendit-il dans son cerveau avec la voix de Maggie, tu es sûr que tu veux l'inviter ?
Il pensa à comment Draco Malfoy n'était pas sur la défensive, ne savait pas qu'on pouvait voir son plaisir simple avec le petit chien. Je suis sûr, répondit-il en pensant à elle. Elle acquiesça.
« Pourquoi ne vas-tu pas lui demander si ça lui dit ? » dit-elle à voix haute. « Pour descendre dans la cour il faut… »
Mais Harry s'avançait déjà à grands pas vers le mur qui donnait dehors, et il toucha une pomme de pin gravée dans le cadre de la fenêtre, faisant s'ouvrir le mur dans la chambre comme une porte.
« …ou, » dit Maggie, l'air inhabituellement agitée, « tu pourrais transformer le mur en une porte dont je ne connaissais même pas l'existence. Merci beaucoup. » ajouta-t-elle sarcastiquement. Harry grimaça. Elle était la seule présente qui ne savait encore pas pour son autre vie, bien que Draco Malfoy risque bientôt de la rejoindre dans son ignorance. Il sortit dans la cour et Draco et Draco leva la tête, surpris.
« Potter ! Que diable… ? C'est une porte ? Que se passe-t-il là ? »
« Heu, bien. Je viens du salon de Maggie. Elle a invité quelques uns d'entre nous à prendre le thé, et nous nous demandions si tu aimerais te joindre à nous. » Il montra le chien de la tête. « Sans Dunkirk, je pense. Bien que tu puisses lui amener un gâteau ou quelque chose. Il aime toujours quand tante Petunia lui en donne un. »
Draco Malfoy n'avait plus l'air du jeune homme insouciant qui venait de jouer avec un chien en lui lançant un bâton. Un masque se plaça une fois de plus devant ses yeux gris et il regarda suspicieusement Harry. Harry sentit à la fois son estomac vide et se tordre comme un sentiment glaçant de s'être perdu menaçait de paralyser ses facultés. Son meilleur ami de son autre vie lui manqua soudain tellement que cela lui faisait mal. Il se souvint avoir eu la même impression avec Ron quand Ron était préfet de Griffondor en passe de devenir préfet en chef, et que Harry était capitaine et gardien de l'équipe de Quidditch de Serpentard.
« J'ai dit à ta tante que j'allais faire faire un peu d'exercice à Dunkirk. » dit-il lentement. Il leva les yeux vers la partie du ciel qui était visible au-dessus de la cour. « Il fait nuit bien plus tôt maintenant… »
« Tu pourras encore lui faire faire un peu de sport. Nous n'allons pas prendre le thé pendant une éternité. » Et puis il pensa à quelque chose qui pourrait le faire répondre positivement. « Ginny est là. » dit-il simplement. A sa surprise, Draco se renfrogna.
« Oh, je vois. Tu es seulement venu me chercher parce que Ginny te l'a demandé. J'aurais dû savoir que ce ne serait pas vraiment toi qui m'inviterait à prendre le thé. »
Harry déglutit. En fait, maintenant qu'il y pensait, Ginny ne serait probablement pas contente du tout de voir don petit ami. Il aurait dû penser à cela. Mais d'une certaine manière, l'air qu'avait eu Draco en jouant avec le chien, à la fois heureux et aussi très seul…
« Oui, bien, tu veux entrer ou non ? » demanda Harry, essayant d'avoir l'air plus irrité qu'il ne l'était, et ne voulant pas dire à l'autre garçon que c'était vraiment lui qui l'invitait à se joindre à eux dans le salon confortable. Si Draco Malfoy suspectait que lui, Harry, s'était senti touché par lui, et pas sa petite amie, il n'en entendrait jamais la fin. Et ce n'aurait pas l'air bon pour Ginny aussi.
« Oui, je pense que je vais venir. Je pourrai faire avec une tasse de thé. »
Il commença à suivre Harry vers la porte du salon de Maggie, mais Dunkirk trotta vers lui avec le bâton entre les dents, couinant piteusement. Draco se tourna et soupira. Il baissa les yeux vers le chien inquiet, l'air résigné. « Je vais devoir te piéger, n'est-ce pas ? D'accord alors… »
Il se pencha et prit doucement le bâton à Dunkirk, qui le lui libéra de bonne grâce. Draco fit quelques pas en arrière et le lança en travers de la cour, puis piqua un sprint vers la porte que Harry tenait ouverte. Harry la referma quand ils furent tous deux à l'intérieur, et quelques secondes plus tard, il entendit les grattement frénétique du chien, suivi par des gémissements.
Cela fit venir Maggie à la porte. « Oooh. » dit-elle, compatissant, quand elle vit Dunkirk regarder Draco par la fenêtre, avec de grands yeux noirs et suppliants.
« Comment tu ouvres cela déjà ? » demanda-t-elle à Harry, pressant sur le cadre de la fenêtre. Il lui montra où se trouvait la pomme de pin, reconnaissant que personne ne lui demande comment il savait cela, et elle ouvrit la porte et laissa le chien entrer.
Il courut immédiatement jusqu'à Draco Malfoy qui le prit, laissant le chien lécher son visage un instant avant de dire. « D'accord, d'accord, ça suffit. » Il regarda les autres personnes dans la pièce, clairement légèrement embarrassé. Harry ne put s'empêcher de remarquer que Ginny regardait Draco assez tristement, et même Hermione semblait le regardait avec compassion pour une fois. Ron ne se souciait clairement pas des réactions des filles au lien Draco Dunkirk. Il avait un regard noir. Rogue avait l'air d'essayer de cacher son amusement, et Harry s'émerveilla de la manière dont il lui rappelait de plus en plus son beau-père dans son autre vie. Peut-être qu'il était possible que Severus Rogue soit heureux.
Quand Draco s'assit, Dunkirk s'installa avec obéissance à ses pieds tandis que l'on servait le thé et faisait passer les assiettes de biscuits dans le groupe.
« Qu'est-ce que tu préfères jusqu'ici ? » demanda Ginny à sa grande sœur, comme elle mettait du lait dans son thé. « Enseigner ou aller en classe en tant qu'élève ? »
Maggie eut l'air pensive. « Hmm. Bien, j'adore la métamorphose avec le professeur MacGonagall. Et le professeur Flitwick est très agréable et toujours si joyeux, de plus j'ai vraiment l'impression d'apprendre de nombreuses choses utiles avec lui. D'un autre côté, les potions, » elle haussa exagérément les épaules et soupira, « je pourrais m'en passer… » Un sourire jouait au coin de ses lèvres et Rogue haussa un sourcil, bien que Harry puisse dire qu'il n'était pas énervé par son jeu. Puis elle tapota un jeu de tarot sur la table avec son index. « Et pour ce qui est d'enseigner,… Bien, disons juste que je suis contente de ne m'occuper que des troisième et quatrième année, et pas des élèves plus âgés. »
Ginny eut l'air attristée. « Vraiment ? Pourquoi pas ? Qu'avons nous de si terrible ? »
Maggie eut l'air de s'alarmer. « Oh, Ginny ! Je suis désolée. Cela ne sonne pas très bien. C'est juste que… Bien, je découvre avec les quatrième année qu'il y a de nombreuses choses que le professeur Trelawney a enseignées et qui… » Elle se mordit les lèvres. « Bien, je ne veux pas critiquer, mais disons simplement que j'aurais… Et que je fais… Les choses différemment. Les tarots, par exemple. On ne discute de rien qui touche aux tarots en troisième et quatrième année habituellement, et ensuite, au début de la cinquième année, Sybill fait faire des lectures aux élèves. On ne peut simplement pas faire de lectures en ayant regardé un livre pendant une après-midi. On doit considérer chaque carte du jeu en particulier et méditer dessus, essayer de vraiment la comprendre en tant que telle avant d'essayer de faire une lecture pour quiconque. On doit penser à toutes les bonnes et mauvaises choses qu'elle porte, afin de pouvoir imaginer ce qu'elle veut dire pour quelqu'un qui se fait faire une lecture quand elle arrive dans une position positive ou négative. Et aussi en comprenant ses propres réactions face à une carte, on peut essayer de filtrer sa propre relation à la carte quand on fait une lecture pour quelqu'un d'autre, pour éviter de mélanger la lecture avec son propre futur… »
Elle les regarda tous et rougit. « Oh, écoutez moi. Comme si quelqu'un se souciait de cela. Je suis désolée, je ne voulais pas… »
« Non, non, » dit soudain Harry, se souvenant de la lecture qu'avait faite Trelawney pour lui au début de la cinquième année, le jour où il avait pris Sandy en cours et prédit que Parvati allait prendre feu. « Alors tu fais méditer les troisième et quatrième année sur les cartes ? »
« Et je leur fais écrire des devoirs sur ce à quoi les cartes leur font penser. Cela devrait les occuper jusqu'à la moitié de l'année, comme je leur ai assigné un devoir par semaine, et qu'ensuite nous en discutons en classe, ainsi que de la symbolique des différentes choses sur les cartes. Ils sortent des points de vues étonnants. Cela me plaît vraiment. Quelques uns sont assez impatients, bien sûr, en pensant de ce qu'ils avaient entendu des élèves plus âgés qu'ils liraient dans des feuilles de thé et regarderaient dans une boule de cristal dès la première semaine. Je pense que certains d'entre eux pensent que je suis un peu lente. Et les troisième année de Griffondor sont de tels chenapans ! Ils trouvent que c'est très drôle de voir à quel point je suis crédule en me racontant des histoires ridicules sur ce qu'il est possible de faire ou pas avec la magie… Amy et Andy Donegal sont les pires du lot. Mais bon, c'est souvent vrai avec les jumeaux. »
Ron et Maggie éclatèrent de rire, et puis Maggie aussi. « Oh, mon Dieu ! J'ai oublié que j'ai des frères qui sont jumeaux. Et tu m'as dit quels vauriens c'étaient à l'école, » dit-elle à Ginny, « je parie qu'ils feraient honte à Andy et Amy. »
Ron acquiesça avec force. « Tu n'as encore jamais goûté un de leurs bonbons, n'est-ce pas ? »
Maggie se renfrogna. « J'ai commencé, la première fois où je suis allée… Je veux dire retournée, au Terrier, mais Molly me l'a enlevé des doigts. Cela ressemblait à un caramel ordinaire… » Harry fut étonne un instant, mais il réalisa ensuite que c'était normal que Maggie appelle Molly Weasley par son prénom comme elle avait déjà quelqu'un dans sa vie qu'elle appelait 'maman' depuis presque vingt ans.
Hermione écartilla les yeux. « Oh, mon Dieu. C'est une bonne chose que tu ne l'aies pas pris. Le cousin de Harry a pris un des ces caramels longues langue une fois. C'est cauchemardesque ! »
Ron haussa les épaules. « Plein de gens pensent qu'ils sont géniaux. Les ventes ont été excellentes a dit Lee. »
La conversation continua, mais d'une manière ou d'une autre, Harry avait du mal à vraiment l'écouter. Il but son thé, mais par-dessus le bord de sa tasse, il vit Ginny le regarder, l'air tellement mélancolique et brisée qu'il voulait faire n'importe quoi au monde pour qu'elle sourie. Les paroles des autres tourbillonnaient autour de lui, mais elles ne pénétraient pas son cerveau. Du moins, jusqu'à ce que Maggie lui parle dans sa tête.
Est-ce que tu vas bien Harry ?
Il faillit presque laisser tomber sa tasse et la soucoupe, les tenant tout juste pendant un instant, de telle sorte qu'il versa un peu de thé devant lui. Draco Malfoy pouffa et secoua la tête, mais Harry l'ignora.
Bien, sincèrement… Pas vraiment.
C'est Ginny, n'est-ce pas ?
Il regarda furtivement Maggie, qui beurrait un toast en silence, ne regardant personne. Puis elle leva les yeux un instant et croisa le regard de Harry, avant de le tourner vers sa petite sœur, qui regardait dans les profondeurs de sa tasse et faisait sans cesse tourner son thé sans vraiment le boire.
Oui.
Maggie ne répondit pas tout de suite. Puis, pendant qu'elle mastiquait, elle pensa en direction de Harry, je pouvais le dire, à la façon dont tu la regardes quand vous êtes tous les deux dans la même pièce. Et j'ai senti tes sentiments envers elle aussi. Je suis désolée. Ce doit être très difficile d'avoir des sentiments pour quelqu'un qui a déjà un petit ami…
Elle l'a, mais… Mais elle ne l'aime pas !
Mais… J'ai ressenti de l'amour provenant d'elle. J'ai juste pensé qu'il était pour lui.
Harry se tut. Était-ce vrai ? Est-ce qu'elle aimait vraiment Draco Malfoy ? Il jeta un regard du coin de l'œil à l'autre garçon. Elle m'a dit qu'elle ne l'aimait pas. Elle m'a dit qu'elle m'aimait. Et je l'aime. Elle a dit que… Elle a peur pour moi. Peur de ce qu'il pourrait faire si elle rompait avec lui. Une fraction de seconde après avoir pensé cela à destination de Maggie, il réalisa qu'il n'aurait pas dû admettre toutes ces choses, mais ensuite, il réalisa que bien qu'elle voit Severus Rogue, Maggie n'allait pas être aveuglément loyale à tout le monde à Serpentard. Et il avait le sentiment que Maggie était capable de garder l'information pour elle.
Je vois. Tu m'excuses un instant, Harry ?
Harry finit son thé et posa sa tasse, regardant furtivement Ginny, qui avait une expression étonnée dans les yeux. Maggie doit lui parler, réalisa-t-il. Toutes les deux semblèrent communiquer sans échanger de paroles pendant quelques temps. Harry essaya de faire attention à ce que Hermione, Ron et Draco disaient. Comme d'habitude, Draco était désagréable et cherchait Hermione sur quelque chose, et Ron était à deux doigts de frapper le Serpentard.
« Je pense juste que l'Irlande a de plus grandes chances en Coupe d'Europe que le Pays de Galles ou l'Angleterre. J'aimerais voir l'Angleterre faire aussi bien que n'importe qui, mais disons que mes espoirs pour elle ont récemment été anéantis. » dit-il à dessein, lançant à Ron un regard noir comme il mâchait un biscuit avec une expression de suffisance insupportable. Ron se cramponnait aux accoudoirs de son fauteuil, et ses jointures en devenaient blanches, et Hermione virait lentement au rouge.
« Ils n'ont pas eu un joueur au aussi bon que Ron depuis des lustres ! » Tu es juste jaloux que… »
Harry décrocha encore de la conversation. Toujours pareil. Malfoy savait comment mettre à la fois Ron et Hermione en colère, et ils mordaient à l'hameçon. Il soupira intérieurement. Soudain, mais voix de Maggie se fit à nouveau entendre dans sa tête.
Harry.
Heu, quoi ?
Comme tu as pu le deviner, j'ai parlé à Ginny. Elle confirme ce que tu as dit.
Son cœur bondit en lui. Cela signifiait que… Qu'elle devait avoir dit à sa sœur qu'elle l'aimait. Elle l'aimait encore ! Il regarda Ginny avec son cœur débordant, essayant de ne pas trop en révéler par son expression. Heureusement, Draco, Ron et Hermione étaient encore pris dans leur dispute.
« Je ne peux pas croire que le vieux Monty Mathers s'occupe encore de cela. Je veux dire, n'aurait-il pas dû se mettre au vert maintenant ? Je pense que t'embaucher, Weasley, confirme simplement qu'il devient sénile… »
Harry, dit encore Maggie, essayant d'attirer son attention. Ron avait élevé la voix, et c'était dur pour Harry de se concentrer sur quelque chose d'autre.
Oui, je suis là.
J'ai fait quelques lectures à ce sujet, et… J'aimerais essayer quelque chose. Je vais tenter d'être un médium pour toi et Ginny, afin que vous puissiez parler. Pas le type habituel de médium, bien sûr, mais… Je vais permettre à ce que Ginny me dit de passer directement à toi, et que ce que tu me dis de passer directement à Ginny. Je vais essayer de rester complètement en dehors de tout cela. Je ne veux pas espionner ou quelque chose comme cela. Elle dit que vous ne pouvez pas parler librement tous les deux, alors peut-être que cela aidera un peu ? Vous pourrez simplement considérer mon cerveau comme un passage vous permettant de vous atteindre l'un l'autre temporairement…
Harry avait le sentiment que dire merci mille fois ne serait pas suffisant pour ce que Maggie faisait pour eux. Elle se tourna vers Serpentard Rogue, assis en silence à côté d'elle, écoutant la dispute entre Ron, Hermione et Draco d'un air amusé sur le visage. Elle lui dit. « Je ne veux pas être impolie, mais je sens que j'ai une petite migraine qui arrive, et je vais juste fermer les yeux quelques minutes et faire des exercices de visualisation qui m'aide souvent beaucoup. Je fais cela depuis des années. Je ne veux pas qui quiconque pense que j'ai été impolie en m'endormant ou quoique ce soit. Continuez, ça ira bien. »
Et avec cela, elle se pencha en arrière et ferma les yeux, l'air très paisible. Harry se servit un peu plus de thé, essayant d'avoir l'air très naturel, et de ne pas regarder Ginny. Puis Ron choisit ce moment pour commencer à lui parler.
« Harry… Est-ce que Ludo Verpey est venu te voir pendant que tu t'entraînais ? Il a été dans le Kent avec nous une paire de fois. Il a beaucoup parlé à Monty. Tu crois que je devrais m'inquiéter ? »
Harry haussa les épaules. « Seulement s'il te demander de saborder la partie et que tu voies une troupe de gobelins le suivre partout… Il a été à nos entraînements quelques fois aussi. Je pensais simplement que c'était à cause de son travail au ministère, avec le département des sports et jeux magiques. Tu sais. »
Draco Malfoy fronça les sourcils. « Saborder la partie ? Sûrement que non. Je veux dire… Ce ne serait pas honnête. Pensez à sa position. »
Hermione lui lança un regard perçant. « Considérant qui est ton père, tu dis parfois des choses bien naïves, Malfoy. »
Maintenant, le Serpentard eut l'air de venir de se réveiller. « Vous voulez dire… »
« Tu ne savais pas ! » croassa Ron. « Pourquoi tout au long du Tournoi des trois sorciers… »
Harry.
Il fut surpris. La voix dans son cerveau était comme celle de Maggie, et pourtant pas tout à fait. Il regarda brièvement Ginny, qui étudiait le fond de sa tasse de thé. Il détourna à nouveau le regard d'elle.
Ginny ? C'est toi ? Ca marche vraiment ?
Il semblait y avoir un peu de délai comme ses paroles passaient par Maggie puis allaient à Ginny. Finalement, une voix dans sa tête dit, c'est moi. Oh, Harry ! Tu m'as tellement manqué…
Tu m'as manqué aussi. Mais je pensais… Je pensais que tu étais en colère après moi. Parce que… Parce que j'avais dit que Malfoy avait besoin de toi après ce qu'il avait fait à Fleur. Je pensais que peut-être que tu ne voudrais plus me parler.
Je voulais te parler à chaque seconde de la journée. Mais j'avais peur. Ce qui est arrivé la dernière fois que nous avons été tout seul ensemble…
Oui, lui répondit-il, se mordillant les lèvres et prenant un biscuit. Il jeta un coup d'œil à Maggie, appuyée sur le dossier du canapé avec les yeux fermés, deux petites lignes verticales apparaissant et disparaissant entre ses sourcils comme elle se concentrait pour aider Harry et Ginny à communiquer sans parole. Alors tu m'as laissé croire que tu étais encore en colère afin que nous… Nous ne perdions pas le contrôle et…
Oui, dit-elle, lui répondant. Mais techniquement, je suis encore en colère pour ce que tu as dit.
Il grimaça, essayant de garder ses traits lisses, afin que quiconque le regarderait ne se dise pas qu'il était fou. Ron et Hermione régalaient encore Draco Malfoy avec l'histoire du presque chantage que les jumeaux avaient essayée avec Ludo Verpey, et Verpey essayant d'aider Harry à gagner le Tournoi à cause de ses autres dettes avec les gobelins. Tous les trois semblaient bien s'entendre pour le moment, même si c'était bref. Il était vaguement conscient que Rogue prenait aussi part à la conversation, donnant son opinion de Verpey (ils s'étaient connus à l'école).
Je suis désolé pour cela Ginny. Parfois… Parfois je pense juste que je suis égoïste jusqu'à la moelle. Je te veux, et je veux retrouver mon ancien meilleur ami, en train de se comporter de la même façon qu'il faisait quand il était mon meilleur ami. Et je veux avoir ma sœur dans cette vie, afin qu'elle puisse être avec lui, et je veux que Ron soit mon meilleur ami aussi, et je veux que lui et Hermione soient heureux… Et je veux que Voldemort n'ai jamais récupéré son corps, je veux que Cédric rentre dans la pièce et commence à parler du boulot que son père lui a eu au ministère, je veux que Sirius ne sache pas comment ça fait d'être à Azkaban pendant douze ans, je veux, je veux, je veux…
Harry, Harry, je sais. Oh, je sais. Tellement de choses terribles se sont produites.
Il la regarda maintenant. Elle jouait négligemment avec les cartes de tarot, regardant les images, passant à la suivante, et encore à la suivante… Il regarda du coin de l'œil les autres, absorbés par leurs spéculations de corruption.
« Fudge ? Oh oui. Il était toujours à la botte de mon père. Il pouvait être assez drôle en fait… » disait Draco Malfoy.
Ginny, pensa-t-il. Regarde-moi.
Harry ! Je n'ose pas. Il est assis juste là !
S'il-te-plaît. J'ai besoin que tu me regardes quand je dis cela, pensa-t-il, même si techniquement, il n'allait pas le dire mais le penser. Finalement, elle leva les yeux vers les siens et il déglutit, content de ne pas avoir à essayer de faire fonctionner sa gorge, comme il ne pensait pas qu'elle daignerait coopérer.
Je t'aime. Ce que j'ai dit dans la salle commune… Oublie-le. J'étais… J'essayais de ne pas être égoïste pour une fois. La vérité c'est… C'est que si jamais tu couchais avec lui, cela me rendrait fou. Je ne pourrais jamais le supporter. Je t'aime, et je ne veux pas qu'il te touche…
Oh, Harry. C'est tout ce que je voulais t'entendre dire…
Bien, techniquement, je ne l'ai encore pas dit…
Il entendit un rire dans sa tête. Je t'aime Harry…
Je t'aime Ginny.
Il essaya maintenant de diriger ses pensées vers Maggie. Tu peux ouvrir tes yeux Maggie. Merci pour ton aide.
Heureuse de pouvoir être utile, Harry.
Elle ouvrit les yeux et se redressa. Serpentard Rogue passa légèrement sa main dans le haut de son dos, l'air soucieux. « Ca va mieux ? »
Elle lui sourit à lui et à Harry. « Beaucoup mieux. Cela ne manque jamais. »
Harry plongea d'un coup dans la conversation. « En tous cas, je me souviens que Rita Skeeter m'avait dit qu'elle connaissait des choses sur Ludo Verpey à me faire dresser les cheveux sur la tête… »
Ils le fixèrent tous.
Ron s'éclaircit la gorge en premier. « Heu, Harry, nous parlons des cours de sortilèges maintenant. Où étais-tu ? »
« Et c'étaient mes cheveux qui devaient se dresser sur ma tête a dit Rita. Elle a naturellement voulu faire une plaisanterie sur mon apparence… » dit Hermione, l'air vexée, comme si cela venait de se produire. Ron sourit et caressa ses boucles avec sa grande main.
« J'aime tes cheveux… »
Hermione lui repoussa la main, mais un petit sourire pointa au coin de ses lèvres. Harry se sentit rougir. « Oh, je, heu, j'écoutais ce que me disait Sandy. Désolé. J'ai été distrait. »
Cela fit bien évidemment parler Sandy pour de bon. « Pourquoi mens-tu Harry Potter ? » lui demanda-t-elle maintenant.
Il leur sourit faiblement à tous. « Hé. Vous entendez ça ? La voilà repartie. C'est un serpent assez bavard. »
« Mais je n'ai rien entendu avant. » dit Hermione, fronçant les sourcils.
« Elle peut ne pas avoir une haute opinion des voyants, » lui dit maintenant Sandy, « mais cette fille n'est pas stupide. » Harry pensa que ce ne serait probablement pas une bonne idée de la sortir et de la frapper.
« Vous parliez tous si bruyamment que vous n'auriez pas entendu un petit sifflement… » dit-il avec hâte.
« Alors, » dit Hermione, haussant les sourcils. « Est-ce qu'elle a quelque chose d'intéressant à dire ? » Harry savait ce qu'elle voulait dire. Elle demandait si Sandy donnait une prédiction.
« Heu, non. Elle me posait juste une question sur quelque chose. Le monde des humains est encore un peu confus pour elle, alors elle me pose des questions sur les choses. »
« Je suis fréquemment confuse, par exemple, par ton besoin de mentir. » dit avec roideur Sandy. Harry se força à ne pas lui lancer un regard colérique.
Hermione le sondait du regard. « Mais je ne t'ai pas entendu lui répondre. Tu fixais juste ton thé. »
Harry se moquait de la manière dont ils le regardaient tous. (A part Maggie et Ginny). « Bien… Je… »
« J'ai bien peur que vous n'ayez pas fait un bon travail de couverture, Potter. » dit maintenant Rogue avec sa douceur habituelle. Harry le regarda avec panique. Couverture. Il a dit couverture. Oh, merde, il va tout gâcher… « Cela devient une habitude. La semaine dernière, quand vous regardiez dans le vide pendant mon cours, vous avez failli ajouter une étoile d'anis en trop à votre potion de Credulo, ce qui l'aurait transformée en un poison si puissant qu'une seule goutte sur votre peau aurait pu vous tuer. Si Miss Granger n'avait pas remarqué ce que vous étiez en train de faire, vous ne seriez plus de ce monde maintenant. »
Harry lui sourit faiblement, reconnaissant. Est-ce que Maggie lui avait dit quelque chose, sans parler ? Bien, pensa-t-il. Je vais être un idiot paresseux. Il jeta un coup d'œil à Draco Malfoy, qui roulait ses yeux. Pourquoi ne peux-tu pas être comme le Draco qui a été mon ami pendant quatorze ans ? pensa-t-il. Pourquoi as-tu à être un tel crétin ?
« Vous m'avez pris. Je suis épuisé… »
Ron rit et le frappa un peu trop fort dans le dos. « Je me demandais pourquoi tu étais si silencieux. » Il montra Ginny de la tête. « Et tu as été étonnamment silencieuse aussi. Qu'est-ce qui t'arrive ? » Harry ne pouvait pas dire s'il était suspicieux. Heureusement, de ce que Harry savait, même son audition de loup-garou ne lui permettait pas d'intercepter les conversations télépathiques.
Ginny parcourait encore les cartes de tarot. « Oh, je regardait juste le jeu de Maggie. Ses cartes ont des images différentes du mien. Tu vois ? » dit-elle faiblement, montrant une des cartes en déglutissant, espérant qu'elle serait crue.
Harry remarqua que justement celle qu'elle montrait était la carte du lion ailé dont Trelawney avait dit qu'elle le représentait quand elle lui avait fait la lecture. Il ne se souvenait pas de grand chose de la lecture… n'y ayant pas accordé beaucoup de crédit à ce moment-là, mais il se souvenait de cette carte.
Il regarda Maggie. « Quelle carte est-ce ? » lui demanda-t-il franchement. « Je ne peux pas voir le nombre d'ici. »
Il prit doucement la carte de la main de Ginny. « C'est le numéro cinq : le hiérophante. Aussi appelé le Prêtre. Habituellement, les carte du prêtre montre quelqu'un qui ressemble à un roi ou un empereur, sur un trône. Mais c'est un jeu que Sybill m'a dit avoir acheté à Venise. Probablement qu'un sorcier ou qu'une sorcière vénitien a fait ressembler le prêtre à ce lion ailé comme c'est le symbole de saint Marc, le saint patron de Venise. Tu vois le livre sous sa patte ? Il est sur le drapeau vénitien. Le drapeau est très beau, vraiment, tout en rouge et or. Assez comme les couleurs de Griffondor que j'ai vues dans le château, sauf que sur le Draco vénitien, le lion a des ailes et un livre. »
Harry fronça les sourcils. Venise ? Y avait-il un lien avec Godric Griffondor, qui avait aussi été un animagus griffon d'or… et Venise ? Il connaissait quelqu'un qui avait des parents de Venise, il en était sûr, mais qui était-ce déjà ? Comme il fouillait dans son cerveau, essayant de se souvenir, la conversation se remit en route autour de lui…
Pendant qu'il dînait, Harry eut l'impression que les yeux de quelqu'un lui foraient la nuque. Il céda finalement à la tentation et regarda derrière lui, voyant le regard de Mariah Kirkner fermement fixé sur lui. Il déglutit, se demandant si elle récitait peut-être une incantation pour lui lancer un maléfice afin que son repas le rende malade. Il avait un peu de nourriture dans la gorge à ce moment là, et il trouvait maintenant que c'était très dur à avaler. Il essaya de lutter contre la panique montant en lui comme elle se leva et s'approcha de la table Griffondor. Et si elle me demande maintenant comme j'ai su que l'amulette était au fond du lac ?
« J'peux t'parler un' minute, Harry ? » dit-elle avec son accent. Il acquiesça et elle montra le hall d'entrée de la tête. « En privée. »
Dean et Seamus décidèrent que c'était le moment de jouer aux gamins de dix ans. A côté de lui, Dean commença à donner des coups de coude dans les côtes de Harry en disant « Vas-y prends-là, Harry. »
« Harry, l'aimant à femme frappe encore. » dit Seamus, essayant d'imiter un comédien américain qu'il aimait. Harry n'aimait pas spécialement ce comédien, et il se renfrogna en se levant et la suivit, tandis que Dean et Seamus entraînaient quelques élèves plus jeunes dans quelques sifflets. Harry jeta un coup d'œil à Ginny, qui n'était clairement pas contente de cela.
Une fois qu'ils furent dans le hall d'entrée, Harry se tourna avec irritation vers Mariah. « Qu'y-t-il ? » demanda-t-il sèchement. Puis il s'en voulut, se souvenant à quel point elle avait été anéantie quand elle avait découvert que Ginny portait l'amulette.
« Pas ici, » dit-elle jetant un coup d'œil vers la grande salle. « Un peu plus loin… » Elle grimpa l'escalier de marbre et Harry la suivit jusque dans le couloir en dehors des toilettes de Mimi geignarde, où ils avaient fait leurs étirements quand Mariah avait remarqué l'amulette de Ginny. Elle tordit nerveusement sa robe une fois qu'il s'arrêtèrent. « C'n'est vraiment pas important, » dit-elle, sa voix tremblant comme si elle voulait dire le contraire. « C'est juste… J'ai un d'voir à préparer en potions. Pour mardi. L'problèm'… C'est qu'j'suis du quatrième quart la nuit d'lundi, ce qui est en fait le mardi à quatre heures trente. J'm'd'mandais si tu pourrais échanger avec moi. Tu es de quatrième quart cet' nuit. Tu pourras dormir un peu demain, et je prendrais ton quart à quatre heures trente. Tu prendras le mien le matin de mon test afin qu'j'puisse bien être r'posée. »
Harry la scruta. C'est pour cela qu'elle l'avait traîné en haut des escaliers ? Pour lui demander d'échanger un quart de garde avec lui ? « C'est pour cela ? Nous échangeons des derniers quarts ? Tu fais cette nuit, et je fais celle de lundi pour toi ? » Elle acquiesça. Il acquiesça aussi. « D'accord. Marché conclu. J'ai entraînement demain de toutes façons, pour le match de dimanche. Me lever à quatre heures et demie est probablement la dernière chose dont j'ai besoin. »
Elle lui sourit, et il remarqua qu'elle avait une fossette sur chaque joue quand elle faisait cela. « Tu vois ? Ca nous arrange tous les deux ? » Il se sentait étrange et insouciant en la regardant, et il ne remarqua pas qu'elle se tenait très près de lui jusqu'à ce qu'elle pose soudain une de ses mains, dans une mitaine, sur son bras. Il fut conscient d'à quel point ses yeux noirs étaient brillants, comment ses cheveux noirs ondulés étaient artistiquement en désordre, à quel point sa robe tombait bien sur sa silhouette, bien plus développée et mûre qu'elle ne l'avait été quand elle avait demandé à sortir avec lui pour le ceilidh quand elle n'était qu'en quatrième année…
Il secoua soudain la tête, comme pour se l'éclaircir, et elle s'éloigna de lui en riant. « Merci Harry. Profite bien de ta grasse matinée. »
Il la regarda descendre les escaliers, se demandant pourquoi il s'était senti si étrange et vaporeux. C'était presque comme quand il avait été sous Imperius, mais pas tout à fait. Et pourquoi essayerait-elle de l'ensorceler pour échanger le tour de garde avec lui ? Il était très confus. Il ne pensait pas qu'elle l'avait ensorcelé, mais alors pourquoi est-ce que sa tête s'était sentie si étrange ?
Il se tourna surpris de voir Ginny se tenir au pied des escalier, le regardant. Son visage semblait être au bord des larmes. Elle pense que je vais commencer à m'occuper de Mariah maintenant, pensa-t-il. Il ne savait pas quoi dire. Il avait regardé Mariah et pensé à quel point elle était jolie, belle même, n'ayant aucune idée de pourquoi ces pensées étaient entrées dans son cerveau alors qu'il était complètement et entièrement amoureux de Ginny. Elle ne le regarda pas et monta les marches de marbre, sa robe tenue dans ses poings. Comme elle tournait dans le couloir où il se trouvait, elle passa devant lui comme s'il n'était pas là, et il pensa voir un reflet des torches sur un coin humide de la peau de sa joue…
Harry se sentait perdu. C'était vendredi soir, et il avait prévu d'aller au lit tôt, comme il devait initialement se lever à quatre heures trente. Maintenant qu'il n'avait plus à faire cela, il se sentait étrange et perdu, assis près du feu dans la salle commune, souhaitant connaître l'histoire de Mariah. Hermione était occupée à réviser, comme d'habitude, mais elle leva soudain les yeux et fronça les sourcils à Harry.
« Que fais-tu encore ici, Harry ? Ne devrais-tu pas aller dormir ? Tu as le quatrième quart. »
« Non. Mariah a échangé avec moi. Je fais le sien dans la nuit de lundi. Heu mardi matin. Enfin, tu sais ce que je veux dire. »
« Oh. J'aimerais que les gens fassent cela proprement… » dit-elle l'air irritée comme elle sortit un parchemin de son sac à dos et le parcourut, faisant les corrections avec sa plume favorite. « Cela signifie que Mariah et Draco Malfoy sont du quatrième quart cette nuit… »
Harry fronça les sourcils. « Draco Malfoy ? Ce n'est pas son quart habituel, n'est-ce pas ? Il est habituellement avec moi pour le quatrième, la nuit du mercredi. Ou le jeudi matin. Enfin. »
« Il a échangé. Et encore, j'ai dû l'apprendre de deuxième main. »
« J'allais te le dire, » dit-il rapidement. « Je viens de le faire, n'est-ce pas ? C'est ce que Mariah voulait me demander. » ajouta-t-il un peu plus fort, au bénéfice de Ginny. Elle semblait l'ignorer, cependant, et n'avait montré aucun signe qu'elle avait entendu Hermione dire que Draco et Mariah allaient être dans la même patrouille.
Hermione soupira et rangea le parchemin. « Le gens par ici n'ont aucun sens de l'ordre… »
Ron lui sourit, et Harry sentit son estomac tressaillir. Ils étaient si heureux. Ron trouvait clairement son besoin d'ordre touchant (même si avant cela l'énervait). Lui et Ginny jouaient aux échecs à proximité, et Harry essaya de ne pas fixer Ginny, qui semblait encore plus vexée qu'anéantie de l'avoir vu parler à Mariah, même s'il venait de dire de quoi il avait parlé avec Mariah. Les plaisanteries de Dean et Seamus à la table de Griffondor n'avaient probablement pas aidé selon lui. Il souhaitait que Maggie soit là afin qu'ils puissent parler sans que les autres les entendent.
Puis il pensa à Draco Malfoy et Mariah Kirkner, étant ensemble dans la même patrouille juste avant l'aube, et au fait qu'ils avaient échangé leurs quarts pour le faire. Ils avaient prévu quelque chose, pensa-t-il soupirant. Sûrement qu'ils n'allaient pas simplement se promener de haut en bas dans les couloirs. Si seulement il pouvait s'arranger pour que Ginny leur tombe dessus ensemble ! Pas simplement les voir sur la carte, mais les voir vraiment tous les deux, et que Draco et Mariah sachent qu'elle sait. Harry pensa à quel point il serait fier. S'il pouvait l'amener à cela, elle serait obligée de rompre avec Malfoy sur le moment. Il haïssait l'idée de l'humilier, mais ce serait bien plus humiliant pour elle de voir les preuves claires de l'infidélité de Malfoy et de lui pardonner et rester avec lui. De plus, raisonna-t-il, Malfoy ne pourrait pas lui en vouloir pour la rupture si elle survenait parce que Ginny surprenait son petit ami et Mariah la main dans le sac (pour ainsi dire). Oui, à moins qu'il ne découvre que je lui aurais rendu possible de leur tomber dessus pendant leur sortie…
Il soupira, fixant les flammes, vaguement conscient de ce qui se passait dans la partie d'échec de Ron et Ginny. Hermione, dos au feu dans la chaise en face de Harry, avait rangé le parchemin et s'était remise à lire. Je dois trouver un moyen de découvrir leur organisation, pensa-t-il. Malheureusement, il ne semblait pas y avoir d'organisation. Il était tombé des nues quand Mariah avait voulu échanger son quart avec lui. Il ne savait pas non plus combien d'autres fois ils avaient tous les deux conspirés pour être de la même patrouille. Il avait tendance à laisser gérer l'agenda des patrouilles par Hermione, ainsi que tous les changements qui y étaient faits.
Il jeta encore un coup d'œil à Ginny. Elle venait juste de prendre un cavalier de Ron avec sa dame. Il ne réalisa pas que son cœur s'affichait sur son visage jusqu'à ce que Ron joue son coup et puis lève les yeux et croise le regard de Harry. L'estomac de Harry se contracta quand il vit l'expression compréhensive de Ron. Il regarda tour à tour Ginny et Harry, Harry et Ginny.
« Ginny, » dit-il soudain, « je dois parler de quelque chose à Harry. Nous continuerons cela quand je reviendrai. » Il se leva et saisit le bras de Harry. « Viens Harry. »
Harry se mit debout, trébuchant après Ron. Il n'aurait pas pu l'arrêter s'il l'avait essayé. Il n'osa pas regarder Ginny comme Ron le traînait dans l'escalier en spirale jusqu'à leur dortoir.
Ron claqua la porte et se tourna pour faire face à son meilleur ami. Il ne parla pas d'abord, mais finalement, il se mit à faire les cent pas et à se passer la main dans ses cheveux roux, les faisant se redresser.
« Quand est-ce que tu allais me le dire, Harry ? »
Harry n'eut pas à se demander de quoi il parlait. Il s'assit sur le bord de son lit et regarda ses mains. « Je ne sais pas. Aurais-je dû te le dire quand tu me tenais la tête en bas, ce matin-là à Bout-du Lard ? »
« Qu..Quoi ? » bafouilla Ron. « Alors vous deux étiez vraiment… »
« Non, Ron ! Je t'ai dit plus tard que c'est là que j'ai parlé pour la première fois de mon autre vie à Ginny, et c'est vrai. Mais il y a quelque chose d'autre dont nous avons parlé aussi… En gardant nos distance pendant tout le temps, devrais-je ajouter. »
Ron le scrutait attentivement. « Pourquoi est-ce que je pense que ce n'était pas à mon bénéfice ? »
Harry sourit. « Tu as raison. Ca ne l'était pas. Je te l'expliquerai dans une minute. »
« Alors, de quoi d'autre avez-vous parlé ? »
Harry déglutit, se souvenant à quel point il avait été heureux de l'entendre lui dire cela « Elle m'a dit qu'elle n'aime pas Draco Malfoy. Elle m'aime. »
Ron resta bouche bée. Puis il bondit en l'air, un sourire partageant son visage, et il donna à Harry une accolade écrasante. « Plus de Malfoy ! C'est fantastique ! J'avais peur que nous devions faire avec cet abruti pour les années à venir ! Tu sais, Harry, toute plaisanterie de côté, je préfèrerais que ce soit toi qui soit avec Ginny. Tu le sais, n'est-ce pas ? »
Harry se sentit incroyablement reconnaissant d'avoir Ron pour Harry. Il le tapa dans le dos et lui sourit avec gravité. « Je sais Ron. Et à d'autres moments, je sais que tu es si protecteur pour Ginny parce que tu l'aimes et que tu ne veux pas qu'elle souffre. C'est naturel. J'avais les mêmes impulsions envers ma sœur. »
Ron rit. « Sauf que ta sœur n'avait que trois frères. Ginny en a six. Et en plus il y a Maggie. Elle et Ginny se sont vraiment liées maintenant aussi. »
« Alors je vais devoir faire face à vous sept, plus tes parents, en d'autres mots. »
« Pas de pression. » Puis le sourire de Ron disparut et il regarda Harry avec un froncement hostile. « Attends une minute. C'était il y a presque deux mois. Pourquoi est-elle encore avec Malfoy ? Et elle était si inquiète pour toi quand tu nous montrais la pensine, à Hermione et moi, et elle est rentrée ici en courant… Je pensais juste… elle te disait son ami… »
Puis soudain, il prit Harry par le devant de sa robe et le poussa contre le mur. « Est-ce que ma sœur t'a ouvert son cœur et que tu l'as piétiné ? Et maintenant, tu as des remords ? »
Harry lança un regard noir à son ami. « Pose-moi, Ron. » dit-il calmement, essayant de ne pas associer cela à donner des ordres à Crocdur. A contre cœur, son ami coopéra, le regardant encore suspicieusement. « Tu penses que Ginny aurait dit que j'étais son ami le lendemain matin quand nous étions à Pré-au-Lard si elle m'avait dit qu'elle m'aimait et de que je n'avais rien dit. Bien sûr que je lui ai dit que je l'aimais. Et ce n'était pas la première fois. Elle savait quels étaient mes sentiments pour elle. Elle les connaissait depuis presque un an. »
« Un an ! Mais… Tu n'as pas rompu avec Hermione avant mon anniversaire ! »
Harry le regarda, les bras croisés. « Et toi et Hermione vous câliniez dans la salle commune tard le soir. »
« Nous ne flirtions pas… »
« J'ai dit câliner. Oui, oui, j'ai dit à Ginny que je l'aimais alors que j'étais encore avec Hermione. J'aurais dû rompre avec elle. Mais je ne l'ai pas fais parce que tu m'as dit que je devrais le faire, tu te souviens ? C'était par esprit de contradiction, et tu étais un crétin. Je pensais que nous avions fait le tour de cela. »
« Oui, oui, d'accord. »
Harry soupira. « Tu vois, nous avons commencé à voler ensemble. Je montais à la tour d'astronomie après les cours et Ginny me grimpait dessus sous ma forme de griffon d'or. Nous avions l'habitude de ne poser dans une clairière dans la forêt et de parler, ou de nous allonger et de regarder les nuages… Et un jour, elle a été attaquée par ce Lethifold qui avait échappé à Hagrid. J'ai un patronus et nous sommes repartis au château. Après avoir atterri, j'étais tellement content qu'elle aille bien, que… Que je l'ai embrassée. Et elle m'a rendu mon baiser. » Harry était content de voir que Ron était trop choqué pour le frapper. « Je… J'étais tellement certain qu'elle m'aimait. Mais elle s'est écartée de moi et m'a dit que nous ne pouvions plus nous rencontrer. Puis, après que je lui ai raconté mon autre vie… Tu vois, c'était la raison pour laquelle je suis allé dans sa chambre à trois heures du matin. C'était ma chambre. En tous cas, après lui avoir dit tout cela, elle a dit qu'elle ne voulait plus me mentir. Elle avait décidé qu'elle ne pouvait plus aller voler avec moi parce qu'elle avait peur que Draco Malfoy le découvre et qu'il s'en prenne à moi d'une manière ou d'une autre. C'est pour cela que nous ne pouvions pas être assis ensemble trop près, au cas où Malfoy aurait tenu son amulette… »
« Quoi ? De quoi parles-tu ? Et pourquoi as-tu rendu à Ginny l'amulette qu'elle t'avait offerte ? N'était-ce pas un cadeau d'anniversaire ? »
Harry soupira. « Oui, c'était le cas. Et je l'ai aussi trouvée dans mon autre vie. Je l'ai eue dans le lac, tu te souviens ? Et puis quand j'étais à Godric's Hollow, en train de me parler… Je vous aussi mentionné cela à Hermione et à toi, mais vous ne l'avez pas encore vu,… Je me la suis donné à moi-même. Je veux dire, le moi de mon autre vie l'a donné au moi qui venait d'arriver de King's Cross. Alors quand je suis monté dans le train après cela, j'en avais deux. Celle que j'avais déjà, et celle… Celle du voyageur temporel. Moi. J'ai essayé de la lui donner à Noël, et c'est là que je lui ai dit que je l'aimais pour la première fois. Elle a refusé de la prendre. Plus tard, après que nous ayons secouru Rogue, j'ai décidé que je devais me résigner à ce qu'elle soit avec Malfoy, et je leur ai donné les deux amulette, pour que Ginny et lui les porte, comme un couple. »
« Je ne comprends toujours pas. Qu'est-ce que cela a à voir avec le fait que vous ne puissiez pas être assis à côté ? »
Harry soupira. « Quand Ginny a acheté l'amulette, elle a dit qu'elle avait décidé de la prendre parce que quand elle la tenait, elle me voyait. Elle voyait vraiment à ce moment là, à Privet Drive. »
« Elle te voyait. »
Harry acquiesça, ses lèvres toutes fines. « J'aimerais mieux comprendre. Je pense qu'elle pouvais me voir.. Parce qu'elle m'aimait. Maintenant, quand j'ai touché l'amulette pour la première fois, je n'ai vu personne. Mais quand je la tenais, je me sentais… Mieux. Contenté. Calme. Et la tenir me rappelait toujours Ginny, parce qu'elle me l'avait donnée. En fait, je pense que Hermione suspectait qu'elle me faisait penser à Ginny, et que c'est pour cela qu'elle n'a pas voulu que je la porte la première fois que… »
Harry jeta un regard au visage de Ron et s'arrêta net, déglutissant. « Hum, peu importe. En tous cas, elle est assez sûre que Malfoy peut la voir quand il tient l'amulette, alors nous restions séparés. Cette nuit là, elle m'a aussi dit qu'elle m'aimait et qu'elle savait que Draco Malfoy la trompait… »
Les sourcils de Ron s'envolèrent. « Il peut la voir n'importe quand ? Et ce bâtard trompe ma sœur ? »
« Tu préfères qu'il couche avec elle ou quelqu'un d'autre ? »
Ron se calma. « Heu, d'accord. Tu as un point. Mais s'il la trompe, comment peut-il la voir avec cette amulette ? Comment peut-il l'aimer et lui faire cela ? »
« Je ne sais pas… » Harry fit de son mieux pour expliquer à son meilleur ami les raisons de Ginny pour rester avec Draco Malfoy. « Et ce n'est pas comme si je n'avais pas pensé de telles choses à un moment. En cinquième année, je pensais que Ginny devait être la seule chose gardant Malfoy du bon côté. Et il a mis son père en prison. »
« Par intérêt personnel, » trancha Ron. « Comme tout ce qu'il fait. »
« Exact. Je suis d'accord. Mais… Maintenant, nous savons pour le sort d'Obéissance. Cela complique les choses. »
Ron fit la tête. « J'avais oublié ça. Zut. Tu as sacrément de la chance de ne pas avoir cela aussi. »
« Je le sais bien. J'avais envie de crier de frustration quand je ne pouvais pas assommer Jedusor, ou quoique ce soit d'autre. J'étais tellement près de rétablir le cour du temps, et je pensais que tout ce par quoi j'étais passé pour revenir à cette nuit où mes parents sont morts avait été pour rien… »
Ron acquiesça. Harry ne leur avait pas montré sa rencontre avec Jedusor, mais il l'avait décrite. Hermione avait été horrifiée quand il avait dit qu'il avait essayé de lancer l'Avada Kedavra… Mais elle avait aussi compris. Ron n'avait pas du tout été horrifié. Il avait dit qu'il aurait fait la même chose.
Il donna une tape dans le dos de Harry. « Bien, tu as réussi à remettre les choses en ordres, et si tu n'avais pas essayé et échoué en lançant un sort sur Jedusor, nous ne saurions même pas que Malfoy avait le sort d'Obéissance sur lui. »
« Non, parce que c'est ma mère qui me l'a dit, tu te souviens ? Elle me l'a dit dans la grotte, avant d'essayer de te tuer. C'est pour cela qu'elle a essayé de te tuer, parce que si j'avais reçu un ordre direct et refusé, je serais mort. »
« Oh, exact… »
« Enfin. Je commençais à penser que j'allais être coincé à jamais dans cette vie… »
Ron frappa ses mains ensemble volontairement. « Tout ce que nous avons à faire est de faire rompre ma sœur et Malfoy sans que tu aies rien à voir avec cela. »
« C'est pour cela que j'étais content que Katie parler à Ginny de Felice. J'espérais… »
« Qui ? » Harry lui expliqua l'incident du labyrinthe de haies.
« Quoi, ce petit… » Ron fulminait. « Et puis il a écrit quoi dans cette lettre ? » Harry le lui dit.
Maintenant, son ami s'était remis à faire les cent pas, passant ses doigts dans ses cheveux, la mèche grise retombant sur son front à chaque fois. Harry remarqua maintenant qu'il avait quelques poils gris dans sa barbe aussi, donnant davantage à Ron l'aspect de quelqu'un de la trentaine, voire de la quarantaine plutôt que d'un adolescent.
« Je ne peux pas croire que tu ne m'aies pas dit que Malfoy baisait toutes les filles d'Angleterre ! »
Harry fit la tête. « Je ne connaissais que celle-là. Bien, et Mariah. Sauf que je ne sais pas jusqu'où c'est allé. »
Ron continua à faire les cent pas et à se passer la main dans les cheveux. « Nous devons trouver un moyen de les faire rompre, Harry. »
« Tu ne penses pas que je sais cela ? Pourquoi penses-tu que j'essaye de trouver un moyen pour que Ginny leur tombe dessus ? Elle est trop fière pour ne pas rompre avec lui si cela vient à se produire. »
Ron acquiesça en faisant les cent pas. « Exact. Mais comment faire ? On ne peut simplement pas rester éveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre à regarder la carte… » Il continua son périple, puis s'arrêta. « Je sais ! Nous pouvons faire des tours de garde. Je prendrai les journées, et toi les nuits… »
« Ne soit pas stupide, Ron. La plupart du temps, ils ne peuvent rien faire. Nous devrions la surveiller aux meilleurs moments. Comme cette nuit pas exemple. Les deux ont échangé leurs quarts de façon à être à celui de quatre heures trente, pendant qu'aucun d'eux ne patrouille habituellement. Le seul problème est que j'ai assez de mal à me lever à ces heures. Une fois, j'ai essayé de mettre mon réveil pour les surveiller pendant le troisième quart, et je ne l'ai jamais entendu s'éteindre. Neville m'a engueulé le lendemain parce qu'il avait dû le faire. Je dormais comme un mort. Ce dont nous avons vraiment besoin est un moyen sûr de nous réveiller à un moment particulier… »
Maintenant, Ron marchait en disant « Le temps, le temps, le temps… » Il s'arrêta et son visage s'éclaira. « Je sais ! Depuis que tu nous a parlé de… Ce qui est dans la pensine,… Hermione a fait des recherches sur les sorts temporels. Celui que tu as fait avec Jedusor l'a vraiment fasciné. Elle a eu la permission de MacGonagall de sortir ce livre de la section interdite. Ce sort de Tempus Fugit y est aussi. Je parie qu'il y a un sort de réveille matin, si nous avons le temps de chercher. »
Harry était sceptique. « Un sort de réveille-matin ? Oh, allons. Le Tempus Bonae Voluntatis est un sort compliqué en tandem, et le Tempus Fugit est de la magie noire. Je doute qu'un simple sort de réveille matin soit dans le même livre. »
« Pourquoi pas ? C'est un sort temporel. On ne risque rien à demander. Je dirai simplement que mon réveil est cassé et que je veux être certain de me réveiller à temps pour aller courir tous les jours. »
« Elle va te demander pourquoi je ne pourrais pas simplement te réveiller. Ce qui est de toutes façons ce que je fais habituellement. »
« Hmm. D'accord. Nous dirons que ton réveil est cassé aussi. Parce que… Parce que tu l'as accidentellement programmé à deux heures du matin, et qu'il a réveillé Neville, et qu'il l'a fracassé contre le mur parce qu'il était en colère. »
« Elle ne croira jamais cela. Fais ave Seamus. Ca elle le croira. »
Ron haussa les épaules. « D'accord. Mais je parie qu'elle connaît un sort dans ce livre qui nous aidera à nous réveiller pour surprendre Draco Malfoy en train de tromper ma sœur avec Mariah Kirkner. »
Harry acquiesça. « D'abord, nous devrons vérifier exactement ce qu'ils font. Ensuite, nous devrons découvrir un moment futur où ils seront ensemble, et nous assurer que Ginny leur tombe dessus, et qu'il n'ont aucune possibilité de se tirer de là avec une histoire ridicule. Enfin, c'est probablement Ginny qui inventera l'histoire, afin de ne pas rompre avec lui et de me mettre en danger. Nous devons nous lui rendre impossible de ne pas rompre avec elle. »
« Oui, » acquiesça Ron. « Quatrième quart de cette nuit, tu dis ? Cela ne nous laisse pas beaucoup de temps pour nous entraîner avec le sort ou le tester d'abord pour voir si nous l'avons bien fait. Je vais parler à Hermione d'abord, pour voir si elle connaît un sort de ce livre qui ferait l'affaire. »
Harry le regarda partir avec trépidation. Il pensa qu'il était possible que Ron soit juste un peu trop enthousiaste à essayer de faire rompre Ginny et Draco Malfoy, ce qui signifiait qu'il y avait un danger qu'il ne soit pas aussi prudent et circonspect qu'il en avait besoin.
Harry pensa, désespéré, S'il vous-plaît, faites que cela marche…
xxxxx
Ron remonta les escaliers en traînant des pieds, rentrant dans le dortoir des septième années sombre et sans sourire. « Désolé d'avoir pris tant de temps, Harry. J'avais en fait oublié que je jouais aux échecs avec Ginny. J'ai commis une faute et je l'ai laissée gagner pour aller plus vite. » Harry renifla, sachant à quel point Ginny était une bonne joueuse d'échecs, et Ron lui lança momentanément un regard noir avant de continuer. « J'ai regardé dans le livre d'Hermione. » Il soupira. « Nous allons juste devoir essayer de rester éveillés, Harry. La page qui avait un sort de réveille matin était déchirée. »
Harry s'assit, son menton dans ses mains. « Super. Maintenant, qu'allons-nous faire ? »
Ron s'assit sur son lit et soupira bruyamment. « Je suppose que nous devrons chercher ce que nous voulons par nous-mêmes. » dit-il avec fatigue.
« Quoi ? Dans nos propres livres ? Au lieu de simplement aller voir dans la tête d'Hermione ? »
Ron acquiesça. Cela aurait été bien si Hermione avait pu leur fournir la solution, comme elle l'avait fait de nombreuses autres fois, comme quand elle avait décidé qu'ils allaient faire du polynectar, mais cela n'allait pas se produire cette fois, c'était douloureusement évident. Harry ne pensait pas non plus que ce serait prudent de dire à Hermione ce que lui et Ron allaient faire. Harry se leva et alla à sa malle. Il sortit le livre standard des sort, niveau sept, et le tendit à Ron. « Tien, tu regardes là-dedans. » Il plongea plus avant dans sa malle, décidant que le livre de Forces du Mal n'aurait pas de sort de réveille-matin, ni celui d'histoire de la magie. Les potions étaient clairement à exclure. Puis, tout au fond, il trouva le livre que Sirius lui avait offert quand il avait découvert que Harry avait un serpent pour animal de compagnie.
« Je vais chercher dans celui-ci. » dit-il, s'installant sur son lit avec Sorciers et Serpents, par Colleen Colubra. L'ouvrant, il vit l'inscription que Sirius avait laissée. « Cher Harry… Joyeux quinzième anniversaire ! De la part de ton parrain. » et le griffonnage illisible qui semblait contenir quelque chose ressemblant à un S et à un B.
Ron et lui avaient lu pendant un moment quand Harry tourna une page et vit juste ce dont il avait besoin. « Ron ! Regarde cela ! Viens voir. J'ai trouvé. Nous pouvons utiliser Sandy. Je peux lui lancer un sort dessus… »
« Quoi ? » lui siffla Sandy d'en-dessous sa manche, l'air légèrement alarmée.
« Oh, ne t'inquiète pas, Sandy. Tu te souviens quand je t'avais lancé un sort d'engorgement en duel ? Ce n'est rien, tu ne seras pas embêtée du tout. » dit-il, se tournant vers son bras gauche.
« Peut-être que je devrais être juge de cela… » lui dit-elle en reniflant depuis sous sa chemise. Ron avait l'air abasourdi.
« De quoi parlez-vous tous les deux ? Vous allez me le dire ou non ? »
« Oui. Tu vois là ? Ce n'est pas un sort de réveil, précisément, mais il a un élément temporel. On lance le sort pour une durée de temps spécifique, et quand il s'achève… »
« Je vois. Mais… Que fait ce sort en fait ? »
« Voyons… Je ne sais pas encore vraiment… »
Il continua à lire, puis réalisa ce qu'il avait. « Il transforme le serpent en une femme pour une durée de temps déterminée, jusqu'à une journée. » Il fit la grimace à Ron, qui haussa les épaules.
« Et alors ? »
« Alors ? Tu réalises à quoi sert ce sort ? »
Ron eut l'air impassible un instant, puis soudain, quand il réalisa, ses yeux s'écartillèrent. « Je vois. » fut tout ce qu'il put dire.
Harry s'effondra sur son lit. « Tu as raison Sandy. Tu devrais être juge de savoir si tu veux m'aider. » lui siffla-t-il. « Je ne veux pas te suggérer d'être une femme si tu ne veux pas. Et je ne sais pas comment j'expliquerai cela aux autres gars… »
Ron avait l'air de beaucoup réfléchir. « Elle pourrait se cacher sous la cape d'invisibilité. » suggéra-t-il.
« Laisse-moi comprendre cela, Harry Potter. » vit la voix invisible de Sandy. « Je serai une femme pendant un moment ? »
« Oui. Comme cela, tu pourras me réveiller quand le sort finira. Je pense que quand tu te retransformeras en serpent, même si tu es endormie, cela devrait te réveiller. Puis, comme tu seras réveillée, tu pourras me réveiller. Je suis désolé, Sandy. C'est une idée stupide… »
« C'est tout ce que j'aurais à faire ? Quand je redeviens un serpent, je te réveille ? »
« Heu… Oui. »
Il y eut un silence. Ron haussa les sourcils à Harry, comme pour dire 'Alors ? Elle va le faire ?'
Avant même que Harry puisse demander, Sandy lui siffla « Je vais le faire. »
Harry la sortit de sa manche et la tint devant lui, regardant ces yeux indéchiffrables. « Tu es sûre ? » lui demanda-t-il.
« Oui, Harry Potter. Je suis sûre. »
Il déglutit. « D'accord. Maintenant, c'est un sort de métamorphose. Comme quand je me change en griffon d'or. Tu en as subi avant. »
« Oui. Je te fais confiance, Harry. »
Harry déglutit. Elle avait utilisé juste son prénom. Il ne savait pas quoi dire. Cette simple phrase l'avait totalement défait. « D'accord, » lui dit-il. « Je vais vérifier tout ce dont j'ai besoin pour lancer ce sort. »
Selon le livre il était sensé imaginer l'apparence d'une femme spécifique pour la donner au serpent quand il prendrait sa forme humaine. « Une femme spécifique ? » demanda Ron.
« On dirait bien. » répondit-il, essayant d'imaginer à qui Sandy devrait ressembler sous sa forme humaine. C'était certainement quelque chose qu'il n'avait jamais considéré avant.
« Tu réalises » dit Ron d'un ton menaçant, « que si tu la fait ressembler à Hermione, je vais devoir te tuer. Tu est prévenu. Oh, et si tu la fais ressembler à Ginny, et qu'elle le découvre, elle va probablement te tuer. En fait, si tu fais cela, je devrais aussi te tuer. »
« Ron ! Que penses-tu que je vais faire avec elle ? Elle va rester Sandy, mon serpent ! Et as-tu oublié pourquoi nous faisons cela ? »
« Non. Je dis juste… Je veux dire, elle va devoir être dans ton lit, n'est-ce pas ? Afin de pouvoir te réveiller quand le sort se terminera ? »
« Oui, je suppose. » dit-il en se sentant mal à l'aise. « Je vais m'assurer que je vais la transformer en quelqu'un avec qui je ne considérerait jamais de coucher avec, d'accord ? Tu seras content ? »
« D'accord alors. Va pour Lavender. » Harry frappa le bras de Ron en riant. « Ou tu parlais de Millicent Bulstrode ? »
« Ou Pansy Parkinson? »
« Où le professeur MacGonagall ? »
Ils riaient maintenant follement, chacun faisant une suggestion plus absurde que la précédente. Finalement, Harry se calma et regarda à nouveau le livre.
« D'accord. Il nous faut devenir sérieux maintenant. Voyons l'incantation… » après quelques instants, il se sentit prêt à l'essayer. Il posa Sandy sur le lit et se recule. Il regarda sa montre. Il était un peu plus de onze heures, alors ils devaient faire durer le sort cinq heures. Harry sortit sa baguette et essaya de se concentrer. Il la leva et ouvrit la bouche…
« Alors, qui cela va être ? »
Harry referma la bouche. Il avait perdu sa concentration. Il se tourna pour lancer un regard noir à Ron.
« Si tu veux savoir, ma mère. » Il ne pouvait pas expliquer. Il ne pouvait simplement pas l'expliquer à Ron. Les images les plus vives qu'il avait de sa mère étaient de quand il était jeune, comme le jour à la plage, ou allongée morte sur le sol de la grotte, ou dans le jardin, devant Godric's Hollow. Il pouvait la voir d'autre fois, dans sa pensine, mais la plupart de ces souvenirs n'étaient pas particulièrement bons. Une réprimande en classe de potions, ou une remontrance pour s'être battu avec Simon et Stuart. Il sentait qu'il avait juste besoin de voir sa mère le regarder sans ce nuage de déception derrière les yeux, des yeux qui pendant des années et des années n'avaient vu qu'un futur mangemort quand elle le regardait, et même après qu'elle ai su qu'il ne voulait pas être cette personne, il était celle responsable de la mort de Stuart, et puis il avait vu cette accusation derrière ses yeux à la place…
Ron fit la tête. « Cela ne me plairait pas beaucoup de voir ma mère sans habits… »
Harry écartilla les yeux. Il fixa le petit serpent vert, réalisant pourquoi Ron avait dit cela. Il courut jusqu'à sa garde-robe, marmonnant « Bon sang de bon sang de bon sang… » en cherchant des habits qu'elle pourrait porter. Il posa une chemise, un sweater et un jean sur le lit, retourna la couverture de telle sorte qu'elle couvre Sandy, à part sa tête, et se remit en position.
« Bon, Sandy, » lui siffla-t-il. « Quand tu deviendras humaine… Tu n'auras pas d'habits sur toi. » dit-il, ayant du mal à parler. « Je tirerai les rideaux autour du lit et tu enfileras ces affaires, d'accord ? Tu penses que tu pourras faire cela ? »
« Est-ce pour cela que je suis sous une couverture ? »
« Oui. »
Au grand soulagement de Harry, elle n'essaya pas de sortir de sous la couverture. Sa nature prompte à discuter commençait à lui rappeler sa sœur, et il lutta pour maintenir sa concentration. Il essaya de garder très clairement l'image de sa mère en tête, pointa sa baguette sur Sandy et dit « Serpentigena per horam quinque effemino ! »
Mais… Il ne put pas assez se fixer sur l'image de sa mère, comme ils virent bientôt. Quand la fumée se fut dissipée, il vit des yeux verts brillants, juste comme les siens, regardant à travers le restant de fumée. Cela lui prit cependant un moment pour réaliser que ce n'étaient pas les yeux de sa mère, mais ceux de sa sœur. Ils pouvaient voir, allongée sur le ventre sous la couverture de son lit, l'image de Jamie Potter plus qu'un peu étonnée.
« Ca a marché. » lui siffla Sandy, soulevant la tête de sa sœur et utilisant la bouche de sa sœur. Elle commença à se lever, mais Harry lui mit la main sur le dos et la repoussa sur le matelas avant que lui ou Ron ne puisse trop en voir, puis il tira à la hâte les rideaux autour du lit.
« Tu… Tu es sensée enfiler ces habits maintenant. Tu-tu te souviens ? » bégaya-t-il.
« Oui, Harry Potter. » siffla-t-elle.
Il entendit de l'agitation à l'intérieur du lit. Cela sembla prendre un moment, et avant qu'elle ne sorte, la porte de la chambre s'ouvrit et Dean, Neville et Seamus entrèrent, baillant et fatigués. Harry et Ron se retournèrent, l'air coupables.
« Qu'êtes-vous en train de faire ? » demanda Seamus d'une voix suspicieuse, les voyant tous les deux se tenir devant le lit de Harry aux rideaux tirés. Puis un sifflement émergea de derrière les rideaux, et les trois garçons qui venaient d'entrer dans la pièce froncèrent les sourcils.
« Qu'est-ce que c'est ? Un ballon qui fuit ? » demanda Dean. Harry avait entendu ce que Sandy disait, mais il n'osa pas lui répondre à ce moment là. Il était quelque peu réticent à utiliser le Fourchelang devant les autres en tous cas. Il commençait à réaliser qu'elle ne pouvait probablement pas parler anglais. Puis, à leur grande détresse, Harry et Ron entendirent un bruit quand les pieds nus de Sandy se posèrent sur le sol de pierre de l'autre côté du lit. Elle en fit le tour, le sifflant « Je ne comprends pas ces attaches, Harry Potter. Je ne suis pas habituée à avoir des membres. Ou des doigts. J'ai besoin d'aide. »
Elle portait le jean de Harry, qui était assez lâche et pas boutonné, bien que Harry soit content de voir qu'elle avait remonté la fermeture. Elle portait aussi, heureusement, la chemise, bien qu'elle ne la tienne fermée qu'avec les mains. C'était évident qu'elle ne portait rien en dessous. Seamus, Dean et Neville en restèrent bouche bée.
xxxxx
